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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin bleu - population Altantique et Pacifique au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Requin bleu
Prionace glauca

Population de l'Atlantique
Population du Pacifique

Information sur l’espèce

Le requin bleu (Prionace glauca) est long et effilé; il a une coloration bleue distinctive sur le dos et les flancs. L’espèce est largement répandue et très migratoire; d’après certaines indications, elle peut se déplacer d’un hémisphère à l’autre, bien que la plupart des études de marquage laissent supposer que les populations de requins bleus des deux hémisphères sont essentiellement séparées. Les populations de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord sont considérées comme deux unités désignables, parce qu’elles sont isolées sur le plan géographique par la masse terrestre continentale de l’Amérique du Nord : il n’existe aucune preuve de déplacement entre les bassins océaniques. La structure des populations n’est pas bien définie du point de vue génétique. En anglais, cette espèce porte le nom de blue shark.

 

Répartition

On trouve des requins bleus dans tous les océans tempérés et tropicaux du monde, le plus souvent au large, dans les eaux de surface. Dans l’Atlantique canadien, on en observe régulièrement dans toutes les eaux, leur occurrence atteignant un sommet à la fin de l’été et en automne. De même, les requins bleus sont largement répandus dans les eaux canadiennes du Pacifique, leur occurrence atteignant un sommet à la fin de l’été et en automne. Les études réalisées dans les eaux de l’Atlantique comme du Pacifique indiquent des mouvements latitudinaux à grande échelle et une ségrégation de la population selon le sexe et la taille.

 

Habitat

Les requins bleus vivent le plus souvent au large, entre la surface de l’eau et une profondeur de 350 m. La température de l’eau semble influer sur la répartition en fonction de la profondeur et de la latitude ainsi que sur la répartition selon le sexe et la taille. Les eaux canadiennes (Atlantique et Pacifique) offrent surtout un habitat à des individus subadultes (immatures), bien qu’on y rencontre parfois des spécimens adultes (matures). La perte d’habitat n’est pas considérée comme une menace pour cette espèce.

 

Biologie

Le requin bleu a une période de gestation de 9 à 12 mois, et la femelle produit une portée environ tous les deux ans. Chaque portée comprend en moyenne de 25 à 50 petits; ce nombre a une corrélation positive avec la taille de la femelle. Les jeunes arrivent à maturité à l’âge de 4 à 6 ans, et l’âge maximal se situe entre 16 et 20 ans. La durée d’une génération est d’environ 8,1 ans. Le requin bleu s’alimente de manière opportuniste, et on dit qu’il se nourrit d’une grande diversité de proies, notamment des poissons osseux, des calmars, des oiseaux et des charognes de mammifères marins. Le requin bleu adulte n’a pas de prédateur connu, mais les subadultes et juvéniles sont la proie du requin-taupe bleu et du grand requin blanc ainsi que de l’otarie de Californie. Le requin bleu est l’espèce de requin la plus pêchée du monde, et  la pêche la principale cause de mortalité des adultes.

 

Taille et tendances des populations

La taille et les tendances des populations de requins bleus au Canada reflètent la situation des populations qui prévaut à l’échelle des bassins océaniques hémisphériques. Dans l’Atlantique canadien, environ 600 t/an de requins bleus ont été tués en moyenne ces dernières années, ce qui, d’après les estimations, représente une faible fraction des prélèvements de poissons dans l’Atlantique Nord. Les évaluations à l’échelle de l’Atlantique Nord sont limitées par le manque de données. Les évaluations de population effectuées par une commission internationale suggèrent que la population n’est pas décimée, mais les estimations sont considérées préliminaires et extrêmement incertaines. Deux analyses des tendances de l’abondance, qui couvrent de vastes régions géographiques, indiquent soit un déclin nul depuis 1971, soit un déclin de 60 p. 100 depuis 1986. Les indices d’abondance fondés sur les taux de prise uniquement dans les eaux canadiennes ou à proximité de celles-ci correspondent à un déclin de variant de près de 0 à 53 p. 100 depuis le milieu des années 1990. Des données biologiques indiquent une baisse de la longueur moyenne des requins bleus capturés par les pêcheurs commerciaux canadiens et japonais dans le nord-ouest de l’Atlantique depuis 1986.

Il n’existe pas d’études des tendances ou de l’abondance des requins bleus dans les eaux du Pacifique. Les prises accessoires des navires de pêche canadiens comprennent parfois des requins bleus (de 20 à 40 t/an). Le nombre peu élevé de requins bleus dans les prises accessoires reflète davantage les méthodes de pêche que l’abondance de l’espèce.

 

Facteurs limitatifs et menaces

La mortalité par pêche est la principale menace qui plane sur les populations de requins bleus à l’échelle mondiale. Les prises accessoires des pêches pélagiques comprennent régulièrement des requins bleus. Dans les eaux canadiennes de l’Atlantique, les requins bleus comptent pour environ le tiers de la biomasse des animaux capturés par les pêches pélagiques canadiennes (thon et espadon) , mais les prises au Canada représentent probablement 1 p. 100, ou moins des prises totales de l’Atlantique Nord. Une étude des taux de prise publiés pour l’Atlantique Nord indique un taux de 5,1 à 40 requins bleus par 1 000 hameçons. L’effort global de pêche des espèces pélagiques dans l’Atlantique Nord a connu une croissance considérable depuis le milieu des années 1950, ce qui implique une augmentation des prises de requins bleus. La mortalité par pêche du requin bleu dans les eaux canadiennes du Pacifique correspond peut-être à 0,1 p. 100 de la mortalité par pêche dans tout le Pacifique Nord.

 

Importance de l’espèce

Le requin bleu est une des espèces de requins les plus abondantes, les plus répandues, les plus fécondes et ayant la croissance la plus rapide du monde; il constitue probablement une composante importante des écosystèmes océaniques tropicaux et tempérés du monde entier. Le requin bleu a une très faible valeur sur le marché, et on jette souvent les individus capturés comme prises accessoires. La chair est rarement commercialisable à cause de la décomposition rapide de l’urée des tissus musculaires en ammoniaque immédiatement après la mort de l’animal (ce qui avarie la chair). Les ailerons n’ont que peu de valeur, mais on estime qu’ils peuvent constituer de 50 à 70 p. 100 du marché international des ailerons qui transite à Hong-Kong.

 

Protection actuelle

Aucune compétence n’interdit la capture des requins bleus. En 2004, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) a accepté une résolution visant à interdire l’ablation des nageoires dans les pêches pélagiques en haute mer de l’Atlantique. De même, au Canada, l’ablation des nageoires est interdite sur les deux côtes et, sur la côte du Pacifique, il est interdit de débarquer des requins bleus dans le cadre de la pêche aux lignes. Dans l’Atlantique, la pêche sportive au requin se pratique uniquement avec remise des prises à l’eau. L’Union mondiale pour la nature (UICN) a évalué le requin bleu en 2000 et l’a classé comme une espèce à faible risque/quasi menacée (LR/nt).