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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin bleu - population Altantique et Pacifique au Canada – Mise à jour

Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Requin bleu
Prionace glauca

Population de l'Atlantique
Population du Pacifique

au Canada
2006

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le requin bleu (Prionace glauca) est la seule espèce du genre Prionace et appartient à la famille des Carcharhinidés, qu’on appelle collectivement les requins mangeurs d’hommes (Compagno, 1984). Cette famille compte 12 genres et 48 espèces, y compris le requin-tigre (Galeocerdo cuvier) et les requins de récifs (Carcharhinus sp.) couramment observés. Le requin bleu est la seule espèce de cette famille qu’on trouve régulièrement en eaux tempérées, les autres se limitant essentiellement aux milieux tropicaux. En anglais, cette espèce s’appelle blue shark.


Description morphologique

Le requin bleu se reconnaît facilement à sa coloration distinctive. La région dorsale est d’un bleu foncé vif, et les flancs, bleu clair. La coloration tourne brusquement au blanc dans la région ventrale (Nakano et Seki, 2002). Le corps est long et effilé, atteignant 3,8 m de longueur. Les caractéristiques anatomiques les plus évidentes sont : long museau pointu et longues nageoires pectorales en forme de faucille (figure 1) (Mecklenburg et al., 2002). Les nageoires pectorales sont aussi longues que la distance entre le bout du museau et la dernière fente branchiale. La nageoire caudale porte juste sous l’extrémité du lobe supérieur l’échancrure distinctive qui caractérise les carcharhinidés. Les yeux sont grands et munis d’une paupière inférieure nictitante (qui peut s’ouvrir et se fermer). Le spiracle (un orifice entre l’œil et la première fente branchiale) est soit absent, soit très petit. Il y a cinq fentes branchiales de taille moyenne; celle du milieu est la plus longue et les deux dernières sont placées au-dessus de la nageoire pectorale. Les dents des deux mâchoires sont de forme triangulaire; les bords sont lisses ou finement dentelés, et les dents de la mâchoire supérieure se chevauchent à la base (Mecklenburg et al., 2002).


Figure 1 : Requin bleu (Prionace glauca)

Figure 1 : Requin bleu (Prionace glauca). Source : Hart, 1973.

Source : Hart, 1973.


Description génétique

Personne n’a réalisé de travaux sur la génétique des populations de requins bleus. Il n’y a pas de différences morphométriques entre les requins bleus capturés dans l’ouest de l’Atlantique équatorial et ceux du nord-ouest de l’Atlantique ou ceux du Pacifique (Hazin et al., 1994).

Le requin bleu est la seule espèce, parmi les 33 espèces de requins étudiées par le programme coopératif de marquage des requins (Atlantique) du National Marine Fisheries Service (NMFS), qui effectue des déplacements transéquatoriaux, mais la plupart des individus marqués qu’on a récupérés se trouvaient dans l’hémisphère où on les avait relâchés (Kohler et al., 1998). Cela donne à penser que les populations des deux hémisphères sont essentiellement séparées. Des études de marquage menées dans les eaux canadiennes, étasuniennes et internationales du nord-ouest de l’Atlantique indiquent des déplacements considérables, un grand nombre de requins marqués au Canada étant récupérés dans le centre et l’est de l’Atlantique. D’après ces études, tout porte à croire qu’il n’y a aucune barrière physique au flux génétique dans tout l’Atlantique Nord, ce qui n’écarte cependant pas la possibilité d’une structure des populations fondée sur les préférences comportementales. Comme dans l’Atlantique, les déplacements dans le Pacifique Nord sont largement étendus, et il semble y avoir un déplacement saisonnier vers le nord à la fin du printemps et en été (Nakano et Nagasawa, 1996). Les études de marquage entreprises par le California Department of Fish and Game ont révélé l’existence de déplacements transpacifiques (Department of Fish and Game de la Californie, 2003).

Les modèles de l’Atlantique Nord et du Pacifique laissent supposer l’existence de migrations saisonnières nord-sud dans chacun des deux hémisphères (Nakano et Seki, 2002).


Unités désignables

Les populations de requins bleus de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord occupent deux unités biogéographiques distinctes, soit les océans Atlantique et Pacifique. Elles sont isolées géographiquement par la masse continentale de l’Amérique du Nord : il n’y a aucun signe de déplacement entre ces bassins océaniques. Aux fins du présent rapport, les requins bleus du Pacifique Nord et ceux de l’Atlantique Nord sont considérés comme deux unités désignables.