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Programme de rétablissement de la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada [Proposition] – 2013

7. Habitat essentiel

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Les besoins en matière d'habitat pour la Mouette blanche sont simples mais spécialisés. Plus précisément, elle a besoin de sites de reproduction à l'abri des prédateurs terrestres (en particulier des renards arctiques - Alopex lagopus -), se trouvant toutefois à proximité (environ 50 km) des eaux libres pour pouvoir s'alimenter (plus près que les 100 à 200 km indiqués par le COSEPAC en 2006, selon des données plus récentes; M. Mallory, données inédites). Les îles éloignées, les sites isolés de déserts polaires ou les falaises des nunataks situés à proximité (environ 50 km) des eaux libres (pour l’alimentation) rassemblent les caractéristiques biophysiques de l'habitat de reproduction essentiel de l'espèce.

L'habitat essentiel est défini dans le paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril comme étant « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l’égard de l'espèce ».

À l'heure actuelle, les données relatives aux habitats de migration, d'hivernage ou d’alimentation sont insuffisantes et ne permettent pas de désigner d'habitat essentiel pour ces phases du cycle annuel de l'espèce. L'habitat essentiel de la Mouette blanche est désigné dans le présent programme de rétablissement dans la mesure du possible, en se fondant sur la meilleure information disponible. Il est reconnu que l'habitat essentiel désigné ci-après est insuffisant pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition pour l'espèce. Le calendrier des études (section 7.2) décrit les activités qui permettront de désigner d’autres zones de l’habitat essentiel nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition de l'espèce.

Les zones d’habitat essentiel désigné répondent au critère suivant :

1) Des colonies où au moins une Mouette blanche a été observée en train de nicher au moins une fois entre 2002 et 2009 (un individu pouvant représenter un couple nicheur). Les colonies peuvent occuper un site une année puis se déplacer vers un autre site l'année suivante et revenir au site initial l'année qui suit (de façon collective, ce qui représente une stratégie de protection contre les prédateurs); c’est pourquoi tous les sites récemment occupés sont considérés comme faisant partie de l’habitat essentiel.

Pour chaque site désigné à partir du critère susmentionné, une zone d'habitat essentiel d’un rayon de 2 km autour du centroïde approximatif de la colonie a été définie. Six années de relevés révèlent que les perturbations dans un rayon de 2 km du centre d'une colonie peuvent avoir une incidence sur l'occupation de l'habitat par l'espèce pour la nidification.

L’habitat essentiel de la Mouette blanche est désigné dans le présent programme de rétablissement dans 39 sites de l’Extrême-Arctique canadien, définis dans l'annexe A. Tous ces sites accueillent des colonies de reproduction de l'espèce qui se trouvent soit sur des terrains plats (île Seymour, île Cornwallis, ouest de l'île Devon, presqu'île Brodeur de l'île de Baffin), soit sur des nunataks (est de l'île Devon, est de l'île d'Ellesmere). Des coordonnées géoréférencées permettent de repérer chaque site; l'habitat essentiel comprend toute terre située dans un rayon de 2 km de ces coordonnées.

D'autres sites où la Mouette blanche a été observée n’ont pas été désignés comme habitat essentiel pour le moment, parce qu'ils ne répondent pas au critère pour la désignation de l’habitat essentiel.

Au moment de l’élaboration du présent document, l'information disponible ne permettait pas de désigner de l’habitat essentiel supplémentaire. Les études visant à désigner de l’habitat essentiel supplémentaire sont décrites à la section 7.2. De l’habitat essentiel supplémentaire sera désigné dans un plan d'action qui sera élaboré lorsque les études seront achevées.

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7.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Tableau 3. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel de la Mouette blanche

Description de l'activitéJustificationÉchéancier
Inventaire et suivi des sites de l’habitat de reproduction qui sont occupés ou qui pourraient l'être
  • Repérer les menaces caractéristiques du site et réaliser des études supplémentaires pour vérifier que la zone de 2 km de rayon protège les oiseaux nicheurs des perturbations

 

2013 – 2015
Faire des relevés des sites de reproduction inoccupés ayant caractéristiques similaires
  • Repérer de l’habitat essentiel supplémentaire, surtout au nord des sites existants de l'île d'Ellesmere
2013 – 2015
Mener des recherches afin de quantifier les besoins en matière d'habitat ainsi que l'occupation de l'habitat pendant la période de reproduction et en dehors de la période de reproduction
  • Définir les besoins de l'espèce en matière d'habitat de reproduction
  • Études réalisées à l'aide d'émetteurs satellites visant à localiser les principaux sites autres que les colonies, y compris les sites d'hivernage au Canada. Certains de ces sites peuvent constituer de l’habitat essentiel servant à d'autres fins que la reproduction.
2013 – 2015

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7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La destruction est déterminée au cas par cas. Il y a destruction si une partie de l'habitat essentiel est dégradée, de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel ne remplit plus sa fonction lorsque l'espèce en a besoin. La destruction peut être le résultat d'une ou de plusieurs activités à un moment donné ou la conséquence des effets cumulatifs d'une ou de plusieurs activités au fil du temps (gouvernement du Canada, 2009).

La destruction de l'habitat essentiel de la Mouette blanche est provoquée par toute action altérant les caractéristiques biologiques, chimiques ou physiques (p. ex. la topographie, la géologie, le microclimat) du site de reproduction au point que l'habitat essentiel n'existe plus ou ne peut plus être utilisé. Il convient de noter que si certaines activités ne contribuent pas d’emblée à la destruction de l'habitat essentiel, leur récurrence ou leur association à d'autres activités qui causent des dommages peut avoir un effet destructeur de l’habitat essentiel.

Voici des exemples d'activités qui pourraient mener à la destruction de l'habitat essentiel :

  1. Activités anthropiques à long terme à proximité d'un site de reproduction
    Les activités qui provoquent le retrait, le recouvrement ou la perturbation systématique de la surface des terres, comme la construction de bâtiments, le déblai du substrat de nidification, les activités industrielles (p. ex. l'exploration et l’exploitation minières), peuvent détruire l'habitat essentiel de trois façons. Tout d'abord, les activités peuvent directement modifier la structure physique et l’intégrité fonctionnelle de l'habitat au point de le rendre non convenable ou impropre à la nidification. Ensuite, l'installation de campements à long terme à proximité d'une colonie de reproduction peut attirer des prédateurs (p. ex. les renards, les corvidés) normalement absents du secteur, ce qui pourrait amener les oiseaux à délaisser le site de nidification convenable. Enfin, les déversements de produits pétroliers et d'autres polluants (y compris les ordures) peuvent s'accumuler autour des sites de nidification, les rendant peu attrayants.

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