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Programme de rétablissement du Sucet de Lac

 

1.1 Évaluation de l’espèce par le COSEPAC

Nom commun: Sucet de lac
Nom scientifique: Erimyzon sucetta
Désignation: Espèce menacée
Dernière évaluation et modification: 2001, espèce menacée (mise à jour en prép.)
Présence au Canada: Ontario
Justification de la désignation: Au Canada, cette espèce vit uniquement dans le sud-ouest de l'Ontario, où elle a été signalée dans sept emplacements, dont trois où elle n'a plus été observée depuis 1983. Jamais rencontrée en abondance, l'espèce connaît une décroissance dans l'ensemble de son aire de répartition en raison de l'envasement et du drainage des marécages.
Historique de la désignation: Espèce désignée « préoccupante » en avril 1994.
Réexamen de la désignation: l'espèce a été désignée « menacée » en novembre 2001. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation accompagné d'un addenda.

1.2 Description

Membre de la famille des catostomes, le sucet de lac présente un corps épais et robuste, légèrement compressé (figure 1). Il a une tête large, un museau arrondi, une petite bouche proéminente pointant vers le bas et un dos modérément voûté. Ce dernier est olive foncé à verdâtre bronzé, tandis que la couleur de son ventre varie du vert jaunâtre au jaune blanchâtre. Les écailles de son dos et de ses flancs présentent une bordure foncée, ce qui crée un aspect hachuré. La bande latérale, si elle existe, est composée d’un seul trait (cette caractéristique est souvent frappante chez les juvéniles) ou peut être interrompue sous forme de taches ou de bandes latérales. On n’observe pas de ligne latérale. La nageoire dorsale comporte une base courte, sans lobe antérieur arrondi ou pointu, et possède moins de 20 rayons, ce qui permet de distinguer ce poisson des genres Carpiodes, Cycleptus et Ictiobus. Au Canada, l’espèce peut atteindre 254 mm de longueur totale, mais on rapporte qu’elle peut aller jusqu’à une taille et un poids de 292 mm et de 397 g, respectivement (Coker et al., 2001). Les individus ont tendance à être plus petits au Canada que dans la partie sud de leur aire de répartition.

Sucet De Lac

Figure 1. Le sucet de lac (Erimyzon sucetta). © J. R. Tomelleri

1.3 Population et répartition

Aire de répartition mondiale– L’aire de répartition du sucet de lac est fragmentée et discontinue. Elle s’étend de la plaine côtière inférieure du Texas jusqu’à la Virginie, et comprend une zone située plus au nord et constituée de la partie sud des bassins hydrographiques des Grands Lacs (figure 2). L’espèce est présente de manière indigène dans une province et vingt-deux États, mais a été introduite au Nebraska. Elle n’est pas considérée comme menacée à l’échelle mondiale, mais elle est désignée comme une espèce en péril en Ontario (S2) et elle aurait disparu des États de l’Iowa et de la Pennsylvanie et peut-être même de l’État de New York (tableau 1). Le Canada représente actuellement moins de 5 % de l’aire de répartition totale de l’espèce.

Distribution du Sucet de lac

Figure 2. Aire de répartition mondiale du sucet de lac. Modifié d’après Page et Burr (1991). Source : Mandrak et al., soumis pour publication).

 

Tableau 1. Rangs de conservation attribués au sucet de lac à l’échelle mondiale, nationale et régionale.

ÉchelleRang selon l’instance gouvernementale
mondiale (G)G5 (17 août 2001)

nationale (N)CANADA

É.-U.

 

N2

N5

régionale (S)CANADA

É.-U.


Ontario (S2)

Alabama (S5), Arkansas (S2?), Floride (SNR), Géorgie (S5), Illinois (S2S3), Indiana (S3), Iowa (SX), Kentucky (S2), Louisiane (S5), Michigan (S4), Mississippi (S5), Missouri (S2), Nebraska (SNA), New York (SH), Caroline du Nord (S4), Dakota du Nord (SNR), Ohio (S2), Oklahoma (S3), Pennsylvanie (SX), Caroline du Sud (SNR), Tennessee (S3S4), Texas (S3), Virginie (S2), Wisconsin (S3)

Source : NatureServe. 2005. (Consulté le 30 janv. 2006).Voir l’annexe 1 pour la définition des rangs de conservation.

Aire de répartition au Canada – Au Canada, on sait que le sucet de lac ne vit que dans la partie sud-ouest de l’Ontario (figure 3). On le rencontre dans la rivière Ausable (affluent du lac Huron), dans le lac Sainte-Claire (baie Mitchell, réserve nationale de faune Sainte-Claire et île Walpole), dans la rivière Thames (ruisseau Jeanette), dans le lac Érié (pointe Pelée, baie Rondeau et baie de la pointe Long) et dans plusieurs affluents du ruisseau Big et de la rivière Niagara (ruisseaux Tee et Lyons). Puisque le ruisseau Tee est un affluent du ruisseau Lyons, les individus observés pourraient provenir de la même population. On doit considérer ces populations comme d’importance nationale, étant donné que leur aire de répartition se limite au sud-ouest de l’Ontario.

Comme l’échantillonnage des sites au pays n’a pas été normalisé et qu’aucune étude spécifique n’a été effectuée sur la taille de la population, il est difficile d’estimer l’effectif des populations et les tendances connexes. Toutefois, les rares données semblent indiquer que l’effectif est de petite taille. La population du chenal Old Ausable de la rivière Ausable semble s’être maintenue dans un état stable depuis sa découverte en 1982 (ÉRRA, 2005). Il en va de même pour les populations du Parc national de la Pointe-Pelée et de la baie de la pointe Long (ÉREÉ, 2007). Lors de l’échantillonnage exhaustif mené à plus de 300 sites de la pointe Pelée en 2002-2003 (selon diverses méthodes), 25 individus ont été recueillis à 22 sites (Mandrak et al., soumis pour publication). Par ailleurs, malgré les efforts de recherche considérables entrepris dans la baie Rondeau entre 2004 et 2005, un seul individu a été trouvé en 2005; on n’avait pas de nouvelles données sur l’espèce depuis 1963 (Tom Macdougall, comm. pers. MRNO. 16 fév. 2006). Aucune observation n’a été signalée pour les ruisseaux Jeanette et Tee depuis 1970, et il en est de même pour les affluents du ruisseau Big et la baie Mitchell depuis 1989 (Mandrak et al., 2005, soumis pour publication). Aucun relevé récent n’a été effectué dans la partie supérieure du bassin hydrographique du ruisseau Big, où l’on retrouvait autrefois le sucet de lac, et aucun échantillonnage n’a encore été effectué dans bon nombre de zones riveraines de la baie de la pointe Long, où l’on trouve des habitats adéquats. Aucun spécimen n’a été capturé lors de récents relevés détaillés de la biomasse des poissons réalisés dans le ruisseau Tee entre 2003 et 2005(A. Yagi, MRNO, comm. pers.). Toutefois, l’espèce est toujours présente le long d’une section du ruisseau Lyons où de l’eau claire est apportée par un déversoir du canal Welland (Mandrak et al., soumis pour publication). Il faudra effectuer d’autres relevés pour connaître l’état des populations dans les ruisseaux Jeanette et Tee, dans les affluents du ruisseau Big et dans la baie Mitchell.

Distribution Canadienne

Figure 3. Aire de répartition du sucet de lac au Canada

1.4 Besoins du sucet de lac

1.4.1 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat

Le sucet de lac est une espèce d’eau chaude préférant des températures oscillant entre 28 et 34 oC (Coker et al., 2001). C’est un poisson de fond omnivore qui se nourrit surtout de plancton, de petits crustacés, de moules, d’insectes aquatiques, d’algues filamenteuses et d’autres matières végétales. L’habitat qui lui convient consiste en des eaux claires, lentes ou stagnantes, dont le substrat est composé de gravier, de sable et de limon mélangés à des débris organiques où pousse une végétation abondante, comme c’est le cas des eaux dormantes, des bayous, des fossés de drainage, des lacs créés par des milieux humides inondés, des marais, des bras morts, des étangs vaseux et des terres humides (Mandrak et al., soumis pour publication). En Ontario, les spécimens sont habituellement capturés dans des baies stagnantes, des bras de cours d’eau, des étangs et des marais où la végétation est dense, caractérisés par une faible turbidité et des substrats d’argile, de limon, de sable et de débris organiques (Mandrak et al., soumis pour publication). Dans le lac Sainte-Claire et le lac Érié, les milieux humides riverains sont particulièrement importants pour cette espèce (ÉREÉ, 2007). Les barrières naturelles séparant les milieux humides riverains adjacents au lac Érié semblent demeurer l’habitat de prédilection de l’espèce en raison de leurs eaux claires et de leur végétation abondante.

Bien qu’ils semblent être dotés d’une capacité limitée à se disperser, les sucets de lac se déplacent vers les marais pour frayer. En conséquence, les sites de frai adéquats doivent se trouver à proximité immédiate de l’habitat disponible. Dans la zone des Grands Lacs, ces sites peuvent comprendre des baies peu profondes, des tronçons inférieurs d’affluents, des étangs et des marais où les œufs sont dispersés sur des lits de végétation aquatique, des herbes mortes ou des algues filamenteuses (Goodyear et al., 1982). En Ontario, la ponte des œufs se produit vraisemblablement entre avril et juin. Les femelles adultes matures (âgées de trois ans et plus) pondent entre 3 000 et 20 000 œufs dans la végétation aquatique (Becker, 1983). Les œufs éclosent lorsque la température de l’eau oscille entre 22 et 29 oC.

L’habitat de croissance de l’espèce est constitué d’un fond de limon, de sable ou d’argile où pousse de la végétation, sous deux mètres d’eau (Lane et al., 1996 dans Mandrak et al., soumis pour publication). Mandrak et al., (soumis pour publication) fournit une description de l’habitat de l’espèce dans les premiers stades de son cycle biologique, en se basant sur une étude de Leslie et Timmins (1997) reposant sur des prélèvements effectués dans la baie de la pointe Long, qui est adjacente au lac Érié. On y a découvert des spécimens âgés de 0 an et plus habitant un fossé de drainage rempli de végétation, où la température de l’eau variait entre 24 et 28 oC; on a aussi aperçu d’autres spécimens à l’île Walpole, dans le lac Sainte-Claire, sous une couche de feuilles dans un fossé d’environ 10 cm d’eau qui borde la route et qui se connecte par intervalle à la rivière Sainte-Claire, au début de janvier. On a également observé des spécimens d’un an et plus dans les marais de la pointe Long, où croissaient de l’éléocharis, du carex et de la massette.

1.4.2 Rôle écologique

Si on connaît le rôle important de cette espèce dans l’écosystème, ce n’est pas en raison de sa rareté, mais plutôt de ses besoins particuliers en matière d’habitat (eaux claires et lentes où pousse une végétation abondante). La diminution des populations est un indicateur de la détérioration de l’écosystème. En Ontario, l’espèce se mêle souvent avec le menton noir (Notropis heterodon), le museau noir (N. heterolepis) et le méné camus (N. anogenus), des espèces qui recherchent des habitats semblables (Mandrak et al., soumis pour publication). Dans les cours d’eau des milieux humides de la région de Niagara, les espèces les plus souvent associées à de tels habitats sont les suivantes : brochet vermiculé (Esox americanus vermiculatus), méné jaune (Notemigonus crysoleucas), barbotte (Ameriurus nebulosus) et umbre de vase (Umbra limi) (A. Yagi, MRNO, comm. pers.).Le sucet de lac est considéré comme une espèce fourrage idéale pour l’achigan (Carlander, 1969 dans Mandrak et al., soumis pour publication), mais il ne semble pas constituer un élément important de l’alimentation de ce dernier en raison de sa rareté.

1.4.3 Facteurs limitatifs

Au Canada, le sucet de lac se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Cette espèce affiche des exigences très spécifiques en matière d’habitat et est intolérante à la turbidité et aux eaux fortement envasées (Mandrak et al., soumis pour publication). Le sucet de lac semble être doté d’une capacité limitée à se disperser (Leslie et Timmins, 1997), ce qui peut nuire au rétablissement des populations disparues du pays.

1.5 Menaces

1.5.1 Classification des menaces

Les menaces qui semblent peser sur le sucet de lac sont énumérées au tableau 2. Au nombre de neuf, elles ont été classifiées selon l’importance relative de leur impact, de leur ampleur et de leur gravité attendue.

Tableau 2.Tableau de classification des menaces pesant sur le sucet de lac.

MenacesImpact relatifAmpleurÉvaluation de la menace
APerte d’habitat en milieux humidesPrédominantRépandueProbable
BAccumulation de sédiments et augmentation de la turbiditéPrédominantRépandueProbable
CCanalisation/modification du débit d’eauContributifLocaleHypothétique
DEspèces exotiquesContributifRépandueHypothétique
EDisparition/réduction de la végétationContributifLocaleHypothétique
FObstacles au mouvementContributifLocaleHypothétique
GChangements climatiquesContributifRépandueHypothétique
HPrises accidentelles (pêche commerciale et poissons-appâts)ContributifLocaleHypothétique
IModifications survenues dans la dynamique trophiqueContributifLocaleHypothétique

1.5.2 Description des menaces

Au sein de son aire de répartition, le sucet de lac est soumis à une grande variété de menaces. Ces menaces comprennent l’envasement, l’augmentation de la turbidité et la disparition de l’habitat de prédilection de l’espèce, les milieux humides (eaux claires et stagnantes où pousse une végétation abondante). Ces menaces peuvent apparaître à la suite de changements survenus dans l’habitat, de travaux de canalisation, du drainage des milieux humides, de la disparition ou de la réduction de la végétation, de la pollution, de la variation du débit d’eau et vraisemblablement de l’apparition d’espèces exotiques et des changements climatiques. Au sud-ouest de l’Ontario, les principales causes de la disparition de l’habitat de cette espèce semblent être le drainage des milieux humides et l’envasement provoqué par l’agriculture. À moins que tout drainage ou envasement ultérieur de son habitat ne soit empêché, la population continuera à diminuer (Mandrak et al., soumis pour publication). Les populations résiduelles du sucet de lac fréquentent surtout les milieux humides riverains où des barrières naturelles séparant les milieux humides des eaux des lacs adjacents semblent maintenir un habitat adéquat (tout en empêchant toutefois le mouvement). Des espèces exotiques telles que la carpe commune (carpio Cyprinus) et le roseau commun (Phragmites austral) peuvent représenter une menace pour quelques populations puisqu’elles modifient l’habitat marécageux. Toutefois, la présence de la moule zébrée (Dreissena polymorpha), une espèce exotique, peut avoir eu un effet positif sur l’habitat dans quelques zones en augmentant la clarté de l’eau. Les prises accidentelles liées à la pêche commerciale et à la pêche aux poissons-appâts peut représenter une menace supplémentaire, mais requiert d’autres études.

On s’attend à ce que les changements climatiques aient des effets importants sur les communautés aquatiques du bassin des Grands Lacs au cours des prochaines décennies. Dans une évaluation récente des impacts qu’auraient les changements climatiques sur les communautés de poissons des milieux humides riverains des Grands Lacs inférieurs, Doka et al. (2006) estiment que plusieurs espèces de poissons en péril seraient les plus vulnérables. Selon les résultats obtenus, le sucet de lac se classe au quatrième rang en ce qui a trait à la vulnérabilité parmi 99 espèces de poissons qui utilisent les habitats lacustres. Dans cette étude, la vulnérabilité est fondée sur une évaluation des risques posés par les changements climatiques sur les milieux humides riverains et les préférences thermiques à divers stades de développement ainsi que sur la répartition des espèces.

La partie suivante résume les renseignements disponibles sur les menaces pesant sur les populations actuelles et sur celles qui auraient pesé sur les populations disparues du pays. Une vue d’ensemble est présentée au tableau 3.

Menaces pesant sur les populations subsistante

Rivière Ausable − Dans le bassin hydrographique de la rivière Ausable, la population du chenal Old Ausable (COA) semble demeurer stable et est protégée de l’afflux de matières en suspension dans la rivière par un barrage. En conséquence, l’envasement ne constitue pas actuellement une menace grave pour cette population. Bien qu’une bonne partie de l’habitat du COA fasse l’objet de mesures de conservation parce qu’elle se situe dans les limites d’un parc provincial, l’écosystème est vulnérable aux espèces non indigènes introduites. L’utilisation potentielle de poissons-appâts vivants dans cet habitat peut représenter un risque réel d’introduction d’espèces non indigènes dans un milieu qui, autrement, constituerait essentiellement un réseau fermé. La carpe commune, actuellement présente dans ce bassin hydrographique en densité faible, pourrait représenter une menace potentielle pour le sucet de lac si son nombre venait à augmenter (ÉRRA, 2005). Le comportement alimentaire destructeur de la carpe commune, qui se traduit par le déracinement de la végétation aquatique et par l’élévation conséquente des niveaux de turbidité, peut causer la détérioration de l’habitat marécageux. Par ailleurs, les travaux d’aménagement qui ont cours à l’extérieur du parc provincial Pinery, à proximité immédiate du COA, peuvent exercer des pressions négatives sur le réseau (ÉRRA, 2005). Les modifications survenues dans la dynamique trophique peuvent également être une cause de préoccupation au sujet de cette population. Les changements récents qui sont survenus dans la communauté aquatique ont entraîné une prédominance accrue des grands prédateurs centrarchidés et l’apparition du grand brochet (lucius Esox) dans le COA (ÉRRA, 2005).

Lac Sainte-Claire – Les travaux d’aménagement qui ont lieu le long des berges du lac Sainte-Claire représentent une menace potentielle pour la population qui fréquente la rive est du lac.

Lac Érié (baie Rondeau, baie de La pointe Long, pointe Pelée)– Les menaces principales pesant sur le sucet de lac dans les milieux humides riverains du lac Érié seraient l’envasement, la turbidité et la disparition des milieux humides. L’accumulation de de sédiments et des concentrations d’éléments nutritifs de même que la modification des processus côtiers constituent des menaces supplémentaires (ÉREÉ, 2007).

Rivière Niagara, ruisseau Lyons – On trouve actuellement le sucet de lac le long d’un tronçon de 1,8 km caractérisé par une eau dont la clarté est maintenue par un trop‑plein d’eau propre provenant du canal Welland (Mandrak et al., soumis pour publication). La partie résiduelle du ruisseau est maintenant fortement dégradée et l’envasement peut demeurer une menace immédiate pour cette population. De plus, la contamination au PCB dans le ruisseau Lyons représente une préoccupation constante, étant donné que les travaux de restauration du site en sont à leurs premiers stades (I. Barret, NPCA, comm. pers.).

Menaces dans les habitats autrefois occupés

Population de la rivière Thames, ruisseau Jeanette – L’augmentation de l’envasement et de la turbidité provoquée par l’agriculture, l’industrie et l’urbanisation seraient les menaces principales qui peuvent avoir entraîné la disparition de cette population (ÉRRT, 2005).

Affluents supérieurs du ruisseau Big (zone de la pointe Long) – La situation ou les menaces réelles dans ces plans d’eau sont encore inconnues.

Rivière Niagara, ruisseau Tee – Cette population/sous-population est vraisemblablement disparue à la suite de la dégradation de l’habitat principalement attribuable à l’envasement provoqué par l’agriculture et de l’augmentation de la turbidité (Mandrak et al., soumis pour publication). Les tronçons du ruisseau Tee autrefois occupés par l’espèce sont maintenant séparés des populations actuelles du ruisseau Lyons par la présence d’un habitat très pauvre qui s’étend sur de grandes distances. Le ruisseau Tee a été transformé en un chenal relativement encaissé maintenant classé comme égout municipal (I. Barret, NPCA, comm. pers.).

Tableau 3. Menaces prédominantes pesant sur les populations de sucets de lac en Ontario.

RéseauRépartitionSituation de la populationMenaces prédominantes
rivière Ausablechenal Old Ausablestablemodifications survenues dans la dynamique trophique, espèces exotiques, éléments nutritifs?
rivière Thamesruisseau Jeanettedisparuedisparition de l’habitat, accumulation de sédiments et turbidité, canalisation/ variation du débit d’eau.
lac Sainte-Claireîle Walpoleencore présenteinconnues
baie Mitchelldisparue?aménagement des berges
RNF (réserve nationale de la faune) de Sainte-Claireencore présenteinconnues
lac Ériébaie de la pointe Longdécroissante?disparition de l’habitat et envasement
pointe Peléestabledisparition de l’habitat et envasement
baie Rondeaudécroissante?Concentration d’éléments nutritifs, disparition/réduction de la végétation
affluents du ruisseau Big (secteur de la pointe Long)disparue?inconnues
rivière Niagararuisseau Teedisparuedisparition de l’habitat, accumulation de sédiments et turbidité
ruisseau Lyonsdécroissantedisparition de l’habitat, accumulation de sédiments et turbidité

1.6 Mesures déjà réalisées ou en cours

Programmes de rétablissement de l’écosystème

Les programmes de rétablissement des écosystèmes aquatiques ci-après s’appliquent à plusieurs populations de sucets de lac et sont mis en œuvre par leur équipe de rétablissement respective. Les activités de rétablissement réalisées comprennent l’intendance active et les programmes de sensibilisation afin de réduire les menaces établies.

Écosystème de la rivière Ausable(population du COA) – Le but à long terme de ce programme est « de maintenir dans la rivière Ausable une communauté aquatique indigène en santé par l’adoption d’une approche écosystémique axée sur le rétablissement des espèces en péril » (ÉRRA, 2005). L’équipe de rétablissement de la rivière Ausable a facilité l’élaboration d’un plan de gestion pour le COA et œuvre à la désignation de l’habitat essentiel du sucet de lac dans le COA.

Populations de la zone Essex-Érié (populations de la pointe Pelée, de la baie Rondeau, de la baie de la pointe Long et du ruisseau Big)– Le but à long terme de ce programme est « de maintenir et de restaurer la qualité et les fonctions de l’écosystème du secteur Essex-Érié pour qu’il puisse soutenir des populations viables d’espèces de poissons en péril dans leur aire de répartition actuelle et passée » (ÉREÉ, 2007). Le secteur Essex‑Érié est situé sur la rive nord du lac Érié et est bordé à l’est par le bassin hydrographique de la rivière Grand, à l’ouest par la rivière Détroit et au nord par le lac Sainte-Claire et le bassin hydrographique de la rivière Thames.

Écosystème de la rivière Thames (population historique du ruisseau Jeanette) – Le but à long terme de ce programme est « d’utiliser une approche écosystémique pour stabiliser et améliorer les populations d’espèces en péril dans l’écosystème de la rivière Thames et de réduire ou d’éliminer les menaces pesant sur ces espèces et sur leur habitat afin que leur viabilité à long terme dans le bassin hydrographique soit assurée » (ÉRRT, 2005).

Sensibilisation – Prises accidentelles : Une brochure en couleurs des espèces de poisons en péril (y compris le sucet de lac) a été distribuée en 2006 aux pêcheurs aux poissons-appâts afin d’accroître la sensibilisation générale et d’aider ainsi à prévenir les prises accidentelles.

Relevés récents

Le tableau suivant résume les relevés récents de populations effectués par divers organismes dans les zones où le sucet de lac a déjà été observé.

Tableau 4. Résumé des relevés récents effectués dans les zones où le sucet de lac a déjà été observé (adapté d’après l’ÉREÉ, 2007; Mandrak et al., soumis pour publication).

Plan d’eau/zone généraleDescription et calendrier des relevés
Ausable (COA)
  • Échantillonnage ciblé par le MPO en 2002 et 2004a,c,d,e
  • Relevés complémentaires également réalisés par le MPO
Essex
  • Échantillonnage de cours d’eau intérieurs par l’Office de protection de la nature de la région d’Essex (2000-2001)c, échantillonnage ciblé (2004)c, relevés dans des eaux de drainage et des eaux intérieures (2004)c
lac Érié
  • MRNO, milieux humides riverains le long du lac Érié (2004-2005)c
pointe Pelée
  • MPO et Parc national de la Pointe-Pelée (2002-2003)a,b,d,e
baie Rondeau
  • Échantillonnage ciblé par le MPO en 2002d
  • MRNO et MPO (2004-2005)a,e
lac Sainte-Claire (RNF de Sainte-Claire)
  • Échantillonnage par le MPO (2003, 2004)d?
lac Sainte-Claire
(île Walpole)
  • Musée royal de l’Ontario (2001-2002)
lac Sainte-Claire (baie Mitchell)
  • Échantillonnage par le MPO/Université de Guelph (2003, 2004)d,e
baie de la pointe Long
  • Relevés par pêche repère à la baie de la pointe Long – MRNO (annuellement)b
  • Échantillonnage ciblé par le MPO en 2004 et 2005 (y compris les marais endigués)a,d,e
ruisseau Lyons
  • Échantillonnage ciblé par le MPO en 2004, tout le long du ruisseau.

Type d’engins de pêche : a-senne, b-chalut, c-pêche électrique (groupe portable), d-pêche électrique (bateau), e-engins additionnels (trappes en filet, verveux, trappes Windermere).

1.7 Lacunes dans les connaissances

On connaît très peu de choses sur le cycle biologique de cette espèce. Il faut en particulier examiner en détail les tolérances physiologiques ou environnementales du sucet de lac. Il faut également obtenir des éclaircissements concernant les menaces qui pèsent sur ces populations et déterminer quels sont les agents importants qui ont contribué à la disparition de certaines d’entre elles (des ruisseaux Jeanette et Tee). De plus, il faut effectuer des échantillonnages supplémentaires pour déterminer toute l’aire de répartition des populations de sucets de lac en Ontario, à l’exception de celles du COA où leur étendue est relativement bien connue. Les efforts d’échantillonnage sont quelquefois gênés par l’absence de méthodes adéquates qui tiendraient compte des petites zones d’étangs caractérisés par une végétation abondante, des substrats organiques mous et une profondeur d’eau supérieure à 1 m (Mandrak et al., soumis pour publication). Les effets occasionnés par les poissons introduits (c.-à-d. la carpe commune, le grand brochet, les centrarchidés) et d’autres espèces exotiques sur le sucet de lac et sur son habitat requièrent un examen supplémentaire.