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Programme de rétablissement du Sucet de Lac

2. Rétablissement

Les buts, objectifs et approches de rétablissement suivants ont été adaptés à partir du Programme de rétablissement de la zone Essex-Érié (ÉREÉ, 2007), qui couvre une partie substantielle de l’aire de répartition canadienne du sucet de lac. Des considérations supplémentaires tirées du Programme de rétablissement de la rivière Ausable (ÉRRA, 2005) et du Programme de rétablissement de la rivière Thames ont été ajoutées (ÉRRT, 2005).

2.1 Faisabilité du rétablissement

Le rétablissement du sucet de lac est considéré comme biologiquement et techniquement réalisable. Les exigences suivantes relatives à la faisabilité[1] et imposées à l’égard de cette espèce ont été satisfaites.

  1. Des individus capables de reproduction sont-ils actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance de la population ou son abondance?
  2. Oui. Des populations reproductrices sont présentes dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce (p. ex. dans le COA, le Parc national de la Pointe-Pelée et la baie de la pointe Long), lesquelles pourraient être utilisées dans le cadre de relocalisations ou d’une propagation artificielle, si Nécessaire.

  3. Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles pour soutenir l’espèce ou, encore, pourrait-on rendre de tels habitats disponibles par l’application de mesures de gestion ou de restauration?
  4. Oui. On retrouve des habitats adéquats dans plusieurs emplacements occupés par des populations actuelles. En ce qui concerne les emplacements dont les populations sont disparues ou en décroissance, des mesures de restauration peuvent rendre ces emplacements adéquats et disponibles.

  5. Les menaces importantes qui pèsent sur l’espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement?
  6. Oui. Des menaces importantes telles que la sédimentation, l’augmentation de la turbidité et la perte des habitats marécageux peuvent être atténuées par des méthodes de restauration établies.

  7. Les techniques de rétablissement requises existent-elles et sait-on si elles sont efficaces?
  8. Oui. Des techniques pour réduire certaines menaces (p. ex. l’utilisation de pratiques de gestion optimales [PGO] pour réduire la sédimentation) et pour restaurer les habitats marécageux sont bien connues et ont prouvé leur efficacité.

Les efforts de rétablissement ne seront pas investis de manière uniforme entre toutes les populations. Dans les emplacements autrefois occupés par des populations maintenant disparues (ruisseaux Jeanette et Tee), il faudra déployer des efforts substantiels afin d’améliorer l’habitat et de procéder à des réintroductions. Dans de tels cas, l’équipe de rétablissement endossera, pour les réintroductions, une approche telle que celle esquissée ci-après (modifiée d’après l’ÉREÉ, 2007).

Approche axée sur les réintroductions

Les efforts de réintroduction en vue de rétablir des populations viables de sucets de lac ne pourront s’accomplir sans tenir compte des éléments suivants.

  1. Avant d’élaborer tout plan de réintroduction, il sera Nécessaire de s’assurer par un échantillonnage intensif que la population est bel et bien disparue.
  2. Le succès de la réintroduction reposera sur la compréhension des besoins de l’espèce en matière d’habitat et de la disponibilité d’un habitat adéquat suffisamment étendu dans le site de relocalisation. Il faudra effectuer des relevés afin de caractériser les conditions ayant cours dans l’habitat actuel et d’établir les mesures appropriées à prendre pour améliorer les habitats dégradés. Si les exigences de l’espèce en matière d’habitat sont mal comprises, il faudra réaliser des études sur l’utilisation de ces habitats.
  3. Aucune réintroduction ne devra être considérée tant que les causes de la disparition ne seront pas comprises et traitées.
  4. Il faut désigner des populations sources qui soutiendront la réintroduction. Idéalement, ces populations sont très diversifiées sur le plan génétique et leur composition génétique s’est développée dans des conditions historiques similaires à celles du site de relocalisation. Dans la mesure du possible, on préférera les populations sources qui proviennent du même bassin hydrographique.
  5. Le prélèvement d’individus des populations sources ne devra pas affecter négativement l’état de ces populations.
  6. La méthode d’introduction optimale (p. ex. le transfert d’adultes ou l’élevage en captivité) devra être déterminée. Si l’élevage en captivité est la méthode privilégiée, il faudra déterminer les méthodes de propagation et d’élevage de même que les installations d’élevage appropriées.
  7. Afin d’établir avec succès des populations autonomes et de préserver leur composition génétique, il faudra déterminer le nombre d’individus à introduire, les stades du cycle de vie à considérer de même que la fréquence et la durée des ensemencements supplémentaires.
  8. Il faudra procéder à un suivi afin de s’assurer que les populations nouvellement établies sont viables, que le taux d’ensemencement est approprié et que les conditions de l’habitat sont toujours adéquates.
  9. Tout projet de réintroduction associée au présent programme exigera la préparation d’un plan de réintroduction qui traitera des aspects logistiques et écologiques discutés plus haut de même que des questions relatives aux intervenants.
  10. La réintroduction devra se conformer aux directives de l’American Fisheries Society portant sur la réintroduction des poissons menacés ou en voie de disparition. Site Web : http://www.fisheries.org/html/resource/page17.shtml.

2.2 But du rétablissement

Le but à long terme du programme de rétablissement (> 20 ans) est de maintenir l’aire de répartition et la densité actuelles du sucet de lac et de rétablir des populations viables dans les habitats marécageux autrefois occupés.

2.3 Objectif(s) en matière de population et de répartition

D’ici les cinq prochaines années, maintenir au niveau actuel les densités et l’abondance des populations connues vivant dans le chenal Old Ausable, dans le lac Sainte-Claire (île Walpole et RNF de Sainte-Claire), dans le lac Érié (pointe Pelée, baie Rondeau, baie de la pointe Long) et dans le cours supérieur de la rivière Niagara (ruisseau Lyons). Pour le moment, il n’est pas possible d’atteindre des objectifs plus facilement quantifiables pour des populations distinctes, mais cela le deviendra une fois que les échantillonnages et les études Nécessaires auront été réalisés. Ces lacunes dans les connaissances seront comblées par des mesures de rétablissement qui seront établies comme des « priorités urgentes » dans les approches axées sur la planification du rétablissement.

2.4 Objectifs du rétablissement

Les objectifs de rétablissement suivants seront poursuivis sur une période de cinq à dix ans :

  1. Déterminer l’étendue, l’abondance et l’effectif des populations actuelles par le biais d’un programme d’échantillonnage ciblé.

  2. Définir les principaux besoins en matière d’habitat afin de désigner l’habitat essentiel et de mettre en œuvre des stratégies pour protéger les habitats actuellement connus comme étant occupés et ceux faisant l’objet du rétablissement.

  3. Établir un programme de suivi à long terme des populations et de l’habitat.

  4. Définir les menaces, évaluer leur importance relative et mettre en œuvre des mesures correctives pour réduire le plus possible leurs impacts, lorsque c’est possible.

  5. Établir la faisabilité de la réintroduction chez des populations qui peuvent être disparues du pays ou réduites.

  6. Coordonner les efforts de rétablissement avec les équipes de rétablissement de l’écosystème aquatique et terrestre et avec toute autre initiative ou tout autre organisme pertinent ou complémentaire.

  7. Accroître la sensibilisation du public à l’égard du sucet de lac, du rôle que jouent des écosystèmes aquatiques en santé et de leur importance pour la vie humaine.

2.5 Approches recommandées pour atteindre les objectifs de rétablissement

2.5.1 Planification du rétablissement

Les mesures ou les approches générales recommandées pour l’atteinte des objectifs de rétablissement ont été organisées en trois catégories qui font l’objet des tableaux suivants : recherche et surveillance; gestion et coordination; intendance, diffusion de l’information et sensibilisation. Chaque tableau présente les étapes particulières en ordre de priorité (urgent, Nécessaire, bénéfique), un lien avec les objectifs de rétablissement, une liste des approches et mesures générales, une description de la menace traitée et les résultats ou les extrants proposés pour la mesure des progrès accomplis. Un texte suit chaque tableau pour expliciter des approches ou des mesures particulières. Les approches suivantes seront mises en œuvre en collaboration avec les équipes de rétablissement de l’écosystème appropriées et les groupes de mise en œuvre connexes.

Tableau 5. Planification du rétablissement– Recherche et surveillance

PrioritéObjectif traitéMenaces traitéesMesures générales pour le traitement des menacesApproches recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissementRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
UrgentI, VIS/O1. Relevés préliminairesEffectuer les relevés ciblés des habitats de prédilection situés dans les affluents du ruisseau Big (région de la pointe Long) ainsi que dans les ruisseaux Jeanette et Tee pour déterminer l’état de ces populations.Déterminer la présence ou l’absence des populations à ces endroits.
UrgentI, VIS/O2. Relevés préliminaires (occurrences actuelles)Terminer les relevés ciblés des populations actuelles.Déterminer la santé, l’aire de répartition, l’abondance et l’effectif des populations et contribuer à la désignation de l’habitat essentiel.
UrgentI, VIS/O3. Relevés préliminaires (nouvelles occurrences)Effectuer des relevés ciblés de populations non détectées dans des zones de probabilité élevée dont l’habitat est adéquat. Les zones ciblées comprendraient le lac L (près du COA) et les affluents du cours supérieur de la rivière Niagara.Être en mesure de détecter de nouvelles occurrences du sucet de lac.
UrgentIIIS/O4. Surveillance des populations et de l’habitatÉlaborer et mettre en œuvre un programme de surveillance de l’habitat et un programme de surveillance de la population reposant sur un indice normalisé, qui comprennent un protocole d’échantillonnage et de formation particulier.Être en mesure d’évaluer les changements observés dans l’aire de répartition et l’abondance de l’espèce, ses caractéristiques démographiques clés et les changements survenus dans les caractéristiques de l’habitat, son étendue et sa santé.
UrgentIIS/O5. Recherche sur les exigences relatives à l’habitatDéterminer les besoins saisonniers relatifs à l’habitat à tous les stades de développement du sucet de lac (relevés in situ/exsitu, recherche analytique). Permettre la désignation de l’habitat essentiel du sucet de lac, en vertu de la LEP. Aider à élaborer un modèle d’habitat.
UrgentIIDestruction ou fragmentation de l’habitat 6. Gestion de l’habitatVeiller à ce que les organismes de planification et de gestion connaissent les habitats qui sont importants pour le sucet de lac.Protéger l’habitat important du sucet de lac contre les activités industrielles et d’aménagement du territoire.
NécessaireIVEspèces exotiques7. Évaluation des menaces posées par les espèces exotiques Évaluer les impacts qu’ont les espèces exotiques (y compris la carpe commune et des espèces végétales exotiques) sur le sucet de lac et son habitat.Aider à évaluer la gravité de la menace posée par la carpe commune dans des habitats humides de prédilection.
NécessaireIVToutes8. Évaluation et atténuation des menacesÉtudier et évaluer l’importance des facteurs de menace qui peuvent avoir un impact sur les populations actuelles. Prendre les mesures Nécessaires pour atténuer les menaces immédiates relevées.Déterminer la gravité des menaces propres à chaque population et diminuer leurs impacts.
BénéfiqueIVEspèces exotiques (p. ex. carpe commune)9. Surveillance des espèces exotiquesEffectuer un suivi des bassins hydrographiques pour détecter les espèces exotiques préoccupantes en collaboration avec les équipes de rétablissement des écosystèmes aquatiques.Effectuer un suivi de la progression ou de l’établissement des espèces exotiques et créer de premières occasions pour l’atténuation de cette menace.
NécessaireII, IVS/O10. Recherche sur la régularisation des niveaux d’eau et la dynamique des milieux humidesÉtudier les impacts des niveaux d’eau régularisés (c.-à-d. milieux humides endigués) par rapport aux milieux humides naturels (non endigués) sur les conditions ayant cours dans l’habitat du sucet de lac. Les événements extrêmes (inondations et sécheresses) sont des caractéristiques importantes des milieux humides sains.Déterminer l’impact des niveaux d’eau régularisés sur l’espèce et son habitat. Aider à restaurer ou à maintenir les processus écologiques.
NécessaireI, IV, VIConcen-trations de sédiments, d’éléments nutritifs et de contaminants 11. Suivi de la qualité de l’eauMesurer les accumulations de sédiments et les concentrations d’éléments nutritifs dans les cours d’eau.Déterminer des zones prioritaires pour la restauration ou l’intendance.
BénéfiqueVS/O12. Collaboration et partage de l’informationCollaboration avec les groupes, les initiatives et les équipes de rétablissement appropriés pour la prise de mesures de rétablissement qui profiteront au sucet de lac. Faire appel à de multiples expertises pour mettre en œuvre des mesures communes de rétablissement et veiller à la diffusion commune de l’information, en temps opportun.

1-3. Relevés préliminaires – On doit déployer des efforts ciblés pour déterminer la répartition actuelle du sucet de lac dans tous les bassins hydrographiques où l’espèce a été observée récemment ou dans un passé plus lointain de même que pour mener des recherches dirigées afin de détecter de nouvelles populations dans des endroits où la probabilité d’occurrence de l’espèce est élevée. L’établissement de ce relevé sera facilité par la coordination des efforts déployés par les équipes de rétablissement des écosystèmes responsables de l’espèce. Elles devront concentrer leurs efforts sur ses occurrences historiques dans les affluents du ruisseau Big, de la baie Rondeau, des zones côtières de la baie de la pointe Long et dans les affluents de la rivière Niagara (particulièrement dans les ruisseaux Lyons et Tee). Des habitats adéquats supplémentaires peuvent être situés dans des méandres morts du cours inférieur de la rivière Ausable (comme le lac L) à proximité du COA de même que des affluents du cours supérieur de la rivière Niagara. Les méthodes d’échantillonnage doivent être normalisées à tous les sites d’échantillonnage et inclure une évaluation appropriée de l’habitat. Selon les travaux antérieurs menés dans le COA, la pêche à la senne et la pêche électrique par bateaux représentaient les deux méthodes optimales pour la capture du sucet de lac dans ces habitats (MPO, données non publiées).

4. Suivi des populations et de l’habitat– Le programme de suivi doit tenir compte :

  • • du suivi quantitatif des changements dans l’abondance et les effectifs de l’espèce;
  • • des analyses de l’utilisation et de la disponibilité de l’habitat ainsi que des changements survenus dans ces paramètres au fil du temps;
  • • de la capacité de détecter la présence d’espèces exotiques, comme la carpe commune.

Le protocole de suivi des poissons en cours d’élaboration doit prendre en considération les méthodes utilisées dans les travaux portant sur les relevés préliminaires (voir ci-devant) de même que fournir de l’orientation quant au moment de l’échantillonnage et définir les types d’échantillons biologiques qui doivent être prélevés (p. ex. rayon de la nageoire, longueur, poids).

9. Surveillance des espèces exotiques – Les densités de carpe commune dans le COA sont actuellement faibles. La densité et l’abondance de cette espèce exotique doivent être surveillées pour que l’on s’assure que ce niveau de menace n’est pas élevé (ÉRRA, 2005). Les carpes capturées pendant les initiatives de surveillance doivent être retirées et libérées ailleurs. On doit étudier les voies de pénétration possibles des carpes (et d’autres espèces exotiques) qui entrent dans le cours supérieur du COA en profitant de conditions de contre-courant résultant de la formation de barrages de glace au printemps.

 

Tableau 6. Planification du rétablissement – Gestion et coordination

PrioritéObjectif traitémenaces traitéesMesures générales pour le traitement des menacesApproches recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissementRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
UrgentVIS/O1. Coordination avec d’autres équipes de rétablissementTravailler avec les équipes de rétablissement des écosystèmes et celles ciblant une seule espèce concernées afin de partager des connaissances, de mettre en œuvre des mesures de rétablissement et d’être tenu au courant des observations fortuites.Faire appel à de multiples expertises et ressources, assurer la diffusion de l’information, aider à donner la priorité aux mesures les plus urgentes dans l’aire de répartition de l’espèce et permettre l’adoption d’une approche coordonnée en matière de rétablissement.
UrgentVI, VIIDisparition de l’habitat2. Planification municipale - ParticipationInciter les municipalités à protéger les habitats qui sont importants pour le sucet de lac dans leurs plans officiels.Faciliter le rétablissement du sucet de lac et l’amélioration de la qualité de l’eau des bassins hydrographiques qu’il fréquente.
NécessaireVI, VIIConcen-tration en sédiments et turbidité; canalisation et modification du débit3. Établissement de relations - DrainageÉtablir de bonnes relations de travail avec les superviseurs, les ingénieurs et les entrepreneurs responsables du drainage pour limiter les effets des activités de drainage sur cette espèce.Accroître la connaissance et la compréhension des besoins en matière d’habitat de ce poisson et être en mesure de diminuer les modifications qui ont des effets négatifs.
NécessaireIV, VIToutes4. Évaluation des facteurs de perturbation dans tout le bassin hydrographiqueEn collaboration avec les équipes de rétablissement des écosystèmes appropriées, traiter des facteurs de perturbation dans tout le bassin hydrographique qui affectent les populations et leur habitat.Relever les facteurs de perturbation multiples qui peuvent affecter les populations de sucets de lac.
BénéfiqueIV, VIEspèces exotiques5. Plan de gestion des espèces exotiquesÉlaboration d’un plan de gestion qui porte sur les risques potentiels, les impacts et les mesures proposées (y compris la faisabilité de la lutte contre ces espèces) en réaction à l’arrivée ou à l’établissement d’espèces exotiques, comme la carpe commune (COA). Les approbations réglementaires pertinentes seront obtenues.Assurer une réaction en temps opportun si cette menace se concrétise davantage. Faciliter le traitement des principales menaces à l’égard de cette population.
Bénéfique  Introductions d’espèces non indigènes6. Interdictions – Poissons-appâtsÉvaluer la faisabilité d’interdire l’utilisation de poissons-appâts vivants dans le COA (à l’intérieur et à l’extérieur du parc provincial Pinery) Aider à empêcher l’établissement d’espèces exotiques dans le COA.

1. Coordination avec d’autres équipes de rétablissement – Nombre des menaces auxquelles le sucet de lac fait face résultent de la modification et de la dégradation de son habitat. Les programmes de rétablissement plurispécifiques ou écosystémiques (rivière Ausable, rivière Thames et région Essex-Érié) ont intégré les exigences biologiques et écologiques de cette espèce aux approches de rétablissement appropriées axées sur le bassin hydrographique de même qu’aux approches propres à l’espèce. Ces équipes auront l’occasion de partager des ressources, d’élaborer et d’adopter des approches semblables et de mettre en commun leurs expertises par l’entremise d’une approche coordonnée. L’équipe de rétablissement coordonnera le classement scientifique des menaces par ordre d’importance de toutes les populations de sucets de lac afin de fournir une orientation concernant l’ordre des priorités à accorder aux approches à l’intention des équipes de rétablissement de l’écosystème.

Tableau 7. Planification du rétablissement – Intendance, diffusion de l’information et sensibilisation

PrioritéObjectif traitéMenaces traitéesMesures générales pour le traitement des menacesApproches recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissementRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
UrgentVIS/O1. Collaboration et partage de l’informationCollaboration avec les groupes, les initiatives et les équipes de rétablissement appropriés pour mettre en œuvre des mesures de rétablissement qui profiteront au sucet de lac.Faire appel à de multiples expertises pour mettre en œuvre des mesures communes de rétablissement et veiller à la diffusion commune de l’information, en temps opportun.
UrgentIV, VIIS/O2. Initiatives relatives à l’intendance et à l’habitatFavoriser l’intendance parmi les propriétaires de terrains adjacents aux habitats aquatiques du sucet de lac et d’autres résidents locaux. Des efforts devront être déployés dans tout le bassin si l’on veut améliorer de façon importante l’habitat.Accroître le soutien et la sensibilisation de la communauté aux initiatives de rétablissement. Faire connaître le sucet de lac et améliorer la sensibilisation relativement aux occasions d’amélioration de l’habitat de l’espèce et de la qualité de l’eau.
UrgentIV, VIIDégradation de l’habitat3. Intendance - Mise en œuvre des PGOCollaborer avec les propriétaires fonciers à la mise en application des PGO. Inciter l’application des plans environnementaux en agriculture et des plans de gestion des éléments nutritifs.Réduire au minimum les menaces posées par l’érosion du sol, l’envasement des cours d’eau et la contamination par des éléments nutritifs et des produits chimiques.
NécessaireVIIS/O4. Stratégie de communicationsÉlaborer une stratégie de communications qui détermine des partenaires, des approches, des produits d’information, des occasions de formation et de sensibilisation, des ressources d’intendance et des PGO particulières qui aideront au rétablissement de cette espèce.Fournir une base stratégique pour sensibiliser le public aux espèces en péril et faire la promotion des façons les plus efficaces de solliciter la participation de la communauté et du public au rétablissement de cette espèce.
NécessaireVIS/O5. Intendance – Aide financière/ incitatifs financiersFaciliter l’accès aux sources de financement pour les propriétaires fonciers et les groupes communautaires locaux qui mènent des activités d’intendance.Faciliter la mise en œuvre des efforts de rétablissement et de PGO liées à l’amélioration de la qualité de l’eau, à la réduction des accumulations de sédiments, etc.
NécessaireVIIS/O6. Sensibilisation aux préoccupations des propriétaires fonciersFournir aux propriétaires fonciers des documents clairs concernant les compensations financières offertes de même que leurs préoccupations et leurs responsabilités en vertu de la LEP.Traiter des préoccupations des propriétaires fonciers quant au sucet de lac et accroître l’intérêt et la participation du public quant aux initiatives d’intendance.
BénéfiqueVIIPrises accidentelles7. Sensibilisation aux prises accidentellesFournir une trousse d’information sur le sucet de lac aux pêcheurs commerciaux (y compris aux pêcheurs qui pratiquent la pêche aux poissons-appâts). Leur demander d’éviter les habitats occupés de même que de rejeter et de signaler tout sucet de lac capturé.Réduire le nombre de sucets de lac pris de façon fortuite et accroître les efforts de surveillance de cette espèce.
BénéfiqueVIIEspèces exotiques/ poissons-appâts8. Introduction d’espèces exotiques/de poissons-appâts Augmenter la sensibilisation du public aux impacts des espèces exotiques sur l’écosystème naturel et élaborer un système de signalement des espèces exotiques.Il faut dissuader les pêcheurs à la ligne de vider le contenu de leurs seaux de poissons-appâts dans les eaux locales.Réduire le transport et le rejet des espèces exotiques (y compris des poissons-appâts) et empêcher leur établissement dans les régions renfermant des habitats du sucet de lac.

2. Initiatives relatives à l’intendance et aux habitats– On doit déployer des efforts à grande échelle en vue d’améliorer la qualité des habitats situés dans des secteurs actuellement (et historiquement) occupés par le sucet de lac à certains endroits. On devra s’assurer de la participation des propriétaires fonciers, des communautés locales et des conseils d’intendance aux enjeux liés au rétablissement du sucet de lac, à la santé des écosystèmes et du milieu, à la protection des eaux saines, à la gestion des éléments nutritifs, aux pratiques de gestion optimales (PGO), aux projets d’intendance et aux programmes d’incitatifs financiers connexes. À cette fin, l’équipe de rétablissement collaborera étroitement avec les trois équipes de rétablissement des écosystèmes, qui ont toutes établi des programmes d’intendance qui profiteront à cette espèce.

3. Mise en œuvre des PGO – La mise en œuvre des PGO sera en grande partie facilitée par des programmes d’intendance établis par les équipes de rétablissement des écosystèmes actuelles. Des programmes d’intendance supplémentaires cibleront, selon les besoins, des secteurs dépassant les limites des programmes écosystémiques. Les PGO mises en œuvre comprendront les suivantes : l’aménagement de zones tampons riveraines, la conservation du sol, la gestion des troupeaux, la gestion des éléments nutritifs et du fumier et le traitement des eaux usées. L’aménagement de zones tampons riveraines réduira l’apport d’éléments nutritifs (azote et phosphore) et de sédiments dans les eaux réceptrices et les eaux de ruissellement. La restriction de l’accès des animaux d’élevage aux cours d’eau entraînera des réductions de l’érosion, de l’accumulation de sédiments et des concentrations d’éléments nutritifs. La gestion des éléments nutritifs et du fumier réduiront les apports d’azote et de phosphore dans les plans d’eau adjacents, ce qui améliorera la qualité de l’eau. Les pratiques de travail minimum du sol permettent de réduire l’érosion des sols et d’améliorer leur structure, tout en diminuant la charge en sédiments dans les cours d’eau adjacents. Les plans agro-environnementaux permettent d’établir un ordre de priorité pour la mise en œuvre de pratiques de gestion optimales dans des exploitations agricoles et sont parfois préalables à l’admissibilité aux programmes de financement. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les PGO, voir la série de fascicules « Les pratiques de gestion optimales » du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales à l’adresse : http://www.omafra.gov.on.ca/french/environment/bmp/series.htm.

4. Stratégie de communications – La stratégie de communications couvrira divers sujets, y compris, sans s’y limiter, ceux décrits dans la colonne portant sur les mesures particulières. Parmi les destinataires ciblés, mentionnons le grand public, les propriétaires de terres publiques et privées, les groupes d’intendance, les municipalités, les surintendants du drainage et l’industrie. On sollicitera l’appui et la participation du public en diffusant du matériel éducatif et en faisant connaître des responsables et des ressources en matière d’intendance. La stratégie tiendra compte des travaux du Comité de gestion du COA, lesquels lui serviront de fondement; le Comité traite actuellement des préoccupations relatives à la sensibilisation au sucet de lac par divers moyens.

7. Sensibilisation aux prises accidentelles –Le sucet de lac n’est pas un poisson-appât légal en Ontario. Il est peu probable qu’il ait déjà été ciblé par l’industrie du poisson-appât en raison de sa taille et de sa rareté. Cependant, dans certaines zones de son aire de répartition, il a fait l’objet de prises fortuites dans la pêche commerciale à la senne (Becker, 1983). On élaborera une trousse d’information, qui sera distribué en même temps que les permis de pêche aux poissons-appâts dans les zones fréquentées par le sucet de lac. Cette trousse d’information incluera une description et une illustration de l’espèce, une carte des zones connues d’occurrence, une description de ses habitats de prédilection et un formulaire de signalement. On demandera aux pêcheurs qui pratiquent la pêche aux poissons-appâts d’éviter de fréquenter ces zones d’occurrence connues et de signaler les zones où ont eu lieu des prises fortuites.

2.6 Indicateurs de rendement

La réussite de la mise en œuvre des approches de rétablissement recommandées sera essentiellement évaluée par les relevés périodiques portant sur la population de l’espèce (répartition et abondance) et ses habitats (qualité et quantité) ainsi que par le suivi. Au cours des cinq années à venir, on établira des objectifs quantifiables pour le sucet de lac. Le Programme de rétablissement sera passé en revue dans cinq ans pour que l’on évalue les progrès accomplis vers l’atteinte des cibles à court et à long terme; les buts et les objectifs actuels seront examinés selon un cadre de planification de la gestion adaptée et seront commentés par les diverses équipes de rétablissement des écosystèmes.

Parmi les indicateurs de rendement permettant d’évaluer les progrès accomplis en matière de rétablissement, mentionnons les suivants :

  • progrès accomplis vers l’atteinte des buts à long terme et des objectifs à court terme;
  • examen des buts, des objectifs, des approches stratégiques et du succès des activités menées dès l’obtention de nouvelles données;
  • réalisation des activités décrites dans le calendrier des études en vue de la détermination de l’habitat essentiel selon les délais proposés;
  • désignation de l’habitat essentiel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action;
  • atteinte du degré de protection ou de restauration des habitats connus du sucet de lac (p. ex. augmentation du nombre de parcelles d’habitat/de populations);
  • réduction des lacunes dans les connaissances et meilleure compréhension de l’écologie du sucet de lac;
  • nombre de sites de priorité élevée améliorés ou protégés grâce à des mesures d’intendance;
  • documentation de la participation et du soutien du public et des organismes relativement aux mesures de rétablissement relevées dans le Programme de rétablissement (y compris les contributions sous forme de ressources financières et non financières).

2.7 Habitat essentiel

2.7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Bien qu’il soit impossible en ce moment de désigner l’habitat essentiel de l’espèce, une récapitulation des habitats actuellement occupés et des habitats occupés par le passé est fournie ci-après. L’équipe de rétablissement recommande que l’on reconnaisse qu’il faut appliquer des mesures de conservation du sucet de lac dans l’habitat actuellement occupé par l’espèce.

Habitat actuellement occupé

Rivière Ausable (COA) – Les populations qui subsistent sont toutes situées dans le sous-bassin des dunes (chenal Old Ausable) du bassin hydrographique de la rivière Ausable. L’équipe de rétablissement de la rivière Ausable recommande que tout le COA en amont des basses chutes du barrage (dans le parc provincial Pinery) jusqu’à son extrémité près de Grand Bend soit désigné comme un habitat essentiel pour le sucet de lac (ÉRRA, 2005). Ce tronçon du chenal s’étend sur environ 9,5 kilomètres, la majeure partie (environ 6,4 kilomètres) étant située dans le parc. En outre, il convient de noter que le sucet de lac a été également détecté dans les tronçons du COA en aval des basses chutes du barrage en 2004 par le MPO.

Lac Érié – L’habitat occupé inclut la zone de la baie de la pointe Long (marais endigués de la RNF du ruisseau Big et un étang situé au bout de la pointe Long), les marais intérieurs du parc national de la Pointe-Pelée et les milieux humides côtiers de la baie Rondeau.

Lac Sainte-Claire – L’habitat occupé inclut la RNF du lac Sainte-Claire et des marais endigués de l’île Walpole.

Ruisseau Lyons – L’habitat occupé inclut une section de 1,8 kilomètre d’eau dont la clarté est maintenue par un trop-plein d’eau propre provenant du canal Welland (Mandrak et al., soumis pour publication).

Habitat occupé autrefois

Rivière Ausable (COA) – On part du principe que le sucet de lac a fréquenté le cours inférieur de la rivière Ausable avant la dérivation de cette dernière dans les années 1800, mais on ignore dans quelle mesure (ÉRRA). La qualité de l’habitat du cours inférieur de la rivière Ausable s’est dégradée depuis cette époque et l’espèce est maintenant confinée à l’habitat de haute qualité protégé par le réseau fermé du COA.

Lac Érié – On a déjà recensé le sucet de lac dans les affluents des tronçons supérieurs du ruisseau Big (région de la pointe Long), mais sa présence n’a pas été confirmée ces dernières années.

Rivière Thames – Ruisseau Jeanette, qui est un affluent du cours inférieur de la rivière Thames.

Ruisseau Tee – Un affluent du ruisseau Lyons, qui est lui-même un affluent de la rivière Niagara.

2.7.2 Activités susceptibles d’avoir un impact sur l’habitat actuellement occupé

Les habitats occupés par le sucet de lac pourraient subir un impact négatif d’une vaste gamme d’activités qui, tôt ou tard, augmentent les niveaux d’envasement/de turbidité ou entraînent l’élimination de la dense végétation aquatique. Les niveaux élevés d’envasement et de turbidité limitent la pénétration de la lumière de soleil dans l’eau, limitant de ce fait la croissance des macrophytes aquatiques. La destruction directe de l’habitat, qui entraîne la disparition de l’habitat et sa fragmentation, est provoquée par des activités telles que le dragage et la construction de barrages et de réservoirs de retenue. La détérioration d’habitats par des activités qui entraînent l’augmentation de la concentration en éléments nutritifs, en sédiments et en substances toxiques aura également des impacts négatifs. Les principales activités contribuant à la détérioration de la qualité de l’eau et à la diminution de son volume incluent les travaux sous-marins ou réalisés dans le cours d’eau sans que des mesures appropriées de limitation de l’envasement ne soient prises, la culture dans les zones riveraines, l’accès libre des animaux d’élevage aux cours d’eau, les travaux de canalisation et de drainage, l’élimination de la végétation riveraine qui sert de filtres biologiques pour les contaminants/sédiments dans les eaux de ruissellement qui pénètrent dans les cours d’eau, l’extraction d’agrégats, l’apport de substances toxiques et le prélèvement d’eau.

2.7.3 Calendrier des études relatives à l’habitat essentiel

La désignation de l’habitat essentiel des espèces en voie de disparition et menacées (inscrites à l’Annexe 1) est une exigence de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En effet, la LEP prévoit la protection de l’habitat essentiel désigné pour ces espèces. En vertu du paragraphe 2 de la LEP, un « habitat essentiel » est défini comme un « habitat Nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de cette espèce. ». La désignation de l’habitat essentiel nécessite une connaissance approfondie des exigences de l’espèce en matière d’habitat pendant tous les stades de son cycle biologique. Elle requiert également une connaissance détaillée de la qualité des habitats, du nombre d’habitats disponibles et de leur répartition dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Sauf pour ce qui est du COA (voir ci-après), ces données ne sont pas actuellement disponibles pour les populations de sucets de lac. À ce titre, le programme d’études suivant (tableau 8) décrit les activités qui aideront à l’obtention de l’information requise. La liste des activités n’est pas complète, et il est probable que le processus d’étude de ces mesures mène à la découverte de nouvelles lacunes dans les connaissances, lesquelles devront être comblées. Jusqu’à ce que l’habitat essentiel puisse être défini, l’équipe de rétablissement a déterminé que les zones énumérées en tant qu’« habitats actuellement occupés » par le sucet de lac devaient faire l’objet de mesures de conservation.

Étant donné l’importance de la communauté aquatique dans le COA, l’habitat et les poissons présents dans le COA ont récemment fait l’objet d’un échantillonnage rigoureux. L’équipe de rétablissement de la rivière Ausable (ÉRRA) analyse actuellement ces données et a recommandé que des tronçons importants du COA soient désignés en tant qu’habitats essentiels pour le sucet de lac. L’équipe de rétablissement du poisson d’eau douce en Ontario travaille de concert avec l’ÉRRA afin de terminer la désignation dans l’échéance prévue d’un an (tableau 8). Cette approche progressive dans la désignation de l’habitat essentiel fournira une protection en temps opportun à l’une des plus importantes populations encore présente au Canada.

Tableau 8. Programme d’études relatives à l’habitat essentiel pour le sucet de lac

Description de l’activitéÉchéanciers approximatifs1
Mener un examen intensif du cycle biologique connu et des besoins écologiques. Établir les caractéristiques de l’habitat de prédilection en tenant compte du fait que chaque population/sous-population doit avoir accès à tous les habitats de qualité adéquate pour demeurer viable.2007-
Seconder l’ÉRRA dans la désignation de l’habitat essentiel dans les limites du COA; la désignation doit être indiquée dans la version finale du programme de rétablissement de la rivière Ausable.2007-2008

Effectuer des relevés préliminaires sur la population et l’habitat ou appliquer des mesures de suivi à cet égard pour confirmer :

  • la présence, l’étendue et l’effectif des populations actuelles;
  • l’étendue et la qualité de l’habitat adéquat (occupé et non occupé).
2007-2010
Cartographier les zones actuellement et autrefois occupées de même que les zones qui sont adéquates, mais inhabitées. Souligner les zones d’occurrence historique pouvant être rétablies.2007-
Évaluer les conditions actuelles de l’habitat (p. ex. qualité et volume de l’eau, débit, substrat, végétation) dans l’aire de répartition historique du sucet de lac dans tous les sites connus. Comparer les conditions actuelles aux exigences de l’espèce afin de déterminer les circonstances/facteurs qui ont mené à l’inadéquation ou à la détérioration de l’habitat de certains sites. Cet exercice confirmera l’importance d’un ensemble de caractéristiques de l’habitat qui sont essentielles pour l’espèce.2009-2011
Évaluer le degré de connectivité des parcelles d’habitat/des populations de sucets de lac en procédant à des relevés physiques et à des analyses génétiques.2009-2012
Selon l’information recueillie, examiner les buts en matière de population et de répartition (c.-à-d. survie par rapport au rétablissement). 2012
Déterminer l’étendue de l’habitat essentiel requis et sa configuration pour atteindre le but, si les données appropriées sont disponibles. Valider le modèle.2012

1 Les échéanciers peuvent varier si de nouvelles priorités sont établies ou si des changements surviennent du côté des demandes relatives aux ressources financières ou humaines.

Les activités relevées dans ce calendrier d’études seront davantage détaillées dans un plan d’action et menées en collaboration avec les équipes de rétablissement des écosystèmes appropriées et d’autres organismes, agences, groupes et individus concernés. Il importe de noter que de nombreuses approches de rétablissement s’attaqueront à certaines des exigences en matière d’information énumérées ci-devant.

2.8 Approches actuelles et recommandées pour la protection des habitats

Les habitats du sucet de lac reçoivent une protection générale en vertu des dispositions sur l’habitat de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. La Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) tient également compte des effets des projets sur toutes les espèces sauvages inscrites et sur leur habitat essentiel. Au cours de l’examen d’un projet effectué en vertu de la LCEE, il faut déterminer tous les effets néfastes du projet sur une espèce inscrite et sur son habitat essentiel. Si le projet est réalisé, il faut prendre des mesures conformes aux programmes de rétablissement ou aux plans d’action applicables afin d’éviter ou d’atténuer ces effets (mesures d’atténuation) et d’effectuer un suivi à cet égard. La protection est également assurée par l’entremise de la Loi sur l’aménagement du territoire. Les autorités responsables de la planification doivent « se conformer » à l’énoncé de politique de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario qui interdit le lotissement et la modification de sites se trouvant dans un habitat pour des espèces en voie de disparition et menacées. La Loi sur l’amélioration des lacs et des rivières de l’Ontario interdit la retenue ou la dérivation d’un cours d’eau si cette activité provoque de l’envasement. Par ailleurs, le but du programme volontaire d’aménagement du territoire agricole II du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario est de réduire l’érosion des terres agricoles. Dans cette province, l’aménagement riverain est régi par les règlements sur les plaines inondables mis en vigueur par l’office local de protection de la nature.

La majorité des terres adjacentes aux rivières fréquentées par le sucet de lac sont des propriétés privées; cependant, le lit de la rivière appartient généralement à la Couronne. Dans le bassin hydrographique de la rivière Ausable, la majeure partie du COA, qui est fréquentée par le sucet de lac, est protégée puisqu’elle se situe dans les limites du parc provincial Pinery, ce qui confère un certain degré de protection contre les pressions causées par le lotissement et les activités connexes. C’est également le cas pour la population du parc provincial Rondeau (qui représente une portion de la baie Rondeau). La Loi sur les parcs nationaux du Canada protège l’espèce et son habitat dans le parc national de la Pointe Pelée. L’habitat compris dans le ruisseau Big, le lac Sainte-Claire et les RNF de la pointe Long fait également l’objet d’une certaine protection. Une fois que l’habitat essentiel du sucet de lac sera défini, il sera interdit en vertu de la LEP de le détruire.

Les habitats recommandés auxquels on doit accorder une priorité élevée pour ce qui est de l’intendance comprennent la baie Rondeau et les ruisseaux Lyons et Tee, dont les populations en décroissance pourront bénéficier le plus des efforts déployés pour l’amélioration de l’habitat. L’équipe de rétablissement s’efforcera d’établir un meilleur ordre de priorité et de diriger ses efforts en vue d’améliorer et de protéger l’habitat dans le cadre des approches recommandées.

2.9 Effets sur d’autres espèces

On s’attend à ce que les activités de rétablissement proposées bénéficieront à l’environnement de façon générale et auront un impact positif sur d’autres espèces indigènes sympatriques. Bon nombre d‘activités d’intendance et d’amélioration de l’habitat au profit du sucet de lac seront mises en œuvre par l’entremise des programmes de rétablissement écosystémiques en place qui prennent déjà en considération les besoins d’autres espèces en péril.

2.10 Approche recommandée en vue de la mise en œuvre du rétablissement

L’équipe de rétablissement recommande l’adoption d’une approche double pour la mise en œuvre du rétablissement, laquelle combine une approche écosystémique à une optique axée sur une seule espèce. Pour ce faire, l’équipe collaborera étroitement avec les équipes de rétablissement des écosystèmes plurispécifiques en place, qui mettront en commun leurs expertises et leurs connaissances des initiatives de rétablissement. Actuellement, trois programmes de rétablissement écosystémiques plurispécifiques (ceux des rivières Ausable et Thames et celui de la région Essex-Érié) visant plusieurs populations de sucets de lac sont actuellement mis en œuvre. Ces programmes allient les exigences biologiques et écologiques du sucet de lac, traitent des menaces locales auxquels il fait face (ou ferait face s’il était réintroduit, dans le cas du Programme de rétablissement de la rivière Thames) et présentent des programmes/approches de rétablissement de cette espèce classés par ordre de priorité pour ces réseaux. Les programmes écosystémiques utilisent simultanément des approches de rétablissement sur l’ensemble du bassin visant à réduire les menaces établies pour les multiples espèces aquatiques en péril, dont le sucet de lac. On trouve également des populations de sucets de lac hors des limites desservies par les programmes de rétablissement écosystémique dans le bassin hydrographique du cours supérieur de la rivière Niagara (ruisseaux Lyons et Tee) et le lac Sainte-Claire. À ce titre, une approche de rétablissement axée sur une seule espèce facilitera la mise en œuvre des mesures de rétablissement dans ces bassins hydrographiques, par l’établissement de partenariats avec les organismes locaux de gestion et d’intendance du bassin hydrographique. Si des initiatives de rétablissement écosystémique sont élaborées à l’avenir pour ces bassins hydrographiques, le programme actuel visant une seule espèce fournira une solide base sur laquelle on pourra s’appuyer.

2.11 Énoncé relatif aux plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action en lien avec le présent programme de rétablissement seront élaborés dans les cinq ans suivant la publication du programme.



[1]Draft Policy on the Feasibility of Recovery, Species at Risk Act Policy. Janvier 2005.