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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le silène de Spalding (Silene spaldingii) au Canada

COSEPAC Résumé

Silène de Spalding
Silene spaldingii

Information sur l’espèce

Le Silene spaldingii est une herbacée vivace à souche simple ou ramifiée. Les tiges dressées, glandulaires et pubescentes, portent entre quatre et sept paires de feuilles. L’inflorescence, feuillue et compacte, est constituée de fleurs blanches peu ou très nombreuses. Le fruit est constitué d’une capsule oblongue qui contient des graines brun pâle.

Répartition

L’aire de répartition mondiale du Silene spaldingii s’étend du sud-est de la Colombie-Britannique au nord-ouest du Montana ainsi que du centre-nord de l’Idaho jusqu’à l’est de l’État de Washington et au nord-est de l’Oregon. Au Canada, le S. spaldingii est confiné à une aire de moins de 1 km² dans les plaines onduleuses de Tobacco Plains, à proximité de Roosville.

Habitat

Le Silene spaldingii se trouve entre 580 et 1 220 m d’altitude dans les prairies mésiques qui composent la prairie palousienne, une division de l’habitat à graminées cespiteuses du nord-ouest du Pacifique. On sait que les populations de S. spaldingii s’étendent jusqu’aux bordures des boisés de Pinus ponderosa. L’espèce pousse dans des parcelles fragmentées en raison des profonds changements d’origine anthropique qui ont été apportés à leur habitat au cours du siècle dernier; elle semble préférer les faibles pentes orientées vers le nord.

Au Canada, la végétation associée au Silene spaldingii comprend les espèces Festuca, le Lupinus sericeus, l’Hypericum perforatum, le Castilleja tenuis et le C. thompsonii. L’habitat du Silene spaldingii fait l’objet d’un pâturage important, et le Bromus tectorum introduit est présent partout.

Biologie

Le Silene spaldingii est une herbacée vivace à souche simple ou ramifiée qui se forme au-dessus d’une racine pivotante longue et mince. Les pointes des pousses sont enterrées dans le sol durant la période de dormance de la plante, ce qui est typique des plantes dites « géophytes ». Les rosettes se forment pendant la première année de la plante, après quoi les tiges végétatives apparaissent. Les rhizomes ou tout autre moyen de multiplication végétative sont absents. Les fleurs, portées sur une inflorescence ramifiée terminale, fleurissent en juillet et produisent des graines en août. Les plantes passent presque 50 p.100 de l’été dans un état de dormance.

Le Silene spaldingii est longévif; il survit généralement au moins cinq ans. Son recrutement est sporadique, et les populations peuvent persister pendant de nombreuses années sans croissance de leurs effectifs. La disparition de l’habitat constitue le principal facteur affectant la survie et le recrutement de l’espèce. Les fluctuations climatiques, notamment la sécheresse, pourraient constituer une menace pour les populations de S. spaldingii. Les plantes non indigènes sont en compétition avec le S. spaldingii pour l’eau, les éléments nutritifs, la lumière et les pollinisateurs.

Taille et tendances des populations

En 1995, la population canadienne de Silene spaldingii comptait environ 100 individus. En 2003, aucun plant n’a été observé sur le site, probablement en raison des caractéristiques de dormance de l’espèce. Actuellement, il est impossible d’évaluer la tendance de la population à cause de l’insuffisance des données.

Facteurs limitatifs et menaces

Historiquement, la disparition de l’habitat a représenté la plus grande menace pour le Silene spaldingii. L’habitat restant est de plus en plus affecté par l’invasion d’espèces non indigènes attribuable au pâturage. L’extinction des incendies menace également le S. spaldingii, car elle permet le recrutement de végétation arborescente et l’accumulation de litière végétale. De plus, les sécheresses des dernières années augmentent probablement le stress auquel est soumis le S. spaldingii, ce qui amplifie les pressions anthropiques.

Importance de l’espèce

La population canadienne de Silene spaldingii, qui compte 100 individus, se trouve à l’extrémité nord de l’aire de répartition de l’espèce et, avec les populations du Montana, représente probablement un élément génétiquement distinct important pour la survie à long terme et l’évolution de l’espèce; aucune recherche n’a cependant encore été menée à ce sujet. L’espèce n’a aucune valeur marchande et n’est pas connue en culture; elle ne fait par ailleurs l’objet d’aucune utilisation culturelle, médicinale ou spirituelle connue.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, le Silene spaldingii est désigné « en péril » (imperiled; G2). Aux États-Unis, l’espèce est considérée comme « menacée » (threatened) en vertu de l’Endangered Species Act, ce qui lui confère une protection dans les terres fédérales. Au Canada, elle est cotée N1, mais ne jouit d’aucune protection fédérale ou provinciale étant donné que la population se trouve sur une propriété privée.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)****
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.