Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le silène de Spalding (Silene spaldingii) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le Silene spaldingii est principalement confiné aux prairies mésiques qui composent la prairie palousienne (Hitchcock et Maguire, 1947; USDI-FWS, 2001), une division de l’habitat à graminées cespiteuses du nord-ouest du Pacifique (Tisdale, 1982). L’espèce pousse dans le profond loam limoneux productif (loess) typique de la prairie palousienne (NatureServe, 2003; Lorain, 1991). On sait que les populations de Silene spaldingii s’étendent jusqu’aux bordures des boisés de Pinus ponderosa (NatureServe, 2003). L’altitude varie entre 580 et 1 220 m (NatureServe, 2003).

Dans son aire de répartition, l’espèce est présente dans des parcelles fragmentées en raison des profonds changements d’origine anthropique qui ont été apportés à la prairie palousienne au cours du siècle dernier (USDI-FWS, 2001). Aux États-Unis, elle pousse souvent près de Pinus ponderosa dispersés; elle semble préférer les faibles pentes orientées au nord dans la prairie palousienne (NatureServe, 2003).

Le Silene spaldingii est généralement associé aux graminées vivacesindigènes telles que le Festuca idahoensis, le F. campestris et l’Agropyron (Pseudoroegneria) spicatum. Parmi les autres espèces associées peuvent figurer l’Antennaria microphylla, l’Arnica sororia et l’Hieracium cynoglossoides (Hscouleri var. griseum), ainsi que le Koeleria cristata (Kmacrantha), l’Achillea millefolium, le Geum triflorum, le Geranium viscosissimum et le Balsamorhiza sagittata. Les arbrisseaux associés sont notamment le Symphoricarpos albus et des espèces de Rosa (USDI-FWS, 2001; Lesica, 1999). On sait que le Silene spaldingii est également présent en association avec le Pinus ponderosa (USDI-FWS, 2001; Lichthardt et Gray, 2002).

Il est possible de considérer la population canadienne de Silene spaldingii comme faisant partie de la métapopulation du nord-ouest du Montana, qui se trouve également à Tobacco Plains. La population de Silene spaldingii du Montana a été beaucoup plus étudiée que la population canadienne. La population de la Colombie-Britannique se trouve à 1,3 km au nord de la localité du Montana la plus proche. Les prairies de l’ouest du Montana sont un stade transitoire entre le type de prairie palousienne de l’État de Washington et de l’Oregon et les prairies des grandes plaines nordiques (Antos et al., 1983). Dans ces prairies, le S. spaldingii pousse au fond de dépressions peu profondes et dans les pentes exposées et fraîches au sol relativement profond. Les herbes fréquemment présentes dans ces habitats incluent : Festuca campestris, F. idahoensis et Poa pratensis. Les herbacées non graminoïdes sont : Antennaria microphylla, Arnica sororia et Hieracium cynoglossoides (Hscouleri var. griseum) (Lesica, 1999). Au Canada, on a observé que le Silene spaldingii poussait avec le Lupinus sericeus, le Hypericum perforatum et le Castilleja thompsonii (Miller et Allen, 1997).

Eureka, au Montana, à six kilomètres au sud de Tobacco Plains, a reçu des précipitations annuelles moyennes de 370 mm entre 1971 et 2000. Les températures minimale pour janvier et maximale pour juillet pendant cette période étaient respectivement de – 9,4 et de 29 °C (Eureka Ranger Station Normals, 2005).

Tendances en matière d’habitat

Moins de 2 p.100 de l’habitat des prairies palousiennes subsistent aujourd’hui en raison de la conversion à des utilisations agricoles et au pâturage, de l’invasion d’espèces végétales non indigènes, de la modification des régimes des feux et de l’urbanisation (USDI-FWS, 2001). La prairie palousienne du Canada à Tobacco Plains (figure 5) semble être affectée par tous ces facteurs (Miller et Allen, 1997).

La région subit en outre les conséquences d’une sécheresse prolongée. Le bureau américain du National Weather Service à Great Falls, au Montana, a classé la dernière année hydrologique (d’octobre 2002 à septembre 2003) à Kalispell (environ 100 km au sud-est de Tobacco Plains) au cinquième rang des années les plus sèches des 103 années consignées (NWS – Great Falls, 2003). Les précipitations à Eureka pour les années 1999, 2000 et 2001 ont aussi été inférieures à la moyenne.

Figure 5. Zone de Roosville à Tobacco Plains, en Colombie-Britannique, au premier plan. La route se trouve aux États-Unis. Photo par Shyanne J Smith. 2003.

Figure 5.  Zone de Roosville à Tobacco Plains, en Colombie-Britannique, au premier plan. La route se trouve aux États-Unis. Photo par Shyanne J Smith. 2003

Historiquement, les incendies ont joué un rôle important dans le maintien des prairies en limitant l’établissement de la végétation arborescente (Barrett et Arno, 1982; Koterba et Habeck, 1971). Il se pourrait donc que la suppression des incendies naturels ainsi que l’absence d’incendies d’origine anthropique contribuent à la perte continue de l’habitat.

Il semble que l’habitat de Tobacco Plains au Canada a fait l’objet d’un pâturage important, le Bromus tectorum introduit étant présent partout. Des chercheurs américains ont constaté que le Silene spaldingii avait beaucoup de mal à résister à la concurrence des espèces envahissantes introduites (Lorain, 1991; WNHP et USDI Bureau of Land Management, 1997). De plus, l’herbacée florifère introduite Hypericum perforatum est en compétition avec le S. spaldingii pour les pollinisateurs (Lichthardt et Gray, 2002), selon les observations des rédacteurs du rapport au site de Tobacco Plains en 2003. On croit que l’espèce Bombus constitue le seul pollinisateur important du S. spaldingii et qu’elle est probablement sensible à l’expansion agricole et aux incendies, étant donné qu’elle habite près du sol (Lesica, 1993; Lichthardt et Gray, 2002).

Protection et propriété

La population de Silene spaldingii de Tobacco Plains, dont la présence a été signalée en 1995, a été trouvée sur le parcours d’un ranch près de Roosville. Il se pourrait que l’espèce soit également présente dans la réserve indienne adjacente, mais, comme nous n’avions pas la permission d’entrer dans la réserve, il a été impossible d’y rechercher l’espèce en 2003. Étant donné que la population se trouve dans une propriété privée et que l’espèce n’est pas inscrite sur la liste de la Loi modifiant la Loi sur la conservation de la faune en tant qu’espèce menacée ou en péril en Colombie-Britannique, le Silene spaldingii ne bénéficie d’aucune protection légale.