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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le silène de Spalding (Silene spaldingii) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
silène de Spalding
Silene spaldingii
au Canada

silène de Spalding

En voie de disparition 2005

COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada



COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le silène de Spalding (Silene spaldingii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vii + 21 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier feu George W. Douglas ainsi que Shyanne J. Smith qui ont rédigé le rapport de situation sur l’orthocarpe barbu (Orthocarpus barbatus). Le présent rapport a été préparé grâce à l’aide et au financement du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision, avec la participation des membres du COSEPAC. L’examen a peut-être mené à des modifications ou à des ajouts à la version initiale du rapport.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684

Courriel du COSEPAC

Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and status report on the Spalding’s campion Silene spaldingii in Canada.

Photo de la couverture :

Silène de Spalding –  tiré de Douglas et Mackinnon, 1988; avec permission.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005.

PDF : CW69-14/450-2005F-PDF

ISBN 0-662-74261-3

HTML : CW69-14/450-2005F-HTML

ISBN 0-662-74262-1

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Silène de Spalding

Nom scientifique : Silene spaldingii

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette plante herbacée dont la durée de vie est longue constitue une espèce en péril à l’échelle mondiale, limitée à deux petites zones à l’ouest des Rocheuses et ne comptant qu’une seule population dans le sud de la Colombie-Britannique. La population canadienne est l’une des plus grandes connues, mais elle ne compterait que moins de 250 plants matures. Ces derniers sont exposés à la perte et à la dégradation continues de l’habitat, en particulier à cause de plantes nuisibles introduites.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Silène de Spalding
Silene spaldingii

Information sur l’espèce

Le Silene spaldingii est une herbacée vivace à souche simple ou ramifiée. Les tiges dressées, glandulaires et pubescentes, portent entre quatre et sept paires de feuilles. L’inflorescence, feuillue et compacte, est constituée de fleurs blanches peu ou très nombreuses. Le fruit est constitué d’une capsule oblongue qui contient des graines brun pâle.

Répartition

L’aire de répartition mondiale du Silene spaldingii s’étend du sud-est de la Colombie-Britannique au nord-ouest du Montana ainsi que du centre-nord de l’Idaho jusqu’à l’est de l’État de Washington et au nord-est de l’Oregon. Au Canada, le S. spaldingii est confiné à une aire de moins de 1 km² dans les plaines onduleuses de Tobacco Plains, à proximité de Roosville.

Habitat

Le Silene spaldingii se trouve entre 580 et 1 220 m d’altitude dans les prairies mésiques qui composent la prairie palousienne, une division de l’habitat à graminées cespiteuses du nord-ouest du Pacifique. On sait que les populations de S. spaldingii s’étendent jusqu’aux bordures des boisés de Pinus ponderosa. L’espèce pousse dans des parcelles fragmentées en raison des profonds changements d’origine anthropique qui ont été apportés à leur habitat au cours du siècle dernier; elle semble préférer les faibles pentes orientées vers le nord.

Au Canada, la végétation associée au Silene spaldingii comprend les espèces Festuca, le Lupinus sericeus, l’Hypericum perforatum, le Castilleja tenuis et le C. thompsonii. L’habitat du Silene spaldingii fait l’objet d’un pâturage important, et le Bromus tectorum introduit est présent partout.

Biologie

Le Silene spaldingii est une herbacée vivace à souche simple ou ramifiée qui se forme au-dessus d’une racine pivotante longue et mince. Les pointes des pousses sont enterrées dans le sol durant la période de dormance de la plante, ce qui est typique des plantes dites « géophytes ». Les rosettes se forment pendant la première année de la plante, après quoi les tiges végétatives apparaissent. Les rhizomes ou tout autre moyen de multiplication végétative sont absents. Les fleurs, portées sur une inflorescence ramifiée terminale, fleurissent en juillet et produisent des graines en août. Les plantes passent presque 50 p.100 de l’été dans un état de dormance.

Le Silene spaldingii est longévif; il survit généralement au moins cinq ans. Son recrutement est sporadique, et les populations peuvent persister pendant de nombreuses années sans croissance de leurs effectifs. La disparition de l’habitat constitue le principal facteur affectant la survie et le recrutement de l’espèce. Les fluctuations climatiques, notamment la sécheresse, pourraient constituer une menace pour les populations de S. spaldingii. Les plantes non indigènes sont en compétition avec le S. spaldingii pour l’eau, les éléments nutritifs, la lumière et les pollinisateurs.

Taille et tendances des populations

En 1995, la population canadienne de Silene spaldingii comptait environ 100 individus. En 2003, aucun plant n’a été observé sur le site, probablement en raison des caractéristiques de dormance de l’espèce. Actuellement, il est impossible d’évaluer la tendance de la population à cause de l’insuffisance des données.

Facteurs limitatifs et menaces

Historiquement, la disparition de l’habitat a représenté la plus grande menace pour le Silene spaldingii. L’habitat restant est de plus en plus affecté par l’invasion d’espèces non indigènes attribuable au pâturage. L’extinction des incendies menace également le S. spaldingii, car elle permet le recrutement de végétation arborescente et l’accumulation de litière végétale. De plus, les sécheresses des dernières années augmentent probablement le stress auquel est soumis le S. spaldingii, ce qui amplifie les pressions anthropiques.

Importance de l’espèce

La population canadienne de Silene spaldingii, qui compte 100 individus, se trouve à l’extrémité nord de l’aire de répartition de l’espèce et, avec les populations du Montana, représente probablement un élément génétiquement distinct important pour la survie à long terme et l’évolution de l’espèce; aucune recherche n’a cependant encore été menée à ce sujet. L’espèce n’a aucune valeur marchande et n’est pas connue en culture; elle ne fait par ailleurs l’objet d’aucune utilisation culturelle, médicinale ou spirituelle connue.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, le Silene spaldingii est désigné « en péril » (imperiled; G2). Aux États-Unis, l’espèce est considérée comme « menacée » (threatened) en vertu de l’Endangered Species Act, ce qui lui confère une protection dans les terres fédérales. Au Canada, elle est cotée N1, mais ne jouit d’aucune protection fédérale ou provinciale étant donné que la population se trouve sur une propriété privée.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)****
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique
Silene spaldingii S. Wats.
Synonyme
Aucun
Nom commun
Silène de Spalding
Famille
Caryophyllaceae (cariophyllacées)
Grand groupe végétal
Dicotylédones

Description

Le Silene spaldingii est une herbacée vivace vert pâle à souche simple ou ramifiée (figure 1). Les tiges dressées ont une hauteur de 20 à 60 cm, sont ramifiées dans leur partie supérieure, longues, à poils laineux ou plus ou moins glanduleux. Les feuilles basilaires sont peu nombreuses et précocement caduques. Les feuilles caulinaires sont opposées, ayant entre 4 et 7 paires, oblancéolées dans leur partie inférieure et lancéolées dans leur partie supérieure, à long poils laineux ou plus ou moins glanduleux; elles ont de 6 à 7 cm de longueur et de 0,5 à 1,5 cm de largeur, et sont dépourvues de pétiole et légèrement fusionnées, sans stipules. L’inflorescence est feuillue et compacte, constituée de fleurs peu ou très nombreuses (figure 2). Les cinq pétales, blancs, ressemblent à des tiges à la base; les tiges mesurent environ 15 mm de longueur et les limbes sont très courts, de forme ovoïde, d’environ 2 mm de longueur, entièrement ou légèrement échancrés à la pointe, ayant des appendices 4 (de 5 à 6). Les cinq sépales, unis, comptent 10 nervures formant un tube d’environ 15 mm de longueur pendant la floraison, qui prend presque une forme de massue ou de clochette pendant la fructification. Les capsules sont oblongues et possèdent une cellule; les graines sont brun pâle, plissées, dilatées et mesurent 2 mm de longueur.

Figure 1. Illustration du Silene spaldingii (tiré de Douglas et MacKinnon, 1998; avec permission) : forme de croissance de la plante (gauche et centre inférieur), calice très agrandi (centre supérieur) et pétale simple (en haut, à droite).

Figure 1.  Illustration du Silene spaldingii

Figure 2. Le Silene spaldingii dans les Tobacco Plains, en Colombie-Britannique (Photo offerte par Mike Miller).

Figure 2. Le Silene spaldingii dans les Tobacco Plains, en Colombie-Britannique

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Silene spaldingii est présent dans la région de Roosville, dans le sud-est de la Colombie-Britannique et, au sud, dans le nord-ouest du Montana voisin ainsi que depuis le centre-nord de l’Idaho jusqu’au nord-est de l’Oregon et à l’est de l’État de Washington (figure 3). Le Montana possède la plus grande population de Silene spaldingii, estimée à 10 000 individus, dans la Dancing Prairie Preserve, et à environ 7 km, au sud de la population canadienne. Elle est composée d’une métapopulation qui s’étend jusqu’à 1,3 km de la population de la Colombie-Britannique. La première observation dans la Dancing Prairie Preserve a eu lieu en 1985. Vu la grande taille de cette population, il ne s’agit pas d’une arrivée récente dans la région (Scott Mincemoyer, comm. pers. à E. Haber, 2005). Comme la population proche de Colombie-Britannique est probablement une population satellite de la population plus grande de Dancing Prairie Preserve, il est également raisonnable de supposer que l’espèce est présente au Canada depuis un certain temps.

Figure 3. Aire de répartition mondiale du Silene spaldingii (USDI-FWS, 2001; Lorain, 1991; Lichthardt et Gray, 2002).

 Aire de répartition mondiale du Silene spaldingii (USDI-FWS, 2001; Lorain, 1991; Lichthardt et Gray, 2002)

Aire de répartition canadienne

La répartition canadienne de Silene spaldingii est limitée à la partie nord des Tobacco Plains, qui s’étend du Montana au sud-est de la Colombie-Britannique (figure 4). Tobacco Plains se trouve dans une vallée glaciaire étroite variant de 835 à 850 m d’altitude; elle s’étend approximativement d’Eureka, au Montana, jusqu’à Roosville, en Colombie-Britannique (Lesica, 1999).

Figure 4. Aire de répartition canadienne de Silene spaldingii (Douglas et MacKinnon, 1998).

Figure 4. Aire de répartition canadienne de Silene spaldingii (Douglas et MacKinnon, 1998)

Le Silene spaldingii a été observé pour la première fois à Tobacco Plains au Canada en 1998, et son occurrence a par la suite été rapportée par Lorain (1991). En 1995, M. Miller a effectué la première collecte de S. spaldingii en Colombie-Britannique, à Tobacco Plains (Miller et Allen, 1997).

La zone d’occurrence connue de S. spaldingii au Canada est évaluée à 300  (Mike Miller, comm. pers.), la même taille que la zone d’occupation. La population signalée se trouve dans un endroit connu, mais il faudrait faire encore des recherches intensives dans une réserve indienne contiguë. On a prospecté environ 50 p. 100 de la zone canadienne de Tobacco Plains. L’habitat potentiel total dans la zone entourant la population originale signalée ne dépasse probablement pas 0,03 km² (3 ha).

Le Silene spaldingii ne représente qu’une des espèces récemment découvertes (depuis les années 1980) le long de la frontière de la Colombie-Britannique, de la zone de Princeton à celle de Roosville. Antennaria flagellaris, Carex vallicola, Collomia tenellus, Floerkea proserpinacoides, Hedeoma hispida, Lipocarpha micrantha, Orobanche ludoviciana, Orthocarpus barbatus, Phacelia ramosissima, Psilocarphus brevissimus et Trichostema oblongum font partie de ces espèces (Douglas et al., 1998a).La plupart de celles-ci partagent au moins une caractéristique : les localités où elles ont été trouvées n’avaient jamais été explorées sur le plan botanique. L’examen des localités de collecte dans tous les grands herbiers du Canada a montré qu’aucun des nombreux botanistes de terrain travaillant le long de la frontière n’avait récolté de spécimens dans le voisinage immédiat des individus récemment récoltés.

C’est en 1894 que l’on a effectué l’une des premières récoltes de l’espèce à Columbia Falls, au Montana, à environ 90 km au sud de Roosville, en Colombie-Britannique (Logan Creek, 2005), ce qui indique clairement que l’espèce pousse depuis longtemps dans la zone située immédiatement au sud du site de la Colombie-Britannique, et vraisemblablement au Canada depuis au moins aussi longtemps.

En raison de la découverte relativement récente du Silene spaldingii à Tobacco Plains, il est difficile d’évaluer les changements dans l’aire de répartition historique de l’espèce. On peut supposer que cette aire a été réduite par suite de l’expansion agricole et résidentielle, comme dans le cas de l’aire de répartition du S. spaldingii aux États-Unis (USDI-FWS 2001).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le Silene spaldingii est principalement confiné aux prairies mésiques qui composent la prairie palousienne (Hitchcock et Maguire, 1947; USDI-FWS, 2001), une division de l’habitat à graminées cespiteuses du nord-ouest du Pacifique (Tisdale, 1982). L’espèce pousse dans le profond loam limoneux productif (loess) typique de la prairie palousienne (NatureServe, 2003; Lorain, 1991). On sait que les populations de Silene spaldingii s’étendent jusqu’aux bordures des boisés de Pinus ponderosa (NatureServe, 2003). L’altitude varie entre 580 et 1 220 m (NatureServe, 2003).

Dans son aire de répartition, l’espèce est présente dans des parcelles fragmentées en raison des profonds changements d’origine anthropique qui ont été apportés à la prairie palousienne au cours du siècle dernier (USDI-FWS, 2001). Aux États-Unis, elle pousse souvent près de Pinus ponderosa dispersés; elle semble préférer les faibles pentes orientées au nord dans la prairie palousienne (NatureServe, 2003).

Le Silene spaldingii est généralement associé aux graminées vivacesindigènes telles que le Festuca idahoensis, le F. campestris et l’Agropyron (Pseudoroegneria) spicatum. Parmi les autres espèces associées peuvent figurer l’Antennaria microphylla, l’Arnica sororia et l’Hieracium cynoglossoides (Hscouleri var. griseum), ainsi que le Koeleria cristata (Kmacrantha), l’Achillea millefolium, le Geum triflorum, le Geranium viscosissimum et le Balsamorhiza sagittata. Les arbrisseaux associés sont notamment le Symphoricarpos albus et des espèces de Rosa (USDI-FWS, 2001; Lesica, 1999). On sait que le Silene spaldingii est également présent en association avec le Pinus ponderosa (USDI-FWS, 2001; Lichthardt et Gray, 2002).

Il est possible de considérer la population canadienne de Silene spaldingii comme faisant partie de la métapopulation du nord-ouest du Montana, qui se trouve également à Tobacco Plains. La population de Silene spaldingii du Montana a été beaucoup plus étudiée que la population canadienne. La population de la Colombie-Britannique se trouve à 1,3 km au nord de la localité du Montana la plus proche. Les prairies de l’ouest du Montana sont un stade transitoire entre le type de prairie palousienne de l’État de Washington et de l’Oregon et les prairies des grandes plaines nordiques (Antos et al., 1983). Dans ces prairies, le S. spaldingii pousse au fond de dépressions peu profondes et dans les pentes exposées et fraîches au sol relativement profond. Les herbes fréquemment présentes dans ces habitats incluent : Festuca campestris, F. idahoensis et Poa pratensis. Les herbacées non graminoïdes sont : Antennaria microphylla, Arnica sororia et Hieracium cynoglossoides (Hscouleri var. griseum) (Lesica, 1999). Au Canada, on a observé que le Silene spaldingii poussait avec le Lupinus sericeus, le Hypericum perforatum et le Castilleja thompsonii (Miller et Allen, 1997).

Eureka, au Montana, à six kilomètres au sud de Tobacco Plains, a reçu des précipitations annuelles moyennes de 370 mm entre 1971 et 2000. Les températures minimale pour janvier et maximale pour juillet pendant cette période étaient respectivement de – 9,4 et de 29 °C (Eureka Ranger Station Normals, 2005).

Tendances en matière d’habitat

Moins de 2 p.100 de l’habitat des prairies palousiennes subsistent aujourd’hui en raison de la conversion à des utilisations agricoles et au pâturage, de l’invasion d’espèces végétales non indigènes, de la modification des régimes des feux et de l’urbanisation (USDI-FWS, 2001). La prairie palousienne du Canada à Tobacco Plains (figure 5) semble être affectée par tous ces facteurs (Miller et Allen, 1997).

La région subit en outre les conséquences d’une sécheresse prolongée. Le bureau américain du National Weather Service à Great Falls, au Montana, a classé la dernière année hydrologique (d’octobre 2002 à septembre 2003) à Kalispell (environ 100 km au sud-est de Tobacco Plains) au cinquième rang des années les plus sèches des 103 années consignées (NWS – Great Falls, 2003). Les précipitations à Eureka pour les années 1999, 2000 et 2001 ont aussi été inférieures à la moyenne.

Figure 5. Zone de Roosville à Tobacco Plains, en Colombie-Britannique, au premier plan. La route se trouve aux États-Unis. Photo par Shyanne J Smith. 2003.

Figure 5.  Zone de Roosville à Tobacco Plains, en Colombie-Britannique, au premier plan. La route se trouve aux États-Unis. Photo par Shyanne J Smith. 2003

Historiquement, les incendies ont joué un rôle important dans le maintien des prairies en limitant l’établissement de la végétation arborescente (Barrett et Arno, 1982; Koterba et Habeck, 1971). Il se pourrait donc que la suppression des incendies naturels ainsi que l’absence d’incendies d’origine anthropique contribuent à la perte continue de l’habitat.

Il semble que l’habitat de Tobacco Plains au Canada a fait l’objet d’un pâturage important, le Bromus tectorum introduit étant présent partout. Des chercheurs américains ont constaté que le Silene spaldingii avait beaucoup de mal à résister à la concurrence des espèces envahissantes introduites (Lorain, 1991; WNHP et USDI Bureau of Land Management, 1997). De plus, l’herbacée florifère introduite Hypericum perforatum est en compétition avec le S. spaldingii pour les pollinisateurs (Lichthardt et Gray, 2002), selon les observations des rédacteurs du rapport au site de Tobacco Plains en 2003. On croit que l’espèce Bombus constitue le seul pollinisateur important du S. spaldingii et qu’elle est probablement sensible à l’expansion agricole et aux incendies, étant donné qu’elle habite près du sol (Lesica, 1993; Lichthardt et Gray, 2002).

Protection et propriété

La population de Silene spaldingii de Tobacco Plains, dont la présence a été signalée en 1995, a été trouvée sur le parcours d’un ranch près de Roosville. Il se pourrait que l’espèce soit également présente dans la réserve indienne adjacente, mais, comme nous n’avions pas la permission d’entrer dans la réserve, il a été impossible d’y rechercher l’espèce en 2003. Étant donné que la population se trouve dans une propriété privée et que l’espèce n’est pas inscrite sur la liste de la Loi modifiant la Loi sur la conservation de la faune en tant qu’espèce menacée ou en péril en Colombie-Britannique, le Silene spaldingii ne bénéficie d’aucune protection légale.

 

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Biologie

Généralités

Le Silene spaldingii est une herbacée vivace à caudex simple ou ramifié qui se forme au-dessus d’une racine pivotante longue et mince. La pointe des pousses est enterrée dans le sol durant la période de dormance de la plante (typique des « géophytes »). Les rhizomes ou tout autre moyen de multiplication végétative sont absents.

Reproduction

Le Silene spaldingii est une vivace. Pendant la première année (si les graines germent au printemps), seules les rosettes se forment; les tiges aériennes apparaissent les années suivantes. Lorsque les graines germent à l’automne précédent, les nouvelles plantules ne produisent parfois que des tiges végétatives pendant le premier été; elles produisent cependant des tiges florifères au cours des années suivantes. Les individus existants produisent une nouvelle végétation à la mi-mai et deviennent sénescentsau début de septembre (Lesica, 1999).

Le Silene spaldingii est protérandre; ses anthères viennent à maturation et son pollen est déhiscent avant que les styles s’étendent et que les stigmates deviennent réceptives. La plupart des plantes fleurissent pour la première fois lorsqu’elles ont deux ans ou plus. Les fleurs sont portées sur une inflorescence ramifiée terminale; au Montana, elles fleurissent en juillet et produisent des graines en août (Lesica, 1999). Les fleurs persistent deux à plusieurs jours; deux fleurs ou plus sont parfois en floraison sur le même individu. Cette disposition favorise la pollinisation croisée, tout en permettant l’endogamie (Lesica, 1993; Lichthardt et Gray, 2002). Les graines se dispersent en tombant d’un orifice situé sur le dessus de l’ovaire mûr lorsque la plante est secouée. Elles germent en aussi peu que quatre semaines de traitement à froid; la germination peut donc vraisemblablement avoir lieu à l’automne comme au printemps (Lesica, 1993).

La recherche de Lesica (1993) indique que le Silene spaldingii dépend des insectes pour la pollinisation. Au lieu d’étude de Lesica, au Montana (à Tobacco Plains), seul le Bombus nevadensis semble être un pollinisateur important.

Survie

Le Silene spaldingii est une vivace modérément longévive; au moins 72 p.100 des individus survivent pendant au minimum cinq ans, selon une étude menée à Dancing Prairie Preserve. La survie des individus la première année est élevée, ce qui indique que la mortalité survient généralement pendant les premiers stades de plantules. Lors de cette étude, on a également remarqué que le recrutement du S. spaldingii était sporadique, bien que le taux de croissance de la population soit demeuré stable au cours des sept années de l’étude. Comme la plante est longévive, les populations sont en mesure de persister pendant de nombreuses années sans recrutement (Lesica, 1997).

Les températures maximale et minimale pour la survie des individus de S. spaldingii sont inconnues; cependant, la température maximale enregistrée en été dans la région (près d’Eureka, au Montana) au cours des 30 dernières années est d’environ 29 °C, et la température minimale en hiver est de – 9,4 °C (Eureka Ranger Station Normals, 2005). On considère les fluctuations climatiques, notamment la sécheresse, comme une menace pour les populations de S. spaldingii (USDI-FWS 2001; Lorain, 1991).

La perte de l’habitat attribuable au pâturage intense, à l’agriculture, à la pulvérisation de produits chimiques et à l’invasion d’espèces introduites est le principal facteur affectant la survie et le recrutement du S. spaldingii aux États-Unis (Lorain, 1991; Lesica, 1999). En outre, il a été montré que les incendies augmentaient le recrutement chez le S. spaldingii. La réduction de la litière, l’accroissement des nutriments et l’élévation de la température du sol causés par les incendies favorisent la germination ou l’établissement des semis (Lesica, 1999). La prédation ne semble pas être un facteur important affectant la survie du S. spaldingii, bien que l’on ait observé une prédation par des insectes en Oregon (bruches) et au Montana (chenilles) (Lorain, 1991).

Physiologie

Le Silene spaldingii entre en dormance prolongée en été; il arrive qu’il ne produise pas de végétation aérienne pendant la moitié de leur saison de croissance (Lesica et Steele, 1994; Lesica, 1997). Dans la population de Tobacco Plains, au Montana, Lesica (1997) a observé que 41 p.100 des individus de S. spaldingii étaient chaque année en dormance prolongée entre 1989 et 1994, ce qui signifie essentiellement que, dans une population donnée de S. spaldingii, il est possible qu’entre 40 p.100 et 50 p.100 de la population seulement aient des pousses aériennes visibles au cours d’une saison donnée. On ne connaît pas les causes de la dormance chez le S. spaldingii, mais on peut formuler la théorie qu’il s’agit d’une réaction physiologique à des perturbations environnementales telles que la sécheresse ou les inondations (Lesica, 1999).

Déplacement et dispersion

En raison de leur proximité immédiate (environ 1,3 km), il pourrait y avoir une certaine dispersion génétique entre la population canadienne de Silene spaldingii et celle du Montana, du moins sur des périodes prolongées. Cependant, cela n’a pas été confirmé. Les populations de la Colombie-Britannique et du Montana sont séparées par une distance de 190 km des autres populations de S. spaldingii de l’Idaho et de l’État de Washington (USDI-FWS, 2001). Si l’on considère les moyennes localisées de dispersion des graines des capsules, la propagation des herbes envahissantes qui réduisent la qualité de l’habitat ainsi que les conditions relativement sèches qui ont sévi dans la région au cours des dernières années, il est peu probable qu’il y ait dispersion des graines et implantation de semis à partir des sous-populations avoisinantes des États-Unis. Au mieux, l’effet de sauvetage aurait une probabilité très faible.

Alimentation et relations interspécifiques

Les plantes non indigènes sont en compétition avec le Silene spaldingii pour l’eau, les nutriments et la lumière (USDI-FWS, 2001). De plus, les espèces florifères non indigènes telles que l’Hypericum perforatum peuvent être en compétition avec le S. spaldingii pour les pollinisateurs (Lichthardt et Gray, 2002).

Selon la recherche de Lesica (1993), le S. spaldingii dépend de la pollinisation entomophile, probablement par l’une des espèces de Bombus. Sans pollinisateur approprié, l’endogamie forcée causerait un déclin qui, à son tour, pourrait mener à la disparition des populations de S. spaldingii après seulement quelques générations (Lesica, 1993).

Malgré les preuves de prédation ou de parasitisme sur le S. spaldingii, on ignore si de tels phénomènes ont des conséquences sensibles directes sur la plante en Colombie-Britannique. Le broutage des inflorescences de S. spaldingii par le bétail ou les herbivores indigènes est considéré comme une menace sérieuse pour les populations américaines. Dans l’est de l’État de Washington, la présence de rongeurs affecte la persistance de l’espèce. La prédation des graines par les insectes réduit également le succès de reproduction de l’espèce (USDI-FWS, 2001).

Comportement et adaptabilité

Les besoins spécifiques du Silene spaldingii en matière d’habitat donnent à penser que l’espèce est mal adaptée à l’invasion des forêts (découlant de la suppression des incendies), mais qu’elle est adaptée aux perturbations modérées. Actuellement, l’invasion par la forêt ne constitue pas une menace au site de la Colombie-Britannique. L’espèce a du mal à concurrencer la végétation non indigène. Bien que l’on trouve le S. spaldingii dans les prairies perturbées, comme c’est le cas de la population de Colombie-Britannique, l’espèce a disparu de nombreuses localités dégradées aux États-Unis. L’espèce tolère les perturbations périodiques modérées, telles que les incendies ou le pâturage moyen, et peut même en tirer avantage, mais non le pâturage intense ou les dommages causés par le piétinement, qui favorisent la croissance d’espèces non indigènes (Lesica, 1999).


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Taille et tendances des populations

En 1995, dans le cadre d’un relevé de la population canadienne de Silene spaldingii, on a estimé qu’elle était composée d’environ 100 individus, mais le nombre d’individus matures n’a pas été étudié (Miller et Allen, 1997). Il se pourrait que la population soit plus grande, peut-être le double de l’estimation originale, étant donné que jusqu’à 50 p.100 des plants peuvent ne pas avoir de tiges aériennes au cours d’une année donnée en raison des caractéristiques de dormance de l’espèce (Lesica et Steele, 1994; Lesica, 1997). Les sécheresses récentes pourraient également provoquer une estivation accrue. Comme on n’a trouvé aucune plante au cours du relevé de 2003, probablement en raison de la dormance des plantes subsistantes, il n’est pas possible actuellement d’évaluer la tendance de la population. Parmi les quelque 52 populations connues de S. spaldingii en Amérique du Nord, seulement 18, y compris la population canadienne, comptent plus de 50 individus (USDI-FWS, 2001), ce qui indique que la population canadienne est relativement importante.

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Facteurs limitatifs et menaces

La perte de l’habitat a historiquement représenté la plus grande menace pour le Silene spaldingii; la majeure partie de l’habitat des prairies palousiennes qui convient à l’expansion agricole et urbaine a déjà disparu. La population de la Colombie-Britannique pousse dans une propriété privée près d’une petite ville, et l’aménagement risque de détruire une partie ou la totalité de sa zone d’occurrence actuelle. La disparition de l’habitat a également entraîné la fragmentation de l’aire de répartition aux États-Unis, ce qui rend la perte de la variabilité génétique préoccupante pour la population de la Colombie-Britannique.

Les activités agricoles, notamment le pâturage, constituent une autre menace importante. L’habitat de la population de la Colombie-Britannique semble subir les conséquences du surpâturage antérieur. L’habitat restant est de plus en plus affecté par l’invasion d’espèces non indigènes. La population de la Colombie-Britannique pousse dans une prairie perturbée ayant un couvert important de Bromus tectorum et d’Hypericum perforatum. Ces deux espèces envahissantes sont directement en compétition avec le S. spaldingii.

On éteint vraisemblablement les incendies à Tobacco Plains, ce qui ralentit le recrutement de S. spaldingii et permet le recrutement de la végétation arborescente. En outre, les sécheresses des dernières années augmentent probablement le stress imposé à ces plantes, ce qui amplifie les pressions anthropiques.


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Importance de l'espèce

La population canadienne de Silene spaldingii se trouve à l’extrémité nord de l’aire de répartition de l’espèce; avec les populations du Montana, elle représente probablement un élément génétiquement distinct important pour la survie à long terme et l’évolution de l’espèce; aucune recherche n’a cependant encore été menée à ce sujet. En outre, le S. spaldingii peut servir d’indicateur de l’intégrité de la prairie palousienne.

L’espèce n’a aucune valeur marchande et n’est pas connue en culture; elle ne fait par ailleurs l’objet d’aucune utilisation culturelle, médicinale ou spirituelle connue.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Silene spaldingii n’est couvert ni par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ni par le Red Data Book de l’Union mondiale pour la nature (UICN). Aux États-Unis, il est désigné comme espèce menacée (threatened) en vertu de l’Endangered Species Act, ce qui lui confère une protection sur les terres fédérales.

À l’échelle mondiale, NatureServe (2003) a coté l’espèce G2, ce qui signifie qu’elle est « en péril en raison de sa rareté (généralement de 6 à 20 occurrences restantes ou très peu d’individus restants) ou parce que certains facteurs menacent d’entraîner sa disparition ou son extinction ». Aux États-Unis, le S. spaldingii est coté S1 en Idaho, au Montana et en Oregon. Cette cote signifie que l’espèce est « très gravement menacée à cause de son extrême rareté (cinq occurrences restantes ou moins, ou très peu d’individus restants) ou parce que certains facteurs menacent d’entraîner sa disparition ou son extinction » (NatureServe, 2003). Dans l’État de Washington, l’espèce est classée S2.

En Colombie-Britannique, l’espèce est classée S1 et a été inscrite à la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management (Douglas et al., 2002). Cette liste indique que l’espèce a disparu ou est en voie de disparition ou menacée dans la province. Comme, au Canada, le S. spaldingii est confiné à la Colombie-Britannique, il y est classé N1.

La population de S. spaldingii de Colombie-Britannique se trouve dans un ranch privé, en bordure de la réserve indienne de Tobacco Plains. Son inclusion dans la liste rouge de la Colombie-Britannique ne confère aucune protection légale à la plante ou à son habitat essentiel dans la province.


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Résumé technique

Silene spaldingii

Silène de Spalding Spalding’s Campion

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) [superficie d'un seul site connu] < 1 km²
Préciser la tendance dans la zone d’occurrence (en déclin,
stable, en expansion, inconnue).
inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence
(ordre de grandeur > 1)?
inconnue
Superficie de la zone d’occupation km²) [superficie approximative occupée par les plants] < 1 km² (300 )
Préciser la tendance dans la zone d’occupation (en déclin,
stable, en expansion, inconnue).
inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation
(ordre de grandeur > 1)?
inconnue
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).1
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).
stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)? non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). en déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.). inconnue (plusieurs années peut-être)
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). inconnu, mais probablement < 100 jusqu'à 200 peut-être
Tendance de la population quant au nombre d’individus
matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
inconnu
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). s.o.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)? inconnue
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)? oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).
stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations
(ordre de grandeur >1)?
inconnue
Énumérer les populations et donner le nombre de populations
dans chacune
< 100 jusqu'à 200 peut-être

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Les menaces actuelles qui touchent le plus directement l'espèce sont vraisemblablement l'envahissement d'espèces non indigènes qui réduisent l'habitat disponible et plusieurs années de sécheresse qui sont à la source de la dormance prolongée de l'espèce, dormance qui pourrait réduire la viabilité et tuer les plants.
  • Les menaces potentielles et historiques sont surtout attribuables à la perte, la dégradation ou la fragmentation de l'habitat ainsi qu’aux pratiques agricoles, notamment la pulvérisation de produits chimiques (herbicides), le pâturage du bétail, le piétinement par le bétail et l'extinction des incendies.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?États-Unis : en déclin
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? possible
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? inconnue
Peut-il y avoir sauvetage par des populations de l’extérieur?Probablement sur une longue période, mais sûrement pas pendant plusieurs générations et sous les conditions de la sécheresse qui sévit actuellement dans la région.

Analyse quantitative

(fournir des détails sur le calcul, la ou les sources de données, les modèles et autres) : s.o.

Statut actuel

COSEPAC : en voie de disparition (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie disparition

Code alphanumérique : B1ab (iii)+ ab (iii); C2a (i,ii); D1

Justification de la désignation : Cette plante herbacée dont la durée de vie est longue constitue une espèce en péril à l’échelle mondiale, limitée à deux petites zones à l’ouest des Rocheuses et ne comptant qu’une seule population dans le sud de la Colombie-Britannique. La population canadienne est l’une des plus grandes connues, mais elle ne compterait que moins de 250 plants matures. Ces derniers sont exposés à la perte et à la dégradation continues de l’habitat, en particulier à cause de plantes nuisibles introduites.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Données insuffisantes.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Satisfait le critère en voie de disparition de la catégorie B1ab (iii)+ 2ab (iii). Les zones d’occurrence et d’occupation se situent bien au-dessous des niveaux critiques, et la qualité de l’habitat subit un déclin de façon continue en raison de l’envahissement d’invasions de plantes exotiques. Le nombre de plants de cette plante herbacée vivace ne fluctue pas de façon extrême, mais l’espèce est exposée à un degré élevé de dormance pendant les saisons de croissance inappropriées, ce qui donne l’impression que les plants sont complètement absents ou que leur nombre est énormément réduit au cours de certaines saisons de croissance. La probabilité d’une immigration des sous-populations avoisinantes des États-Unis semble très faible.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Satisfait le critère en voie de disparition C2a (i,ii); un déclin continu par suite de l’expansion de plantes exotiques; le nombre d’individus matures se situe bien au-dessous du niveau critique de 2 500, probablement < 250 plants, tous dans une seule localité.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Satisfait le critère en voie de disparition de la catégorie D1. La population compte peut-être moins de 250 plants.

Critère E (Analyse quantitative) : Données insuffisantes.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

Nous remercions Mike Miller, de la University of Victoria, des précieuses données qu’il nous a fournies, lesquelles étaient tirées de son relevé des populations de Silene spaldingii en 1995. Ted Lea et Jenifer Penny ont révisé la version définitive et fourni des commentaires importants.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le British Columbia Habitat Conservation Trust Fund de la Colombie-Britannique.

George Wayne Douglas (Ph.D.) (1938-2005), botaniste fort reconnu et respecté de la Colombie-Britannique, qui a notamment contribué au COSEPAC par la rédaction de plus de 30 rapports de situation, est décédé à Duncan (Colombie-Britannique), le 10 février 2005, après une courte lutte contre le cancer.

Experts contactés

  • Bjork, C. Botany Intern, Montana Natural Heritage Program, Montana State Library, Helena (Montana), 59620-1800. 
  • Cooke, S. Botany Information Manager, Idaho Conservation Data Center, Idaho Department of Fish and Game, PO Box 25, Boise (Idaho), 83707.
  • Miller, M. Graduate Student, University of Victoria, Victoria (Colombie-Britannique). 
  • Vrilakas, S. Botanist/Data Manager, Oregon Natural Heritage Information Center – OSU, 1322 SE Morrison St., Portland (Oregon), 97214.

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Sources d’information

Antos, J.A., B. McCune et C. Bara. 1983. The effects of fire on an ungrazed western Montana grassland, American Midland Naturalist 110:354-364.

Barrett, S.W., et S.F. Arno. 1982. Indian fires as an ecological influence in the Northern Rockies, Journal of Forestry 80:647-651.

BC Species and Ecosystems Explorer. 2003. Victoria, (Colombie-Britannique), Canada, site Web : http://srmapps.gov.bc.ca/apps/eswp/ [consulté en octobre 2003].

Douglas, G.W., et A. MacKinnon. 1998. Caryophyllaceae, p. 230-305, in G.W. Douglas, G.B. Straley, D. Meidinger et J. Pojar (éd.), Illustrated Flora of British Columbia. Volume 2: Dicotyledons (Balsaminaceae through Cuscutaceae), Ministry of Sustainable Resource Management and Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

Douglas, G.W., F. Lomer et H.L. Roemer. 1998a. New or rediscovered native vascular plant species in British Columbia, Canadian Field-Naturalist 112:276-279.

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Hitchcock, C.L., et B. Maguire. 1947. A revision of the North American species of Silene, University of Washington Publications in Biology 13:1-73.

Koterba, W.D., et J.R. Habeck. 1971. Grasslands of the North Fork Valley, Glacier National Park, Montana, Canadian Journal of Botany 49:1627-1636.

Lesica, P. 1993. Loss of fitness resulting from pollinator exclusion in Silene spaldingii (Caryophyllaceae), Madrono 40:193-201.

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Lesica, P. 1999. Effects of fire on the demography of the endangered, geophytic herb Silene spaldingii (Caryophyllaceae), American Journal of Botany 86:996-1002.

Lesica, P., et B.M. Steele. 1994. Prolonged dormancy in vascular plants and implications for monitoring studies, Natural Areas Journal 14:209-212.

Lichthardt, J., et K. Gray. 2002. Field surveys for Silene spaldingii (Spalding’s catchfly) in Idaho, 2001, Department of Fish and Game de l'Idaho, Boise (Idaho), 18 p.

Logan Creek. 2005. Document Web intitulé Threatened and Sensitive Plants, chapter 3, in Logan Creek Ecosystem Restoration Project, un document Web consulté par E. Haber le 18 février 2005 (http://www.fs.fed.us/r1/flathead/nepa/logan/feis/e_chapter3_d_sensitive_plants.pdf).

Lorain, C.C. 1991. Report on the conservation status of Silene spaldingii in Idaho, Department of Fish and Game de l'Idaho, Boise (Idaho). 33 p.

Miller, M.T., et G.A. Allen. 1997. Noteworthy collections, British Columbia, Madrono 44:281.

Mincemoyer, S. Comm. pers. 2005. Program Botanist, MT Natural Heritage Program, 1515 E. 6th Ave., PO Box 201800, Helena (Montana), 59620.

NatureServe Explorer. 2003. An online encyclopedia of life [application Web], 2003, version 1.6, Arlington (Virginie).

NWS – Great Falls. 2003. Montana weather and precipitation summary, septembre 2003, NWS – Great Falls (Montana), site Web : http://www.wrh.noaa.gov/Greatfalls/tfx.php?HTML+drought

Tisdale, E.W. 1982. Grasslands of western North America: the Pacific Northwest Bunchgrass, p. 223-245, in A.C. Nicholson, A. McLean et T.E. Baker (éd.), Grassland Ecology and Classification Symposium Proceedings, Ministry of Forests de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).

USDI Fish and Wildlife Service (USDI-FWS). 2001. Endangered and Threatened Wildlife and Plants; Final Rule to List Silene spaldingii (Spalding’s Catchfly) as Threatened, U.S. Federal Register 66(196):51598-51606.

WNHP and USDI Bureau of Land Management. 1997. Field guide to selected rare vascular plants of Washington, Washington Natural Heritage Program, Olympia (État de Washington), site Web : http://www.dnr.wa.gov/nhp/refdesk/fguide/htm/fgmain.htm

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

George W. Douglas détenait une M.Sc. en foresterie de la University of Washington ainsi qu'un doctorat en botanique de la University of Alberta, à Edmonton. Il a étudié les plantes rares pendant plus de 20 ans. Il est auteur principal de Plantes vasculaires rares du Yukon (1981), de The Rare Vascular Plants of British Columbia (1985) et de Rare Native Plants of British Columbia (1998, 2002). Il a également été le réviseur en chef de la publication Illustrated Flora of British Columbia (de 1998 à 2002). Il a occupé le poste de botaniste de programme au Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique de 1991 à 2003. Durant cette période, il a été auteur ou coauteur de 33 rapports de situation et de trois mises à jours de rapports du COSEPAC.

Shyanne J. Smith possède un baccalauréat en géographie de la University of Victoria. Depuis 2001, elle a mené des projets d’inventaire botanique, de recherche et de cartographie en Colombie-Britannique. Mme Smith a été coauteure du plan national de rétablissement de l’adiante cheveux-de-Vénus du COSEPAC (2003) ainsi que de quatre rapports de situation du COSEPAC récemment présentés (2003). Elle est également coauteure des trois comptes d’intendance pour les plantes rares.

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Collections examinées

On a étudié la seule collection canadienne, conservée à l’herbier des plantes vasculaires de la University of Victoria. Les collections canadiennes des espèces ne se trouvaient pas à la University of British Columbia ni aux herbiers du Royal British Columbia Museum.

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