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Programme de rétablissement de la couleuvre royale (Regina septemvittata) au Canada - 2016

Partie 2 – Programme de rétablissement de la couleuvre royale (Regina septemvittata) en Ontario, préparé par Scott D. Gillingwater pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario

Couleuvre royale (Regina septemvittata) en Ontario

Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario

Programme de rétablissement préparé en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Naturel. Apprécié. Protégé.

Programme de rétablissement du bouleau flexible
Illustration de la couverture : © Rob Tervo

Février 2011

Information sur le document

À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario

Cette série présente l'ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l'intention du gouvernement de l'Ontario en ce qui concerne l'approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La province s'assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l'Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l'état sauvage.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d'une espèce. Un programme de rétablissement présente de l'information sur les besoins de l'espèce en matière d'habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l'espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l'élaboration d'un règlement visant l'habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l'élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.

Après l'inscription d'une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d'un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu'au 30 juin 2013) est prévue pour l'élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l'Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.

Et ensuite?

Neuf mois après l'élaboration d'un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l'Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d'un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.

Pour plus d'information

Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles

Référence recommandée :

Gillingwater, Scott. D. 2011. Programme de rétablissement de la couleuvre royale (Regina septemvittata) en Ontario. Série de Programmes de rétablissement de l'Ontario. Document préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Peterborough, Ontario, vi + 39 p.

Illustration de la couverture : Rob Tervo

Le contenu du présent document (à l'exception de l'illustration de la couverture) peut être utilisé sans autorisation, mais en prenant soin d'indiquer la source.

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Auteurs

Scott D. Gillingwater

Remerciements

Le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO) a financé l'élaboration du présent programme de rétablissement. Karine Beriault (MRNO) et Rhonda Donley (MRNO) ont offert leur soutien technique durant l'élaboration du document. L'équipe de rétablissement de la couleuvre royale a examiné l'ébauche du document et proposé des améliorations à son contenu.

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Déclaration

Le présent programme de rétablissement de la couleuvre royale a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007). Il a pour objet de conseiller le gouvernement de l'Ontario, d'autres autorités responsables et les nombreuses parties concernées par le rétablissement de l'espèce.

Le programme de rétablissement ne représente pas nécessairement l'opinion de toutes les personnes qui ont fourni des conseils ou qui ont participé à sa préparation, ni les positions officielles des organismes avec lesquelles ces personnes sont associées.

Les buts, les objectifs et les approches de rétablissement mentionnés dans le programme sont fondés sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements seront disponibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des orientations définies dans le présent programme.

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Autorités responsables

  • Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
  • Environnement Canada, Service canadien de la faune (Ontario)
  • Agence Parcs Canada

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Sommaire

Au Canada, la couleuvre royale (Regina septemvittata) est confinée au sud de l'Ontario. Parmi toutes les espèces de serpents présentes dans la province, elle est celle qui est la moins fréquemment observée en raison de sa rareté et de son comportement discret. Anciennement présente dans environ 26 localités en Ontario, elle se rencontre aujourd'hui dans environ seulement la moitié de ces sites. Elle est désignée en voie de disparition par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada), menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril et en voie de disparition aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario.

Les menaces et les facteurs limitatifs touchant l'espèce comprennent la destruction et la dégradation de l'habitat, la mortalité causée intentionnellement ou non par les humains, l'isolement génétique, la spécialisation à l'égard de l'habitat et des proies, la pollution et les espèces envahissantes.

Le but du rétablissement à long terme consiste à prévenir tout nouveau déclin et à obtenir des populations stables ou en croissance de la couleuvre royale en Ontario à tous les sites dans l'aire de répartition actuelle et, dans la mesure du possible, aux sites comportant de l'habitat convenable dans l'aire de répartition historique de l'espèce. Afin d'assurer le succès du rétablissement de cette espèce, on a établi les objectifs à court terme suivants :

  1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario;
  2. Déterminer la taille et la dynamique des populations de l'espèce;
  3. Maintenir/rehausser la quantité et la qualité de l'habitat de la couleuvre royale;
  4. Répertorier la diversité d'écrevisses à chaque site existant ou historique de la couleuvre royale, déterminer leur diversité, leur abondance relative et leurs besoins en matière d'habitat ainsi que la présence de l'écrevisse à taches rouges, une espèce exotique;
  5. Évaluer la faisabilité de mettre en place des mesures de supplémentation ou de réintroduction de couleuvres royales dans des régions comprises dans l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce;
  6. Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible;
  7. Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir les populations et leur habitat ou d'assurer leur rétablissement;
  8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des emplacements abritant actuellement l'espèce.

Pour assurer le rétablissement de l'espèce, il faut réduire la mortalité en protégeant et en maintenant les habitats aquatiques et terrestres dont elle dépend, restaurer l'habitat dégradé, prévenir la perte des principales sources de nourriture et mettre en place des mesures d'éducation et de sensibilisation du public.

Nous recommandons que l'aire prescrite à titre d'habitat dans un règlement sur l'habitat de la couleuvre royale englobe tout l'habitat terrestre et aquatique connu à tous les sites abritant encore l'espèce. Cette aire devrait comprendre une zone de 250 m en amont et en aval de tout cours d'eau de chaque occurrence et une bande de 30 m depuis la ligne des hautes eaux de chaque côté de ce cours d'eau. Aux endroits où les berges ne sont pas immédiatement apparentes, l'aire prescrite à titre d'habitat devrait inclure une zone s'étendant dans toutes les directions sur une distance de 250 m à partir du point d'observation de l'espèce. Elle devrait également englober tout l'habitat terrestre ou aquatique situé à moins de 50 m de tout endroit utilisé par l'espèce comme site d'alimentation, d'hibernation, de thermorégulation, de parturition ou de mue et à au moins de 30 m de la ligne des hautes eaux. Ces mesures permettraient de protéger les sites utilisés par l'espèce comme habitat d'hibernation, de gestation, de parturition, de thermorégulation, de mue et d'alimentation ainsi que l'habitat des proies (c.-à-d. écrevisses). Dans les cas où la réintroduction est jugée réalisable, le règlement sur l'habitat devrait également comprendre l'habitat nécessaire au rétablissement de l'espèce.

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1.0 Renseignements généraux

1.1 Évaluation et classification de l'espèce

Nom commun :
Couleuvre royale
Nom scientifique :
Regina septemvittata
Classification dans la LEPO :
En voie de disparition
Historique de la LEPO :
En voie de disparition (2010), Menacée (2004)
Historique d'évaluation du COSEPAC :
Menacée (1999); Menacée (2000); En voie de disparition (2010).
Annexe 1 de la LEP :
Menacée (5 juin 2003)
COTES :
COTE G : G5
COTE N : N2
COTE S : S2

Le glossaire présenté à la fin du présent document donne la signification des acronymes utilisés ci-dessus.

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1.2 Description et biologie de l'espèce

Description de l'espèce

La couleuvre royale (Regina septemvittata) est un serpent semi-aquatique au corps mince et modérément long qui appartient à la famille des Colubridés. Les écailles sont carénées, et la plaque anale est divisée (Conant et Collins, 1998). Le dos est olive brunâtre, avec trois étroites bandes longitudinales noires qui s'étendent l'une sur le milieu du dos, les deux autres sur chaque flanc, sur les cinquième et sixième rangées d'écailles. Le ventre est jaune pâle, avec quatre bandes longitudinales foncées (Smith 1999). Avec l'âge, les bandes dorsales s'estompent, tandis que les bandes ventrales deviennent souvent marbrées (Gillingwater, obs. pers.). La couleuvre royale est le seul serpent de l'Ontario orné de bandes ventrales longitudinales. Elle peut atteindre une longueur maximale de 90 cm, mais la majorité des individus mesurent entre 40 et 60 cm. Aucune sous-espèce n'est distinguée à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce dans l'est de l'Amérique du Nord (Crother et al., 2008).

La couleuvre royale est non venimeuse et inoffensive pour les humains, mais elle se tortille souvent sur elle-même et libère un musc malodorant par le cloaque lorsqu'elle est manipulée. Elle nage très bien et est généralement observée dans l'eau ou à proximité des berges (Froom, 1981). Elle est plus communément associée aux rivières et ruisseaux rocheux, mais elle fréquente parfois les marais et les prés humides. Elle se nourrit presque exclusivement d'écrevisses qui viennent de muer (Conant et Collins, 1998).

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Biologie de l'espèce

La couleuvre royale est vivipare, et aucun signe de formation de coquille d'œuf n'est discernable à quelle qu'étape que ce soit durant le développement embryonnaire (Branson et Baker, 1974). Les jeunes voient le jour entre juillet et septembre (Campbell et Perrin, 1979; Froom, 1981; Behler et King, 1988). Les femelles ont besoin d'un site de gestation et d'un site de parturition pour assurer le développement embryonnaire et mettre bas, mais elles utilisent parfois les sites de gestation pour la parturition (Gillingwater, 2009).

Au Kentucky, Branson et Baker (1974) ont observé que les femelles se reproduisent habituellement pour la première fois au cours de leur troisième année, tandis que les mâles atteignent leur maturité sexuelle au cours de leur deuxième année. L'atteinte de la maturité sexuelle est peut-être plus tardive en Ontario, car les saisons d'activité y sont plus courtes qu'au Kentucky. L'accouplement peut avoir lieu au printemps ou à l'automne. Les jeunes sont laissés à eux-mêmes dès leur naissance. On ignore à quelle fréquence cette espèce se reproduit.

D'après les informations disponibles, la saison d'activité de la couleuvre royale est généralement plus brève en Ontario que dans les portions plus méridionales de l'aire de répartition de l'espèce en Amérique du Nord. En Ontario, l'espèce a été observée aussi tôt dans l'année que le 15 avril (Piraino et Gillingwater, 2003), et aussi tard que le 16 octobre (M.J. Oldham, comm. pers.). En Ohio, la période d'activité s'étend d'avril à septembre (Conant, 1938a), comme en Ontario, si l'on fait exception d'un individu observé en janvier sur une plaque de glace recouvrant un ruisseau (Conant, 1938b). Des rassemblements de couleuvres royales ont été observés à la fin de l'automne (Wood, 1944; Neill, 1948; Wood, 1949; Wood et Duellman, 1950) et au début du printemps (Gillingwater, 2002; Gallagher, 2003, comm. pers.; Piraino et Gillingwater, 2003), tant aux États-Unis qu'au Canada.

La couleuvre royale est un prédateur spécialisé qui se nourrit principalement d'écrevisses qui viennent de muer (Raney et Roecker, 1947; Judd, 1955, 1962; Branson et Baker, 1974). La prédation par la couleuvre royale n'a vraisemblablement aucun impact appréciable sur les populations d'écrevisses, en particulier en Ontario, où les populations de l'espèce sont de taille relativement modeste. En Ontario, Campbell et Perrin (1979) ont noté que l'écrevisse à rostre caréné (Orconectes propinquus) était l'espèce la plus abondante dans de nombreux sites occupés par la couleuvre royale; d'autres espèces d'écrevisses servent toutefois de proies à la couleuvre royale à l'échelle de son aire de répartition en Amérique du Nord. La couleuvre royale ajoute à l'occasion d'autres types de proies à son menu, y compris des petits poissons (Surface, 1906; LeRay, 1928; Conant, 1938a; Raney et Roecker, 1947; Wood, 1949; Adler et Tilley, 1960). Bien que le comportement alimentaire de la couleuvre royale à l'état sauvage soit peu documenté (Wood, 1949), les quelques observations disponibles indiquent que l'espèce cherche activement sa nourriture parmi les roches et les détritus dans les zones d'eau agitée et peu profonde ou chasse à l'affût en eau calme, immobile, ne laissant émerger que sa tête (Raney et Roecker, 1947; S. Gillingwater, obs. pers.). Wood (1949) a observé un individu en train de dévorer une écrevisse morte et Ernst et Ernst (2003) ont observé des individus capturer des écrevisses qui venaient de muer, et les avaler en commençant par la queue.

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1.3 Répartition, abondance et tendances des populations

L'aire de répartition de la couleuvre royale s'étend d'est en ouest depuis le sud-ouest de l'Ontario, le sud-ouest de l'État de New York et le sud-est de la Pennsylvanie jusque dans le sud-est du Wisconsin et l'est du Mississippi et, vers le sud, jusqu'à la frontière entre la Floride et l'Alabama, dans la région de la côte du golfe du Mexique. Des mentions isolées ont également été enregistrées dans le nord du Michigan et le sud-ouest du Mississippi et du Missouri et en Arkansas (Conant et Collins, 1998) (figure 1). Au Canada, la couleuvre royale est actuellement confinée au sud de l'Ontario, où elle se rencontre de façon discontinue à l'ouest de l'escarpement du Niagara, depuis le nord de la péninsule Bruce jusqu'au lac Érié vers le sud et au comté d'Essex vers l'ouest. Anciennement, elle s'y rencontrait peut-être aussi loin vers l'est que Toronto. L'espèce n'a cependant pas été observée dans cette région depuis le milieu du 19e siècle (Lamond, 1994), et la mention originale résultait peut-être d'une erreur d'identification.

Figure 1. Aire de répartition de la couleuvre royale en Amérique du Nord (Source : Centre d'information sur le patrimoine naturel).

Aire de répartition de la couleuvre royale en Amérique du Nord
Description longue de la figure 1

La figure 1 montre l’aire de répartition de la couleuvre royale au Canada et aux États-Unis. Au Canada, l’espèce est confinée à l’extrémité sud de l’Ontario. Aux États-Unis, elle se rencontre dans le sud du Michigan et très localement dans le nord de cet État, ainsi que dans le sud-est du Wisconsin, le nord-est de l’Illinois, l’ouest de l’État de New York, l’ouest et le sud-est de la Pennsylvanie, la majeure partie de l’Indiana et de l’Ohio, le nord et le sud de la Virginie-Occidentale, le nord-ouest de la Virginie, la majeure partie du Maryland, le centre du Kentucky, la majeure partie du Tennessee, l’ouest de la Caroline du Nord, le nord de la Géorgie, la majeure partie de l’Alabama, l’est du Mississippi, le nord-ouest de la Floride et une petite région de l’Arkansas et du Missouri.

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Figure 2. Répartition de la couleuvre royale dans le sud de l'Ontario. Les zones hachurées correspondent aux mentions historiques (enregistrées il y a plus de 20 ans), et les zones noires, aux mentions récentes (enregistrées il y a moins de 20 ans) (Source : NHIC, 2010).

Répartition de la couleuvre royale dans le sud de l'Ontario
Description longue de la figure 2

La figure 2 montre l’aire de répartition historique de la couleuvre royale en Ontario. Les mentions historiques ont été enregistrées à proximité de Toronto, dans la péninsule Bruce et à proximité de Saugeen Shores, de Goderich, de Chatham Kent et de Port Rowan. Récemment, l’espèce a été observée à proximité de Waterloo, dans la péninsule Bruce, ainsi qu’à proximité de London, de Goderich, de Chatham Kent, de Lasalle et de Port Rowan.

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Bien qu'elle ait été désignée « espèce en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2010, la couleuvre royale est encore inscrite à titre d'espèce menacée dans la Loi sur les espèces en péril en date de janvier 2011. Initialement désignée « espèce menacée » aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD, 2007), elle a été reclassée dans la catégorie de risque plus élevé « en voie de disparition » le 28 septembre 2010. La couleuvre royale et son habitat bénéficient actuellement d'une protection en vertu de la LEVD. Elle figure également sur la liste des reptiles spécialement protégés de la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune depuis le 1er janvier 1999.

La couleuvre est assez largement répartie aux États‑Unis et est classée non en péril à l'échelle mondiale (G5) (tableau 1). La population canadienne représente moins de 5 % de la population mondiale.

Tableau 1. Cotes de conservation attribuées à la couleuvre royale à l'échelle de son aire de répartition en Amérique du Nord
(Source : NatureServe, 2010).
RangLocalité
S1 (gravement en péril)Delaware, District de Columbia, Wisconsin, New York
S2 (en péril)Ontario, Arkansas
S3 (vulnérable)Pennsylvanie, Mississippi
S4 (apparemment non en péril)Caroline du Nord, Illinois, Indiana, Kentucky, Michigan, Virginie-Occidentale
S5 (non en péril)Alabama, Géorgie, Maryland, Tennessee, Virginie
SH (possiblement disparue)New Jersey
SNR (non classée)Caroline du Sud, Floride, Ohio
SX (vraisemblablement disparue)Missouri
N2 (en péril)Canada
N5 (non en péril)États-Unis
G5 (non en péril)Échelle mondiale

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On sait relativement peu de choses sur cette espèce à l'échelle de son aire de répartition mondiale. En conséquence, aucune estimation de la taille de la population mondiale n'est disponible, et aucune étude formelle visant à évaluer la taille absolue de la population n'a encore été effectuée en Ontario. La répartition localisée de l'espèce aux sites étudiés donne à croire qu'elle ne se déplace pas sur de grandes distances. Une étude par marquage et recapture réalisée par Branson et Baker (1974) a montré que le domaine vital des couleuvres royales est relativement petit. Si l'on fait exception d'un individu qui a franchi une distance de 122 m en deux semaines, la plupart des individus suivis dans le cadre de cette étude ne se sont pas déplacés sur plus de 30 m à partir du point de capture original. Dans un site bordant la rivière Thames, en Ontario, des déplacements de 100 m ont fréquemment été observés entre les sites d'hibernation et les sites de gestation (Gillingwater, 2009), et des déplacements atteignant 250 m ont été enregistrés (Gillingwater, données inédites).

La couleuvre royale a toujours été considérée comme peu commune en Ontario (LeRay, 1928; Mills, 1948; Logier, 1958; Campbell, 1977; Oldham, 1986; Lamond, 1994). Elle semble relativement abondante à certains sites, mais très rare, voire absente, à d'autres sites qui semblent pourtant tout aussi propices (Spurr, 1978; Gillingwater, 2008). L'abondance et le comportement de la couleuvre royale ainsi que son utilisation de l'habitat dans une région donnée peuvent changer au cours de la saison d'activité, car les couleuvres se déplacent entre les hibernacles, les aires d'alimentation et les sites de thermorégulation et de gestation (Gillingwater, 2002; Piraino et Gillingwater, 2004), ce qui complique l'estimation de leur abondance. En raison de la rareté globale, des mœurs discrètes et du mode de vie aquatique de l'espèce, il est difficile d'estimer la taille de ses populations. La peau de la couleuvre royale est mince et peu élastique en comparaison de celle des autres espèces de serpents de l'Ontario de taille comparable, et de fréquents déplacements en terrain rocheux peuvent causer des abrasions au niveau de masses sous-cutanées (p. ex. masse créée par l'implantation d'une étiquette à TPI ou d'une étiquette radio implantée sous la peau). En comparaison d'autres espèces de serpents de taille moyenne, la couleuvre royale est exceptionnellement intolérante au stress et à la chaleur et montre rapidement des signes de détresse (p. ex. respiration la bouche ouverte, fatigue et absence de réponse) et semble de ce fait une piètre candidate pour les études de télémétrie (Gillingwater, obs. pers.). Une seule population a été étudiée de façon suffisamment intensive et soutenue pour qu'on puisse en estimer la taille de façon grossière. Cette population d'une cinquantaine d'adultes habitait un milieu ouvert (à couvert végétal très clairsemé) le long d'une section de 200 m de la rivière North Thames (Gillingwater, 2002; Piraino et Gillingwater, 2004). Aucun autre individu n'a été trouvé à l'extérieur de cette aire lors des recherches fréquentes qui y ont été effectuées au cours de chaque saison. Les relevés ont été effectués au moyen de recherches chronométrées intensives et par marquage à l'aide d'une étiquette à TPI (transpondeur passif intégré). Toutes les études réalisées à ce jour en Ontario donnent à croire que la densité des populations est faible, que l'espèce présente une répartition localisée et limitée, que la probabilité d'échanges d'individus entre les populations est faible et que de façon générale, l'espèce est en déclin.

La couleuvre royale est l'une des espèces de serpents les moins fréquemment observées en Ontario, comme en témoignent le faible nombre de mentions et les quelque 29 occurrences d'éléments répertoriées à ce jour (NHIC, 2010). Les nombreux relevés menés à l'échelle du bassin de la rivière Thames au cours des quinze dernières années donnent à croire que certaines populations pourraient avoir disparu aussi récemment qu'en 2002 (Gillingwater, 2002; Gillingwater, 2009); dans d'autres régions de l'Ontario, l'espèce n'a pas été observée depuis plus de 40 ans (Campbell, 1977; Fletcher et Gillingwater, données inédites, 1997). Des couleuvres royales ont été observées le long de la rivière Canard en 1985 (Oldham, 1986), et de nouveau en 2002 (Waldron, comm. pers., 2003), de même que sur l'île Fighting, dans la rivière Detroit, en 2009 (Jones, comm. pers., 2009). Francis et Campbell (1983) ont redécouvert l'espèce dans la région de Waterloo, après une période de 50 ans sans mention. La non-détection de l'espèce durant ces cinquante années est probablement due à la qualité inadéquate ou la faible fréquence des relevés effectués durant cette période. Il est également possible que certaines populations réparties le long de la péninsule Bruce aient disparu, en particulier au lac Scugog, où l'espèce n'a pas été observée depuis 1927, ainsi qu'à la baie du Doré, où elle a été vue pour la dernière fois en 1969. Un individu a cependant été trouvé en 2005 près du lac Emmett, dans la partie centrale du parc national du Canada de la Péninsule-Bruce, et des relevés effectués subséquemment entre 2006 et 2008 ont donné lieu à quelques observations additionnelles (Brinker, 2007; Jalava, 2009). D'autres relevés ont également été effectués sans succès aux sites historiques des lacs Scugog et Cameron durant cette même période (Jalava, 2009). Un individu a été découvert en 2003 au havre Baptist, à l'extrémité nord-ouest de la péninsule Bruce, mais les relevés réalisés subséquemment en 2008 se sont révélés infructueux (Jalava, 2009).

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1.4 Besoins en matière d'habitat

Durant une étude réalisée en Ohio, Wood (1949) a indiqué que trois conditions devaient être satisfaites pour que la couleuvre royale puisse survivre dans une aire donnée : un plan d'eau stagnant ou courant permanent dont la température ne chute jamais en deçà de 18,3 °C durant la majeure partie de la saison d'activité; de nombreux matériaux pouvant servir d'abris comme des pierres plates submergées et/ou sur les berges; une importante population d'écrevisses. Ces conditions sont respectées dans la plupart des sites occupés par la couleuvre royale en Ontario, sauf aux sites de la baie Long Point, de l'île Walpole et du lac Sainte-Claire, où les pierres plates sont rares, voire absentes, et où les couleuvres utilisent peut-être les terriers d'écrevisses (p. ex. Cambarus diogenes, Orconectes immunis et Fallicambarus fodiens) comme abris. La couleuvre royale utilise également la végétation riveraine pour sa thermorégulation dans de nombreux sites.

La couleuvre royale est généralement associée aux ruisseaux et rivières à lit rocheux ou graveleux (Duellman, 1951; Conant, 1960; Oldham, 1986; Johnson, 1989; Gillingwater, 2002). De tous les types de substrats composant le lit des cours d'eau auxquels elle est associée, le calcaire (Wood, 1949) et l'ardoise (Triplehorn, 1949) dominent. Cette couleuvre est moins fréquemment rencontrée dans d'autres types de milieux tels que les marais (Conant, 1960), les étangs (Wood et Duellman, 1947), les lacs (Duellman, 1947) et les carrières (Mattison, 1995). Certaines mentions de l'Ontario font état de la présence de l'espèce sur les berges de grands lacs, comme à la pointe Long, au lac Érié, mais la plupart de ces observations ont été effectuées dans les vastes zones de marais et prés intérieurs et non sur les berges du lac elles-mêmes. Une population sur la péninsule Bruce habite les berges rocheuses de prés marécageux bordant des petits lacs intérieurs pouvant s'assécher durant l'été (Jalava, 2009).

La couleuvre est une espèce hautement aquatique qui s'aventure rarement loin de l'eau. Durant la saison active, elle demeure généralement à moins de 3 à 5 m des berges (Campbell et Perrin, 1979; Gillingwater, 2008; M. Fletcher, comm. pers., 2004; K. Vlasman, obs. pers., 1997). Parmi les 185 couleuvres royales capturées le long de la rivière Thames par Piraino et Gillingwater (2007), 177 (96 %) se trouvaient à moins de 5 m du bord de la rivière, tandis que les autres se trouvaient à 15 m de l'eau, dans un hibernacle. La couleuvre royale semble avoir besoin de zones d'eau calme comme les petits bassins de ruisseaux et de rivières pour se nourrir, s'abriter et, peut-être, assurer sa thermorégulation (Gillingwater, données inédites). Comme elle se nourrit presque exclusivement d'écrevisses, son habitat doit comporter les caractéristiques nécessaires au maintien de populations importantes de ces crustacés. La couleuvre royale s'installe souvent sur des branches d'arbres et d'arbustes surplombant les berges de ruisseaux et de rivières pour se chauffer au soleil (Campbell et Perrin, 1979; Layne et Ford, 1983; Ernst et Barbour, 1989; Gillingwater, 2008). Dans le sud-ouest de l'Ontario, Campbell et Perrin (1979) ont noté qu'elle utilisait très souvent à cette fin les saules (Salix spp.), le peuplier deltoïde (Populus deltoides) et diverses herbacées de prés marécageux, mais qu'elle évitait les berges comportant un couvert végétal dense. Une section de la rivière Thames abritant une population de l'espèce était ensoleillée durant près de huit heures par jour. Les berges, argileuses, étaient en partie couvertes de pierres, en partie dénudées, et la végétation y était constituée d'herbacées non graminoïdes, de graminées et de saules arbustifs épars (Gillingwater et Piraino, 2002). Les couleuvres y utilisaient des éléments naturels du paysage (p. ex. pierres des berges, portions de rive en surplomb) ainsi que divers objets artificiels comme des matelas de géotextile comme abris ou comme sites de thermorégulation, de gestation, de mue ou de parturition (Gillingwater, 2009; Gillingwater, données inédites).

La présence d'hibernacles est essentielle à la survie de l'espèce à l'hiver (Bauchot, 1994; Mattison, 1995). Les hibernacles représentent donc une des caractéristiques de l'habitat les plus importantes pour l'espèce en Ontario. À ce jour, un seul site d'hibernation a été découvert en Ontario, le long de la rivière Thames. Ce site se trouvait dans une zone de suintement sur une pente argileuse exposée au sud, au-dessus de la ligne des hautes eaux. Un terrier de petit mammifère et des ouvertures parmi des racines d'arbres permettaient d'accéder à l'hibernacle (Gillingwater, 2009).

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1.5 Facteurs limitatifs

En raison de son régime alimentaire spécialisé, de la faible superficie de son domaine vital et de sa dépendance à la présence d'une étroite bande d'habitats riverains, ces trois facteurs étant considérés collectivement plutôt qu'individuellement, la couleuvre royale est plus vulnérable que d'autres espèces aux phénomènes stochastiques. Bien que la reproduction vivipare comporte des avantages pour une espèce essentiellement aquatique (Hall, 1969) présentant une aire de répartition nordique, elle expose les femelles à des menaces additionnelles durant la période de gestation en milieu terrestre (Greene, 1997; Gillingwater, 2002). Ce mode de reproduction est également très exigeant au plan énergétique pour les femelles (Greene, 1997).

La faible taille des populations et les distances qui les séparent ainsi que la rareté globale de l'espèce restreignent probablement les déplacements entre les populations et contribuent vraisemblablement à leur isolement génétique. Du fait de son régime alimentaire spécialisé, de la perméabilité de sa peau (qui la rend plus vulnérable à la déshydratation) et de son mode de vie principalement aquatique, la couleuvre est probablement peu encline à se disperser en milieu terrestre hors de son bassin versant natal. Ces facteurs contribuent à l'isolement génétique des populations et limitent les échanges génétiques entre ces dernières. Les données du Résumé herpétofaunique de l'Ontario attestent la nature éparse et isolée des populations de couleuvres royales dans le sud-ouest de l'Ontario. Du fait de leur isolement, les populations restantes sont plus vulnérables à la dépression de consanguinité, à la stochasticité démographique et environnementale et aux changements touchant l'habitat et les sources de nourriture. Dans de telles conditions, les couleuvres royales ont probablement rarement la possibilité de se disperser vers des aires d'habitat plus favorables (Campbell et Perrin, 1979; Fletcher et Gillingwater, données inédites, 1997; Gillingwater, 2002).

La spécificité dont la couleuvre royale fait preuve à l'égard de certaines caractéristiques de l'habitat requises pour l'hibernation constitue probablement un facteur limitatif. Bien qu'aucune donnée ne soit disponible pour la couleuvre royale, on croit qu'un long cycle d'hibernation pourrait avoir des impacts négatifs pour certains individus. Il est établi que les hivers extrêmement froids et l'inondation des sites d'hibernation sont des causes de mortalité durant l'hibernation chez d'autres espèces de serpents (Bauchot, 1994; Mattison 1999). Les espèces de serpents vivant à des latitudes plus nordiques peuvent également être vulnérables aux niveaux accrus d'exposition environnementale et de prédation lorsqu'elles émergent de leur hibernacle au début du printemps (Porchuk, 1996; Mattison, 1999).

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1.6 Menaces à la survie et au rétablissement

Les menaces suivantes à la survie et au rétablissement de l'espèce ne sont pas énumérées par ordre d'importance.

Destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat

La destruction, la fragmentation et la dégradation de l'habitat constituent les plus graves menaces pesant sur la couleuvre royale en Ontario (Cook, 1970; Smith, 1999; Gillingwater, 2008). La pérennité de l'habitat restant, déjà confiné à une petite région et de superficie limitée, est en outre compromise par des changements de la composition du paysage. Ces changements peuvent modifier la répartition spatiale et les patrons d'activité des couleuvres royales et compromettre la capacité d'une région donnée de combler tous les besoins écologiques de l'espèce. La viabilité à long terme de la couleuvre royale repose sur le maintien de la composition de l'habitat requise par l'espèce et ses principales proies, les écrevisses.

Les quatre principales menaces pesant sur l'habitat de la couleuvre royale sont :

  1. la perte définitive de types d'habitats bien précis (p. ex. sites d'hibernation),
  2. l'altération des proportions relatives ou de la configuration des composantes de l'habitat, ou
  3. la fragmentation des composantes de l'habitat par des routes et d'autres barrières, et
  4. la transformation de la végétation ou des fonctions écologiques de l'habitat par des plantes non indigènes envahissantes (p. ex. roseau commun).

Dans le sud-ouest de l'Ontario, où les terres sont cultivées de façon intensive, les milieux riverains naturels sont souvent éliminés ou réduits à d'étroites bandes le long des berges des cours d'eau. Des parcelles d'habitat y subsistent encore, mais seulement parce que les berges de certains cours d'eau sont trop escarpées pour se prêter à une exploitation agricole. À certains endroits, on a permis au bétail d'accéder librement aux rivières et aux ruisseaux, ce qui a entraîné la formation d'ornières, de l'érosion, de la sédimentation, un apport excessif d'éléments nutritifs et l'élimination de la couverture végétale due au surbroutage. La destruction par le bétail de parcelles d'habitat convenable en bordure de cours d'eau a été documentée par Homyack et Giuliano (2002). Campbell et Perrin (1979) ont noté que le développement agricole a gravement altéré les ruisseaux et les marais près du lac Sainte-Claire et a rendu l'habitat inadéquat pour la couleuvre royale. Toute utilisation des terres qui s'étend jusque sur les berges d'un cours d'eau peut avoir des effets néfastes si elle entraîne l'élimination du couvert et des structures formant l'habitat de la couleuvre royale. Le drainage des milieux humides, l'eutrophisation causée par le ruissellement d'effluents d'élevage (bétail et volaille) dans les cours d'eau, la surconsommation des ressources hydriques à des fins récréatives et l'aménagement de grands bassins de retenue peuvent également avoir des effets néfastes pour les populations de couleuvres royales (NatureServe, 2010). Hamr (1998) a documenté le récent déclin de l'écrevisse à rostre caréné (Orconectes propinquus) dans les bassins hydrographiques de l'Ontario. La compétition avec l'écrevisse à taches rouges (Orconectes rusticus), une espèce non indigène, de même que la pollution de l'air et de l'eau, la sédimentation et potentiellement la vélocité de l'eau pourraient avoir contribué au déclin de cette espèce.

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Dans certaines régions urbaines, le développement des terres adjacentes aux plaines inondables peut entraîner une augmentation du ruissellement des eaux de surface à partir des décharges d'eaux pluviales. Le ruissellement peut dégrader l'habitat riverain de la couleuvre royale en entraînant la sédimentation, l'envasement, l'érosion et la contamination de l'habitat et en amplifiant les fluctuations du niveau d'eau des cours d'eau (Gibbons et Dorcas, 2004). L'aménagement de canaux et la construction de ponts et d'ouvrages de défense contre l'érosion peuvent également entraîner l'élimination d'une partie de l'habitat naturel de la couleuvre royale par remplacement des berges naturelles par des paniers-gabions, des murets de béton et des matériaux d'enrochement. Même si elle y bénéficiait d'une protection juridique, la couleuvre royale a disparu du Missouri, chassée par la perte d'habitat causée par la construction de barrages (Conant, 1960; Anderson, 1965; Ashton, 1976). Les barrages, le rejet d'eaux usées urbaines, l'utilisation de l'eau et d'autres altérations anthropiques peuvent modifier l'hydrologie des cours d'eau du sud de l'Ontario et ainsi affecter toutes les espèces riveraines en réduisant le débit de base et/ou en provoquant des afflux d'eau rapides.

À long terme, certaines plantes envahissantes comme le roseau commun (Phragmites australis ssp. australis) et la salicaire commune (Lythrum salicaria) pourraient imiter l'utilisation des sites actuellement occupés par l'espèce. Le roseau commun a rapidement étendu son aire de répartition dans le sud-ouest de l'Ontario au cours des dernières décennies et est devenu l'espèce dominante dans de nombreux systèmes fluviaux, dont certains sites occupés par la couleuvre royale dans les réserves nationales de faune de St. Clair, de Long Point et du ruisseau Big Creek et le long du ruisseau Nanticoke (Gillingwater, comm. pers.). La prolifération du roseau commun a entraîné la disparition de sites de thermorégulation de la couleuvre royale en Ohio (Bekker, 2007). En favorisant à terme la croissance de grands arbres sur les rives, la succession végétale entraîne la fermeture du couvert végétal et crée des conditions d'ombre néfastes pour la couleuvre royale (Gillingwater, 2009). Dans certains cas, des parcelles d'habitat adjacentes ont déjà été perdues, ce qui laisse moins de choix aux couleuvres qui tentent de recoloniser un habitat propice à partir de sites dégradés par des espèces envahissantes.

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Perturbations ou mortalité causées intentionnellement par les humains

Bien qu'elle soit observée peu fréquemment en Ontario, la couleuvre royale demeure vulnérable à la persécution directe par les humains. Campbell et Perrin (1979) et Spurr et Smith (1979) mentionnent avoir trouvé des couleuvres royales qui semblaient avoir été piétinées à mort par des humains. Aux États-Unis, où l'espèce est plus fréquemment rencontrée, des couleuvres royales sont fréquemment tuées par des pêcheurs à la ligne qui croient qu'elles mangent des poissons de pêche sportive (Harding, 1997). Ernst et Ernst (2003) font également état de nombreuses couleuvres royales victimes de coups de feu. À l'échelle de l'Amérique du Nord, les serpents provoquent souvent des réactions négatives parmi la population, et même des espèces parfaitement inoffensives comme la couleuvre rayée sont souvent tuées par des humains, victimes de leur ignorance ou de la peur qu'elles leur inspirent (Gillingwater, obs. pers.). En raison de sa rareté, la couleuvre royale est plus susceptible d'être capturée comme animal de compagnie, et le zèle excessif de naturalistes en quête de photos ou d'herpétologues trop curieux peut causer la mort d'un certain nombre d'individus ou la perturbation de l'habitat de l'espèce (Gillingwater, obs. pers.).

Perturbations ou mortalité causées non intentionnellement par les humains

Les activités récréatives (randonnée pédestre, pêche à la ligne, utilisation de VTT, randonnée équestre, etc.) peuvent avoir des conséquences néfastes pour la couleuvre royale et son habitat. Les randonneurs qui se déplacent le long des rives peuvent par inadvertance altérer les sites de gestation, d'alimentation ou de thermorégulation en déplaçant ou en compactant des pierres et d'autres objets servant d'abri à l'espèce. Ce risque est non négligeable, car la couleuvre royale est reconnue pour la fidélité dont elle fait preuve à l'égard des objets qu'elle utilise comme abri. Dans certaines régions, des activités aussi inoffensives en apparence que le déplacement de pêcheurs à la ligne le long des rives peuvent perturber à long terme les sites de gestation et de thermorégulation et blesser mortellement des couleuvres qui se reposent sous des pierres (Gillingwater, 2008). Le long de certaines sections de rives des rivières Thames et Grand fréquentées par les pêcheurs à la ligne, des couleuvres royales ont été trouvées mortes ou avec la tête écrasée (Gillingwater, 2008). Des sites de gestation ont aussi été gravement perturbés le long de la rivière Thames; bon nombre d'entre eux avaient été piétinés de façon répétée, brûlés ou déplacés (S. Gillingwater, obs. pers.). Bien que la majorité des cas de mortalité et des perturbations ne résultent pas de gestes intentionnels, l'utilisation même modérée de l'habitat sensible de l'espèce à des fins récréatives peut avoir des effets dévastateurs.

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Pollution

Les effets de la pollution sur les populations de couleuvres royales demeurent largement méconnus, mais cette espèce est vraisemblablement exposée à la pollution de l'eau causée par les pratiques agricoles, le ruissellement urbain en provenance de grandes villes comme London et Cambridge et des déversements de produits chimiques. En raison de la perméabilité exceptionnellement élevée de sa peau, la couleuvre royale est probablement plus sensible que les autres espèces de serpents à la pollution de son environnement aquatique (Stokes et Dunson, 1982; Hulse et al., 2001; Gibbons et Dorcas, 2004). Une diminution de l'abondance ou la disparition des écrevisses pourrait entraîner un déclin rapide des populations déjà limitées de couleuvres royales en Ontario. Toutes les espèces d'écrevisses sont sensibles à la sédimentation, à l'envasement et à la pollution (Hamr, 1998; David et al., 1994; Brie et al., 2009). Une étude menée en Alberta a démontré que l'écrevisse à pinces bleues (O. virilis), à l'instar d'autres espèces appartenant au même genre, bioaccumule le mercure dans ses tissus (Vermeer, 1972).

Espèces sauvages envahissantes

Les espèces envahissantes peuvent contribuer à la destruction et à la fragmentation de l'habitat de la couleuvre royale. Il est établi que la carpe (Cyprinus carpio) accroît la turbidité de l'eau et altère les processus naturels dans les milieux aquatiques (Parkos III et al., 2003). À un site, le long de la rivière Thames, la moule zébrée (Dreissena polymorpha) forme une épaisse croûte sur les pierres anciennement utilisées comme abri ou site d'alimentation par la couleuvre royale. La barrière physique créée par les moules restreint l'accès entre et sous de nombreuses grosses pierres, et les bords acérés de la coquille des moules comportent un risque de blessure (Gillingwater, 2009). En Ohio, le gobie à taches noires (Neogobius melanostomus), une espèce envahissante non indigène, a causé la quasi-disparition d'une population assez importante de couleuvres royales entre 2001 et 2004 (Bekker, 2007), probablement en décimant les populations d'écrevisses indigènes (Davis, 2003). L'écrevisse à taches rouges (O. rusticus), autre espèce non indigène, n'a pas encore envahi la totalité de l'aire de répartition de la couleuvre royale, et les interactions entre les deux espèces n'ont donc pas encore été étudiées. L'impact qu'elle pourrait avoir sur les populations de couleuvres royales en déplaçant les espèces d'écrevisses indigènes demeure à évaluer.

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1.7 Lacunes dans les connaissances

Répartition actuelle et tendances des populations

  • Aucun relevé n'a été effectué récemment à la plupart des sites existants et historiques.
  • À la plupart des sites, on ne dispose d'aucune donnée permettant de mieux évaluer la situation des populations existantes ou de confirmer la disparition apparente de populations et de maintenir une base de données à long terme sur l'espèce aux sites existants.
  • Aucun protocole normalisé n'a encore été élaboré pour les relevés et la surveillance.

Cycle vital de la couleuvre royale

  • On dispose de très peu d'information sur le succès de la reproduction, les besoins liés à la thermorégulation et à la gestation, la quête de nourriture, la sélection des proies, les limites imposées par la densité des proies, la superficie du domaine vital, les déplacements saisonniers et la sélection et l'utilisation de l'habitat.

Besoins en matière d'habitat

  • On ne dispose d'aucune donnée détaillée sur l'habitat à la plupart des sites, en particulier sur les hibernacles et les sites naturels de gestation et de parturition.
  • On ne dispose d'aucune donnée sur l'écologie de l'espèce à la plupart des sites et sur l'utilisation qu'elle fait de son habitat à toutes les étapes de son cycle vital.

Isolement génétique et ses impacts sur les populations

  • On ignore si la dépression de consanguinité constitue un problème chez les populations isolées ou si les populations ontariennes existantes sont étroitement apparentées à d'autres populations établies ailleurs à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce.

Effets des espèces envahissantes

  • On ne dispose d'aucune information sur l'ampleur de la menace que représentent les espèces végétales et animales envahissantes pour les populations de couleuvres royales et leur habitat. On ignore notamment si l'écrevisse à taches rouges, le gobie à taches noires et la carpe ont des effets négatifs sur la couleuvre royale et son habitat en Ontario.
  • Certaines espèces de plantes envahissantes (p. ex. roseau commun) semblent contribuer à la destruction et à la fragmentation de l'habitat de l'espèce aux sites existants, mais aucune donnée empirique sur l'impact de ces plantes n'est actuellement disponible.

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1.8 Mesures de rétablissement déjà achevées ou en cours

Signalement des observations et répartition de l'espèce

La base de données du Résumé herpétofaunique de l'Ontario (Oldham et Sutherland, 1986; Oldham, 1988; Oldham et Weller, 1989; Oldham, données inédites, Ontario Herpetofaunal Summary) contient l'historique le plus complet des observations et des données de répartition de l'espèce en Ontario. Ces données permettent de retracer les mentions disponibles fondées sur des observations individuelles ou enregistrées dans le cadre de travaux de recherche et de mieux suivre les changements de distribution et de répartition de l'espèce dans la province. Cette base de données, gérée et tenue à jour par le Centre d'information sur le patrimoine naturel (CIPN), devrait continuer d'orienter les initiatives de rétablissement et constitue une ressource fort précieuse pour les planificateurs et les biologistes.

Un projet d'atlas des reptiles et des amphibiens de l'Ontario (Ontario Reptile and Amphibian Atlas) a récemment été lancé. Ce projet a pour but d'inciter les chercheurs et les membres du grand public à signaler toutes les observations de reptiles et d'amphibiens faites à l'échelle de la province. Toutes les observations signalées seront également versées dans la base de données du CIPN.

Grâce au soutien du Sault Ste. Marie Invasive Species Partnership Fund, Scott Reid (MRNO, Recherche aquatique), Eric Snyder (MRNO, Espèces envahissantes/biodiversité) et Keith Somers (ministère de l'Environnement, Dorset) ont entrepris l'élaboration d'un protocole d'évaluation des cours d'eau de l'Ontario pour les écrevisses. Ce protocole facilitera le suivi des populations d'écrevisses à l'échelle de la province, y compris aux sites qui abritent actuellement ou qui ont déjà abrité des populations de couleuvres royales.

Relevés dans les sites anciennement occupés par la couleuvre royale

Un certain nombre de relevés ciblant la couleuvre royale ont déjà été effectués dans le sud de l'Ontario. Certaines des données amassées dans le cadre de ces relevés constituent les seules informations disponibles sur l'espèce au Canada. Malgré leur caractère souvent ponctuel, la majorité de ces relevés font état d'un déclin de l'espèce en Ontario au fil du temps, de la disparition de populations locales et d'altérations de l'habitat (Judd, 1955; Judd, 1962; Campbell, 1977; Campbell et Perrin, 1979; Spurr et Smith, 1979; Gartshore et Carson, 1990; Lamond,1994; Fletcher et Gillingwater, données inédites, 1997; OMNR, 2003 - 2005; K. Vlasman, comm. pers., D. Jacobs, comm. pers.; Piraino et Gillingwater, 2003; Piraino et Gillingwater, 2004; Piraino et Gillingwater, 2007; Gillingwater, 2008; Gillingwater, 2009; Gillingwater, données inédites, 2002-2009).

Biologie et écologie de la couleuvre royale - Recherche et suivi

Très peu de travaux de recherche approfondis ont été consacrés à la couleuvre royale au Canada. Judd (1955, 1962) a réalisé une étude à court terme des contenus stomacaux de cette espèce le long d'une section de la rivière Ausable et d'un affluent de la rivière Thames. Campbell (1977) et Campbell et Perrin (1979) ont étudié divers aspects de l'habitat, de la répartition, de l'écologie et de la biologie de la couleuvre royale au Canada. La première étude à long terme d'une population de couleuvres royale en Ontario a été réalisée de 2002 à 2010 le long d'une section de la rivière Thames. Cette étude par marquage-recapture à l'aide d'étiquettes à TPI a permis d'obtenir des informations inédites sur l'histoire naturelle et l'habitat de la couleuvre royale au Canada (Gillingwater, 2002; Piraino et Gillingwater, 2003; Piraino et Gillingwater, 2004; Gillingwater, 2009,). Aussi récemment qu'en 2003, des chercheurs du MRNO, district de Guelph, ont suivi une population établie le long d'un affluent de la rivière Grand, utilisant des étiquettes à TPI comme outil de marquage-recapture (K. Vlasman, comm. pers.). Le présent document fait largement usage des données amassées dans le cadre de toutes ces études. Un projet visant à aménager des habitats artificiels de gestation, de parturition, de mue et de thermorégulation à l'aide de membrane géotextile et à restaurer l'habitat naturel de l'espèce en éliminant les débris et la végétation non indigène se poursuit le long d'une section de la rivière Thames depuis 2002. Les mesures mises en place au cours des huit premières années du projet se sont révélées fructueuses, et le projet est reconduit d'année en année (Gillingwater, 2009).

Équipes de rétablissement

Parallèlement aux mesures mises en place par l'équipe de rétablissement de la couleuvre royale, plusieurs équipes de rétablissement plurispécifique ou écosystémique, dont les équipes de rétablissement des rivières Ausable, Grand et Thames, accordent une attention particulière à la couleuvre royale et à ses besoins en matière d'habitat dans le cadre de leurs programmes de rétablissement respectifs. Ces équipes se sont donné pour mandat d'évaluer et de restaurer de nombreux aspects des habitats aquatiques vitaux pour la survie de la couleuvre royale et de nombreuses autres espèces aquatiques en péril. Ces initiatives de rétablissement auront vraisemblablement un impact positif sur l'habitat des écrevisses. Le maintien d'un partenariat à long terme pourrait être mutuellement bénéfique aux plans économique et logistique pour les équipes de rétablissement concernées.

Éducation et sensibilisation du public

Jusqu'en 1997, les activités visant à informer et à sensibiliser davantage la population concernant la situation précaire de la couleuvre royale en Ontario ont été très peu nombreuses et se sont limitées à la publication occasionnelle d'articles dans des journaux et des bulletins et de feuillets d'information (Judd, 1962; McBride, 1967; Spurr, 1978; Oldham, 1986; Oldham, 1988). En 1997, un feuillet d'information d'une seule page en noir et blanc est publié pour promouvoir la conservation de l'espèce et appuyer les initiatives de rétablissement. Ce petit document sera également inclus dans une trousse d'intendance élaborée à l'intention des propriétaires fonciers. En 2002, un nouveau feuillet d'information sur la couleuvre royale, cette fois en couleur, est élaboré dans le cadre d'une série sur les espèces de reptiles en péril de la rivière Thames. On produit également une affiche en couleur illustrant notamment la couleuvre royale afin d'inciter le public à signaler les observations de reptiles en péril dans le bassin de la rivière Thames (Gillingwater, 2002). Des exposés, des ateliers et des expositions communautaires sont également organisés dans le cadre du programme en cours de recherche et d'éducation sur les espèces de reptiles rares habitant la rivière Thames (Thames River Rare Reptile Research and Education Program) (2002-2010). Le Toronto Zoo, l'Office de protection de la vallée Lower Thames, de la vallée de la Maitland, d'Ausable-Bayfield et de la rivière Grand, la coalition Carolinian Canada et les équipes de rétablissement écosystémiques des rivières Ausable et Thames ont également contribué à sensibiliser davantage la population à la situation précaire de la couleuvre royale en produisant des affiches sur les espèces en péril, en créant des sites Web et en favorisant la réalisation de projets d'interaction communautaire.

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2.0 Rétablissement

2.1 But du rétablissement

Le but du rétablissement à long terme consiste à prévenir tout nouveau déclin de l'espèce et à obtenir des populations stables ou en croissance à tous les sites actuellement occupés compris dans l'aire de répartition actuelle et, dans la mesure du possible, aux sites comportant de l'habitat convenable dans l'aire de répartition historique de l'espèce.

Tableau 2. Objectifs de protection et de rétablissement
NuméroObjectif de protection ou de rétablissement
1Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.
2Déterminer la taille et la dynamique des populations de l'espèce.
3Maintenir/rehausser la quantité et la qualité de l'habitat de la couleuvre royale.
4Répertorier la diversité d'écrevisses à chaque site existant ou historique de la couleuvre royale, déterminer leur diversité, leur abondance relative et leurs besoins en matière d'habitat; documenter la présence et l'abondance de l'écrevisse à taches rouges, une espèce exotique.
5Évaluer la faisabilité de mettre en place des mesures de supplémentation ou de réintroduction de couleuvres royales dans des régions comprises dans l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce.
6Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible.
7Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir les populations et leur habitat ou d'assurer leur rétablissement.
8Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.

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2.3 Approches de rétablissement

Tableau 3. Approches de rétablissement de la couleuvre royale en Ontario
NombrePriorité relativeÉchéancier relatifVolet du rétablissementApproche de rétablissementMenaces ou lacunes dans les connaissances visées
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.CritiqueLong termeInventaire, suivi et évaluation

1.1 Effectuer un inventaire de référence comportant un faible effort de recherche et un relevé d'abondance à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce.

  • Établir une méthodologie normalisée pour la collecte de données à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce.
  • Établir un protocole de suivi à long terme adaptable à tous les types de milieux.
  • Documenter les caractéristiques de l'habitat et évaluer l'abondance des proies.
Toutes les menaces.
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.CritiqueLong termeInventaire, suivi et évaluation

1.2 Continuer de compiler les mentions de couleuvres royales en Ontario dans la base de données du Centre d'information sur le patrimoine naturel.

  • Continuer de répertorier et de compiler les occurrences historiques et récentes de l'espèce en Ontario.
Lacunes dans les connaissances : répartition actuelle de l'espèce et tendances des populations.
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.CritiqueCourt termeRecherche

1.3 Combler en priorité les principales lacunes dans les connaissances sur l'écologie de la couleuvre royale à toutes les étapes de son développement.

  • Mener des travaux de recherche sur le rétablissement et participer aux initiatives de protection et d'amélioration de l'habitat et des populations.
  • Accroître l'état des connaissances sur le cycle vital de la couleuvre royale.
  • Étudier et répertorier les besoins de l'espèce liés au domaine vital.
Toutes les menaces.
Lacunes dans les connaissances : besoins en matière d'habitat, informations sur le cycle vital.
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.NécessaireCourt termeRecherche

1.4 Mener des recherches afin d'évaluer le niveau d'isolement génétique entre les sous-populations ontariennes et de déterminer l'ampleur du flux génétique entre les populations à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce en Amérique du Nord.

  • Déterminer le niveau d'isolement génétique.
Lacunes dans les connaissances : isolement génétique et ses impacts sur les populations.
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.CritiqueLong TermeRecherche

1.5 Utiliser les informations recueillies pour délimiter et cartographier l'habitat des populations existantes.

  • Évaluer l'étendue du domaine vital et de l'habitat exploité par l'espèce.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
Lacunes dans les connaissances : besoins en matière d'habitat.
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.NécessaireCourt termeRecherche1.6 Répertorier et cartographier les aires d'habitat convenable actuellement tenu pour non occupées à l'échelle de l'aire de répartition actuelle de l'espèce.Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
1. Accroître les connaissances sur la répartition, l'abondance, le cycle vital et les besoins en matière d'habitat de la couleuvre royale en Ontario.BénéfiqueLong termeRecherche1.7 Répertorier et cartographier les aires d'habitat convenable comprises dans l'aire de répartition historique de l'espèce.Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
2. Déterminer la taille et la dynamique des populations de l'espèce.CritiqueCourt termeInventaire, suivi et évaluation

2.1 Effectuer, dans le cadre d'un programme de suivi et d'évaluation à long terme, des relevés ciblés pour établir la répartition et l'abondance actuelle de l'espèce.

  • Vérifier la présence de l'espèce et déterminer sa répartition et son abondance dans les sites existants et les parcelles d'habitat convenable avoisinantes (p. ex. sites inoccupés se trouvant à distance raisonnable en aval ou en amont de populations existantes) à l'échelle de l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce.
  • Élaborer des protocoles normalisés de suivi et de recherche.
  • Effectuer des analyses afin de mieux comprendre les causes des déclins actuels.
  • Établir une méthodologie normalisée pour la collecte de données à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce.
  • Effectuer, à l'aide de méthodes de recherche normalisées, des relevés intensifs et exhaustifs aux occurrences récentes et historiques afin de préciser la taille et l'étendue des populations de l'espèce en Ontario.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
Lacunes dans les connaissances : isolement génétique, répartition actuelle et tendances démographiques, besoins en matière d'habitat, informations sur le cycle vital.
2. Déterminer la taille et la dynamique des populations de l'espèce.CritiqueLong termeSuivi; recherche

2.2 Étudier l'utilisation par l'espèce des microhabitats naturels et artificiels et effectuer des relevés et des inventaires afin de déterminer les composantes de l'habitat requises par l'espèce à toutes les étapes de son développement.

  • Évaluer la disponibilité des composantes du microhabitat requises par l'espèce à tous les sites occupés.
  • Utiliser les données disponibles pour orienter l'aménagement de nouvelles parcelles d'habitat et protéger l'habitat existant.
  • Caractériser l'habitat et ses composantes importantes pour l'espèce à toutes les étapes de son développement.
  • Répertorier et cartographier les hibernacles et les sites de gestation et de parturition.
  • Répertorier les microhabitats utilisés par l'espèce aux différentes étapes de son développement.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
Lacunes dans les connaissances : besoins en matière d'habitat.
2. Déterminer la taille et la dynamique des populations de l'espèce.CritiqueLong termeRecherche

2.3 Étudier la structure des populations aux différents sites occupés à l'échelle de l'aire de répartition de l'espèce et utiliser cette information pour :

  • Reconnaître les populations en déclin;
  • Classer les populations par ordre de priorité aux fins des activités de rétablissement (restauration de l'habitat et réduction des menaces) et d'éducation et de sensibilisation du public.
Toutes les menaces.
Lacunes dans les connaissances : répartition actuelle et tendances des populations.
2. Déterminer la taille et la dynamique des populations de l'espèce.CritiqueLong termeInventaire, suivi et évaluation; recherche

2.4 Effectuer des relevés et des inventaires afin de déterminer les composantes de l'habitat requises par l'espèce aux différentes étapes de son développement.

  • Caractériser l'habitat et ses composantes importantes pour l'espèce à toutes les étapes de son développement.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
Lacunes dans les connaissances : besoins en matière d'habitat, informations sur le cycle vital.
3. Maintenir/rehausser la quantité et la qualité de l'habitat de la couleuvre royale.CritiqueCourt termeIntendance; gestion

3.1 Préparer un manuel sur la restauration et la protection de l'habitat à l'intention des planificateurs, des chercheurs et des autres groupes participant aux efforts de restauration et de protection des parcelles d'habitat particulièrement importantes pour l'espèce.

  • Utiliser les meilleures méthodes scientifiques et techniques de restauration de l'habitat disponibles pour élaborer un document évolutif décrivant de façon sommaire les meilleures techniques de gestion de l'espèce.
  • Distribuer le document, en tenant compte de la répartition des sites occupés connus, aux offices de protection de la nature concernées et/ou aux autorités municipales et gouvernementales ou organismes de conservation concernés.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat, perturbations ou mortalité causées non intentionnellement par les humains.
3. Maintenir/rehausser la quantité et la qualité de l'habitat de la couleuvre royale.CritiqueLong termeRecherche; gestion

3.2 Répertorier les aires prescrites à titre d'habitat de la couleuvre royale dans un règlement sur l'habitat.

  • Évaluer l'efficacité des mesures de protection de l'habitat.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
3. Maintenir/rehausser la quantité et la qualité de l'habitat de la couleuvre royale.NécessaireLong termeRecherche; gestion

3.3 Entreprendre un programme expérimental de restauration de l'habitat utilisant des techniques et matériaux naturels et artificiels et évaluer les résultats.

  • Évaluer l'efficacité des diverses techniques de restauration utilisées.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
3. Maintenir/rehausser la quantité et la qualité de l'habitat de la couleuvre royale.NécessaireLong termeRecherche; gestion

3.4 Appliquer des techniques expérimentales de préservation de l'habitat.

  • Répertorier les sites actuellement occupés où une intervention s'impose pour y préserver la qualité de l'habitat (p. ex. pour prévenir la succession naturelle).
  • Appliquer diverses techniques de préservation de l'habitat et évaluer leur efficacité.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat (succession).
4. Répertorier la diversité d'écrevisses à chaque site existant ou historique de la couleuvre royale, déterminer leur diversité, leur abondance relative et leurs besoins en matière d'habitat ainsi que la présence de l'écrevisse à taches rouges, une espèce exotique.CritiqueCourt termeRecherche

4.1 Effectuer des relevés et des recherches ciblant les écrevisses, vérifier la présence de l'écrevisse à taches rouges et, le cas échéant, évaluer la menace posée par cette espèce.

  • Répertorier les espèces d'écrevisses qui constituent les proies principales de la couleuvre royale, déterminer leur abondance relative et préciser les facteurs limitant leur présence dans les milieux riverains et les prés humides.
  • Cibler en priorité les sites actuellement occupés, puis étendre les relevés et les recherches aux sites historiques à des fins de comparaison.
  • Évaluer l'ampleur de l'utilisation des terriers d'écrevisse (p. ex. Procambarus spp.) par la couleuvre royale dans les milieux riverains et les prés humides.
  • Documenter les déplacements de l'écrevisse à taches rouges et les impacts de l'invasion de l'habitat de la couleuvre royale par cette espèce.
  • Si des déclins sont observés parmi les populations d'écrevisses indigènes, en établir les causes potentielles et proposer des mesures d'atténuation.
Menaces : espèces sauvages envahissantes, destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
Lacunes dans les connaissances : besoins en matière d'habitat, informations sur le cycle vital (régime alimentaire spécialisé), effets des espèces envahissantes.
4. Répertorier la diversité d'écrevisses à chaque site existant ou historique de la couleuvre royale, déterminer leur diversité, leur abondance relative et leurs besoins en matière d'habitat ainsi que la présence de l'écrevisse à taches rouges, une espèce exotique.NécessaireCourt termeRecherche

4.2 Évaluer les impacts de l'écrevisse à taches rouges sur les espèces d'écrevisses indigènes et la couleuvre royale.

  • Évaluer l'ampleur des éventuels déclins des populations d'écrevisses indigènes induits par l'écrevisse à taches rouges.
  • Évaluer les effets de l'écrevisse à taches rouges sur les populations de couleuvres royales.
Menaces : espèces sauvages envahissantes, destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
Lacunes dans les connaissances : effets des espèces envahissantes.
5. Évaluer la faisabilité de mettre en place des mesures de supplémentation ou de réintroduction de couleuvres royales dans des régions comprises dans l'aire de répartition actuelle et historique de l'espèce.BénéfiqueLong termeRecherche

5.1 Évaluer la faisabilité de mettre en place des mesures de supplémentation ou de réintroduction de couleuvres royales provenant d'autres populations du Canada ou des États-Unis.

  • En se fondant sur les données génétiques disponibles, étudier les sous-populations étroitement apparentées et évaluer leur potentiel en vue d'un éventuel déplacement d'individus étroitement apparentés.
  • Évaluer les sites de réintroduction potentiels (évaluation de l'habitat et des menaces);
  • Évaluer la faisabilité de restaurer l'espèce dans son aire de répartition historique en utilisant des individus provenant d'autres populations.
  • Élaborer et mettre en place un programme de réintroduction si la restauration de l'espèce est jugée réalisable.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat
Lacunes dans les connaissances : isolement génétique et ses effets sur les populations.
6. Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible.NécessaireLong termeIntendance; gestion; protection

6.1 Déterminer les façons de protéger efficacement l'habitat de l'espèce sur des terres privées (ententes, servitudes de conservation, achat de terres, etc.).

  • Maintenir de bonnes relations avec les propriétaires fonciers en organisant des visites, en distribuant des ressources éducatives et en établissant des partenariats communautaires.
  • Assurer la protection à long terme de l'habitat sur des terres privées en établissant des partenariats avec les propriétaires fonciers.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat, perturbations ou mortalité causées non intentionnellement par les humains, pollution.
6. Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible.CritiqueLong termeProtection; gestion6.2 Restreindre la circulation des randonneurs pédestres et des véhicules motorisés dans l'habitat connu de l'espèce afin d'éviter que des couleuvres soient blessées ou tuées et de prévenir la destruction de l'habitat.Menaces : perturbations ou mortalité causées intentionnellement ou non par les humains, destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
6. Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible.NécessaireLong termeRecherche

6.3 Évaluer l'ampleur des menaces anthropiques et des facteurs limitatifs actuels pour les populations de couleuvres royales et leur habitat.

  • Répertorier les parcelles d'habitat exposées aux niveaux de stress les plus élevés et mettre en place des mesures d'atténuation en vue de réduire, dans la mesure du possible, les menaces immédiates.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat, perturbations ou mortalité causées intentionnellement ou non par les humains.
6. Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible.BénéfiqueCourt termeRecherche

6.4 Évaluer le niveau de contamination (p. ex. évaluation de la qualité de l'eau, autopsie de couleuvres trouvées mortes)

  • déterminer les concentrations de contaminants parmi les populations locales de couleuvres royales et/ou d'écrevisses et évaluer la qualité générale de l'eau.
Menaces : pollution.
6. Réduire ou atténuer les menaces qui pèsent sur la couleuvre royale et son habitat, dans la mesure du possible.NécessaireCourt termeRecherche

6.5 Évaluer les effets des espèces envahissantes sur les populations de couleuvres royales et d'écrevisses.

  • Aux sites où une espèce envahissante constitue une menace, élaborer et mettre en place des mesures d'atténuation des impacts.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat, pollution, espèces sauvages envahissantes.
Lacunes dans les connaissances : effets des espèces envahissantes.
7. Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir ou de rétablir les populations ou leur habitat.NécessaireLong termeIntendance; gestion

7.1 Contacter les gestionnaires des terres et les planificateurs afin de discuter de la préservation ou de la restauration de parcelles d'habitat importantes pour la couleuvre royale.

  • Prodiguer des conseils concernant la gestion des sites importants.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
7. Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir ou de rétablir les populations ou leur habitat.NécessaireCourt termeCommunications, éducation et sensibilisation; gestion

7.2 Fournir des données écologiques pertinentes à des fins d'inclusion dans l'examen des plans officiels municipaux, les stratégies de rétablissement écosystémiques pertinentes, etc.

  • Encourager les planificateurs municipaux à tenir compte de l'habitat de la couleuvre dans l'élaboration des plans officiels.
Toutes les menaces.
7. Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir ou de rétablir les populations ou leur habitat.NécessaireLong termeCommunications, éducation et sensibilisation

7.3 Établir des liens de communication avec les équipes qui se consacre au rétablissement d'une espèce en particulier et les équipes de rétablissement plurispécifique ou écosystémique, les groupes de conservation pertinents et les responsables d'initiatives connexes afin de coordonner l'application des mesures de rétablissement.

  • Promouvoir l'adoption d'une approche concertée pour le rétablissement de la couleuvre royale et la mise en commun des ressources.
Toutes les menaces.
7. Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir ou de rétablir les populations ou leur habitat.CritiqueCourt termeInventaire, suivi et évaluation

7.4 Coordonner les activités des divers organismes et ministères participant au suivi des populations de couleuvres royales.

  • Favoriser la mise en commun des ressources et le partage d'informations.
Toutes les menaces.
7. Coordonner les initiatives de rétablissement avec les groupes de conservation concernés afin de protéger les individus et de maintenir ou de rétablir les populations ou leur habitat.CritiqueCourt termeIntendance

7.5 Créer une base de données recensant les propriétaires fonciers qui possèdent ou habitent des terres adjacentes à des parcelles d'habitat de l'espèce.

  • Dresser une liste de personnes-ressources parmi les propriétaires fonciers qui possèdent ou habitent des terres adjacentes à des sites abritant des populations importantes de couleuvres royales.
Menaces : destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.CritiqueCourt termeCommunications, éducation et sensibilisation

8.1 Élaborer une stratégie de communication.

  • Utiliser une stratégie de communication pour assurer la diffusion des programmes d'éducation et de sensibilisation, y compris les initiatives d'intendance, auprès des propriétaires fonciers et des gestionnaires des terres.
Toutes les menaces.
8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.CritiqueLong termeCommunications, éducation et sensibilisation8.2 Le cas échéant, intégrer les initiatives d'éducation communautaire aux programmes existants (p. ex. programme de rétablissement de l'écosystème aquatique de la rivière Thames).Toutes les menaces.
8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.NécessaireLong termeCommunications, éducation et sensibilisation; intendance

8.3 Élaborer et distribuer du matériel éducatif dans le cadre de l'initiative de sensibilisation du public en cours (p. ex. feuillets d'information, affiches d'identification).

  • Solliciter l'appui des collectivités concernées.
  • Sensibiliser le public à l'importance des serpents.
  • Inviter les collectivités concernées à participer aux initiatives de rétablissement.
  • Sensibiliser davantage le public à la situation précaire des espèces en péril.
Toutes les menaces.
8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.CritiqueLong termeCommunications, éducation et sensibilisation; intendance

8.4 Fournir des services d'éducation et de sensibilisation adaptés aux sites aux propriétaires fonciers.

  • Établir et maintenir de bonnes relations avec les propriétaires fonciers.
  • Sensibiliser davantage les propriétaires fonciers à la situation précaire de l'espèce et de son habitat, au besoin.
  • Encourager les propriétaires fonciers à préserver l'habitat naturel.
Toutes les menaces.
8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.NécessaireLong termeCommunications, éducation et sensibilisation; intendance8.5 Encourager les propriétaires fonciers et les planificateurs municipaux à appliquer les meilleures pratiques de gestion et autres lignes directrices pertinentes en matière de protection de l'habitat.Menaces : perturbations ou mortalité causées intentionnellement ou non par les humains, pollution, destruction, dégradation et fragmentation de l'habitat.
8. Fournir des ressources en matière d'éducation et de sensibilisation aux personnes et aux collectivités qui vivent à proximité de populations existantes de couleuvres royales ou qui utilisent à des fins récréatives des sites abritant actuellement l'espèce.CritiqueLong termeCommunications, éducation et sensibilisation

8.6 Continuer d'évaluer et d'améliorer les programmes d'éducation et de sensibilisation du public.

  • Fournir des données sur l'efficacité du programme.
  • Participer à la détermination des étapes suivantes.
Toutes les menaces.

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2.4 Aire à prendre en considération dans l'élaboration d'un règlement sur l'habitat

En vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, un programme de rétablissement doit comporter une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l'aire qui devrait être prise en considération dans l'élaboration d'un règlement sur l'habitat. Un règlement sur l'habitat est un instrument juridique qui détermine l'aire qui sera protégée à titre d'habitat de l'espèce. La recommandation énoncée ci-dessous par l'auteur sera l'une des nombreuses sources prises en compte par le ministre dans le cadre de l'élaboration d'un règlement sur l'habitat de cette espèce.

Il est recommandé que l'aire s'étendant depuis le centre du cours d'eau occupé jusqu'à 30 m au-delà de la ligne des hautes eaux sur chacune des rives du cours d'eau soit prescrite à titre d'habitat dans un règlement sur l'habitat pour chaque occurrence connue de l'espèce. Une distance de 30 m devrait être préservée pour protéger l'habitat souterrain, en particulier à proximité des hibernacles. Cette bande de 30 m compenserait également les fluctuations du niveau d'eau et la perte subséquente d'habitat de pré humide. Pour tous les prés ou milieux humides utilisés par la couleuvre royale où les berges ne sont pas immédiatement apparentes, il est recommandé que l'aire prescrite à titre d'habitat englobe l'étendue du pré ou du milieu humide s'étendant dans toutes les directions sur une distance de 250 m à partir du point d'observation de l'espèce. Cette aire devrait également comprendre toutes les composantes de l'environnement utilisées par l'espèce pour l'hibernation, la gestation, la parturition, la mue, la thermorégulation et l'alimentation ainsi que les corridors permettant à l'espèce de circuler entre les sites.

L'aire prescrite à titre d'habitat de l'espèce devrait s'étendre sur une distance de 250 m en amont et en aval (500 m au total) de chaque occurrence connue de l'espèce. Au Kentucky, Branson et Baker (1974) ont observé que les couleuvres royales possédaient un domaine vital relativement petit et qu'elles s'étaient déplacées sur une distance de 30 m à 122 m à partir de leur point initial de capture en l'espace de deux semaines. En Ontario, les couleuvres royales parcourent généralement moins de 100 m durant la saison active (Gillingwater, 2009), mais des déplacements de 250 m ont été enregistrés (Gillingwater, données inédites). Comme le recours à la radiotélémétrie pour estimer l'ampleur des déplacements et la superficie du domaine vital comporte certains risques pour l'espèce, il importe d'adopter une approche fondée sur la prudence et de veiller à ce que les déplacements saisonniers ne compromettent pas la survie de l'espèce. D'où la recommandation visant à protéger une bande d'habitats riverains de 500 m pour chaque occurrence connue de l'espèce.

Les occurrences devraient inclure les mentions confirmées récemment (enregistrées au cours des 20 dernières années) ainsi que les sites où aucune observation confirmée n'a été enregistrée au cours des 20 dernières années. Dans la mesure où les conditions requises sont respectées (p. ex. habitat convenable et conditions propices au maintien d'une population viable, habitat pouvant être recolonisé, ou plans concrets visant à réintroduire l'espèce dans des sites historiques ou dans des sites auparavant inoccupés au sein de l'aire de répartition historique ou de déplacer des individus dans des aires convenables), il est recommandé que l'habitat susceptible d'être utilisé aux fins du rétablissement de l'espèce bénéficie d'une protection en vertu du règlement sur l'habitat.

Il est recommandé que l'habitat terrestre et aquatique situé à moins de 50 m de tous les sites d'alimentation, de thermorégulation, de gestation, de parturition et de mue et des hibernacles mais ne se trouvant pas déjà à moins de 30 m de la ligne des hautes eaux soit inclus dans l'aire prescrite à titre d'habitat de l'espèce dans un règlement sur l'habitat. Cette zone est importante pour préserver la composition, la fonction et la structure biologiques de l'environnement avoisinant et souterrain. Elle pourrait notamment permettre de maintenir une connectivité entre les hibernacles et la rive du plan d'eau adjacent.

Il est également recommandé que l'aire prescrite à titre d'habitat englobe les sites d'alimentation, de parturition, de gestation, d'hibernation, de mue et de thermorégulation tant naturels qu'anthropiques, tant que les éléments de l'habitat utilisés à ces fins persistent. L'espèce peut utiliser un habitat naturel et anthropique, en particulier pour la thermorégulation et la gestation (Gillingwater et Piraino, 2002; Gillingwater, 2009). Le site de gestation doit fournir aux femelles des conditions microclimatiques propices au développement des embryons et une certaine protection. Si elles n'utilisent pas le site de gestation pour la parturition, les femelles doivent pouvoir trouver à proximité un site de parturition protégé pour mettre bas. D'après des observations récentes, les sites de parturition offrent aux femelles un abri, sont situés près du bord de l'eau, maintiennent un taux d'humidité élevé et semblent conférer une protection contre la chaleur excessive et les prédateurs (Gillingwater, 2009). Les éléments géologiques utilisés pour ces processus peuvent persister indéfiniment (p. ex., des fissures dans le substrat rocheux), mais les éléments anthropiques (p. ex. fondations) ou organiques (p. ex. racines d'arbre pourries) peuvent se décomposer plus rapidement de façon naturelle.

Au Canada, un seul site d'hibernation a été découvert et décrit à ce jour (Gillingwater, 2008; Gillingwater, 2009). L'aire prescrite à titre d'habitat permet donc de protéger d'autres hibernacles et d'autres éléments importants de l'habitat dans les aires actuellement occupées par l'espèce. Les hibernacles sont les éléments de l'habitat les plus importants pour la survie de l'espèce (Bauchot, 1994; Mattison, 1995), mais ils sont difficiles à repérer parce qu'ils sont souterrains, que nombre d'entre eux se trouvent probablement sur des terres privées et que leurs points d'entrée sont exigus. Leur détection est également rendue difficile par les contraintes que soulève l'utilisation de la radiotélémétrie chez cette espèce et par la rareté de l'espèce et la discrétion dont elle fait preuve à l'entrée et à la sortie de hibernacles.

La couleuvre royale étant un prédateur spécialisé, toute réduction de l'abondance des écrevisses qui constituent ses principales proies risque d'entraîner un déclin de ses populations. La recommandation énoncée ci-dessus devrait englober une partie de l'habitat des écrevisses, tant le long des cours d'eau que dans les prés et les milieux humides.

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Glossaire

Caréné :
Qui porte une saillie médiane ou longitudinale.
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) :
Comité chargé de l'évaluation et de la classification des espèces en péril en Ontario en vertu de l'article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) :
Comité chargé de l'évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation :
Cote assignée à une espèce ou à une communauté écologique qui traduit principalement le degré de rareté de l'espèce ou de la communauté à l'échelle mondiale (G pour Global), nationale (N) ou infranationale (S pour Subnational). Ces cotes (G, N, S) ne sont pas des désignations légales. La cote attribuée à une espèce ou à un écosystème est désignée par un chiffre variant de 1 à 5 précédé de la lettre G, N ou S, qui indique la portée géographique de l'évaluation. Voici la signification des chiffres :
  • 1 = gravement en péril
  • 2 = en péril
  • 3 = vulnérable
  • 4 = apparemment non en péril
  • 5 = non en péril
Gestation :
État de la femelle d’une espèce vivipare qui porte un ou plusieurs petits.
Liste des espèces en péril en Ontario (LEPO) :
Règlement pris en application de l'article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition précisant le classement officiel des espèces en péril en Ontario. Cette liste a été publiée pour la première fois en 2004 à titre de politique et est devenue un règlement en 2008.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) :
Loi provinciale qui protège les espèces en péril de l'Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) :
Loi fédérale qui protège les espèces en péril au Canada. L'annexe 1 de la Loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril visées par les dispositions de la LEP. Les annexes 2 et 3 contiennent des listes des espèces dont la situation devait être réévaluée au moment de l'entrée en vigueur de la Loi. Une fois que leur situation a été réévaluée et qu'elles ont été déclarées en péril, ces espèces font l'objet du processus d'inscription prévu par la LEP menant à leur inclusion à l'annexe 1.
Occurrence d'élément (OE) :
Selon le Centre d'information sur le patrimoine naturel, terme utilisé par les centres de données sur la conservation (CDC) et NatureServe pour désigner l'occurrence d'un élément de la biodiversité à l'échelle du paysage, ou une étendue de terre ou d'eau abritant ou ayant déjà abrité un élément de la biodiversité (p. ex. espèce ou communauté écologique). Une occurrence a une valeur de conservation pour l'élément de la biodiversité, car elle correspond à un emplacement important pour la conservation de l'espèce ou de la communauté. Dans le cas d'une espèce, l'occurrence correspond généralement à l'habitat occupé par une population locale de l'espèce en question. Ce qui constitue une occurrence varie selon l'espèce considérée. Les colonies reproductrices, les étangs de reproduction, les tanières et les hibernacles constituent des exemples généraux de différents types d'occurrences d'élément applicables à des espèces animales. Dans le cas d'une communauté écologique, une occurrence peut être l'aire contenant une parcelle de ce type de communauté.
Parturition :
Action de mettre bas.
Vivipare :
Se dit d'un organisme qui porte des jeunes plutôt que des œufs.

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Références

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