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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand corégone au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Grand corégone
Coregonus culpeaformis
au Canada
Population du lac Simcoe


Grand corégone

Données insuffisantes 2005

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand corégone (Coregonus clupeaformis) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 39 p.

Rapports précédents :

Evans, D.O., J.J.P. Houston et G.N. Meredith. 1987. COSEWIC status report on the Lake Simcoe Whitefish Coregonus clupeaformis in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 38 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Frank Amtstaetter, Cam Willox et Paul Johanson qui ont rédigé le rapport de situation sur le grand corégone (Coregonus clupeaformis) préparé par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Robert Campbell, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the lake whitefish (Lake Simcoe population) Coregonus clupeaformis in Canada.

Photo de la couverture :

Grand corégone – Illustration tirée de Scott et Crossman (1974 [rééditée en 1998]) avec la permission des auteurs.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005.
PDF : CW69-14/236-2005F-PDF
ISBN 0-662-40581-1
HTML : CW69-14/236-2005E-HTML
ISBN 0-662-74180-3

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Grand corégone (population du lac Simcoe)

Nom scientifique : Coregonus clupeaformis

Status : Données insuffisantes

Justification de la désignation : Bien que cette population soit en voie de disparaître du pays, les faits sont non concluants concernant son caractère distinctif et la meilleure information disponible maintenant est insuffisante pour permettre d’établir l’admissibilité de l’espèce à une évaluation.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1987. Espèce étudiée en mai 2005 et classée dans la catégorie « données insuffisantes ». Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Grand corégone
Coregonus clupeaformis
(population du lac Simcoe)

Information sur l’espèce

Le grand corégone est un poisson de forme allongée dont le corps est à son plus haut devant la nageoire dorsale. La bouche est infère, distinctement surplombée par le museau. Chez les populations des Grands Lacs, la coloration générale est argentée, et les nageoires sont généralement pâles ou légèrement pigmentées. Chez les populations plus septentrionales, les nageoires sont souvent plus foncées et les extrémités sont généralement noires. Les écailles sont grandes et cycloïdes, et on en compte entre 70 et 97 sur la ligne latérale. Les mâles reproducteurs présentent des tubercules nuptiaux sur au moins trois rangées d'écailles au-dessus de la ligne latérale et sur six rangées au-dessous. Les données génétiques, morphologiques et méristiques donnent à croire que cette population diffère des populations voisines. Cela dit, ces données ne sont pas concluantes et ne permettent pas de considérer cette population comme une unité désignable.

Répartition

Le grand corégone est largement répandu partout au Canada et dans le nord des États-Unis. La population du lac Simcoe (44º 25’ N, 79º 20’ O), en Ontario, est distincte. Elle est séparée des autres populations de corégones du bassin des Grands Lacs depuis environ 7 000 à 10 000 ans.

Habitat

Dans le lac Simcoe, les grands corégones sont associés au fond et largement distribués, notamment dans le bassin principal, la baie Cook et la baie Kempenfelt, à l'hiver et au printemps. Au printemps, lorsque la température de l'eau augmente, les grands corégones descendent à des profondeurs de 20 m à 40 m, là où l'eau est plus froide. Les grands corégones commencent à se déplacer vers les frayères en octobre et y demeurent jusqu'au début du mois de décembre. Les grands corégones pondent leurs œufs sur des hauts-fonds (1 m à 3 m de profondeur) constitués de rochers, de pierres et de gravier.

Biologie

La population de grands corégones du lac Simcoe a connu un grave déclin dans les années 1970, principalement en raison de l’échec du recrutement. On a commencé en 1982 à ensemencer le lac chaque année, et les poissons issus de cet ensemencement représentent aujourd'hui la majeure partie de la population du lac Simcoe. Toutefois, trente ans après le début des problèmes de recrutement, les grands corégones sauvages sont toujours présents dans le lac.

Pendant leur premier été, les grands corégones se nourrissent principalement de plancton, puis d'organismes benthiques. Les grands corégones adultes sont benthivores et se nourrissent principalement de larves d'insectes, de mollusques et d'amphipodes.

Taille et tendances des populations

De manière générale, les prises de grands corégones dans le lac Simcoe étaient très élevées dans les années 1960, puis elles ont décliné abruptement dans les années 1970. Depuis, les prises sont relativement peu nombreuses par rapport aux années 1960, mais ont quelque peu augmenté grâce à l'ensemencement du lac avec des poissons d'élevage. Les grands corégones sauvages continuent de contribuer à la pêche sportive et d'être capturés dans les trappes en filet sur les hauts-fonds où ils frayent à l'automne. Toutefois, les prises de poissons sauvages sont en baisse depuis 1986 à la pêche hivernale et depuis 1992, dans le programme de pêche indicatrice à la trappe de l'automne.

À l'heure actuelle, la population de grands corégones du lac Simcoe se compose surtout de poissons d'élevage et, dans une moindre mesure, de poissons sauvages. Les prises de poissons sauvages sont extrêmement faibles par rapport aux années 1960. Les données indiquent que la population actuelle de grands corégones sauvages se compose principalement de vieux individus qui sont le résultat des excellents taux de recrutement enregistrés dans les années 1960. Même s'il est possible que se produise encore un recrutement naturel à la maturité, un tel phénomène semble être limité et n'avoir que peu d'incidence sur la taille et la structure par âge de la population.

Facteurs limitatifs et menaces

Le déclin du grand corégone, du touladi (Salvelinus namaycush) et du cisco (C. artedi) pourrait être attribuable aux conséquences de l’accumulation de nutriments et de l'eutrophisation accélérée sur la fraye et les habitats hypolimniques du lac Simcoe. Plus récemment, on a observé également un déclin de la population de lotte (Lota lota).

L'introduction d'espèces exotiques aurait également joué un rôle dans le déclin de la population de grands corégones du lac Simcoe et pourrait freiner son rétablissement. La présence de l'éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) a été documentée pour la première fois dans le lac Simcoe en 1961, et ce poisson y était déjà bien établi au début des années 1970. L'expansion de l'éperlan à la fin des années 1960 coïncide étroitement avec les problèmes de recrutement des grands corégones. La moule zébrée (Dreissena polymorpha) et le cladocère épineux (Bythotrephes sp.) ont été respectivement observés pour la première fois dans le lac Simcoe en 1992 et en 1994. Aucune donnée ne suggère que ces espèces aient pu nuire à la croissance ou à la survie des grands corégones d'élevage du lac Simcoe. Cependant, l'incidence éventuelle de ces espèces sur les juvéniles de moins de six mois est inconnue.

Importance de l’espèce

Le déclin du grand corégone dans le lac Simcoe, de même que celui d'autres poissons d'eau froide, témoigne d'une détérioration des habitats. En tant qu'indicateur de la qualité des habitats, le grand corégone joue un rôle important et doit être protégé. La restauration de son habitat pourrait amener le rétablissement d'autres espèces de poissons d'eau froide dans le lac Simcoe.

Le grand corégone du lac Simcoe demeure l'espèce la plus prisée par la pêche sportive. La pêche attire les touristes dans la région et assure un apport de fonds à l'économie locale, ce qui est particulièrement important l’hiver pour les collectivités. La pêche au grand corégone est également la seule qui soit quotidiennement accessible à la vaste population humaine du sud de l'Ontario.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Loi sur les pêches du gouvernement fédéral est le principal texte de loi qui protège les poissons et leur habitat au Canada.

Afin de conserver la souche génétique de grands corégones du lac Simcoe, environ 140 000 individus sont ensemencés chaque année dans le lac. Le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRNO), par l'intermédiaire de l'unité d'évaluation des pêches du lac Simcoe (UEPLS), suit régulièrement la situation de la population de grands corégones.

La Stratégie de gestion environnementale du lac Simcoe (SGELS) a pour but de protéger l'écosystème du bassin du lac Simcoe et d’augmenter les possibilités récréatives par le rétablissement d'une pêche viable des poissons d'eau froide, l'amélioration de la qualité de l'eau, la réduction de la teneur en phosphore et la protection des caractéristiques et des fonctions du patrimoine naturel.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P) Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP) Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Classification

Classe :

Actinoptérygiens

Ordre :

Salmoniformes

Famille :

Salmonidés

Sous-famille :

Corégoninés

Genre :

Coregonus

Nom scientifique :

Coregonus clupeaformis (Mitchell, 1818)

Noms communs :

Français :

grand corégone, population du lac Simcoe

Anglais :

lake whitefish, Lake Simcoe population

Autres noms :

corégone de lac, poisson blanc, poisson blanc des
Grands Lacs

Description

Le grand corégone est un poisson de forme allongée dont le corps est à son plus haut devant la nageoire dorsale (figure 1). La bouche est infère, distinctement surplombée par le museau. Chez les populations des Grands Lacs, la coloration générale est argentée, et les nageoires sont généralement pâles ou légèrement pigmentées. Chez les populations plus septentrionales, les nageoires sont souvent plus foncées et les extrémités sont généralement noires. Les écailles sont grandes et cycloïdes, et on en compte entre 70 et 97 sur la ligne latérale. Les mâles reproducteurs présentent des tubercules nuptiaux sur au moins trois rangées d'écailles au-dessus de la ligne latérale et sur six rangées au-dessous (Scott et Crossman, 1974). Les grands corégones du lac Simcoe présentent d'importantes différences génétiques et phénotypiques par rapport aux grands corégones des lacs Huron, Ontario, Opéongo et Lavieille (Ihssen et al., 1981).

Figure 1. Grand corégone (Coregonus clupeaformis). Illustration tirée de Scott et Crossman [1974 (réédité en anglais en 1998)], avec la permission des auteurs. Le spécimen qui a servi à réaliser le présent croquisest une femelle capturée dans la rivière Koksoak, au Québec, juillet 1957.

Figure 1.  Grand corégone (Coregonus clupeaformis). Illustration tirée de Scott etCrossman [1974 (réédité en anglais en 1998)], avec la permission des auteurs. Le spécimen qui a servi à réaliser le présent croquisest une femelle capturée dans la rivière Koksoak, au Québec, enjuillet 1957.

Taxinomie

Le grand corégone est l'un des poissons d'eau douce les plus répandus au Canada (il est présent dans tout le pays, à l'exception de l'archipel de l'Arctique). L'espèce n'est pas considérée comme en péril, mais sa taxinomie est confuse (voir Scott et Crossman, 1974), et les différents auteurs signalent diverses formes et variétés. Les relations taxinomiques des corégoninés sont difficiles à cerner en raison de la plasticité morphologique, de la convergence des caractères et des effets des glaciations du pléistocène (Reist et al., 1998).

L'électrophorèse a permis d’étudier la variation biochimique au sein des populations allopatriques et sympatriques de grands corégones. Les différences enzymatiques entre les grands corégones du Yukon et de l'Ouest canadien ont été mises en évidence par Lindsey et al. (1970) et Franzin et Clayton (1977). Elles montrent que ces races descendent de poissons qui auraient survécu aux glaciations grâce au refuge béringien et au refuge du Mississippi-Missouri. Foote et al. (1992) ont démontré la présence d'une troisième race, présente en Colombie-Britannique et dans les Territoires du Nord-Ouest, qui aurait survécu dans le refuge glaciaire de la Nahanni. Lindsey et al. (1970) ont également avancé l'hypothèse d'un refuge atlantique, sur la base de la répartition et de la différenciation morphologique actuelle des poissons dans le secteur des Grands Lacs laurentiens et du bassin du Saint-Laurent. À la lumière d'études sur la variation de l'ADNmt, Bernatchez et Dodson (1990; 1991) ont conclu qu'il existe cinq races issues de refuges glaciaires en Amérique du Nord. Une race acadienne présente dans les lacs du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, du Maine et de la péninsule gaspésienne descendrait de poissons ayant survécu aux glaciations dans le refuge offert par les bancs du nord-est. La race de l'Atlantique, présente dans le Maine et dans le sud du Québec, descendrait quant à elle de poissons abrités par le refuge atlantique. Même s'il y a deux races béringiennes dans l'extrême nord-ouest de l'aire de répartition de l'espèce, la plus importante portion de l'aire de répartition actuelle, laquelle comprend tout l'Ontario, a été colonisée par des poissons issus du refuge mississippien (Bernatchez et Dodson, 1991). L'étude sur les allozymes réalisée par Bodaly et al. (1992) rejoint les conclusions tirées par Bernatchez et Dodson (1991) à partir des résultats sur la variation de l'ADNmt; selon ces chercheurs, il existe au moins quatre races de grands corégones génétiquement et géographiquement définissables : une race issue du refuge glaciaire béringien, dans le centre et le sud du Yukon; une autre, issue du refuge du Mississippi-Missouri, dans la majeure partie du centre du continent; une race issue du refuge de la Nahanni, en Colombie-Britannique et dans le sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest; enfin, une race acadienne, dans les Maritimes et la péninsule gaspésienne. Sur la base de leurs travaux antérieurs (Bernatchez et Dodson, 1991) et subséquents, Bernatchez et Dodson (1994) proposent que la race de l'Atlantique soit considérée comme une cinquième race.

Certaines données donnent à croire que les formes sympatriques ont un cycle vital et des traits morphologiques différents : nombre de branchicténies, habitudes alimentaires, croissance, âge de maturité, moment et lieu de fraye, et isolement reproductif (Kennedy, 1943; Fenderson, 1964; Bodaly, 1979; Kirkpatrick et Selander, 1979; Bruce, 1984; Fortin et Gendron, 1990; Bodaly et al., 1991). Bodaly et al. (1992) n'ont relevé aucune donnée suggérant un isolement reproductif aux endroits où les races géographiques se chevauchent, mais ont observé que les obstacles historiques, géographiques et environnementaux ont limité le mélange des allèles entre les races et les paires sympatriques. Cette observation n'est pas surprenante puisque l'étude a été conçue pour examiner les différences entre les races et non à l'intérieur d’une même race. Ces chercheurs ont postulé que les races géographiques s'étaient éloignées génétiquement davantage que les populations sympatriques et que l'ampleur des divergences génétiques, telle que mesurée par la fréquence des allozymes, est un mauvais prédicteur de l'isolement reproductif au sein des races. Bernatchez et Dodson (1990) ont pour leur part formulé l'hypothèse que les données fournies par l'ADNmt pouvaient indiquer des différences de formes au sein des races, du moins chez les formes sympatriques du Maine et du lac Como, en Ontario.

Le grand corégone du lac Simcoe est séparé de la population de la baie Georgienne depuis environ 7 000 à 10 000 ans par des obstacles géographiques et anthropiques (Prest, 1976; Bailey et Smith, 1981). Ihssen et al. (1981) ont étudié les variations morphologiques, écologiques et électrophorétiques de cinq populations allopatriques de grands corégones en Ontario (lacs Huron, Ontario, Simcoe, Opéongo et Lavieille) et ont observé que ces populations présentaient des différences dans l'alimentation, le taux de croissance, le régime de déplacement, la fécondité, la taille des œufs et des larves, les caractères morphologiques (nombre de branchicténies, nombre de cæcums pyloriques, taille) et la fréquence des allèles. Certaines différences, particulièrement celles touchant le cycle vital et les paramètres écologiques, peuvent s'expliquer par des différences dans les facteurs écologiques et environnementaux des habitats des cinq lacs, notamment la température de l'eau, la disponibilité de la nourriture et la nature des substrats, et pourraient être le résultat d'une adaptation locale se traduisant par une différenciation génétique. Des différences de fréquence des allèles ont été observées à six des trente-deux loci examinés, et les distances génétiques standards entre les populations correspondent à peu près à l'ordre dans lequel on croit qu'elles sont devenues isolées après le retrait des glaciers (Ihssen et al., 1981).

Ihssen et al. (1981) précisent que les différences électrophorétiques entre les populations ne témoignent pas nécessairement d’une adaptation locale récente. Cela dit, la spéciation peut se produire même en l’absence d’une nette différenciation électrophorétique, comme cela a été démontré pour les populations sympatriques de grands corégones du bassin de l'Allagash (Kirkpatrick et Selander, 1979). Wilson et al. (1977) et Clayton (1981) estiment que l’évolution biochimique et l’évolution de l’organisme ne sont pas couplées et que la différenciation biologique peut impliquer uniquement des gènes régulateurs plutôt que les gènes structuraux qui ont été étudiés au moyen des techniques électrophorétiques.Au moment où ces études ont été menées, on ne pratiquait pas l’analyse de l’ADNmt, et l’argumentation ici est semblable à celle de Bodaly et al. (1992) sur les différences entre leurs analyses électrophorétiques et les résultats obtenus grâce à l’ADNmt par Bernatchez et Dodson (1990; 1991; 1994).

Unités désignables

Ihssen et al. (1981) concluent que les grands corégones du lac Simcoe ont été isolés géographiquement des populations voisines pendant une période suffisamment longue pour permettre une adaptation locale, et que leurs particularités génétiques sont probablement le résultat de cette adaptation. Conscient de l’importance reconnue de la diversité génétique, et des signes montrant une adaptation locale et un caractère particulier de cette population, selon les données présentées par Ihssen et al. (1981), le COSEPAC a déterminé en 1987 que la population de grands corégones du lac Simcoe était un stock distinct et lui a accordé le statut de population menacée (Evans et al., 1988).

Malgré le peu de données et l’absence de données récentes portant spécifiquement sur le caractère distinct de cette population, les travaux de Bodaly et al. (1992) et de Bernatchez et Dodson (1990; 1991; 1994) permettent de faire un lien entre les analyses électrophorétiques et les études de l'ADNmt et de tirer parti de leur utilité respective pour mettre en évidence les différences génétiques et l'isolement reproductif. Cependant, les conclusions d’Ihssen et al. (1981) pourraient ne pas être valides à cet égard, car elles ne sont probablement pas justifiées par leurs données génétiques. Même si des différences importantes ont été observées entre les cinq populations examinées, l’étude portait au départ sur la population du lac Opéongo, qui est très différente des autres. L'examen des estimations de la distance génétique (tableau 11 de Ihssen et al., 1981) révèle que la population du lac Simcoe se situe à mi-chemin entre les populations des lacs Huron et Ontario, mais qu’elle n'est pas très différente de ces deux groupes. Par conséquent, en l’absence d’autres travaux permettant de clarifier le caractère distinct de cette population, les informations présentement disponibles ne suffisent pas pour considérer cette population comme étant une unité désignable en vertu des lignes directrices actuelles du COSEPAC (COSEPAC, 2004).

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Répartition

Le grand corégone est largement répandu partout au Canada et dans le nord des États-Unis (Scott et Crossman, 1974). Les grands corégones du lac Simcoe (44º 25’ N, 79º 20’ O), en Ontario, constituent une population distincte. Le lac Simcoe, cinquième lac intérieur par la taille en Ontario, a une surface de 725 km² et un périmètre de 231 km. Le bassin principal du lac, y compris la baie Kempenfelt, a une profondeur maximale de 41 m et est considéré comme mésotrophe. La baie Cook, avec une profondeur maximale de 15 m, est quant à elle considérée comme eutrophe. Le lac Simcoe se situe à moins de 100 km au nord de Toronto et fait partie de la voie navigable Trent-Severn, qui relie la baie de Quinte, dans le lac Ontario, à la baie Georgienne, dans le lac Huron (figure 2). Des barrières géographiques et une série d'écluses empêchent la migration des grands corégones du lac Simcoe vers les lacs Huron et Ontario.

Au début des années 1980, alors que la population était petite et que les problèmes de recrutement limitaient la régénération naturelle, des grands corégones du lac Simcoe ont été ensemencés dans le lac Upper Roslyn (49º 15’ N., 87º 29’ O.) en vue d'assurer la conservation de la souche génétique. La situation de la population du lac Upper Roslyn est inconnu et doit être déterminé.

Figure 2. Le lac Simcoe, ses principaux affluents et quelques-uns des centres urbains.

Figure 2. Le lac Simcoe, ses principaux affluents et quelques-uns des centres urbains.

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Habitat

Besoins en matière d'habitat

Généralement, les grands corégones passent la majorité de l'année dans les eaux profondes des lacs, puis migrent vers les eaux moins profondes au début du printemps et pendant l'automne (Scott et Crossman, 1974). Dans le lac Simcoe, les grands corégones sont associés au fond; ils sont disséminés sur l’ensemble du lac, notamment dans le bassin principal, dans la baie Cook et dans la baie Kempenfelt, à l'hiver et au printemps (MacCrimmon et Skobe, 1970). À la fin du printemps, lorsque la température de l'eau s’élève, les grands corégones descendent à des profondeurs de 20 m à 40 m, là où l'eau est plus froide.

Les grands corégones migrent vers les eaux peu profondes à l'automne pour frayer, généralement de novembre à décembre dans la région des Grands Lacs, et plus tôt au nord (Scott et Crossman, 1974). Dans le lac Simcoe, les grands corégones migrent vers les frayères en octobre et y restent jusqu'au début du mois de décembre (Willox, 1986; McMurtry, 1989; Amtstaetter, 1997). Les grands corégones pondent leurs œufs sur des hauts-fonds constitués de rochers, de pierres et de gravier. Les œufs, pondus au hasard, se déposent dans les interstices du substrat. Les prises de grands corégones enregistrées à l'automne sur de nombreuses frayères connues indiquent que la fraye se déroule dans une vaste zone du lac Simcoe. Amtstaetter (1997) signale que des femelles matures sont généralement présentes sur les frayères de la mi-novembre à la fin novembre, lorsque la température de l'eau se situe entre 0,5 °C et 10 °C, et qu'elles sont capturées à la trappe dans des eaux de 3 m de profondeur environ.

Les œufs des grands corégones éclosent en avril ou en mai, et les jeunes poissons quittent le littoral au début de l'été pour les eaux plus profondes (Scott et Crossman, 1974). Des traits effectués à la surface dans le lac Simcoe commençaient à capturer des larves de grands corégones lorsque la température atteignait 4 °C. Les prises chutaient abruptement lorsque la température dépassait 9 °C, et les prises étaient rares à 14 °C (DesJardine, 1979). Ces poissons étaient largement répandus tant dans les eaux littorales qu'au large et se trouvaient à diverses profondeurs pouvant atteindre 31 m (à 8 km du rivage). En juillet 2002, des juvéniles ont été capturés au filet maillant dans le lac Simcoe à des profondeurs de 20 m à 38 m et à des températures d'environ 9 °C à 11 °C.

Tendances en matière d'habitat

Le déclin du grand corégone pourrait être attribuable aux conséquences de l’accumulation de nutriments et de l'eutrophisation accélérée sur l’habitat de fraye et l’hypolimnion du lac Simcoe (Evans, 1978; Evans et al., 1988; Evans et al., 1996; McMurtry et Amtstaetter, 1999). La charge en phosphore (P) a triplé par rapport au niveau pré-colonisation, ce qui a détérioré la qualité de l'eau (Johnson et Nicholls, 1989). Selon Evans et al. (1996), la concentration d'oxygène dissous dans l’hypolimnion, corrigée pour la température et pondérée en fonction du volume, mesurée entre le 30 août et le 19 septembre, est passée d'environ 4,5 mg/l en 1975 à 2,0 mg/l en 1993. Nicholls (2001) rapporte que les récentes analyses des données à long terme montrent certaines améliorations dans la qualité de l'eau du lac Simcoe. Depuis les années 1990, le taux de raréfaction de l'oxygène en eau profonde en fonction du volume de l'eau (température normalisée à 4 °C) a diminué, ce qui contraste avec la tendance à la hausse observée dans les années 1980. Cela dit, ce taux demeure élevé, et il est peu probable que soient atteints les objectifs provisoires en matière d'oxygène dissous à la fin de l'été établis pour la Stratégie de gestion environnementale du lac Simcoe (SGELS).

La reproduction des grands corégones du lac Simcoe dépend de la présence d’un habitat de fraye propice à l'incubation des œufs et à l'émergence des alevins. Bien que la dégradation des hauts-fonds de fraye soit considérée comme un des facteurs responsables des problèmes de recrutement des poissons d'eau froide dans le lac Simcoe (Evans et al., 1988; McMurtry et al., 1997), ses conséquences réelles sur le succès d’éclosion des grands corégones demeurent inconnues. De plus, on ne sait pas si la moule zébrée, introduite au milieu des années 1990, a eu un impact sur l’habitat de fraye des hauts-fonds du lac Simcoe.

Protection et propriété

La majorité des terrains bordant le lac Simcoe sont privés. Il s'agit de résidences permanentes et de chalets d'été. On compte également de nombreuses marinas, trois parcs provinciaux (Sibbald Point, McRae et Mara) et deux zones protégées provinciales : la réserve provinciale de faune Holland Marsh et la réserve naturelle provinciale Duclos Point. Les parcs et les zones protégées n’offrent toutefois que peu de protection directe pour l’habitat de fraye du grand corégone.

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Biologie

Reproduction

La population de grands corégones du lac Simcoe a connu un grave déclin dans les années 1970, principalement en raison de l’échec du recrutement. On a commencé en 1982 à ensemencer chaque année le lac avec la souche locale, et les poissons ensemencés représentent aujourd'hui la majorité de la population du lac Simcoe. Toutefois, trente ans après le début des problèmes de recrutement, on trouve encore des grands corégones sauvages dans le lac. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette présence : il y a encore une certaine reproduction naturelle, certains poissons d'élevage sont pris à tort pour des poissons sauvages, ou ces poissons vivent très longtemps.

L'âge des grands corégones sauvages est un facteur clé pour déterminer s'il y a eu reproduction naturelle au cours des trente dernières années. Malheureusement, l’exactitude de l’évaluation de l'âge par scalimétrie peut être très faible, plus particulièrement pour les vieux poissons. La fiabilité de cette technique d’âgeage des poissons d'élevage de moins de sept ans est élevée lorsqu’on a recours au marquage par ablation complète ou partielle des nageoires, ce qui aide à déterminer l’âge des poissons. Tous les grands corégones introduits dans le lac Simcoe depuis 1982 ont été marqués de cette manière, qui donne neuf possibilités d’identification selon qu’on coupe une ou plusieurs nageoires. La proportion de poissons sauvages de moins de sept ans capturés sur les frayères et pendant la pêche hivernale est généralement très faible. On a noté plusieurs pics pouvant témoigner d'un succès occasionnel des classes d'âge des poissons sauvages (1976 et 1999, dans les captures de la pêche indicatrice à la trappe de l'automne, et 1982, 1987, 1990 et 1992, dans la pêche d’hiver). Cependant, aucun de ces pics n'a été observé à la fois sur les frayères et dans les prises de la pêche hivernale, ni deux années consécutives, ce qui permet de penser qu’ils ne sont pas le résultat d'une réussite sporadique du recrutement des classes de corégones sauvages.

D'autres données indiquent que les grands corégones du lac Simcoe se seraient reproduits naturellement, même lorsque l'espèce connaissait des problèmes de recrutement. Des larves de grands corégones ont été capturées en surface dans les traits effectués entre 1975 et 1981, ce qui montre que des gamètes viables ont été pondues et sont parvenues à l'incubation et à l'éclosion. Malheureusement, il n'existe pas de données sur les pêches des larves du lac Simcoe préalables au déclin de la population, ce qui rend la comparaison impossible.

Les relevés menés en 2002 par l'unité d'évaluation des pêches du lac Simcoe ont révélé que les grands corégones continuaient de se reproduire naturellement dans le lac Simcoe. Toutefois, l’envergure et l'importance de cette reproduction naturelle demeure inconnue. De grands corégones à l'état larvaire ont été capturés en mai 2002 lors de tests d'équipement menés par l'UEPLS. En juillet 2002, treize poissons d'un an et un poisson de trois ans ont été capturés dans des petits filets maillants. Il est improbable que les treize poissons d'un an non marqués aient été des poissons d'élevage, vu la faible incidence (0,9 p. 100) des défaillances du marquage dans la classe 2001 de poissons d'élevage.

L'éperlan arc-en-ciel, espèce exotique introduite dans le lac Simcoe en 1961, aurait également contribué aux problèmes de recrutement des grands corégones. Evans et Waring (1987) estiment que le déclin du recrutement est probablement attribuable à la concurrence que se livrent les jeunes de l’éperlan arc-en-ciel et du grand corégone ainsi qu'au fait que les jeunes grands corégones sont la proie d’éperlans arc-en-ciel adultes, quoique la prédation soit un facteur de moindre importance. Le rôle de l'éperlan arc-en-ciel dans les problèmes de recrutement du grand corégone du lac Simcoe demeure incertain.

Depuis 1989, les prises d'éperlans arc-en-ciel de la pêche hivernale du lac Simcoe diminuent. En 1999, elles étaient tombées au niveau observé au milieu des années 1960; elles demeurent faibles depuis 2001. Jusqu'à présent, un tel phénomène ne s’est pas traduit par une amélioration du recrutement des grands corégones. Cependant, les programmes de surveillance à long terme de l'UEPLS ne capturaient pas de juvéniles, de sorte qu’il faut attendre plusieurs années entre une amélioration potentielle du recrutement et l'observation de résultats concrets. Les relevés préliminaires menés en 2002 ne peuvent pas être utilisés pour tirer des conclusions sur l'importance de la reproduction naturelle, puisque aucun relevé similaire n'a été effectué au cours des années où l'espèce a connu des problèmes de recrutement. La poursuite des échantillonnages dans les années qui viennent pourrait donner une idée de l’interaction éventuelle entre l'éperlan arc-en-ciel et le grand corégone. Il sera toutefois difficile de tirer des conclusions fermes vu la multitude de changements que connaît le lac Simcoe (p. ex. changements dans les charges de nutriments, introduction de la moule zébrée et du cladocère épineux).

Le grand corégone du lac Simcoe commence à atteindre la maturité sexuelle autour de 4 ou 5 ans, et les deux sexes sont à pleine maturité sexuelle à 8 ans et plus (Evans et al., 1988). La fécondité relative des grands corégones du lac Simcoe a été estimée à 21 662 œufs/kg en 1966 (Semple, 1968), à 18 498 œufs/kg en 1977 (Evans, 1978) et à 25 425 œufs/kg in 2001.

Alimentation

Pendant leur premier été, les grands corégones se nourrissent d'abord principalement de plancton, puis d'organismes benthiques. Reckahn (1970) a observé que les principaux aliments des jeunes corégones de la baie Sud, dans le lac Huron, étaient les copépodes en mai, les cladocères en juin et au début de juillet, les larves de diptères et les ostracodes à la fin de juillet et en août, les ostracodes et les cladocères en septembre et les pélécypodes et les larves de diptères en octobre et en novembre.

Les grands corégones adultes sont benthivores et se nourrissent principalement de larves d'insectes, de mollusques et d'amphipodes (Scott et Crossman, 1974). Selon plusieurs études sur leur régime alimentaire, les principaux aliments des grands corégones adultes du lac Simcoe sont les mollusques et les larves d'insectes (Rawson, 1930; Burns, 1985; Amtstaetter, 1999; idem, 2000; Johanson, 2001). La principale différence observée dans le contenu des estomacs entre les premières études et celles réalisées entre 1999 et 2001 est la présence de moules zébrées et de cladocères épineux (Bythotrephes sp.), espèces qui ont été introduites dans le lac Simcoe au début des années 1990. Selon de récentes études sur le régime alimentaire au printemps et en été, les moules zébrées étaient la proie dominante en termes de poids, alors que les cladocères épineux arrivaient au quatrième rang (Amtstaetter, 1999; idem, 2000; Johanson, 2001). Il est important de préciser que le poids des moules zébrées comprend la coquille, laquelle ne contribue pas à l'apport énergétique (Pothoven et al., 2001). Le poids des cladocères épineux comprend l'épine, laquelle, selon Parker et al. (2001), est évacuée plus lentement que les autres proies, ce qui cause une surestimation de l'importance de ce crustacé dans le régime alimentaire du grand corégone. Bien que les poissons et les restes de poissons soient relativement peu nombreux dans les estomacs étudiés, ils figurent parmi les trois premiers aliments présents en termes de poids (Burns, 1985; Amtstaetter, 1999; idem, 2000; Johanson, 2001). Les grands corégones du lac Simcoe se nourrissent également de ménés salés, de céréales, de sagou et de macaroni, aliments que les pêcheurs utilisent comme amorces en hiver pour attirer les poissons (MacCrimmon et Skobe, 1970; DesJardine et Lawrence, 1977).

Rien n’indique que la disponibilité de la nourriture pourrait limiter l'abondance ou la croissance des grands corégones du lac Simcoe. La taille de ces poissons est d’ailleurs plus grande que par le passé (figure 3). Depuis le début des années 1960, le poids moyen et la longueur moyenne des grands corégones sauvages du Lac Simcoe ont augmenté respectivement de 360 p. 100 et de 60 p. 100. Cette augmentation de la taille peut s'expliquer notamment par une hausse de la prédominance des vieux individus et par une diminution de la concurrence intraspécifique, ce qui se traduit par un taux de croissance supérieur.

Figure 3. Longueur à la fourche moyenne des grands corégones capturés pendant la pêche hivernale ans le lac Simcoe, 1976 à 2001.

Figure 3. Longueur à la fourche moyenne des grands corégones capturés pendant la pêche hivernale ans le lac Simcoe, 1976 à 2001.

Santé des poissons et contaminants

Chez tous les grands corégones du lac Simcoe capturés à des fins de prélèvement des œufs, on a procédé à un examen visant la recherche de maladies. Très peu d'infections ont été décelées (S. Lord, Laboratoire d’ichtyopathologie, Université de Guelph, comm. pers.). Un cas de la maladie de la bouche rouge a été relevé en 1989. L'agent responsable de la rénibactériose a été détecté sporadiquement chez des grands corégones du lac Simcoe. Selon le Laboratoire d’ichtyopathologie, cet agent est endémique dans la province. Un parasite sans danger (Tetracotyle sp.) a été trouvé dans le cœur de presque tous les grands corégones examinés.

L'UEPLS capture régulièrement des grands corégones afin qu'ils soient analysés par le ministère de l'Environnement de l'Ontario (MEO) dans le cadre du Programme de surveillance de la contamination du poisson gibier. On mesure chez les poissons la teneur en mercure, en BPC, en mirex, en photomirex, en pesticides, en dioxines et en furanes (Ministère de l'Environnement de l'Ontario, 2001). Les résultats montrent que les teneurs en contaminants des grands corégones du lac Simcoe ont toujours été très faibles.

Historique de l'ensemencement

Le lac Simcoe a été aleviné périodiquement en grands corégones entre 1888 et 1955. MacCrimmon et Skobe (1970) mentionnent que, pendant de nombreuses années, les grands corégones introduits dans le lac Simcoe au stade d'alevins étaient issus de la population de la baie Georgienne et provenaient de l'écloserie provinciale de Collingwood. Il se peut que les alevins originaires de la baie Georgienne introduits dans le lac Simcoe aient survécu et contribué à la population reproductrice. Cela dit, la probabilité d’un tel phénomène et l'apport de ces poissons à la population de grands corégones du lac Simcoe sont inconnus. Millar (1946), Dymond (1956), Christie (1963), MacCrimmon et Skobe (1970), Tuunainen (1982) et Salojärvi (1992b) estiment que l'introduction d'alevins dans un lac dont la population se régénère naturellement n'a aucune incidence sur l'abondance des adultes.

Au début des années 1980, les problèmes de recrutement des grands corégones étaient évidents, et la conservation de cette population est devenue une priorité pour le MRNO. Grâce à ses efforts en matière de recherche et de pisciculture, le MRNO a innové en mettant au point des techniques d'élevage qui permettent de produire suffisamment de poissons d'un an pour assurer la survie de la population de grands corégones.

En 1982 a été lancé un programme intensif d'ensemencement du lac Simcoe avec des poissons de stades avancés (poissons d’un an et juvéniles d’automne). Entre 1982 et 2002, 2 538 657 alevins ont été introduits dans le lac Simcoe (tableau 1). Afin de conserver la source génétique, seuls des poissons capturés dans le lac Simcoe sont utilisés comme géniteurs depuis 1982. Le lancement de ce programme d'ensemencement visait à rétablir la population à la suite du déclin observé dans les années 1970. Le principal objectif du programme d'ensemencement du lac Simcoe est de maintenir la population indigène jusqu'à ce que la reproduction naturelle puisse reprendre, tout en assurant une bonne pêche sportive de cette espèce.

Tableau 1. Historique de l’ensemencement de grands corégones dans le lac Simcoe
AnnéeMarqueÂge à l'ensemen-cementNombre de poissons introduits
2002VGADAA141 360
2001PDADAA150 524
2000VDAA164 190
1999PDAA188 068
1998VDADAA118 068
1997ADAA144 210
1996VGAA134 432
1995VGADAA79 301
1994PGADAA146 121
1993PDADAA143 319
1992PGAA141 691
 VDJ60 480
1991PDAA76 862
 VDADJ63 067
1990ADA62 351
 VGJ73 620
1989PGADAA53 072
 VGADJ87 789
1988PDADAA81 909
 VDJ95 349
1987PGAA64 949
 VGADJ99 699
1986PDAA67 861
 VDADJ29 971
1985VGJ27 074
1984ADJ15 388
1983VDJ14 661
1982VGADJ13 192
1955 Alevin4 500 000
1954 Alevin5 000 000
1953 Alevin5 000 000
1950 Alevin1 000 000
1949 Alevin500 000
1944 Alevin1 000 000
1941 Alevin3 000 000
1940 Alevin1 500 000
1939 Alevin1 500 000
1938 Alevin2 500 000
1937 Alevin2 200 000
1936 Alevin34 000
1889 Alevin200 000
1888 Alevin200 000


Légende
ADAdipeuse
PGPectorale gauche
PGADPectorale gauche et adipeuse
VGPelvienne gauche (ventrale)
VGADPelvienne gauche (ventrale) et adipeuse
PDPectorale droite
PDADPectorale droite et adipeuse
VDPelvienne droite (ventrale)
VDADPelvienne droite (ventrale) et adipeuse
AAAlevin en automne
JPJeune de un an au printemps

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Taille et tendances des populations

Les prises de grands corégones pendant la fraye sur deux hauts-fonds du lac Simcoe ont diminué entre la fin des années 1970 et la fin des années 1980, puis augmenté jusqu'en 1991 (figure 4). L'augmentation des prises observée dans les années 1990 est largement attribuable aux poissons d'élevage introduits annuellement depuis 1982 dans le lac Simcoe. Fait intéressant à souligner : lorsque les grands corégones d'élevage ont commencé à se présenter en grand nombre sur les frayères (1990 et 1991), les prises de poissons sauvages ont augmenté. Depuis 1991, le nombre de prises varie et n’indique aucun changement de la tendance. Cela dit, les prises de poissons sauvages ont diminué et celles de poissons d'élevage ont augmenté.

Figure 4. Prises de grands corégones à la pêche indicatrice à la trappe, en automne, sur les frayères proches de eorgina Nord et de l’île Strawberry, dans le lac Simcoe, 1978 à 2000.

Figure 4. Prises de grands corégones à la pêche indicatrice à la trappe, en automne, sur les frayères proches de eorgina Nord et de l’île Strawberry, dans le lac Simcoe, 1978 à 2000.

Avant 1978, la méthodologie de la pêche indicatrice de l’automne (taille des filets, lieux et périodes d'échantillonnage) n’était pas établie, de sorte qu’il est difficile de comparer les captures totales aux sites de Georgina Nord et de l’île Strawberry. Des comparaisons historiques peuvent tout de même être faites pour une partie des prises de l'île Strawberry. En effet, à partir de 1959, une pêche a été pratiquée pendant de nombreuses années entre le 15 et le 26 octobre à l'île Strawberry. Cette période correspond seulement au début de la migration de fraye des grands corégones. La figure 5 montre que les prises de grands corégones à l'île Strawberry étaient beaucoup plus importantes dans les premières années du programme, particulièrement au milieu des années 1960, qu'elles ne l'ont été au cours des vingt dernières années. La seule autre explication serait que la saison de fraye ait changé au fil des années (autrement dit, que les grands corégones migraient peut-être plus tôt vers leurs frayères dans les années 1960 et 1970). Or la saison de la migration de fraye est identique depuis 1977 (Amtstaetter, 2002), et MacCrimmon et Skobe (1970) ont publié des résultats similaires sur le calendrier de la fraye pendant les années 1960. Bien qu'elles ne représentent qu'une courte période (11 jours) au tout début de la migration de fraye, les données de la figure 5 donnent un bon aperçu de l'ampleur du groupe de géniteurs dans le passé.

Figure 5. Nombre estimé de prises de grands corégones à la pêche indicatrice à la trappe de l’automne l’île Strawberry, dans le lac Simcoe, entre le 15 et le 26 octobre, de 1959 à 2000.

Figure 5. Nombre estimé de prises de grands corégones à la pêche indicatrice à la trappe de l’automne  l’île Strawberry, dans le lac Simcoe, entre le 15 et le 26 octobre, de 1959 à 2000.

Le nombre estimé de prises de grands corégones pendant la pêche hivernale dans le lac Simcoe était élevé tout au long des années 1960; il a ensuite diminué pour atteindre son plus bas niveau en 1977 (figure 6). Depuis, le nombre estimé de prises a augmenté, mais les niveaux récents demeurent plus bas que ceux enregistrés dans les premières années du programme. Les prises de poissons d'élevage ont augmenté depuis le début des efforts d'ensemencement, en 1982, alors que les prises de poissons sauvages sont demeurées pratiquement les mêmes depuis le début des années 1980. Toutefois, il est important de préciser que l’effort de pêche s’est accru en hiver pour toutes les espèces, y compris chez les pêcheurs qui recherchent spécifiquement le grand corégone (figure 7). La proportion de poissons sauvages capturés par les pêcheurs visant cette espèce a diminué de 60 p. 100 sur une période de 15 ans.

Figure 6. Nombre estimé de prises de grands corégones pendant la pêche hivernale dans le lac Simcoe, ajusté sur une saison de 50 jours, de 1961 à 2001.

Figure 6. Nombre estimé de prises de grands corégones pendant la pêche hivernale dans le lac Simcoe, ajusté sur une saison de 50 jours, de 1961 à 2001.

Figure 7. Effort de pêche estimé pendant la pêche hivernale dans le lac Simcoe,ajusté sur une saison de 50 jours, de 1961 à 2001.

Figure 7. Effort de pêche estimé pendant la pêche hivernale dans le lac Simcoe,ajusté sur une saison de 50 jours, de 1961 à 2001.

Le nombre estimé de prises de grands corégones pendant la pêche estivale est beaucoup plus faible que celui au cours de la pêche hivernale. Le nombre le plus élevé pour les étés où des données sont disponibles (1981 à 1998) a été enregistré en 1998 et est de 3 500 poissons (figure 8). En raison des différences de méthodologie dans les enquêtes auprès des pêcheurs réalisées avant 1981, notamment en ce qui a trait à la durée de l'enquête et au type d'information recueillie, il est difficile de comparer les données avec celles d’enquêtes antérieures. Les seules données comparables de toute l'histoire des enquêtes sont les captures par unité d'effort (CPUE) observées pour tous les pêcheurs. Ces CPUE pour tous les pêcheurs étaient beaucoup plus élevées dans les années 1960 et ont diminué brusquement en 1970. Une baisse graduelle s'est poursuivie jusqu'en 1993 et, en 1998, les CPUE sont remontées au niveau des années 1970 (figure 8). Cette situation est peut-être en partie attribuable à une augmentation de l'effort de pêche d’été visant spécifiquement le grand corégone en 1998 (figure 9). La proportion de poissons d'élevage et de poissons sauvages dans les prises n'a pas été établie, mais l'ensemencement a très certainement contribué à l'augmentation des prises en 1998.

Figure 8. Nombre de captures par unité d'effort et nombre estimé de prises de grands corégones pendant la pêche estivale dans le lac Simcoe, de 1960 à 1998.

Figure 8. Nombre de captures par unité d'effort et nombre estimé de prises de grands corégones pendant la pêche estivale dans le lac Simcoe, de 1960 à 1998.

Figure 9. Estimation de l’effort de pêche à la ligne pendant la pêche estivale dans le lac Simcoe, de 1977 à 1998.

Figure 9. Estimation de l’effort de pêche à la ligne pendant la pêche estivale dans le lac Simcoe, de 1977 à1998.

Au fil des années, la longueur moyenne à la fourche des grands corégones du lac Simcoe capturés sur les frayères et pendant la pêche hivernale a augmenté (figures 3 et figure10). La longueur moyenne à la fourche des poissons sauvages a augmenté à un rythme relativement constant de 2,5 mm à 3 mm par année, entre 1976 et 1997, et d'environ 10 mm par année, du milieu des années 1960 au milieu des années 1970. Depuis 1992, date du premier ensemencement majeur (plus de 150 000 poissons par année) qui ait contribué à la pêche de manière significative, la taille moyenne des poissons d'élevage a augmenté à un rythme de 7 mm à 10 mm par année. Les longueurs totales (LT) mesurées dans les années 1960 ont été converties en longueurs à la fourche (LF) au moyen de l'équation suivante : LF = 0,951(LT) - 19,12 mm. Cette équation a été établie à partir des données du programme de pêche indicatrice à la trappe de l’automne 1969, au cours duquel les deux longueurs avaient été mesurées.

Figure 10. Longueur à la fourche moyenne des grands corégones du lac Simcoe capturés dans le cadre du programme de pêche indicatrice à la trappe à l'automne. Les données de 1976 à 2000 comprennent les poissons capturés sur les frayères deGeorgina Nord et de l’île Strawberry. Les données de 1964, de 1969et de 1974 comprennent les poissons capturés sur tous les sites.

Figure 10. Longueur à la fourche moyenne des grands corégones du lac Simcoe capturés dans le cadre du programme de pêche indicatrice à la trappe à l'automne. Les données de 1976 à 2000 comprennent les poissons capturés sur les frayères deGeorgina Nord et de l’île Strawberry. Les données de 1964, de 1969et de 1974 comprennent les poissons capturés sur tous les sites.

Le poids moyen des grands corégones capturés ces dernières années lors de la pêche hivernale dans le lac Simcoe est beaucoup plus élevé que par le passé (figure 11). Le poids moyen des poissons sauvages a augmenté de 35 g par année depuis 1978 et celui des poissons d'élevage de 105 g par année depuis 1992. MacCrimmon et Skobe (1970) signalaient que le poids moyen des poissons capturés à la pêche hivernale se situait entre 340 g et 570 g. Fait intéressant, Rawson (1930) estimait pour sa part que le poids moyen de plusieurs milliers de grands corégones capturés en 1928 était de 510 g. Le poids moyen enregistré en 2001 était quatre fois supérieur à ce dernier. Par ailleurs, dans les prises historiques, les poissons de plus de 910 g étaient considérés comme rares, alors que le plus petit poisson capturé pendant la pêche hivernale de 2001 pesait 975 g.

Figure 11. Poids moyen des grands corégones capturés pendant la pêche hivernale dans le lacSimcoe, de 1978 à 2001.

Figure 11. Poids moyen des grands corégones capturés pendant la pêche hivernale dans le lacSimcoe, de 1978 à 2001.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'augmentation de la taille des grands corégones du lac Simcoe depuis le milieu des années 1960; on peut penser notamment à une augmentation de la prédominance des vieux individus et à une diminution de la concurrence intraspécifique. Les problèmes de recrutement connus par l'espèce dans les années 1960 ont entraîné une augmentation de la prédominance des spécimens plus vieux et plus gros. Bien qu'une augmentation de la taille moyenne des individus soit normale dans une population vieillissante, un tel phénomène n'explique cependant pas l'augmentation des taux de croissance (Amtstaetter, 2002). De nombreuses études ont observé une relation inverse entre la croissance des grands corégones et la taille de la population (Healy, 1980; Jensen, 1981; Salojärvi, 1992a; Salonen et al., 1998). Rawson (1930) a observé que les grands corégones étaient relativement petits dans le lac Simcoe, résultat selon lui d'un surpeuplement et, par conséquent, d'une concurrence pour la nourriture. Selon Colby et al. (1972), les populations de salmonidés pourraient voir leur taux de croissance augmenter en raison de l'eutrophisation des lacs oligotrophes.

La chute abrupte du nombre de grands corégones au début des années 1970 est attribuable à l’échec du recrutement. Cela dit, trente ans plus tard, des poissons sauvages (non marqués) sont toujours capturés dans le lac Simcoe. Plusieurs facteurs pourraient expliquer la présence, encore aujourd'hui, de grands corégones sauvages dans le lac Simcoe : il y a encore un certain recrutement naturel, certains poissons d'élevage sont pris à tort pour des poissons sauvages, ou les poissons vivent très longtemps. Il est important de déterminer l'âge des poissons non marqués et de savoir s'ils sont issus de la pisciculture afin de connaître la situation de la population de grands corégones du lac Simcoe.

L'âge des grands corégones sauvages est un facteur clé pour déterminer s'il y a eu un recrutement naturel au cours des trente dernières années. Dans la majorité des cas, c’est par examen des écailles qu’on mesurait l'âge des grands corégones du lac Simcoe. Généralement, cette technique tend à sous-estimer l'âge des poissons, ce qui est particulièrement vrai pour les individus à croissance lente (Mills et Beamish, 1980; Casselman, 1983). L'âgeage par scalimétrie est plus exacte pour les grands corégones d'élevage du lac Simcoe que pour les poissons sauvages, puisque l'information fournie par les marques sert à déterminer les classes d'âge auxquelles peuvent appartenir les poissons. Lorsqu'ils atteignent l'âge de sept ans, il devient difficile d'évaluer l'âge des grands corégones d'élevage, et cette difficulté augmente à mesure que les poissons vieillissent. Il n'existe aucune validation de l'évaluation de l'âge obtenue par scalimétrie chez les grands corégones sauvages du lac Simcoe âgés de moins de sept ans. Cela dit, étant donné leur âge relativement jeune et les succès obtenus grâce à la scalimétrie chez les poissons d'élevage, cette technique devrait permettre de reconnaître les poissons non marqués âgés de moins de sept ans. Afin de déterminer s'il y a eu recrutement naturel, on a examiné la proportion de poissons non marqués âgés de moins de sept ans.

La proportion de poissons sauvages considérés comme âgés de moins de sept ans dans les captures effectuées sur les frayères et pendant la pêche hivernale est généralement très faible (figures 12 et figure13). On a noté plusieurs pics pouvant témoigner d'un succès occasionnel des classes d'âge des poissons sauvages (1976 et 1999, dans les captures de la pêche indicatrice à la trappe de l'automne, et 1982, 1987, 1990 et 1992, dans la pêche d’hiver). Cependant, aucun de ces pics n'a été observé à la fois sur les frayères et dans les prises de la pêche hivernale, ni deux années consécutives, ce qui permet de penser qu’ils ne sont pas le résultat d'une réussite sporadique du recrutement des classes de corégones sauvages. Il est toutefois possible que l'âge de certains de ces poissons ait été sous-évalué. Pendant les périodes de bon recrutement naturel (années 1960), les distributions de fréquence des âges montrent que 44 p. 100 à 50 p. 100 des poissons sauvages ont été évalués comme ayant moins de sept ans. Il ne fait donc aucun doute que la structure d’âge des grands corégones sauvages du lac Simcoe a été modifiée.

On ne peut cependant pas expliquer par une sous-estimation de l'âge le nombre de grands corégones capturés qui ne sont pas marqués et dont on évalue l'âge à moins de sept ans. Au cours des cinq dernières années, neuf poissons capturés avaient une longueur à la fourche de moins de 430 mm. Les comparaisons avec les taux de croissance des grands corégones d'élevage suggèrent que ces poissons non marqués étaient bel et bien âgés de moins de sept ans. On ne peut cependant pas mesurer réellement la difficulté de l’évaluation de l'âge des plus gros poissons. Par conséquent, notre meilleure estimation se fonde sur l'évaluation de l'âge par scalimétrie, laquelle montre que, depuis 1976, les jeunes poissons non marqués (moins de sept ans) représentent, en moyenne, respectivement 2,5 p. 100 des prises sur les frayères et 3,6 p. 100 des prises de la pêche hivernale.

Figure 12. Proportion de grands corégones dont l'âge a été évalué à moins de sept ans dans les priseseffectuées sur les frayères de Georgina Nord et de l’île Strawberry pendant la pêche indicatrice à la trappe d’automne,de 1976 à 2001.

Figure 12. Proportion de grands corégones dont l'âge a été évalué à moins de sept ans dans les priseseffectuées sur les frayères de Georgina Nord et de l’île Strawberry pendant la pêche indicatrice à la trappe d’automne,de 1976 à 2001.

Figure 13. Proportion de grands corégones dont l'âge a été évalué à moins de sept ans dans la pêche hivernale, de 1976 à 2000.

Figure 13. Proportion de grands corégones dont l'âge a été évalué à moins de sept ans dans la pêche hivernale, de 1976 à 2000.

Il demeure toutefois possible que certains jeunes grands corégones non marqués soient en fait des poissons d'élevage. Plusieurs facteurs pourraient expliquer un tel résultat : entre autres, tous les poissons d'élevage ne sont pas marqués, les nageoires se sont régénérées et les marques n’ont pas été détectées à la recapture. L'évaluation du marquage des nageoires des poissons d'élevage avant l'ensemencement montre que certains poissons ne sont pas marqués ou que l’ablation n’a pas été réussie dans certains cas. Depuis la classe de 1987, environ 0,78 p. 100 des poissons introduits ne sont pas marqués, et chez 0,99 p. 100 le marquage n’est pas réussi. On estime que le marquage n’est pas réussi quand l'ablation a été effectuée à moins de 50 p. 100. La présence de ces jeunes poissons d'élevage non marqués peut gonfler artificiellement la proportion estimée de jeunes poissons sauvages dans les prises.

Même si les défaillances de marquage et les difficultés d'évaluation de l'âge par scalimétrie peuvent expliquer la présence de jeunes poissons non marqués dans les prises, cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'y ait aucun recrutement naturel à la maturité. En fait, quelques jeunes individus de petite taille ont été capturés lors de la migration de fraye et lors de la pêche hivernale avant que des juvéniles ne soient ensemencés dans le lac Simcoe. Si un petit nombre de poissons sauvages a survécu jusqu'au début des années 1980, il se peut que certains individus aient maintenant atteint la maturité.

Puisque les problèmes de recrutement naturel des grands corégones du lac Simcoe ont débuté à la fin des années 1960 et que seule une petite proportion des poissons non marqués peut être attribuée aux défaillances du marquage ou à un récent recrutement naturel à la maturité, la majorité des poissons non marqués doivent être très vieux. Plusieurs données suggèrent que ce pourrait être effectivement le cas. Premièrement, lors d'une opération de recapture, un individu qui avait été étiqueté comme adulte mature a été repêché 28 ans plus tard. Ce poisson avait certainement plus de 33 ans au moment de la recapture. Deuxièmement, des échantillons d'otolithes prélevés sur 56 grands corégones non marqués du lac Simcoe en 1990, 1999 et 2000 ont été traités à l'acide en vue de l’estimation de l'âge. Les résultats ont montré que 54 des 56 poissons étaient issus de la classe de 1969 ou d'une classe antérieure. Ils avaient donc entre 30 et 48 ans. Enfin, il semble que certains grands corégones à qui on avait enlevé la nageoire adipeuse dans le cadre d'une étude de marquage-recapture, en 1972 (plus de 10 000) et en 1975 (nombre inconnu), sont toujours présents dans le lac Simcoe (Amtstaetter, 2002).

Il est intéressant de noter que, alors que la majorité des poissons sauvages du lac Simcoe sont très vieux, ils ont été capturés en grand nombre pendant la migration de fraye de l’automne, au moment où on a commencé à prendre des corégones d’élevage en grand nombre (1990 et 1991). Ce phénomène n’était probablement pas simplement dû au fait qu’une ou de deux années de conditions de fraye favorables (par exemple, la température) auraient attiré plus de poissons sur les hauts-fonds, parce que le déclin des prises s’est fait de façon graduelle au cours des années suivantes. Il semble que la présence de poissons d'élevage sur les frayères pourrait avoir eu une incidence sur l’ampleur des prises de poissons sauvages.

Résumé

Les données de tous les programmes concordent nettement quant à l'abondance et la taille des adultes de grand corégone du lac Simcoe. De manière générale, les prises étaient très bonnes dans les années 1960, puis ont décliné abruptement dans les années 1970. Depuis, les prises sont relativement faibles par rapport aux années 1960, mais ont quelque peu augmenté grâce à l'ensemencement du lac avec des poissons d'élevage. Les grands corégones sauvages sont encore présents dans les prises de la pêche sportive et continuent d'être capturés à la trappe sur les hauts-fonds à l'automne. Les prises de poissons sauvages ont néanmoins diminué depuis 1986 à la pêche hivernale et depuis 1992, dans le programme de pêche indicatrice à la trappe de l'automne. Les grands corégones du lac Simcoe sont beaucoup plus gros que par le passé. Depuis le début des années 1960, le poids moyen et la longueur moyenne des poissons sauvages ont respectivement augmenté de 360 p. 100 et de 60 p. 100. Cette augmentation de la taille peut s'expliquer notamment par une hausse de la prédominance des vieux individus et par une diminution de la concurrence intraspécifique. La taille moyenne des poissons sauvages et des poissons d'élevage est présentement très similaire.

À l'heure actuelle, la population de grands corégones du lac Simcoe se compose surtout de poissons d'élevage et, dans une moindre mesure, de poissons sauvages. Les prises de poissons sauvages sont extrêmement faibles par rapport aux années 1960. Les données indiquent que la population actuelle de grands corégones sauvages se compose principalement de vieux individus qui issus du bon recrutement enregistré dans les années 1960. Même s'il est possible qu’un certain recrutement naturel à la maturité existe encore, un tel phénomène semble être limité et n'avoir que peu d'incidence sur la taille et la structure d’âge de la population.

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Facteurs limitatifs et menaces

On a attribué le déclin du grand corégone, du touladi (Salvelinus namaycush) et du cisco (C. artedi) aux conséquences de la charge de nutriments et de l'eutrophisation accélérée sur l’habitat de fraye et sur l'hypolimnion du lac Simcoe (Evans, 1978; Evans et al., 1988; idem, 1996). La charge de phosphore (P) a triplé par rapport aux taux pré-colonisation, ce qui a détérioré la qualité de l'eau (Johnson et Nicholls, 1989). Plusieurs espèces de zooplancton témoignant d'une eutrophisation sont aujourd'hui communes dans le lac Simcoe. La rareté d'un indicateur d’oligotrophie jumelée à l'absence d'un autre semble indiquer une dégradation des habitats d’eau froide du lac Simcoe (Nicholls et Tudorancea, 2001). Selon Evans et al. (1996), la concentration d'oxygène dissous dans l’hypolimnion, corrigée pour la température et pondérée en fonction du volume, mesurée entre le 30 août et le 19 septembre, est passée d'environ 4,5 mg/l en 1975 à 2,0 mg/l en 1993. Le touladi, le grand corégone et le cisco ont connu des problèmes de recrutement dans les années 1960, 1970 et 1980 respectivement. Plus récemment, on a observé également un déclin de la population de lotte (Lota lota). Cette séquence est la même que celle dans laquelle s’effectue la fraye de ces espèces dans le lac Simcoe. Le touladi, le grand corégone, le cisco et la lotte frayent respectivement en octobre, en novembre, en décembre et en janvier. Smith (1972) a observé une séquence similaire dans laquelle l'eutrophisation d’origine agricole avait eu des conséquences négatives sur des groupes de poissons des Grands Lacs. Il a cependant souligné que le déclin du cisco s’est produit avant celui du grand corégone.

La présence de l'éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax) a été documentée pour la première fois dans le lac Simcoe en 1961, et ce poisson y était déjà bien établi au début des années 1970. L'expansion de l'éperlan à la fin des années 1960 coïncide étroitement avec les problèmes de recrutement des grands corégones. Evans et Waring (1987) estiment que le déclin du recrutement est probablement attribuable à la concurrence que se livrent les jeunes de l’éperlan arc-en-ciel et du grand corégone ainsi qu'au fait que les jeunes grands corégones sont la proie d’éperlans arc-en-ciel adultes, quoique la prédation soit un facteur de moindre importance. Il a été documenté que les éperlans arc-en-ciel mangent des larves de grands corégones et de ciscos (Loftus et Hulsman, 1986; Evans et Loftus, 1987). Cependant, l'ichtyophagie des éperlans qui s’exercerait aux dépens des grands corégones n'a pas été observée dans le lac Simcoe (Day et DesJardine, 1975; MacCrimmon et Pugsley, 1979). Evans et Loftus (1987) ont remarqué que, dans 13 cas (sur 24 étudiés) d'introduction de l'éperlan arc-en-ciel dans les lacs de l'Ontario, il y avait eu diminution du recrutement chez les grands corégones (l’étude couvrait le lac Simcoe). Reckahn (1970) a observé que la concurrence intraspécifique entre les jeunes grands corégones de la baie Sud, dans le lac Huron, était beaucoup plus importante que la concurrence avec les autres espèces, y compris l'éperlan arc-en-ciel. La responsabilité de l'éperlan arc-en-ciel dans les problèmes de recrutement du grand corégone du lac Simcoe est incertaine. Toutefois, il ne fait guère de doute que tout effet potentiel n’aurait affecté que les juvéniles de moins de six mois, vu le taux élevé de survie des grands corégones d'élevage en présence d'une importante population d'éperlans arc-en-ciel dans les années 1980 et au début des années 1990.

Le succès du recrutement du cisco, qui s’est maintenu pendant la période d'expansion rapide de l'éperlan arc-en-ciel, donne une idée des effets potentiels de l’introduction de ce dernier sur le grand corégone. Puisque les distributions des larves de ciscos et de grands corégones se chevauchent (DesJardine, 1979; Cucin et Faber, 1985), on peut s'attendre à ce que les effets de l'éperlan arc-en-ciel sur le grand corégone et sur le cisco soient les mêmes à ce stade biologique. Il y a également un important chevauchement dans l’alimentation des jeunes, notamment en ce qui concerne les copépodes et les cladocères. Par conséquent, tout effet compétitif qui aurait une incidence sur le grand corégone et non sur le cisco serait attribuable à une ségrégation spatiale des deux espèces. À l'état post-larvaire, les grands corégones et les ciscos occupent des habitats différents, le premier benthique et le deuxième pélagique. Cependant, en raison du comportement nycthéméral de l'éperlan arc-en-ciel pendant l'été, celui-ci occupe le même habitat que le grand corégone et le cisco. Par exemple, la nuit, les éperlans arc-en-ciel adultes quittent le fond du lac pour monter dans la colonne d'eau et, souvent, atteindre l'épilimnion (Ferguson, 1965; Heist et Swenson, 1983), alors que les éperlans arc-en-ciel de l'année semblent passer de l'épilimnion à l'hypolimnion (Brandt et al., 1980).

Depuis 1989, les prises d'éperlans arc-en-ciel pendant la pêche hivernale dans le lac Simcoe ont diminué. En 1999, les prises avaient diminué pour atteindre les niveaux observés au milieu des années 1960 et elles sont demeurées faibles jusqu'en 2001. Jusqu'à présent, aucun effet sur le succès du recrutement chez le grand corégone n'a été observé en raison du déclin de l'éperlan.

Cependant, les programmes de surveillance des poissons du lac Simcoe ne capturent pas de juvéniles, de sorte qu’il faut attendre plusieurs années entre une amélioration potentielle du recrutement et l'observation de résultats concrets. La poursuite de l’échantillonnage au cours des prochaines années pourrait fournir des données sur les interactions potentielles entre l'éperlan arc-en-ciel et le grand corégone.

La moule zébrée (Dreissena polymorpha) et le cladocère épineux (Bythotrephes sp.) ont été respectivement observés pour la première fois dans le lac Simcoe en 1992 et 1994. Puisque leur introduction est récente, il est impossible que ces espèces soient à l'origine des problèmes de recrutement survenus à la fin des années 1960. Rien n’indique que ces espèces aient pu nuire à la croissance ou à la survie des grands corégones d'élevage du lac Simcoe. Cependant, l'incidence éventuelle de la moule zébrée ou du cladocère épineux sur les juvéniles de moins de six mois est inconnue. Puisque l’introduction de ces espèces pourrait modifier la structure de la communauté zooplanctonique (MacIsaac 1996; Yan et Pawson 1997), elle pourrait avoir une incidence sur la disponibilité des proies pour les juvéniles de grand corégone. Selon Evans (comm. pers.), ces espèces, ainsi que la prédation du touladi, pourraient avoir contribué aux problèmes de recrutement du cisco, qui sont maintenant évidents, de même qu’au déclin de l'éperlan, par la modification de l'abondance des proies. Evans postulait récemment que la baisse de l’abondance de l'éperlan et le nombre relativement faible d'éperlans arc-en-ciel de l'année occupant les habitats des tout jeunes grands corégones pourraient expliquer le faible recrutement récurrent de la population de grands corégones de même que la réapparition du chabot visqueux et du chabot à tête plate.

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Importance de l'espèce

Comme le mentionnaient Evans et al. (1985), la population de grands corégones du lac Simcoe était considérée comme génétiquement discrète (Ihssen et al., 1981), ayant été séparée depuis environ 7 000 à 10 000 ans des populations de la région des Grands Lacs par des obstacles géographiques et anthropiques. Puisqu'il est peu probable de trouver ailleurs au Canada un environnement similaire à celui du lac Simcoe et que le grand corégone du lac Simcoe s'est génétiquement éloigné des populations voisines en raison de son habitat, Evans et al. (1985) suggèrent de lui accorder une protection spéciale.

Le déclin du grand corégone dans le lac Simcoe, de même que celui d'autres poissons d'eau froide, témoigne d'une détérioration des habitats. En tant qu'indicateurs de la qualité des habitats, ces espèces jouent un rôle important et doivent être protégées. Le rétablissement des grands corégones pourrait entraîner du même coup le rétablissement d'autres poissons d'eau froide dans le lac Simcoe.

Le grand corégone du lac Simcoe demeure l'espèce la plus prisée par la pêche sportive. Pendant la pêche hivernale de 2001 sur le lac Simcoe, 63 p. 100 de l’effort de pêche estimé ciblait, du moins en partie (de nombreux pêcheurs visent plus d'une espèce), les grands corégones. Le lac Simcoe offre plus d'un million d'heures-pêcheurs chaque année. La pêche attire les touristes dans la région et assure un apport de fonds à l'économie locale.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Loi sur les pêches du gouvernement fédéral est la principale loi de protection des poissons et de leur habitat. Deux des paragraphes les plus souvent appliqués portent sur la protection de l'habitat du poisson et le contrôle des substances nocives. Le paragraphe 35(1) a pour objet de protéger l'habitat du poisson contre toute détérioration, perturbation ou destruction et le paragraphe 36(3) de protéger les eaux contre tout déversement de substance nocive pour les poissons et la vie aquatique. Plusieurs autres lois touchent à la conservation de l'habitat du poisson en Ontario, notamment la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), la Loi sur les ressources en eau de l'Ontario, la Loi sur les offices de protection de la nature et la Loi sur l'aménagement des lacs et des rivières.

Le Règlement de pêche de l'Ontario, adopté en application de la Loi sur les pêches, a établi des périodes d'interdiction de la pêche au grand corégone du lac Simcoe, soit du 16 mars à la journée précédant le deuxième samedi de mai et du 1er octobre au 31 décembre, et une limite de prises de deux poissons par jour par pêcheur avec une limite de possession de deux poissons. Il n'y a pas de pêche commerciale du grand corégone dans le lac Simcoe.

Afin de conserver la souche génétique, environ 140 000 grands corégones sont ensemencés chaque année dans le lac Simcoe. Ils sont les descendants de poissons capturés dans le lac Simcoe. Au début des années 1980, des grands corégones de la souche du lac Simcoe ont été introduits dans le lac Upper Roslyn afin de créer un refuge. La situation de cette population est toutefois inconnue.

La Stratégie de gestion environnementale du lac Simcoe (SGELS) a été mise de l'avant dans les années 1970 en réaction à la dégradation de la qualité de l'eau et aux conséquences de l'eutrophisation sur l’écosystème du lac. La SGELS, initiative multilatérale, a pour but de protéger l’écosystème du bassin du lac Simcoe et d'améliorer les possibilités récréatives par le rétablissement d'une pêche viable aux poissons d'eau froide, l'amélioration de la qualité de l'eau, la réduction des apports en phosphore et la protection des caractéristiques et fonctions du patrimoine naturel.

Les Chippewas de la Première Nation de Georgina Island participent aux efforts de conservation du grand corégone du lac Simcoe en leur qualité de membres de la SGELS (voir : Lake Simcoe Region Conservation Authority, site web disponible en anglais seulement).

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Résumé technique

Coregonus clupeaformis

Grand corégone, population du lac Simcoe – Lake whitefish, Lake Simcoe population

Répartition au Canada

Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²):

725 km²

Préciser la tendance dans la zone d’occurrence (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²):

<725 km²

Préciser la tendance dans la zone d’occupation (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

1

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Poisson sauvage : < 30 ans Poisson d’élevage : 10 ans

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Estimé à environ 200 000 individus, y compris le poisson sauvage, lequel représente probablement 90 % des corégones se trouvant dans le lac.

Inconnu 

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Poisson sauvage en déclin

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Poisson sauvage:  déclin de 60 % depuis 15 ans

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Énumérer les populations et donner le nombre de populations dans chacune.

S.O.

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

S.O.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

S.O.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Manque de reproduction naturelle en raison de la perte de l’habitat attribuable à l’eutrophisation artificielle et à ses effets sur la fraye et les habitats hypolimniques.
  • Compétition interspécifique avec les espèces exotiques introduites (c’est-à-dire l’éperlan).
  • Effet négatif possible attribuable à l’introduction des moules zébrées et des cladocères épineux.

Effet d’une immigration de source externe: Aucun

La présence de l’espèce a-t-elle été constatée ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Aucune de la souche du lac du Simcoe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Satisfaisant

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Non

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Probablement

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Non

Analyse quantitative

Non effectuée

Statut actuel

Classifications selon Nature Conservancy (NatureServe 2004)
  • Mondiale : T2
  • Nationale :
    • États-Unis : s.o.
    • Canada : NNR
  • Régionale :
    • États-Unis : s.o.
    • Canada : ONSNR
  • Les espèces sauvages 2000 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril, 2001) : NR
  • COSEPAC : Données insuffisantes (mai 2005)

Statut et justification de la désignationNote de bas de page1

Statut : Données insuffisantes

Code alphanumérique : S.O.

Justification de la désignation : Bien que cette population soit en voie de disparaître du pays, les faits sont non concluants concernant son caractère distinctif et la meilleure information disponible maintenant est insuffisante pour permettre d’établir l’admissibilité de l’espèce à une évaluation.

Application des critères

Critère A (Population globale en déclin) : La composante sauvage de cette population a connu un grave déclin et demeure en difficulté (A2b), la qualité et la quantité des habitats sont de manière générale à la baisse (A2c), l'exploitation se poursuit et semble être en hausse (A2d), et les espèces exotiques demeurent une menace à l'intégrité de la population et de son écosystème (A2e). Le rétablissement pourrait être davantage compromis par les procédures de propagation des productions piscicoles. La composante sauvage répond au critère de la catégorie « en voie de disparition », et la population globale (poissons sauvages et d'élevage) répond au critère de la catégorie « menacée », mais les données sont insuffisantes pour établir l'admissibilité.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Un lac abritant une population dont le nombre d'individus est limité ou inconnu connaît des difficultés chroniques. Le nombre d'individus sauvages matures a diminué. Ceux-ci semblent être de très vieux individus issus de recrutements survenus il y a plus de 30 ans. Par conséquent, la population déclinera à mesure que ces individus mourront ou seront pêchés (B2a,b(v)). Bien que des mesures aient été prises en vue de renverser la tendance à la dégradation des habitats et que certaines réussites aient été enregistrées, la réhabilitation aux niveaux nécessaires au rétablissement de la population est peu probable, mais les données sont insuffisantes pour établir l'admissibilité.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Aucune donnée sur l'abondance actuelle des poissons sauvages n’est disponible, mais elle est probablement très faible par rapport à ce qu'elle devrait être dans un lac de cette dimension.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Ne répond pas au critère, mais les données sont insuffisantes pour établir l'admissibilité.

Critère E (Analyse quantitative) : Les données ne sont pas disponibles, mais il manque de preuves pour établir l'admissibilité.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Compte tenu des études continues à l’égard du caractère distinctif de l’espèce et des autres populations de corégones, une mise à jour sera déposée d’ici cinq ans ou dès que des renseignements seront disponibles.

Retour à la référence de la note de bas de page1

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Remerciements

Nous tenons à remercier Ron Allen, Pamela MacRae, Mike Powell, Steve Kerr et Bryan Henderson de leurs commentaires utiles sur les versions préliminaires du présent rapport. Nous remercions également Chris Wilson, Ph.D., et David Evans, Ph.D., de leurs récentes contributions ainsi que Stefan Romberg, qui les a intégrées au rapport.

Nous avons également apprécié l'aide de John Casselman, qui a consacré beaucoup de temps à préparer les échantillons d'otolithes prélevés sur des grands corégones et à déterminer leur âge, de même que celle de Karine Beauchamp, qui a fourni les estimations de la fécondité. Nous remercions enfin le personnel de l'UEPLS, les bénévoles et les étudiants participant au programme d’enseignement coopératif qui ont collaboré à la collecte des données.

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Sources d'information

Amtstaetter, F. 1997. Fall trapnetting on the spawning grounds of lake trout (Salvelinus namaycush), lake whitefish (Coregonus clupeaformis) and cisco (Coregonus artedii) in Lake Simcoe, 1989-1997, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Lake Simcoe Fisheries Assessment Unit Report 1997-1, 36 p.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Frank Amtstaetter, Cam Willox et Paul Johanson, biologistes à l'unité d'évaluation des pêches du lac Simcoe du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, ont collectivement étudié le grand corégone du lac Simcoe pendant 34 ans.

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