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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Tonelle délicate (Tonella tenella) au Canada - Mise à jour

Répartition

Répartition mondiale

Le site ou l’on retrouve la tonelle délicate au sud-ouest de la Colombie-Britannique est séparé de l’aire principale de l’espèce, qui s’étend depuis le sud de l’État du Washington (gorge du fleuve Columbia) et l’Oregon jusqu’au centre de la Californie (Wetherwax, 1993; Pojar, 2000) (figure 2). La flore indigène de la Colombie-Britannique compte un grand nombre d’espèces qui se trouvent ainsi à la périphérie de leur aire principale. Fairbarns et al. (2003) traitent longuement de cette question. Selon ces auteurs, le climat de type méditerranéen sous lequel se trouvent Victoria et le bassin de Georgia (y compris le comté de San Juan) est une aberration sur la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord et explique peut-être la présence de nombreuses espèces propres aux régions semi-désertiques, répertoriées par Hitchcock et al. (1961) (Allium amplectens, Crassula connata, Clarkia purpurea ssp. quadrivulnera, Dryopteris arguta, Isoetes nuttallii, Juncus kelloggii, Minuartia pusilla, Lupinus densiflorus, Montia howellii, Myrica californica, Ranunculus californicus, Trifolium depauperatum, Triphysaria versicolor, Vulpia pacifica, Woodwardia fimbriata, etc., ainsi que la salamandre Aneides ferreus).

Figure2. Répartition du Tonella tenella en Amérique du Nord.

Figure2.  Répartition du Tonella tenella en Amérique du Nord.

Répartition canadienne

Au Canada, la tonelle délicate ne se rencontre que dans l’ouest de l’île Saltspring (îles Gulf), dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 3; Pojar, 2000; Douglas et al., 2002a, b). La plante, délicate et peu voyante, a été répertoriée pour la première fois au Canada en 1976 (Douglas et Douglas, 1978). Elle s’y trouvait probablement depuis assez longtemps, mais n’aurait pas été découverte avant à cause de la difficulté d’accès au versant raide sur laquelle elle pousse.

Il est difficile d’établir avec un niveau de confiance élevé si une espèce limitrophe découverte récemment est indigène ou non. Il vaut peut-être mieux toutefois supposer qu’elle l’est. Dans le cas de la tonelle délicate, on peut supposer qu’elle est indigène de la Colombie-Britannique puisque son habitat est resté sauvage. On peut penser également que la population de Colombie-Britannique est indigène, puisqu’elle est formée de plusieurs sous-populations et qu’il faut un certain temps pour qu’une espèce se disperse ainsi. Par ailleurs, le paragraphe (2) de l’article 2 de la Loi sur les espèces en péril précise ce qui suit : « Dans la définition d’ « espèce sauvage » au paragraphe (1), une espèce, une sous-espèce, une variété ou une population géographiquement ou génétiquement distincte est, sauf preuve contraire, réputée être présente au Canada depuis au moins cinquante ans. » (Gouvernement du Canada, 2003). Comme rien ne donne à penser le contraire, la tonelle délicate doit donc être supposée indigène.

Figure 3. Répartition du Tonella tenella en Colombie-Britannique (● = un site confirmé récemment).

Figure 3. Répartition du Tonella tenella en Colombie-Britannique (=– site confirmé récemment).