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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) au Canada

Résumé

Chénopode glabre

Chenopodium subglabrum

Information sur l’espèce

Le chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) est une annuelle de la famille des Chénopodiacées. Il possède une racine qui s’enfonce peu profondément dans le sol et de nombreuses tiges ascendantes ramifiées, atteignant de 2 à 8 dm de hauteur. Les feuilles sont alternes. Leur limbe est linéaire, uninerve, à marge entière, charnu et glabre (dépourvu de poils) ou presque. Les fleurs sont petites, verdâtres à rougeâtres, rassemblées en panicules lâches et feuillées de glomérules (petites masses rondes serrées) très espacés. Le calice, à lobes carénés, enveloppe le fruit. Les étamines sont au nombre de 2 à 5, et le pistil comporte deux stigmates. Le fruit, à péricarpe mince, renferme une seule graine en forme de lentille, à tégument noir et luisant.

Répartition

Le chénopode glabre est endémique à l’Amérique du Nord. Son aire de répartition s’étend du sud de l’Alberta au sud-ouest du Manitoba et, vers le sud, jusque dans l’Utah et le Colorado.

Habitat

Les sables mobiles sont une composante de l’habitat du chénopode glabre. L’espèce pousse souvent à la marge de dunes actives (mobiles) et de creux de déflation en voie de stabilisation, parfois dans des plaines sableuses dénudées ou fraîchement perturbées. On l’a également observée sur des bancs de sable de cours d’eau et des terrasses sableuses de plaines inondables. Les espèces souvent associées au chénopode glabre sont l’Agropyron dasystachyum, le Calamovilfa longifolia, le Chenopodium pratericola, l’Elymus canadensis, l’Heterotheca villosa, l’Helianthuspetiolaris, le Lygodesmia rostrata, le L. juncea, l’Oryzopsis hymenoides et le Psoralea lanceolata. Les principales espèces arbustives côtoyant parfois le C. subglabrum sont l’Arctostaphylos uva-ursi, l’Artemisia cana, le Juniperus horizontalis et le Salix exigua.

Biologie

Le chénopode glabre est une annuelle qui se reproduit par voie sexuée. L’espèce produit des fruits et des graines dans la plupart des localités canadiennes. Les graines peuvent demeurer viables plusieurs années et germent lorsque les conditions d’humidité sont favorables. Comme l’espèce est capable de coloniser les sables mobiles, elle joue un rôle dans la stabilisation des dunes. Les graines sont source de nourriture pour les petits rongeurs.

Taille et tendances des populations

Le chénopode glabre est rare aussi bien à l’échelle temporelle que spatiale. En 2004, la population de la Saskatchewan a connu une explosion démographique, provoquée probablement par les pluies abondantes qui sont tombées sur la région à la fin de l’été. En 1997 et 1998, on avait dénombré dans cette province quelques milliers d’individus, mais en 2004 la population atteignait probablement 8 400 individus. À la fin des années 1980, la population de l’Alberta comptait plusieurs centaines d’individus. Dans le site des dunes Dominion, on a recensé moins de 5 individus en 1987 et au moins 40 en 2004. L’espèce a également été observée au Manitoba, en 2004, dans les dunes Routledge, pour la première fois depuis 45 ans. On ne sait pas si, en 2004, le chénopode glabre a connu une explosion démographique ailleurs qu’en Saskatchewan, mais on peut le penser puisque les conditions climatiques ont été assez semblables dans l’ensemble des Prairies. Comme la germination des graines du chénopode glabre  dépend des conditions climatiques, elle est irrégulière. C’est pourquoi il est difficile de dégager la tendance générale de l’ensemble de la population canadienne. Selon les estimations, l’effectif canadien de l’espèce se situerait probablement entre 5 200 et 10 000 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La stabilisation des dunes et la lutte contre les incendies de végétation menacent la survie du chénopode glabre. L’habitat de l’espèce s’est rétréci de façon appréciable à mesure que les dunes ont été stabilisées par la végétation. L’espèce est également broutée, peut-être à la fois par le bétail et par les animaux sauvages. Des mauvaises herbes exotiques sont présentes dans plusieurs sites de l’espèce et menacent d’envahir son habitat. L’exploitation pétrolière et gazière est en pleine expansion dans les dunes de la Saskatchewan et risque de nuire à l’espèce. Les activités récréatives pratiquées dans les dunes actives risquent de détruire une partie de l’effectif du chénopode glabre.

Importance de l’espèce

Le chénopode glabre est en péril au Canada et rare aux États-Unis. Par sa capacité à coloniser les sables nus, l’espèce joue un rôle écologique dans la stabilisation des dunes. Quelques espèces parentes font l’objet de cultures, notamment le quinoa (Chenopodium quinoa) et l’ansérine Bon-Henri (C. bonus-henricus).

Protection actuelle

Le chénopode glabre ne bénéficie d’aucune protection juridique particulière au Canada. Il existe dans les 3 provinces où l’espèce est présente une loi visant les espèces en péril. Toutefois, en Alberta, la Wildlife Act actuelle ne protège pas les espèces végétales, mais un règlement visant à étendre l’application de la loi aux plantes en péril est en cours de préparation. L’organisme NatureServe a attribué au chénopode glabre la cote G3G4 (vulnérable-apparemment non en péril) à l’échelle mondiale, la cote N2 (en péril) à l’échelle du Canada, la cote S1 (gravement en péril) en Alberta, S2 (en péril) en Saskatchewan et S1 (gravement en péril) au Manitoba.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
*** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
**** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.