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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Hibou des marais au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Hibou des marais
Asio flammeus

Information sur l’espèce

Le Hibou des marais (Asio flammeus – Pontoppidan) est un strigidé de taille moyenne d’une longueur approximative de 34 à 42 cm. Les adultes présentent une coloration cryptique. Ils ont le dos brun et leur poitrine, de couleur blanc chamois, présente des rayures brunes. Le vol du Hibou des marais, qu’il exécute au ras du sol dans un habitat ouvert avec des battements d’ailes amples semblables à ceux d’un papillon de nuit, constitue la caractéristique la plus prononcée de l’espèce.

Répartition

Le Hibou des marais est un oiseau cosmopolite qui se reproduit sur un grand nombre de continents et d’îles. En Amérique du Nord, il se reproduit dans les régions arctiques, les marais côtiers et les prairies de l’intérieur. En hiver, il se déplace généralement vers le sud et on le trouve dans les régions côtières, dans les prairies de l’intérieur ainsi que dans la région des grandes plaines, laquelle est un centre d’abondance typique de l’espèce.

Habitat

L’espèce utilise une grande variété d’habitats non boisés, y compris la toundra arctique, les prairies, les peuplements d’armoise, les pâturages en jachère et, occasionnellement, les terres utilisées pour des cultures en rangée. Bien que le Hibou des marais préfère nettement les habitats ouverts, on croit que le principal facteur influençant le choix de l’habitat local (en été comme en hiver) constitue l’abondance de nourriture.

Biologie

Le Hibou des marais est un oiseau nomade et la plupart des individus se déplacent beaucoup de façon saisonnière et annuelle. Cependant, les individus peuplant les îles semblent présenter un degré plus élevé de philopatrie envers leurs sites de reproduction. Les regroupements de Hiboux des marais se produisent pendant la période de reproduction et de non-reproduction, à des sites où les populations de rongeurs (habituellement des Microtus) sont élevées. Les nids sont construits sur le sol dans des habitats ouverts, et la couvée, de 4 à 7 œufs, commence entre avril et juin. Normalement, une seule couvée est élevée. Avant même de pouvoir voler, les oisillons se dispersent à de courtes distances du nid, se cachant dans la végétation environnante.

Taille et tendances des populations

La population globale estimative s’élève à environ 2 millions d’individus, dont 700 000 se trouvent en Amérique du Nord, et 350 000, au Canada. Le Recensement des oiseaux de Noël porte à croire que le nombre de Hiboux des marais a connu un déclin à un rythme d’environ 3 % par année pendant les 40 dernières années.

Facteurs limitatifs et menaces

Il importe de noter la quasi-inexistence de données quantitatives concernant les facteurs ayant une influence sur le déclin des populations de Hiboux des marais. Les idées exposées ci-dessous résument les hypothèses publiées.

Le principal facteur limitatif semble être la perte et la modification de l’habitat, en particulier les marais et les prairies des régions côtières qui étaient autrefois fortement utilisés par l’espèce pendant l’hivernage, mais également les Prairies canadiennes et les prairies du sud de l’Ontario. D’autres facteurs, de caractère secondaire, pourraient contribuer (à un degré très inférieur) au déclin des populations, notamment : 1) l’augmentation de la prédation des nids (en raison de la fragmentation de l’habitat); 2) la diminution de l’abondance des proies en raison des changements survenus dans l’habitat; et 3) les collisions avec des véhicules, des câbles de services publics et des clôtures en fil barbelé. Bien que des organochlorés aient été détectés dans des œufs de Hiboux des marais, de plus amples données sur la prévalence et les effets de tels contaminants sont nécessaires.

Importance de l’espèce

Jadis, il était fréquemment possible d’apercevoir le Hibou des marais dans les Prairies canadiennes et à divers sites, en bordure des deux côtes du Canada; ils sont aujourd’hui peu communs, voire rares dans ces régions. Malgré un accroissement récent de la population des prairies de la région des grandes plaines des États-Unis (où un grand nombre de Hiboux des marais hivernent), aucune augmentation notable de la population reproductrice canadienne n’a été constatée.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

D’après un rapport antérieur du COSEPAC (Cadman et Page, 1994), le Hibou des marais a été désigné « espèce préoccupante ». Il est actuellement classé dans la catégorie G5 (répandu et non en péril – demonstrably widespread and secure) de NatureServe. Toutefois, les désignations de statut de NatureServe pour les provinces du Canada sont les suivantes : Alberta (S3), Colombie-Britannique (S3B, S2N), Labrador (S3S4B), Manitoba (S3S4B), Nouveau-Brunswick (S3B), Terre-Neuve (S3B), Territoires du Nord-Ouest (SNRB), Nouvelle-Écosse (S1S2B), Nunavut (SNRB), Ontario (S3S4B), Île-du-Prince-Édouard (S1S2B), Québec (S3S4), Saskatchewan (S3B, S2N) et Territoire du Yukon (S4B). Les classements de NatureServe sont les suivants : S1 = gravement en péril (Critically imperiled), S2 = en péril (Imperiled), S3 = vulnérable (Vulnerable), S4 = apparemment non en péril (Apparently Secure) et SNR = espèce non classée (Not ranked).

Le Hibou des marais est protégé en vertu de la Migratory Bird Treaty Act (Federal Register, 2006) ainsi qu’aux termes d’un grand nombre de lois provinciales sur les espèces sauvages (par exemple, la Loi sur la protection du poisson et de la faune de l’Ontario et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune du Québec). Le Hibou des marais est aussi désigné comme une espèce « en voie de disparition » (Endangered), « menacée » (Threatened) ou « préoccupante » (Species of Concern) dans de nombreux États américains, et il est considéré comme une espèce prioritaire sur le plan de la conservation (Species of Conservation Concern) par le U.S. Fish and Wildlife Service.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4 Note de bas de page5
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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