Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Hibou des marais au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Une corrélation a été établie entre la conversion ou la détérioration de l’habitat et le déclin des populations de Hiboux des marais dans le delta du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique (Campbell et al., 1990), et il s’agit également d’un facteur ayant influencé le déclin des populations dans les provinces des Prairies (voir par exemple Smith, 1996) et dans le sud de l’Ontario (Hunt, 2004). La conversion d’habitats a probablement été négligeable dans la partie centrale et le nord du Canada. Telfer (1992) a signalé un déclin de l’ordre de 39 % des pâturages indigènes entre 1946 et 1986 dans les provinces des Prairies. Samson et Knopf (1994) ont rapporté des pertes considérables de prairies indigènes en Alberta (61 % de prairies mixtes), en Saskatchewan (81 % de prairies mixtes et 85 % de prairies à petites graminées) et au Manitoba (99 % de prairies à grandes graminées et de prairies mixtes), ainsi que plus au sud, le long des grandes plaines centrales et de l’ouest. Ainsi, la perte considérable de prairies indigènes un peu partout dans les zones centrales de l’aire de répartition a probablement eu une incidence négative importante sur l’abondance du Hibou des marais et la viabilité des populations.

Le broutage par le bétail, intensif et répandu, est courant sur une grande partie des pâturages restants des Prairies canadiennes et des grandes plaines des États-Unis (Samson et Knopf, 1994). Le broutage excessif par le bétail constitue une menace directe qui pèse sur l’habitat du Hibou des marais, étant donné que l’espèce préfère généralement les prairies à grandes graminées pour y construire son nid (voir par exemple Fondell et Ball, 2004). Alors que les programmes (par exemple le Programme d’établissement d’un couvert végétal permanent du Canada ou le Conservation Reserve Program des États-Unis) axés sur la transformation des prairies et des terres agricoles en habitat sauvage ont sans nul doute permis d’augmenter le nombre d’habitats disponibles aux Hiboux des marais pour l’alimentation et le repos, il n’est pas clair comment de tels programmes ont pu influencer le succès de reproduction de l’espèce.

Dans les régions où le Hibou des marais se reproduit au milieu de champs cultivés, le fauchage et la récolte des foins et des grains peuvent constituer une importante cause de mortalité des œufs et des oisillons (voir par exemple Arroyo et Bretagnolle, 1999). Bien qu’il ne s’agisse probablement pas d’un facteur prédominant du déclin de l’espèce à long terme, il est reconnu que les collisions avec des véhicules, des clôtures en fil barbelé et des câbles de services publics contribuent (surtout en hiver) à la mortalité des adultes (Fitzer, 1975).

Bien que des concentrations élevées de DDE et d’heptachlorépoxyde aient été détectées dans des œufs de Hibou des marais (Peakall et Kemp, 1980; Henny et al., 1984), aucun effet négatif sur la reproduction de l’espèce n’a été constaté (Cadman et Page, 1994). Les effets des substances chimiques toxiques sur les populations des proies du Hibou des marais n’ont pas été étudiés. Comme l’ont noté Cadman et Page (1994), de plus amples données sur les effets des pesticides sont nécessaires.

Bien que la proportion selon laquelle le virus du Nil occidental affecte actuellement les populations de Hiboux des marais soit méconnue, on sait qu’ils contractent le virus (Fitzgerald et al., 2003).