Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sclérophore givré au Canada

Sommaire du rapport de situation

Moins de 20 spécimens de Sclerophora peronella ont été récoltés dans l’ensemble de l’Amérique du Nord, dont un en Colombie-Britannique et deux en Nouvelle-Écosse; les autres spécimens ont tous été récoltés dans l’ouest de l’Orégon. Toutefois, étant donné la petite taille de l’espèce et sa découverte relativement récente en Amérique, il est possible que de nouveaux travaux de terrain permettent d’en découvrir de nouveaux sites au Canada. Jusqu’à présent, S. Selva a examiné à cet égard un total de 76 peuplements forestiers dans le nord-est de l’Amérique du Nord, surtout au Maine, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard, dans le sud-est de l’Ontario et dans le sud-ouest du Québec. Il n’a ainsi découvert aucun nouveau site, outre les deux sites découverts en Nouvelle-Écosse. Il a cependant découvert de nouveaux sites d’autres lichens calicioïdes, lors de recherches récentes ciblant le S. peronella. Donc, pour l’instant, tout porte à croire que le S. peronella est une espèce très rare au Canada et en Amérique du Nord.

 À l’échelle mondiale, l’espèce est considérée comme rare à extrêmement rare dans l’ensemble de son aire de répartition. Elle figure sur les listes rouges de l’Autriche (Hafellner, 2000) ainsi que du Danemark, de la Suède et de la Finlande (Tibell, 1999). Elle est en déclin en Italie (Nimis, 2000), et connue par un seul spécimen, ou seulement quelques-uns, en Russie et dans plusieurs autres pays européens.

 Les deux spécimens récoltés en Nouvelle-Écosse ont été étudiés et portaient des apothécies en bon état, contenant des spores apparemment viables. Les apothécies ne présentaient aucun des symptômes associés à la pollution atmosphérique ou au parasitisme. Compte tenu de la sensibilité de cette espèce et des autres lichens calicioïdes aux perturbations, il est évident que les spécimens de S. peronella récoltés dans les deux sites étaient en bonne santé. Le spécimen récolté par Trevor Goward dans le site de Colombie-Britannique était également en santé. Par contre, la santé de populations aussi dispersées est difficile à évaluer, car les individus sont très petits et impossibles à identifier sur le terrain; de plus, l’espèce semble être rare à extrêmement rare dans toute son aire de répartition, et elle n’a été trouvée qu’une fois dans chacun de deux écosystèmes forestiers.

 À la lumière des données disponibles, il semble que le S. peronella privilégie les milieux stables associés aux forêts matures et anciennes. Malheureusement, selon un rapport du World Wildlife Fund (2000) sur l’état de la forêt acadienne du nord-est de l’Amérique du Nord, où l’espèce a été trouvée en Nouvelle-Écosse, il reste peu de peuplements intacts dans cette écorégion, dont seulement de 3 à 5 p. 100 des forêts sont encore dans l’état où elles se trouvaient avant la colonisation européenne. La situation est meilleure en Colombie-Britannique, car on y trouve encore de grandes étendues de forêt ancienne qui abritent sûrement d’autres populations de cette espèce rare.