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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sclérophore givré au Canada

Résumé

Sclérophore givré
Sclerophora peronella
(Population de la Nouvelle-Écosse / Population de la Colombie-Britannique)

Information sur l’espèce

Le sclérophore givré (Sclerophora peronella) appartient à un groupe de champignons lichénisés généralement réunis sous le terme « lichens calicioïdes ». Leurs petites apothécies pédicellées rappellent une barbe de quelques jours. L’espèce se rencontre sur l’écorce et le bois de vieux arbres. On la reconnaît à la couleur pâle de ses apothécies, qui sont portées par des pédicelles de 0,5 à 0,8 mm au-dessus du substrat. La partie principale du lichen (le thalle) est enfouie dans le substrat.

Répartition

Le Sclerophora peronella n’a été signalé que dans trois localités au Canada, et l’espèce est rare à extrêmement rare dans l’ensemble de son aire de répartition. L’aire de répartition mondiale connue de l’espèce comprend l’Europe (Écosse, Allemagne, Moravie, Danemark, Suède, Finlande, Norvège, France, Autriche, Italie et Estonie), où l’espèce était autrefois considérée comme endémique, ainsi que le Caucase russe, les États-Unis (ouest de l’Orégon) et le Canada (Colombie-Britannique et Nouvelle-Écosse).

Habitat

Le Sclerophora peronella pousse sur des feuillus, généralement sur le duramen exposé de troncs vivants et plus rarement sur l’écorce. Il est souvent associé à des forêts matures ou anciennes de conifères ou de feuillus, mais on le trouve également dans des savanes et des forêts-parcs. Au Canada, le seul spécimen de Colombie-Britannique a été récolté sur l’écorce de la base d’un grand peuplier baumier de l’Ouest, dans une peupleraie riche donnant beaucoup d’ombre. Les deux spécimens de Nouvelle-Écosse ont été récoltés sur le duramen exposé d’érables rouges vivants, dans des peuplements anciens de forêt décidue nordique.

Biologie

Poussant exclusivement sur le bois et l’écorce d’arbres âgés, le Sclerophora peronella semble privilégier les micro-environnements à humidité stable, à faibles fluctuations de température et à éclairement modéré. Malgré leur petite taille, les thalles du S. peronella observés au Canada semblaient en bonne santé, et leurs apothécies renfermaient des spores mûres. Les spores sont disséminées par le vent, par la pluie et probablement par des invertébrés.

Taille et tendances des populations

Les trois sites canadiens connus du Sclerophora peronella occupent probablement une superficie totale de moins de un mètre carré. Il est impossible de déterminer si ces populations sont en croissance, stables ou en déclin.

Facteurs limitatifs et menaces

Les données disponibles indiquent que l’environnement stable des forêts anciennes convient particulièrement au Sclerophora peronella. Malheureusement, ce type de milieu est en déclin partout au Canada et dans la plupart des régions du monde. La destruction de l’habitat par l’exploitation des forêts anciennes est une menace dans certaines parties de l’aire de répartition de l’espèce. La pollution atmosphérique constitue toujours une menace pour l’habitat dans la plus grande partie de cette aire. Les polluants menacent autant les arbres que les lichens arboricoles.

Importance de l’espèce

À l’échelle mondiale, le Sclerophora peronellan’est connu que par trois spécimens récoltés au Canada ainsi que par un petit nombre de spécimens récoltés aux États-Unis, en Russie et dans plusieurs pays européens. L’espèce a une importance écologique, car elle est considérée comme une espèce indicatrice des forêts anciennes. Les lichens et champignons calicioïdes sont considérés comme les indicateurs biologiques les plus sensibles de la santé des écosystèmes forestiers.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Bien qu’il figure dans la liste rouge de plusieurs pays européens, le Sclerophora peronella n’est protégé explicitement par aucune loi fédérale ni aucune loi sur les espèces sauvages ou en péril d’un État, d’une province ou d’un territoire. L’espèce n’est visée par aucun accord international et aucune convention internationale. En Nouvelle-Écosse, elle est protégée par la Wilderness Areas Act, qui encadre la récolte de spécimens et la destruction d’habitats dans les aires de nature sauvage où pousse l’espèce, établies sur des terres de la Couronne. Le S. peronella ne jouit d’aucune protection dans la zone récréative où il a été observé en Colombie-Britannique.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee

Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.