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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sclérophore givré au Canada

Taille et tendances des populations

Les trois sites canadiens connus du Sclerophora peronella occupent probablement une superficie totale de moins de un mètre carré. L’espèce a été trouvée une seule fois dans chaque site, malgré des recherches répétées. On estime que chaque spécimen provient d’un seul thalle continu portant plusieurs apothécies. Environ 75 p. 100 des apothécies semblaient mûres. Il est impossible de déterminer si ces populations sont en croissance, stables ou en déclin. L’information existant sur les trois sites canadiens se résume ainsi :

  1. Colombie-Britannique, bassin du Skeena, lac Kitsumkalum, 1991, Goward 1991-1139. Trevor Goward (comm. pers.) décrit le milieu comme étant un peuplement de peupliers donnant passablement d’ombre, à l’extrémité sud du lac Kitsumkalum.
  2. Nouvelle-Écosse, île du Cap-Breton, comté d’Inverness, aire de nature sauvage du mont Sugarloaf, 1998, Selva 7628. Décrite par le ministère des Richesses naturelles de la Nouvelle-Écosse comme un peuplement immature de forêt ancienne et par Selva (1999) comme un peuplement ancien, cette forêt décidue nordique protégée est située à l’extrémité nord-est du mont Sugarloaf, au-dessus du chemin East Big Intervale.
  3. Nouvelle-Écosse, île du Cap-Breton, comté d’Inverness, aire de nature sauvage de la rivière Margaree, 1998, Selva 7852. Il s’agit d’une autre forêt décidue nordique décrite par le ministère des Richesses naturelles de la Nouvelle-Écosse comme un peuplement immature de forêt ancienne et par Selva (1999) comme un peuplement ancien. Sa partie sud-ouest a été examinée, le long des versants exposés au nord, au-dessus du First Brook Pool.

La taille de la « population » est difficile à estimer, car l’identification sur le terrain doit être confirmée par un examen au microscope. Dans le cadre des recherches menées par S. Selva depuis une quinzaine d’années, l’évaluation de la continuité environnementale des écosystèmes forestiers est fondée sur un inventaire aussi complet que possible des espèces présentes dans la zone visée par le relevé. Puisque plusieurs de ces espèces sont rares, même dans les peuplements de forêt ancienne, Selva a privilégié une forme d’« errance éclairée », soit un échantillonnage fondé sur l’analyse des relevés servant à la classification des peuplements (Mueller-Dombois et Ellenberg, 1974). Malgré les inconvénients admis d’un tel échantillonnage préférentiel, qui risque notamment « d’être biaisé par la subjectivité et de ne pas permettre de tirer des conclusions statistiques à partir des données », il a l’avantage de « permettre une plus grande intensité d’échantillonnage » avec « le plus faible risque de manquer des milieux riches localisés » (Nimis, 1991), ce qui a motivé le choix de cette méthode d’échantillonnage dans les circonstances. Un nombre élevé de répétitions permet d’augmenter les chances de détecter les espèces rares (Selva, 1994 et 1996). À la suite d’un échantillonnage aussi intensif, lorsqu’un seul spécimen d’une espèce était découvert dans un site, comme ce fut le cas du S. peronella dans chacun de ses sites de Nouvelle-Écosse, S. Selva estime raisonnable d’estimer que l’espèce y est extrêmement rare. À ce jour, la continuité de 76 forêts du nord-est de l’Amérique du Nord a été évaluée par S. Selva au moyen des méthodes décrites ci-dessus. Or, malgré ces recherches intensives, le S. peronella n’a été découvert que dans deux localités. On trouvera un compte rendu détaillé des recherches faites dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce dans la section « Aire de répartition canadienne » ainsi que dans les figures 4 à 6.