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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la Châtaignier d’Amérique au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

La brûlure du châtaignier (Cryphonectria parasitica, auparavant appelée Endothia parasitica) a vraisemblablement été introduite sur du matériel de pépinière venu d’Asie avant sa première observation en 1904, année où on a constaté qu’elle tuait les châtaigniers d’Amérique au zoo du Bronx, à New York (Anagnostakis, 1982). La brûlure s’est répandue rapidement dans toute l’aire de répartition du châtaignier d’Amérique au cours des décennies suivantes. Elle a atteint le sud de l’Ontario au début des années 1920 et, au début des années 1930, la plupart des châtaigniers d’Amérique étaient touchés et mourants (site Web du Conseil canadien du châtaignier [en anglais seulement]). Le champignon de la brûlure du châtaignier a eu un effet dévastateur sur le châtaignier d’Amérique au cours du dernier siècle, réduisant cette espèce forestière autrefois dominante par endroits à des individus éparpillés ou à des rejets de souche. La perte d’habitat qui se poursuit dans la zone carolinienne, qu’on pense à l’enlèvement de haies aux sites 1 et 18 et à la construction d’un ensemble résidentiel approuvée par la municipalité au site 36, représente une menace constante qui se traduit par la perte d’arbres. L’absence de reproduction chez de nombreux arbres ayant atteint une taille suffisante pour se reproduire est due à la distance considérable les séparant, qui rend la pollinisation croisée impossible et empêche ainsi la production de graines.

Il est possible aussi que le croisement avec des espèces exotiques soit un facteur important, car nous possédons des preuves préliminaires de l’origine hybride d’individus de certaines populations ontariennes. John Gerrath, actuellement aux études supérieures à la University of Guelph, examine les spécimens recueillis pendant l’inventaire de 2001-2002. On ne sait toutefois pas encore si l’hybridation aura une influence négative, du fait d’une submersion génétique des peuplements indigènes entraînant une réduction de leur occurrence, ou positive, du fait d’une transmission d’une certaine résistance aux individus survivants. Il convient d’effectuer ici une comparaison avec le châtaignier d’Europe : celui-ci semble avoir été fortement marqué par l’activité humaine, s’étant étendu au-delà de son aire de répartition d’origine dès l’époque romaine et croisé avec des espèces orientales il y a aussi très longtemps (Anagnostakis et Hillman, 1992). La sélection de la résistance à la brûlure chez les arbres cultivés a été examinée par Jaynes (1978). Des souches hypovirulentes du champignon de la brûlure se sont répandues dans des populations européennes sauvages de châtaigniers et un rétablissement naturel est observé.