Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la Châtaignier d’Amérique au Canada – Mise à jour

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La cote mondiale attribuée à l’espèce par NatureServe est G4 (apparemment non en péril). Elle est présumée disparue (SX) dans deux États périphériques (la Floride et l’Illinois), gravement en péril (S1) dans deux États (Michigan et Kentucky) et dans le district de Columbia, et en péril (S2) ou vulnérable (S3) dans sept États (Delaware, Géorgie, Tennessee, Indiana, Ohio, Maryland et Maine) et en Ontario (NatureServe, 2003). Au Canada, le COSEPAC l’a désignée parmi les espèces menacées en 1987, mais elle n’a pas de statut provincial officiel. La Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario prévoit la protection de portions importantes de l’habitat des espèces menacées, mais le développement fait disparaître des habitats occupés. Le Conseil canadien du châtaignier, fondé en 1988, vise à faire mieux connaître le sort de cette espèce et ses possibilités de rétablissement.

À l’heure actuelle, une équipe de rétablissement a été formée pour cette espèce et un plan de rétablissement a été rédigé (Boland et al., 2000); certains des renseignements contenus dans ce plan de rétablissement sont présentés dans le présent rapport. La version actuelle de ce plan peut être consultée sur le site du Canadian Chestnut Council (en anglais seulement). Ce plan de rétablissement propose de recueillir des données sur toutes les populations de châtaigniers du Canada, de favoriser le rétablissement de celles qui sont le plus importantes, d’élaborer des pratiques de gestion à court terme adaptées au sud-ouest de l’Ontario qui contribueront à la conservation de ce qui reste de la diversité génétique de l’espèce et d’évaluer des stratégies à long terme de lutte contre la brûlure du châtaignier. Cette dernière activité comprend la recherche d’arbres résistants ou l’augmentation de la résistance des arbres ainsi que l’utilisation de moyens potentiels de lutte biologique, comme l’hypovirulence naturelle chez le champignon de la brûlure.

La découverte d’arbres naturellement résistants et les souches hypovirulentes du champignon de la brûlure qui peuvent être transférées aux arbres infectés par des souches virulentes sont en principe des avenues prometteuses pour le rétablissement. Bien que les premières expériences soient loin d’être encourageantes, il reste des signes d’espoir (Griffin, 2000). Les essais préliminaires effectués en Ontario avec l’hypovirulence ont été décourageants, bien que celle-ci ait été efficace contre la brûlure dans les forêts européennes et que certains résultats positifs aient été obtenus aux États-Unis dans des conditions contrôlées. Les plantations ex situ de châtaigniers indigènes sont prises en compte dans le programme de rétablissement mais n’ont pas encore été inventoriées ni évaluées. Les membres du Conseil canadien du châtaignier pollinisent activement des arbres sauvages et récoltent les fruits pour les planter. Les membres de l’équipe de rétablissement ne s’entendent pas sur la question de savoir si rendre les arbres indigènes plus résistants en recourant à des croisements avec des espèces asiatiques est une mesure de rétablissement valable. Par ailleurs, le Conseil canadien du châtaignier mène actuellement un programme de sélection, en collaboration avec des partenaires de l’American Chestnut Foundation.