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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la Châtaignier d’Amérique au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

L’aire de répartition canadienne de l’espèce ne semble pas avoir notablement changé depuis les premières mentions, remontant à 1817 (Moss et Hosking, 1983), mais le nombre d’individus a considérablement diminué (vraisemblablement de plus de 50 p. 100) depuis l’époque où le châtaignier d’Amérique était une espèce dominante dans certaines régions du sud de l’Ontario (voir p. ex. Duncan [1993], Morley [2001]). L’espèce était et est encore présente dans pratiquement toute la zone carolinienne, mais davantage dans certains cantons, notamment dans certaines parties du comté de Norfolk et la région de Hamilton, où elle était particulièrement abondante selon l’inventaire de 1817 (Moss et Hosking, 1983). Selon Duncan (1993), dans la vallée Dundas, dans la région de Hamilton, le châtaignier d’Amérique constituait de 25 p. 100 à 30 p. 100 de la forêt. Des milieux favorables à l’espèce existent dans le sud de l’Ontario, mais ils sont limités par l‘intense déboisement.

Trois relevés ont été effectués entre les années 1980 et 2001-2002. Dans le tout dernier, des renseignements détaillés ont été recueillis sur certaines populations, suivant une stratégie du plan de rétablissement du châtaignier d’Amérique (Boland et al., 2000). L’annexe du présent rapport compare les nombres d’arbres reproducteurs et d’arbres attaqués par la brûlure tirés du premier rapport de situation (Ambrose et Aboud, 1986), d’un relevé effectué pendant les années 1990 (Boland et al., 1997) et du dernier inventaire (Tindall et al., 2004). Les données ont été compilées et analysées par Brian Husband. Il existe des différences statistiquement significatives entre les trois relevés pour ce qui est de l’état reproducteur et de l’incidence des symptômes de la brûlure dans certaines classes d’âge, mais les approches différentes adoptées pour les trois relevés expliquent peut-être en partie ces différences, le premier ayant mis l’accent sur les arbres reproducteurs, le second sur la brûlure du châtaignier (incidence et virulence) et le troisième sur une évaluation générale de la situation du châtaignier d’Amérique (les arbres morts n’ayant toutefois pas été consignés). Il n’est donc pas possible de savoir avec certitude si la situation de cette espèce a nettement changé depuis le début des années 1980, bien que plusieurs gros arbres aient été perdus. Il faut aussi faire remarquer que la dévastation de l’espèce ne dépasse pas encore le cadre temporel d’une seule génération d’arbres sains.

Dans le relevé de 2001-2002, on a inventorié en détail 682 individus de toutes tailles, dont 85 reproducteurs (un individu peut compter plusieurs troncs; les chiffres se rapportent aux individus, non aux troncs). En 2003, l’auteur a observé treize autres arbres ayant une taille suffisante pour se reproduire et sept individus plus petits. Certains de ces arbres se trouvaient dans des sites déjà connus, mais quatre nouveaux sites ont été découverts durant l’inventaire de 24 forêts de comté (superficie totale de 1306 acres) effectué dans le cadre d’un projet non relié mené dans le comté de Norfolk (Ambrose et Waldron, 2004). Un autre relevé a été réalisé récemment dans 16 forêts gérées par l’Office de protection de la nature de la région de Long Point (Draper, 2002). Des châtaigniers ont été signalés dans dix de ces forêts, dont sept constituant de nouveaux sites, mais il n’y avait que trois arbres dont le diamètre dépassait 8,5 cm à hauteur de poitrine. Cela donne une idée du nombre de populations non documentées dans des zones principales de l’aire de répartition de l’espèce, comme le comté de Norfolk. Cependant, il est possible que nous perdions des individus importants, de gros arbres mourant sans produire de rejets, sans compter les nombreux petits rejets qui dépérissent. La diversité génétique qui sera perdue d’ici à ce que nous réussissions à maîtriser la brûlure reste un sujet de constante préoccupation. En résumé, on a répertorié 101 arbres ayant atteint une taille suffisante pour se reproduire répartis dans 120 sites; on estime qu’il y a de 120 à 150 arbres reproducteurs et au moins un millier de petits individus non reproducteurs en Ontario. Le tableau 1 présente une comparaison des sites pour lesquels des renseignements ont été recueillis au cours du premier inventaire et du dernier inventaire. Ce tableau ne porte que sur les sites pour lesquels une comparaison directe est possible pour la période considérée. On trouvera à l’annexe une autre estimation des tendances.

Tableau 1 : Populations ontariennes du Castanea dentata pour lesquelles il existe des données comparatives
Comparaisons entre les relevés de 1979 à 1989 (1980s) et de 2001 à 2003 (2000s)
RelevésSite:
no, nom
Nbre par classe de taille (dhp en cm)fleursgrainessemisBrûlureChangement des années 1980 aux années 2000
<10<20<30<4040+
1980s1. Scotland  1     non 
2000sJuill. 2003  mort      perte : arbre coupé
1980s1a. Pépinière de Burford1   1ouioui non 
2000sInvch : 2    mort    déclin : le gros arbre est mort
1980s2. Sud de Glen Morris2  1   oui  
2000sJuill. 2003  1  oui?nonnondéclin : arbre différent
1980s5. Vienna1   1oui  non 
2000sInvch : 1          
1980s6. Ferme Riverbend122  oui 6non 
2000sInvch : 3          
1980s8. Springwater  1  oui  non 
2000sInvch : 13          
1980s11. Arner  1 1ouioui3oui 
2000sInvch : 2         déclin : le gros arbre, qui présentait des chancres qui se cicatrisaient, est mort; rejets
1980s15. Walsh 1   oui  oui 
2000sInvch : 9          
1980s16. Parcelle Smith31   oui  non, oui 
2000sInvch : 1-2          
1980s18. N.-O. de Delhi 1        
2000sJuill. 2003         perte : haie enlevée en bord de chemin
1980s21. Wycombe  1?1 oui  non 
2000sJuill. 2003   1 oui  nonsituation similaire : anciens arbres morts et coupés; nouvel arbre au N.-O.
1980s22. Forêt Backus1172 1ouioui3oui 
2000sInvch : 75          
1980s23. Spring Arbour  2  ouioui non 
2000sJuill. 2003 22   ouiouinongain? : les 2 anciens arbres sont morts
1980s24. Parcelle Armstrong  1  oui  non 
2000sInvch : 10          
1980s26. Forêt Sassafras31   oui    
2000sInvch : 1          
1980s27. Mineral Springs   2 ouioui3non 
2000sInvch : de 5-7          
1980s28. Copetown 1   ouioui non 
2000sInvch : de 2-3          
1980s30. Gartshore  2  ouioui non, oui 
2000sInvch : 3+          
1980s32. Cristie  1  oui  non 
2000sInvch : 1          
1980s33a. Highgatepeu 3       
2000sOct. 2003 [W. Jay]         perte : les 3 anciens arbres et les rejets sont morts
1980s34. Sunny Glades1 1  non  oui 
2000sInvch : 9          
1980s35. Ferme Smit2  11oui 1non 
2000sInvch : 2          
1980s36. Warbler Wds.    1oui  non 
2000sMai 2003 [B. Bergsma] 1  coupé    déclin : arbre perdu à cause d’un ensemble résidentiel; rejets issus de l’arbre coupé?
1980s37. Canton de Mosa  1  ouioui non 
2000sInvch : 2          
1980s38. Skunks' Misery3003      oui 
2000sInvch : 24         [inventaire refait dans seulement une partie du site]
1980s40. École Woodland    1oui  non 
2000sJuill. 2003    mort    perte : il ne reste que la souche de l’arbre
1980s42. Clare Cycle  1     non 
2000sInvch : 1          
1980s43. Parc Hillcrest1  1 oui  oui 
2000sJuill. 2003 + Invch : 1   mort     déclin : le gros arbre est mort; reste la souche
1980s44. Moore Rd.~201   ouioui oui 
2000sInvch : 10          
1980s45. Gorge de St. Davids 12  ouioui oui, non 
2000sJuill. 2003         perte : une souche trouvée; autres arbres non trouvés
1980s46. Short Hills    1oui 2non 
2000sInvch : 2          
1980s47. Nord de Glen Morris   1 oui  0 
2000sJuill. 2003   mort     perte : arbre mort, dhp de 34 cm

Notes en deuxième ligne (2000s) : Invch : inventaire des châtaigniers de 2001-2002; nombres seulement; données sur la taille et autres caractéristiques non disponibles pour le moment. Mois 2003 : observations par l’auteur ou les personnes indiquées.

La perte, indiquée au tableau 1, de plusieurs gros arbres qui étaient reproducteurs et sains au début des années 1980 est préoccupante; on ne sait pas avec certitude s’ils sont remplacés par recrutement. On trouvera à l’annexe une analyse de toutes les données des inventaires.