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Programme de rétablissement de la Chevêche des terriers (Athene cunicularia) au Canada (Proposition)


2 Rétablissement

2.1. Justification du caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la Chevêche des terriers au Canada est définitivement réalisable. En effet, dans des conditions environnementales appropriées, des populations locales ont augmenté de plus de 170 % d'une année à l'autre. Certaines caractéristiques de l'espèce contribuent à ce potentiel d'augmentation rapide de la population, notamment la grande mobilité et la production de couvées importantes. Bien que les besoins précis de la Chevêche des terriers en matière d'habitat ne soient pas connus, ses exigences générales (prairie ouverte contenant des terriers) sont satisfaites par l'habitat actuellement disponible. De nombreuses mesures de rétablissement ont été suggérées pour la Chevêche des terriers, et plusieurs ont été mises en œuvre avec succès. En comblant les lacunes dans les connaissances et en réduisant la liste des facteurs pouvant entraîner le déclin de la population, on pourra mieux orienter les efforts de rétablissement et les rendre ainsi plus efficaces. De manière générale, il faudra que les gouvernements, les organisations non gouvernementales, l'industrie, les intervenants, les propriétaires fonciers et le grand public fournissent de grands efforts et travaillent en concertation afin de limiter les menaces potentielles, de conserver l'habitat et d'assumer conjointement la responsabilité de la conservation et du rétablissement de cette espèce en Amérique du Nord (Commission for Environmental Cooperation, 2005). Malgré les nombreux efforts à déployer et le niveau élevé de concertation requis, il semble que les mesures nécessaires pour parvenir au rétablissement de cette espèce pourront être prises en utilisant diverses techniques de rétablissement qui existent déjà.

2.2 But du rétablissement

Le but à long terme du rétablissement pour la Chevêche des terriers est de renverser la tendance au déclin de la population canadienne et de maintenir1 une population autoperpétuée et bien répartie2 d'au moins 3 000 couples nicheurs3, dans les quatre provinces de l'Ouest.

2.3 Objectifs du rétablissement

  1. Identifier les facteurs associés aux changements démographiques annuels.
  2. Définir et mettre en œuvre des protocoles qui atténuent les facteurs responsables du déclin4.
  3. Maintenir, augmenter et améliorer l'habitat de reproduction et d'alimentation.
  4. Augmenter à un niveau optimal le succès de nidification et les taux d'envol et la survie dans les lieux de reproduction canadiens5.
  5. Réétablir des populations reproductrices à l'état sauvage de la Chevêche des terriers dans l'aire de répartition historique en Colombie-Britannique et dans l'aire de répartition de 1993 au Manitoba6.
  6. Encourager les activités de gestion, de conservation et de recherche visant la Chevêche des terriers et les habitats qu'elle utilise au cours de toutes les saisons aux États-Unis et au Mexique7.
  7. Faire participer, soutenir et informer les propriétaires fonciers et les gestionnaires de terres quant aux mesures visant à augmenter les populations de Chevêche des terriers et leur habitat dans leur région.

2.4 Activités recommandées pour s'attaquer aux menaces et atteindre les objectifs du rétablissement

Voir le tableau 1 pour une liste des activités recommandées pour s'attaquer aux menaces et atteindre les objectifs du rétablissement.

Tableau 1. Tableau de planification du rétablissement
PrioritéNº d'objectifMenaceStratégie généraleActivités recommandées pour atténuer les menaces et atteindre les objectifs de rétablissement
Élevée2,3,6,7Modification de l'habitatProtection de l'habitat
Restauration de l'habitat
Intendance
Sensibilisation
Coordination
Recherche
  • Aux endroits jugés convenables pour la Chevêche des terriers, protéger la prairie par des servitudes de conservation ou d'autres formes d'ententes payées ou volontaires.
  • Réduire les dommages causés à l'habitat de prairie par les activités d'exploration et d'exploitation pétrolière et gazière (p. ex. placer les installations sur des terres cultivées plutôt que sur des terres de prairie).
  • Convertir les terres cultivées en prairies, surtout dans les lieux connus de nidification de la Chevêche des terriers ou situés à proximité.
  • Lutter contre l'envahissement des arbustes et des broussailles dans les prairies ouvertes historiques.
  • Coopérer avec de grandes initiatives de conservation de la prairie, comme le Prairie Conservation Action Plan, le Grasslands Conservation Council de la Colombie-Britannique, le South Okanagan-Similkameen Conservation Program, la North American Bird Conservation Initiative de la Prairie Habitat Joint Venture et les plans d'action en matière de conservation nord-américains pour la Chevêche des terriers et le chien de prairie à queue noire (Commission de coopération environnementale).
  • Coopérer avec des organismes américains et mexicains afin d'assurer la conservation de l'habitat de reproduction, de migration et d'hivernage.
  • Caractériser davantage les associations de la Chevêche des terriers avec l'habitat pendant la saison de reproduction et en dehors de celle-ci, et repérer l'habitat convenable inoccupé par l'espèce.
Élevée1,2,3, 4,5,6,7Diminution du nombre de proiesGestion de l'habitat
Restauration
Intendance
Recherche
  • Améliorer les habitats des petits mammifères en tirant profit des meilleures connaissances et en adoptant des pratiques de gestion bénéfiques (retarder le fauchage des fossés, réduire le pâturage dans les prés humides ou en bordure des milieux humides, etc.).
  • Convertir les terres cultivées en prairies afin d'augmenter les sources de nourriture (p. ex. revégétaliser les berges des cours d'eau avec des graminées).
  • Maintenir une certaine abondance d'insectes servant de proie en adoptant des techniques stratégiques de pulvérisation d'insecticides sur les prairies indigènes, en bordure des routes et sur les champs situés à proximité de sites potentiels de Chevêches des terriers.
  • Augmenter les connaissances sur la relation entre le régime alimentaire, la reproduction et les caractéristiques de l'habitat autour des sites de nidification et de repos.
  • Utiliser le pistage radio pour augmenter les connaissances sur l'utilisation nocturne de l'habitat d'alimentation, surtout par les mâles pendant la saison de reproduction, mais aussi par toutes les Chevêches des terriers pendant la période internuptiale.
  • Étudier les effets du pâturage et du fauchage sur les habitats d'alimentation et sur la disponibilité de proies nocturnes et diurnes.
Élevée2,3,4, 5,6,7Perte de terriersGestion de l'habitat et des espèces
Intendance
Sensibilisation
Réintroduction
  • Décourager l'extermination de mammifères fouisseurs (spermophile, blaireau, chien de prairie) au Canada, aux États-Unis et au Mexique.
  • Partout en Amérique du Nord, encourager la réintroduction de mammifères fouisseurs dans les endroits d'où ils ont été exterminés.
  • Aux endroits où les populations locales de mammifères fouisseurs ne peuvent pas encore être réintroduites, installer des terriers de nidification artificiels comme mesure temporaire.
Élevée2,3,4, 5,6,7Augmentation de la prédationGestion de l'habitat
Intendance
Gestion de l'espèce
Sensibilisation
Recherche
  • Ramener les populations d'oiseaux et de mammifères prédateurs à leurs niveaux historiques, moins élevés, dans les lieux de nidification de la Chevêche des terriers en gérant l'habitat et en installant des nids et abris artificiels.
  • Décourager la plantation d'arbres ou la construction de structures artificielles qui favorisent la présence de plus grands faucons et strigidés dans des secteurs où ces espèces étaient historiquement absentes.
  • Utiliser occasionnellement des terriers artificiels à l'épreuve des prédateurs, mais seulement à des endroits spécifiques où la grande pression exercée par les prédateurs l'exige.
  • Déterminer si la fragmentation de l'habitat est associée à des niveaux plus élevés de prédation.
  • Analyser les données existantes afin d'évaluer si la prédation des nids augmente les probabilités et les distances d'une dispersion future.
Élevée5DiversesGestion de l'habitat
Réétablissement
Réintroduction
  • Au Manitoba, gérer les zones de prairie anciennement occupées par l'espèce (par la protection de l'habitat, l'intendance, la conservation des mammifères fouisseurs, le contrôle des contaminants de l'environnement, etc.) afin d'encourager la Chevêche des terriers à les réoccuper, notamment par une immigration issue de populations sauvages des provinces ou des États américains voisins (De Smet, 1997; K. De Smet, comm. pers., 2006).
  • En Colombie-Britannique, employer ces mêmes méthodes, mais également augmenter la petite population sauvage en relâchant chaque année des Chevêches des terriers élevées en captivité afin qu'elles puissent produire des jeunes dans les lieux de mise en liberté (Leupin, en révision).
Moyenne2,4,7VéhiculesÉducation Sensibilisation
  • Réduire la mortalité des Chevêches des terriers due aux véhicules en affichant les limites de vitesse à proximité des sites de nidification.
  • Produire des documents de communication afin d'apprendre aux opérateurs de machinerie lourde (utilisée pour le travail du sol, la fenaison, le fauchage et la construction et l'entretien des routes) à reconnaître les nids de Chevêche des terriers et à faire attention de ne pas les détruire.
  • Réduire les effets des perturbations industrielles.
Moyenne1,2,4, 6,7Contaminants de l'environnementSensibilisation
Intendance
Suivi
Recherche
  • Décourager le recours aux insecticides à proximité des nids et des lieux d'hivernage des Chevêches des terriers.
  • Suivre des protocoles normalisés pour recueillir et entreposer les carcasses et les œufs non éclos de Chevêche des terriers pour analyse chimique.
  • Déterminer les concentrations de strychnine, de plomb, de composés organochlorés et d'insecticides anti-cholinestérases dans le sang, les plumes, les œufs ou les carcasses.
  • Déterminer les concentrations de plomb et de strychnine dans les spermophiles dont se nourrissent les Chevêches des terriers et qui sont trouvés dans leurs terriers.
  • Déterminer le potentiel d'exposition des Chevêches des terriers aux contaminants de l'environnement dans toutes les saisons.
Basse1,7Conditions météorologiques défavorablesRecherche
  • Étudier l'incidence des changements climatiques en ce qui concerne les cycles de conditions météorologiques défavorables (p. ex. périodes prolongées de pluie excessive).
  • Comparer les probabilités d'inondation des nids des pâturages indigènes aux probabilités d'inondation des nids des pâturages artificiels.

2.5 Habitat essentiel

2.5.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Il est pour l'instant impossible de définir l'habitat essentiel de la Chevêche des terriers en raison d'un manque de connaissances en ce qui concerne la majorité des emplacements de la chevêche, d'un compréhension limitée des associations d'habitat de la chevêche durant la reproduction tant à l'échelle du paysage qu'à celle du domaine vital (voir section 1.7, « Lacunes dans les connaissances ») et du fait que les Chevêches des terriers ne démontre pas une grande fidélité au site pour leurs terriers de nidification. L'habitat essentiel sera désigné dans des plans d'action d'ici le 31 décembre 2009 avec l'aide de l'équipe nationale de rétablissement de la Chevêche des terriers et des groupes provinciaux de mise en œuvre du rétablissement.

2.5.2 Calendrier des études pour la désignation de l'habitat essentiel

Le tableau 2 présente le calendrier des études nécessaires pour la désignation de l'habitat essentiel.

Tableau 2. Calendrier général des études nécessaires pour la désignation de l'habitat essentiel de la Chevêche des terriers au Canada.
Description de l'activité de rechercheDate de débutDate d'achèvement
Procéder à des relevés ciblés dans les types d'habitat généralement convenables et dans les secteurs où des observations ont déjà été signalées afin de mieux connaître l'aire de répartition de l'espèce et les concentrations potentielles.1987Continu
Évaluer les paramètres démographiques (p. ex. : productivité, survie, dispersion) en relation avec les types et les conditions d'habitat.20032007
Faire la cartographie de l'habitat de reproduction et la modélisation des associations à l'habitat, en fonction des associations avec l'habitat de nidification et de la productivité, afin de pouvoir mieux définir l'habitat essentiel.20032007
Réaliser des recherches sur l'alimentation nocturne afin de déterminer la taille du domaine vital et l'utilisation de l'habitat par rapport à la disponibilité de proies et aux types ou conditions d'habitat, afin de pouvoir mieux définir l'habitat essentiel.19992009
Préciser la définition de l'habitat essentiel en tenant compte de toute nouvelle information.2010Continu, au besoin  

2.6 Effets potentiels sur les espèces non ciblées

La gestion de l'habitat de la Chevêche des terriers aura des répercussions positives sur d'autres espèces de prairie, notamment sur d'autres espèces en péril. Il semble que la Chevêche des terriers ait besoin d'une variété de conditions d'habitat de prairie pour nicher et se nourrir. La Chevêche des terriers ne sera qu'une des nombreuses espèces indigènes de prairie à profiter d'une bonne mosaïque de prairies et de pratiques efficaces de pâturage et de fenaison. Plus particulièrement, la protection et la gestion appropriées des prairies indigènes profitera à d'autres espèces inscrites, comme le Pipit de Sprague (Anthus spragueii), le Hibou des marais (Asio flammeus), la Buse rouilleuse (Buteo regalis), le Courlis à long bec (Numenius americanus), le renard véloce (Vulpes velox), le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus) et le chien de prairie à queue noire. La reproduction et la survie de la Chevêche des terriers sont dépendantes de la disponibilité de terriers. Par conséquent, les mesures de rétablissement prises pour la Chevêche des terriers encouragent la conservation des populations de mammifères fouisseurs indigènes, comme le blaireau, le spermophile, le chien de prairie et la marmotte, ce dont pourraient profiter plusieurs autres espèces sauvages qui se nourrissent de ces animaux (p. ex. la Buse rouilleuse) ou qui utilisent leurs terriers. Dans certaines situations spécifiques, le rétablissement de la Chevêche des terriers pourrait prévoir l'exclusion des prédateurs des terriers (grâce à des terriers artificiels) et la gestion de l'habitat à proximité des aires de nidification de la Chevêche des terriers afin de décourager les prédateurs dont les populations ont augmenté au delà des niveaux historiques en raison d'associations positives avec les activités agricoles [p. ex. Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus), Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), mouffette rayée, renard roux et coyote; Wellicome et Haug, 1995]. Il est donc possible que les populations de ces espèces communes de prédateurs soient négativement touchées dans les lieux de gestion de la Chevêche des terriers, mais leurs effectifs demeureront sans doute élevés. Afin d'harmoniser la gestion des populations de la Buse rouilleuse et de la Chevêche des terriers, il faudrait tenir compte des répercussions sur les Chevêches des terriers vivant à proximité que l'installation de substrats de nidification (naturels ou artificiels) pour les buses pourrait avoir.

2.7 Échéancier prévu pour l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action

Des plans d'action conformes à la LEP seront élaborés d'ici le 31 décembre 2009 pour les provinces canadiennes où la Chevêche des terriers est présente. Le Recovery Plan for Burrowing Owl in Alberta (plan de rétablissement de la Chevêche des terriers en Alberta) a été publié (Alberta Burrowing Owl Recovery Team, 2005). De plus, le document provisoire Recovery Action Plan for Burrowing Owl (Athene cunicularia hypugaea) (plan d'action provisoire pour le rétablissement de la Chevêche des terriers [Athene cunicularia hypugaea]) a été préparé par le groupe de mise en œuvre du rétablissement de la Colombie-Britannique (Leupin, en révision). Si ces plans sont utilisés comme plans d'action en vertu de la LEP, ils devront être revus pour assurer leur conformité avec la LEP.


1 Sur une période de 10 ans au minimum.

2 Dans les trois provinces des Prairies, la superficie couverte par 95 % des endroits occupés dans le futur par les Chevêches des terriers devrait englober l'aire de répartition de 1993 (voir figure 2). En Colombie-Britannique, la Chevêche des terriers devrait occuper son aire de répartition historique des régions des rivières Thompson-Nicola et Okanagan.

3 Le plan de rétablissement national de 1995 (Hjertaas et al., 1995) proposait un but équivalent de rétablissement des populations. Le but actuel quant à la taille des populations devrait être calculé comme une moyenne mobile sur trois ans et être d'au moins 30 couples nicheurs en Colombie-Britannique.

4 Les facteurs connus et potentiels sont abordés en détail dans les sections 1.4.2, 1.5 et 1.6.

5 Voir section 1.4.2 pour plus de précision.

6 Voir Leupin (en révision) pour connaître les critères d'évaluation du réétablissement en Colombie-Britannique. Voir la figure 2 pour connaître l'aire de répartition de 1993 au Manitoba.

7 Voir le plan d'action nord-américain pour la conservation de la Chevêche des terriers de l'ouest (Commission for Environmental Cooperation, 2005).