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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand héron de la sous-espèce fannini au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation
du COSEPAC
sur le
Grand héron
Ardea herodias fannini
sous-espèce fannini
au Canada

Grand Héron de la sous-espèce fannini

Espéce préoccupante
2008


COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
Logo du COSEPAC

COSEWIC
Committee on the status
of endangered wildlife
in Canada

 

Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 46 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Rapports précédents :

Butler, W. R. 1997. COSEWIC status report on the Pacific Great Blue Heron Ardea herodias fannini in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. ii + 9 pp.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Ross Vennesland et Rob Butler qui ont rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le Grand Héron de la sous espèce fannini au Canada, en vertu d’un contrat avec le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, l’Agence Parcs Canada et Environnement Canada. Marty Leonard, Ph.D., coprésidente du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa  (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Great Blue Heron fannini subspecies Ardea herodias fannini in Canada.

Illustration de la couverture :
Grand héron de la sous-espèce fannini -- Photo par John F. Bargman.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008
No de catalogue : CW69-14/543-2008F-PDF
ISBN : 978-0-662-04079-8

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun :
Grand héron de la sous-espèce fannini

Nom scientifique :
Ardea herodias fannini

Statut :
Espèce préoccupante

Justification de la désignation :
Au Canada, cette sous-espèce est répartie le long de la côte de la Colombie-Britannique et possède une population relativement petite qui se concentre dans quelques colonies de reproduction dans le sud de la Colombie-Britannique. Il y a des indications d'un déclin de la productivité et il n'est pas clair si la population est stable ou en déclin. La prédation par les aigles, la perte d'habitat et les perturbations par les humains constituent des menaces permanentes, particulièrement dans la partie sud de l'aire de répartition où les concentrations d'oiseaux sont plus élevées.

Répartition :
Colombie-Britannique

Historique du statut :
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1997 et en avril 2008. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Grand héron
Ardea herodias fannini

sous-espèce fannini

Information sur l’espèce

Le Grand Héron (Ardea herodias), un oiseau qui atteint plus de un mètre de hauteur, est le plus grand échassier d’Amérique du Nord. La sous-espèce Ardea herodias fannini, nommée Grand Héron du Pacifique dans le présent rapport, réside à longueur d'année sur les côtes de la Colombie-Britannique. Cette sous-espèce est non migratoire et partiellement isolée des hérons continentaux par les hautes chaînes de montagnes de l’est et une saison de reproduction légèrement précoce. Par comparaison aux hérons continentaux, le Grand Héron du Pacifique est plus foncé et de plus petite taille, et produit des nichées de plus petite taille.


Répartition

Le Grand Héron niche dans la plupart des régions de l’Amérique du Nord au sud de l’Alaska et dans les îles Galápagos. Sa répartition, en incluant les aires non reproductrices, s’étend depuis la limite sud des régions polaires jusqu’au Panama. Le Grand Héron du Pacifique est confiné à la côte du Pacifique, entre le golfe du Prince William en Alaska et Puget Sound dans l’État de Washington, où il réside à longueur d’année.


Habitat

Les Grands Hérons du Pacifique se nourrissent le long du littoral marin, dans des marais d’eau douce et d’eau salée, le long de cours d’eau et dans des terres herbeuses. Un plus petit nombre d’individus se nourrit dans des forêts de varech, sur des quais et dans des plans d’eau artificiels (p. ex. étangs décoratifs et piscicultures). La plupart des hérons nichent dans des terrains boisés à proximité de grands prés de zostère marine (Zostera marina), le long de cours d’eau et dans des marais estuariens et d’eau douce. Les colonies de nidification changent d’emplacement, en particulier dans les régions où les perturbations sont nombreuses. Certaines colonies sont utilisées pendant de nombreuses années, mais la plupart d’entre elles, et en particulier celles qui comptent moins de 25 nids, changent d’emplacement après quelques années. En automne, les juvéniles occupent les terres herbeuses du delta du Fraser et du sud de l’île de Vancouver, tandis que les adultes occupent des marais estuariens et riverains et des terres herbeuses.

La taille des populations de Grands Hérons est proportionnelle à la superficie de l’habitat d’alimentation disponible à l’échelle locale. Par conséquent, les plus grandes concentrations de Grands Hérons du Pacifique se trouvent dans la région du delta du Fraser, dont les grandes vasières et zosteraies offrent une abondance de sites d’alimentation. Les pertes localisées d’habitat d’alimentation ont probablement été le plus sévères sur la côte sud de la Colombie-Britannique, car c’est dans cette région que vit la plupart de la population humaine de la province. En outre, l’utilisation de certaines aires d’alimentation pourrait être limitée par la quantité d’habitats de nidification conservés à l’état sauvage.

L’abondance de grands arbres convenables pour la nidification près des aires d’alimentation a diminué dans certaines parties de la Colombie-Britannique au cours du siècle dernier, en raison de l’accroissement de la population humaine et du développement industriel. La côte sud de la Colombie-Britannique, en particulier la très peuplée vallée du bas Fraser, où la population humaine continue de s’accroître, est particulièrement touchée par ce phénomène. Dans cette région, le facteur limitant la taille de la population de hérons pourrait être l’habitat de nidification. La destruction d’habitat dans la côte sud de la Colombie-Britannique a provoqué l’abandon d’au moins 21 colonies (de 1972 à 1985 et de 1998 à 1999).


Biologie

Au printemps, la plupart des hérons se rassemblent dans des colonies où ils se font la cour, nichent et élèvent leurs petits. La diète est principalement composée de petits poissons durant la saison de reproduction, complétée par des petits mammifères en hiver. Généralement, les femelles pondent quatre œufs, et moins de deux oisillons atteignent en moyenne le stade de l’envol et quittent le nid pour atteindre le stade juvénile. Moins de 25 p. 100 des juvéniles survivent à leur premier hiver, après quoi le taux de survie augmente pour atteindre environ 75 p. 100 par année chez les adultes. Les nids, généralement construits dans des arbres, sont faits de grandes branches.


Taille et tendances des populations

Il est difficile d’estimer la taille de la population de Grands Hérons du Pacifique, car les colonies sont instables et il est difficile d’en faire le suivi de manière standardisée. Les meilleures estimations suggèrent que la population canadienne de Grands Hérons du Pacifique compterait entre 4 000 et 5 000 adultes reproducteurs. La population mondiale de Grands Hérons du Pacifique se situe probablement entre 9 500 et 11 000 adultes reproducteurs.

Les données du Recensement des oiseaux de Noël indiquent un déclin démographique au cours des trois dernières générations, alors que les relevés des oiseaux aquatiques des côtes indiquent une croissance au cours d’une récente période de cinq ans. Les relevés des colonies suggèrent que la productivité a diminué considérablement depuis les années 1970.


Facteurs limitatifs et menaces

On croit que les déclins et les autres problèmes de productivité et de taille des populations sont liés à la prédation par le Pygargue à tête blanche, aux perturbations humaines et à la destruction des habitats de nidification et d’alimentation. On estime que la population humaine vivant au centre de l’aire de répartition de la sous-espèce doublera au cours des 30 prochaines années, ce qui risque d’accentuer les perturbations humaines et la destruction de l’habitat. En outre, les prédateurs auraient un impact sur la qualité de l’habitat en obligeant les hérons à se déplacer vers de nouveaux sites encore plus restreints.


Importance de l’espèce

Le Grand Héron du Pacifique est un animal très apprécié et un symbole de la conservation des terres humides et de la qualité de l’environnement.


Protection actuelle ou autres désignations de statut

Il est interdit de chasser ou de tourmenter tout Grand Héron en vertu de la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, du Règlement sur les oiseaux migrateurs et de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. Les deux sous-espèces de Grands Hérons présentes en Colombie-Britannique figurent dans la liste bleue du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique. Le Grand Héron du Pacifique a été désigné « espèce préoccupante » en 1997 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.


Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.


Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.


Définitions
(2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Listes des figures et tableaux

Liste des figures


Liste des tableaux

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Information sur l'espèce

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Grand héron
Ardea herodias fannini
sous-espèce fannini
au Canada
2008

Nom et classification

Le Grand Héron (Ardea herodias) appartient à la classe des Oiseaux, à l’ordre des Ciconiiformes et à la famille des Ardéidés. Cette espèce de héron caractéristique des terres humides du sud du Canada est le plus grand échassier d’Amérique du Nord (plus de un mètre de hauteur).

Cinq sous-espèces sont actuellement reconnues (Payne, 1979; Butler, 1992), et deux d’entre elles vivent en Colombie-Britannique. La sous-espèce Ardea herodias herodias occupe tout le Canada méridional à l’est des chaînes de montagnes côtières de la Colombie-Britannique, tandis que la sous-espèce Ardea herodias fannini occupe toute la côte de la Colombie-Britannique à l’ouest de ces montagnes (figure 1).

Description morphologique

Le Grand Héron mesure environ 60 cm de hauteur (le cou courbé), de 97 à 137 cm de longueur et pèse de 2,1 à 2,5 kg (Butler, 1992; idem, 1997). Les ailes sont longues et arrondies, le bec, long et la queue, courte (Butler, 1992; idem, 1997). En vol, le Grand Héron effectue d’amples battements d’ailes à un rythme lent, le cou courbé en forme de « S ». Le plumage est principalement de teinte bleu-gris, et les adultes portent une couronne blanche (Butler, 1992; idem, 1997).

Le Grand Héron du Pacifique diffère de la forme continentale (A.h. herodias) par sa morphologie, son comportement reproducteur et sa physiologie de la reproduction (Butler, 1997). En matière de morphologie, le Grand Héron du Pacifique est plus petit et plus foncé que le A.h. herodias.

Description génétique

Aucune caractérisation génétique des Grands Hérons d’Amérique du Nord n’a été effectuée.

Unités désignables

L’American Ornithologists’ Union (AOU) reconnaît une sous-espèce côtière de Grands Hérons en Colombie-Britannique, nommée Grand Héron du Pacifique (A. h. fannini) dans le présent rapport.

Une récente comparaison taxinomique des hérons a démontré que les individus des îles de la Reine-Charlotte, de la côte nord et du sud-est de l’Alaska ont des tarses plus courts et un plumage plus foncé que les individus de la côte sud (Dickerman, 2004). Les hérons de la côte sud ont une taille intermédiaire entre celle des individus de la côte nord et celle des individus de la Californie (Dickerman, 2004). À la lumière de ces données, Dickerman (2004) a recommandé que la désignation de la sous-espèce fannini soit réservée aux individus des îles de la Reine-Charlotte et de la côte nord adjacente en Colombie-Britannique et en Alaska, et que les hérons de la côte sud soient considérés comme une forme intermédiaire entre la sous-espèce fannini et les hérons de la Californie. Cette recommandation n’a pas été retenue par l’AOU et s’oppose aux définitions actuellement reconnues, basées sur les travaux de Payne (1979) lesquelles étaient également fondées uniquement sur la morphologie. Des recherches génétiques pourraient clarifier le degré de séparation des sous-espèces et leurs limites géographiques.

Le présent rapport porte sur une seule unité désignable, c’est-à-dire la seule sous-espèce côtière de Grands Hérons, conformément à la taxinomie actuellement acceptée par l’AOU.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Grand Héron niche sur la côte sud de l’Alaska, sur la côte et dans le sud de la Colombie-Britannique, dans le nord de l’Alberta, au centre du Manitoba, dans le sud de l’Ontario et du Québec, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse, dans tous les États-Unis au sud, sur les côtes du Mexique et dans les îles Galápagos (Butler, 1992). Sa répartition hivernale s’étend depuis la limite sud des régions polaires jusqu’au Panama.

L’aire de répartition du Grand Héron du Pacifique, qui fait l’objet du présent rapport, se restreint à la côte entre le golfe du Prince William en Alaska et Puget Sound dans l’État de Washington (figure 1).

Figure 1. Aire de répartition mondiale du Grand Héron du Pacifique, Ardea herodias fannini

Aire de répartition mondiale du Grand Héron du Pacifique.

Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le Grand Héron du Pacifique est un résident à longueur d'année des côtes nord et sud de la Colombie-Britannique et de ses archipels (p. ex. île de Vancouver et îles de la Reine-Charlotte; figure 2). Son aire de répartition comprend les zones biogéoclimatiques suivantes : zone côtière de la pruche occidentale et zone côtière du douglas taxifolié situées dans un rayon de 10 km des côtes ou des grands cours d’eau (discussion dans la section Habitat). La plupart des colonies de nidification se trouvent dans le détroit de Georgie, au centre de l’aire de répartition de la sous-espèce. On ne dispose de données à long terme sur l’habitat de nidification que pour cette seule région (figure 3). La zone d’occupation est d’environ 188 000 km2, et comprend toutes les terres émergées se trouvant dans la zone biogéoclimatique côtière du douglas taxifolié et la zone biogéoclimatique côtière de la pruche occidentale se trouvant à moins de 10 km soit du littoral ou d’un grand cours d’eau. La zone d’occurrence est d’environ 244 000 km2 et se fonde sur la superficie d’un polygone ayant un nombre minimum de côtés et entourant la totalité de l’aire de répartition canadienne. Environ 59 p. 100 de la zone d’occurrence mondiale se trouve au Canada (environ 128 000 km2 en Alaska et 43 000 km2 dans l’État de Washington).


Figure 2. Aire de répartition canadienne du Grand Héron du Pacifique indiquant la zone d’occupation potentielle (zone ombragée).

Aire de répartition canadienne du Grand Héron du Pacifique (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 2

La zone d’occupation potentielle est définie comme les terres émergées à l’intérieur des zones biogéoclimatiques côtière du douglas taxifolié et côtière de la pruche occidentale se trouvant à moins de 10 km d’une aire d’alimentation potentielle. Les aires d’alimentation potentielles sont définies comme l’ensemble du littoral et les grands systèmes riverains (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

 


Figure 3. Emplacements confirmés de colonies de nidification de Grands Hérons du Pacifique sur la côte sud de la Colombie-Britannique et l’île de Vancouver, de 1920 à 2005.

Emplacements confirmés de colonies de nidification de Grands Hérons du Pacifique (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 3

Certains sites de nidification ont été observés dans d’autres secteurs de la côte (p. ex. îles de la Reine-Charlotte), mais ils sont peu nombreux et n’ont pas été inventoriés systématiquement. Les trois grandes régions de la côte sud de la Colombie-Britannique mentionnées dans le présent rapport (île de Vancouver, Sunshine Coast et vallée du bas Fraser) sont indiquées sur la carte (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

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Habitat

L’habitat du Grand Héron du Pacifique est décrit par Butler (1995, 1997) et Gebauer et Moul (2001). Cette sous-espèce s’alimente le long du littoral, dans des marais d’eau douce et d’eau salée, le long de cours d’eau et dans les terres herbeuses. Un petit nombre de hérons se nourrit dans des forêts de varech, sur des quais et dans des plans d’eau artificiels (p. ex. étangs décoratifs et piscicultures). La plupart des hérons nichent dans des boisés à proximité de grands prés de zostère marine (Zostera marina), le long de cours d’eau et dans des marais estuariens et d’eau douce. En automne, les hérons juvéniles occupent les terres herbeuses du delta du Fraser, tandis que les adultes occupent des marais estuariens et riverains et des terres herbeuses. Toutes les occurrences connues d’alimentation et de nidification se trouvent à l’intérieur de la zone biogéoclimatique de la pruche occidentale et de la zone biogéoclimatique côtière du douglas taxifolié.

Besoins en matière d’habitat

Habitat d’alimentation

Les Grands Hérons du Pacifique nicheurs doivent avoir accès à des proies à 10 km de leur nid, tout au plus (Butler, 1995). Les principaux habitats d’alimentation du Grand Héron du Pacifique sont des zones aquatiques comme des vasières intertidales, des abords de rivières et de lacs et des terres humides (Butler, 1992; idem, 1997; Gebauer et Moul, 2001). Sur la côte en hiver, les proies aquatiques se raréfient en raison de la plus courte durée des marées basses diurnes, ainsi les terres agricoles en jachère deviennent d’importants sites d’alimentation pour les hérons adultes et juvéniles (Butler, 1995; idem, 1997). Les champs à l’intérieur des terres sont considérés comme un habitat d’alimentation important pour les hérons adultes et juvéniles dans la vallée du bas Fraser et dans le sud de l’île de Vancouver (Gebauer et Moul, 2001). Le nombre de hérons utilisant des habitats d’alimentation non aquatiques est inconnu, mais comme un grand nombre d’entre eux vivent dans la région de la côte sud (Gebauer et Moul, 2001), il est probable que ces habitats d’alimentation soient importants pour un nombre considérable d’entre eux. Certains habitats d’alimentation ne sont pas utilisés par les hérons chaque année, ce qui suggère que la croissance démographique ne serait pas limitée par la quantité d’habitat d’alimentation disponible.

Habitat de nidification

Les Grands Hérons du Pacifique sont des nicheurs principalement arboricoles, et leurs colonies sont généralement situées dans des forêts à proximité (moins de 10 km) de sites d’alimentation convenables (Butler, 1991; idem, 1992; idem, 1995; idem,  1997). Les nids sont généralement construits dans des sites relativement exempts de perturbations humaines, mais on les trouve parfois dans des secteurs développés. Les grandes colonies requièrent des forêts en meilleur état que les petites colonies. On trouve des colonies en milieu urbain et rural, dans des forêts relativement contiguës ou fragmentées et dans des arbres solitaires (Butler, 1997; Vennesland, 2000).

L’emplacement des colonies de Grands Hérons du Pacifique varie, en particulier aux endroits où les perturbations sont intenses (Butler, 1992; Vennesland, 2000). Certaines colonies sont utilisées pendant de nombreuses années (p. ex. île Shoal, parc Pacific Spirit et Point Roberts; sites occupés depuis plus de 25 ans), mais la plupart des colonies, surtout les colonies comptant moins de 25 nids, changent d’endroit après quelques années (Gebauer et Moul, 2001). Un site peut être réutilisé par un individu dont la première tentative de nidification a échoué, si d’autres hérons sont présents et s’il reste suffisamment de temps pour compléter un cycle de nidification (Vennesland, 2000). Si une colonie entière abandonne et qu’il reste suffisamment de temps pour compléter un cycle de reproduction, il arrive que les hérons se rassemblent de nouveau la même année pour former une colonie au même endroit ou ailleurs (Vennesland, 2000). Les hérons peuvent parfois revenir dans un site après l’avoir abandonné pendant un an ou plus (Moul et al., 2001; Chatwin et al., 2006).

Tendances en matière d’habitat

Habitat d’alimentation

Il est probable que l’habitat d’alimentation convenable soit en déclin en Colombie-Britannique (Gebauer et Moul, 2001), quoiqu’on ne dispose d’aucune information quantitative sur les tendances en matière d’habitat. On a relevé une corrélation entre la taille des populations de Grands Hérons et la superficie de l’habitat d’alimentation disponible à l’échelle locale (Gibbs et Kinkel, 1997). Par conséquent, les plus grandes concentrations de Grands Hérons du Pacifique se trouvent à proximité des grands estuaires de la côte sud de la Colombie-Britannique, principalement le delta du Fraser, où les grandes vasières et zosteraies offrent une abondance de sites d’alimentation (Butler, 1995; Eissinger, 1996). Ces habitats sont fortement menacés par le fait que la majorité de la population humaine de la province vit à proximité de ceux-ci (Butler, 1997; Gebauer et Moul, 2001). Par exemple, l’utilisation de certains sites d’alimentation (p. ex. baie Boundary) pourrait être, à l’heure actuelle, limitée par la quantité d’habitat de nidification convenable demeuré à l’état sauvage (B. Smith, données inédites; voir la discussion sur l’habitat de nidification ci-dessous).

Bien que les zosteraies indigènes soient en déclin généralisé, certains petits gains localisés en habitat ont été réalisés à Roberts Bank, dans le sud du delta du Fraser, à la suite de la construction d’une jetée pour un terminal de traversier et un port de cargo (Butler, 1997). À l’extérieur du bassin de Georgie, les Grands Hérons du Pacifique sont peu nombreux, mais répandus le long de la côte. Ils se nourrissent dans des lits de varech, sur des quais et sur des objets flottants, et occupent les eaux peu profondes. Ces individus n’ont subi aucune perte d’habitat convenable, et certains peuvent tirer profit de la construction de quais et de l’installation de piscicultures où ils ont accès à des poissons en eau profonde. À l’échelle de toute la côte, cependant, ces gains potentiels en habitat sont probablement négligeables et annulés par les pertes d’habitat dues au développement ailleurs, en particulier dans la vallée du bas Fraser.

Habitat de nidification

L’abondance des grands arbres convenant à la nidification des Grands Hérons du Pacifique et situés à proximité d’aires d’alimentation a diminué dans certaines parties de la Colombie-Britannique au cours du siècle dernier en raison de l’accroissement de la population humaine et de l’industrialisation (Butler, 1997, Gebauer et Moul, 2001). La vallée du bas Fraser (Moore, 1990, Butler, 1997), où l’on projette que la population humaine passera de 2,5 millions d’habitants en 1990 à environ 4 millions d’habitants en 2020 (Georgia Basin Ecosystem Initiative, 2002), est particulièrement durement touchée par ce phénomène. La destruction de l’habitat sur la côte sud de la Colombie-Britannique a provoqué l’abandon d’au moins 21 colonies (entre 1972 et 1985 et entre 1998 et 1999; Forbes et al., 1985b; Gebauer, 1995; Vennesland, 2000; Vennesland, 2006). Smith et al. (données inédites) ont étudié, à l’aide d’une analyse spatiale du paysage dans la région de la baie Boundary, la disponibilité de l’habitat de nidification à moins de 15 km de grands sites d’alimentation connus (c.-à-d. la distance à laquelle le coût énergétique du vol représente 90 p. 100 de l’apport énergétique pouvant être transféré aux oisillons). L’analyse démontre que l’habitat de nidification est gravement limité dans cette région. Bien que l’habitat d’alimentation puisse y soutenir théoriquement une grande population de hérons, il semble que la disponibilité des sites de nidification limite les effectifs. Dans cette région, des hérons nichaient dans des habitats non conventionnels à au moins trois endroits (p. ex. haies dans un champ agricole), ce qui révèle peut-être un manque d’espace.

En outre, la qualité de l’habitat de nidification du Grand Héron du Pacifique pourrait souffrir de l’intensification des perturbations par les humains et les accipitridés. Bien que certains hérons vivent dans des milieux urbains, d’autres semblent réticents à s’approcher de l’humain. De plus, Vennesland et Butler (2004) ont observé que la productivité des nids de hérons est corrélée négativement avec le degré d’activité humaine à proximité des colonies. Le principal facteur de cette relation est la prédation des nids de hérons par les accipitridés; les perturbations directes par les humains constituent un facteur secondaire. Ainsi, l’incidence de la prédation par les accipitridés pourrait augmenter avec l’urbanisation. Ce phénomène pourrait être exacerbé par le fait que les populations d’accipitridés du détroit de Georgie profiteraient de la présence de l’humain, notamment par la croissance des populations de mouettes et goélands qui se nourrissent des déchets (Vermeer et al., 1989).

À l’extérieur du bassin de Georgie, les Grands Hérons du Pacifique sont dispersés, nichant en petits groupes ou seuls dans les forêts. Peu de nids ont été découverts et tous se trouvaient à quelques kilomètres d’un site d’alimentation. Il ne manque pas d’arbres pour les hérons dans ces régions, de sorte que l’habitat de nidification semble disponible en tout temps. L’habitat n’y a pas subi de déclin important. Cependant, des travaux supplémentaires sont requis pour découvrir les nids de hérons dans ces régions éloignées, car les données sont rares.

Protection et propriété

L’article 34 de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (1982; mise à jour en 1999) protège les nids des hérons (et par conséquent les arbres portant des nids), mais ne prévoit aucune zone tampon. La Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique (2004) renferme des lignes directrices pour protéger les colonies de hérons (p. ex. par l’intermédiaire de la Identified Wildlife Management Strategy) sur les terres de la Couronne, y compris des dispositions pour des zones tampons (Vennesland, 2004). Cependant, aucune réserve n’a été créée en vertu de cette législation; elle n’offre donc aucune protection à l’heure actuelle. Aucun autre habitat à l’extérieur de parcs, d’aires de gestion des espèces sauvages (par l’intermédiaire de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique) ou de réserves nationales de faune (par l’intermédiaire de la Loi sur les espèces sauvages du Canada) ne bénéficie d’une protection légale.

Sur les terres privées, le gouvernement de la Colombie-Britannique propose aux utilisateurs des terres des conseils pour protéger les espèces sauvages, au moyen de documents principalement non légaux tels que l’Environmental Best Management Practices for Urban and Rural Land Development in British Columbia (ou « Develop with Care »), une série de documents produite par le Ministry of Environment (MOE, 2007). Cependant, il existe peu de lois obligeant la prise de mesures fondées sur les recommandations de ces documents de nature principalement informative. Les municipalités disposent de pouvoirs considérables sur les terres relevant de leur compétence, notamment le pouvoir de zonage des terres pour différents usages et la détermination de Development Permit Areas, entre autres pouvoirs réglementaires. Toutefois, en raison du coût économique élevé de la conservation des espèces sauvages pour les propriétaires fonciers, la mise en place d’activités de conservation est limitée et varie d’une compétence à l’autre.

L’habitat d’alimentation du Grand Héron du Pacifique comprend des terres et des eaux relevant des compétences fédérales (p. ex. zones intertidales, cours d’eau, parcs nationaux, réserves nationales de faune) et des compétences provinciales (p. ex. terrains privés, terrains municipaux, parcs provinciaux, aires de gestion des espèces sauvages). On ignore quelle est la proportion des aires d’alimentation qui bénéficie d’une protection officielle, mais parmi les sites notables protégés et accueillant un grand nombre de hérons, on compte la baie Boundary, Sturgeon Bank, le marais Pitt Addington, les aires de gestion des espèces sauvages de Coquitlam River et de Parksville-Qualicum Beach (provinciales) et les réserves nationales de faune d’Alaksen, de Qualicum et de Wigeon Valley (fédérales). Malgré cette protection, bon nombre de ces sites sont menacés par des déversements d’hydrocarbures ou d’autres événements catastrophiques (p. ex. Sturgeon Bank et la baie Boundary sont menacés par la proximité du trafic de traversiers et de cargos).

Les colonies de nidification de Grands Hérons du Pacifique actuellement actives sont situées sur des terres protégées ou non protégées relevant des gouvernements fédéral et provincial et des administrations régionales et municipales, de même que sur des terres privées. Le tableau 1 dresse la liste des sites de nidification actuels se trouvant sur des terres protégées. Ces sept sites représentent 14 p. 100 des sites actifs connus (n = 49 sites actifs en 2005), et offrent un certain degré de protection aux sites de nidification de 37 p. 100 des couples nicheurs connus en 2005 (n = 1 943 couples nicheurs). Il importe toutefois de souligner que les colonies de hérons sont de nature dynamique et changent souvent d’emplacement (Butler, 1997; Vennesland, 2000). Les parcs Stanley et Deer Lake ont tous deux été récemment colonisés, alors que le parc McFadden a connu une baisse d’effectifs d’un maximum de 138 nids actifs en 2000 à deux seulement en 2005 (tableau 1). En outre, quatre des sites protégés figurant au tableau 1 (Beacon Hill, parc Salal, parc Stanley et parc Deer Lake) se trouvent dans des parcs municipaux hautement perturbés par les humains. Des degrés élevés de perturbations humaines ayant été associés à une productivité des nids affaiblie (Vennesland et Butler, 2004), il est possible que la qualité de l’habitat soit mauvaise à ces endroits. Les trois autres sites sont soit clôturés, soit d’accès contrôlé, mesures considérées comme importantes pour la viabilité à long terme des sites (Carlson et McLean, 1996). Des 39 autres sites utilisés par des hérons pour la nidification en 2005 et qui ne sont pas protégés, quatre se trouvaient sur des réserves indiennes (8 p. 100) et 35 (71 p. 100) se trouvaient sur des terres non protégées relevant des compétences provinciales (la plupart étant des terres privées). En 2006, trois nids ont été observés dans le parc national Gwaii Haanas (îles de la Reine-Charlotte). Aucun nid n’a été observé dans le parc national Pacific Rim ni dans le parc national du Canada des Îles‑Gulf, bien qu’il soit probable que la sous-espèce y niche (quelques couples nicheurs ont été trouvés près de Bamfield, à proximité du parc national Pacific Rim et un grand nombre de hérons ont niché dans l’île Sidney, qui se trouve aujourd’hui dans le parc national du Canada des Îles-Gulf, de 1974 à 1990).

 

Tableau 1. Colonies de Grands Hérons du Pacifique actives en 2005 et bénéficiant d’une protection. Leur emplacement géographique général et le nombre de nids actifs en 2005 sont indiqués (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).
ID colonieNom de la colonieEmplacementTaille de la colonie (nombre de nids actifs)Statut de protection
H101-001Beacon HillVictoria103Parc municipal
H101-005McFadden CreekÎle Saltspring2Terres de conservation locales
H101-038Salal ParkN. Saanich11Parc municipal
H204-009CFB-ChilliwackChilliwack203Aire de conservation municipale
H208-002Stanley ParkVancouver176Parc municipal en location du ministère de la Défense nationale
H208-005Mary HillPort Coquitlam222Aire de gestion des espèces sauvages provinciale
H208-044Deer Lake ParkBurnaby4Parc municipal

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Au printemps, la plupart des Grands Hérons du Pacifique se rassemblent dans des colonies où ils se font la cour, nichent et élèvent leurs oisillons. Durant la saison de nidification, la diète est majoritairement composée de petits poissons, tandis que durant l’hiver elle est complétée par des petits mammifères.

Dans la côte sud de la Colombie-Britannique, la nidification des Grands Hérons du Pacifique commence entre février et avril (Butler, 1992; Butler, 1997; Vennesland, 2000; Vennesland et Butler, 2004). Cette période correspond à la période nuptiale avant la ponte des œufs, et peut durer plus de deux mois dans certaines colonies (Butler, 1997; Vennesland, 2000). Dans une colonie observée minutieusement, les mâles sont arrivés dans la colonie et ont établi des sites de nidification environ une semaine avant l’arrivée des femelles (Butler, 1991). La réparation ou la construction des nids peut durer de quelques jours à environ deux mois (Butler, 1991, Vennesland, 2000). Des couples monogames sont formés pour la saison (Simpson, 1984), et les œufs sont pondus à intervalles d’environ deux jours (Vermeer, 1969; Pratt, 1970; R. Butler, observation personnelle). La taille des nichées observées dans les colonies de Grands Hérons en Amérique du Nord varie de 1 à 8 œufs, et se compose généralement de 3 à 5 œufs (Ehrlich et al., 1988; Campbell et al., 1990).La taille des nichées augmente en fonction de la latitude, et le Grand Héron du Pacifique a des nichées de plus petites tailles que ce à quoi on pourrait s’attendre compte tenu de la latitude (la taille moyenne des nichées est d’environ 4 œufs, par comparaison à environ 4,7 œufs dans d’autres sites de même latitude; Butler, 1997). L’incubation commence peu après la ponte du premier œuf et l’éclosion des œufs est asynchrone (Butler, 1992). L’éclosion a lieu environ 27 jours après le début de l’incubation (Butler, 1992), bien que la période d’incubation dans une colonie puisse durer beaucoup plus de un mois, car les couples recommencent souvent un nouveau nid après un assaut de prédation ou une perturbation d’autre nature (Vennesland, 2000). La période d’élevage des oisillons dure environ 60 jours (Krebs, 1974; Simpson, 1984).

Le cycle de nidification des hérons dure environ 95 jours, mais cette période est souvent plus longue lorsqu’une nouvelle nichée est nécessaire ou que d’autres événements retardent la nidification. Les hérons peuvent se reproduire plus d’une fois si leur première tentative échoue précocement.

Dans la côte sud de la Colombie-Britannique, le nombre d’oisillons à l’envol varie de 0 à 4 par nid (Butler, 1992; idem, 1997; Vennesland, 2000). Historiquement, la productivité des nids de hérons mesurée dans l’ensemble de l’Amérique du Nord varie entre 1,3 à 2,7 oisillons à l’envol par tentative de nidification active, et entre 2,0 et 3,0 oisillons à l’envol par tentative de nidification réussie (synthèse dans Butler, 1997; voir également Pratt, 1970 et Vos et al., 1985). Moins de 25 p. 100 des hérons juvéniles survivent jusqu’à leur deuxième année, après quoi le taux de survie augmente pour atteindre environ 75 p. 100 par année chez les adultes (Butler, 1997).

Caractéristiques des colonies de nidification

Les Grands Hérons du Pacifique de la Colombie-Britannique sont normalement des nicheurs arboricoles solitaires ou en colonies (Butler, 1992; idem, 1997; Vennesland, 2000). Les nids sont de grandes plates-formes faites de branches, généralement de 20 à 30 m au-dessus du sol (Butler, 1997), mais certains individus peuvent nicher à seulement 2 m du sol, dans des arbustes (Vennesland, 2000). Dans la côte sud de la Colombie-Britannique en 1999, Vennesland et Butler (2004) ont relevé des colonies de tailles variant entre 1 et 400 nids actifs, pour une moyenne de 62 nids actifs (écart-type = 94, n = 31) et une moyenne de 26 nids. Les essences d’arbres les plus communément utilisées pour la nidification sont l’aulne rouge (Alnus rubra), le peuplier occidental (Populus balsamifera), l’érable grandifolié (Acer macrophyllum), l’épicéa de Sitka (Picea sitchensis) et le douglas taxifolié (Pseudotsuga menziesii) (Gebauer et Moul, 2001). Gebauer et Moul (2001) dressent la liste complète des essences d’arbres utilisées.

Prédateurs

En Colombie-Britannique, le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) est le principal prédateur des Grands Hérons du Pacifique (Butler, 1997; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004). Les Pygargues à tête blanche se nourrissent des œufs, des oisillons, des hérons juvéniles et adultes (Simpson et Kelsall, 1978; Forbes et al., 1985b; Forbes, 1987; Forbes, 1989; Simpson et al., 1987; Norman et al., 1989; Butler et al., 1995; Butler, 1997; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004), et sont responsables d’une baisse de la productivité des nids dans de nombreuses colonies (Norman et al., 1989; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004). On soupçonne que la prédation à répétition par les aigles serait la cause de nombreux abandons de colonie (Forbes et al., 1985b; Simpson et al., 1987; Butler, 1991; Butler, 1997; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004). Les effets de la prédation par les Pygargues à tête blanche sont discutés en détail dans la section Facteurs limitatifs et menaces.

D’autres oiseaux de proie ont été observés se nourrissant du contenu de nids de Grands Hérons du Pacifique. Parmi ceux-ci, on compte des Buses à queue rousse (Buteo jamaicensis) se nourrissant d’œufs et d’oisillons (Simpson, 1984, Simpson et Kelsall, 1978, Forbes et al., 1985b, Norman et al., 1989, Butler, 1997, Vennesland et Butler, 2004), des Corneilles d’Alaska (Corvus caurinus) et des Grands Corbeaux (Corvus corax) se nourrissant d’œufs (Butler, 1989; Moul, 1992). Le raton-laveur chasse des oisillons, mais en Colombie-Britannique, les perturbations par les mammifères et non par les humains sont rares (Butler, 1997).

Physiologie

Il existe peu de recherches sur les besoins ou les tolérances physiologiques des Grands Hérons dans une perspective de conservation. On mesure depuis 1977 environs les taux de contaminants dans les coquilles d’œufs et les tissus fœtaux de Grands Hérons du Pacifique (Elliott et al., 1989; Elliott et al., 1996; Elliott et al., 2001; Harris et al., 2003). À l’heure actuelle, les contaminants (p. ex. pesticides organochlorés, biphényls polychlorés, dioxines, furanes) ne sont pas considérés comme un problème de conservation important pour cette sous-espèce, car leurs concentrations ont généralement diminué au cours des dernières années (Elliott et al., 1989; Elliott et al., 2001; Harris et al., 2003). Cependant, on s’intéresse depuis peu à des substances chimiques qui n’avaient jamais été surveillées auparavant. Les concentrations d’une catégorie de substances chimiques (les éthers diphényliques polybromés ou EDP) sont en croissance exponentielle dans les tissus des hérons et pourraient approcher d’importants niveaux toxiques (Elliott et al., 2005). Les conséquences de ce phénomène ne sont pas encore claires, mais la situation est considérée comme une nouvelle menace potentielle dans les régions urbaines (Elliott et al., 2005). Une autre classe émergente de polluants industriels, les substances chimiques perfluorées suscite des inquiétudes semblables. Environnement Canada étudie à l’heure actuelle les tendances spatiales et temporelles de ces substances chimiques, notamment chez les hérons du bassin de Georgie (J. Elliott, communication personnelle).

Dispersion, migration et déplacements

Le Grand Héron du Pacifique ne migre pas. Des individus bagués ont été observés se dispersant entre des habitats du détroit de Georgie, et quelques individus ont été trouvés morts dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, sur la côte de l’État de Washington et dans le nord de l’Oregon (Butler, 1997). La plupart des individus vivant dans le delta du Fraser et d’autres régions de la côte sud se nourrissent le long de plages de mars à octobre et le long de plages et dans des terres herbeuses en hiver (Butler, 1995; idem, 1997). Les hérons juvéniles se nourrissent le long de plages jusqu’en octobre environ et résident principalement dans des terres herbeuses en hiver (Butler, 1995; idem, 1997). Lorsqu’ils ne nichent pas, les hérons de la côte de la Colombie-Britannique se reposent seuls ou en groupes épars de plus de 100 individus au sol, dans des arbres ou sur des objets fabriqués par l’humain à proximité des aires d’alimentation durant le jour (Butler, 1992). Certaines aires de repos sont utilisées à répétition (Butler, 1992). La nuit, les hérons dorment dans des arbres au feuillage dense pendant la marée haute et se nourrissent sur les plages à marée basse (Butler, 1992). Les déplacements annuels entre les colonies ont été peu étudiés. Simpson et al. (1987) concluent que des déplacements importants pourraient avoir lieu (40 p. 100 des hérons nicheurs ne sont pas revenus pour se reproduire la deuxième année de l’étude). Les déplacements entre les régions sont fort méconnus, mais on présume qu’ils ont lieu, puisque des individus traversant en vol le détroit de Georgie ont été aperçus par les deux rédacteurs. Les colonies prennent rapidement de l’expansion lorsque de nouveaux arrivants s’y installent, probablement en provenance de colonies abandonnées à proximité (R. Vennesland, données inédites).

Relations interspécifiques

Les interactions des Grands Hérons du Pacifique avec leurs prédateurs sont décrites précédemment dans la section Prédation. Les hérons chassent une grande variété d’animaux : poissons, insectes, mammifères, amphibiens et crustacés (Butler, 1992, 1995, 1997). Les poissons sont l’aliment principal durant la saison de nidification, comme en témoignent les rassemblements estivaux de plus de 600 hérons se nourrissant ensemble dans des prés de zostère marine à proximité de Tsawwassen, dans le delta du Fraser (R. Vennesland, données inédites). En hiver, les petits mammifères chassés dans les terres agricoles sont également une partie importante de la diète, en particulier pour la survie des hérons juvéniles (Butler, 1991; idem, 1995; idem, 1997; Gutsell, 1995). On dispose de peu d’information sur les maladies, bien que certaines aient été relevées chez le Grand Héron (mais non le Grand Héron du Pacifique), notamment les nématodes Giardia et Eustrongylides (Butler, 1992).

Adaptabilité

Certains Grands Hérons du Pacifique peuvent tolérer des activités humaines à proximité de leur nid, mais bon nombre sont sensibles à la présence de l’humain (synthèse dans Vennesland, 2000; Gebauer et Moul, 2001). Les activités humaines à proximité des colonies de hérons exacerbent la menace de la prédation par les aigles pour cette sous-espèce (Vennesland, 2000, Vennesland et Butler, 2004). Butler et al. (1995), Carlson et McLean (1996) et Vennesland et Butler (2004) ont démontré que le nombre de hérons juvéniles élevés dans des colonies de Grands Hérons fréquemment perturbées était significativement inférieur au nombre de hérons juvéniles dans des colonies non perturbées. Lorsqu’ils sont perturbés, les hérons laissent leur nid sans surveillance, en particulier au début de la saison de nidification, alors que les humains pénètrent dans les colonies à pied ou font du bruit à proximité (Vennesland, 2000). Les corvidés prennent les œufs lorsque l’occasion se présente (Butler, 1989; Moul, 1992).

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Les relevés de Grands Hérons du Pacifique se sont concentrés sur les colonies de nidification. De nombreux documents publiés et non publiés ont été produits pour faire état de ces relevés (voir à titre d’exemple Norman et al., 1989; Butler et al., 1995; Butler, 1997; Vennesland, 2000; Vennesland et Butler, 2004).

L’historique des activités de recherche dans les colonies de nidification des Grands Hérons du Pacifique sur la côte de la Colombie-Britannique est long et varié. Les bases de données du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique (http://www.env.gov.bc.ca/cdc/) contiennent des enregistrements de colonies de nidification remontant à 1920. Des sites de nidification ont été enregistrés dans l’ensemble de l’aire de répartition du Grand Héron du Pacifique, quoique les relevés se soient concentrés sur le centre de cette aire (le détroit de Georgie). Les relevés antérieurs à 1970 sont rares (la base de données du CDC renferme seulement 77 observations de colonies sur plus de 50 ans). Entre 1970 et le milieu des années 1980, les relevés se sont intensifiés avec la mise en œuvre de projets de recherche visant spécifiquement cette espèce (182 observations de colonies entre 1970 et 1986). Cependant, la cueillette de données durant cette période (voir par exemple Forbes et al., 1985a) s’est concentrée sur les tentatives de nidification réussies et ignorait généralement les échecs de nidification (une importante source de variation dans la productivité des nids; Butler et al., 1995; Vennesland, 2000; Gebauer et Moul, 2001). Certaines entrées dans la base de données comprennent des mesures de la productivité basées sur les réussites et les échecs de nidification, mais les échantillons sont de petite taille. Les relevés se sont encore intensifiés après 1986 (882 observations de colonies entre 1987 et 2005), et les relevés annuels ont suivi une méthodologie uniforme couvrant la majorité du bassin de Georgie la plupart des années durant cette période (les données de 2005 sont les dernières données recueillies et ont été consignées en octobre 2007). Les tendances démographiques absolues fondées sur le dénombrement des hérons dans les colonies de nidification sont toutefois difficiles à dégager en raison de l’accroissement général des activités de recherche durant cette période.

Des relevés de nature bénévole ont également été menés pendant de nombreuses années sur la côte de la Colombie-Britannique, notamment le Recensement des oiseaux de Noël (RON) hivernal, le relevé des oiseaux aquatiques des côtes hivernal et le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) estival. Les tendances qui se dégagent des données du RON doivent être toutefois interprétées avec discernement, en raison de l’accroissement de la participation à ce recensement et de la détectabilité des Grands Hérons. En effet, le nombre de bénévoles participant au Recensement des oiseaux de Noël a considérablement augmenté au cours des 20 dernières années dans les basses terres continentales de la Colombie-Britannique (D. Fraser, communication personnelle), mais comme les hérons sont faciles à détecter, cette augmentation des activités de recherche ne se traduit pas nécessairement par une augmentation du nombre d’individus détectés. Étant donné que la tendance est calculée selon le nombre d’individus détectés par observateur l’heure, la tendance peut être artificiellement biaisée à la baisse si le nombre d’observateurs l’heure augmente sans une augmentation correspondante de la probabilité de détecter des individus additionnels. Ainsi, la tendance au déclin pourrait être en partie attribuable à l’augmentation du nombre d’observateurs.

Les relevés des oiseaux aquatiques des côtes devraient être considérés comme les sources de données les plus fiables pour plusieurs raisons : les participants sont relativement bien formés, les sites de relevés sont identifiés géographiquement et parcourus plusieurs fois par année et les résultats sont analysés à l’aide de méthodes statistiques éprouvées (Badzinski et al., 2005). Cependant, les données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes n’ont été analysées que pour une seule période de cinq ans (de 1999-2000 à 2003-2004), ce qui limite leur utilité par comparaison aux données du RON et du BBS, qui s’étalent sur de plus longues périodes.

Abondance

La taille de la population de Grands Hérons du Pacifique est difficile à estimer, car les colonies ne sont pas stables et elles sont difficiles à dénombrer de manière standardisée; la plupart des régions côtières, en particulier à l’extérieur du détroit de Georgie, n’ont pas fait l’objet d’un relevé systématique (Butler, 1997; Vennesland, 2000; Gebauer et Moul, 2001).

Les régions pour lesquelles on dispose du moins d’information sur le Grand Héron du Pacifique sont celles à l’extérieur du détroit de Georgie, où peu de projets de recherche ont été entrepris. La première colonie signalée sur la côte ouest de l’île de Vancouver était une colonie de neuf couples découverte à proximité de Tahsis en 1989. Depuis, entre un et trois nids de hérons ont été observés à proximité de Bamfield sur la côte ouest de l’île de Vancouver, à Rose Harbour et sur les îles Ramsay et Murchison dans l’archipel de la Reine-Charlotte (P. Clarkson et B. Johnston, communication personnelle). Campbell et al. (1990) ont signalé un petit nombre de hérons nichant près de Prince Rupert. Malgré leur faible abondance, des hérons sont aperçus, généralement seuls, sur la plupart du littoral, se nourrissant dans des lits de varech, sur des quais ou en eau peu profonde. Depuis 1990, la plupart de la côte est parcourue durant la saison de nidification par l’un des rédacteurs (RWB). Aucune concentration de hérons n’a été relevée et des adultes seuls étaient dispersés. Une recherche intensive menée par des sous-traitants travaillant pour Parcs Canada a permis de relever quelques individus et trois nids dans la réserve de parc national Gwaii Haanas en 2006 (P. Dyment, communication personnelle). Dans le cadre de ce projet, on a cherché des hérons sur 1 180 km du littoral de l’île Graham et dans la partie nord de l’île Moresby; 19 hérons adultes et 6 hérons juvéniles ont été observés. Si l’on présume que les 19 adultes étaient en couple et que leur compagnon se trouvait dans le nid, alors le nombre d’adultes serait de 38 et le nombre total de hérons serait de 44. En présumant une densité semblable sur l’ensemble des 4 660 km de littoral de ces îles, on y compterait alors environ 174 individus. Engelstoft et Sopuck (2005) ont effectué le relevé de 500 km du littoral du parc Gwaii Haanas durant la saison de nidification et ont dénombré huit hérons. Si l’on postule également que ceux-ci représentaient un membre d’un couple nicheur, on compterait alors 16 hérons (0,032 individu/km). Les deux relevés ont permis de calculer des densités semblables (0,037 et 0,032). Il n’existe aucune estimation pour les autres sections de la côte, mais nos observations le long de la majorité de la côte nord et centrale indiquent une faible densité. Les 25 000 kilomètres environ de littoral à l’extérieur du détroit de Georgie pourraient accueillir environ 875 hérons, à une densité égale à celle des îles de la Reine-Charlotte, mais il est impossible de connaître la précision de cette estimation. Celle-ci est probablement libérale puisque certaines zones du territoire ne conviennent peut-être pas à l’espèce. Aucun nid n’a été observé dans la Réserve de parc national Pacific Rim, mais un maximum de six individus a été observé dans la baie Grice lors de relevés menés à l’été 2007. Certains de ces individus s’envolaient vers l’intérieur entre des épisodes de recherche de nourriture, ce qui laisse entendre qu’ils nichaient à proximité (Vennesland, données inédites). Bien que les hérons y soient rares durant la période de nidification, jusqu’à 100 individus fréquentent les vasières à proximité de Tofino en août et en septembre après la saison de nidification (P. Clarkson, communication personnelle).

La dernière estimation publiée de la taille de la population de Grands Hérons du Pacifique en Colombie-Britannique fait état d’environ 3 600 adultes nicheurs, dont 3 300 occuperaient le détroit de Georgie et 300 se trouveraient ailleurs sur la côte (Gebauer et Moul, 2001, d’après les données de Butler, 1997). D’après les données de 2005 pour le bassin de Georgie (estimation de 1 833 nids actifs dans 46 colonies), les relevés récents dans les îles de la Reine-Charlotte (environ 200 hérons, P. Dyment, communication personnelle) et notre estimation de 900 individus à l’extérieur du détroit de Georgie sur la côte continentale, nous considérons que la meilleure estimation de la taille de la population serait d’environ 4 000 à 5 000 adultes nicheurs au Canada.

Les relevés de Grands Hérons du Pacifique dans l’État voisin de Washington n’ont pas été aussi exhaustifs que ceux de la Colombie-Britannique, mais de récentes tentatives de relevés de hérons à cet endroit ont permis d’estimer une population d’environ 5 500 adultes nicheurs (Eissinger, 2007). Aucune information n’est disponible en ce qui concerne l’Alaska, quoique les populations y sont probablement de petite taille, comme sur la côte nord de la Colombie-Britannique. Au total, la population mondiale de Grands Hérons du Pacifique compte probablement entre 9 500 et 11 000 adultes nicheurs.

Fluctuations et tendances

Les tendances démographiques des Grands Hérons du Pacifique présentées dans ce rapport de situation ont été déterminées à l’aide des données de relevés dans les colonies de nidification (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007), du Recensement des oiseaux de Noël (RON), du relevé des oiseaux aquatiques des côtes, du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) et de modélisations démographiques. Les résultats sont variables. Certaines séries de données indiquent un déclin (productivité des nids mesurée d’après les relevés des colonies, RON et modélisations démographiques), d’autres indiquent une apparente stabilité (dénombrements des nids selon les relevés des colonies et le BBS), tandis qu’une série indique une hausse (relevé des oiseaux aquatiques des côtes). Ces variations sont discutées ci-dessous.

Relevés des colonies – tendances tirées des données sur la taille des colonies 

Le dénombrement des couples dans les colonies donne un aperçu biaisé des tendances, car les activités de recherche n’ont pas été constantes avec le temps (elles ont généralement augmenté) et les hérons se déplacent entre les régions et les colonies d’une année à l’autre (Simpson et al., 1987). Cependant, si de nombreuses colonies sont analysées, la tendance générale de l’abondance donnerait un aperçu des déplacements entre les colonies et des variations d’abondance à petite échelle. La méthode consiste à faire la somme de l’augmentation ou de la diminution des effectifs annuels dans toutes les colonies (c.-à-d. Σ[colonie X année 2 - colonie X année 1; colonie Y année 2 - colonie Y année 1; etc.] pour toutes les colonies).


Figure 4. Sommes des augmentations et des diminutions annuelles du nombre de couples nicheurs se trouvant dans des colonies de Grands Hérons du Pacifique dans la côte sud de la Colombie-Britannique entre 1986 et 2005.

Sommes des augmentations et des diminutions annuelles (voir description longue ci-dessous).

Le nombre de colonies échantillonnées chaque année est indiqué entre parenthèses (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

Description pour la figure 4

La somme des augmentations et des diminutions du nombre de couples nicheurs dans les colonies entre 1986 et 2005 indique que le nombre de couples nicheurs quittant les colonies ou s’y installant d’une année à l’autre semble être demeuré relativement stable durant cette période. Cette méthode comporte toutefois un biais, car les échantillons ne proviennent que de colonies ayant été observées à de multiples reprises pendant des années consécutives. Ainsi, cette méthode offre un aperçu d’un échantillon relativement petit de colonies stables et observées régulièrement, qui pourrait ne pas représenter des tendances réelles de l’occupation des colonies. Néanmoins, cette analyse permettrait de faire ressortir tout changement dramatique dans la population nicheuse.

Le total général négatif de 1997 (-569) est principalement attribuable à un déclin prononcé dans les deux plus grandes colonies du détroit de Georgie (Point Roberts et parc Pacific Spirit). Les deux colonies se sont repeuplées pendant les années subséquentes, mais le parc Pacific Spirit a été complètement abandonné en 2004. Point Roberts a été abandonné complètement en 2003, et un nouvel emplacement a été colonisé en 2004; cet événement est illustré par le total général négatif de 2003 et le total général positif de 2004, année où ces individus ont colonisé le nouvel emplacement.


Relevés des colonies – tendances tirées du succès de la nidification et de la productivité

Tel que mentionné précédemment, l’augmentation marquée des activités de recherche avec le temps représente un défi particulier pour l’analyse de ce type de données. Il faut donc garder en mémoire que certaines analyses sont de nature isolée et que les périodes de temps varient.

Le succès de la nidification des hérons (soit la proportion de couples nicheurs parvenant à élever au moins un petit jusqu’à l’envol) sur la côte de la Colombie-Britannique est à l’heure actuelle largement inférieur à ce qu’il était auparavant.Forbes et al. (1985a) ont estimé qu’environ 92 p. 100 des couples nicheurs avaient réussi la nidification entre 1977 et 1981, et une recherche documentaire de Forbes et al. (1985a) pour la même période concluait un taux de succès de 80 p. 100 à l’échelle du continent. Vennesland (2000) a estimé que moins de la moitié des tentatives de nidification avaient réussi en 1998 et en 1999, et cette tendance a également été relevée pour des années subséquentes (Vennesland, 2003; McClaren, 2005; Chatwin et al., 2006).

La productivité moyenne des nids (oisillons à l’envol par tentative de nidification active) sur la côte de la Colombie-Britannique au cours des dernières années a été la plus basse parmi toutes les populations étudiées en Amérique du Nord (Vennesland et Butler, 2004). De 1971 à 1986, la productivité moyenne des nids était de 1,7 oisillon à l’envol par tentative de nidification active et de 2,55 oisillons à l’envol par tentative de nidification réussie (R. Vennesland, données inédites). Ces données sont généralement représentatives de la productivité en Amérique du Nord pour cette période (Vennesland, 2000). Les données signalées de productivité dans côte sud de la Colombie-Britannique au cours des dernières années sont de 0,82 oisillon à l’envol par tentative de nidification active et de 1,98 oisillon à l’envol par tentative de nidification réussie en 1999 (Vennesland et Butler, 2004), de 0,82 oisillon à l’envol par tentative de nidification active et de 1,84 oisillon à l’envol par tentative de nidification réussie en 2002 (Vennesland, 2003) et de 1,3 oisillon à l’envol par tentative de nidification active et de 1,7 oisillon à l’envol par tentative de nidification réussie en 2004 (McClaren, 2005). La productivité des nids a donc presque diminué de moitié par rapport aux niveaux historiques (figure 5).


Figure 5. Productivité moyenne de toutes les tentatives de nidification actives dans les colonies de Grands Hérons du Pacifique de la côte sud de la Colombie-Britannique entre 1971 et 2005.

Productivité moyenne de toutes les tentatives de nidification actives (voir description longue ci-dessous).

La productivité par tentative de nidification active est le nombre moyen d’oisillons à l’envol produits découlant de ces tentatives. La taille des échantillons des observations de colonies pour chaque période est indiquée entre parenthèses. Aucune observation n’était disponible pour 1996. Les plages d’erreur correspondent à un écart-type de la moyenne (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

Description pour la figure 5

La figure 5 illustre le sommaire des tendances de la productivité de nidification par tentative de nidification active entre 1971 et 2005. Avant 1987, la plupart des études ignoraient les échecs de nidification et ne retenaient que le nombre d’oisillons à l’envol des tentatives de nidification réussies. Comme de nombreuses études l’ont démontré au cours des dernières années, les échecs de nidification influent de façon importante sur le taux de productivité global de nidification (voir par exemple Butler et al., 1995; Vennesland et Butler, 2004). À cause de cette omission, peu de données antérieures à 1987 peuvent être analysées. Par conséquent, notre analyse regroupe les observations de colonies sur trois périodes : de 1971 à 1986 (activité de recherche annuelle relativement faible, 19 observations au total), de 1987 à 1995 (activité de recherche accrue, 125 observations au total) et de 1997 à 2005 (activité de recherche maximale, 251 observations au total). Une année (1996) a été exclue, car aucune donnée sur la productivité n’a été recueillie. Les données indiquent que la productivité de nidification a diminué considérablement au cours de ces trois périodes.

 


Figure 6. Productivité moyenne annuelle des nids pour toutes les tentatives de nidification réussies dans des colonies de Grands Hérons du Pacifique sur la côte sud de la Colombie-Britannique entre 1977 et 2005.

Productivité moyenne annuelle des nids pour toutes les tentatives de nidification réussies (voir description longue ci-dessous).

La productivité par tentative de nidification réussie est le nombre moyen d’oisillons à l’envol produits dans tous les nids ayant produit au moins un oisillon jusqu’à l’envol. Les données de 1982 à 1987, 1994 à 1996 et de 2000 ont été exclues, car elles comptaient moins de cinq échantillons. Le nombre de colonies analysées chaque année est indiqué entre parenthèses. Les plages d’erreur correspondent à un écart-type par rapport à la moyenne (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

Description pour la figure 6

La figure 6 illustre les tendances de la productivité de nidification par tentative de nidification réussie entre 1977 et 2005. Comme cette série de données a été recueillie de manière plus uniforme que les données sur la productivité par tentative de nidification active, il a été possible d’analyser les observations annuelles de colonies. Cependant, pour des raisons de clarté, les données sont regroupées par année. L’analyse est fondée sur un modèle linéaire général de Poisson (Agresti, 2002), avec facteur de correction pour la surdispersion, conséquence probable de l’échantillonnage répété de certaines colonies avec le temps (Agresti, 1996). La productivité des nids par tentative de nidification réussie a diminué considérablement pendant cette période.


Relevés des colonies – tendances dans les effets de la taille des colonies

Une étude de 1999 a démontré que la productivité des nids par tentative de nidification active augmentait significativement en fonction de la taille des colonies, probablement en raison du taux d’échec plus élevé des tentatives de nidification dans les plus petites colonies, mais aucune relation n’a été établie entre la productivité par tentative de nidification réussie et la taille des colonies (Vennesland et Butler, 2004). La présente section se penche sur la relation entre la taille des colonies et la productivité avec le temps. Les données ont été regroupées en catégories déterminées par la taille des colonies, et les observations à l’échelle des colonies ont été analysées à l’aide d’un modèle linéaire logistique général (Agresti, 2002), avec facteur de correction pour la surdispersion, conséquence probable de l’échantillonnage répété de certaines colonies avec le temps (Agresti, 1996).

Entre 1987 et 2001, la productivité par tentative de nidification active augmente significativement en fonction de la taille des colonies (figure 7). De 1977 à 2005, la productivité par tentative de nidification réussie diminue significativement en fonction de la taille des colonies (figure 8). Les hérons dans les grandes colonies ont donc connu un meilleur succès de nidification dans l’ensemble (en raison d’un taux inférieur d’échec de la nidification). Cependant, si l’on fait abstraction des échecs de la nidification (c.-à-d. les nichées réussies), les hérons des grandes colonies élèvent moins de petits par tentative de nidification que les hérons dans des colonies de plus petite taille.


Figure 7. Productivité moyenne par tentative de nidification active en fonction de la taille des colonies de Grands Hérons du Pacifique sur la côte sud de la Colombie-Britannique entre 1987 et 2001.

Productivité moyenne par tentative de nidification active.

La productivité par tentative de nidification active est le nombre moyen d’oisillons à l’envol produits dans toutes les tentatives de nidification. Les données de 1994 et 1995 ont été exclues, car la taille des échantillons était inférieure à cinq. Les plages d’erreur correspondent à un écart-type par rapport à la moyenne (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

 


Figure 8. Productivité moyenne par tentative de nidification réussie en fonction de la taille des colonies de Grands Hérons du Pacifique sur la côte sud de la Colombie-Britannique entre 1977 et 2001.

Productivité moyenne par tentative de nidification réussie.

La productivité par tentative de nidification réussie est le nombre moyen d’oisillons à l’envol produits dans tous les nids ayant produit au moins un oisillon à l’envol. Les données de 1982 à 1987, de 1994 à 1996 et de 2000 ont été exclues, car la taille des échantillons était inférieure à cinq. Les plages d’erreur correspondent à un écart-type par rapport à la moyenne (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).


La productivité relativement élevée par tentative de nidification active dans les grandes colonies (figure 7) signifie que les échecs de nidification sont relativement négligeables dans ces colonies (Vennesland et Butler, 2004). Cependant, des études antérieures ont permis de constater que le taux élevé d’échec de la nidification sur la côte de la Colombie-Britannique représentait un facteur important à l’origine des faibles taux de productivité des nids (Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004). Information plus importante encore, les données indiquent que la perte du nombre de hérons juvéniles dans les tentatives de nidification réussies constitue un autre facteur à l’origine des faibles taux de productivité observés dans le détroit de Georgie (comme en témoigne le déclin important illustré à la figure 6). Ce phénomène est particulièrement préoccupant dans les grandes colonies, celles-ci ayant une moindre productivité par tentative de nidification réussie que les petites colonies (figure 8).

La plupart des couples nicheurs se reproduisent dans de grandes colonies situées dans une petite partie de l’aire de répartition de la sous-espèce (c.-à-d. le bas détroit de Georgie). En 2005, 68 p. 100 des 1 833 couples nicheurs (n = 46 colonies) étaient concentrés en 6 colonies de plus de 100 couples nicheurs. Quatre de ces six colonies se trouvaient dans la vallée du bas Fraser, tandis que les deux autres se situaient dans le sud de l’île de Vancouver et le sud des îles Gulf.

Butler et Vennesland (2000) émettent l’hypothèse que les hérons quitteraient les grandes colonies à cause de l’intensification des perturbations et se disperseraient davantage lors de la nidification, à la recherche de sites relativement libres de perturbations par les aigles et les humains. Cependant, une tendance opposée a été récemment relevée dans l’État de Washington. Eissinger et al. (2007) ont démontré que la proportion de couples nicheurs vivant dans des petites colonies est en baisse alors que le nombre de grandes colonies est en hausse, peut-être pour amenuiser le risque de prédation. Si cette tendance prévaut également au Canada et si la productivité continue à diminuer, les hérons pourraient soit connaître des taux élevés d’échec de la nidification dans les petites colonies ou soit produire un faible nombre d’oisillons à l’envol dans les grandes colonies.


Relevés des colonies – superficie efficace de l’aire de répartition

Bien que la productivité des Grands Hérons du Pacifique ait connu un déclin important (autant au niveau des tentatives de nidification actives que des tentatives de nidification réussies) depuis les années 1970, l’occupation des colonies semble généralement stable (figure 4). Certains déplacements de population et problèmes graves de productivité des nids ont été observés le long du détroit de Georgie. Le nombre de hérons nicheurs observés sur la Sunshine Coast a chuté de 97 en 1978 (Forbes et al., 1985b) à 4 en 2004 (la dernière année d’enregistrement pour cette région). Environ 90 couples de hérons ont niché à Pender Harbour et 6 petites colonies se trouvaient le long de la Sunshine Coast durant les années 1970 (Simpson, 1984). Quelques colonies y étaient encore présentes pendant les années 1990 (Butler, 1997), mais dernièrement seuls quelques hérons nicheurs y ont été observés (Vennesland, 2000). Les derniers relevés du nord-est de l’île de Vancouver sont également troublants. Chatwin et al. (2006) signalent qu’aucune colonie au nord de la baie Nanoose n’est parvenue à élever un seul petit en 2005. On ignore l’importance des répercussions des déplacements de populations sur la Sunshine Coast et de l’absence de productivité dans le nord de l’île de Vancouver en 2005 sur la population générale de Grands Hérons du Pacifique.

Bien que le Grand Héron du Pacifique vive le long du littoral, la majorité des individus nichent dans le sud du détroit de Georgie et le nord de Puget Sound, là où les menaces de l’humain et du Pygargue à tête blanche se font le plus sentir. Cette région est également la seule où une reproduction réussie d’une quelconque importance a lieu.

Tendances tirées des relevés de population à participation volontaire

Recensement des oiseaux de Noël

Gebauer et Moul (2001) concluent que les données des relevés du RON révèlent un déclin modeste (vallée du bas Fraser) ou rapide (Sunshine Coast) des populations. Nous avons mené l’analyse de toutes les données des cercles de dénombrement du RON situés sur la côte (c.-à-d. les emplacements occupés par des Grands Hérons du Pacifique). Nous avons limité cette analyse aux trois dernières générations, en accord avec les critères d’inscription du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Pour calculer la durée d’une génération (définie ici comme l’âge moyen des individus reproducteurs), un modèle à matrice de population (d’après Caswell, 2001) a été utilisé (M. Drever, données inédites), en présumant des taux de survie pour trois cycles vital (taux de survie du premier hiver de 0,273, taux de survie à la deuxième année de 0,5 et taux de survie des adultes de 0,727; Butler, 1995), une productivité annuelle de nidification de 1,12 oisillon à l’envol par tentative de nidification active (R. Vennesland, données inédites pour la période de 1986 à 2005) et une espérance de vie maximum à l’état sauvage de 24 ans (Butler, 1992). L’âge moyen des Grands Hérons du Pacifique reproducteurs en Colombie-Britannique ainsi calculé est de 5,6 ans. À l’aide de cet âge moyen, nous avons analysé les données des relevés du RON sur deux périodes : de 1991-1992 à 2006-2007 (en présumant une durée de génération de cinq ans) et de 1988-1989 à 2006-2007 (en présumant une durée de génération de six ans).


Figure 9. Analyse des données du Recensement des oiseaux de Noël (RON) pour trois générations de Grands Hérons du Pacifique au Canada.

Analyse des données du Recensement des oiseaux de Noël (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 9

Les données présentées s’étalent de l’hiver 1988-1989 (1988 sur la figure) à l’hiver 2006-2007 (2006 sur la figure). La durée d’une génération de l’espèce a été calculée à 5,6 ans, et les régressions linéaires sont indiquées pour une durée de génération de cinq ans (période de 16 ans, ligne pointillée) et une durée de génération de six ans (période de 19 ans, ligne pleine). Les équations des régressions linéaires sont indiquées. Les points du graphique encerclés correspondent aux années également couvertes par le relevé des oiseaux aquatiques des côtes (Badzinski et al., 2005).

Depuis 1991-1992, le nombre moyen de hérons observés par observateur l’heure en fonction du temps a connu un déclin significatif de 19 p. 100 (t = -2,18; P < 0,05; n = 16; r2 = 0,20). Depuis 1988-1989, le nombre moyen de hérons observés par observateur l’heure en fonction du temps a connu un déclin significatif de 26 p. 100 (t = -3,18; P < 0,01; n = 19; r2 = 0,34). Tel que mentionné précédemment, ces résultats doivent être interprétés avec discernement en raison du biais introduit par l’intensification des activités de recherche d’une espèce d’oiseau facilement détectable (voir la section Activités de recherche).


À l’aide des données du RON couvrant toute la côte sud de la Colombie-Britannique (en présumant une durée de génération de cinq ans, estimation conservatrice compte tenu de notre calcul d’un âge moyen de 5,6 ans pour les adultes reproducteurs), nous avons relevé une augmentation quasi significative du nombre moyen de hérons observés par observateur l’heure dans la vallée du bas Fraser (t = 1,98; P = 0,07; n = 16; r2 = 0,16), un déclin significatif du nombre moyen de hérons observés par observateur l’heure dans l’île de Vancouver (t = -2,36; P < 0,05; n = 16; r2 = 0,23) et un déclin significatif du nombre moyen de hérons observés par observateur l’heure dans la Sunshine Coast (t = -4,08; P < 0,01; n = 16; r2 = 0,51). Ces conclusions corroborent celles d’autres analyses de données de relevé (voir les sections précédentes) et nos analyses démographiques (voir ci-dessous), c’est-à-dire que la vallée du bas Fraser est la seule région de Colombie-Britannique où une reproduction efficace a lieu et qu’une contraction de l’aire de répartition serait en cours dans la portion nord du détroit de Georgie.


Relevé des oiseaux aquatiques des côtes

Les données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes indiquent une augmentation significative du nombre de Grands Hérons du Pacifique en hiver sur la côte de la Colombie-Britannique de 1999-2000 à 2003-2004 (augmentation de 6,9 p. 100 par année; P < 0,05; Badzinski et al., 2005). La méthodologie de ces relevés est généralement plus fiable que celle du RON et du BBS. Le relevé des oiseaux aquatiques des côtes et le RON étant tous deux menés en hiver, les résultats de ces relevés, tels que rapportés ici, semblent contradictoires. Cependant, la tendance à la hausse des données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes correspond à une période de cinq ans, alors que les données du RON ont été analysées sur une période beaucoup plus longue. La période où les données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes sont analysées correspond à une période d’augmentation des observations dans les données du RON (bien que non significative; t = 1,69; P = 0,19; n = 5; r2 = 0,32; figure 9). Cela suggère que l’intervalle de temps de l’analyse des données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes pourrait être trop court pour refléter avec précision les tendances à long terme.


Relevé des oiseaux nicheurs

Les données du Breeding Bird Survey (BBS) indiquent un déclin significatif de 5,7 p. 100 des hérons sur la côte de la Colombie-Britannique entre 1966 et 1994 (Downes et Collins, 1996). Cependant, l’analyse approfondie des données du BBS semble révéler que l’un des parcours de relevé faisait sombrer l’analyse, et que son retrait éliminait toute tendance significative à la baisse de la population (B. Smith, données inédites).

Sommaire des tendances dans la productivité de nidification et la situation démographique

Les dénombrements découlant de relevés de colonies indiquent des niveaux relativement stables d’occupation des colonies, mais ces relevés sont peu utiles pour déterminer la situation démographique. Les indicateurs de productivité de nidification montrent des déclins significatifs, le nombre d’oisillons à l’envol produits par nid actif ayant presque diminué de moitié depuis les années 1970. La diminution de la productivité par tentative de nidification réussie pourrait affecter les grandes colonies de manière disproportionnée dans une région circonscrite (d’une superficie d’environ 5 000 km2), où la plupart des individus de la sous-espèce se reproduisent. Une contraction de l’aire de répartition pourrait être en cours dans la Sunshine Coast, et la productivité est inexistante dans le nord de l’île de Vancouver au moins une année.

Les données du Recensement des oiseaux de Noël indiquent un déclin significatif de 19 à 26 p. 100 sur trois générations, les données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes indiquent une croissance significative, mais ce relevé ne couvre qu’une période de cinq ans, et les données du Relevé des oiseaux nicheurs indiquent des tendances neutres.

Tendances des analyses démographiques

Le modèle démographique des Grands Hérons du Pacifique suppose un taux de survie du premier hiver de 0,273, un taux de survie à la deuxième année de 0,5 et un taux de survie subséquent de 0,727 (Butler, 1995). Nous avons commencé la modélisation avec 1 000 femelles nicheuses et le taux annuel moyen de succès de la nidification mesuré dans des colonies de l’île de Vancouver et de la vallée du bas Fraser entre 1988 et 2003. La productivité des nids était plus élevée de manière significative dans la vallée du bas Fraser par rapport à l’île de Vancouver (figure 10; F = 15,3, df = 1, P < 0,01), ce qui corrobore des analyses antérieures (Vennesland, 2000; Vennesland, 2003; McClaren, 2005, Chatwin et al., 2006).

Pour conserver leurs effectifs, les hérons doivent parvenir à élever des petits avec succès dans environ 63 p. 100 des tentatives de nidification. Sur l’île de Vancouver, le taux moyen de succès de la nidification n’a jamais atteint ce seuil minimum, tandis que les colonies de la vallée du bas Fraser ont dépassé ce seuil cinq des sept années où des données sont répertoriées. Selon cette analyse, la vallée du bas Fraser est une source de recrutement pour l’île de Vancouver. Selon cette même analyse, la vallée du bas Fraser produit environ 66 hérons juvéniles pour 1 000 femelles, tandis que les colonies de l’île de Vancouver sont en pénurie de 230 hérons juvéniles pour 1 000 femelles. En conjonction avec notre analyse des données du RON (voir les sections précédentes), ces résultats préliminaires suggèrent qu’au cours des trois dernières générations, la vallée du bas Fraser n’est pas parvenue à compenser la pénurie de production de hérons juvéniles sur l’île de Vancouver (seule la vallée du bas Fraser a des indicateurs démographiques positifs).

La vallée du bas Fraser étant la seule source de recrutement, il devient primordial de conserver la productivité de cette région relativement petite (la vallée du bas Fraser a une superficie d’environ 5 000 km2 seulement). Cela suggère également que le Grand Héron du Pacifique est le plus vulnérable dans la région la plus peuplée, soit la vallée du bas Fraser. Bien que l’aire de répartition du Grand Héron du Pacifique soit relativement étendue, la superficie de l’aire de répartition efficace pourrait être restreinte à une région de la province de petite taille et fortement peuplée (c.-à-d. la vallée du bas Fraser).


Figure 10. Productivité moyenne par tentative de nidification active chez les Grands Hérons du Pacifique de la côte sud de la Colombie-Britannique, entre 1992 et 2003, et comparaison des données continentales de l’île de Vancouver et de la vallée du bas Fraser (années postérieures à 1987 où plus de cinq observations de colonies pour chaque région ont été effectuées).

Productivité moyenne par tentative de nidification active.

La productivité par tentative de nidification active est le nombre moyen d’oisillons à l’envol produits dans toutes les tentatives de nidification (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, 2007).

Immigration de source externe

L’immigration en provenance du sud (de l’État de Washington) est théoriquement élevée en raison de la nature contiguë de Puget Sound et du détroit de Georgie et de la présence de populations de taille semblable dans les deux régions. Cependant, les menaces pesant sur les populations et l’habitat des hérons aux États-Unis sont semblables à celles que l’on connaît au Canada, voire plus intenses en raison de la plus grande population humaine qui y vit (Georgia Basin Ecosystem Initiative, 2002).

On ne dispose d’aucun relevé détaillé sur la productivité de nidification dans les colonies ou les tendances démographiques dans l’État de Washington. Cependant, les données du RON provenant de cercles de dénombrement à proximité de la frontière canado-américaine (situés à environ 100 km du détroit de Georgie ou du détroit Juan de Fuca) indiquent un déclin significatif de la population de 34 p. 100 (t = -3,02; P < 0,01; n = 16; r2 = 0,35) au cours des 15 dernières années ou 3 générations (en supposant une durée de génération de 5 ans). Ainsi, les populations de Grands Hérons du Pacifique dans l’État de Washington à proximité du Canada semblent subir un taux de déclin plus élevé que les populations canadiennes et, de ce fait, sont peu enclines à produire une immigration significative.

L’immigration venant du nord est probablement faible en raison de la petite taille des populations de hérons qui y vivent. En outre, la productivité des régions septentrionales est inconnue.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs qui limitent actuellement la pérennité des populations de hérons sont les échecs de nidification et la baisse de la productivité des nids dus à la prédation par les aigles, aux perturbations par l’humain et à la destruction de l’habitat par le développement (Norman et al., 1989; Butler et al., 1995; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004).

La perturbation par les humains

Moore (1990) a démontré que pour chaque augmentation de 1 000 personnes dans la population de la vallée du bas Fraser, 89 hectares de terres rurales sont transformés en zones urbaines. Dans l’île de Vancouver, la croissance de la population humaine n’est que légèrement inférieure à celle de la région de Vancouver. On prévoit que la population humaine aux environs du détroit de Georgie augmentera de plus de 50 p. 100 entre 1990 et 2020 (soit de 2,5 millions à 4 millions d’habitants environ; Georgia Basin Ecosystem Initiative, 2002). Dans les conditions actuelles, on doit s’attendre à une augmentation des perturbations humaines dans les colonies de hérons et à une diminution de la quantité et de la qualité de l’habitat (Gebauer et Moul, 2001).

Les activités humaines dérangent les Grands Hérons nicheurs (Werschkul et al., 1976; Simpson et Kelsall, 1978; Vos et al., 1985), et ont été associées à une diminution de la productivité des nids (Forbes et al., 1985b; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004; Vennesland, 2000; synthèse dans Parnell et al., 1988). Carlson et McLean (1996) ont constaté que la distance entre les colonies de hérons et les activités humaines, ainsi que la largeur ou l’efficacité de la zone tampon entourant les colonies, sont positivement corrélées à la productivité des nids (les zones tampons peuvent être de la végétation, des plans d’eau ou des clôtures). Watts et Bradshaw (1994) ont calculé que l’emplacement des sites de nidification des hérons est significativement à l’écart des développements humains par rapport à une distribution aléatoire, et Parker (1980) a observé que la taille des colonies augmente en fonction de la distance par rapport aux routes.

Plusieurs études ont associé l’abandon de colonies aux activités humaines, y compris les développements résidentiels et industriels, la construction de routes, la coupe de bois, la circulation de véhicules et les intrusions humaines à répétition (Bjorklund, 1975; Mark, 1976; Werschkul et al., 1976; Simpson et Kelsall, 1978; Kelsall et Simpson, 1979; Forbes et al., 1985b; Leonard, 1985; Vennesland et Butler, 2004; Eissinger, 2007; voir également les synthèses de Parnell et al., 1988; Hockin et al., 1992; Rodgers et Smith, 1995; Nisbet, 2000; Vennesland, 2000).

Vennesland (2000) a constaté que l’humain est probablement impliqué dans 4 des 14 abandons de colonies entre 1998 et 1999, mais les répercussions de l’humain ne peuvent être dissociées de celles des aigles. Cette association entre ces facteurs pourrait s’expliquer par le fait que la fragmentation des forêts par l’humain facilite l’accès aux sites pour des prédateurs comme les aigles (Vennesland et Butler, 2004). Forbes et al. (1985b) ont conclu que 17 abandons de colonies sur 27 étaient attribuables aux activités humaines à proximité des colonies, activités comprenant notamment la coupe d’arbres, les inondations, la circulation de véhicules et les activités de recherche scientifique. Simpson (1984) fait état de travaux de construction ayant provoqué le départ de hérons adultes de leur nid qui s’est soldé par la prédation d’un grand nombre d’oisillons par des aigles. Simpson et Kelsall (1978) ont constaté que la construction de résidences à proximité d’une colonie à Sechelt, en 1978, s’est soldée par l’abandon d’environ 73 p. 100 des nids.

Certaines colonies de Grands Hérons de la Colombie-Britannique se sont habituées aux activités humaines de routine. Des hérons nichant à Stanley Park à Vancouver et au Beacon Hill Park à Victoria semblent habitués au fréquent passage de piétons et de véhicules directement sous leur nid (Butler, 1997; Vennesland, 2000). Cependant, les colonies en milieu rural pourraient réagir à des perturbations plus distantes. Dans une colonie sensible sur l’île de Vancouver (lac Quamichan, Duncan), les hérons adultes ont abandonné leur nid lorsqu’un chercheur s’est approché à moins de 200 m avant la ponte des œufs, à 100 m après la ponte des œufs et à 10 m après l’éclosion des oisillons (Butler, 1991). Bien qu’aucune réaction notable ne soit observée chez des hérons dans certains sites urbains, la productivité dans ces sites est négativement corrélée au niveau d’activité humaine (Vennesland, 2000; Vennesland et Butler, 2004).

Prédation par le Pygargue à tête blanche

Le Pygargue à tête blanche est le principal prédateur du Grand Héron du Pacifique (Butler, 1997; Gebauer et Moul, 2001; Vennesland et Butler, 2004) et représente un facteur limitatif important pour les populations de hérons. La prédation et les perturbations qui y sont associées se traduisent par un taux d’abandon des nids et des colonies significativement plus élevé (Butler et al., 1995; Vennesland et Butler, 2004).

Les impacts de la prédation par les pygargues ont été généralement décrits dans le contexte de populations d’aigles en rétablissement, après que de nombreuses populations aient été décimées par des polluants humains comme le dichlorodiphényltrichloréthane (DDT) (Bednarz et al., 1990; Kjellen et Roos, 2000; Butler et Vennesland, 2000; Elliott et Harris, 2001). Ce rétablissement est en cours depuis plusieurs décennies. Le nombre de pygargues nicheurs a augmenté de 30 p. 100 dans les îles Gulf (Vermeer et al., 1989) et de 34 p. 100 à Puget Sound (McAllister et al., 1986) entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980. Les populations de pygargues sur la côte sud sont en hausse depuis le milieu des années 1980 (Elliott et Harris, 2001) et le taux d’attaques de nids de Grands Hérons du Pacifique a plus que doublé durant cette période (Vennesland et Butler, 2004). La productivité des nids de pygargues de 1992 à 1995 était plus élevée dans le détroit de Georgie que sur la côte ouest de l’île de Vancouver ou dans le détroit de Johnstone, et un surplus « considérable » de pygargues juvéniles a été produit (Elliott et al., 1998). On explique mal cette augmentation de la production, mais elle est probablement attribuable à une augmentation des populations de proies (p. ex. populations de goélands nourries par les déchets humains), une diminution des niveaux de contaminants dans les proies (Vermeer et al., 1989; Elliott et al., 1998) et peut-être une diminution des persécutions (Vennesland, 2000). Il est également possible que la diminution des populations de poissons ait forcé les pygargues à chercher d’autres sources de nourriture (Vennesland, 2000). On ignore quelle est l’importance des populations de pygargues par rapport aux niveaux historiques, ni la taille relative des populations de pygargues et de hérons avant l’arrivée des Européens. Compte tenu de l’ampleur de leur augmentation démographique au cours des dernières décennies, il est peu probable que leurs effectifs actuels soient inférieurs aux effectifs historiques.

Il est également possible que le Pygargue à tête blanche nuise à l’utilisation de l’habitat par les Grands Hérons du Pacifique (Butler et Vennesland, 2000; Vennesland et Butler, 2004). Par exemple, dans l’île de Vancouver en 2005, des pygargues ont fait leur apparition dans une colonie, qui a été rapidement abandonnée par les hérons, peu après qu’un propriétaire foncier eut coupé des arbres et ainsi exposé la colonie (Vennesland, 2006). Les attaques de hérons dans leur nid par des pygargues ont augmenté au cours des dernières années (Vennesland et Butler, 2004), et cette augmentation de la prédation incite de nombreux hérons à partir à la recherche de nouveaux habitats de nidification. Chose intéressante, certains hérons nichent à proximité de nids de pygargues, là où ce choix leur permet d’amenuiser les perturbations venant d’autres prédateurs (Koonz, 1980; Butler, 1995; Vennesland, 2000).

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Importance de l'espèce

Le Grand Héron du Pacifique est un oiseau non migrateur confiné à la côte nord-est de l’océan Pacifique. Il est un symbole de la conservation des terres humides et de la qualité de l’environnement.

 

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

En Colombie-Britannique, le Grand Héron, ses nids et ses œufs sont protégés en permanence contre la persécution (article 34) par la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (1982; mise à jour en 1999). Il est également interdit de chasser les hérons en vertu du paragraphe 11(3) de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et le paragraphe 5(4) et l’article 6a) du Règlement sur les oiseaux migrateurs (Butler et Baudin, 2000). Un petit nombre de permis d’effarouchement et d’abattage ont été délivrés jusqu’en 1998 en vue de réduire la déprédation des alevinières par les hérons, mais ces permis ont été révoqués depuis (R. Butler, observation personnelle).

Les sous-espèces de Grands Hérons fannini et herodias figurent sur la liste bleue du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique. Les espèces figurant sur cette liste sont considérées comme vulnérables et en péril, mais pas encore en voie de disparition ou menacées. La sous-espèce fannini a été désignée « espèce préoccupante » par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada en 1997

 

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Résumé technique

Ardea herodias fannini
Grand Héron de la sous-espèce fannini

Great Blue Heron fannini subspecies

Répartition au Canada : Colombie-Britannique


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2)
Analyse des Système d'information géographique (SIG) : le polygone minimum encercle toute l’aire de répartition canadienne
244 000 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)
Inconnue, peut-être en déclin en périphérie de l’aire de répartition
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Non
Superficie de la zone d’occupation (km2).
Analyse des SIG : voir la figure 2
188 000 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Inconnue, peut-être en déclin en périphérie de l’aire de répartition (à l’extérieur de la vallée du bas Fraser)
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.
49 sites de nidification (2005)
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Peu probable
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
En déclin


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
Estimée à 5,6 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
Estimé entre 4 000 et 5 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue :
Variable. En déclin d’après les données du Recensement des oiseaux de Noël (RON) sur trois générations (voir ci-dessous); en croissance d’après les données des relevés des oiseaux aquatiques des côtes de la Colombie-Britannique des cinq dernières années.
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

D’après les données du Recensement des oiseaux de Noël (RON), avec une durée de génération de 5 ans (limite inférieure) ou 6 ans (limite supérieure)
De 19 à 26 % (RON), mais en croissance d’après les relevés des oiseaux aquatiques des côtes
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Peu probable
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Dans les aires de reproduction, à la grandeur de l’aire de répartition : non; dans la vallée du bas Fraser : oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Non
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :
Inconnu


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Les principales menaces sont la prédation par le Pygargue à tête blanche, les perturbations humaines et la destruction de l’habitat. Les impacts humains sont particulièrement graves dans la vallée du bas Fraser (le centre de l’aire de répartition de la sous-espèce).


Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur :
États-Unis (État de Washington)
En déclin
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Oui
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Inconnu, l’habitat est en déclin près de la frontière américaine (vallée du bas Fraser)
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Inconnue, mais peut-être limitée en raison du déclin aux États-Unis


Analyse quantitative

Sans objet


Statut existant

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : Préoccupante (1997 et 2008)


Statut et justification de la désignation

Statut : Préoccupante
Code alphanumérique : Sans objet


Justification de la désignation : Au Canada, cette sous-espèce est répartie le long de la côte de la Colombie-Britannique et possède une population relativement petite qui se concentre dans quelques colonies de reproduction dans le sud de la Colombie-Britannique. Il y a des indications d’un déclin de la productivité et il n’est pas clair si la population est stable ou en déclin. La prédation par les aigles, la perte d’habitat et les perturbations par les humains constituent des menaces permanentes, particulièrement dans la partie sud de l’aire de répartition où les concentrations d’oiseaux sont plus élevées.


Applicabilité des critères

Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet. Ne correspond pas au critère.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet. Ne correspond pas au critère.

Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Peut correspondre à la catégorie C1, « menacée », si les tendances du Recensement des oiseaux de Noël sont employées pour projeter les déclins à venir.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet. Ne correspond pas au critère.

Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet.

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Remerciements et experts contactés

Gary Dick et Colin Copland ont fourni des renseignements sur les lois protégeant les hérons et Mike Dunn a fourni des renseignements sur la protection de la colonie de hérons de la Base des Forces canadiennes (CFB) (Canadian Forces Base [CFB]) CFB-Chilliwack et, avec Robert Elner, a commenté le manuscrit. John Elliot, du Service canadien de la faune, et Kym Welstead, du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, ont fourni de l’information sur la surveillance des contaminants. Barry Smith a fourni de l’information tirée d’un document en préparation. L’information sur les occurrences a été fournie par Trudy Chatwin, Peter Clarkson, Peter Dyment, Ann Eissinger, Barb Johnston, Pippa Shepherd et Berry Wijdeven. Kym Welstead, Jamie Kenyon, Lain Jones et Dalyce Epp ont fourni de l’assistance pour la gestion des données. Carl Schwartz et Marie Loughin, de la Simon Fraser University, ont fourni de l’assistance pour les statistiques. Mark Drever, de la University of British Columbia, a fourni de l’assistance pour la modélisation démographique. Études d’Oiseaux Canada, avec l’appui du Service canadien de la faune, a fourni les données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes. Les rédacteurs remercient particulièrement tous les bénévoles qui recueillent des données pour le Recensement des oiseaux de Noël, le Relevé des oiseaux nicheurs et le relevé des oiseaux aquatiques des côtes. Les cartes et les analyses des Système d'information géographique (SIG) ont été produites par James Sanders, du Ministry of Agriculture and Lands de la Colombie-Britannique. Fred Sharpe a offert des conseils sur la géographie de l’État de Washington qui ont permis de déterminer les cercles de dénombrement du Recensement des oiseaux de Noël (RON) pertinents pour les Grands Hérons du Pacifique. Stephanie Hazlitt a offert des conseils pour interpréter les données du relevé des oiseaux aquatiques des côtes.

 

Communications personnelles

Clarkson, Peter. Garde adjoint, Agence Parcs Canada, Ucluelet (Colombie-Britannique).

Dyment, Peter. Tlell Sustainability Institute, Tlell.

Elliott, John. Chercheur scientifique, Service canadien de faune, Environnement Canada, Delta (Colombie-Britannique).

Johnston, Barb. Scientifique des écosystèmes, Agence Parcs Canada, Waterton Lakes (Colombie-Britannique).

Smith, Barry. Chercheur scientifique, Service canadien de faune, Environnement Canada, Delta (Colombie-Britannique).

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Sources d'information, Sommaire biographique des rédacteurs du rapport et Collections examinées

Sources d'information

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Ross Vennesland est titulaire d’un baccalauréat de premier cycle (1996) en biologie et en géographie physique de la Simon Fraser University. Il est également titulaire d’une maîtrise en biologie de la Simon Fraser University (2000) portant sur l’écologie comportementale et la biologie de la conservation du Grand Héron. Durant et après ses études, M. Vennesland a travaillé à titre de consultant privé pour les gouvernements fédéral et provincial, des établissements d’enseignement et d’autres organisations, principalement dans le domaine de l’ornithologie. De 2002 à 2006, il a occupé le poste de biologiste principal des écosystèmes pour les espèces en péril, pour le compte du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, région du Lower Mainland. Dans le cadre de ses fonctions, il a travaillé sur une grande variété d’organismes, dont des oiseaux, des poissons, des plantes, des petits mammifères, des amphibiens et des invertébrés, et présidé plusieurs équipes de rétablissement ainsi que le South Coast Conservation Program (en anglais seulement), un programme de conservation à l’échelle du paysage de la région. Aujourd’hui, il occupe le poste de spécialiste du rétablissement des espèces en péril au Centre de services de l’Ouest et du Nord de Parcs Canada, à Vancouver.

Rob Butler est titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise ès sciences de la Simon Fraser University et d’un doctorat en zoologie de la University of British Columbia. Il occupe le poste de chercheur scientifique principal au Service canadien de la faune d’Environnement Canada et est également professeur adjoint en sciences biologiques à la Simon Fraser University, en Colombie-Britannique. Ses spécialités de recherche sont la migration, l’écologie et la conservation des oiseaux. M. Butler fait figure d’autorité mondiale sur le Grand Héron en raison de ses recherches doctorales, ses publications scientifiques et la publication de son ouvrage de référence, The Great Blue Heron (Univ. of B.C. Press, 1997). M. Butler est conseiller scientifique pour le groupe de spécialistes des hérons de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage de l’hémisphère occidental et les Zones importantes pour la conservation des oiseaux. Il est un ancien président de la Waterbird Society, président et membre fondateur du Heron Working Group et président de la Pacific Wildlife Foundation. Ses recherches sur la migration et la conservation des oiseaux au Canada et ailleurs ont été lauréates de nombreux prix. M. Butler est Fellow de la American Ornithologists’ Union.

Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée pour le présent rapport.

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