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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le phasque de Vlassov (Microbryum vlassovii) au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

En Colombie-Britannique, le Microbryumvlassovii est présent dans une seule zone biogéoclimatique, la zone à graminées cespiteuses, où il peut être observé en sol compact limoneux ou argileux, non perturbé, dénudé, sur des berges lacustres postglaciaires (berges d’anciens lacs postglaciaires), dans un paysage de steppes semi-arides et de prairies de basse altitude (Brink, 1997). Il existe une variété de milieux propices aux bryophytes sur ces berges, dont les caractéristiques varient selon l’orientation, la pente et le couvert végétal. L’étude des spécimens antérieurement récoltés et les observations récemment faites sur le terrain montrent que l’espèce pousse sur des pentes abruptes, partiellement ombragées ou très découvertes, où peu d’autres espèces de mousses peuvent croître. L’espèce n’a pas été observée sur les croûtes de lichens de fin de succession dominant la plupart des terrains peu élevés et des berges lacustres postglaciaires non perturbées. Par conséquent, le M. vlassovii est peut-être avant tout caractéristique des terrains se trouvant à un stade peu avancé de la succession végétale et, notamment, des parties de berge un peu moins perturbées que les autres, où les lichens et les mousses potentiellement compétitifs ne sont pas en mesure de s’implanter (cependant, un spécimen récolté antérieurement à Penticton provenait d’une colonie relativement étendue où l’espèce poussait en association avec le Barbula unguiculata, caractéristique de milieux plus ombragés). Pendant le relevé mené en 2004 sur le site de Penticton, T. McIntosh a trouvé le Mvlassovii sur une pente abrupte, dénudée, orientée au sud, dont la végétation se trouvait à un stade peu avancé de la succession; l’espèce y était associée à deux autres mousses, l’Aloina bifrons et le Pseudocrossidium obtusulum, qui étaient peu développées. Quelques espèces de lichens caractéristiques d’une succession végétale peu avancée étaient également présentes. Selon Zander (1999), le substrat et l’altitude définissant l’habitat de l’espèce sont encore inconnus; le spécimen récolté en Californie poussait sur le sol argileux d’un versant de colline utilisé comme pâturage.

Les berges lacustres postglaciaires sont des reliefs communs dans la zone à graminées cespiteuses, qui est restreinte à un petit nombre de vallées étroites du centre-sud de la Colombie-Britannique. Parmi les plantes communes de cette zone, il faut mentionner l’agropyre à épi (Pseudoroegneria spicata), la stipe chevelue (Heterostipa comata), l’armoise tridentée (Artemisia tridentata) et, dans le sud de la vallée de l’Okanagan, la purshie tridentée (Purshia tridentata).

Les berges lacustres postglaciaires peuvent être très vastes (d’une longueur de plusieurs kilomètres), comme celles se trouvant près de Kamloops et de Penticton ou, au contraire, très petites (moins de un hectare), comme dans les petites vallées voisines. Bien que ces berges soient communes en Colombie-Britannique, relativement peu d’entre elles semblent comporter des milieux convenant au Microbryum vlassovii. En se fondant sur son expérience de terrain et sur une étude approfondie de l’habitat des populations connues, T. McIntosh a établi que l’habitat potentiel du taxon est :

  1. limité aux berges lacustres postglaciaires des parties les plus chaudes et sèches de la province, en particulier dans la vallée de la Thompson Sud, près de Kamloops, et dans le sud de l’Okanagan – certaines espèces de lichens et de mousses associées au M. vlassovii ne sont communes ou même présentes que sur ces berges;
  2. limité aux parties très escarpées de ces berges, où la végétation est à un stade peu avancé de la succession.

Tendances en matière d’habitat 

Les deux sites connus de la Colombie-Britannique se trouvent apparemment sur des terrains relativement peu perturbés, mais il semble que des activités humaines s’y déroulent. Dans le cas du site de Penticton, les résidents de la région cherchent apparemment à dissuader les gens de se promener sur les berges lacustres; il y a de petites zones d’érosion sur les berges abruptes surplombant le fossé de la route, mais ces zones demeurent clairsemées. 

Protection et propriété

Les deux sites se trouvent près de zones résidentielles, à l’intérieur des limites de municipalités, et ni l’une ni l’autre ne semble bénéficier d’une protection particulière.