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Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie (2002-2012)

Résumé

L’aire de répartition du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) a régressé considérablement depuis le milieu du 19e siècle. Dans l’Est de l’Amérique du nord, la population de la Gaspésie est maintenant la seule représentante de cette espèce au sud du fleuve Saint-Laurent. Cette population relique, génétiquement distincte, possède un statut très précaire et fut désignée, en mai 2002, en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) alors que la population et son habitat ont été désignés vulnérables par le gouvernement du Québec en septembre 2001.

La population comprenait au moins 750 caribous durant les années 1950. Selon les estimations les plus récentes, la population ne compterait plus qu’environ 140 individus. Historiquement, son déclin aurait été causé principalement par la chasse, les pertes d’habitat reliées à l’exploitation forestière et minière ainsi qu'aux feux de forêt. Plus récemment, le coyote (Canis latrans), un nouveau prédateur causant une mortalité importante des faons, a mis une pression additionnelle sur le caribou. Elle s’est ajoutée à celle exercée par l’ours noir  (Ursus americanus) et elle est la principale cause du déclin actuel du caribou de la Gaspésie. Les caribous adultes de la Gaspésie sont sujets à plusieurs causes de mortalité mais leur survie (85-90 %) est comparable à celle d’autres populations de caribou. Comme sa répartition actuelle comprend principalement les limites du parc national de la Gaspésie et une portion équivalente de territoire attenante, le caribou serait affecté par les activités humaines. En présence de randonneurs sur les sommets, les caribous modifient leur comportement habituel et passent moins de temps à s'alimenter, à se reposer et davantage à surveiller, marcher et courir. Ils ont aussi tendance à délaisser les sommets au profit de la forêt alpine où ils pourraient être plus vulnérables à la prédation.

La harde utilise trois principaux secteurs pour ses activités : le mont Albert, différents monts des McGerrigle ainsi que le mont Logan en plus d’une portion de territoire périphérique au parc national de la Gaspésie. Les caribous effectuent des déplacements fréquents entre la toundra alpine et la forêt alpine.

Plusieurs mesures ont été adoptées pour protéger le caribou de la Gaspésie. Le parc a été créé en 1937, la chasse a été interdite en 1949. Depuis 1977, toute forme d’exploitation forestière et minière est interdite à l’intérieur des limites du parc national de la Gaspésie. Afin de minimiser la prédation occasionnée par les coyotes et les ours noirs sur les faons caribous, des opérations de contrôle des prédateurs se sont déroulées de 1990 à 1996 et furent reprises à l’année 2001. Un plan de rétablissement a été mis en opération de 1990 à 1995. De plus, quelques mesures ont été mises en place pour encadrer les visiteurs du parc national de la Gaspésie aux périodes critiques pour le caribou. Finalement, un plan d’aménagement forestier a été élaboré en 1999 et a été en vigueur jusqu’en 2004. Une nouvelle version est actuellement en cours, jusqu’en 2011.

Malheureusement, la situation du caribou de la Gaspésie demeure problématique, le recrutement ayant diminué considérablement depuis l’arrêt du contrôle des prédateurs, ce qui justifie la mise en place d’un nouveau plan de rétablissement. L’Équipe de rétablissement suggère un plan de 10 ans ayant pour cibles principales l’atteinte d’une population de 150 caribous en cinq ans et de 175 individus en 10 ans. Pour y arriver, elle suggère d’adopter des mesures visant à maintenir 17 % de faons dans la population automnale. Le plan identifie deux mesures prioritaires : 1) le contrôle des coyotes et des ours susceptibles de fréquenter les sommets avant et durant la mise bas et 2) la mise en place d’un projet de recherche pour étudier les stratégies d’utilisation de l’espace et des habitats par les prédateurs. Le contrôle des prédateurs permettra d’accroître la survie des faons et la croissance de la population. De son côté, le programme de recherche permettra, à court terme, de mettre en place des méthodes de contrôle mieux ciblées et, à long terme, d’identifier des stratégies d’aménagement de l’habitat qui permettront de minimiser les interactions entre le caribou et les prédateurs. Les mesures existantes visant à diminuer le dérangement du caribou par les visiteurs du parc seront également reconduites.