Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie (2002-2012)

Introduction

Le caribou (Rangifer tarandus caribou) de la Gaspésie était apparemment abondant au début du vingtième siècle. Il faisait cependant l’objet d’une chasse commerciale intensive (Moisan 1956). Les changements historiques de l’abondance de cette population ont été brièvement revus par Courtois et al. (2001). Le caribou était encore présent à Gaspé en 1868 où il était parfois vu près des habitations (Guay 1983). Cependant, son aire de répartition a régressé rapidement par la suite. Il était considéré rare dans la Vallée de la Matapédia vers 1887, probablement à cause de la chasse excessive. Celle-ci était particulièrement importante entre 1900 et 1915, et une épizootie de cause inconnue serait survenue entre 1920 et 1928 (Moisan 1956). La population a été protégée par la création du parc national de la Gaspésie en 1937 et l’arrêt de la chasse en 1949. L’arrêt des travaux forestiers et miniers ne s’est par contre terminé qu’à compter de 1977.

En 1953, la harde de la Gaspésie comptait entre 700 et 1 500 caribous répartis sur environ 1 000 km2 et formant quatre groupes principaux qui hivernaient dans la toundra alpine des monts Logan, Albert, Jacques-Cartier et Copper (rivière Garland, Murdochville; Moisan 1957). Le recrutement semblait bon, probablement en raison de l’absence du loup (Canis lupus). L’ours noir (Ursus americanus) était abondant mais n’était pas considéré comme un prédateur efficace et il était contrôlé par les gardiens du parc. Moisan (1957) s’inquiétait néanmoins de la situation du caribou à cause des modifications apportées à son habitat causées par la coupe forestière, les feux de forêt et l’exploitation minière.

Malgré la protection offerte par le parc, la population a continué de diminuer, particulièrement jusqu’au milieu des années 1970, et elle comporte actuellement environ 140 caribous (Fournier et Faubert 2001). Sa situation est très précaire à cause de la prédation exercée sur les faons par le coyote (Canis latrans), qui a colonisé la Gaspésie au milieu des années 1970, et par les ours noirs qui fréquentent le sommet des montagnes utilisées par le caribou (Crête et Desrosiers 1993).

La harde est classée menacée en 1984 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC 2000), depuis peu, elle est classée en voie de disparition. Un Plan de rétablissement axé sur le contrôle des prédateurs et la diminution du dérangement, est en cours depuis 1990 (Équipe de rétablissement du caribou de la Gaspésie 1994). Un plan d’aménagement forestier a été élaboré pour protéger les habitats en périphérie du parc (Champagne et al. 1999). Depuis septembre 2001, le gouvernement du Québec a désigné le caribou et son habitat comme étant vulnérables en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (E-12.01) et du Règlement sur les espèces fauniques menacées ou vulnérables et leurs habitats (L.R.Q.c.E-12.01, a.10, r.0.2.3; Gazette officielle du Québec, 2001).

La précarité du caribou de la Gaspésie a amené la création d’une nouvelle équipe de rétablissement à l’automne 2001. Devant l’urgence de la situation, un contrôle des prédateurs a été entrepris à l’été de la même année. Le présent travail constitue le rapport de l’Équipe de rétablissement. On y trouvera d’abord une revue de littérature sur le caribou, principalement basée sur le travail de Michaud (2001). Suivra un résumé des travaux réalisés antérieurement sur la harde de la Gaspésie pour finalement présenter les buts, objectifs et moyens que l’Équipe de rétablissement favorise pour assurer la pérennité du caribou de la Gaspésie.