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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc des montagnes (Otus kennicottii) au Canada - Mise à jour

Résumé

Petit-duc des montagnes
Otus kennicottii

Information sur l’espèce

Le Petit-duc des montagnes (Otus kennicottii) est un petit hibou à aigrettes et à plumage rayé brun gris. Il ressemble beaucoup au Petit-duc maculé, qui était considéré comme un oiseau de la même espèce que le Petit-duc des montagnes jusqu’en 1983. Comme les aires de répartition de ces deux espèces ne se chevauchent habituellement pas au Canada, les erreurs d’identification sont peu probables. Il règne une certaine confusion quant au nombre de sous-espèces de Petit-duc des montagnes présentes en Amérique du Nord. Toutefois, le présent rapport s’appuie sur la source la plus courante, selon laquelle il existe deux sous-espèces au Canada, soit l’Otus kennicottii kennicottii et l’Otus kennicottii macfarlanei.

Répartition

Le Petit-duc des montagnes est présent dans l’Ouest de l’Amérique du Nord depuis le Sud de l’Alaska jusqu’au centre du Mexique. Au Canada, l’espèce est observée uniquement dans deux régions de la Colombie-Britannique : d’une part, dans la zone côtière, y compris dans l’île de Vancouver, mais à l’exclusion des îles de la Reine-Charlotte (O. k. kennicottii) et, d’autre part, dans le Sud de l’intérieur de la province (O. k. macfarlanei), la majorité des oiseaux de cette région étant observée dans la vallée de l’Okanagan.

Habitat

Au Canada, ce hibou vit en général à basse altitude, dans des milieux boisés souvent situés dans des zones riveraines (au bord de cours d’eau), mais il ne semble pas étroitement associé à un type particulier de boisés. On peut aussi l’observer dans des zones urbaines et suburbaines boisées, ainsi qu’à la lisière d’habitats forestiers proches de milieux humides ouverts ou de champs. Dans la zone côtière, il semble se tenir surtout dans les forêts de conifères et les forêts mixtes; dans l’intérieur, les oiseaux semblent être plus fréquents dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes. Pendant la journée, il se perche dans des conifères ou des feuillus.

Biologie

Le Petit-duc des montagnes est une espèce nocturne, non migratrice et territoriale toute l’année. On sait qu’il peut vivre jusqu’à 11 ans à l’état sauvage, mais sa longévité moyenne est inconnue. Il niche dans des cavités naturelles habituellement creusées dans les arbres par des pics de grande taille, ou encore dans des nichoirs. Il semble opportuniste dans le choix de ses proies. Son régime alimentaire comprend diverses espèces de mammifères, de poissons, d’oiseaux, d’insectes et d’autres invertébrés. Plusieurs prédateurs s’y attaquent, notamment de grands hiboux comme la Chouette rayée (Strix varia). Cette dernière n’est devenue une espèce commune dans l’Ouest de la Colombie-Britannique que depuis la dernière ou les deux dernières décennies et constitue donc un nouveau prédateur pour le Petit-duc des montagnes.

Taille et tendances des populations

La taille et les tendances des populations de Petits-ducs des montagnes au Canada sont difficiles à déterminer parce qu’il y a peu de documents publiés sur la question. Comme la sous-espèce de la zone côtière semble relativement commune dans la plus grande partie de l’île de Vancouver et qu’elle est également présente dans une large bande le long de la côte continentale, sa population pourrait compter jusqu’à 10 000 oiseaux selon l’estimation la plus élevée. Cependant, une estimation plus faible, établie à environ 3 000 oiseaux, serait peut-être plus réaliste parce que les populations vivant dans les parties méridionales peuplées de la zone côtière semblent en déclin, et on ne sait pas s’il en va de même pour le reste de ses effectifs.

Selon une estimation grossière, la très petite population de l’intérieur compterait entre 50 et 200 oiseaux. La plupart des observations et toutes les mentions de nidification viennent de la vallée de l’Okanagan, mais, à de rares occasions, on découvre aussi des individus ailleurs dans le Sud de l’intérieur. Cette sous-espèce semble avoir toujours été relativement peu commune et sa population est maintenant très petite.

Facteurs limitatifset menaces

Dans le Sud de la zone côtière de la Colombie-Britannique, on a constaté des déclins dans les populations de Petits-ducs des montagnes parallèlement à de fortes augmentations des effectifs de la Chouette rayée. Les indications d’un lien direct entre ces deux phénomènes sont en grande partie anecdotiques, mais on les trouve dans de nombreuses sources. Une importante perte d’habitat est observée dans le Sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique où les terres du fond des vallées, qui constituent l’habitat préféré des petits-ducs, sont plus susceptibles d’être exploitées que d’autres habitats. De plus, comme le Petit-duc des montagnes a besoin d’arbres suffisamment gros pour contenir des cavités propices à la nidification, certaines pratiques forestières en milieu urbain et sauvage peuvent avoir une incidence négative sur l’espèce.

Importance de l’espèce

Le Petit-duc des montagnes est considéré comme une espèce indicatrice d’écosystèmes riverains en santé dans la majeure partie de son aire de répartition. Étant donné qu’il a besoin de vieux arbres pouvant lui servir de perchoir et lui fournir des cavités pour nicher et qu’il occupe une position proche du sommet des chaînes alimentaires, cet oiseau constitue une espèce parapluie idéale pour les plans de conservation visant plusieurs espèces.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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