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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc des montagnes (Otus kennicottii) au Canada - Mise à jour

Biologie

Généralités

Mis à part certains aspects de son régime alimentaire et de ses besoins sur le plan environnemental, le Petit-duc des montagnes n’est pas très bien connu. Il s’agit d’une espèce nocturne, qui s’alimente (Hayward et Garton, 1988) et en général chante seulement la nuit. Il est essentiellement non migrateur en Colombie-Britannique (Campbell et al., 1990). Les couples sont territoriaux tout au long de l’année, et on peut entendre leurs appels à toute période de l’année, à des fréquences variables. Cannings et Angell (2001) fournissent plus d’information sur des sujets comme le comportement social et les vocalisations.

Reproduction

Le Petit-duc des montagnes est probablement monogame, la formation des couples débutant en janvier ou en février (Cannings et Angell, 2001). On pense que la plupart des oiseaux commencent à se reproduire à l’âge d’un an, mais l’âge moyen à la première reproduction n’est pas connu (Cannings et Angell, 2001). D’après les mentions, en Colombie-Britannique, la ponte des œufs s’effectue entre le 17 mars et le 31 mai, et environ la moitié des œufs ont été découverts dans les deux semaines du milieu d’avril, alors que les jeunes ont été observés entre le 19 avril et le 21 août, la moitié d’entre eux ayant été découverts en mai (Campbell et al., 1990). Dans l’Idaho, chez 50 jeunes à l’envol, la date moyenne de départ du nid était le 18 mai (Ellsworth et Belthoff, 1997). L’espèce n’élève qu’une seule nichée, et la femelle pond en moyenne 3,4 œufs dans les régions côtières et le Great Basin en Amérique du Nord (Murray, 1976), mais elle peut pondre de deux à sept œufs (Cannings et Angell, 2001).

Les nids occupent des cavités naturelles dans les arbres ou des nichoirs là où ces derniers sont disponibles, et l’oiseau n’emploie aucun matériau de construction. Des 62 nids signalés par Campbell et al. (1990) en Colombie-Britannique, plus des trois quarts se trouvaient dans des nichoirs, mais parmi les nids restants, 26 p. 100 se trouvaient dans des cavités naturelles d’arbres tels le peuplier de l’Ouest, l’aulne rouge, le douglas, le thuya géant et la pruche de l’Ouest, et 13 p. 100 dans des cavités creusées par le Grand Pic (Dryocopus pileatus) ou le Pic flamboyant (Colaptes auratus). Tous les nids situés dans des cavités naturelles se trouvaient dans des arbres de plus de 25 cm de diamètre à hauteur de poitrine (dhp). Deux nids trouvés à proximité de Victoria occupaient un nichoir installé dans un douglas de 71 cm dhp et un feuillu non identifiable de 35 cm dhp (probablement, un aulne rouge selon Hobbs, comm. pers., 2001). Dans le dernier cas, l’ouverture de la cavité occupée par le nid se trouvait à environ 15 m du sol et mesurait environ 11 cm de diamètre, la cavité étant de 58 cm de haut en bas. Dans la région de l’Okanagan, deux nids ont été trouvés dans des peupliers (Cannings et al., 1987), et Bent (1938) a aussi signalé l’utilisation des peupliers par les deux sous-espèces, l’O. k. macfarlanei et l’O. k.  kennicottii. Dans le Nord-Ouest de l’État de Washington, Bowles (1906) a trouvé des nids généralement dans une cavité naturelle d’un chicot de chêne ou de sapin, mais il a aussi découvert au moins un nid dans un trou creusé par des pics.

Survie

D’après les mentions, l’oiseau le plus âgé découvert à l’état sauvage est un spécimen de la Californie qui avait presque 13 ans (Clapp et al., 1983); dans l’Idaho, un autre a vécu jusqu’à 11 ans (Doremus, dans Cannings et Angell, 2001). Il est probable que la durée de vie moyenne soit beaucoup plus courte en moyenne. Dans l’Idaho, les femelles et les mâles reproducteurs vivent en moyenne 1,73 an et 1,83 an respectivement (Doremus cité dans Cannings et Angell, 2001).

Un bon nombre de Petits-ducs des montagnes meurent à la suite de collisions avec des véhicules motorisés (Hawbecker, 1938; Dorst, comm. pers., 2001; Hobbs, comm. pers., 2001; Holmes, comm. pers., 2001). Campbell et al. (1990) mentionnent plusieurs oiseaux tués sur la route en Colombie-Britannique, ainsi que le long de voies ferrées. Dyer (comm. pers., 2002) signale que quatre petits-ducs ont été tués sur la route dans le Sud de l’Okanagan en 2001, nombre important compte tenu de la faiblesse des effectifs dans cette région.

Déplacements et dispersion

Ellsworth et Belthoff (1997) ont étudié la dispersion des jeunes dans l’Idaho. Ils ont constaté qu’en moyenne les oiseaux parcourent 10,6 km (14,7 km pour les femelles et 5,1 km pour les mâles) vers les sites d’hivernage supposés. Selon les mentions, la distance la plus grande franchie par un oiseau lors de la dispersion est de 36 km.

Alimentation

Le régime alimentaire du Petit-duc des montagnes est extrêmement varié. D’après les observations, il se nourrit de petits mammifères, d’oiseaux, de poissons, de reptiles et d’une grande variété d’insectes et d’autres invertébrés (Ross, 1969; Earhart et Johnson, 1970; Brown et al., 1986; Johnsgard,1988; Marti et al., 1993). À certains endroits, son régime semble se composer d’une combinaison de taxons, tandis que d’autres individus, selon la saison, semblent se spécialiser dans la nourriture la plus facile à obtenir.

Dans la zone côtière de la Colombie-Britannique, on a observé que l’espèce se nourrit de poissons, d’oiseaux, de coléoptères, de lépidoptères et d’autres insectes (Munro, 1929; Guiguet, 1949; Ryder, 1973, cité dans Cannings et Angell, 2001; Hazelwood, 1994), tandis que dans l’intérieur, on a trouvé un oiseau qui avait mangé des grillons et une chenille (Cannings, 1987) et un autre, un Pic flamboyant (Colaptes auratus) (Munro, 1929). Il n’y a aucun doute que le Petit-duc des montagnes consomme des petits mammifères en Colombie-Britannique, car dans une étude menée dans l’Idaho, on a trouvé que son régime était composé presque exclusivement de mammifères (Marks et Marks, 1981).

Interactions interspécifiques (prédation)

Le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus), la Chouette tachetée, la Chouette rayée (Strix varia) et le raton laveur (Procyon lotor) sont tous des prédateurs du Petit-duc des montagnes (Johnsgard, 1988; Cannings et Angell, 2001). Jusqu’à une publication aussi récente que celle de Johnsgard (1988), il n’y avait pas de mention de Chouette rayée ayant mangé un Petit-duc des montagnes, mais de plus en plus d’indications, surtout anecdotiques, montrent de façon convaincante que la prédation par la Chouette rayée pourrait être fréquente. Ryder (comm. pers. par l’entremise de Clulow, 2001) a observé une Chouette rayée mangeant un Petit-duc des montagnes dans la région de Langley. Des ornithologues amateurs ont également vu des Chouettes rayées s’approcher au vol silencieusement à l’audition d’une bande enregistrée de cris de Petit-duc des montagnes (Levesque, 2000; Hobbs, comm. pers., 2001; Clulow, comm. pers., 2001; Darling, comm. pers., 2002) ou voler directement vers un Petit-duc des montagnes ou vers une enregistreuse faisant entendre l’appel d’un petit-duc (Levesque, 2000; Acker, comm. pers., 2001; Darling, comm. pers., 2002). Ce n’est que récemment que la Chouette rayée s’est établie en Colombie-Britannique et est devenue un nouveau prédateur pour le Petit-duc des montagnes dans de nombreuses parties de son aire de répartition. La Chouette rayée est arrivée dans le Nord-Est de la Colombie-Britannique il y a environ 50 ans à la suite d’une expansion naturelle de son aire de répartition et elle a atteint la zone côtière vers le milieu des années 1960 (Campbell et al., 1990). Elle n’est devenue commune dans le Sud-Ouest de la Colombie-Britannique que dans les années 1980 (Dunbar et al., 1991). D’autres renseignements sur les interactions entre la Chouette rayée et le Petit-duc des montagnes sont présentés plus bas à la section « Facteurs limitatifs et menaces ».

Adaptabilité

Le Petit-duc des montagnes est adaptable en ce sens qu’il adopte facilement les nichoirs (Campbell et al., 1990; Doremus, comm. pers., 2001). De plus, il semble probable que cette espèce s’adapte très facilement à des aliments variés, puisqu’elle paraît se nourrir de presque toute proie vivante de taille appropriée. Cependant, son utilisation des habitats pourrait bien être quelque peu restreinte, car en l’absence de nichoirs elle a besoin d’arbres suffisamment gros pour contenir une cavité pouvant lui servir de nid.