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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc des montagnes (Otus kennicottii) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs qui limitent les populations ont été peu étudiés (Cannings et Angell, 2001), mais on peut avoir une idée de certains facteurs importants. Par exemple, la disponibilité de cavités convenant à la nidification doit avoir une incidence sur la capacité du Petit-duc des montagnes de se reproduire avec succès, cet oiseau utilisant toutefois facilement les nichoirs qui lui sont fournis (Deal, comm. pers., 2001; Doremus, comm. pers., 2001). On a avancé que les activités forestières ont une incidence négative sur l’habitat du petit-duc autant à cause de la perte d’habitat due à la récolte du bois qu’à cause de l’enlèvement des arbres morts et des chicots susceptibles d’abriter des cavités pour les nids (Darling, comm. pers., 2001; Fraser, comm. pers., 2001). Toutefois, la relation entre le Petit-duc des montagnes et les activités d’exploitation forestière n’a pas encore été étudiée. À l’instar de l’exploitation forestière, les feux de forêts pourraient aussi entraîner des pertes temporaires d’habitat pour les populations de l’intérieur (Hayward, comm. pers., 2001).

La perte d’habitat, tant dans la partie sud de la zone côtière qu’à l’intérieur de la Colombie-Britannique, constitue une menace, comme il a été mentionné plus haut sous la rubrique « Tendances en matière d’habitat ». Cette menace est particulièrement préoccupante dans le cas de l’O. k. macfarlanei, qui occupe une portion du pays beaucoup plus petite que celle qui abrite la population de la zone côtière et qui se tient surtout dans des habitats riverains dont la superficie diminue à cause de leur valeur pour l’exploitation, l’agriculture et les activités forestières. Le MWLAP (2001) évalue à environ 15 600 ha la superficie de l’habitat propice à cette sous-espèce dans le Sud de l’Okanagan. Cannings (comm. pers., 2001) pense qu’il faudrait doubler cette estimation pour inclure tout l’habitat convenant à l’O. k. macfarlanei au Canada.

Presque toutes les observations anecdotiques provenant des basses terres continentales et du Sud-Est de l’île de Vancouver, de même que deux autres provenant de l’État de Washington, font état de la prédation par la Chouette rayée comme cause probable du déclin du Petit-duc des montagnes, ou indiquent à tout le moins que l’augmentation du nombre de Chouettes rayées s’accompagne d’une diminution du nombre de Petits-ducs des montagnes (Acker, comm. pers., 2001; Aldcroft, comm. pers., 2001; Clulow, comm. pers., 2001; Fraser, comm. pers., 2001; Hobbs, comm. pers., 2001; Ryder par l’entremise de Mackenzie, comm. pers., 2001; Toochin, comm. pers., 2001). Comme il a été mentionné, la Chouette rayée n’est devenue commune en Colombie-Britannique que dans les dernières décennies, à mesure que l’espèce s’est répandue vers le Sud-Ouest dans des régions qu’elle n’avait jamais occupées auparavant. Fraser (comm. pers., 2001) émet l’hypothèse que la Chouette rayée et le Grand-duc d’Amérique prospèrent particulièrement bien dans le Sud-Est de l’île de Vancouver à cause de l’introduction et de l’établissement de petits mammifères de l’Est pouvant leur servir de nourriture. L’écureuil gris (Sciurus carolinensis) et le lapin à queue blanche (Sylvilagus floridanus) sont deux espèces qui se sont bien établies ces dernières décennies dans de grandes parties du Sud-Est de l’île de Vancouver et des basses terres continentales, mais qui ne sont présentes nulle part ailleurs dans la province en nombre important (Nagorsen, en prép.).

On ne sait absolument pas si la Chouette rayée a une incidence négative sur les populations du Petit-duc des montagnes en dehors de la partie sud de la zone côtière de la Colombie-Britannique, mais il est certain que la Chouette rayée est présente et raisonnablement commune dans ces parties de l’aire de répartition du petit-duc. Par exemple, dans l’étude de la vallée de la Nimpkish, on a recensé entre 19 et 27 Chouettes rayées au cours des relevés menés pendant une saison (Setterington, 1998) et, dans le bassin hydrographique de la rivière Campbell,
16 p. 100 des hiboux observés étaient des Chouettes rayées (contre 28 p. 100 pour le Petit-duc des montagnes) (Mico et Van Enter, 2000).