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L’andersonie charmante (Bryoandersonia illecebra)

Rétablissement

Faisabilité du rétablissement

Les spécimens canadiens d’andersonie charmante se composent exclusivement de sujets femelles, et aucun sporophyte de l’espèce n’a jamais été signalé au Canada. Il est cependant impossible d’effectuer un relevé exhaustif de toute la population canadienne quant à la présence de sujets mâles, car la détermination du sexe des bryophytes exige un échantillonnage destructeur, et l’absence de sporophytes dans les spécimens ne prouve pas que les populations canadiennes soient incapables d’en produire. En ce qui concerne la reproduction asexuée, on présume que les colonies existantes sont capables de s’étendre à l’intérieur de leur station et que les fragments peuvent se disperser sur de courtes distances, en particulier à l’aide de l’eau et d’autres vecteurs locaux. La mesure dans laquelle la propagation végétative pourrait accroître les taux de croissance ou l’abondance dépend de facteurs tels que les taux et régimes naturels de sénescence, l’étendue des milieux disponibles comme habitat et les tendances actuelles de la taille des populations qui n’ont pas encore été étudiés. On ne sait pas quel serait l’effectif minimal d’une population viable dans le cas de l’andersonie charmante, ni de la plupart des bryophytes (si un tel effectif minimal existe); d’ailleurs, pour calculer cet effectif, il faudrait modifier les méthodes communément utilisées (voir par exemple Menges, 1990, 1991).

Faute de données démographiques temporelles sur l’andersonie charmante ou de données qui permettraient de préciser les raisons de sa répartition limitée et de son déclin probable, il n’est pas certain que la protection des populations actuelles suffira à assurer la persistance à long terme de l’espèce. Par ailleurs, la présence de l’andersonie charmante a été confirmée dans une ou deux localités depuis le début des années 1980, ce qui donne à penser qu’elle pourrait persister sans intervention. Il semble qu’aucune intervention visant à rétablir une population de bryophytes rares, notamment par transplantation de colonies, d’individus, de fragments ou de spores, dans le but de modifier le ratio des sexes ou d’augmenter une population, n’a jamais été tentée en Amérique du Nord, bien que la remise en état de tourbières ait exigé la réintroduction de propagules de mousses (voir par exemple Rochefort et Bastien, 1998, ainsi que Rochefort et al., 2003). Cependant, en Europe, la conservation ex-situ et la réintroduction ont été appliquées à plusieurs espèces rares de bryophytes (voir par exemple Kooijman et Beltman, 1994, ainsi que UK Biodiversity Action Plan, 2005). Il est impossible de prévoir le succès de telles interventions dans les conditions actuelles, mais le présent programme de rétablissement constitue une occasion unique d’entreprendre des recherches qui pourraient soutenir des tentatives futures de rétablissement de bryophytes rares. Il existe un vaste corpus de documents décrivant la multiplication de bryophytes à partir d’individus et de propagules à des fins expérimentales (voir par exemple Wiklund et Rydin, 2004, Cleavitt, 2005, ainsi que les références citées dans Kallio et Saarnio, 1986). Ces travaux pourraient fournir des renseignements généraux grandement susceptibles d’augmenter les chances de réussite.

Parmi les autres aspects à considérer dans la faisabilité du rétablissement, il faut inclure l’existence d’une quantité suffisante d'habitat pour accueillir l’espèce ainsi que la possibilité d’atténuer les menaces pesant sur elle ou son habitat. Il semble que ces critères soient satisfaits dans le cas de l’andersonie charmante. En effet, l’espèce réussit à persister dans la région malgré une intense activité humaine, tous les sites où elle est présente sont protégés, et des observations indiquent que ces milieux risquent peu d’être perturbés par les humains (R. Gould, comm. pers.).

Bref, le rétablissement de l’andersonie charmante est actuellement considéré comme réalisable. Cette conclusion sera revue à la lumière de futures recherches.

 

But et objectifs du rétablissement et démarches connexes

But du rétablissement

Le but du présent programme de rétablissement est la conservation à long terme despopulations actuelles et, si possible, la restauration de la stabilité et de la viabilité de l’espèce en Ontario par un accroissement de la taille des populations actuelles et/ou du nombre des stations connues. Nous avons donc retenu comme cibles minimales le nombre de populations et les tailles de population observés en 2005 dans l’ensemble des trois stations actuelles. Les recherches futures permettront d’établir la faisabilité de cibles plus élevées.

2.2.2 Objectifs du rétablissement

Faute de données démographiques précises permettant de confirmer les tendances de la population canadienne ou de préciser l’effectif minimal d’une population viable et sans une solide compréhension des principaux facteurs limitatifs de l’andersonie charmante, l’établissement d’objectifs de rétablissement ainsi que de mesures de rendement réalistes et pertinentes est un processus hasardeux, qui ne peut être fondé que sur la meilleure interprétation possible du peu de données disponibles (Menges, 1991; Schemske et al., 1994; Nantel et Gagnon, 1999). Cependant, cette situation n’empêche pas de définir des cibles de rétablissement ni de mettre en œuvre des activités. En outre, il est important de distinguer la rareté, qui peut être normale chez l’andersonie charmante puisqu’il s’agit d’une espèce périphérique au Canada, de la menace de disparition (voir par exemple Morse, 1996), que le rétablissement vise à éliminer. La gestion des menaces peut seulement améliorer la situation de l’espèce à l’intérieur des limites naturelles propres à l'espèce.


Dans cette optique, les objectifs suivants seront poursuivis au cours des cinq prochaines années pour atteindre le but du rétablissement.

  1. Surveiller annuellement (ou plus souvent) l’habitat des trois populations afin de déceler les menaces potentielles et d’en atténuer les causes.
  2. Maintenir ou accroître la taille actuelle (superficie occupée et nombre de colonies) des trois populations, en protégeant à la fois les colonies et l’habitat essentiel.
  3. Déterminer quels projets de conservation à grande échelle en cours dans la zone carolinienne sont pertinents pour l’andersonie charmante et identifier les activités auxquelles il convient de collaborer.
  4. Accroître les connaissances existant sur la démographie, la biologie, la répartition et l’abondance de l’espèce, ses besoins en matière d’habitat, son habitat essentiel, les menaces pesant sur elle, les techniques de transplantation et d’introduction applicables et la faisabilité du rétablissement, dans la mesure où la viabilité à long terme est confirmée ou dans la mesure où :
  5. 4.1.  le but du rétablissement et les activités nécessaires à la persistance à long terme des populations, tels que décrits dans le présent document, sont appuyés ou peuvent être modifiés pour des motifs légitimes;
    4.2.  il est possible d’évaluer la nécessité et la faisabilité d’une restauration du nombre ou de la taille des populations.

 

Stratégies générales à adopter contre les menaces

Les menaces que constituent la dégradation de l’habitat et le déclin des populations doivent être abordées en utilisant des approches générales de suivi, de gestion et de recherche (tableau 3). Toutes ces activités doivent s’accompagner d’une planification, d’une réévaluation et de communications méticuleuses tout au long du processus de rétablissement. Cette stratégie est fondée sur la méthode en trois étapes de Schemske et al. (1994) pour l’élaboration de programmes de rétablissement efficaces : 1) établir la situation biologique (accroissement, diminution ou stabilité) de l’espèce, au moyen de recherches démographiques; 2) déterminer quels stades du cycle vital ont le plus d’effet sur la situation biologique; 3) déterminer quels facteurs biologiques expliquent l’importance variable des divers stades. Cette méthode permet d’établir les priorités de recherche et de choisir les activités de rétablissement en fonction des facteurs ayant le plus d’importance pour la survie de l’espèce.

Il n’existe pas de données démographiques précises sur l’andersonie charmante, et la collecte de telles données doit être prioritaire (de même que le suivi des menaces) par rapport aux autres recherches et activités de rétablissement. Cependant, il n’est pas certain que ces données suffiront pour une modélisation des populations canadiennes, en raison du petit nombre de ces populations, de leur petite taille et de la stratégie biologique de vivace persistante de l’espèce. Le suivi de populations centrales situées aux États-Unis (Nantel et Gagnon, 1999), plus nombreuses et donc, plus propice à une modélisation démographique, permettrait peut-être d’établir quels stades du cycle biologique de l’espèce sont les plus vulnérables, et dans quelle mesure les populations canadiennes sont typiques de l’espèce en général. Toutefois, des observations ponctuelles semblent indiquer que certaines composantes démographiques essentielles de l’espèce (sujets mâles, individus reproducteurs) sont absentes ou rares au Canada. Au moins une des populations persiste depuis plus de 20 ans, mais on présume que l’ensemble de la population canadienne est en déclin. Faute de données démographiques solides, il semble que les facteurs faisant obstacle à la reproduction (et à la dispersion) sont plus importants que ceux faisant obstacle à la croissance et aux taux de survie; les recherches proposées tiennent compte de cette priorité. L’étude de ces obstacles (notamment au moyen d’essais de transplantation ou de croissance contrôlée) permettra de déterminer quelles activités humaines risquent d’affecter la capacité reproductrice de l’espèce. Elle permettra également d’évaluer la faisabilité d’une réduction des effets limitatifs et de choisir les méthodes permettant d’obtenir une telle réduction.

Bien que les résultats des études génétiques soient difficiles à lier directement à la viabilité ou à la valeur adaptative démographique d’une population de plantes (Ellstrand et Elam, 1993; Schemske et al., 1994), ce type d’études est proposé dans le cadre du présent programme comme moyen de déterminer les distances et voies de dispersion, ainsi que le sexe, au sein de la population canadienne et parmi les populations du Canada et des États-Unis. Malgré les arguments avancés précédemment, il est possible que la reproduction ne constitue pas le principal facteur limitatif de l’andersonie charmante au Canada. Par conséquent, même si nous ne privilégions pas pour le moment les études portant sur les facteurs qui limitent l’établissement et la croissance, il faut encourager toutes les recherches portant sur les besoins écologiques (voir section 2.3 – Lacunes dans les connaissances), en raison de leur utilité potentielle pour la définition des facteurs limitatifs actuels (Schemske et al., 1994) ou en vue de la réintroduction, s’il y a lieu. Même si une certitude scientifique absolue est sans doute impossible à atteindre, des mesures doivent être mises en place immédiatement, en tenant compte du fait que la stratégie globale est dynamique et que les résultats du suivi, de la gestion et de la recherche permettront de perfectionner graduellement le programme de rétablissement.


Tableau 3. Stratégies générales de rétablissement de l’andersonie charmante en Ontario. Niveaux de priorité : U – urgent, N –nécessaire. Objectifs : objectifs de rétablissement présentés à la section 2.2.2. Il est à noter que les activités de recherche décrites ci-dessous contribuent également à la désignation de l’habitat essentiel, décrite à la section 1.3.1, et devraient être combinées aux activités liées à cette désignation.
PrioritéObj. noMéthode / stratégie globaleMenaces abordéesÉtapes spécifiquesRésultats ou réalisations attendues (définition des cibles concrètes)
U1, 2, 3, 4Communication et coordinationToutes

·        Identifier des organismes partenaires (par exemple, ministère des Richesses naturelles, Office de protection de la nature de la péninsule du Niagara et autres organismes affiliés et associés concernés) dans la mise en œuvre et le soutien du programme de rétablissement; identifier l’organisme principal de coordination; identifier les utilisateurs des terres et les parties intéressées.

·        Élaborer et mettre en œuvre une stratégie de communication entre les organismes partenaires (y compris les méthodes et fréquences des rapports d’activités, la présentation des données et la réévaluation du programme); élaborer et mettre en œuvre une stratégie de communication relative aux activités de rétablissement, au besoin, avec les utilisateurs des terres et les parties intéressées.

·        Établir des partenariats avec les initiatives de conservation générales (par exemple, programmes de Carolinian Canada, Carolinian Canada Woodland Plant Recovery Team) qui visent la remise en état de l’intégrité écologique du sud de l’Ontario en s’attaquant à des menaces générales telles que la fragmentation de l’habitat, la pollution atmosphérique et les précipitations acides, ainsi qu’avec les planificateurs de l’utilisation des sols, notamment les gouvernements provinciaux et les administrations régionales et municipales afin d’encourager la protection directe et indirecte de l’habitat (par exemple, variations hydrologiques).

·        Présenter sans délai toutes les nouvelles données au Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario.

·        Activités de rétablissement cohérentes et coordonnées.

·        Données mises en commun et évaluées fréquemment.

·        Activités des utilisateurs des terres et des parties intéressées compatibles avec les activités de rétablissement.

·        Maximisation des ressources en vue du rétablissement et de l’efficacité de leur utilisation.

U1Suivi des menacesToutes

·        Élaborer et mettre en œuvre un protocole de suivi afin de cerner les menaces d’origine humaine et naturelle à chaque site d’occurrence connu (en ajoutant des sites, le cas échéant), en particulier celles auxquelles l’andersonie charmante est particulièrement vulnérable, tel que décrit dans le présent rapport.

·        Assurer le suivi des sites pour évaluer les effets de toute mesure de gestion.

·        Sommaire annuel des résultats du suivi des menaces (description, ampleur, mesures prises) et des efforts d’atténuation par site.
U2, 4Suivi de la populationToutes

·        Élaborer et mettre en œuvre un protocole de suivi de la répartition, de l’abondance et de l’occurrence de sporophytes (recensement) de l’andersonie charmante à chaque site (en ajoutant des sites et des colonies, le cas échéant).

·        Corréler les résultats du suivi avec les activités de suivi et de gestion des menaces.

·        Sommaire annuel des résultats du suivi des populations (répartition et abondance) par site.

·        Documentation de la dynamique de la population locale.

U1, 2Gestion des sitesToutes

·        Élaborer des plans de gestion propres à une population dans le but de réduire ou d’éliminer les menaces envers celle-ci et son habitat essentiel tel que progressivement désigné (par exemple, piétinement, enlèvement de l'étage dominant ou du sous-étage par les humains ou la faune).

·        Adapter annuellement (ou plus souvent) le plan de gestion afin de tenir compte des nouvelles données.

·        Définir les critères relatifs au taux de déclin de la population (taille/répartition) qui entraîneraient la réévaluation immédiate des priorités ainsi que des activités de rétablissement, et les incorporer aux plans de gestion.

·        Incorporer les plans de gestion aux documents administratifs existants sur les aires protégées abritant les sites.

·        Élaboration et mise en œuvre des plans de gestion pour toutes les populations et leur habitat essentiel.

·        Intégration complète des plans de gestion propres à une population aux plans de gestion des sites.

·        Sommaire annuel des activités et des résultats de gestion.

·        Maintien ou accroissement de l’habitat et des populations dans les sites gérés.

U4Recherche

Succession

Facteurs stochastiques

Destruction et fragmentation de l’habitat

Variations hydrologiques

·        Élaborer et entreprendre un calendrier de recherches, et en établir les priorités afin de :

o    mettre en œuvre un calendrier visant la désignation de l’habitat essentiel;

o    établir l’état et les tendances démographiques au Canada et dans le nord des États-Unis;

o    déterminer les facteurs affectant le potentiel reproductif et de dispersion au Canada;

o    explorer les modèles de reproduction et de dispersion par l'étude de la parenté génétique;

o    caractériser la biologie et l’écologie de l’espèce à toutes les étapes du cycle vital au Canada et dans le nord des États-Unis (en particulier dans l’État de New York et au Michigan);

o    modifier les méthodes d’évaluation de la population viable minimale et déterminer la population viable minimale pour l’andersonie charmante;

o    prendre connaissance des réintroductions tentées en Europe et des méthodes expérimentales de transplantation; mener des essais (par exemple, transplantation, plantation de spores) avec les populations sources potentielles et les sites cibles (par exemple, sites historiques) au Canada.

·        Incorporer les résultats des recherches aux plans de gestion propres à une population.

·      Progression de la désignation de l’habitat essentiel.

·      La répartition et l’abondance de l’andersonie charmante d’une population canadienne à l’autre et au sein d’une même population, ainsi que sa dynamique temporelle, permettent de définir les étapes limitatives du cycle vital et de situer les populations canadiennes dans un modèle général de l’espèce.

·      Confirmation et réduction des facteurs limitatifs de la répartition et de l’abondance.

·      Caractérisation de la biologie et des besoins de l’andersonie charmante.

·      Justification et documentation de la faisabilité de la (ré)introduction en vue de remettre en état ou d’accroître la population canadienne ainsi que des stratégies éventuelles à cet égard, au besoin.

·      Détermination du rétablissement potentiel.

N Remise en état

Facteurs stochastiques

Succession

Destruction et fragmentation de l’habitat

·        Évaluer la nécessité de réaliser une (ré)introduction pour remettre en état la population canadienne, selon les résultats des recherches et du suivi.

·        Élaborer une stratégie de (ré)introduction conformément aux résultats des recherches et l’incorporer aux plans de gestion propres à une population au besoin.

·      Remise en état de la population canadienne à un niveau plus stable et autosuffisant.


Effets sur d’autres espèces

À court terme, les activités de rétablissement ne devraient nuire d’aucune façon aux espèces, communautés naturelles et processus écologiques non visés. En règle générale, toutes les espèces des milieux touchés devraient profiter des mesures visant à protéger l’écosystème carolinien contre la dégradation. Les activités de recherche et de suivi qui seront menées dans les stations de l’andersonie charmante devront être structurées de façon à ce que l’accès à la station et les activités elles-mêmes ne modifient pas de manière importante ni n’endommagent le milieu ni les espèces sauvages qui y vivent (dont l’andersonie charmante). Pour s’en assurer, il faudra surveiller les effets des activités de rétablissement. Il faudra également évaluer avec soin s’il est nécessaire de récolter des spécimens d’andersonie charmante, notamment en vue d’études génétiques, et réglementer cette récolte de manière à réduire au minimum son impact sur les populations.

Évaluation

L’atteinte des objectifs de rétablissement sera évaluée au moyen de mesures de rendement visant chacun de ces objectifs et établies en fonction des stratégies générales identifiées ci-dessus.

Mesures de rendement visant l’effet biologique des activités de rétablissement :

·     Situation et état des populations connues

  • Nombre de populations, nombre de colonies et superficie occupée maintenus au minimum à leur niveau de 2005
  • Situation à l’échelle nationale maintenue ou améliorée au moment de la prochaine évaluation (2013)
  • Populations provinciale et locale stables ou en croissance quant au nombre de stations et à l’abondance locale

Mesures de rendement visant le déroulement des activités de rétablissement :

·     Établissement et mise en œuvre continue du suivi des menaces

  • Suivi annuel complet, avec rapport de suivi
  • Plans de gestion et de recherche tenant compte des résultats du suivi des menaces

·     Établissement et mise en œuvre continue du suivi des populations

  • Description des tendances et fluctuations temporelles (ou de l’absence de telles variations) de la taille des populations locales (nombre de colonies et superficie occupée)
  • Suivi annuel complet, avec rapport de suivi
  • Plans de gestion et de recherche tenant compte des résultats du suivi des populations

·     Établissement et mise en œuvre continue des activités de recherche

  • Progrès de la définition de l’habitat essentiel au-delà du niveau de 2005
  • Établissement de la faisabilité du rétablissement relativement à au moins un critère supplémentaire
  • Cartographie des populations éventuellement découvertes, intégration de ces populations au programme de rétablissement, inventaire complet des zones ayant fait l’objet de relevés
  • Progrès de la définition des facteurs limitatifs au-delà du niveau de 2005
  • Biologie et écologie de l’espèce décrites plus en détail qu’en 2005
  • Intégration des résultats des recherches au calendrier actualisé
  • Évaluation de la nécessité de réintroduire l’espèce et des méthodes à utiliser, en vue d’une intégration aux plans de gestion
  • Publication d’articles faisant état des résultats des recherches

·     Établissement et mise en œuvre continue de la stratégie de communication

  • Intégration des activités de gestion concernant l’andersonie charmante à tous les plans d’aménagement et autres documents de planification pertinents
  • Compatibilité complète des activités d’utilisation des terres avec les activités de rétablissement

·     Établissement et mise en œuvre continue des plans de gestion

  • Plans et activités de gestion tenant compte des données les plus récentes, qu’elles soient issues ou non du programme de rétablissement

 

Lacunes dans les connaissances

Comme nous l’avons déjà mentionné, il faudrait entreprendre les activités de rétablissement immédiatement en se fondant sur les données connues; cependant, il est prévu que les objectifs et les activités de rétablissement du présent programme fassent l’objet de révisions régulières à la lumière des nouveaux renseignements obtenus par la recherche et le suivi. Quatre grandes lacunes existant dans les connaissances ont été soulevées dans le présent document (tableau 4) et ont été abordées dans les calendriers de recherche précédents.

 

Tableau 4. Sommaire des lacunes existant dans les connaissances liées au rétablissement de l’andersonie charmante au Canada, et sections du présent document où elles sont présentées en détail
LacuneValeur de la recherche
Démographie (vitesse du déclin et de l’accroissement de la population et de la métapopulation, ratio des sexes (production de sporophytes) au Canada et dans le nord des États-UnisTel que mentionné à la section 2.2.3, les données démographiques sont essentielles pour établir la situation de l’espèce et pour définir les étapes du cycle vital ayant les effets les plus importants sur cette situation. En outre, elles sont cruciales à la désignation de l’habitat essentiel (section 1.4.1). Il est recommandé de réaliser des recensements réguliers (annuellement si possible) de chaque population canadienne et du nord des États-Unis ainsi que d’élaborer des méthodes visant la définition de la population viable minimale de l’andersonie charmante (les recherches aux États-Unis sont nécessaires pour documenter le rétablissement au Canada). Les études démographiques permettront peut-être d’en apprendre davantage sur la vulnérabilité aux événements stochastiques.
Capacité de dispersion des propagules sexuées et asexuéesTel que mentionné aux sections 1.2 et 2.2.3, la capacité de dispersion constitue peut-être le principal facteur limitatif chez l’andersonie charmante, compte tenu de l’apparente rareté de la production de sporophytes. L’introduction de plants ou de propagules dans les habitats appropriés ainsi que la comparaison des résultats avec la viabilité des propagules, afin d’exclure les limites de l’établissement ou de l’habitat, pourraient constituer d’autres méthodes permettant de déterminer les limites de la dispersion. Il est également possible d’inférer la capacité de dispersion à l’aide de caractéristiques telles que la taille des spores ou la viabilité après le stockage (Cleavitt, 2002, références dans Cleavitt, 2005). Les données génétiques pourraient également permettre de découvrir les modèles de reproduction et de dispersion de l’espèce à l’échelle locale et régionale.
Préférence écologique et tolérance associée à chaque étape du cycle vital (reproduction, dispersion, établissement, croissance)Le présent rapport insiste sur le fait que la biologie et l’écologie de l’andersonie charmante sont fort méconnues (par exemple, composition et chimie du substrat; hydrochimie; régimes d’humidité, de températures et de lumière; effets de voisinage; couvert dominant). Il serait nécessaire d’étudier les préférences et les tolérances à l’échelle régionale, locale et du microhabitat, en Ontario et dans le nord des États-Unis, où l’espèce est plus commune et accessible pour les besoins de cette étude. Ces recherches permettraient d’obtenir de l’information sur l’espèce dans son ensemble ainsi que sur les particularités écologiques des populations périphériques. En outre, elles aideraient à découvrir l’importance relative des menaces potentielles.
Faisabilité de la (ré)introduction et méthodesS’il est jugé nécessaire d’envisager une intervention (introduction de plants ou de propagules) afin d’accroître les populations ou de normaliser le ratio des sexes au Canada, tel qu’il est mentionné aux sections 1.2, 2.1 et 2.2, il sera important d’établir la faisabilité de l’intervention, les populations sources, les sites cibles ainsi que les méthodes prévues à cet effet. Pour ce faire, il faudra étudier en détail les données publiées relatives à la réintroduction de mousses (principalement en Europe) et effectuer des essais sur le terrain. Les différences génétiques entre les populations canadiennes et américaines risquent d’affecter la compatibilité sexuelle ou écologique des plants introduits (Barrett et Kohn, 1991; Kutner et Morse, 1996; Helenurm, 1998).

 

Méthode recommandée en vue du rétablissement

Nous avons déjà fait valoir l’importance d’intégrer les buts et activités de rétablissement de l’andersonie charmante aux plans d’aménagement élaborés par les organismes qui possèdent et gèrent les terres accueillant l’espèce (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Office de protection de la nature de la péninsule du Niagara et Parcs Ontario). Aucun programme de rétablissement visant une espèce en particulier ne chevauche actuellement celui de l’andersonie charmante, mais il existe peut-être d’autres avenues pour intégrer ce programme à d’autres projets de rétablissement ou de conservation. Par exemple, le sort des espèces caroliniennes du sud de l’Ontario suscite une grande inquiétude, largement diffusée, qui a donné lieu à des études et des activités de rétablissement à diverses échelles. Dans le cas de l’andersonie charmante comme dans celui de toute espèce rare de la zone carolinienne, l’atteinte des buts du rétablissement dépendra du succès des activités de gestion visant à conserver les autres espèces caroliniennes ou à restaurer l’intégrité écologique du paysage sud-ontarien (voir par exemple Ambrose et Kirk, 2004). Il serait également utile de consulter l’Équipe de rétablissement des plantes forestières caroliniennes (Carolinian Woodland Plant RecoveryTeam), qui privilégie une approche écosystémique pour le rétablissement des milieux boisés de la zone carolinienne, et d’examiner l’ébauche du programme de rétablissement que cette équipe est en train de préparer.

Par ailleurs, certaines des recherches recommandées dans le présent programme exigent le suivi ou l’évaluation de populations situées aux États-Unis. L’existence de projets internationaux tels que le cadre de coopération conclu par le Canada et les États-Unis en vue d’établir la liste des espèces qui sont en péril dans les deux pays et d’assurer leur rétablissement (Environnement Canada, 2001) montre bien qu’il est possible d’échanger des données et de partager des ressources en ce qui concerne les plantes rares. L’andersonie charmante n’est pas rare aux États‑Unis, mais les occasions de coopération qu’offrent ce cadre et les programmes semblables méritent d’être étudiées. Par exemple, les caractéristiques génétiques ou adaptatives des populations périphériques canadiennes pourraient revêtir une importance pour la conservation de l’espèce à l’échelle mondiale.

 

Échéance prévue pour l’élaboration du plan d’action

Faute d’équipe de rétablissement pour l’andersonie charmante, il sera nécessaire de constituer un groupe de mise en œuvre du rétablissement qui se chargera d’élaborer un plan d’action et de le mettre en œuvre. Un plan d’action permettant d’appliquer les stratégies générales recommandées dans le présent document sera élaboré d’ici 2008.