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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rosier sétigère au Canada – Mise à jour Addenda

Biologie

Généralités

Le rosier sétigère est un arbuste à tiges grimpantes ou arquées qui pousse dans les champs abandonnés et les prés à arbustes. Ses longues tiges souples et ses aiguillons récurvés lui permettent de s’accrocher à d’autres arbustes pour se dresser. Cependant, une végétation arbustive trop dense l’étouffe et le fait mourir, privé de lumière. L’espèce est dioïque (Kevan et al., 1990), cas inhabituel chez les rosiers. La dissémination des fruits est vraisemblablement assurée par des oiseaux et de petits mammifères. Aucun semis de l’année n’a été observé lors des relevés, mais, de jeunes individus ont été observés sur quelques terres agricoles récemment abandonnées, à proximité de populations bien établies. La multiplication végétative se limite à l’enracinement de l’extrémité de tiges recourbées jusqu’au sol.

Reproduction

Les fleurs du rosier sétigère sont butinées par diverss insectes pollinisateurs, en particulier des abeilles et des mouches. Les fleurs des pieds mâles et des pieds femelles, morphologiquement semblables, produisent toutes du pollen. Cependant, le pollen des fleurs femelles ne féconde pas d’autres fleurs, et les fleurs mâles ne produisent pas de fruits (Ambrose et Kevan, 1990; Kevan et al., 1990). Les fleurs mâles et femelles se trouvant sur des pieds séparés, les individus isolés ne peuvent donc pas produire de fruits. Le fruit (cynorrhodon) est caractéristique des rosiers, constitué d’akènes poilus enfermés en grand nombre dans le réceptacle floral charnu. La multiplication végétative s’observe parfois autour d’individus âgés, dont les branches ployées jusqu’au sol s’enracinent et donnent naissance à de nouveaux individus.

Survie

Espèce des premiers stades de succession, le rosier sétigère peut avoir une vie courte (peut-être de 10 à 20 ans), à moins que les facteurs à l’œuvre maintiennent son habitat dégagé. Dans les sites subsistant depuis le dernier relevé, effectué au début des années 1980, les tiges sont relativement jeunes. Il doit donc s’agir de nouveaux jets, de nouveaux ramets ou de semis issus de la population locale. Lorsque la végétation arbustive devient plus dense, le rosier sétigère est étouffé, cesse de fleurir et meurt. En outre, il semble devenir plus sensible au blanc. En 2000, des boutons floraux couverts de blanc ont été observés dans deux prés à végétation arbustive dense abritant chacun plusieurs pieds de l’espèce; ces fleurs ne se sont pas ouvertes et n’ont pas produit de fruit.

Dissémination

Le fruit, à chair ferme orange rougeâtre, renferme des graines dures dont la dispersion est vraisemblablement assurée par des oiseaux et des mammifères. La présence de jeunes individus a été observée dans des champs abandonnés aux premiers stades de la succession se trouvant à proximité de populations reproductrices, ce qui signifie qu’il y a eu dissémination de graines. Vu la rareté de l’espèce dans les États américains voisins de l’Ontario, il est peu probable que des graines produites par les populations américaines parviennent jusque dans cette province.

Nutrition et interactions interspécifiques

La présence d’insectes pollinisateurs et d’agents de dissémination est importante à la fois pour la production de graines et pour la colonisation de nouveaux habitats. Les fleurs, mâles et femelles, produisent du pollen, mais elles ne produisent pas de nectar. Le pollen des fleurs femelles ne participe pas à la fécondation, mais il semble attirer les insectes pollinisateurs par sa valeur nutritive.

Des arbustes exotiques envahissants (p. ex. l’Elaeagnus umbellatus) ont été observés dans certaines localités et risquent de devenir des concurrents menaçants. De plus, le rosier sétigère étant une espèce d’habitats dégagés, la succession végétale peut transformer son habitat et le rendre moins favorable.

Adaptabilité

La plupart des populations de l’espèce poussent dans des champs abandonnés et des prés à arbustes, sur sol lourd. Cependant, quelques-unes poussent dans le sable (pointe Pelée, prairie Ojibway et LaSalle) ou dans un sol mince reposant sur du calcaire (alvar du chemin Stone).