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Programme de rétablissement et plan d'action visant la physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni) au Canada (modification)

1. Contexte

La gestion du programme de rétablissement de la physe des fontaines de Banff est assurée par le parc national Banff. Le lieu historique national du Canada Cave and Basin se trouve dans le parc national et est de ce fait assujetti à la Loi sur les parcs nationaux du Canada et à son règlement d'application. À titre de lieu historique national, il est également l'objet de mesures visant à préserver son intégrité commémorativeNote de bas de page 2 conformément au plan de gestion le concernant et l'énoncé relatif à son intégrité.

1.1 Sommaire de l'évaluation de l'espèce faite par le COSEPAC

Nom commun : physe des fontaines de Banff

Nom scientifique : Physella johnsoni (Clench 1926)

Statut : En voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2000

Répartition au Canada : Alberta

Justification de la désignation : Il s'agit d'une espèce très spécialisée ayant une répartition extrêmement limitée et qui est sujette à la perturbation anthropique et aux fluctuations extrêmes de la taille de la population.

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1997. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.


1.2 Description

La physe des fontaines de Banff est un petit gastéropode à coquille globulaire et à courte spire qui atteint à peu près la taille d'un grain de maïs. La longueur de coquille la plus grande mentionnée dans la littérature est de 8,8 mm (Clarke, 1973), mais des physes vivantes dont la coquille mesurait jusqu'à 11 mm de longueur ont déjà été observées. La physe des fontaines de Banff appartient à la famille des Physidés, qui regroupe des espèces à coquille spiralée vers la gauche (sénestre). Des descriptions techniques et des illustrations du gastéropode sont présentées par Clench (1926) et Clarke (1973). Des études récentes sur la systématique du mollusque fondées sur des analyses morphologiques, des analyses des allozymes et des analyses de l'ADN mitochondrial (Hebert, 1997; Lepitzki, 1998; Remigio et Hebert, 1998; Remigio et al, 2001) ont confirmé que la physe des fontaines de Banff est une espèce à part entière.

1.3 Populations et répartition

La physe des fontaines de Banff est endémique au Canada et n'y a été observée que dans 11 sources thermales situées dans le parc national Banff (figures figure1 et figure2, tableau 1). Elle est classée G1 à l'échelle mondiale, et S1 en Alberta, seule province où elle vit (NatureServe, 2006). À l'heure actuelle, elle est naturellement présente dans cinq sources (Lower Middle, Cave, Basin, Upper Cave and Basin (C&B) et Lower C&B). Elle a récemment été réintroduite avec succès dans deux sources (Upper Middle et Kidney). Trois populations (Upper Hot, Gord's et emplacement de l'hôtel Banff Springs) ont disparu. La présence historique de l'espèce dans la source Vermilion Cool n'a pas été établie de façon certaine (Lepitzki et al., 2002a). Dans le lieu historique national du Canada Cave and Basin (LHNC&B), quatre populations occupent des sources et des exutoires dont le débit est fortement régulé par un réseau de conduites, de drains et de bassins artificiels (tableau 1). Toutes les populations peuvent être considérées individuellement, car la probabilité que des échanges génétiques se produisent naturellement entre les populations est très faible (Lepitzki, 2002a).


Figure 1. Aire de répartition de la physe des fontaines de Banff

Aire de répartition de la physe des fontaines de Banff (voir description longue ci-dessous).

Description longue pour la figure 1

La carte illustre l'aire de répartition de la physe des fontaines de Banff au Canada.

 


Figure 2. Sources thermales abritant ou ayant déjà abrité la physe des fontaines de Banff dans le parc national Banff

Sources thermales abritant ou ayant déjà abrité la physe des fontaines de Banff dans le parc national Banff (voir description longue ci-dessous).

1. Upper Hot; 2. Kidney; 3. Gord's; 4. Upper Middle; 5. Lower Middle; 6, 7, 8 et 9. Basin, Cave, Lower et Upper, lieu historique national Cave and Basin; 10. Vermilion Cool; 11. emplacement de l'hôtel Banff Springs. I, II et III : les trois lacs Vermilion.

Description longue pour la figure 2

La carte illustre les sites de fontaine de Banff. La carte illustre aussi les sources thermales, les routes, la voire ferrée du CP et la ville de Banff.


Selon une estimation effectuée en décembre 2005, la population mondiale s'établissait alors à près de 34 000 individus (figure 3). Les populations du mollusque subissent d'importantes fluctuations annuelles qui peuvent excéder deux ordres de grandeur. En général, elles oscillent également d'une saison à l'autre, augmentant en automne pour chuter en hiver et au début du printemps. Les causes de ces fluctuations sont inconnues.

En l'absence d'évaluations de la taille des populations historiques de l'espèce dans chacune des sources susmentionnées, il est impossible de déterminer les tendances démographiques à long terme. L'analyse des estimations annuelles des tailles minimale, maximale et moyenne enregistrées au cours des dix dernières années (1996 à 2005) fait ressortir une hausse significative de la population globale, mais seulement si les deux populations réintroduites sont ajoutées aux populations des cinq sources originales (Lepitzki, données inédites). Si l'on considère individuellement les populations de chacune de ces sources thermales, la seule tendance discernable au cours de cette même période de dix ans a été observée chez la population de la source Basin, dont les tailles minimale et moyenne annuelles ont également augmenté de façon significative (tableau 1, Lepitzki, données inédites).

Une modélisation des populations fondée sur les données démographiques amassées de 1996 à 2002 a permis de calculer le risque de disparition au cours des prochaines 40 années pour chacune des cinq populations originales (Tischendorf, 2003). Ce risque est nul si les cinq populations originales sont combinées. Certaines populations sont toutefois plus vulnérables que d'autres. Après 40 ans, les risques de disparition s'établissent à moins de 5 % pour les populations des sources Basin et Upper C&B, à 20 % pour la population de la source Cave, à près de 30 % pour la population de la source Lower C&B et à 25 à 30% pour la population de la source Lower Middle (Tischendorf, 2003). Étant donné l'incertitude qui se rattache à plusieurs aspects du cycle vital de la physe des fontaines de Banff, ces données doivent être interprétées avec prudence (Tischendorf, 2003).

 

Tableau 1. Sommaire pour toutes les populations, 1996-2005
SourceStatut de l'emplacementNote de bas de page aPopulation (10 ans)Commentaires
StatutMoyenneMax.Min.Tendance (10 ans)
Upper HotR, ADisparue--- Actuellement aucun habitat favorable
KidneyN, FRéintroduite1 5428 8528Fluctuations annuellesRéintroduite en Nov. 2003
Upper MiddleN, FRéintroduite5 06816 24716Fluctuations annuellesRéintroduite en Nov. 2002
Lower MiddleN, FExistante7484 22130Fluctuations annuelles (indiscernables) 
Gord’sN, FDisparue--- Coquilles seulement, source tarie à l'automne 2005
CaveR, AExistante1 8775 657474Fluctuations annuelles (indiscernables)LHNC&B. Débits du bassin d'origine et des exutoires régulés
BasinR, AExistante2 89310 242162Fluctuations annuelles (augmentation significative)LHNC&B. Débits du bassin d'origine et des exutoires régulés.
Upper C&BR, AExistante1 2802 858147Fluctuations annuelles (indiscernables)LHNC&B. Débit de l'exutoire régulé.
Lower C&BR, AExistante1 7284 61943Fluctuations annuelles (indiscernables)LHNC&B. Débit de l'exutoire régulé.
Vermilion CoolR, AHabitat occupé par Physella gyrina--- Mention historique possiblement erronée. Cette source pourrait ne jamais avoir abrité la physe des fontaines de Banff.
Emplacement de l'hôtel Banff Springs-Disparue--- Cet emplacement, probablement aménagé par pompage de l'eau des sources Kidney et Upper Hot, n'existe plus.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Statut de l'emplacement : Régulé (R) par un réseau complexe de conduites et d'ouvrages de drainage ou Naturel (N), c'est-à-dire en bonne partie non perturbé et non régulé par des moyens artificiels, et Accessible (A) au public ou Fermé (F), c'est-à-dire accessible au personnel autorisé seulement.

Retour à la référence de la note de bas de page a

 


Figure 3. Nombres totaux de physes des fontaines de Banff observés lors des relevés de population effectués entre janvier 1996 et avril 2006

Nombres totaux de physes des fontaines de Banff observés lors des relevés de population effectués entre janvier 1996 et avril 2006 (voir description longue ci-dessous).

Description longue pour la figure 3

Le graphique linéaire illustre les nombres totaux de physes des fontaines de Banff observés lors de relevés de population effectués entre janvier 1996 et avril 2006 ainsi que les réintroductions d'une population à la source Kidney et d'une population à la source Upper Middle.

1.4 Besoins de la physe des fontaines de Banff

1.4.1 Besoins biologiques et en matière d'habitat

La physe des fontaines de Banff est un organisme très spécialisé qui présente une microrépartition extrêmement restreinte à l'intérieur des sources où elle vit. Par exemple, plus de 90 % de la population de la source Cave se trouve dans le bassin d'origine, à l'endroit où l'eau jaillit du sol. De la même façon, la plupart des individus occupant les sources Kidney, Lower Middle, Upper et Lower C&B vivent entre 10 et 20 mètres du bassin d'origine. Les causes d'une microrépartition aussi restreinte demeurent à déterminer. Les effectifs les plus élevés sont observés aux endroits où la température de l'eau et les concentrations de sulfure d'hydrogène sont plus élevées et où les valeurs de pH et les concentrations d'oxygène dissous sont plus basses (Lepitzki, 2002b). La baisse des concentrations de sulfure d'hydrogène le long des exutoires pourrait limiter la répartition des bactéries oxydant le soufre, comme celles du genre Thiothrix, et entraîner d'autres changements au sein de la communauté microbienne dont se nourrit la physe. Des algues vertes, comme des Chara, une autre espèce de gastéropode (Helisoma anceps anceps) et une espèce de poisson introduite, la gambusie (Gambusia affinis), semblent de plus en plus abondantes à mesure que les effectifs de la physe diminuent le long des exutoires (obs. pers., Lepitzki). La présence d'un débit constant maintenant les conditions favorables susmentionnées semble essentielle pour la physe des fontaines de Banff, car celle-ci a disparu de quatre sources où des interruptions de l'écoulement ont été observées.

Les processus naturels des sources sont fonction de l'écoulement d'eaux chaudes chargées en gaz et en minéraux dont les propriétés sont modifiées par une communauté bactérienne souterraine (Lepitzki, données inédites, Parcs Canada, 2003). Aux endroits où l'eau jaillit du sol, des interactions entre l'environnement et les communautés microbiennes, riveraines, aquatiques et terrestres déterminent des gradients abiotiques et biotiques le long des exutoires. Un sommaire des paramètres physicochimiques de l'eau (débit, température, pH, oxygène dissous, conductivité et teneur en sulfure) enregistrés aux dix sources actuellement occupées ou anciennement habitées par la physe des fontaines de Banff est présenté au tableau 2.

Comme d'autres espèces de Physidés, la physe des fontaines de Banff se nourrit probablement en broutant des matières végétales ou des microorganismes végétaux ou animaux fixés (aufwuchs). Des individus ont été observés en train d'ingérer des bactéries filamenteuses blanches (Lepitzki, obs. pers.). D'autres espèces de Physidés (P. gyrina, P. integra) se nourrissent de matières végétales mortes ou en décomposition, d'algues vivantes, de moisissures aquatiques, de diatomées, d'algues filamenteuses, d'algues vertes et d'algues bleues, de rotifères, de crustacés, de fragments d'arthropodes, de petites quantités de tissus de plantes vasculaires et de grains de sable (Dewitt, 1955; Clampitt, 1970). Le régime de la physe des fontaines de Banff est probablement similaire, mais cette hypothèse demeure à confirmer. Les physes se fixent souvent à des tapis microbiens constitués de bactéries, d'algues, de bâtons et de feuilles de plantes vasculaires; ces tapis jouent ainsi un rôle structural dans l'habitat.

 

Tableau 2. Intervalle des valeurs de divers paramètres physicochimiques de l'eau dans les sources thermales occupées historiquement ou actuellement par la physe des fontaines de Banff
Source thermalePhysicochimie de l'eau (au point d'origine de la source)
Débit
(l/min)Note de bas de page a
Température
(°C)
pHOxygène dissous
(mg/l)
Conductivité
(µS/cm)
Sulfure
(mg/l)
Upper Hot545Note de bas de page b
0-1 000Note de bas de page f
21,0-46,26,80-7,660,03-4,07291-1 3960-3,470
Kidney55Note de bas de page c or 91Note de bas de page b
0-105Note de bas de page f
22,9-38,16,86-7,410,05-5,07419-1 3130-3,722
Upper Middle228Note de bas de page b 250-1240Note de bas de page f34,1-37,36,93-7,290,08-1,801 148-1 4020,134-5,599
Lower Middle62-120Note de bas de page f34,1-37,36,92-7,420,15-2,511 145-1 4110-5,599
Gord’sÀ déterminer4,8-35,26,94-7,780,10-6,751 149-1 5170,013-4,060
Cave501Note de bas de page d29,0-33,66,98-7,471,02-4,901 037-1 3490-2,860
Basin654Note de bas de page d31,6-34,96,88-7,330-2,471 765-2 0100-6,370
Upper C&B64Note de bas de page d29,7-34,46,69-7,380,03-11,551 033-1 3470-5,011
Lower C&B486Note de bas de page d30,2-35,36,84-7,740-4,671 030-1 3300-2,865
Vermilion Cool228Note de bas de page b or 750Note de bas de page e17,1-21,47,00-7,700-2,20543-7180-1,771
Emplacement de l'hôtel Banff Springs------

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Débits d'eau instantanés :

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Note de bas de page B

Elworthy 1918;

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Note de bas de page C

Grasby et Lepitzki, données inédites;

Retour à la référence de la note de bas de page c

Note de bas de page D

Van Everdingen et Banner 1982;

Retour à la référence de la note de bas de page d

Note de bas de page E

Van Everdingen 1972; intervalle saisonnier

Retour à la référence de la note de bas de page e

Note de bas de page F

Hayashi 2004, Schmidt 2005.

Retour à la référence de la note de bas de page f


Comme les autres Physidés, la physe des fontaines de Banff est très probablement hermaphrodite et, par conséquent, capable de se reproduire à la fois par autofécondation et par fécondation croisée (Clarke, 1973; Dillon, 2000). On peut penser que la reproduction peut avoir lieu en tout temps de l'année, puisqu'elle est induite par l'atteinte d'une température minimale chez d'autres espèces de Physidés (Dewitt, 1955, 1967; Sankurathri et Holmes, 1976). Les masses d'œufs sont normalement déposées à la surface de l'eau ou légèrement au-dessus, sur un support dur comme les parois en béton du bassin ou sur des tapis microbiens flottants, des bâtons ou la coquille de physes vivantes. Une telle répartition donne à croire que l'air atmosphérique joue un rôle essentiel dans le développement des œufs (Lepitzki, 1998, 1999, 2000a).

Des études en systématique et des inventaires détaillés des ressources de base (Parcs Canada, 1992) ont été entrepris récemment dans certains des écosystèmes de sources thermales du PNB (Rice, 2002; Wallis, 2002; Hebben, 2003; Krieger, 2003; Lepitzki et Lepitzki, 2003; Londry, 2004; Yurkov, 2004). Ces travaux y ont révélé la présence de nombreuses espèces rares appartenant à des groupes taxinomiques divers.


1.4.2 Rôle écologique

Tout comme certains grands carnivores, comme le grizzli, peuvent être utilisés comme indicateurs de l'intégrité écologique de grands écosystèmes, la physe des fontaines de Banff peut servir d'indicateur de la santé des écosystèmes de sources thermales sur le mont Sulphur. La disparition de cet important brouteur entraînerait une réduction de la biodiversité et une transformation des écosystèmes des sources thermales (Hebert, 1997). Des proliférations d'algues et de bactéries pourraient se produire, et les organismes qui dépendent potentiellement de l'infusion des déjections et des matières coquillières de la physe pourraient subir des torts irréparables (Lepitzki et al., 2002a).

La physe des fontaines de Banff est potentiellement une source de nourriture pour certaines espèces d'oiseaux aquatiques et limicoles et pour des couleuvres (voir ci dessous). Les autres rôles potentiels de la physe des fontaines de Banff dans les écosystèmes de sources thermales demeurent mal compris.


1.4.3 Facteurs limitatifs

Les principaux facteurs limitatifs pour la physe des fontaines de Banff est la disponibilité restreinte d'habitat et les importantes fluctuations subies par ses populations. À cause de ces facteurs, certaines populations sont isolées et atteignent des niveaux extrêmement bas à certaines périodes de l'année. La physe des fontaines de Banff, spécialisée quant à l'habitat, dépend de la pérennité de certaines sources thermales de Banff, et elle a disparu de quatre sources où des interruptions de l'écoulement ont été observées récemment.

La prédation est probablement un facteur limitatif dans certaines sources. Le canard colvert (Anas platyrhynchos), la sarcelle à ailes bleues (Anas discors) (Dirschl,1969; Swanson et al., 1974; Taylor, 1978), la bécassine des marais (Gallinago gallinago), le merle d'Amérique (Turdus migratorius), la grive à collier (Ixoreus naevius) et la couleuvre de l'Ouest (Thamnophis elegans) (Russell and Bauer 1993) sont soupçonnés d'être des prédateurs du gastéropode. Toutes ces espèces ont été observées aux sources thermales (Lepitzki, données inédites), mais aucun cas de prédation n'a été confirmé.

La compétition pour la nourriture par les larves de Stratiomyidés, dont les habitudes alimentaires sont très semblables à celles des gastéropodes d'eau douce (Pennak, 1978; Clifford, 1981), est également considéré comme un facteur limitatif potentiel dans les sources thermales du mont Sulphur (Lepitzki, 1997a,b).


1.5 Menaces

1.5.1 Classification des menaces

Voir le tableau 3.

Tableau 3. Classification des menaces
MenacesTypesStatut*Upper HotKidneyUpper MiddleLower MiddleGord’sCaveBasinUpper C&BLower C&BVermilion Cool
Écoulement – interruptionsNCÉÉÉÉÉÉÉÉÉ-
Écoulement – réductions/fluctuationsNCÉÉMFMFFFF-
Écoulement – réductions/fluctuationsEICÉ----ÉÉFM-
Écoulement – dérivationsNCFFFFFFFFF-
Écoulement – dérivationsEICÉ----ÉÉFM-
Habitat limité ou de piètre qualitéN/EIPMMMMMMMMM-
Immersion et baignadeHCMMMFFMMMF-
Effondrement des populations et reproduction consanguineNPInc.MFMInc.FFMM-
Piétinement / perturbations localesHCM/FFFFFM/FM/FM/FFM
Trempage des mains et des piedsHPMFFFFMM/FFFM
Événements stochastiquesNPFFFFFFFFF-
Autres (récolte, prédation, compétition, extraction de l’eau par redressement des branches d’arbres au printemps)H/NPFFFFFFFFF-

Les menaces sont présentées par ordre de certitude et de gravité (verticalement) pour chacune des sources thermales (horizontalement). En ce qui a trait aux types, les menaces peuvent être naturelles (N), liées à l'exploitation des installations (EI) ou dues aux humains (H). Sur le plan du statut, une menace peut être confirmée (C – il a été démontré que la menace entraîne une mortalité ou une réduction du succès de la reproduction, etc.) ou potentielle (P – la menace est fort probablement réelle, mais ses effets néfastes n'ont pas été démontrés, souvent parce qu'aucune étude permettant de confirmer son existence n'a été effectuée). La gravité d'une menace pour la physe des fontaines de Banff ou son habitat peut être élevée (É), moyenne (M) ou faible (F). La physe des fontaines de Banff pourrait être exposée à des menaces si elle était réintroduite dans les sources Upper Hot et Gord's. La présence d'un trait d'union (-) indique que les menaces concernées ne sont pas présentes à la source thermale, tandis que l'abréviation « Inc. » signifie que leur ampleur est inconnue.


1.5.2 Description des menaces

Les menaces sont présentées ci-dessous par ordre décroissant de certitude et de gravité.

Interruptions, réductions ou dérivations de l'écoulement

L'interruption de l'écoulement d'une source thermale est une menace dont les effets sont localisés mais graves. Périodiquement, certaines des sources thermales du mont Sulphur cessent de couler. Même s'il est normal que les débits diminuent à mesure que les réservoirs souterrains se vident à la fin de l'hiver et au début du printemps (Van Everdingen, 1970, 1972; Grasby et Lepitzki, 2002), il semble que les interruptions de l'écoulement soient de plus en plus fréquentes. Le seul cas documenté d'interruption de l'écoulement d'une source thermale sur le mont Sulphur est survenu en 1923 à la source Upper Hot (Elworthy, 1926; Warren, 1927). Toutefois, des interruptions de l'écoulement ont été observées dans cette même source chaque hiver entre 1998 et 2005 (Lepitzki, 1999, 2000a, 2002b, données inédites; Grasby et Lepitzki, 2002). Des interruptions de l'écoulement ont également été documentées récemment aux sources Kidney (Grasby et Lepitzki, 2002; Lepitzki, 2003), Upper Middle (Lepitzki, 1997b) et Gord's (Lepitzki, données inédites).

Les interruptions de l'écoulement ont des conséquences néfastes pour la physe des fontaines de Banff. Celle-ci a disparu des quatre sources thermales où de telles interruptions ont été notées. Le tarissement temporaire des sources thermales pourrait d'ailleurs compromettre le succès de la réintroduction de l'espèce aux sources Kidney et Upper Middle et entraver les efforts de réintroduction aux sources Upper Hot et Gord's. Les effectifs du gastéropode étant déjà faibles, le tarissement des sources thermales aurait pour effet de décimer les populations ou de causer la disparition locale de l'espèce. Les niveaux de précipitation anormalement bas pourraient être à l'origine des réductions des débits enregistrées récemment (Grasby et Lepitzki, 2002), et de nouvelles perturbations du débit des sources sont à prévoir avec les changements climatiques (Scott et Suffling, 2000).

Les réductions saisonnières naturelles du débit peuvent également menacer les populations de physes des fontaines de Banff, mais comme l'amplitude des fluctuations saisonnières n'est pas la même pour toutes les sources (tableau 2), la gravité de la menace varie aussi (tableau 3). La dérivation de l'écoulement ne constitue pas une menace importante, parce qu'en général, ce phénomène se produit naturellement en aval des endroits abritant de fortes populations de physes. La dérivation de l'écoulement peut être causée par des dépôts de tuf, l'accumulation de débris ou l'érosion.

L'interruption, la réduction et la dérivation de l'écoulement peuvent également être causées par l'exploitation des installations dans les sources dont le débit est régulé (tableaux tableau1 et tableau3). La dérivation priorisée de l'eau vers les thermes et le rejet des eaux usées chlorées dans l'exutoire réduisent de façon significative la superficie de l'habitat potentiel propice à la réintroduction de l'espèce dans la source Upper Hot. Au LHNC&B, les drains, les vannes et les conduites doivent être nettoyés et purgés périodiquement afin d'éviter qu'ils ne deviennent encrassés par des tapis microbiens et d'autres débris susceptibles de provoquer des inondations et des dommages aux ressources culturelles. La régulation des niveaux d'eau dans les bassins des sources Basin et Cave est assurée au moyen de vannes. Les physes adultes sont probablement capables de supporter des baisses ou des hausses graduelles des niveaux d'eau (Lepitzki, obs. pers.), mais de nombreuses physes ont déjà été trouvées en mauvaise posture hors de l'eau après des chutes subites du niveau de l'eau (jusqu'à 50 cm en moins de 15 minutes). Les physes risquent de mourir déshydratées ou gelées si elles ne sont pas immergées rapidement. Les physes semblent toujours déposer leurs œufs à la surface de l'eau, peut-être parce que les concentrations d'O2 dissous dans l'eau sont très faibles (Lepitzki, 1999, 2000a, 2002b) et qu'une bonne oxygénation semble essentielle au développement des œufs. Les fluctuations du niveau d'eau dans les bassins des sources Basin et Cave pourraient arrêter le développement embryonnaire en provoquant l'asphyxie ou la dessiccation des œufs adhérant aux parois des bassins (Lepitzki, 2000a).

Des vannes et des conduites servent également à réguler le débit des divers exutoires au LHNC&B. Leur encrassage périodique par des tapis microbiens et des débris peut provoquer une dérivation de l'écoulement. Ce problème a déjà causé la réduction ou la perte de populations de physes.

Habitat limité ou de piètre qualité

En raison de leur répartition extrêmement limitée et de leurs besoins particuliers en matière d'habitat, certaines populations de physes des fontaines de Banff sont très susceptibles de disparaître. De façon générale, le risque de disparition de l'espèce est cependant amoindri par la présence d'autres populations et l'augmentation de la taille de certaines populations. Certains ouvrages (exutoires) et installations à la source Upper Hot et au LHNC&B peuvent réduire la qualité de l'habitat et, par conséquent, la taille de la population occupant ou susceptible d'occuper cet habitat. Par exemple, au LHNC&B, le rejet rapide de l'eau par des conduites dans un terrain escarpé à certains des exutoires compromet la capacité de l'habitat d'abriter l'espèce.

Immersion et baignade

L'immersion et la baignade représentent une menace documentée dont les effets peuvent être importants, même s'ils sont localisés. En entrant dans les bassins ou en en sortant, les baigneurs peuvent écraser des physes et fragmenter le tapis microbien flottant, provoquant du coup l'exposition à l'air du tapis et des physes qui y adhèrent. Une fois détachés et fragmentés, les tapis microbiens obstruent les conduites et peuvent compromettre le drainage des bassins dont le niveau d'eau est régulé. La baignade peut réduire la limpidité de l'eau et modifier le niveau d'eau. Plusieurs produits chimiques utilisés par les baigneurs, comme les lotions solaires, les désodorisants et les produits insectifuges, peuvent avoir des effets nocifs pour les physes et leur habitat. Des altérations significatives des propriétés physicochimiques de l'eau et des modifications importantes de la microrépartition des physes ont été notées à la suite de telles activités (Lepitzki 1998, 1999). D'autres auteurs (Kroeger, 1988; Lee et Ackerman, 1999) estiment que l'introduction de diverses substances toxiques (p. ex. savon, shampoing, huile) par les baigneurs peut également avoir des effets néfastes pour la flore et la faune des sources thermales. Il pourrait cependant être difficile de confirmer la toxicité chimique de ces produits pour la physe des fontaines de Banff et son habitat.

L'immersion et la baignade ne sont pas autorisées dans les sources occupées par la physe des fontaines de Banff. Même si ces sources sont protégées par des dispositifs de surveillance, des clôtures et des panneaux de signalisation, des gens continuent de venir s'y immerger et de s'y baigner illégalement. L'impact de ces activités peut être très grave. À deux occasions en 2005, des milliers de physes sont mortes gelées hors de l'eau après que des débris soulevés par des baigneurs ont obstrué les conduites de drainage du bassin Basin et provoqué le débordement du bassin.

Effondrement des populations et reproduction consanguine

Même si les populations de physes des fontaines de Banff fluctuent naturellement, certaines d'entre elles atteignent des niveaux à ce point faibles certaines années qu'il y a lieu de craindre qu'elles finissent par disparaître. Les données de surveillance révèlent que toutes les populations connaissent des fluctuations saisonnières, mais l'origine de ce phénomène demeurent à déterminer. Des modèles démographiques indiquent que la population entière ne risque pas de disparaître sous l'effet des seuls facteurs démographiques (Tischendorf, 2003), mais notre compréhension de certains des facteurs considérés dans le cadre de cet exercice de modélisation est limitée. La réduction saisonnière des populations demeure une menace potentielle, en particulier dans les sources où des effondrements démographiques marqués ont été observés (tableaux tableau1 et tableau3).

Une des conséquences de l'effondrement saisonnier des populations est la reproduction consanguine. On ignore dans quelle mesure ce phénomène constitue une menace pour la physe des fontaines de Banff. Hebert (1997) a noté un polymorphisme très limité chez cette espèce, mais cette observation n'a rien de surprenant puisque la physe des fontaines est probablement hermaphrodite et que de faibles niveaux de variation des allozymes ont été observés chez d'autres organismes se reproduisant par croisements consanguins. Les seules possibilités d'échange génétique entre des populations différentes se présentent probablement uniquement chez les quatre populations occupant le complexe de sources thermales Cave and Basin, et seulement au cours des années où les débits sont anormalement élevés. À moins que des physes soient transportées par des humains ou des oiseaux (Roscoe, 1955; Rees, 1965; Malone, 1965a,b, 1966; Dundee et al., 1967; Boag, 1986), la probabilité que des échanges génétiques se produisent parmi les populations des sources Kidney et Middle et celles du complexe Cave and Basin paraît très faible. Comme il s'agit vraisemblablement d'une situation naturelle, la reproduction consanguine est considérée comme une menace potentielle mais non confirmée.

Piétinement et autres perturbations locales

Le piétinement et autres perturbations (p. ex. rejet d'ordures, déplacement ou destruction de supports, construction de barrages) ont vraisemblablement un impact sur les populations de physes des fontaines de Banff. Cet impact varie en fonction de l'affluence à chacun des emplacements, mais des effets ont été observés à toutes les sources. En marchant le long des exutoires ou sur le bord des bassins d'origine, les visiteurs ou leurs chiens peuvent piétiner le fragile habitat riverain. Même si l'installation de promenades et de clôtures au LHNC&B a permis de prévenir en bonne partie ce type de dommages, des personnes continuent de circuler le long des exutoires ou à proximité des bassins d'origine. À tous les emplacements, divers supports constituant le microhabitat préféré de la physe, en particulier des tapis microbiens, des pierres et des bâtons, sont régulièrement détruits ou déplacés. Des physes écrasées, gelées ou séchées ont été découvertes fixées sur des supports déplacés. Des déchets, des pièces de monnaie, des balles de neige, des morceaux de glace, des pierres et des bouts de bois ont été trouvés dans les sources thermales (Lepitzki et al., 2002a). La présence de pièces de monnaie contenant du cuivre est particulièrement préoccupante, car le sulfate de cuivre a déjà été utilisé comme molluscicide (Swales, 1935). Même en croyant bien faire, des visiteurs peuvent causer la mort de physes et d'œufs s'ils retirent des déchets des sources thermales sans s'être assurés au préalable qu'aucune physe ou œuf n'y adhère.

Trempage des pieds et des mains

Le trempage des mains ou des pieds constitue une menace potentielle pour la physe des fontaines de Banff, mais son impact sur les sources thermales elles-mêmes demeure à déterminer. Comme les baigneurs, les personnes qui se trempent les mains ou les pieds peuvent écraser des physes et introduire des substances toxiques dans les sources. Bien que ses effets soient difficiles à documenter, cette pratique est répandue et fréquente, en particulier au LHNC&B (Lepitzki, 2000b; Thomlinson, 2005). D'après une étude des comportements des visiteurs effectuée en 1999 et en 2000, 73 % des visiteurs, en moyenne, se sont trempé les mains dans la source Cave (Lepitzki, 2000b). Ce pourcentage était significativement plus faible aux autres sources thermales (12 %, 6 % et 8 % aux sources Basin, Upper et Lower, respectivement). Ces différences pourrait être dues au fait qu'à ces trois endroits, les visiteurs doivent s'agenouiller pour atteindre l'eau. Comme près de 165 000 personnes ont visité les sources Cave et Basin en 1998 1999, plus de 120 450 d'entre elles pourraient s'être trempé les mains ou les pieds dans les eaux de la source Cave. L'étude sociologique de Thomlinson (2005) a de nouveau confirmé que de nombreux visiteurs se trempent les mains ou les pieds dans les sources Cave et Basin mais que bon nombre d'entre eux ignorent que cette activité est interdite. Comme cette activité a cours à tous les sites, elle doit être considérée comme une menace potentielle généralisée, et ses effets sur les populations de physes des fontaines de Banff doivent être confirmés.

Événements stochastiques

Bien que l'ampleur de la menace posée par les événements environnementaux aléatoires (p. ex. maladies, tempêtes, inondations) n'ait pas été évaluée et demeure pratiquement impossible à quantifier, il est établi que l'impact local de tels événements peut être important. De façon générale, l'impact des événements stochastiques semble augmenter à mesure que les populations de physes diminuent (Lande, 1993). En un seul événement catastrophique imprévisible, l'espèce pourrait connaître des pertes considérables. Même si cette menace est potentielle, le fait qu'aucune autre population susceptible de recoloniser les sites décimés n'existe ailleurs au monde en accentue la gravité. Selon Tischendorf (2003), l'accroissement avec le temps du risque de disparition de la physe des fontaines de Banff prévu par le modèle serait avant tout imputable à une augmentation du nombre d'événements stochastiques.

Autres menaces

Bien que la prédation et la compétition soient des menaces naturelles avec lesquelles la physe des fontaines de Banff compose depuis fort longtemps, ces facteurs, s'ils s'exercent en synergie avec d'autres menaces, pourraient entraîner la disparition d'une population, en particulier si les effectifs du mollusque sont déjà à leur plus bas. Les arbres qui poussent directement à côté des exutoires représentent une autre cause naturelle de mortalité. En hiver, sous l'effet de l'accumulation de neige mouillée, les branches de ces arbres peuvent se courber et atteindre l'eau des sources thermales, où elles sont colonisées par des bactéries et des physes. Lorsque la neige fond, les branches se redressent, et les bactéries et les physes qui y adhèrent sont entraînées hors de l'eau et périssent rapidement sous l'effet du gel. Plus de 40 et 60 physes gelées ont ainsi été retrouvées à deux occasions distinctes le long des exutoires des sources Lower Middle et Basin (Lepitzki, 1998). Enfin, la physe des fontaines de Banff pourrait susciter la convoitise de certains collectionneurs de coquillages peu soucieux des règlements. Un resserrement des mécanismes d'exécution de la loi pourrait s'imposer pour empêcher ce type d'infraction.


1.6 Mesures déjà achevées ou en cours

Le PNB a déjà mis en place une série de mesures de rétablissement et de gestion. Bon nombre de ces mesures sont décrites dans le plan de gestion des ressources (Lepitzki et al., 2002a).

Les mesures de protection directe de l'habitat ont déjà permis de réduire les impacts et demeureront efficaces dans le futur. Un corridor faunique (renfermant deux sources thermales occupées par la physe – Upper Middle et Lower Middle) a été établi au mont Sulphur. L'accès à ce corridor est en tout temps interdit au public et protégé par des patrouilles régulières et des dispositifs de surveillance électronique. La source Kidney, où la physe a été réintroduite, est maintenant fermée au public, et des clôtures ont été érigées autour afin d'en restreindre l'accès. La baignade est désormais interdite aux bassins du LHNC&B. Depuis 1997, l'installation de panneaux de signalisation, l'érection de clôtures et la mise en place d'un système de sécurité, de même que l'arrestation et la condamnation de plusieurs contrevenants, ont contribué à faire chuter le nombre d'incidents de baignade illégale dans le bassin de la source Basin. L'installation de panneaux de signalisation additionnels et de dispositifs d'alarme sonore a permis de réduire encore davantage le nombre d'infractions. Au LHNC&B, les premiers panneaux interdisant l'accès aux sources thermales ont été installés en 1997, et d'autres l'ont été au cours des années qui ont suivi.

Comme le LHNC&B est également un lieu historique national et un élément important de l'histoire du réseau des parcs nationaux du Canada, on ne peut priver le public de l'accès aux sources thermales pour assurer la protection de la physe des fontaines de Banff. Toutefois, l'énoncé d'intégrité commémorative (Parks Canada, 1998) pour le lieu historique indique que la protection de l'habitat de la physe contribue à la mise en valeur et à la préservation des valeurs patrimoniales du lieu historique.

Des changements ont également été apportés aux pratiques de gestion. Les concierges et les techniciens ont apporté des modifications à certaines de leurs activités qui avaient auparavant un impact sur la physe des fontaines de Banff et son habitat. Par exemple, aucun produit déglaçant n'est utilisé depuis au moins 1999 sur la promenade bordant le bassin de la source Basin. Un inventaire préliminaire des ressources a été réalisé à la suite de la mise en application du processus de planification de la gestion des ressources naturelles (Parcs Canada, 1992) dans certaines sections de quelques sources thermales.

Un programme de recherche et de rétablissement a été mis en place en 1996. Depuis, les populations font l'objet d'une surveillance régulière et les paramètres physicochimiques de l'eau sont mesurés périodiquement. Un programme d'élevage en captivité (aquarium) a été lancé en 1997 et s'est poursuivi jusqu'en 2006 (Lepitzki et al., 2002a; Lepitzki, 2004). Ce programme a permis d'amasser de précieuses informations sur les techniques d'élevage de la physe des fontaines de Banff et d'étudier divers paramètres liés à sa reproduction, et a démontré qu'il est possible de maintenir cette espèce dans de l'eau de robinet (comme on pourrait devoir le faire si une source venait à se tarir naturellement).

Conformément aux recommandations énoncées dans plusieurs évaluations et documents de travail (Lepitzki et al., 2002a; Lepitzki et Pacas, 2001, 2002, 2003), la physe des fontaines de Banff a été réintroduite dans les sources Upper Middle et Kidney. Cinquante individus issus de la source Lower Middle ont été transférés dans la source Upper Middle en novembre 2002. Cinquante autres individus (25 de la source Lower Middle et 25 de la source Upper Middle) ont été introduits dans la source Kidney en novembre 2003. Après avoir connu une baisse initiale, les deux populations ont augmenté et connaissent depuis des fluctuations annuelles semblables à celles observées chez les populations des autres sources thermales. Ces deux tentatives de réintroduction semblent avoir été couronnées de succès.

Depuis 1997, des messages visant des groupes précis sont élaborés dans le cadre de stratégies de communication ciblées afin de réduire les perturbations menaçant la physe des fontaines de Banff et son habitat. Les programmes d'interprétation comportent maintenant un volet d'éducation du public concernant la physe. Du matériel d'interprétation renseigne le public sur la physe et les mesures prises en vue d'assurer son rétablissement. Des informations sur la physe ont également été ajoutées dans les brochures et autres publications du parc. Diverses autres mesures (p. ex. élaboration d'affiches, préparation de communiqués de presse et de fiches de renseignements, organisation de séances d'information à l'intention du public et des scientifiques, publication d'articles dans des revues spécialisées ou dans les médias locaux, régionaux, nationaux et internationaux, etc.) ont été prises en vue de sensibiliser davantage le public à la situation particulière de cette espèce.

1.7 Lacunes dans les connaissances

L'équipe de rétablissement estime que la collecte d'informations additionnelles s'impose dans les secteurs suivants :

  • analyse des données des dix dernières années sur les populations et la répartition de l'espèce;
  • évaluation des données sur les populations en vue de déterminer l'intensité des activités de surveillance requises pour détecter les tendances démographiques;
  • étude du régime alimentaire et du rôle écologique de la physe des fontaines de Banff;
  • étude plus approfondie des paramètres démographiques (p. ex. fécondité, longévité, etc.) en vue d'accroître la fiabilité des analyses de la viabilité des populations.
  • évaluation des seuils de tolérance de l'espèce à l'égard des paramètres physicochimiques de l'eau;
  • confirmation de l'ampleur réelle des menaces que présentent le trempage des pieds et des mains, l'interruption de l'écoulement des eaux thermales et la reproduction consanguine pour la physe des fontaines de Banff;
  • évaluation de l'efficacité des mesures d'exploitation, de protection et de communication destinées à réduire l'impact des activités humaines sur la physe des fontaines de Banff et son habitat;
  • évaluation du degré de sensibilisation du public concernant la physe des fontaines de Banff et son habitat et les facteurs compromettant la survie de l'espèce.

Une description plus détaillée des mesures envisagées pour combler les lacunes dans les connaissances est présentée au tableau 4.

Notes de bas de page

Note de bas de page 2

Parcs Canada a pour mandat de protéger l'intégrité écologique dans les parcs nationaux et de préserver l'intégrité commémorative (protéger, mettre en valeur et gérer les ressources culturelles) dans les lieux historiques nationaux. Dans l'acquisition, la gestion et l'administration des endroits et des programmes du patrimoine, la protection de l'intégrité écologique et la préservation de l'intégrité écologique doivent occuper la première place. Pour préserver l'intégrité des ressources naturelles et culturelles du patrimoine, Parcs Canada veille à ce que ses décisions se rattachant à la gestion de ces endroits spéciaux s'appuient sur de solides pratiques de gestion des écosystèmes et des ressources culturelles..

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