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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque pentaligne (population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Scinque pentaligne
Eumeces fasciatus
Population carolinienne
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent
au Canada

Scinque pentaligne (Eumeces fasciatus )

Population carolinienne - En voi de disparition
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent - Préoccupante 2007


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) (population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.vii + 57 p.

Rapports précédents

COSEWIC 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1‑41.

Seburn, C.N.L. 1998. Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1‑41.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Briar J. Howes et Stephen C. Lougheed qui ont rédigé la mise à jour du rapport de situation sur le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) (population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Ronald J. Brooks, coprésident du Sous-comité de spécialistes des amphibiens et reptiles du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Five-lined Skink Eumeces fasciatus (Carolinian population and the Great Lakes / St. Lawrence population) in Canada.

Illustration de la couverture
Scinque pentaligne -- ©Ryan M. Bolton

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2007
Numéro de catalogue CW69-14/530-2007F-PDF
ISBN978-0-662-09348-0

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation– Avril 2007

Nom commun : Scinque pentaligne - Population carolinienne

Nom scientifique : Eumeces fasciatus

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Il s'agit de la seule espèce de lézard dans l'est du Canada. La population carolinienne ne se trouve que dans 4 ou 5 petites populations entièrement isolées sur les rives des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron. Les menaces qui pèsent sur ce scinque comprennent la perte et la dégradation du microhabitat, la capture illégale, la déprédation accrue par les ratons laveurs, les coyotes, les chiens et les chats, ainsi qu'une mortalité accrue sur les routes. Si une population disparaît, il n'existe aucune possibilité de recolonisation naturelle en raison de l'isolement.

Répartition : Ontario

Historique du statut : L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « préoccupante » en avril 1998. Division en populations en avril 2007. La population carolinienne a été désignée « en voie de disparition » en avril 2007. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

 

Sommaire de l’évaluation– Avril 2007

Nom commun : Scinque pentaligne - Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Nom scientifique : Eumeces fasciatus

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Il s'agit de la seule espèce de lézard dans l'est du Canada. Elle est petite et discrète et se trouve dans environ 84 populations locales, mais sa répartition géographique est petite. Les menaces qui pèsent sur cette espèce comprennent la perte et la dégradation de l'habitat, la modification du microhabitat, la capture illégale, la déprédation accrue par les chats et les chiens, ainsi qu'une mortalité accrue sur les routes. L'augmentation du développement dans l'aire de répartition de l'espèce fera en sorte que les populations seront davantage isolées et plus vulnérables aux événements stochastiques dans les petits sites.

Répartition : Ontario

Historique du statut : L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « préoccupante » en avril 1998. Division en populations en avril 2007. La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent a été désignée « préoccupante » en avril 2007. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Scinque pentaligne
Eumeces fasciatus
Population carolinienne
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Information sur l’espèce

Le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) est le seul lézard qu’on rencontre dans l’est du Canada. L’espèce est discrète et de petite taille, les plus grands individus ne dépassant pas 86 mm de longueur, mesurée du museau au cloaque. Les juvéniles ont le corps noir marqué de cinq rayures de couleur crème et, caractère le plus distinctif de l’espèce, la queue bleu vif. La couleur change avec le temps chez les deux sexes, les femelles conservant toutefois un peu plus leur coloration juvénile que les mâles. Durant la période de reproduction, les mâles adultes acquièrent une coloration orange dans la région des mâchoires et du menton. Les écailles ne sont pas carénées, de sorte que la peau a un aspect lisse et brillant.

Répartition

L’aire de répartition de l’E. fasciatus recouvre à peu près les forêts décidues de l’est de l’Amérique du Nord. L’E. fasciatus est donc le plus répandu de tous les lézards de l’est de l’Amérique du Nord. L’aire de l’E. fasciatus s’étend depuis les côtes de l’Atlantique jusqu’au Texas et au Minnesota, puis du sud de l’Ontario jusqu’au golfe du Mexique. Au Canada, l’E. fasciatus est confiné à deux régions distinctes de l’Ontario, abritant chacune un groupe de populations : 1) les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, réparties dans la partie sud du Bouclier canadien depuis la Baie Georgienne jusqu’au fleuve Saint-Laurent; 2) les populations caroliniennes, concentrées près des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron, dans le sud-ouest de l’Ontario.

Habitat

L’habitat de l’E. fasciatus varie d’une région à l’autre; il comprend des affleurements rocheux, des dunes et des forêts décidues claires. L’E. fasciatus est généralement associé aux premiers stades de la succession végétale, caractérisés par un couvert faiblement à modérément fermé. Les individus de l’espèce passent la majeure partie du temps sous des roches, des débris ligneux ou d’autres types d’abris. La présence de microhabitats appropriés est donc très importante. Les deux groupes de populations ontariennes vivent dans des milieux très différents, au sein desquels les individus utilisent des éléments particuliers comme abris. Les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent se trouvent dans la région du Bouclier canadien, où elles occupent des affleurements rocheux au sein d’une matrice de forêts conifériennes et de forêts décidues. Les individus de ces populations cherchent abri sous des roches gisant sur le substratum. Les populations caroliniennes occupent des zones sableuses dans la forêt carolinienne, où on trouve le plus souvent les individus sous des débris ligneux.

Biologie

En Ontario, la saison d’activité de l’E. fasciatus s’étend de la mi-avril à la fin septembre ou au début octobre. Les individus atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 21 mois, soit après leur deuxième hibernation. Quelques semaines après l’accouplement, la femelle se met à la recherche d’un site approprié pour nidifier. Elle y creuse un terrier dans lequel elle dépose ses œufs, au nombre d’environ 9, qu’elle couve et défend. Il est fréquent que les femelles nidifient en groupe. L’E. fasciatus est un chasseur actif et se nourrit principalement d’invertébrés. Parmi ses prédateurs se trouvent des serpents, de petits mammifères et des oiseaux. Souvent, lorsqu’un individu est attaqué, sa queue se détache, ce qui lui permet d’échapper au prédateur. L’espèce n’est pas territoriale, et bien que les individus aient un domaine vital, celui-ci n’est pas strictement défini. Les mâles sont cependant agressifs entre eux durant la période de reproduction.

Taille et tendances des populations

Dans la dernière décennie, environ 84 populations ont été signalées dans la région du Bouclier, mais seulement 5 dans la région carolinienne. Depuis au moins 1984, les populations caroliniennes sont en déclin, et certaines ont même disparu. La seule population pour laquelle il existe des données de recensement permettant de dégager une tendance démographique est une population carolinienne. De 1990 à 1995, cette population a été réduite au tiers, peut-être même au cinquième, de ce qu’elle était, par suite de l’enlèvement ou de la destruction des éléments lui servant de microhabitats. La densité de population varie considérablement au cours d’une année, et la structure d’âge peut varier d’une année à l’autre en fonction des conditions climatiques ou d’autres facteurs. Divers facteurs peuvent réduire une cohorte d’adultes de moitié, voire plus, au cours d’une année.

Facteurs limitatifs et menaces

L’E. fasciatus est fortement associé à des éléments particuliers du milieu pouvant lui servir d’abris. La destruction ou l’enlèvement de ces microhabitats (roches, débris ligneux, etc.) peut entraîner un déclin de la population. Au moins une des populations caroliniennes fait l’objet de braconnage, facilité sans doute par le comportement d’agrégation des femelles en période de nidification. La dégradation ou la destruction des microhabitats et le braconnage menacent les populations caroliniennes, mais on ne sait pas dans quelle mesure les populations du Bouclier y sont exposées. Les chiens, les chats, les ratons laveurs (Procyon lotor) et la circulation routière causent également de la mortalité chez l’E. fasciatus.

Importance de l’espèce

L’E. fasciatus est le seul lézard de l’est du Canada, et on ne le rencontre que dans deux types d’habitat. L’espèce est attrayante et pourrait contribuer à mieux faire apprécier les reptiles du Canada aux yeux du grand public.

Protection actuelle

Bien que l’Eumeces fasciatus soit classé comme espèce non en péril par la plupart des États de la partie sud de son aire, il est par contre classé comme espèce en péril ou disparue dans plusieurs États du nord. L’E. fasciatus a été désigné « espèce préoccupante » par le Définitions en avril 1998 et est inscrit sur la liste des espèces préoccupantes du Ministère des ressources naturelles de l’Ontario.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le Définitions (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le Définitions est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le Définitions est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page a

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page b

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page c

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page d, Note de bas de page e

Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du Définitions.

 

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus; en anglais, « five-lined skink »), seul lézard de l’est du Canada, appartient à la famille des Scincidés. Les Scincidés forment la plus grande famille de reptiles squamates et sont répandus à travers le monde (Pough et al., 2004). Le genre Eumeces est largement répandu en Amérique du Nord, en Amérique Centrale, en Asie du Nord, en Asie du Sud-Est et en Afrique du Nord (Fitch, 1954). La première étude exhaustive du genre Eumeces a permis de répertorier au moins cinquante espèces reconnues, relativement homogènes sur le plan de la morphologie (Taylor, 1936). Des études génétiques récentes indiquent que le genre Eumeces n’est pas un groupe monophylétique et qu’il devrait être subdivisé en plusieurs genres. Certains taxinomistes recommandent que toutes les espèces du genre Eumeces présentes en Amérique du Nord soient regroupées sous le genre Plestiodon (Schmitz et al., 2004; Brandley et al., 2005). Dans le présent rapport, nous avons conservé le nom de genre Eumeces, selon la classification de Crother et al. (2000).

Le genre Eumeces se compose de plusieurs groupes d’espèces, dont celui de l’E. fasciatus, qui compte trois représentants en Amérique du Nord, soit l’E. fasciatus , l’E. laticeps et l’E. inexpectatus. Une analyse à partir d’alloenzymes semblait indiquer que ces trois espèces étaient les plus étroitement apparentées (Murphy et al., 1983), mais une analyse plus récente à partir de gènes mitochondriaux donne à croire que l’E. fasciatus n’est pas un groupe monophylétique (Schmitz et al., 2004; Richmond et Reeder, 2002). Selon cette dernière étude, l’espèce sœur de l’E. fasciatus serait l’E. septentrionalis. L’E. septentrionalis est présent au Canada, dans deux régions distinctes du sud-ouest du Manitoba. Une troisième espèce du genre Eumeces, l’E. skiltonianus, est présente au Canada, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. Au Canada, ces deux espèces sont classées respectivement « espèce en voie de disparition » (COSEPAC, 2004a) et « espèce préoccupante » (COSEPAC, 2002).

Bien que l’aire de répartition de l’E. fasciatus soit très étendue et que l’espèce vive dans des milieux et des conditions très divers, il n’existe pas de sous-espèces reconnues. Dans le présent rapport, nous avons ajouté à l’information recueillie dans l’ensemble de l’aire de l’E. fasciatus des données propres aux populations canadiennes de l’espèce, une population étant définie comme un groupe d’individus vivant à moins de 1 à 2 km les uns des autres (voir par exemple Fitch, 1954; Seburn, 1993; Hecnar, 1994; Hecnar et M’Closkey, 1998; Howes et al., 2006). Cette définition rejoint celle du terme « Element Occurrence » (occurrence d’un élément) employé par le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN, 2006).

Description morphologique

À l’éclosion, l’E. fasciatus mesure environ 25 mm (longueur museau-cloaque). Le petit porte 5 rayures de couleur crème sur fond noir-vert, et sa queue est bleu vif. Le bleu de la queue, caractéristique de l’espèce, est plus vif chez les petits et les juvéniles. Avec l’âge, le corps et la queue de l’individu deviennent uniformément bronze chez les 2 sexes, les femelles conservant toutefois un peu plus de la coloration des juvéniles que les mâles. Durant la période de reproduction, les mâles adultes acquièrent une coloration orange vif dans la région des mâchoires et du menton, et les femelles de très grande taille peuvent acquérir une certaine coloration rose dans la région du menton. Les écailles ne sont pas carénées, de sorte que la peau a un aspect lisse et brillant; c’est peut‑être ce qui explique que le grand public méprend souvent le scinque pentaligne pour une salamandre (Fitch, 1954; B. Howes, obs. pers.).

L’E. fasciatus peut atteindre environ 86 mm (longueur museau-cloaque). Sa tête est cunéiforme, et son corps est mince et allongé. Sa queue peut subir l’autotomie et se régénérer. Grâce à son corps aplati latéralement et à ses pattes moyennement développées, l’E. fasciatus est un habile fouisseur et peut se réfugier aisément sous divers objets. Ses orteils bien développés et pourvus de griffes robustes lui permettent de se déplacer aisément sur divers substrats (Fitch, 1954).

Des recherches antérieures montraient que mâles et femelles sont à peu près de la même taille (Fitch, 1954; Vitt et Cooper, 1986a; Seburn, 1990) et que le dimorphisme sexuel est limité à la grosseur relative de la tête par rapport à celle du corps, la tête des mâles étant relativement plus grosse que celle des femelles (Vitt et Cooper, 1986a; Seburn, 1990). Ce dimorphisme s’expliquerait probablement par la sélection sexuelle plutôt que par un partage différentiel des ressources (Vitt et Cooper, 1986a). À en juger d’après l’ouverture maximale des mâchoires, mâles et femelles seraient capables d’ingérer des proies plus grosses que celles dont ils ont tendance à se nourrir (Vitt et Cooper, 1986a). Les mâles sont agressifs entre eux (voir par exemple Fitch, 1954; Cooper et Vitt, 1987).

Des études récentes révèlent que les différences entre mâles et femelles quant à la longueur museau-cloaque et à la grosseur relative de la tête varient d’une population à l’autre. Des données morphologiques recueillies dans toute l’aire de répartition de l’espèce montrent que la différence entre mâles et femelles quant à la longueur museau-cloaque augmente significativement avec la latitude (Howes et Lougheed, données inédites). On a mesuré la longueur museau-cloaque chez des mâles et des femelles de neuf populations de l’Ontario; chez les mâles, la longueur moyenne (75,2 ±5,3 mm; n=50) était significativement (P<0,0001) plus élevée que chez les femelles (70,5 ±5,8 mm; n=97).

Description génétique

Population nord-américaine

Une étude phylogéographique récente menée dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’E. fasciatus a révélé que l’espèce se compose de six grandes lignées mitochondriales. La structure génétique de l’E. fasciatus, comme celle d’autres espèces de l’herpétofaune de l’est de l’Amérique du Nord, présente une différenciation d’est en ouest (structure phylogéographique longitudinale). Cette diversification correspond généralement à la fragmentation des populations liée aux refuges glaciaires et au retrait des glaces, mais des différences profondes entre certaines lignées laissent supposer une fragmentation antérieure au pléistocène (Howes et al., 2006; figure 1).

L’E. fasciatus se compose de trois lignées largement répandues (est, centre, ouest) et trois lignées à répartition restreinte (Caroline du Nord et Caroline du Sud, Oklahoma, Wisconsin). La lignée la plus répandue est celle de l’est; son aire s’étend du fleuve Mississippi à l’océan Atlantique. La lignée de l’est englobe toutes les populations d’Ontario. La lignée de l’ouest se rencontre depuis le fleuve Mississippi jusqu’au Texas et au Minnesota. Une lignée moins répandue, celle du centre, est présente dans le nord-est du Texas, le sud-est de la Louisiane, le nord-ouest du Mississippi et le centre du Wisconsin (figure 1).

La lignée de Caroline du Nord et Caroline du Sud compte deux populations, situées dans la plaine côtière de l’Atlantique. La lignée de l’Oklahoma en compte une, située à la limite ouest de l’aire de l’espèce. La lignée du Wisconsin compte une seule population, isolée (figure 1).

Figure 1. Répartition de l’Eumeces fasciatus(d’après Conant et Collins, 1998) et de ses différentes lignées mitochondriales. Les États et provinces sont désignés par leur code officiel. Les cercles désignent les sites d’échantillonnage. Les traits foncés délimitent l’aire de répartition de l’espèce, y compris trois groupes de populations isolés (MN, WI et IA). Les traits pointillés délimitent les aires des différentes lignées qui ont été distinguées par l’analyse de 769 séquences d’ADN mitochondrial; on compte trois lignées principales (de l’est, du centre, de l’ouest) et trois lignées isolées (Caroline du Nord et Caroline du Sud, Oklahoma, Wisconsin). L’arbre simplifié (de Howes et al., 2006) qui apparaît dans l’angle inférieur droit de la figure montre les liens entre les différentes lignées. D’après Howeset al.(2006).

Figure 1. Répartition de l’Eumeces fasciatus(d’après Conant et Collins, 1998) et de ses différentes lignées mitochondriales

Populations d’Ontario 

Il est possible que les populations ontariennes d’E. fasciatus possèdent, en raison de leur situation à la limite nord de l’aire de l’espèce, des caractères génétiques qui les rendent plus susceptibles de disparaître. Chez de nombreuses espèces, les populations situées à la limite nord de l’aire possèdent une diversité génétique relativement faible qui peut être attribuable à une expansion rapide après le retrait des glaces et à l’effet fondateur (voir Hewitt, 1996). En outre, les populations périphériques sont parfois plus petites et plus isolées que les populations centrales (hypothèse selon laquelle une espèce serait plus abondante au centre de son aire; voir par exemple Brown, 1984).

Howes et Lougheed (présenté pour publication) ont constaté que les populations d’E. fasciatus situées à la limite nord (y compris les populations d’Ontario) et à la limite ouest de l’aire de l’espèce ont une diversité génétique significativement moindre que les populations du centre et de la limite est et sud (en bordure de l’Atlantique) (figure 2). Or, une faible diversité génétique peut entraîner une augmentation du taux d’homozygotie dans une population et, par suite, une réduction de la valeur adaptative des individus (voir par exemple Shaffer, 1981; Milligan et al., 1994; Lande et Shannon, 1996). De plus, une diversité génétique réduite peut limiter la capacité d’une population à s’adapter au changement (changements climatiques, apparition de nouveaux parasites ou de nouvelles maladies, etc.), le potentiel d’évolution d’une population étant proportionnel à sa variance génétique additive (Fisher, 1958). Donc, comme la diversité génétique peut être déterminante pour la survie à long terme d’une population, les populations ontariennes d’E. fasciatus risquent peut-être davantage de disparaître que les populations situées plus au sud. Il importe de noter que ces conclusions sont fondées sur une analyse de marqueurs génétiques neutres (locus microsatellites) et supposent que ces marqueurs sont représentatifs de la variabilité génomique de l’espèce.

Figure 2. Rapport entre la situation d’une population dans l’aire de répartition de l’espèce et la diversité génétique de la population (richesse allélique moyenne, déterminée à partir de six locus microsatellites) chez Eumeces fasciatus. Sont classées dans les secteurs est, ouest, nord et sud les populations situées à moins de 200 km de la limite de l’aire, selon la plus proche pour chacune. Le secteur centre englobe toutes les populations situées à plus de 200 km à l’intérieur de l’aire. Chaque groupe de populations est entouré d’un losange, dont la diagonale correspond à la moyenne pour le groupe et la hauteur, à l’intervalle de confiance à 95 %. La ligne horizontale correspond à la moyenne globale pour tous les groupes. D’après Howes et Lougheed (présenté pour publication).

Figure 2. Rapport entre la situation d’une population dans l’aire de répartition de l’espèce et la diversité génétique de la population (richesse allélique moyenne, déterminée à partir de six locus microsatellites) chez Eumeces fasciatus.

Bien que les populations du nord (dont celles d’Ontario) aient une diversité génétique relativement faible, leur taille effective (Ne) n’est pas significativement inférieure à celle des autres populations (Howes et Lougheed, données inédites). Un effectif réduit peut avoir une incidence négative sur la diversité génétique d’une population en favorisant la consanguinité et peut accroître l’importance de la dérive génétique. Souvent, on suppose que les populations périphériques sont plus petites que celles situées au centre de l’aire de l’espèce et donc que leur taille effective est moindre. La valeur moyenne de Ne obtenue pour neuf populations de l’Ontario (273) est inférieure à la moyenne obtenue pour 21 populations recensées dans le reste de l’aire de l’espèce (339); toutefois, cette différence n’est pas statistiquement révélatrice (Howes et Lougheed, données inédites).

La distance génétique entre populations est plus grande chez les populations du nord et de l’ouest que chez celles du centre et de l’est, et ce pour toutes les distances géographiques (figure 3). On peut connaître l’isolement génétique d’une population en évaluant la distance génétique, ou le degré de dissemblance génétique, qui la sépare de chacune des autres populations de la même espèce. Les valeurs moyennes de FST (mesure courante de différenciation par paires des populations) obtenues pour les populations du nord et de l’ouest (0,18 et 0,21 respectivement) sont significativement moins élevées que celles obtenues pour les populations du centre et de l’est (0,069 et 0,037 respectivement). La connectivité génétique entre les populations de l’Ontario est donc moindre qu’entre les populations des autres secteurs de l’aire de l’espèce, ce qui signifie qu’en Ontario la probabilité d’une recolonisation naturelle après la disparition de la population locale est faible (Howes et Lougheed, données inédites).

Figure 3. Rapport entre la distance génétique (déterminée à partir de six locus microsatellites) et la distance géographique pour les populations du nord, de l’ouest, de l’est et du centre (comparaison des populations par paires, selon les valeurs FST). L’isolement génétique lié à la distance géographique est important pour les populations du nord (en bleu, p=0,001,n=67) et de l’ouest (en vert, p=0,021,n=7) mais non important pour les populations du centre (en orange) et de l’est (en rouge).

Figure 3. Rapport entre la distance génétique (déterminée à partir de six locus microsatellites) et la distance géographique pour les populations du nord, de l’ouest, de l’est et du centre (comparaison des populations par paires, selon les valeurs FST).

En somme, on suppose souvent que les populations périphériques d’une espèce donnée possèdent des caractères génétiques qui sont susceptibles de compromettre leur survie à long terme. À cet égard, les populations ontariennes d’E. fasciatus ne semblent pas menacées en raison d’une taille effective réduite. Cependant, elles possèdent une diversité génétique moindre (Howes et Lougheed, données inédites) et sont plus isolées génétiquement que les populations vivant plus au sud (Howes et Lougheed, données inédites). Pour ces raisons, les populations ontariennes d’E. fasciatus sont peut-être plus menacées de disparition que les autres populations de l’espèce.

Unités désignables

Les populations canadiennes d’E. fasciatus peuvent être réparties en deux unités désignables sur la base de leurs différences génétiques, de leur séparation physique et de leur distinction biogéographique; l’une se trouve dans la partie sud du Bouclier canadien (ci-après désignée « population des Grands Lacs et du Saint-Laurent »), l’autre est située dans la région carolinienne du sud-ouest de l’Ontario (ci-après désignée « population carolinienne »).

Populations génétiquement distinctes

Bien que les deux groupes de populations ontariennes d’E. fasciatus appartiennent à la même lignée mitochondriale, une analyse à partir de marqueurs à évolution rapide (microsatellites) révèle une différenciation génétique importante entre eux.

Les différences de fréquences alléliques entre trente populations d’E. fasciatus de l’ensemble de l’aire de l’espèce ont été évaluées par une comparaison de paires de populations selon la méthode d’évaluation de la distance génétique de Nei (Nei, 1978). Un arbre non enraciné a ensuite été obtenu à partir des distances génétiques de Nei entre populations de chaque paire, puis chaque agrégat de l’arbre a été validé par un bootstrap sur des génotypes des diverses populations (valeurs de bootstrap indiquées en pourcentage dans la figure 4). Les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent (n=7) forment un agrégat exclusif, tandis que les populations caroliniennes (n=2) forment, avec une population de l’est du Michigan, un agrégat distinct du premier (Howes et al., 2006).

Un calcul de la différenciation génétique (selon la valeur de FST) de toutes les paires de populations d’Ontario a permis de déterminer si la différenciation moyenne entre le groupe des Grands Lacs et du Saint-Laurent et celui de la région carolinienne était supérieure à celle mesurée à l’intérieur de chacun des groupes. FST (Wright, 1969) est une mesure standard du degré de dissemblance génétique entre deux populations; sa valeur peut varier de 0 (aucune différenciation génétique) à 1 (différenciation génétique totale). La différenciation génétique moyenne obtenue pour le groupe des Grands Lacs et du Saint-Laurent était de 0,10 (n=21), et la différenciation génétique mesurée entre deux populations caroliniennes était également de 0,10 (Howes et Lougheed, données inédites). La différenciation génétique moyenne entre les deux groupes de populations était plus élevée; elle se situait à 0,15 (n=14). Le degré de dissemblance génétique entre populations était très important dans le cas de toutes les paires (Howes et Lougheed, données inédites), ce qui signifie que les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent sont très isolées génétiquement des populations caroliniennes.

Figure 4. Dendrogramme de populations d’Eumeces fasciatus construit sur la base des distances génétiques de Nei (1978), déterminées à partir de six locus microsatellites. Les valeurs de bootstrap (>50 %) sont fondées sur 1 000 répétitions. Le secteur d’échantillonnage (État pour les États-Unis, comté pour l’Ontario) est indiqué.

Figure 4. Dendrogramme de populations d’Eumeces fasciatus construit sur la base des distances génétiques de Nei (1978), déterminées à partir de six locus microsatellites. Les valeurs de bootstrap (>50 %) sont fondées sur 1 000 répétitions.

Populations géographiquement distinctes

Les populations de l’un et de l’autre groupe les plus rapprochées sont séparées par environ 250 km. Fait peut-être plus important encore, les deux groupes de populations ontariennes sont séparés par l’agglomération urbaine la plus dense du Canada (région du Grand Toronto) et par une vaste étendue de terres agricoles, ce qui rend pratiquement impossible toute migration d’individus, donc tout échange de matériel génétique, entre les deux groupes (figures 5 et 6).

Zones biogéographiques distinctes

Les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent et les populations caroliniennes se trouvent dans des zones biogéographiques distinctes, selon la carte des provinces fauniques des amphibiens, reptiles et mollusques terrestres du Canada (figure 5; Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), 2004b). Les premières (Bouclier canadien) se trouvent dans le nord de la province faunique 7 (Grands Lacs et Saint-Laurent), tandis que les secondes (sud-ouest de l’Ontario) se trouvent dans la province faunique 8 (forêt carolinienne) (figure 5).

Figure 5. Carte des provinces fauniques des amphibiens, reptiles et mollusques terrestres du Canada (COSEPAC, 2004). Chaque province faunique est marquée différemment, selon la légende apparaissant dans l’angle supérieur droit. Les populations du Bouclier canadien se trouvent dans le nord de la province faunique 7 (Grands Lacs et Saint-Laurent), tandis que celles du sud-ouest de l’Ontario se trouvent dans la province faunique 8 (forêt carolinienne).

Figure 5. Carte des provinces fauniques des amphibiens, reptiles et mollusques terrestres du Canada (COSEPAC, 2004).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition de l’E. fasciatus recouvre à peu près les forêts décidues de l’est de l’Amérique du Nord (Fitch, 1954), ce qui fait de l’espèce la plus répandue du genre Eumenes (Taylor, 1936) et de tous les lézards de l’est de l’Amérique du Nord (Conant et Collins, 1998). L’aire de l’E. fasciatus s’étend depuis les côtes de l’Atlantique jusqu’au Texas et au Minnesota, puis du sud de l’Ontario jusqu’au golfe du Mexique (figure 1). Elle couvre une superficie à peu près carrée, d’environ 1 600 km du nord au sud et d’est en ouest (Fitch, 1954; Conant et Collins, 1998).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’E. fasciatus est confiné à deux régions distinctes, situées dans le centre-sud et dans le sud-ouest de l’Ontario. La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent est répartie le long de la marge sud du Bouclier canadien, depuis la Baie Georgienne jusqu’aux comtés de Leeds et de Grenville. La population carolinienne est concentrée près des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron (figure 6).

Figure 6. Répartition du scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) en Ontario, d’après l’Ontario Herpetofaunal Summary Atlas (Oldham et Weller, 2000)

Figure 6. Répartition du scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) en Ontario, d’après l’Ontario Herpetofaunal Summary Atlas (Oldham et Weller, 2000).

En date de mai 2006, l’Ontario Herpetofaunal Summary (OHS; Oldham et Weller, 2000) contenait en tout 1 406 mentions de l’E. fasciatus. De 1881 à 2005, 229 populations de l’espèce ont été répertoriées, et 184 d’entre elles ont été confirmées après 1984 (première année de l’existence de l’Ontario Herpetofaunal Summary; tableau 1). Dans un rapport sommaire récent préparé à partir des données de l’OHS, 27 p. 100 des populations ontariennes sont classées comme historiques (non vérifiées depuis 20 ans) ou disparues. Toutes les populations tenues pour disparues sont des populations de la région carolinienne, dont toutes celles de la péninsule du Niagara (CIPN, 2006; figure 6).

Pour obtenir une estimation des zones d’occupation de la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent et de la population carolinienne, nous avons utilisé un plan quadrillé à cellules représentant une superficie de 2 x 2 km (4 km²) et dénombré les cellules renfermant des localités pour lesquelles l’espèce a été mentionnée depuis 1995 (A. Filion, communication personnelle [comm. pers.]).

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Selon nos estimations, la zone d’occurrence de la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent serait de 29 842 km², et la zone d’occupation, de 484 km².

Population carolinienne

Selon nos estimations, la zone d’occurrence de la population carolinienne serait de 3 946 km², et la zone d’occupation, de 88 km².

Tableau 1. Sommaire des populations d’Eumeces fasciatus répertoriées pour l’Ontario, d’après l’Ontario Herpetofaunal Summary, tenu depuis 1984 (Oldham et Weller, 2000). Les populations de la région des Grands Lacs-Saint-Laurent sont classées par comté. Le tableau donne le nombre de populations mentionnées avant 1984, de 1984 à 1994 et depuis 1995 et, pour chacune de ces périodes, le nombre total de populations mentionnées pour chaque région.
ComtéNombre de populations répertoriées avant 1984Nombre de populations répertoriées de 1984 à 1994Nombre de populations répertoriées depuis 1995
Frontenac
13
11
9
Grey
0
0
1
Haliburton
2
3
2
Halton
0
1
0
Hastings
2
8
4
Lanark
1
1
2
Leeds
2
2
1
Lennox & Addington
6
3
7
Muskoka
20
33
19
Parry Sound
10
20
16
Peterborough
10
13
15
Simcoe
3
12
4
Victoria
2
8
4
Total
71
115
84

 

Tableau 1. Sommaire des populations d’Eumeces fasciatus répertoriées pour l’Ontario, d’après l’Ontario Herpetofaunal Summary, tenu depuis 1984 (Oldham et Weller, 2000). Les populations de la région carolinienne sont classées par comté. Le tableau donne le nombre de populations mentionnées avant 1984, de 1984 à 1994 et depuis 1995 et, pour chacune de ces périodes, le nombre total de populations mentionnées pour chaque région.
ComtéNombre de populations répertoriées avant 1984Nombre de populations répertoriées de 1984 à 1994Nombre de populations répertoriées depuis 1995
Chatham-Kent
1
2
1
Essex
5
5
2
Kent
2
0
0
Lambton
2
1
2
Middlesex
3
0
0
Niagara
4
0
0
Total
17
8
5

Depuis 1984, dix populations ont été répertoriées pour le sud-ouest de l’Ontario (OHS; Oldham et Weller, 2000). Depuis 1995, seulement cinq d’entre elles ont été confirmées par des observations (tableau 2). Bien que l’OHS ne renferme aucune mention pour l’île Walpole pour la période postérieure à 1995, l’espèce y a été observée au cours d’autres activités menées entre 2002 et 2004 (C. Jacobs, comm. pers.).

Tableau 2. Sommaire des populations d’Eumeces fasciatus répertoriées pour le sud-ouest de l’Ontario, d’après l’Ontario Herpetofaunal Summary (Oldham et Weller, 2000). Seules les populations répertoriées ou confirmées depuis 1984 sont indiquées. Les populations répertoriées ou confirmées depuis 1995 sont indiquées en caractères gras.
ComtéLocalitéObservées entre 1984 et 1994Observées depuis 1995
Chatham-KentParc provincial Rondeau
X
X
Chatham-KentParc provincial Wheatley
X
 
EssexRuisseau Dolson
X
 
EssexAire de conservation Kopegaron Woods
X
 
EssexMarécage Oxley Poison Sumac
 
X
EssexParc national de la Pointe-Pelée
X
X
EssexPrairie Springarden Road
X
 
EssexAire de conservation Tilbury Northside
X
 
LambtonParc provincial Pinery
 
X
LambtonÎle Walpole
X
X

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’habitat de l’E. fasciatus varie d’une région à l’autre et comprend des affleurements rocheux, des dunes, des forêts riveraines, des forêts décidues claires et des parterres de coupe (Fitch, 1954; Seburn, 1990). Bien que l’E. fasciatus ait besoin d’un taux d’humidité relativement élevé et qu’il soit généralement associé aux premiers stades de la succession végétale, il vit sous diverses conditions climatiques et en association avec diverses communautés végétales. En forêt, l’espèce occupe surtout des endroits rocheux, dégagés et bien drainés. Dans le nord-est du Kansas, son habitat forestier de prédilection est caractérisé par un couvert faiblement à modérément fermé; dans ces forêts, l’espèce occupe généralement des zones assez claires pour que les rayons du soleil parviennent jusqu’au sol, et les individus se cachent sous des roches ou dans des troncs en décomposition. Dans le sud de son aire, l’E. fasciatus préfère les forêts plus denses, tandis que vers le nord, on le rencontre davantage dans des milieux dégagés (Fitch, 1954).

La présence de microhabitats appropriés est d’une importance capitale pour l’E. fasciatus (Fitch et von Achen, 1977) puisque les individus se réfugient constamment sous divers abris au cours de leurs brèves excursions en quête de nourriture. L’E. fasciatus est sensible à la déshydratation (Fitch, 1954) et aux températures extrêmes, de sorte que la présence d’objets pouvant lui servir de couvert lui est indispensable (Hecnar et M’Closkey, 1998). Les objets possédant des propriétés thermiques appropriées permettent aux individus de l’espèce de conserver une température corporelle optimale tout en échappant à la vue des prédateurs (Quirt et al., sous presse).

Le type d’éléments servant d’abris à l’E. fasciatus (roches, débris ligneux, chicots, cavités dans des arbres) varie d’une région à l’autre et dépend du type d’habitat et du type d’abris potentiels disponibles (B. Howes, obs. pers.). Il varie également au cours de l’année, selon que les individus recherchent des endroits propices à la thermorégulation, à l’alimentation, à la protection contre les prédateurs, à la nidification ou à l’hibernation (Hecnar, 1991; Seburn, 1993). Dans toute son aire, l’E. fasciatus utilise également comme abris des objets artificiels, par exemple des tas de ferraille ou de bois, des clôtures en pierre ou en bois, des trottoirs en bois, des abris de pique-nique et des bâtiments (on en a vu dans des centres de renseignements et des installations d’entretien de parcs) (B. Howes, observation personnelle [obs. pers.]).

En Ontario, on observe chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent et chez les populations caroliniennes une forte association avec un type particulier de microhabitats (voir par exemple Hecnar et M’Closkey, 1998; Howes et Lougheed, 2004). De ce fait, l’espèce pourrait être classée comme spécialiste en Ontario. Il importe de noter que les données concernant l’habitat des populations du nord-est du Kansas (Fitch, 1954), du sud-ouest de l’Ontario (Seburn, 1993; Hecnar, 1994) et de la région ontarienne du Bouclier (Howes et Lougheed, 2004; Quirt et al., 2006) sont fondées sur des relevés diurnes réalisés durant la saison d’activité de l’espèce. On connaît peu de chose sur ses microhabitats nocturnes et ses microsites d’hibernation.

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent sont réparties le long de la marge sud du Bouclier canadien, où elles occupent des affleurements rocheux au sein d’une matrice de forêts conifériennes et de forêts décidues. Dans ce paysage, l’habitat potentiel de l’E. fasciatus est forcément morcelé, les affleurements rocheux dégagés étant naturellement dispersés. On trouve sur ces affleurements des fragments détachés de roche de différentes grosseurs, sous lesquels les individus de l’espèce peuvent trouver refuge. Presque toutes les observations faites dans la région du Bouclier confirment que ces populations exploitent des microhabitats rocheux (Oldham et Weller, 2000; Howes et Lougheed, 2004). Les individus utilisent comme abris des fragments de roche reposant sur les affleurements exposés et sont rarement aperçus ailleurs que sous ce type de couvert (Howes et Lougheed, 2004; B. Howes, obs. pers.).

Dans une étude menée chez sept populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, le meilleur indicateur de la présence diurne de l’E. fasciatus dans un microsite était la quantité de roches pouvant lui servir d’abris (Howes et Lougheed, 2004). Une étude plus poussée menée chez deux de ces populations a révélé une préférence pour les roches de longueur supérieure à la moyenne, se trouvant sur des affleurements où on ne comptait que quelques arbres. Les roches utilisées comme abris mesuraient en moyenne 55,2 cm de longueur, tandis que celles qui n’étaient pas utilisées mesuraient en moyenne 33,5 cm de longueur. Comparativement aux autres microsites disponibles, les roches gisant sur le substratum rocheux offraient les conditions les plus propices au maintien de la température corporelle optimale de l’espèce (entre 28 ºC et 36 ºC; Fitch, 1954) (Quirt et al., 2006). L’écart absolu moyen de température diurne par rapport à la plage de températures optimales de l’espèce était de 1,99 ºC sous les roches servant d’abris et de 4,33 ºC sous les roches où aucun individu n’a été observé. La température enregistrée sous les autres éléments susceptibles de servir d’abris (troncs d’arbres reposant sur le substratum rocheux, troncs au sol dans la forêt, roches dans la forêt) atteignait rarement la plage de températures corporelles optimales de l’espèce (Quirt et al., 2006).

Population carolinienne

Les populations caroliniennes vivent dans la forêt entourant ou bordant les lacs Érié, Sainte-Claire et Huron. Dans cette région, l’activité humaine (habitation et agriculture) n’a épargné que des fragments épars de la forêt carolinienne. On trouve généralement l’E. fasciatus sous des débris ligneux, dans des zones dégagées de dunes stabilisées, de forêts claires ou de milieux humides (Seburn, 1993; Hecnar, 1994). La population ontarienne d’E. fasciatus la plus longuement étudiée est celle du parc national de la Pointe-Pelée. Les individus de cette population ont une forte tendance à utiliser des débris ligneux pour abris (Seburn, 1993; Hecnar, 1994; Hecnar et M’Closkey, 1998); en fait, cette population utilise presque exclusivement des débris ligneux (Seburn, 1990). L’importance des débris ligneux a également été constatée chez la population du parc provincial Rondeau. Cette population semble avoir augmenté après la tempête de vent de 1998, laquelle a augmenté la quantité de débris ligneux au sol (S. Dobbyn, comm. pers.). D’autres objets sont utilisés comme abris par les populations du sud-ouest de l’Ontario, notamment des objets artificiels tels que matériaux de construction, poteaux de lignes de transport d’électricité (Seburn, 1990a) et trottoirs de bois (Hecnar et M’Closkey, 1998).

Chez la population du parc national de la Pointe-Pelée, on a constaté une préférence pour les gros débris ligneux (troncs de plus de 17 cm de diamètre et planches de superficie supérieure à 1 700 cm²) en état de décomposition moyennement avancée, ce qui s’explique peut-être par le fait qu’une grande surface conserve davantage l’humidité du substrat qu’une petite surface (Hecnar, 1991; Seburn, 1993). Seburn (1993) a établi que l’épaisseur de l’objet servant d’abri est également importante. Les individus recherchent les éléments de moins de 10 cm d’épaisseur, ce qui s’explique peut-être par le fait qu’un élément mince leur permet d’atteindre plus rapidement leur température corporelle optimale qu’un élément épais (Seburn, 1993). La température enregistrée sous les débris ligneux utilisés comme abris par l’E. fasciatus variait entre 21,6 ºC et 24,9 ºC (Hecnar, 1991). Les femelles de la population du parc nidifient dans des abris utilisés par l’ensemble de la population tout au long de la saison (Seburn, 1993). Elles préfèrent les troncs aux planches, et le degré d’humidité du sol des microsites qu’elles choisissent est plus élevé que celui des autres abris (16,6 à 67,3 p. 100 et 2,2 à 24,6 p. 100, respectivement) ou du milieu environnant (Hecnar, 1994).

Tendancesen matière d’habitat

Il est certain que tout l’habitat de l’E. fasciatus s’est rétréci et a été morcelé. Toutefois, comme l’espèce est associée aux premiers stades de la succession végétale et qu’elle n’hésite pas à utiliser comme abris divers objets artificiels, elle peut survivre dans des secteurs légèrement transformés par l’humain, en particulier dans le sud de son aire (B. Howes, obs. pers.).

Depuis un siècle, l’augmentation de la population humaine et la perturbation des milieux naturels dont elle s’accompagne ont causé une destruction et une fragmentation de l’habitat des deux groupes de populations ontariennes d’E. fasciatus. La région du Bouclier est moins perturbée par l’activité humaine que le sud de l’Ontario; cependant, la construction de chalets et les activités de plein air sont en croissance dans cette région et présentent une menace croissante pour l’habitat des populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Selon les données de l’OHS (Oldham et Weller, 2000; voir le tableau 1), les populations caroliniennes ont été considérablement touchées par l’activité humaine; le nombre de populations de l’espèce de même que leur habitat ont subi un déclin important.

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

La transformation de l’habitat des populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent ne semble pas très importante. La succession végétale naturelle progresse plus lentement sur les affleurements rocheux dénudés du Bouclier que sur l’habitat des populations caroliniennes (Seburn et Seburn, 1998), de sorte qu’elle présente une menace plutôt faible. En outre, comme, dans cette région, le substratum rocheux n’est recouvert que d’une mince couche de terre, l’agriculture a toujours été marginale et ne présentera probablement jamais une menace. Enfin, le développement dans la région du Bouclier se limite pratiquement à l’établissement rural et à la construction de chalets. Certaines populations d’E. fasciatus pourraient se trouver menacées si la construction de chalets se poursuit au détriment des milieux naturels.

Populationcarolinienne

L’habitat des populations caroliniennes a subi une transformation (principalement anthropique) beaucoup plus importante que celui des populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, et ce facteur a sans doute contribué au déclin de ces populations au cours des dernières décennies (voir les tableaux 1 et tableau2). La forêt carolinienne du sud-ouest de l’Ontario possède une diversité biologique exceptionnelle. Cependant, l’agriculture et l’étalement urbain ont profondément transformé le paysage de cette région et continuent de menacer les milieux naturels. Il ne reste plus que 10 p. 100 de la forêt carolinienne originelle du sud-ouest de l’Ontario, et elle abrite environ 40 p. 100 des espèces en péril au Canada (SCF, 2006).

La succession végétale constitue une menace pour l’habitat des populations caroliniennes. On pense que, dans certains secteurs, la lutte contre les incendies de même que certaines autres activités d’aménagement limitent la quantité de milieux dégagés pouvant être occupés par l’E. fasciatus. À certains endroits, par exemple dans les parcs provinciaux Rondeau et Pinery (S. Dobbyn, communication personnelle [comm. pers.]), on pratique des brûlages dirigés pour pallier à ce facteur limitant. Les populations fréquentant les dunes stabilisées du lac Érié voient leur habitat transformé par le processus continu d’érosion et de dépôt de sable (East, 1976, dans Hecnar, 1994).

Protection et propriété

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Le tableau 3 présente un sommaire des populations ontariennes actuelles d’E. fasciatus se trouvant sur des terres fédérales, sur des terres provinciales, dans des aires de conservation ou dans des zones d’intérêt naturel et scientifique (donc bénéficiant de différents niveaux de protection). Ce sommaire est fondé sur les données de l’OHS. Il importe de souligner que le nombre de populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent se trouvant sur des terres provinciales est probablement sous-estimé dans le tableau comme dans l’OHS (M. Oldham, comm. pers.).

Environ 30 p. 100 des populations actuelles (répertoriées ou confirmées depuis 1995) de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent se trouvent sur des terres fédérales, sur des terres provinciales, dans des aires de conservation ou dans des zones d’intérêt naturel et scientifique (tableau 3). Les terres fédérales pour lesquelles des populations actuelles sont répertoriées sont les suivantes : parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne (quatre populations), parc national des Îles-du-Saint-Laurent et réserve indienne Moose Point 79. Une population est également répertoriée pour la réserve indienne Magnetawan 1, mais aucune mention n’a été consignée pour cette localité depuis 1988 (Oldham et Weller, 2000). Plusieurs autres réserves indiennes situées dans la partie sud du Bouclier comprennent des milieux convenant à l’E. fasciatus mais ne sont pas répertoriées dans l’OHS (Oldham et Weller, 2000); ce sont les réserves Chippewa Island, Christian Island 30A, Curve Lake First Nation 35, Henvey Inlet 2, Islands in the Trent Waters 36A, Mnjikaning, Naiscoutaing 17A, Parry Island First Nation, Shawanaga 17, Shawanaga 17B et Wahta Mohawk Territory (COSEPAC, 2006). On trouve également des populations d’E. fasciatus sur de nombreuses terres provinciales, y compris des parcs, des réserves de conservation et des réserves naturelles.

Population carolinienne

Les cinq populations actuelles (répertoriées ou confirmées depuis 1995) répertoriées pour la région carolinienne se trouvent sur des terres fédérales (parc national de la Pointe-Pelée, île Walpole), sur des terres provinciales (parc provincial Rondeau, parc provincial Pinery), dans des aires de conservation ou dans des zones d’intérêt naturel et scientifique (marécage Oxley Poison Sumac) (tableau 3).

Tableau 3. Sommaire des populations ontariennes actuelles (répertoriées ou confirmées depuis 1995) d’Eumeces fasciatus se trouvant sur des terres fédérales (parcs nationaux ou réserves indiennes), sur des terres provinciales (parcs provinciaux, réserves de parcs provinciaux, réserves naturelles), dans des aires de conservation (AC) ou dans des zones d’intérêt naturel et scientifique (ZINS), d’après l’Ontario Herpetofaunal Summary (Oldham et Weller, 2000). Les populations sont classées par région (Grands Lacs et Saint-Laurent, région carolinienne) et par comté, et le total est indiqué pour chaque comté et chaque catégorie de propriété.
ComtéObservées
depuis 1995
Terres
fédérales
Terres
provinciales
ACZINSTotal% des populations
actuelles se
trouvant dans
l’une ou l’autre
des catégories
indiquées
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Frontenac
9
0
1
0
0
1
11%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Grey
1
0
1
0
0
1
100%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Haliburton
2
0
1
0
0
1
50%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Hastings
4
0
0
1
0
1
25%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Lanark
2
0
0
0
0
0
0%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Leeds
1
1
0
0
0
1
100%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Lennox & Addington
7
0
2
1
0
3
43%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Muskoka
19
5
3
0
0
8
42%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Parry Sound
16
0
8
0
0
8
50%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Peterborough
15
0
2
0
0
2
13%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Simcoe
4
0
1
0
0
1
25%
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Victoria
4
0
1
1
0
2
50%
Total Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent
84
6
20
3
0
29
31%
Population carolinienne : Chatham-Kent
1
0
1
0
0
1
100 %
Population carolinienne : Essex
2
1
0
0
1
2
100 %
Population carolinienne : Lambton
2
1
1
0
0
2
100 %
Total Population carolinienne
5
2
2
0
1
5
100 %

 

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Biologie

La biologie de l’E. fasciatus a été étudiée par plusieurs chercheurs chez des populations de toutes les régions de l’aire de l’espèce. Henry Fitch a étudié le cycle vital de l’espèce (cycle annuel de reproduction, croissance, alimentation, déplacements, recrutement, etc.) chez une population du nord-est du Kansas (Fitch, 1954). Laurie Vitt et William Cooper ont publié de nombreux articles sur la biologie de l’espèce, décrivant notamment la biologie de la reproduction, la perception olfactive et l’autotomie caudale (voir par exemple Cooper et Vitt, 1985; Vitt et Cooper, 1985; idem, 1986a; idem, 1986b; Cooper et Vitt, 1987; idem, 1988). Carolyn Seburn, Stephen Hecnar et Robert M’Closkey ont étudié, chez une population carolinienne, divers aspects de la biologie de l’espèce, notamment le choix des microhabitats et des sites de nidification, les déplacements et les tendances démographiques (Seburn, 1993; Hecnar, 1994; Hecnar et M’Closkey, 1998; Hecnar et al., 2002). Des chercheurs ont étudié l’habitat des populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Howes et Lougheed, 2004; Quirt et al., 2006), d’autres ont réalisé chez ces populations des recherches génétiques à petite échelle (Wick, 2004; Wick et Bogart, données inédites; Howes et Lougheed, données inédites). La majeure partie de l’information sur la biologie de l’E. fasciatus présentée ci‑après provient de ces sources.

Cycle vital et reproduction

Reproduction

Selon des études menées au Kansas (Fitch, 1954) et en Caroline du Sud (Vitt et Cooper, 1986a), l’E. fasciatus atteint la maturité sexuelle à 21 mois, mais la taille des individus à la maturité sexuelle n’était pas la même dans les deux régions (60 mm et 52 mm, respectivement; Fitch, 1954; Vitt et Cooper, 1986a). Selon Fitch (1954), l’âge de la maturité sexuelle varie d’une région à l’autre; ainsi, dans le sud de l’aire, certains individus atteignent la maturité au cours de leur premier été, tandis que dans le nord certains peuvent ne pas l’atteindre avant leur troisième été. Chez une population carolinienne, certains individus ont atteint la taille minimum pour la reproduction à la fin de leur premier été, bien qu’ils n’aient probablement pas réussi à se reproduire avant leur deuxième été (Seburn et Seburn, 1998). On peut donc penser que l’âge moyen de la maturité sexuelle est à peu près le même dans l’ensemble de l’aire de l’espèce.

Les mâles ayant atteint la maturité sexuelle acquièrent en sortant de l’hibernation une coloration distinctive devenant plus marquée durant la période de reproduction, qui dure environ deux semaines (Fitch, 1954). On peut provoquer artificiellement l’apparition de cette coloration en d’autres temps de l’année par des traitements de testostérone (Edgren, 1959). La coloration de la tête est probablement un trait acquis par suite de la sélection sexuelle (Cooper et Vitt, 1988). Les mâles reconnaissent le sexe de leurs congénères d’après la coloration de la tête et certains stimulus chimiques (Vitt et Cooper, 1986a; Cooper et Vitt, 1987; idem, 1988). Bien que l’espèce ne soit pas territoriale, les mâles se montrent souvent agressifs entre eux durant la période de reproduction (Fitch, 1954; Cooper et Vitt, 1987; Seburn, 1993). Vitt et Cooper (1985) ont montré chez l’E. laticeps que les mâles adultes dont la taille et la grosseur relative de la tête par rapport au corps sont supérieures à celles des autres mâles ont plus de chances de sortir vainqueurs des affrontements avec leurs rivaux et ont plus de chances de s’accoupler.

Au printemps, les mâles passent le plus clair de leur temps à la recherche de femelles qu’ils repèrent par la vue et par l’odorat et suivent à la trace (Fitch, 1954). Les deux sexes possèdent des glandes cloacales et diverses autres structures qui produisent des phéromones (Madison, 1977; Simon, 1983). Les deux sexes sont capables de reconnaître l’odeur de leurs congénères, mais les femelles réagissent moins à ces stimulus chimiques que les mâles (Duvall et al., 1980).

Lorsque le mâle réussit à s’approcher de la femelle, il la saisit avec les mâchoires par n’importe quelle partie du corps ou par la queue. Une fois qu’il la tient, il desserre les mâchoires juste ce qu’il faut pour la retenir par la peau du cou, derrière la tête. Il glisse ensuite sa queue sous celle de la femelle et applique son cloaque contre le sien. Dès que l’accouplement est terminé, la femelle cherche à se dégager de l’emprise du mâle. Lorsque le mâle lâche prise, la femelle s’enfuit, souvent en frottant son cloaque contre le sol (Fitch, 1954). Il arrive que le mâle la suive ou demeure avec elle un moment pour empêcher que d’autres mâles s’accouplent avec elle (Vitt et Cooper, 1985). Les données génétiques révèlent une paternité multiple pour quatre des neuf nids examinés chez une population des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Wick, 2004).

Chez les femelles ayant atteint la maturité sexuelle, lesœufs commencent à se développer à la sortie de l’hibernation et atteignent leur pleine grosseur après l’accouplement (Fitch, 1954). Pendant que les œufs se développent à l’intérieur de son corps, la femelle devient moins active. À la fin, elle cesse de chasser (Cooper et al., 1990) et se met à la recherche d’un lieu où elle pourra creuser son nid (Fitch, 1954; Hecnar, 1994). Chez une population carolinienne, 3 femelles se sont déplacées jusqu’à 23 à 68 m pour pondre puis sont revenues à leur lieu d’origine après l’éclosion de leurs œufs (Seburn, 1993).

Comparativement aux autres lézards nord-américains, l’E. fasciatus utilise une grande diversité de sites de nidification (Fitch, 1954), mais ceux-ci se trouvent presque toujours à l’intérieur ou en dessous d’un élément du paysage. On en a observé à l’intérieur ou en dessous d’arbres, de troncs ou de souches en décomposition (Fitch, 1954; Vitt et Cooper, 1986a; Seburn, 1990; Hecnar, 1991) ainsi que sous des roches (Fitch, 1954; Wick, 2004). Chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, les femelles aménagent leur nid sous des roches, dans de petites dépressions du substratum remplies de terre. Chez une de ces populations, pour 16 nids repérés, la roche servant de couvert mesurait en moyenne 39,3 ±3,1 cm de longueur, 33,3 ±4,5 cm de largeur et 15,6 ±1,0 cm d’épaisseur (Wick, 2004). Chez les populations caroliniennes, les femelles font leur nid dans le sable sous des débris ligneux (Seburn, 1993; Hecnar, 1994); les sites de nidification sont choisis parmi ceux qui servent d’abris à l’ensemble de la population tout au long de l’année (Seburn, 1993; Hecnar, 1994).

Chez une population carolinienne, Seburn (1993) a observé que les femelles avaient une forte tendance à demeurer groupées durant tout l’été. Plusieurs chercheurs étudiant l’espèce dans différentes parties de son aire pensent que ce comportement d’agrégation chez les femelles se manifeste surtout durant la période de nidification (Cagle, 1940; Fitch, 1954; Seburn, 1993; Hecnar, 1994). Les sites de nidification collectifs sont fréquents dans l’ensemble de l’aire de l’espèce, et Hecnar (1994) a montré, chez une population carolinienne, que la nidification collective ne s’explique pas par la rareté des sites propices à cette fonction (Hecnar, 1994). Il faut peut-être chercher l’explication dans le fait que la présence de nombreuses femelles permet une surveillance plus assidue des œufs (Fitch, 1954), puisque les femelles ne prennent pas soin uniquement de leurs propres œufs, mais aussi de ceux d’autres femelles (Noble et Mason, 1933; Fitch, 1954; Vitt et Cooper, 1989; Seburn, 1993; Hecnar, 1994). On a même vu des femelles d’E. fasciatus prendre soin d’œufs d’E. laticeps; par contre, elles ont rejeté les œufs d’espèces moins étroitement apparentées et lesœufs artificiels placés dans leurs nids (Noble et Mason, 1933). Les femelles défendent les œufs contre les prédateurs (Fitch, 1954), et Hecnar (1991) pense que la nidification collective, chez une population carolinienne, pourrait être une réponse à la pression de prédation.

Quelques semaines après l’accouplement, la femelle pond 9 ou 10 œufs (Fitch, 1954; Seburn, 1990; Hecnar, 1994). Chez une population du nord-est du Kansas et une population carolinienne, il a été établi que le nombre d’œufs par ponte dépendait de la taille, de l’âge et de l’état de santé de la femelle (Fitch, 1954; Hecnar et Hecnar, 2005, respectivement). La taille des petits, la vitesse à laquelle ils se déplacent et certains paramètres de croissance semblent déterminés par le lieu d’origine (Goodman, 2006). On ne sait pas toutefois si cette observation s’explique surtout par des facteurs génétiques ou par des facteurs environnementaux. Une ponte s’étale probablement sur une journée, deux tout au plus (Fitch, 1954).

La coquille de l’œuf est mince et facile à perforer (Fitch, 1954), et il est possible que le stade le plus vulnérable de la vie de l’espèce soit l’embryon (Fitch et Fitch, 1967). Les principaux paramètres physiques pouvant affecter le développement de l’embryon chez les reptiles, y compris chez l’E. fasciatus, sont la température, l’humidité et les échanges gazeux (Packard et Packard, 1988, dans Hecnar, 1994). Si le taux d’humidité est trop faible, l’œuf peut se dessécher; par contre, s’il est trop élevé, l’œuf peut être infecté par des microbes, ou les échanges gazeux peuvent cesser de se faire (Fitch, 1954; Fitch et Fitch, 1967).

La coquille protège assez bien l’embryon contre les extrêmes d’humidité, et on a vu des petits normaux émerger d’œufs apparemment en mauvais état ou de forme irrégulière (Fitch, 1954). Des embryons d’E. obsoletus sont demeurés viables après que lesœufs aient été exposés 30 minutes à une température maximale de 42,4°C et 30 minutes à une température minimale de -4°C (Fitch, 1964). Chez l’E. fasciatus, les œufs tolèrent probablement une plage de températures comparable à celle tolérée par les adultes, mais la température a très certainement une incidence sur le temps d’incubation (Fitch, 1954). Ainsi, les femelles gravides d’une population carolinienne retiennent leurs œufs plus longtemps que celles d’une population du Kansas (52 jours comparativement à 30-44 jours), mais les couvent moins longtemps (13 jours comparativement à 11-32 jours) (Fitch, 1954; Seburn et Seburn, 1998). Cette différence de comportement est peut-être une façon pour les populations situées plus au nord de compenser l’effet d’une saison d’activité plus courte (Seburn et Seburn, 1998).

Les femelles laissent rarement leurs œufs sans surveillance (Fitch, 1954). Elles contribuent au bon développement des embryons de diverses façons (Groves, 1982). D’abord, elles retournent les œufs fréquemment dans le nid et cherchent à les maintenir groupés, avec la majeure partie de l’œuf exposé à l’air (Fitch, 1954). Un déplacement fréquent des œufs fait probablement en sorte qu’aucune partie de l’œuf ne demeure en contact avec le substrat assez longtemps pour pourrir et empêche probablement les œufs de s’assécher ou de s’étirer inégalement et de prendre ainsi une forme irrégulière (Fitch, 1954). En outre, les femelles défendent le nid contre les prédateurs, souris, lézards et petits serpents, et elles récupèrent les œufs tombés hors du nid (Noble et Mason, 1933; Vitt et Cooper, 1989). Enfin, en cas de perturbation du nid ou de changement dans les conditions ambiantes, elles déplacent leurs œufs (Fitch, 1954; Vitt et Cooper, 1989), cherchant peut-être ainsi à les conserver dans des conditions optimales d’humidité.

Chez une population carolinienne, Hecnar (1994) a observé qu’en période sèche les nids étaient aménagés plus profondément dans le sol qu’en période humide. À trois reprises, il a observé que des nids aménagés sous des troncs d’arbres avaient disparu en période sèche puis étaient réapparus avec les pluies. Il en a conclu que les femelles élèvent ou abaissent probablement leur nid en fonction des conditions d’humidité du sol. En Caroline du Sud, Vitt et Cooper (1989) ont également constaté que des nids avaient été déplacés après de fortes pluies, ce qui appuie les conclusions d’Hecnar.

Les femelles modifient également leur position au nid pour être plus ou moins en contact avec les œufs selon les conditions d’humidité du sol (Hecnar, 1994). En période de faible humidité, le contact empêche probablement la déperdition d’humidité des œufs par transpiration (Somma et Fawcett, 1989; Hecnar, 1994). Certains chercheurs pensent qu’en période sèche, les femelles urinent dans leur nid pour en augmenter le taux d’humidité (Fitch, 1954; Seburn, 1990; Hecnar, 1990). Chez l’E. fasciatus, il a été démontré que la présence de la femelle au nid a une incidence sur le taux d’humidité du nid et que, dans toutes les conditions d’humidité, le taux de survie des embryons est plus élevé chez les œufs couvés (Somma et Fawcett, 1989).

Les femelles sentent leurs œufs tout au long de la période d’incubation (Noble et Mason, 1933; Fitch, 1954). Cela doit leur permettre de reconnaître leurs propres œufs et de repérer ceux qui sont avortés. Une étude expérimentale a montré que les femelles d’E. fasciatus avalent leurs œufs avortés dans les 24 heures suivant les premiers signes révélateurs (Groves, 1982). Vitt et Cooper (1986a) ont avancé que les femelles mangent peut-être une partie de leursœufs vivants pour satisfaire leur faim, mais Groves (1982) a établi dans une expérience en laboratoire que, même nourries à volonté, les femelles mangent de leurs œufs, le plus souvent ceux qui sont avortés. Il est possible que les femelles mangent leurs œufs avortés afin d’assurer leur propre protection et celle du reste de leur ponte contre les prédateurs (Groves, 1982), puisque de nombreux prédateurs de l’E. fasciatus repèrent leurs proies à l’odeur (Fitch, 1954; Groves, 1982).

Le début et la durée de l’incubation varient d’une région à l’autre de l’aire de répartition de l’espèce de même qu’au sein des populations individuelles (Noble et Mason, 1933; Fitch, 1954). Au Kansas, l’éclosion survient généralement avant la mi-juillet (Fitch, 1954). Chez les populations caroliniennes, elle se produit de la fin juillet au début août (Seburn, 1990). Chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, elle semble se produire à peu près au même temps (Seburn et Seburn, 1989), peut-être un peu plus tard puisque la sortie de l’hibernation est généralement un peu plus tardive (S. Wick, communication personnelle [comm. pers.]). Une comparaison de la reproduction entre les deux groupes de populations ontariennes d’E. fasciatus a été faite à partir des résultats de recherches intensives réalisées en 2002 chez une population des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Wick, 2004; S. Wick, comm. pers.) et en 1989 chez une population carolinienne (Seburn, 1990; Seburn et Seburn, 1998). Dans les cas où les données recueillies pour la population carolinienne ne permettent pas d’établir une période exacte, une plage maximum est indiquée (Seburn et Seburn, 1998).

Tableau 4. Comparaison de la reproduction chez une population des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Wick, 2004; S. Wick, comm. pers.) et une population carolinienne (Seburn, 1990; Seburn et Seburn, 1998).
Étape de la reproductionPopulation des Grands Lacs et du Saint-LaurentPopulation carolinienne
Émergence de l’hibernationDébut mai à ?Du 15 au 28 avril
Apparition de la livrée nuptiale chez les mâlesFin mai à début juilletDu 28 avril au 25 mai
Femelles gravidesMi-juin à mi-juilletDu 8 juin au 17 juillet
PonteDébut juillet à mi-juilletDu 12 au 17 juillet
Éclosion des œufsDébut août à ?Du 25 juillet au 25 août
Entrée en hibernation (supposée d’après l’apparente disparition
des individus ou l’observation d’individus s’enfouissant)
Fin septembreDu 25 août au 16 septembre

Le petit met 45 minutes à plusieurs heures pour sortir de l’œuf dont il perce la coquille à l’aide de sondiamant(dent de l’œuf) (Fitch, 1954). En général, tous les petits d’une même ponte sortent en moins de 24 heures (Cagle, 1940). La femelle et sa progéniture se dispersent peu de temps après la fin de l’éclosion; parfois, la femelle quitte le nid avant les petits (Fitch, 1954). On a observé des femelles avec leurs petits au nid ou dans le voisinage du nid 1 jour et même 2 après l’éclosion (Fitch, 1954; Seburn, 1990). Durant la période de nidification, les femelles perdent beaucoup de poids (Seburn, 1990); à la fin, elles pèsent en moyenne moins qu’un jeune de 1 an de moindre taille (longueur museau-cloaque). Souvent, leur queue s’est amincie du fait de l’épuisement des réserves lipidiques et peut même être déformée (Fitch, 1954).

Croissance et survie

Au Kansas, les petits mesurent, à la sortie de l’œuf, entre 23 et 27 mm (longueur museau-cloaque) (Fitch, 1954). La phase de croissance la plus rapide de l’individu se situe entre la sortie de l’œuf et la première hibernation. Durant cette phase, les petits peuvent croître d’environ 0,5 mm par jour et peuvent atteindre une longueur museau-cloaque d’environ 50 mm avant leur première hibernation. Chez une population du Kansas, un individu accusant un retard de croissance mesurait seulement 34 mm (longueur museau-cloaque) à la sortie de sa première hibernation (Fitch, 1954). Chez une population carolinienne, la vitesse de croissance moyenne des petits est de 0,26 mm/jour, et la longueur museau-cloaque maximale atteinte avant la première hibernation est de 48 mm (Seburn, 1990). Un individu ne mesurait que 36 mm (longueur museau-cloaque) à la sortie de sa première hibernation. Chez la même population, la croissance moyenne des individus de 1 an est de 0,18 mm/jour, tandis que celle des adultes est de 0,02 mm/jour pour les mâles et de 0,08 mm/jour pour les femelles (Seburn, 1990).

La plupart des jeunes de 1 an atteignent la taille adulte durant l’été suivant leur première hibernation, après quoi leur croissance ralentit brusquement (Fitch, 1954). Au Kansas, lorsque la longueur museau-cloaque atteint environ 75 mm, la croissance cesse pratiquement chez les femelles, et elle ralentit chez les mâles dont la taille maximale peut dépasser de plusieurs millimètres celle des femelles. En vieillissant, les individus changent de couleur, les mâles plus rapidement que les femelles.

Le taux de mortalité le plus élevé (si on exclut la période embryonnaire) est enregistré pour la période comprise entre l’éclosion de l’œuf et l’émergence de la première hibernation (Seburn and Seburn, 1998). Même pour les adultes, la probabilité de mortalité demeure élevée. Environ un individu par ponte survit jusqu’à la reproduction (Fitch, 1954). Bien que Fitch (1956) ait recensé un individu âgé de 10 ans, la longévité de l’E. fasciatus est généralement de 5 ans, ce qui est beaucoup plus que chez certains petits mammifères de taille à peu près égale et qui souvent occupent un habitat semblable (Fitch, 1954).

Il est difficile d’estimer le rapport mâles/femelles en raison des différences de comportement entre les deux sexes durant la saison d’activité. Chez une population carolinienne, le rapport mâles/femelles durant la période de reproduction ne serait pas significativement différent de 1:1 (Seburn, 1990).

Hibernation

La capacité de survivre à l’hiver peut déterminer, dans une certaine mesure, la limite nord de répartition de certains reptiles (voir par exemple St. Clair et Gregory, 1990; Rosen, 1991) et peut avoir une énorme incidence sur la survie des individus et, par conséquent, sur la survie des populations. Fitch (1954) a montré que l’E. fasciatus peut résister à de brèves expositions à des températures inférieures au point de congélation, mais non à une exposition prolongée.

Nous savons que l’E. fasciatus utilise une diversité de sites pour hiberner, mais nous ne connaissons pas précisément les caractéristiques physiques (humidité, températures, etc.) des hibernacula. Dans l’ensemble de son aire, l’espèce hiberne sous des troncs d’arbres (Conant, 1951), sous des roches et à l’intérieur de souches et de bois en décomposition (Neill, 1948). Des hibernacula ont été observés jusqu’à une profondeur d’environ 2,5 m sous la surface du sol (Tihen, 1937, dans Fitch, 1954). Chez les populations du sud-ouest de l’Ontario, les individus peuvent s’enfouir dans le sable des dunes, sous des débris de bois (S. Hecnar, comm. pers.).

Dans toute son aire de répartition et en toutes périodes de l’année, l’E. fasciatus montre une assez forte tendance à se regrouper par sexe et par classe d’âge (Hecnar, 1991; Seburn, 1993; Hecnar, 1994). Ce comportement d’agrégation s’observe particulièrement au moment de l’hibernation (Fitch, 1954; Cooper et Gartska, 1997). On a observé de petits groupes d’individus hibernant ensemble dans toute l’aire de l’espèce (voir par exemple Hamilton, 1948; Neill, 1948; Fitch, 1954). Chez une population carolinienne, on a observé un groupe de 25 individus au printemps 1986 et un groupe de 27 individus au printemps 1987, ce qui donne à croire à un regroupement pour l’hibernation (Weller et Oldham, 1988). On pourrait penser que l’hibernation collective est due à la rareté de lieux propices, mais ce ne semble pas être le cas. Des études expérimentales réalisées avec l’E. laticeps ont permis de constater que les individus de l’espèce ont tendance à se rassembler pour hiberner en dépit de la présence de multiples gîtes artificiels. De plus, ce comportement s’accentue en période de froid, ce qui donne à penser que l’agrégation procure un avantage sur le plan de la conservation de chaleur (Cooper et Gartska, 1987).

Alimentation

L’Eumeces fasciatusest essentiellement insectivore (Fitch, 1954). Il se nourrit d’insectes et de larves d’insectes, mais aussi d’autres arachnides, de vers de terre et, parfois, de petits crustacés et vertébrés (Taylor, 1936; Fitch, 1954). Il peut se nourrir de souris nouveau-nées, de petits lézards et d’œufs d’oiseaux (Netting, 1939, dans Fitch, 1954), mais les plus petites souris nouveau-nées sont à peu près les plus grosses proies que les plus gros individus d’E. fasciatus peuvent avaler (Fitch, 1954). Souvent, les individus d’E. fasciatus mangent leur propre dépouille après la mue, et il leur arrive de dévorer des congénères. L’analyse du contenu stomacal et des déjections d’individus du Kansas a révélé que ceux-ci avaient ingéré des arachnides (49 p. 100), des insectes (43 p. 100), de très petites quantités de peau (dépouille) (moins de 1 p. 100), d’œufs de scinques (moins de 1 p. 100) et de scinques nouveau-nés (moins de 1 p. 100) (Fitch, 1954). L’analyse des déjections d’individus de la population carolinienne du parc provincial Rondeau a révélé qu’ils s’étaient nourris principalement de grillons, mais aussi d’escargots, d’araignées, de blattes, de cloportes et de chenilles (Judd, 1962). Des analyses plus récentes de déjections d’individus de la population carolinienne du parc national de la Pointe-Pelée ont révélé que les principales proies de cette population sont des arachnides (Hecnar et al., 2002).

L’E. fasciatusest un chasseur actif qui repère ses proies par des stimulus visuels et chimiques (Fitch, 1954; Burghardt, 1964). Lorsqu’on met un individu de l’espèce en présence de l’odeur de proies connues, il donne des coups de langue rapides puis se dirige vers la source de l’odeur et parfois même la mort (Burghardt, 1964). Lorsque l’E. fasciatus attrape un grillon, il le secoue dans un sens et dans l’autre; s’il le laisse échapper, comme il arrive souvent, il le rattrape et recommence (Fitch, 1954; B. Howes, observation personnelle [obs. pers.]). L’E. fasciatus préfère les grosses proies mobiles aux petites proies immobiles (Burghardt, 1964). Les individus peuvent avaler des grillons dont la taille égale presque le diamètre de leur propre corps (Fitch, 1954; B. Howes, obs. pers.).

La quantité de nourriture ingérée varie selon l’âge de l’individu, la période de la saison (Fitch et von Achen, 1977), l’activité de l’individu et la température (Fitch, 1954). Chez les mâles comme chez les femelles, elle augmente à partir du début de l’été puis diminue brusquement à la mi-septembre. Cependant, durant la période d’incubation desœufs, les femelles diminuent généralement leur consommation, même celles qui n’ont pas d’œufs. Chez les juvéniles, la consommation moyenne de nourriture diminue progressivement en automne (Fitch, 1954). En captivité, la consommation quotidienne de nourriture correspond à environ 3 p. 100 de la masse corporelle de l’individu (0,195 g) chez les adultes et à environ 6,11 p. 100 de la masse corporelle chez les juvéniles (Fitch et von Achen, 1977). Chez l’E. fasciatus, les crottes mesurent environ 10 à 20 mm de longueur et 2 à 4 mm de diamètre; elles sont cylindriques, droites, avec un bouchon d’acide urique à une des extrémités. Le plus souvent, elles contiennent principalement des restes chitineux d’arthropodes (Fitch, 1954; Judd, 1962; Hecnar et al., 2002).

Prédateurs

Parmi les prédateurs connus de l’E. fasciatus se trouvent les ratons laveurs, les faucons, les renards, les visons, les belettes, les putois, les opossums, les tatous, les serpents, les taupes et les musaraignes. D’après l’analyse des cicatrices et l’observation de la prédation en conditions expérimentales, Fitch (1954) croit que la grande musaraigne est l’un des principaux prédateurs de l’E. fasciatus dans la région du Kansas où il étudie l’espèce. Les chats et les chiens attaquent également l’E. fasciatus (Fitch, 1954; Oldham et Weller, 2000; B. Howes, obs. pers.). Cooper (1990) a montré que l’E. laticeps est capable de distinguer par leurs odeurs ses prédateurs et ses proies et qu’il est capable de distinguer, entre les différentes espèces de serpents, celles dont il est la proie et celles qui sont inoffensives pour lui.

La réaction de l’E. fasciatus par rapport aux prédateurs varie grandement selon les individus et les circonstances. De façon générale, les individus ont tendance à se cacher plutôt qu’à fuir devant un prédateur ou à l’affronter, et lorsqu’ils sont en face d’un éventuel prédateur, ils se figent (Fitch, 1954). Lorsqu’ils sont effrayés, leurs mouvements deviennent encore plus saccadés et désordonnés. L’E. fasciatus est particulièrement difficile à saisir en période chaude. L’espèce est essentiellement terrestre, mais les individus s’enfouissent et grimpent aisément. Les individus des deux sexes et de tous les âges vont souvent grimper à un arbre pour échapper à un prédateur (Fitch, 1954; S. Hecnar, obs. pers.). Il leur arrive également de se réfugier dans l’eau (Parker, 1948, dans Fitch, 1954), où ils se déplacent en se tenant à la végétation submergée (B. Howes, obs. pers.).

Autotomie caudale

L’autotomie caudale est un mécanisme de défense. Lorsque l’E. fasciatus est attaqué, sa queue se détache et continue de s’agiter durant quelques minutes, ce qui distrait le prédateur et donne au scinque le temps de s’enfuir (Fitch, 1954). La couleur bleu vif de la queue attire l’attention des prédateurs (Cooper et Vitt, 1985). Comme cette coloration devient moins vive avec l’âge, on pense que les juvéniles sont plus exposés à la prédation (Vitt et Cooper 1986b). Selon Vitt et Cooper (1986b), dans une proportion importante des tentatives de prédation, le prédateur vise la queue, attiré par sa couleur et ses mouvements. Ces chercheurs ont mis des juvéniles en présence de serpents prédateurs et ont constaté que les attaques dirigées vers la base de la queue étaient plus fréquentes dans le cas des juvéniles ayant leur queue complète que dans le cas de ceux dont la queue manquait ou était peinte en noir. Ils ont également observé que les juvéniles donnaient des coups de queue plus souvent que les adultes. Les attaques dirigées vers la queue provoquaient l’autotomie caudale et permettaient au scinque de s’échapper, tandis que les attaques visant le corps étaient fructueuses (Vitt et Cooper, 1986b).

Bien que l’autotomie caudale permette d’échapper aux prédateurs, elle n’est pas sans conséquence; elle peut nuire à la locomotion, entraîner un déclassement de l’individu dans la hiérarchie sociale et réduire la croissance ou les chances de reproduction (Goodman, 2006). Deux de ces conséquences ont été examinées chez l’E. fasciatus. L’autotomie caudale chez les petits n’a pu être associée à aucune perte sur le plan de la masse corporelle ni de la longueur museau-cloaque (Vitt et Cooper, 1986b; Goodman, 2006). Chez les juvéniles ayant perdu la queue complète, celle-ci se régénérait au rythme de 6,11 mm par semaine en moyenne, soit plus rapidement que chez les juvéniles n’ayant perdu qu’une partie de la queue. Chez les juvéniles ayant perdu la queue complète, on a observé une perte importante de la vitesse maximale de locomotion; cependant, cet effet disparaissait en moins de quatre semaines (Goodman, 2006). Les conséquences de l’autotomie caudale chez les adultes n’ont pas été examinées. On sait toutefois que la queue renferme plus de la moitié des réserves lipidiques chez les femelles et presque la moitié des réserves lipidiques chez les mâles (Vitt et Cooper, 1986b).

Fitch (1954) a mesuré la fréquence de l’autotomie caudale chez une population du Kansas. Elle était environ de 25 p. 100 chez les individus âgés de 1 mois, de 50 p. 100 chez les individus âgés de 1 à 3 mois et de 75 p. 100 chez les individus âgés de 1 an. Chez les adultes, la fréquence de queues cassées ou régénérées est un peu plus élevée chez les femelles que chez les mâles, peut-être parce que les femelles assurent la protection du nid et qu’elles sont moins lestes après la période de nidification. Seulement 16,5 p. 100 des femelles adultes avaient conservé leur queue originelle intacte (Fitch, 1954).

Physiologie

Comme les autres reptiles, l’E. fasciatus maintient sa température interne dans la plage optimale en changeant de microhabitats (thermorégulation). À l’aide d’un terrarium dans lequel il maintenait les températures froides à une extrémité et chaudes à l’autre, Fitch (1954) a déterminé que l’E. fasciatus préfère les températures comprises entre 28 °C et 36 °C, mais tolère une plage de températures beaucoup plus grande. L’espèce peut survivre à des températures aussi élevées que 42 °C; cependant, durant les périodes de grande chaleur, on l’aperçoit moins souvent, et on peut penser qu’elle cherche davantage à s’enfouir (Fitch, 1954; Seburn et Seburn, 1998; B. Howes, obs. pers.). L’espèce peut également survivre à des températures aussi basses que -1 °C pour de courtes périodes (moins de 30 minutes), et elle demeure active à des températures plus basses que la majorité des reptiles nord-américains (Fitch, 1954). L’E. fasciatus est probablement plus tolérant au froid que les autres reptiles en raison de sa répartition septentrionale; il compte en effet parmi les lézards les plus septentrionaux et parmi les premières espèces de l’herpétofaune à s’être étendues vers le nord après la dernière glaciation (Holman, 1995).

Les températures auxquelles sont exposées les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent sont généralement loin des températures optimales pour les reptiles (Row et Blouin-Demers, 2006). Il est donc possible que le choix des microhabitats soit particulièrement important chez ces populations. Chez deux d’entre elles, à la fin mai et au début juin, les individus choisissent pour se mettre sous couvert des roches sous lesquelles les conditions thermiques s’approchent le plus de leurs températures internes optimales. On suppose qu’ils se maintiennent ainsi le plus longtemps possible à la température la plus favorable aux fonctions physiologiques (Quirt et al., 2006).

Déplacements et dispersion

L’E. fasciatus n’est pas territorial mais a tendance à demeurer dans des aires restreintes avec lesquelles il est familiarisé. Les individus ont un domaine vital, mais les limites de leur domaine ne sont pas fixes. La superficie du domaine vital dépend du sexe et de l’âge de l’individu ainsi que du type d’habitat. Chez une population du Kansas, le domaine vital se situerait, selon les estimations, entre 270 m² et 578 m² (Fitch, 1954). Au sein de leur domaine, les individus empruntent surtout les couloirs naturels, se déplaçant le long de parois rocheuses ou de troncs gisants au sol (Fitch, 1954). L’instinct de retour au lieu d’origine, s’il existe chez l’E. fasciatus, est vraisemblablement très faible. Fitch (1954) a constaté que la composition de la population du Kansas qu’il étudiait variait d’une année à l’autre, probablement parce que les individus avaient tendance à modifier les limites de leur domaine vital. Dans des études par marquage et recapture, la plupart des individus étaient recapturés tout près du point de leur première capture, mais certains ont été recapturés jusqu’à 208 m plus loin (Fitch, 1954). La distance moyenne parcourue entre captures, pour 323 individus, était de 18 m (Fitch, 1954). Les individus parcourent en moyenne 5,1 m par jour (Fitch et von Achen, 1977), mais le niveau d’activité n’est pas le même chez les mâles, les femelles et les juvéniles (Fitch et von Achen, 1977; Seburn, 1993).

Chez une population du Kansas, au cours d’une saison de marquage-recapture, la distance moyenne parcourue entre captures était de 21 m pour les mâles, de 14 m pour les femelles et de 19 m pour les junéviles (Fitch, 1954). La distance maximale parcourue par un individu entre 2 captures était de 119 m pour les mâles et de 99 m pour les femelles (Fitch et von Achen, 1977). Chez une population carolinienne, la distance maximale parcourue par un petit était d’au moins 107 m, tandis que la distance maximale parcourue par un jeune de 1 an était d’au moins 25 m (Seburn, 1993).

Les mâles adultes ont tendance à s’éloigner davantage de leur domaine vital durant la saison de reproduction, tandis que les femelles adultes ont tendance à s’éloigner davantage lorsqu’elles sont à la recherche d’un site de ponte (Fitch, 1954; Seburn, 1993). Les femelles se déplacent moins durant les périodes de reproduction et de nidification, mais elles redeviennent plus actives après la nidification (Fitch et von Achen, 1977) et ont tendance à réintégrer leur domaine vital après l’éclosion des œufs (Seburn, 1993). Les juvéniles sont plus actifs que les adultes en tout temps de la saison (Fitch et von Achen, 1977) et changent plus souvent de domaine que les adultes (Fitch, 1954). Des recherches génétiques réalisées chez une population des Grands Lacs et du Saint-Laurent montrent que la dispersion n’est pas plus importante chez un sexe que chez l’autre ni chez une classe d’âge en particulier. Toutefois, comme certaines femelles quittent leur domaine pour pondre, on pourrait dire que leurs petits, qui naissent en dehors du domaine maternel, assurent la dispersion de l’espèce (Wick, 2004).

Relations interspécifiques

L’E. fasciatus sert d’hôte à plusieurs endoparasites et ectoparasites. On a observé des nématodes et des douves dans les fècès de l’espèce et des kystes blancs dans les tissus de plusieurs individus (Fitch, 1954). Deux endoparasites non identifiés (il s’agissait d’Eimeria fasciatus et d’Isospora scinci) trouvés dans l’intestin de l’E. fasciatus pourraient être inféodés à l’espèce (Upton et al., 1991). Les principaux ectoparasites de l’E. fasciatus sont les aoûtats (Trombicula spp.; Wharton et Fuller, 1952, dans Fitch, 1954), qui s’accrochent souvent à la peau des pattes (Seburn et Seburn, 1998; B. Howes, obs. pers.). Des aoûtats ont été observés sur des individus d’une population carolinienne, et il semble que leur fréquence ainsi que le degré d’infestation aient augmenté au fur et à mesure que la saison avançait. Les mues périodiques de l’E. fasciatus semblent réduire la fréquence et le degré d’infestation par ces parasites (Seburn et Seburn, 1998).

Adaptabilité

L’E. fasciatus ne tolère pas la sécheresse, et son habitat comprend nécessairement un plan d’eau permanent (Fitch, 1954). Par ailleurs, l’espèce semble tolérante à une plage de températures assez étendue. Des conditions anormalement fraîches peuvent toutefois retarder la ponte ou l’éclosion des œufs. Le cas échéant, la maturité sexuelle peut être retardée chez une proportion importante des jeunes, ce qui réduit énormément le potentiel de reproduction de la population. Le pourcentage d’individus dont la maturité sexuelle est ainsi retardée est vraisemblablement plus élevé chez les populations vivant plus au nord (Fitch, 1954) et peut être particulièrement élevé chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, lesquelles sont exposées à des conditions climatiques plus rigoureuses que les populations caroliniennes. Pour 7 populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent et 2 populations caroliniennes, on a calculé la température moyenne quotidienne en janvier et en juillet, d’après les températures enregistrées aux stations météorologiques les plus proches (Howes et Lougheed, présenté pour publication). Pour janvier, la température moyenne quotidienne était de –9,5 °C chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent et de –4,1 °C chez les populations caroliniennes. Pour juillet, elle était de 20,3 °C chez les premières et de 22,3 °C chez les secondes (Howes et Lougheed, présenté pour publication; Environnement Canada, 2006).

Dans un milieu hétérogène, les fluctuations de niveau des eaux peuvent augmenter la connectivité génétique entre les populations qui sont normalement séparées par des masses d’eau (Wick, 2004). Une élévation du niveau des lacs peut contribuer à la mortalité en hiver, en particulier chez les populations caroliniennes qui vivent sur les rives des lacs Érié et Huron (Hecnar et Hecnar, 2005). L’E. fasciatus est associé aux premiers stades de la succession végétale, et celle-ci peut nuire à l’espèce en transformant son habitat. Les populations étudiées par Fitch (1954) sont aujourd’hui pratiquement disparues en raison de la succession végétale (H. Fitch, comm. pers.). Les feux contribuent à entretenir l’habitat propice à l’E. fasciatus, s’ils ne sont pas trop fréquents, mais peuvent par ailleurs causer une forte mortalité locale. Ainsi, chez une population du Connecticut, on croit qu’un incendie a détruit une cohorte entière (Gruner, comm. pers., dans Seburn et Seburn, 1998). En Floride, Mushinsky (1992) a montré que l’E. inexpectatus était plus abondant dans les sites qui n’avaient pas subi l’action du feu depuis 20 ans ou qui étaient brûlés tous les 5 à 7 ans que dans les sites qui étaient brûlés tous les 1 à 2 ans. Dans les milieux où les feux sont moins fréquents, la litière de feuilles est plus importante, ce qui permet à l’E. fasciatus de mieux se dissimuler (Mushinsky, 1992).

L’E. fasciatus peut vivre dans des milieux transformés par l’activité humaine et peut même bénéficier de certains éléments artificiels de ces milieux, comme les tas de bois, les tôles et les plaques de contreplaqué. Cependant, pour que l’espèce puisse y vivre, les milieux transformés doivent jouxter son habitat naturel (terrain consacré à l’entretien dans un parc, jardin de rocailles en zone rurale, etc.). L’E. fasciatus ne vit pas en milieu urbain. Il tolère probablement assez bien les perturbations mineures et temporaires, sauf durant la période de nidification (Hecnar et M’Closkey, 1988). Les femelles sont susceptibles d’abandonner leurs œufs si elles sont dérangées au nid (Hecnar et M’Closkey, 1988), ce qui peut causer une mortalité importante chez les embryons (Hasegawa, 1985). Hecnar et M’Closkey (1988) ont montré, chez la population carolinienne du parc national de la Pointe-Pelée, une intolérance à la perte de structures servant de microhabitats à l’espèce.

Comme il a déjà été mentionné, les populations d’E. fasciatus situées dans le nord de l’aire de l’espèce ont une diversité génétique significativement moindre que celle des populations du centre, de l’est et du sud de l’aire (Howes et Lougheed, présenté pour publication). Cette diversité génétique réduite peut limiter la capacité d’adaptation et le potentiel d’évolution des populations ontariennes de l’espèce.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent et population carolinienne

La base de données de l’Ontario Herpetofaunal Summary (OHS), qui renferme plus de 1 200 mentions de l’E. fasciatus, est très utile pour l’estimation du nombre de populations de l’espèce se trouvant en Ontario (Oldham et Weller, 2000). Bien que le nombre d’observations signalées ait diminué depuis 1995 et que les mentions pour les secteurs les plus fréquentés soient vraisemblablement en nombre disproportionné, la base de données de l’OHS est d’une valeur inestimable puisqu’elle renseigne sur les localités où l’espèce est présente (M. Oldham, communication personnelle [comm. pers.]). Les erreurs d’identification sont peu probables, car l’E. fasciatus est le seul lézard qu’on rencontre en Ontario.

Il est très difficile d’estimer l’effectif des populations d’E. fasciatus. L’espèce est discrète, les individus passant la majeure partie de la journée cachés sous divers objets. De plus, les activités changent au cours de la saison. Les adultes, mâles et femelles confondus, sont les plus nombreux en mai, tandis que les jeunes de l’année sont les plus nombreux en juin (Fitch, 1954). Après la période de reproduction, les mâles deviennent beaucoup moins actifs (Fitch, 1954; Seburn, 1993), et, durant les mois les plus chauds, ils peuvent avoir tendance à s’enfouir (Seburn, 1990). Enfin, le domaine vital des individus peut changer au cours de la saison, ce qui peut causer une surestimation ou une sous-estimation de la taille d’une population donnée. Comme les habitudes et les activités sont différentes selon le sexe et l’âge des individus, les données de recensement devraient être compilées par sexe et par classe d’âge, les adultes pris séparément des jeunes (Fitch, 1954). Les jeunes ont plus de chances d’être aperçus que les adultes parce que leur nombre, leur niveau d’activité ainsi que leurs déplacements quotidiens augmentent au cours de la saison et qu’ils sont plus visibles à cause de la couleur de leur queue.

Pour obtenir une estimation correcte de l’effectif des populations ontariennes, il faut rechercher l’espèce activement et l’étudier intensément durant une période appropriée. Chez une population carolinienne (parc national de la Pointe-Pelée), Hecnar et M’Closkey (1998) ont mesuré la densité de l’activité, qui est en corrélation étroite avec la densité réelle (voir Hecnar et M’Closkey, 1998). Seburn (1993) et Wick (2004) ont étudié respectivement une population carolinienne et une population des Grands Lacs et du Saint-Laurent par marquage-recapture durant toute la saison d’activité. Dans les deux cas, les individus étaient marqués par ablation de la troisième phalange (Seburn, 1993; Wick, 2004). Ils auraient pu être marqués par application de peinture sur le corps; cependant, cette méthode est d’une utilité limitée, parce que la peinture disparaît rapidement (en moins de 24 heures chez certains individus; S. Hecnar, observation personnelle [obs. pers.]) et que le scinque subit des mues au cours de la saison. Une recherche active de l’espèce suppose qu’on retourne ou qu’on déplace des éléments de l’habitat (morceaux de bois, pierres, etc.), qu’il faut ensuite bien remettre en place.

Il importe de souligner que la recherche active dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent comporte un risque pour l’espèce, surtout si les personnes sont inexpérimentées. Il faut faire attention, lorsqu’on soulève une roche, de ne pas écraser de scinque sous le point d’appui. Afin d’éviter ce type d’accident, il est préférable, si la roche n’est pas trop grosse, de la soulever complètement. Si cela n’est pas possible, une personne peut la soulever partiellement tandis qu’une autre regarde en dessous (B. Howes, obs. pers.).

Abondance

D’après les données de l’OHS, depuis 1995, 84 populations ont été signalées dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent et 5 dans la région carolinienne (Oldham et Weller, 2000; voir le tableau 1). La taille effective (Ne) a été estimée pour 9 populations ontariennes par la méthode du maximum de vraisemblance, à partir de 6 locus microsatellites (Beerli et Felsenstein, 1999; Beerli et Felsenstein, 2001), en supposant un taux de mutation des microsatellites typique pour les vertébrés de 10-4 par locus par génération (tableau 5). La Ne moyenne a ensuite été calculée pour chacune des 2 unités désignables puis multipliée par le nombre de populations dans chaque unité. La Ne estimée pour l’ensemble de l’Ontario (et, par conséquent, pour le Canada) est de 23 839 individus (Howes et Lougheed, données inédites). La méthode de calcul utilisée comporte plusieurs sources d’erreur possibles : 1) l’estimation du nombre de populations (d’après le nombre de populations répertoriées dans l’OHS depuis 1995) peut être inexacte; 2) la Ne moyenne calculée pour les populations échantillonnées des Grands Lacs et du Saint-Laurent et de la région carolinienne peut ne pas être représentative de la Ne réelle des populations non échantillonnées; 3) la méthode du maximum de vraisemblance ne convient peut-être pas pour l’estimation de la Ne (voir par exemple Zaid et al., 2004).

Les estimations de Ne présentées ci-dessous ne peuvent être comparées directement à des estimations d’effectif faites sur la base de relevés, car les 2 méthodes n’ont été appliquées simultanément chez aucune population. En fait, la seule population dont l’effectif a été estimé est celle du parc national de la Pointe-Pelée. En 1989, Seburn et Seburn (1989) ont estimé cette population à environ 1 000 à 2 000 individus. Il est certain que les estimations de Ne seraient inférieures aux estimations d’effectif (Frankham, 1995). Le rapport de Ne aux données de recensement varie selon les espèces, mais il se situe généralement à 11 p. 100 (Frankham, 1995).

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

La Ne moyenne obtenue pour les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent est de 266 individus, et le nombre de populations, estimé à partir des données répertoriées dans l’OHS depuis 1995 (Oldham et Weller, 2000), est de 84 (tableau 1). Donc, la Ne pour l’ensemble des populations de la province faunique des Grands Lacs et du Saint-Laurent est d’environ 22 300 individus (Howes et Lougheed, données inédites).

Population carolinienne 

La Ne moyenne obtenue pour les populations caroliniennes est de 299 individus, et le nombre de populations est estimé à 5 (tableaux 1 et 2). Donc, la Ne pour l’ensemble des populations de la province faunique de la forêt carolinienne est d’environ 1 495 individus (Howes et Lougheed, données inédites). Il importe de noter que ce calcul repose sur la supposition que la Ne moyenne estimée pour les populations du parc national de la Pointe-Pelée et du parc provincial Rondeau est représentative de celle qu’on obtiendrait pour les autres populations caroliniennes. Or, ce n’est pas le cas, car les autres populations caroliniennes sont beaucoup plus petites que celles du parc national de la Pointe-Pelée et du parc provincial Rondeau.

Tableau 5. Taille effective de neuf populations ontariennes d’Eumeces fasciatus estimée à partir de six locus microsatellites, par analyse du maximum de vraisemblance. Les populations sont réparties selon les deux aires d’occurrence de l’espèce en Ontario (région des Grands Lacs et du Saint-Laurent et région carolinienne).
PopulationComtéEstimation de Ne
(intervalle de confiance à 95 %)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : TadenacMuskoka
229 (205, 256)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Swift RapidsSimcoe
270 (239, 307)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : TowerlineSimcoe
240 (213, 271)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : FeeneyLennox & Addington
328 (292, 370)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : BurkeFrontenac
342 (302, 390)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : Honey HarbourMuskoka
177 (156, 200)
Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent : ArdochFrontenac
273 (243, 308)
Population carolinienne : Parc national de la Point-PeléeEssex
306 (273, 346)
Population carolinienne : Parc provincial RondeauChatham-Kent
291 (259, 329)

Fluctuations et tendances

La densité de population varie au cours d’une année ainsi que d’une année à l’autre en fonction de divers facteurs, notamment les conditions climatiques et la succession végétale naturelle. Les estimations pour une population du Kansas vivant dans un habitat typique de l’espèce la situe entre 125 et 250 individus/ha (petits non compris). Dans un secteur du parc national de la Pointe-Pelée, la densité de population est passée de 21 individus/ha en 2003 et 2004 à 85 individus/ha en 2001 (Hecnar et Hecnar, 2005). Au cours d’une année, l’effectif atteint un minimum au milieu de l’été, juste avant l’éclosion des œufs; par la suite, la densité de population peut aller jusqu’à doubler (Fitch, 1954).

La structure d’âge peut varier énormément d’une année à l’autre en raison des conditions climatiques et de divers autres facteurs. Ainsi, chez une population du Kansas, Fitch (1954) a constaté que la cohorte des individus âgés de 2 ans comptait pour 70 p. 100 de la population reproductrice en 1951, comparativement à 36 p. 100 en 1950 et à 58 p. 100 en 1952. Toute cohorte d’adultes peut, en une saison, être réduite de moitié et même plus (Fitch, 1954).

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Selon les données de l’OHS, il y aurait une fluctuation modérée du nombre de populations dans la province faunique des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Avant 1984, 71 populations étaient répertoriées pour cette province faunique. De 1984 à 1994, le nombre de populations est passé à 115, et de 1995 à aujourd’hui il est retombé à 84 (tableau 1; Oldham et Weller, 2000). Il est difficile de juger si le déclin apparent, depuis 1995, du nombre de populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent est causé par des facteurs biologiques puisque le nombre d’observations signalées à l’OHS a diminué depuis 1995 (M. Oldham, comm. pers.).

Population carolinienne

Dans le sud-ouest de l’Ontario, le nombre de populations d’E. fasciatus est en déclin au moins depuis 1984. Avant 1984, 17 populations étaient répertoriées pour cette région. De 1984 à 1994, ce nombre est tombé à 8, et depuis 1995 seulement 5 populations ont été signalées ou confirmées (tableau 1; Oldham et Weller, 2000; C. Jacobs, comm. pers.). En 2000, des recherches ont été effectuées dans 16 localités historiques de l’espèce, mais celle-ci a été observée dans seulement 3 d’entre elles, à savoir le parc national de la Pointe-Pelée, le parc provincial Rondeau et le parc provincial Pinery (Hecnar et Hecnar, 2000, dans Hecnar et Hecnar, 2005; S. Hecnar, comm. pers.). Dans plusieurs des 16 localités, l’habitat de l’E. fasciatus avait été complètement détruit par le développement et d’autres activités humaines. Il ne subsiste aucune des populations historiques de la péninsule du Niagara.

La population d’E. fasciatus du parc provincial Rondeau semble stable (S. Dobbyn, comm. pers.). Par contre, celle du parc provincial Pinery semble avoir connu un déclin important (S. Hecnar, comm. pers.); d’après les relevés effectués entre 2002 et 2004, elle est certainement beaucoup plus petite que celles du parc national de la Pointe-Pelée et du parc provincial Rondeau (B. Howes, obs. pers.). Il existe très peu d’information sur la population actuelle du marécage Oxley Poison Sumac. En 2004, la Société canadienne pour la conservation de la nature a fait l’acquisition de la partie du marécage servant d’habitat à l’espèce et y a placé un peu partout des planches pouvant lui servir d’abris (H. Arnold, comm. pers.). La partie du marécage qui convient à l’E. fasciatus est petite, et le nombre d’individus de l’espèce qui y ont été observés est faible pour la quantité de relevés effectués (M. Oldham, comm. pers.).

La seule population ontarienne pour laquelle les données permettent de dégager une tendance démographique est celle du parc national de la Pointe-Pelée. De 1990 à 1995, cette population a été réduite au tiers, peut-être même au cinquième, de ce qu’elle était. Durant toute cette période, la classe d’âge apparemment la plus abondante était celle des adultes, ce qui donne à penser que le recrutement était insuffisant pour assurer le maintien de la population (Hecnar et M’Closkey, 1998). Un examen plus approfondi a permis de constater que l’absence de l’espèce dans les secteurs les plus fréquentés du parc était due à la rareté de microhabitats appropriés (débris ligneux). On a montré par une expérience que l’E. fasciatus utilisait volontiers les objets placés dans le parc pour lui servir d’abris (Hecnar et M’Closkey, 1998). La population du parc national de la Pointe-Pelée était menacée non seulement par la perte des microhabitats essentiels à sa survie mais aussi par la capture d’individus, interdite par la loi. En raison de leur couleur attrayante, les juvéniles sont convoités comme animaux familiers, et on les capture probablement en grand nombre dans le parc au moins depuis 1989 (Hecnar et M’Closkey, 1998). Le rétablissement artificiel de microhabitats propices à l’espèce a été suivi d’un regain de la population à partir de 1996; il faudra néanmoins continuer d’assurer une gestion active de l’espèce pour garantir sa survie dans le parc national de la Pointe-Pelée (Hecnar et Hecnar, 2005).

Effet d’une immigration de source externe

Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

On constate une différenciation génétique importante entre populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent séparées par une distance aussi faible que 3 à 5 km (Wick, 2004; Howes et Lougheed, données inédites). Wick (2004) a montré qu’une étendue d’eau peut constituer une barrière au flux génique entre populations de l’espèce; ainsi, une sous-population insulaire de la région où il menait son étude présentait une diversité génétique inférieure à celle de populations vivant environ 2 km plus loin, peut-être moins. De toute évidence, la migration entre les populations de cette région est peu probable, de même que la recolonisation naturelle d’une localité à la suite de la disparition de sa population. L’immigration d’individus provenant de populations des États-Unis n’est pas possible.

Population carolinienne

Les populations caroliniennes actuelles sont très isolées les unes des autres. Celles du parc provincial Rondeau et du parc national de la Pointe-Pelée sont significativement distinctes sur le plan génétique, ce qui n’a rien d’étonnant, compte tenu de la distance qui les sépare. La migration naturelle entre les populations caroliniennes est pratiquement impossible, de même que la recolonisation naturelle d’une localité à la suite de la disparition de sa population. L’immigration d’individus provenant des États-Unis n’est pas possible étant donné la distance à franchir et l’absence de milieux propices à l’espèce sur le parcours (il faudrait traverser les Grands Lacs ou les cours d’eau associés).

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Facteurs limitatifs et menaces

Dégradation de l’habitat

Comme la plupart des espèces en péril, l’E. fasciatus est menacé en Ontario par la destruction, la fragmentation et la dégradation de son habitat causées par l’accroissement de la population humaine et l’augmentation des activités de loisir. Cette tendance est particulièrement marquée dans le sud-ouest de la province, où l’effectif de l’E. fasciatus s’est considérablement amoindri, en grande partie à cause de l’étalement urbain et de l’expansion de l’agriculture dans de nombreux secteurs où l’espèce était présente il y a 2 ou 3 décennies (Hecnar, communication personnelle [comm. pers.]). Dans la région du Bouclier, où l’aire d’occurrence de l’E. fasciatus est beaucoup plus grande, la destruction et la dégradation de l’habitat, bien que moins préoccupantes, constituent néanmoins une menace réelle pour l’espèce. Ainsi, il semble que les dommages causés par les véhicules tout-terrains (VTT) et les motos aient entraîné le déclin d’une population du Bouclier (B. Howes, observation personnelle [obs. pers.]). L’habitat de cette population (située sur des terres de la Couronne, sous une importante ligne de transport d’électricité) est typique de l’habitat des reptiles dans la partie sud du Bouclier; il est caractérisé par de grands affleurements rocheux au sein d’une matrice de végétation herbacée courte et de forêts décidues et conifériennes. En moins de 4 ans, la majeure partie de la végétation herbacée entourant les affleurements rocheux a disparu, laissant le sable dénudé, et les fragments de roche détachés du substratum et servant de couvert à l’espèce ont été enlevés afin qu’ils ne gênent pas la circulation (B. Howes, obs. pers.). D’autres populations du Bouclier ont connu un sort semblable (R. Brooks, comm. pers.).

Dégradation des microhabitats

Hecnar et M’Closkey (1998) ont établi que, de 1990 à 1995, une population carolinienne (parc national de la Pointe-Pelée) a été réduite au tiers, voire au cinquième, de ce qu’elle était par suite de la disparition d’éléments qui lui servaient de microhabitats. La destruction est certes la pire forme de dégradation des microhabitats, mais la perturbation répétée des microhabitats peut aussi causer le déclin d’une population. Le nombre d’individus observés dans les secteurs du parc fortement perturbés par la présence humaine était significativement moins élevé que dans les secteurs peu perturbés (Hecnar et M’Closkey, 1998; voir la section Fluctuations et tendances). Il suffit parfois de modifier un aspect d’un microhabitat pour provoquer une perte de qualité. Par exemple, lorsqu’on retourne une pierre ou un tronc et qu’on ne remet pas l’élément exactement dans sa position d’origine, on peut provoquer une modification des conditions microclimatiques particulières que cet élément procurait. Même si l’élément est replacé exactement dans sa position d’origine, le substrat (sol, lichen, etc.) peut avoir été perturbé.

Les populations caroliniennes se trouvant dans des secteurs protégés n’échappent pas forcément à la menace de dégradation de leurs microhabitats; par exemple, le bois échouant sur les grèves peut être enlevé pour des raisons esthétiques ou ramassé pour alimenter un feu (Hecnar et M’Closkey, 1998). Bien que les exigences en matière de microhabitats soient vraisemblablement aussi impératives chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent (Howes et Lougheed, 2004; Quirt et al., 2006), il semble que, pour ces dernières, la menace de dégradation des microhabitats ne soit pas aussi imminente. On a toutefois observé des signes de perturbation, notamment des pierres fraîchement retournées, peut-être par des humains, peut-être par des ours noirs (K. Prior, comm. pers.; B. Howes, obs. pers.; R. Brooks, comm. pers.). En outre, à certains endroits dans la région du Bouclier, il y a prélèvement de roche pour l’aménagement paysager urbain (île Manitoulin, lacs Kawartha, etc.) (M. Oldham, comm. pers.).

Braconnage

Bien qu’il soit interdit en Ontario de capturer l’E. fasciatus, on a observé les premières captures illégales chez une population carolinienne (parc national de la Pointe-Pelée) en 1989. Quatre pontes sur huit qui étaient surveillées ont disparu, et, à la même époque, on constatait la perturbation ou la destruction des microsites (débris ligneux) ayant abrité les nids (Seburn et Seburn, 1998). En 1990, le nombre de microsites perturbés ou détruits avait augmenté, et ces perturbations coïncidaient avec la disparition de femelles gravides ou de pontes (Hecnar et M’Closkey, données inédites, dans Seburn et Seburn, 1998). En 1989, soit avant que ces microsites soient perturbés, 45 p. 100 des individus capturés pour étude étaient des petits (Seburn, 1990); de 1990 à 1995, soit après que ces microsites aient été perturbés, seulement 1 à 21 p. 100 des individus capturés étaient des petits (Hecnar et M’Closkey, 1998).

Hecnar et M’Closkey (1998) se sont adressés à quatre animaleries locales, et les quatre acceptaient des commandes pour des scinques pentalignes. Un employé a même proposé de capturer des scinques dans le parc national de la Pointe-Pelée. Le comportement d’agrégation des femelles gravides ou veillant à leurs œufs augmente le risque de capture (Hecnar et M’Closkey, 1998). Il est possible que les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent soient également victimes de braconnage, mais il n’en existe encore aucune preuve.

Prédation par les ratons laveurs

Des observations récentes faites dans le parc national de la Pointe-Pelée donnent à croire que les ratons laveurs exercent une pression de prédation importante sur l’E. fasciatus (Hecnar et Hecnar, 2005). Des recherches indiquent que la densité de population du raton laveur serait quatre fois plus élevée dans le parc national de la Pointe-Pelée que la moyenne pour les régions rurales de la province (Phillips et Murray, 2005, dans Hecnar et Hecnar, 2005).

Mortalité sur les routes

Dans le parc national de la Pointe-Pelée, la circulation routière fait des victimes chez l’E. fasciatus. Selon une étude récente, 14 individus de l’espèce auraient été tués sur la route du parc en 11 jours (V. McKay, comm. pers., dans Hecnar et Hecnar, 2005). Bien que la mortalité sur les routes soit depuis longtemps connue en Ontario, la circulation routière constitue une menace pour les amphibiens et les reptiles (voir par exemple Ashley et Robinson, 1996), la gravité de la menace a peut-être été sous-estimée pour les populations d’E. fasciatus du sud-ouest de la province. Ailleurs dans l’aire de répartition de l’E. fasciatus, la circulation routière est également mentionnée comme facteur menaçant l’espèce (Floride; Aresco, 2003), et des individus de l’espèce ont été trouvés morts sur des routes (Illinois; B. Howes, obs. pers.).

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Importance de l'espèce

Au Canada, l’Eumeces fasciatusest le seul lézard qu’on rencontre à l’est du Manitoba, ce qui en fait non seulement le seul lézard d’Ontario, mais aussi le seul lézard de l’est du Canada. L’E. fasciatus est répandu et apparemment non en péril dans la majeure partie de son aire de répartition, mais son effectif dans la partie nord de son aire est moins stable. Les populations canadiennes d’E. fasciatus, comme celles de si nombreuses espèces en péril au Canada, se trouvent à la limite nord de l’aire de l’espèce, et il est possible qu’elles possèdent des caractères génétiques et écologiques particuliers. Du seul fait qu’elles se trouvent à la périphérie de l’aire principale de l’espèce, elles risquent peut-être davantage de disparaître.

En Ontario, les deux seules aires d’occurrence de l’E. fasciatus se trouvent dans des habitats uniques : affleurements rocheux dégagés au sein d’une matrice de forêts boréales et de forêts décidues (population des Grands Lacs et du Saint-Laurent) et forêt carolinienne (population carolinienne). L’habitat des populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent est unique en ce sens qu’il abrite le plus grand nombre d’espèces animales de toute la région géologique du Bouclier canadien (Moon, 1970). L’habitat des populations caroliniennes est unique en ce sens que la forêt carolinienne présente la plus grande biodiversité de tous les écosystèmes canadiens et abrite 40 p. 100 des espèces en péril au Canada (SCF, 2006). Les mesures de conservation de l’E. fasciatus et de son habitat rejailliront donc sur une multitude d’autres espèces.

D’un point de vue anthropocentrique, l’E. fasciatus contribue à faire apprécier la diversité de la faune canadienne. La plupart des Ontariens ne soupçonnent pas qu’il existe un lézard dans leur province, car on associe souvent les lézards aux climats beaucoup plus chauds du sud. L’E. fasciatus excite la curiosité à cause de sa couleur voyante, de sa petite taille et de la vitesse à laquelle il se déplace. On pourrait dire qu’il a l’étoffe d’une vedette. Les mesures visant à faire connaître l’E. fasciatus et à sensibiliser le public à l’importance de le protéger pourraient avoir des retombées pour l’ensemble des reptiles du Canada.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

 L’Eumeces fasciatus a été désigné « espèce préoccupante » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en avril 1998 (COSEPAC, 1998), sans distinction d’unités désignables. En Ontario, l’E. fasciatus est inscrit sur la liste des espèces préoccupantes du ministère des Richesses naturelles (MRNO, 2005) et bénéficie d’une protection particulière en vertu de la Loi sur la protection du poisson et de la faune. À l’échelle du Canada, l’E. fasciatus est classé comme espèce vulnérable (N3), à l’échelle des États-Unis, comme espèce non en péril (N5), et à l’échelle mondiale, comme espèce non en péril (G5) (NatureServe Explorer, 2006). Dans la majorité des États où l’E. fasciatus est présent, il est classé comme espèce non en péril. Toutefois, dans la plupart des États de la partie nord de son aire de répartition ainsi qu’en Ontario, il est classé comme espèce apparemment non en péril, vulnérable ou en péril (tableau 6).

Tableau 6. Cotes attribuées à l’Eumeces fasciatus en Ontario et dans chacun des États où l’espèce est présente (NatureServe)
État/Provincevraisemblablement disparu
SX
gravement en péril
S1
en péril
S2
vulnérable
S3
apparemment non en péril
S4
non en péril
S5
non classé
SNR
non classable
SU
Massachusetts
X
       
Connecticut 
X
      
Nebraska 
X
      
Vermont 
X
      
Michigan   
X
    
Minnesota   
X
    
New Jersey   
X
    
New York   
X
    
Ontario   
X
    
District de Columbia    
X
   
Indiana    
X
   
Iowa    
X
   
Pennsylvanie    
X
   
Wisconsin    
X
   
Alabama     
X
  
Arkansas     
X
  
Delaware     
X
  
Georgie     
X
  
Illinois     
X
  
Kansas     
X
  
Kentucky     
X
  
Louisiane     
X
  
Maryland     
X
  
Mississippi     
X
  
Caroline du Nord     
X
  
Oklahoma     
X
  
Tennessee     
X
  
Texas     
X
  
Virginie     
X
  
Virginie-Occidentale     
X
  
Floride      
X
 
Missouri      
X
 
Ohio      
X
 
Caroline du Sud      
X
 
Dakota du Sud       
X

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Résumé technique: Population carolinienne

Eumeces fasciatus – Population carolinienne

Scinque pentaligne– Five-lined skink

Répartition au Canada :

Sud-ouest de l’Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada
3 946 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Non
Superficie de la zone d’occupation (km²)
88 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.
5
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Non
Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
2 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
1 495 (selon la Neestimée)
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
En déclin
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?
Oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Non
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :
  • parc national de la Pointe-Pelée
  • parc provincial Rondeau
  • parc provincial Pinery (?)
  • marécage Oxley Poison Sumac (?)
  • île Walpole (?)

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • perte et dégradation de l’habitat
  • dégradation du microhabitat
  • braconnage
  • Déprédation par le taux élevé des populations de ratons laveurs et de coyotes ainsi que par les chiens et les chats
  • mortalité sur les routes

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis : espèce en sécurité (Secure). Variable selon les États, mais moins en sécurité (less secure) parmi les États du nord.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Inconnu
Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?
Inconnu
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Peu probable

Analyse quantitative

Sans objet

Statut existant

COSEPAC : espèce préoccupante (1998); population carolinienne, en voie de disparition (2007)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique :  B1+2 ab (i,ii,iii,iv,v)
Justification de la désignation: Il s’agit de la seule espèce de lézard dans l’est du Canada. La population carolinienne ne se trouve que dans 4 ou 5 petites populations entièrement isolées sur les rives des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron. Les menaces qui pèsent sur ce scinque comprennent la perte et la dégradation du microhabitat, la capture illégale, la déprédation accrue par les ratons laveurs, les coyotes, les chiens et les chats, ainsi qu’une mortalité accrue sur les routes. Si une population disparaît, il n’existe aucune possibilité de recolonisation naturelle en raison de l’isolement.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Déclin d’environ 60 %, mais sur plus de 3 générations.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Zone d’occurrence et zone d’occupation petites; 4 ou 5 populations très isolées les unes des autres et très fragmentées; déclin de la zone d’occurrence, de la zone d’occupation, de l’habitat, du nombre d’emplacements et du nombre d’individus.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Population globale petite et nombre de populations en déclin, mais il existe au moins une population de plus de 250 individus adultes, et la seule population dont on a assuré un suivi a subi un déclin de 20 % sur une période de 5 ans.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Pourrait correspondre au critère de la catégorie « espèce menacée », D2.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet.

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Résumé technique: Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Eumeces fasciatus – Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Scinque pentaligne – Five-lined skink

Répartition au Canada :

Centre-sud de l’Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada
29 842 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Stable ou léger déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Non
Superficie de la zone d’occupation (km²)
484 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Stable ou léger déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.
84
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Léger déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Non
Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
Un certain déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
2 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
22 300 (selon la Neestimée)
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
Stable ou léger déclin
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Inconnu
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?
Non
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Stable ou léger déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Non
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :
voir les tableaux 1 et tableau5

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • perte et dégradation de l’habitat
  • destruction et dégradation du microhabitat
  • braconnage
  • mortalité sur les routes
  • augmentation de la fragmentation

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis : espèce en sécurité (Secure). Variable selon les États, mais moins en sécurité (less secure) parmi les États du nord.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Impossible en provenance des États-Unis (peu probable au-delà de 3 km)
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Inconnu
Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?
Inconnu
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Inconnue

Analyse quantitative

Sans objet

Statut existant

COSEPAC : espèce préoccupante (1998); population des Grands Lacs et du Saint-Laurent / préoccupante (2007)

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante
Code alphanumérique : Aucun
Justification de la désignation : Il s’agit de la seule espèce de lézard dans l’est du Canada. Elle est petite et discrète et se trouve dans environ 84 populations locales, mais sa répartition géographique est petite. Les menaces qui pèsent sur cette espèce comprennent la perte et la dégradation de l’habitat, la modification du microhabitat, la capture illégale, la déprédation accrue par les chats et les chiens, ainsi qu’une mortalité accrue sur les routes. L’augmentation du développement dans l’aire de répartition de l’espèce fera en sorte que les populations seront davantage isolées et plus vulnérables aux événements stochastiques dans les petits sites.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Aucune donnée sur un éventuel déclin.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Aucune preuve de déclin.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Population globale supérieure à 10 000 individus.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Sans objet.

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Remerciements et experts consultés

Remerciements

Stephen Hecnar (Ph.D.), Carolyn Seburn et David Seburn ont gracieusement partagé leur expertise et leurs points de vue sur l’espèce. Carolyn et David Seburn ont également fourni de précieux commentaires concernant une version antérieure du présent rapport. Nous tenons à remercier les nombreux experts (voir ci-dessous) qui ont généreusement partagé leurs connaissances sur l’occurrence et la biologie de l’espèce, ainsi que monsieur Alain Filion pour nous avoir fourni la carte à jour sur la répartition canadienne et les calculs sur la zone d’occurrence et la zone d’occupation. Nous remercions également monsieur Ron Brooks (Ph.D.) pour ses directives ainsi que les membres duSous‑comité de spécialistes des amphibiens et reptiles du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) pour leur appui.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service Canadien de la faune d’Environnement Canada.

Experts consultés

Heather Arnold
Coordonnatrice, sciences et intendance
London Office
Conservation de la nature Canada
1017 Western Road
London (Ontario)  N6G 1G5

Alan Dextrase
Biologiste principal des espèces en péril
Section des espèces en péril, Parcs Ontario
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
C.P. 7000
Peterborough (Ontario)  K9J 8M5

Tammy Dobbie
Coordonnateur de la gestion des écosystèmes
Parc national de la Pointe-Pelée
407 Monarch Lane, R. R. 1
Leamington (Ontario)  N8H 3V4

Sandy Dobbyn
Écologiste de zones
Parcs Ontario, Zone du sud-ouest
659 Exeter Rd
London (Ontario)
N6E 1L3

Alain Filion
Section de l'évaluation des espèces
Secrétariat du COSEPAC
Division des espèces en péril
Service canadien de la faune
Ottawa (Ontario)  K1A 0H3

Henry Fitch (Ph.D.)
Department of Ecology and
Evolutionary Biology
University of Kansas
2041 Haworth Hall
1200 Sunnyside Avenue
The University of Kansas
Lawrence (Kensas)  66045

Gloria Goulet
Coordonnatrice
Connaissances traditionnelles autochtones
Secrétariat du v
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)  K1A 0H3

Stephen Hecnar (Ph.D.)
Professeur agrégé
Department of Biology
Lakehead University
955 Oliver Road
Thunder Bay (Ontario)  P7B 5E1

Clint Jacobs
Coordonnateur, patrimoine naturel
Le centre du patrimoine de Walpole Island
RR 3
Wallaceburg (Ontario)  N8A 4K9

Deb Jacobs
Biologiste des espèces en péril
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
C.P. 1168
Chatham (Ontario)  N7M 5L8

Jim Mackenzie
Centre d'information sur le patrimoine naturel de l'Ontario
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
300, rue Water, 2e étage, Tour Nord
Peterborough (Ontario)  K9J 8M5

Vicki McKay
Équipe de rétablissement de l'Oponce de l'Est/Savane des langues de sable du lac Érié
Biologiste, espèces en péril
Parc national de la Pointe-Pelée
407 Monarch Lane, R.R.1
Leamington (Ontario)
N8H 3V4

Michael Nelson
Biologiste, espèces en péril
Office de protection de la nature de la région d'Essex
360 Fairview Avenue West, Suite 311
Essex (Ontario)  N8M 1Y6

Paul Pratt
Naturaliste
Ojibway Nature Centre
5200 Matchette Road
Windsor (Ontario)  N9C 4E8

Kent Prior (Ph.D.)
Conseiller principal, Habitat essential
Parcs Canada
25, rue Eddy, 4e étage
Gatineau (Québec)   K1A 0M5

Jonathan Richmond (Ph.D.)
Department of Ecology and
Evolutionary Biology
Corson Hall E237
Cornell University
Ithaca(New York)  14853-2701
États-Unis

Ken Schmidt
Essex Region Conservation Authority
360 Fairview Avenue West
Essex (Ontario)  N8M 1Y6

Carolyn Seburn
Spécialiste en science du rétablissement
Service canadien de la faune
Environnement Canada
351, boulevard St-Joseph
Gatineau (Québec)  K1A 0H3

David Seburn
Seburn Ecological Services
2710 Clarenda St.,
Ottawa (Ontario)  K2B 7S5.

Valerie Towsley
Resource Technician
LowerThames Valley Conservation Authority
100 Thames St.,
Chatham (Ontario)  N7L 2Y8

Ken Tuininga
Région de l'Ontario
Service canadien de la faune
Environnement Canada
4905 Dufferin Street
Downsview (Ontario)  M3H 5T4

Sara E. Wick, M.Sc.
Aux soins de Jim Bogart
Department of Integrative Biology
University of Guelph
Guelph (Ontario)  N1G 2W1

Allen Woodliffe
Écologiste de district
Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
District d'Aylmer
C.P. 1168
870 Richmond Street West
Chatham (Ontario)  N7M 5L8

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Sources d'information

Aresco, M.J. 2003. Mitigation measures to reduce highway mortality of turtles and other herpetofauna at a north Florida lake, Journal of Wildlife Management 69: 549-560.

Arnold, Heather. Correspondance par courriel, le 25 avril 2006.

Ashley, E.P., et J.T. Robinson. 1996. Road mortality of amphibians, reptiles and other wildlife on the long point causeway, Lake Erie (Ontario), Canadian Field Naturalist 110: 403-412.

Beerli, P., et J. Felsenstein. 1999. Maximum likelihood estimation of a migration rates and population numbers of two populations using a coalescent approach, Genetics 152: 763-773.

Beerli, P., et J. Felsenstein. 2001. Maximum likelihood estimation of a migration matrix and effective population sizes in n subpopulations by using, Proceedings of the National Academy of Science 98: 4563-4568.

Brandley, M.C., A. Schmitz, T.W. Reeder. 2005. Partitioned Bayesian analyses, partition choice and the phylogenetic relationships of scincid lizards, Systematic Biology 54: 373-390.

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Sommaires biographiques des rédacteurs du rapport

Briar J. Howes

Briar Howes a terminé son B.Sc. (H) en zoologie à l’University of Guelph en 2001. Elle a ensuite achevé son Ph.D. en biologie à la Queen’s University en 2006. Dans le cadre de son Ph.D., elle a étudié une vaste gamme de structurations génétiques du scinque pentaligne et testé des hypothèses évolutives pour comprendre pourquoi les aires de répartition de l’espèce sont restreintes sur le plan géographique. Ses champs d’intérêt en matière de recherche incluent la biogéographie, la théorie sur les limites des aires de répartition, la génétique de conservation, la biologie de conservation et la sélection de l’habitat.

Stephen C. Lougheed

Stephen Lougheed est un professeur agrégéde biologie à la Queen’s University. Ses champs d’intérêt incluent la phylogéographie, la phylogenèse et les populations génétiques des vertébrés, notamment les reptiles, les amphibiens et les oiseaux du Nouveau Monde. De nombreux taxons sur lesquels il a travaillé, tant au Canada que dans d’autres pays, présentent des préoccupations sur le plan de la conservation, et de nombreux travaux effectués par ses étudiants et par lui-même se sont concentrés sur des commentaires détaillés liés à des stratégies de conservation.

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