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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Lotier à feuilles pennées au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Lotier à feuilles pennées
Lotus pinnatus
au Canada

lotier à feuilles pennées (Lotus pinnatus)

Espèce en voie de disparition
2004



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante.

COSEPAC. 2004. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lotier à feuilles pennées (Lotus pinnatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawavi + 35 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Donovan, M. 2004. Rapport de situation du COSEPAC sur le lotier à feuilles pennées (Lotus pinnatus) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le lotier à feuilles pennées (Lotus pinnatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-35.

 

Note de production :
Le COSEPAC remercie Marta Donovan, qui a rédigé le rapport sur la situation du lotier à feuilles pennées (Lotus pinnatus) au Canada. Le COSEPAC remercie également le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, qui a financé la rédaction du présent rapport. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a établi la version finale du rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819–953–3215
Téléc. : 819–994–3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web : http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Bog Bird’s-foot Trefoil Lotus pinnatus in Canada.

Illustration de la couverture :
Lotier à feuilles pennées – Dessin tiré de Hitchcock et al. (1961) ainsi que Douglas et al. (1999).

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
No de catalogue : CW69-14/393-2004F-PDF
ISBN : 0-662-77110-9
HTML : CW69-14/393-2004F-HTML
ISBN 0-662-77111-7

 

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Mai 2004

Nom commun :

Lotier à feuilles pennées

Nom scientifique :
Lotus pinnatus

Statut :
Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation :
Quelques petites populations fragmentées géographiquement limitées et se trouvant dans des prés humides d'occurrence limitée à une grande distance de l'aire de répartition principale de l'espèce dans le nord-ouest des États-Unis. Les populations sont menacées par la perte de leur habitat, qui se poursuit, et par l'empiètement des espèces envahissantes ainsi que par les activités des véhicules tous terrains récréatifs, auxquels s'ajoute la possibilité de pertes importantes provoquées par le développement commercial prévu dans l'habitat où se trouve la seule population restante de bonnes dimensions.

Répartition :
Colombie-Britannique

Historique du statut :
Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2004. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

 

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COSEPAC
Résumé

Lotier à feuilles pennées
Lotus pinnatus

Information sur l’espèce

Le Lotus pinnatus (lotier à feuilles pennées) est une plante herbacée vivace basse et multicaule à feuilles composées-pennées. Les fleurs, semblables à des fleurs de pois et de couleur jaune et crème, sont réunies en ombelles à l’extrémité de longs pédoncules axillaires. Le L. pinnatus se distingue des autres espèces de Lotus par son cycle vivace, ses stipules papyracées, ses fleurs jaune et crème ainsi que ses pédoncules floraux dépourvus de bractée ou munis d’une seule bractée, qui est membraneuse.

Répartition

Le Lotus pinnatus est endémique de la côte ouest de l’Amérique du Nord, où il se rencontre dans le sud-est de l’île de Vancouver ainsi qu’à l’ouest des monts Cascades et le long de la gorge du Columbia, depuis le nord-ouest du Washington jusqu’au centre de la Californie. L’espèce est également présente plus à l’est, de façon sporadique, jusqu’en Idaho.

Habitat

Les populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique poussent dans des prés humides dégagés, au bord de ruisseaux, dans des fossés humides ou dans des terrains suintants; dans ces milieux, les eaux souterraines affleurent, le sol est mince (< 15 cm) et recouvre un substratum de grès ou de conglomérat légèrement incliné, et la plante bénéficie d’une humidité abondante pendant toute la période de croissance et de floraison. Les plantes les plus souvent associées au L. pinnatus sont le Mimulus guttatus,le Triteleia hyacinthina, le Plectritis congestus, le Plagiobothrys scouleri, le Veronica beccabunga ssp. americana et le Montia parvifolia.

Biologie

Le Lotus pinnatus est une plante vivace qui produit plusieurs pousses chaque printemps. Les fleurs apparaissent en juin et s’ouvrent vers le début juillet, avant que le déficit hydrique estival ne réduise la productivité de la plante. Les capsules commencent à s’ouvrir vers la mi-juillet et libèrent des graines mûres jusqu’en août. La pollinisation croisée est normalement nécessaire à la production de graines viables, mais on n’a pas encore identifié les insectes pollinisateurs. Les graines ont un tégument dur qui dans certains cas peut retarder la germination pendant plusieurs mois ou plusieurs années.

Taille et tendances des populations

Au Canada, le Lotus pinnatus compte 7 populations connues. Les populations autrefois signalées dans deux autres localités n’ont pas été retrouvées et ont probablement disparu. Le nombre total d’individus poussant au Canada se situe entre 1 500 et 2 000.

Facteurs limitatifs et menaces

On craint pour la viabilité du Lotus pinnatus au Canada, à cause du petit nombre des populations canadiennes connues, de l’isolement de ces populations par rapport à celles du Washington, des exigences de l’espèce en matière d’habitat, de sa capacité limitée de dissémination et de l’absence de protection sur les terrains privés. Les principaux facteurs qui menacent les populations de Colombie-Britannique sont la modification du régime hydrologique et l’érosion, dues à l’utilisation intensive de véhicules tout-terrain à des fins récréatives dans l’habitat principal, ainsi que la présence d’espèces envahissantes.

Importance de l’espèce

Les populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique sont situées à la limite nord de la répartition mondiale de l’espèce. Or, on sait que les populations périphériques isolées sont souvent génétiquement et morphologiquement distinctes des populations centrales de l’espèce. Il est donc peut-être essentiel que ces populations périphériques soient conservées pour que l’espèce puisse s’adapter aux changements écologiques et donc survivre à long terme.

Protection actuelle ou autres désignations

À l’échelle de la Colombie-Britannique, le Lotus pinnatus figure sur la Liste rouge, étant très fortement menacé en raison de son extrême rareté, selon la cote attribuée par le Centre de données sur la conservation de cette province. Quatre sites du Lotus pinnatus sont situés sur des terrains privés. Un site est protégé par le fait qu’il se trouve à l’intérieur de la réserve écologique no 142.

 

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions
(depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)*
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)**
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)***
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)****
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)*****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*
Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

**
Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

***
Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

****
Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

*****
Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

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Rapport de situation du COSEPAC
sur le
lotier à feuilles pennées
Lotus pinnatus
au Canada
2004

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :
Lotus pinnatus Hooker
Synonymes :
(d’après Hitchcock et al., 1961, et Scoggan, 1978)
Hosackia bicolor Douglas ex Benth.
Hosackia pinnata (Hook.) Abrams
Lotus bicolor (Douglas ex Benth.) Frye & Rigg
Nom français :
lotier à feuilles pennées
Nom anglais :
bog bird’s-foot trefoil, bog deer-vetch, meadow deer-vetch, meadow bird's-foot trefoil
Famille :
Fabacées (Légumineuses)
Grand groupe végétal :
Dicotylédones


En grec ancien, le mot lotos désignait quatre plantes différentes, dont le Nymphaea lotus L., ou lotus blanc d’Égypte, plante sacrée que les Égyptiens employaient comme source de nourriture (Kirkbride, 1999). Selon l’Odyssée d’Homère, le héros Ulysse faillit perdre son équipage au pays des Lotophages, quand ses hommes furent drogués par le fruit à saveur miellée du Zizyphus lotus L., ou lotus des anciens. Camarario (1588) a été le premier, dans son Hortus Medicus, à appliquer le mot latin lotus à un lotier.

Les avis des taxinomistes sont très partagés quant à l’opportunité de classer les espèces nord-américaines de Lotus dans un genre distinct, le genre Hosackia. Par conséquent, les spécimens de ces espèces peuvent être classés sous Lotus ou sous Hosackia, et on les retrouve sous l’un et l’autre nom dans de nombreux herbiers (Zandstra et Grant, 1968).

Le Lotus pinnatus a été décrit pour la première fois par Hooker, en 1829. La même année, Bentham a eu accès à une grande quantité de nouveau matériel récolté par David Douglas dans l’ouest de l’Amérique du Nord et a décrit à nouveau l’espèce, sous le nom Hosackia bicolor. Bentham estimait que le L. pinnatus possède le port, l’inflorescence et le fruit d’un Lotus mais que la position particulière des ailes, le stigmate capité, les stipules foliacées et les feuilles pennées plutôt que trifoliolées sont des caractères suffisamment distinctifs pour justifier le transfert au genre Hosackia de plusieurs espèces nord-américaines auparavant classées dans le genre Lotus. Bentham (1829) a créé la section Microlotus pour les Lotus nord-américains à inflorescences uniflores et à feuilles munies de 3 ou 5 folioles et dépourvues de stipules.

Par la suite, Torrey et Gray (1838), Gray (1863) ainsi que Watson (1876) ont placé l’ensemble des espèces nord-américaines dans le genre Hosackia, mais ils avaient des opinions diverses quant au nombre de sections que devait comporter ce genre et à la position taxinomique de certaines espèces. Greene (1890) préféra conserver au genre Lotus le sens large que lui avait donné Linné et y replaça donc toutes les espèces d’Amérique. Taubert (1894) et Brand (1898) s’appuyèrent sur des caractères végétatifs et floraux différents pour distinguer les genres Lotus et Hosackia, mais l’un et l’autre placèrent toutes les espèces nord-américaines dans le genre Hosackia. Par la suite, Abrams (1944) fut le seul à maintenir les espèces du nord-ouest de l’Amérique du Nord dans le genre Hosackia. Dans toutes les autres synthèses floristiques (Pojar, 1999; Polhill, 1981 et 1994; Isely, 1981; Hitchcock et al. 1961; Callen, 1959; Ottley, 1923, 1944 et 1951), les auteurs ont préféré placer les espèces nord-américaines dans le genre Lotus, au sens large de Linné, car ils ne trouvaient aucun caractère sûr pour leur reconnaître un genre distinct par rapport aux espèces européennes.


Description

Le Lotus pinnatus est une plante herbacée vivace basse à racine pivotante épaisse et à rhizome court produisant de nombreuses tiges dressées à étalées, longues de 15 à 60 cm (figure 1; Pojar, 1999). Ottley (1923) ainsi que Hitchcock et al. (1961) fournissent également une description détaillée de l’espèce, avec illustrations. Le bas des tiges est souvent épaissi par des tissus spongieux blanchâtres. Les feuilles sont alternes, pétiolées, longues de 4 à 8 cm, composées-pennées. Les folioles, au nombre de 5 à 9, sont elliptiques, oblongues ou étroitement ovées et mesurent chacune 1 à 2,5 cm de longueur. Les stipules sont membraneuses, obovées, longues de 3 à 10 mm (Pojar, 1999).


Figure 1 : Morphologie du Lotus pinnatus

Figure 1 : Morphologie du Lotus pinnatus.

Dessin tiré de Hitchcock et al. (1961) ainsi que Douglas et al. (1999).1

L’inflorescence est une ombelle compacte, pédonculée et axillaire réunissant 3 à 12 fleurs semblables à des fleurs de pois. Les rayons de l’ombelle sont dépourvus de bractées ou portent une seule bractée, membraneuse. La corolle de chaque fleur mesure 10 à 15 mm de longueur; l’étendard et la carène sont jaunes, tandis que les ailes sont blanc crème. Les pétales formant la carène sont soudés sur un de leurs bords, et cette suture se prolonge en un bec bien marqué qui pointe vers l’extérieur de l’inflorescence. Les étamines, au nombre de 10, sont diadelphes : 9 d’entre elles sont soudées en un tube entourant l’ovaire, tandis que la dixième est libre et opposée à l’étendard. Cinq des étamines, dont celle qui est libre, sont relativement courtes et possèdent un filet mince et une anthère dorsifixe (fixée au filet par sa partie dorsale, près de la base). Les cinq autres étamines, qui alternent avec les précédentes et appartiennent toutes au groupe des neuf étamines soudées, sont plus longues, ont un filet dilaté au sommet et une anthère basifixe (fixée au filet par sa base). Les anthères de ces cinq étamines ainsi que la partie dilatée de leurs filets sont enveloppées par le bec de la carène. Le pollen est libéré dans ce bec avant l’anthèse (Kirkbride, 1999).

Le calice est tubuleux, long de 4 à 8 mm et terminé par des dents triangulaires-lancéolées, toutes beaucoup plus courtes que le tube. Les deux lobes supérieurs du calice sont soudés sur la plus grande partie de leur longueur et ne sont séparés que par une échancrure. Les lobes inférieurs du calice sont subulés. La gousse, de forme linéaire, mesure 3 à 6 cm de longueur et 1,5 à 2 mm de largeur et renferme 5 à 20 graines (Pojar, 1999). Les graines sont cylindriques, glabres, luisantes, brun foncé à noires, marbrées d’olive et longues d’environ 1,5 mm. On trouvera une description technique des graines dans Arambarri (1999).

Sur le terrain, plusieurs espèces ressemblent superficiellement au Lotus pinnatus. Certaines vesces (genre Vicia) poussent souvent dans des milieux semblables, mais leurs feuilles sont plus petites que celles du L. pinnatus. De plus, chez les vesces, la foliole terminale des feuilles est remplacée par une vrille. Le Lotus formosissimus (lotier élégant) ressemble beaucoup au L. pinnatus, sauf que les ailes de la corolle sont violet rosâtre chez le L. formosissimus, alors qu’elles sont crème chez le L. pinnatus. Normalement, chez le L. formosissimus, une bractée trifoliolée sous-tend chacune des fleurs; cependant, on rencontre sur le terrain des individus chez lesquels cette bractée est absente ou réduite à une seule foliole (Ryan et Douglas, 1994). En théorie, les individus immatures ou sans fleurs du L. pinnatus et du L. formosissimus pourraient être confondus, mais les aires de ces espèces ne se chevauchent pas en Colombie-Britannique. Le L. formosissimus, considéré comme espèce en voie de disparition par le COSEPAC, n’a été signalé que dans la région de Victoria et dans les îles voisines, où il pousse dans divers milieux xériques allant de prés exposés dominés par des graminées à des escarpements rocheux exposés où pousse le chêne de Garry (Quercus garryana) (Ryan et Douglas, 1994). Le L. pinnatus se rencontre uniquement dans la région de Nanaimo, dans l’île de Vancouver, où il pousse en sol humide dans des terrains bas et exposés de la côte. Le lotier corniculé (Lotus corniculatus) pousse aussi à l’occasion dans des milieux humides, mais cette espèce introduite se rencontre normalement dans des terrains perturbés et plutôt secs. De plus, chez le L. corniculatus, les fleurs sont entièrement jaunes, et les folioles sont plus petites et plus obtuses que chez les autres lotiers (Guard, 1995).




Notes de bas de page

1 Illustration reproduite avec la permission de la University of Washington Press.

 

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Répartition

Répartition mondiale

Le Lotus pinnatus est présent dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où il se rencontre dans l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, ainsi qu’à l’ouest des monts Cascades et le long de la gorge du fleuve Columbia, depuis le nord-ouest du Washington jusqu’au centre de la Californie. L’espèce est également présente plus à l’est, de façon sporadique, jusqu’en Idaho (Isely, 1993; Pojar, 1999; figure 2).


Figure 2 : Répartition du Lotus pinnatus en Amérique du Nord

Figure 2 : Répartition du Lotus pinnatus en Amérique du Nord.

Au Washington, le Lotus pinnatus a une répartition disjointe et se rencontre sur la côte ainsi que vers l’intérieur jusqu’au comté de Klickitat, dans le sud de l’État (University of Washington Herbarium Database, 2002). Dans tout l’ouest de l’Oregon, l’espèce est présente dans la vallée intérieure située à l’ouest des Cascades, depuis le comté de Clackamas, dans le nord de l’État, jusqu’au comté de Josephine, contigu à la Californie (Vrilikas, comm. pers., 2003). En Californie, le L. pinnatus a été signalé dans la chaîne des Klamath, dans la chaîne Côtière du nord de l’État, dans les monts Cascades, dans le nord de la Sierra Nevada ainsi que dans le comté de Contra Costa (Isely, 1981). L’espèce, qui a été décrite pour la première fois à partir de spécimens du nord de la Californie, a également été signalée dans le sud de cet État, dans le comté de Santa Barbara (CalFlora, 2003).


Répartition canadienne

Au Canada, on connaît sept populations existantes de Lotus pinnatus, toutes situées dans un petit secteur de la côte est de l’île de Vancouver, près de Nanaimo, en Colombie-Britannique (Pojar, 1999). En 2003, l’auteure du présent rapport a pu vérifier sur le terrain chacun de ces sites, situés entre les plaines Harewood, au sud de Nanaimo, la réserve écologique des monts Woodley, au nord-est de Ladysmith, et l’île Gabriola, à l’est de Nanaimo (figure 3). Malgré les recherches approfondies qu’elle a faites en 2003, l’auteure n’a pas réussi à retrouver les deux autres sites de la région de Nanaimo, qui étaient connus seulement par des mentions historiques.


Figure 3 : Répartition du Lotus pinnatus en Colombie-Britannique

Figure 3 : Répartition du Lotus pinnatus en Colombie-Britannique.

La répartition canadienne du Lotus pinnatus est limitée par celle de son habitat privilégié (terrains dégagés suintants au bord de prés de graminées). À l’aide d’outils d’information géographique, l’auteure a pu calculer la superficie totale des portions terrestres du plus petit polygone convexe renfermant tous les sites canadiens de l’espèce et obtenir ainsi une zone d’occurrence d’environ 100 km2 (10 000 ha). Cependant, la zone d’occupation totale est inférieure à 1 ha.

Environ huit jours de travaux de terrain, menés en juin 2003 durant la période de floraison maximale, ont été consacrés à la confirmation des populations connues et à la recherche de nouvelles populations. Comme la plupart des populations connues de Colombie-Britannique sont situées dans des milieux qui sont humides au printemps et adjacents à des prés de graminées, l’auteure a concentré ses recherches dans de tels milieux. Des photos aériennes et des cartes topographiques ont permis de repérer les secteurs à drainage éphémère bordant les prés de graminées à proximité des sites connus des monts Woodley, du chemin White Rapids et de l’île Gabriola, puis d’explorer ces secteurs dans la mesure où ils étaient accessibles. Une superficie d’environ 300 hectares a ainsi été fouillée. Il demeure possible que d’autres populations de Lotus pinnatus existent, puisqu’une partie du territoire se trouve dans des terrains privés auxquels l’accès est limité.

Le Lotus pinnatus est une plante très facile à repérer et risque peu de passer inaperçue pendant la floraison, même dans le cadre d’un relevé non systématique. Or, malgré 50 à 60 heures de recherche minutieuse dans les milieux propices au cours des huit dernières années, des botanistes chevronnés tels qu’Adolf Ceska, George Douglas, Matt Fairbarns et Hans Roemer n’ont pas réussi à trouver d’autres sites du L. pinnatus dans toute sa zone d’occurrence. Ces recherches ont notamment porté sur Harmac, le mont Benson ainsi que les clairières bordant le chemin White Rapids.

En 2003, les données du Sensitive Ecosystems Inventory (SEI)2 concernant l’Écosection des plaines de Nanaimo ont été analysées au moyen d’un système d’information géographique et cartographiées à une échelle de 1/20 000, ce qui a permis de repérer les localités prometteuses pour une étude plus approfondie. Les deux catégories d’écosystèmes sensibles qui correspondaient le plus étroitement au type de milieu pouvant abriter des populations de Lotus pinnatus étaient les catégories HT (écosystèmes herbacés terrestres) et WN (terrains humides) de Ward et al. (1998).

La catégorie HT comprend les prairies naturelles et les écosystèmes dominés par les bryophytes. Les écosystèmes HT occupent de petites superficies isolées, souvent à l’intérieur de mosaïques comprenant plusieurs types de végétation herbacée, parfois à l’intérieur d’écosystèmes forestiers plus vastes. Le sol est habituellement mince, et la plupart des milieux sont secs, dégagés et exposés. Cependant, certains écosystèmes HT peuvent renfermer des microhabitats très spécialisés, comme des mares printanières ou des suintements, où on rencontre un nombre particulièrement élevé d’espèces végétales préoccupantes quant à leur conservation (McPhee et al., 2000). Plusieurs plantes indigènes poussant dans les écosystèmes HT, comme le Mimulus guttatus, le Plectritis congesta, le Triteleia hyacinthina et le Montia parvifolia, sont communément associées au Lotus pinnatus. Les écosystèmes HT dominés par des affleurements rocheux (HT:ro) ainsi que les prés humides (WN:wm) ont semblé avoir le plus de chances de renfermer des microhabitats suintants convenant au L. pinnatus. Le pré humide, un des écosystèmes humides les plus rares, se caractérise par un sol mouillé et par des plantes ayant besoin d’humidité pour survivre (Ward et al., 1998).

Les unités HT:ro et WN:wm étaient peu représentées au sein de la zone d’occurrence du Lotus pinnatus. La cartographie des milieux a permis de délimiter 30 polygones HT:ro, occupant 62 ha, et 8 polygones WN:wm, occupant 11 ha. Le L. pinnatus n’a été observé dans aucune de ces unités durant les relevés de vérification sur le terrain. La plupart des superficies ont été vérifiées en octobre par des contractuels dont les services avaient été retenus pour le SEI. Les gousses du L. pinnatus auraient pu être repérées à ce moment de l’année, mais il demeure que la plante est moins visible en fruits qu’en fleurs. De plus, les relevés du SEI visaient avant tout à identifier les espèces dominantes et leur pourcentage de couverture à chaque endroit, et non à faire un inventaire des plantes rares.

Neuf écosystèmes HT:ro ont été délimités sur la carte de la réserve écologique des monts Woodley. Une seule population de Lotus pinnatus a été observée dans cette réserve durant les travaux de terrain de 2003; cette population était située à la limite ouest de la réserve, à proximité du polygone SEI no V0165.

L’absence de données sur le Lotus pinnatus dans les zones délimitées par le SEI pourrait s’expliquer par la petite superficie des milieux spécialisés où pousse cette espèce. En effet, même si de nombreux écosystèmes humides de superficie inférieure à 0,5 ha ont été cartographiés par l’équipe du SEI, celle-ci avait retenu une superficie cartographiable minimale de 0,5 ha pour la plupart des types d’écosystèmes étudiés (Ward et al., 1998). Or, la plus grande population de L. pinnatus, celle du secteur nord des plaines Harewood, occupe à peine 500 m2 (0,05 ha), soit beaucoup moins que cette superficie minimale. L’absence de données sur le L. pinnatus dans le territoire visé par le SEI peut être également liée à la rareté de l’habitat particulier de cette espèce. Le Canada compte probablement moins de 100 ha de milieu propice au L. pinnatus.

On n’a jamais signalé la présence de l’espèce dans les terres fédérales de la région.




Notes de bas de page

2 Le Sensitive Ecosystems Inventory (SEI) est un projet fédéral-provincial visant à identifier, répertorier,  cartographier et évaluer systématiquement les écostystèmes naturels reliques de la côte est de l’île de Vancouver et des îles Gulf adjacentes.

 

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Habitat

Besoins de l’espèce

Caractéristiques générales du relief et du climat

Les populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique sont situées dans l’Écosection des plaines de Nanaimo de l’Écoprovince de la dépression de Georgie (Demarchi, 1996). Aux termes du système de classification biogéoclimatique en usage dans la province (Meidinger et Pojar, 1991), tous les sites connus se trouvent dans la Sous-zone maritime sèche (xm) de la Zone côtière à douglas (CDF). Cette région est abritée des précipitations au sud par les monts Olympic, situés au Washington, et à l’ouest par les montagnes de l’île de Vancouver; il en résulte un climat de type méditerranéen, à étés chauds et secs et à hivers doux et humides. La plus grande partie des précipitations tombent durant les mois d’hiver. Durant l’été, les faibles précipitations et les températures élevées entraînent un déficit hydrique prononcé (Meidinger et Pojar, 1991). À Nanaimo, au cours d’une année moyenne, les précipitations mensuelles varient entre un maximum de 201 mm, en décembre, et un minimum de 24 mm, en juillet. La température moyenne du mois le plus chaud (août) est de 17,6 ˚C, tandis que celle du mois le plus froid (janvier) est de 2,3 ˚C (Environnement Canada, 2003).

Géologie et sols

Aux environs de Nanaimo, le substratum est constitué de formations alternantes de conglomérat, de grès et de schiste argileux (shale) qui affleurent souvent le long des rivages et au sommet des crêtes (Bickford et Kenyon, 1988). Les populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique poussent dans des brunisols dystriques orthiques minces appartenant aux associations Hiller et Saturna (ST). Ces loams sableux et graveleux se sont formés sur des dépôts colluviaux et morainiques minces recouvrant un relief onduleux de grès et conglomérats légèrement inclinés qui sont souvent exposés à faible profondeur (Jungen et al., 1985). Dans tous les sites, les sols sont azonaux, bruns foncés à noirs (organiques), et tendent à rester humides depuis la fin de l’automne jusqu’au printemps mais à s’assécher durant l’été. Pendant et juste après les périodes humides, l’eau peut s’écouler latéralement à travers le sous-sol saturé, à la surface du substratum incliné (Kenney et al., 1989).

Structure et composition des communautés végétales

En Colombie-Britannique, le Lotus pinnatus pousse dans des prés sourceux dégagés, au bord de ruisseaux ou dans des terrains suintants; dans ces milieux, les eaux souterraines affleurent, et les plantes sont en contact étroit avec de l’eau fraîche courante (Roemer, comm. pers., 2003). Dans tous les cas, le sol est mince (< 15 cm) et recouvre un substratum de grès ou de conglomérat légèrement incliné, et la plante bénéficie d’une humidité abondante pendant toute la période de croissance et de floraison.

Les plantes les plus souvent associées au Lotus pinnatus sont le Mimulus guttatus, le Plectritis congesta, le Triteleia hyacinthina, le Montia parvifolia, le Plagiobothrys scouleri et le Veronica beccabunga ssp. americana. En bordure de certains terrains suintants, on trouve des peuplements de douglas (Pseudotsuga menziesii) et d’épais fourrés d’arbustes (Rosa nutkana, Holodiscus discolor, Physocarpus capitatus et Salix spp.), mais le Lotus pinnatus ne pousse jamais à l’ombre de ces plantes et ne semble donc pas tolérer l’ombre. Les caractéristiques essentielles de l’habitat sont une humidité prolongée, une position mitoyenne entre ruisseau et pré et un sol mince issu de roches sédimentaires. Les autres facteurs, comme la pente et l’orientation, sont variables et ne semblent pas critiques pour l’espèce. En Colombie-Britannique, le Lotus pinnatus se rencontre à des altitudes de 40 à 150 m.

Dans toute l’aire de répartition du Lotus pinnatus, cette espèce semble associée à la présence de suintement superficiels ou sub-superficiels. À l’ouest des monts Cascades et le long de la gorge du Columbia, depuis le nord-ouest du Washington jusqu’à la Californie, le L. pinnatus pousse depuis le niveau de la mer jusqu’à des altitudes élevées, dans les montagnes, où il se rencontre principalement le long de cours d’eau lents qui s’assèchent vers le milieu de l’été. Alors qu’en Colombie-Britannique l’espèce se rencontre surtout en terrain peu élevé, elle peut pousser jusqu’à une altitude de 600 m le long de la gorge du Columbia, depuis le cap Horn jusqu’à la rivière Klickitat. Le L. pinnatus est bien établi dans les prairies humides qui se sont formées dans les vallées de la Willamette et de l’Umpqua ainsi que dans le sud du bassin du Puget Sound (Guard, 1995).

En Californie, le Lotus pinnatus pousse dans des prés mouilleux, des tourbières, des fossés et des lits de cours d’eau, à des altitudes de 600 à 1 700 m, dans les monts Klamath, North Coast et Cascades, dans le nord du piémont de la Sierra Nevada ainsi que dans la partie médiane de la côte californienne (Isely, 1993). À l’échelle des États-Unis, selon la classification fédérale, le L. pinnatus est une espèce facultative des terrains humides, qui pousse donc normalement dans de tels terrains (probabilité estimative de 67 à 99 p.100) mais occasionnellement dans d’autres types de milieux (USFWS, 1988; USDA-NRCS, 2002).


Tendances

Comme il n’y a eu aucune étude à long terme de la dynamique des populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique, on dispose de peu d’information sur leurs caractéristiques démographiques et leurs tendances. Comme la plante a un port étalé, il est difficile de distinguer les individus. Les estimations antérieures faites par diverses personnes présentent des écarts considérables. Jusqu’à ce que les méthodes de dénombrement soit normalisées, il faudra considérer les effectifs ainsi obtenus comme des estimations très approximatives.

Des populations de certaines mauvaises herbes exotiques envahissantes, comme l’Anthoxanthum odoratum, le Bromus sterilis et le Cytisus scoparius, se sont établies dans tous les sites et pourraient menacer à long terme l’intégrité écologique de chacune des populations de Lotus pinnatus.

Le Lotus pinnatus paraît relativement hors de danger au Washington, en Oregon et en Californie, mais la situation de son habitat critique en Idaho n’a pas encore été évaluée (Mancuso, comm. pers., 2003.)

Au Washington et en Oregon, le Lotus pinnatus pousse au sein de prairies humides qui se sont formées dans les vallées de la Willamette et de l’Umpqua ainsi que dans le sud du bassin du Puget Sound. Autrefois, ces prairies occupaient de vastes superficies dans la vallée de la Willamette, mais il ne reste plus que 0,2 p.100 des prairies humides qui existaient en 1850 (Guard, 1995).


Protection et propriété des terrains

Sauf dans le cas de la réserve écologique des monts Woodley, créée en 1996, toutes les populations canadiennes encore existantes de Lotus pinnatus poussent en terrain privé et ne jouissent d’aucune protection juridique de leur habitat. Malgré les efforts visant à restreindre l’accès des véhicules tout-terrain récréatifs aux plaines Harewood, les gens de la région signalent que l’utilisation de ces véhicules a augmenté au cours des dernières années (Thurkill, comm. pers., 2003). Dans les secteurs où cette utilisation est intense, les sols minces et fragiles ont été endommagés et érodés, parfois jusqu’au roc.

La population de Lotus pinnatus des monts Woodley est située à moins de 20 m de la limite de la réserve écologique. Les végétaux poussant à l’intérieur de la réserve jouissent d’une certaine protection en vertu de la Protected Areas of British Columbia Act, et il faut un permis valide pour toute utilisation du parc risquant de détruire ou endommager une plante ou de perturber son habitat. Cependant, cette protection juridique ne suffira sans doute pas à éliminer la menace qui pèse sur l’habitat du L. pinnatus, car peu d’efforts sont faits pour surveiller cet habitat et faire respecter la loi. Les écosystèmes herbacés terrestres sont vulnérables aux utilisations qui sont faites des terrains adjacents ainsi qu’aux perturbations causées par l’exploitation forestière et le déboisement, qui favorisent l’introduction de plantes exotiques envahissantes, lesquelles risquent de se propager à l’écosystème sensible voisin (Ward et al.,1998).

 

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Biologie

Généralités

Le Lotus pinnatus est une plante vivace qui produit des fleurs hermaphrodites (possédant à la fois un pistil et des étamines) de mai à juillet et dont les tiges flétrissent durant l’hiver (Hitchcock et al., 1961). On dispose de peu d’information sur la biologie de reproduction et de pollinisation du L. pinnatus en particulier, mais une partie de l’information concernant l’ensemble du genre Lotus devrait s’appliquer à cette espèce.

Zandstra et Grant (1968) ont étudié la biosystématique des espèces indigènes et introduites de Lotus poussant au Canada. Ces auteurs ont constaté qu’aucune des espèces indigènes qu’ils ont étudiées n’est polyploïde, alors que bon nombre des espèces introduites d’Eurasie le sont. Chez les espèces nord-américaines de Lotus, le nombre chromosomique de base est 6 ou 7. Parmi les espèces indigènes du Canada, le L. pinnatus et le L. formosissimus sont celles qui semblent présenter le plus de parenté, si on en juge d’après leurs caractères morphologiques, écologiques et cytologiques. Une étude chimiotaxinomique réalisée par chromatographie en couche mince a confirmé de manière générale les relations existant entre les espèces canadiennes, le L. formosissimus et le L. pinnatus ayant montré le degré le plus élevé de similarité (Grant et Zandstra, 1968). Ces espèces se distinguent des autres espèces canadiennes par le fait qu’elles sont toutes deux des plantes vivaces allogames dont les fleurs sont grandes et réunies en ombelles longuement pédonculées. Les trois autres espèces indigènes sont des annuelles autogames à petites fleurs. De manière générale, l’évolution des Angiospermes a conduit à une réduction de leur nombre chromosomique de base, au remplacement de leur système reproducteur allogame (à pollinisation croisée) par un système autogame (à autopollinisation) et à l’abrègement de leur cycle de vie pluriannuel en un cycle annuel (Stebbins, 1957). C’est pourquoi Zandstra et Grant (1968) estiment que le L. pinnatus et le L. formosissimus sont plus primitifs que les espèces annuelles du genre Lotus.

Chez le Lotus pinnatus, la germination des graines et le début de la croissance surviennent à la fin de l’hiver ou au début du printemps, étant déclenchés par l’allongement des jours et l’arrivée du temps chaud et humide. De plus, comme la végétation environnante (dominée par les graminées) est encore plutôt basse durant cette période, les plantes ont accès à plus de lumière et d’espace pour croître. On ne connaît pas l’effet de la photopériode sur le L. pinnatus en particulier, mais Joff (1958) ainsi que McKee (1963) ont constaté que le L. corniculatus a besoin d’au moins 14,0 à 14,5 heures de lumière pour fleurir. Chez le L. pinnatus, la croissance végétative a lieu au début du printemps, et chaque rhizome produit en moyenne 3 à 6 tiges. La date exacte de chaque stade de développement dépend des conditions locales du milieu et peut varier d’une année à l’autre, mais la plante fleurit généralement entre mai et la fin juin. Les fleurs sont hermaphrodites et ont un aspect semblable à celles du pois. Le long pédoncule de chaque ombelle prend naissance à l’aisselle d’une feuille, et les ombelles apparaissent successivement durant la saison de végétation. À mesure que les fleurs vieillissent, certaines prennent progressivement une teinte rougeâtre (Isely, 1981). La fructification commence avant que le déficit hydrique estival ne réduise la productivité de la plante. À tout moment de la saison, il est probable que chaque tige possède à la fois des boutons floraux, des fleurs et des fruits immatures à divers stades de développement. En juillet, lorsque les conditions de sécheresse dominent, la maturation et la dispersion des graines débutent, suivies par le flétrissement des tiges jusqu’au rhizome, qui est situé à plusieurs centimètres sous la surface du sol. La plante entre alors en dormance et le demeure jusqu’à l’année suivante.

Chez de nombreuses espèces de Lotus indigènes d’Amérique du Nord, la dormance des graines est profonde, complexe et multiforme, et il faut un traitement préalable pour faire germer les graines (Young et Young, 1986). Un traitement à l’eau chaude peut aider, mais il ne permet pas d’obtenir un taux de germination élevé (Young et Young, 1986). Comme les graines des autres Légumineuses, celles du L. pinnatus ont un tégument dur et exigent sans doute une stratification froide, puisque la germination a lieu surtout au printemps. Rien n’a été publié sur les exigences de germination particulières du L. pinnatus, mais Hitchcock et al. (1961) ont constaté que les trois espèces vivaces (L. pinnatus, L. crassifolius et L. formosissimus) sont faciles à cultiver à partir de graines. Zandstra et Grant (1968) mentionnent qu’ils ont cultivé des L. pinnatus à partir de graines pour obtenir du matériel pour leurs recherches, mais ils ne décrivent pas les méthodes qu’ils ont employées.

Des graines de Lotus pinnatus recueillies dans les plaines Harewood ont été utilisées dans le cadre d’un programme de recherche appliquée entrepris en 1996, qui visait à évaluer l’utilité des graminées et légumineuses indigènes de l’île de Vancouver pour la remise en état des terrains perturbés. En 1998, les graines ont été semées sans traitement préalable, dans une pépinière de multiplication semencière de Duncan, en Colombie-Britannique. Les graines ont ainsi passé l’hiver en serre, et 80 à 90 p.100 ont germé au début du printemps suivant. En avril 1999, une soixantaine de semis à peine levés ont été repiqués dans une parcelle d’essai. En juillet 2003, seulement 10 de ces semis avaient survécu. On sait que l’ajout de légumineuses aux mélanges de graines peut améliorer les sols, parce que ces plantes peuvent fixer l’azote atmosphérique. Cependant, dans le cas du L. pinnatus, comme la floraison est continue et que les gousses s’égrainent sur pied, la récolte mécanique des graines est difficilement réalisable. Le coût de production de ces semences s’est ainsi avéré supérieur à leur juste valeur sur le marché, et le L. pinnatus a été rayé de la liste des espèces prometteuses pour la remise en état par ensemencement à grande échelle (Vaartnou, comm. pers., 2003).

La tendance à l’égrenage sur pied est fréquente chez toutes les variétés connues du Lotus corniculatus et provoque des pertes de semences importantes chez cette plante largement cultivée comme fourrage. Jusqu’à présent, la sélection récurrente n’a pas permis de contrer le problème, mais l’hybridation classique ou somatique avec des espèces apparentées à gousse indéhiscente devrait permettre d’introduire chez le L. corniculatus le gène qui leur confère ce caractère (Grant, 1996 et 1999).

Un survol des publications permet de constater qu’aucune étude d’ADN ni aucune comparaison morphologique n’ont été faites en vue de déterminer si les populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique sont distinctes de celles des États-Unis.


Reproduction

Chez le Lotus pinnatus, comme chez les autres espèces vivaces de Lotus, la pollinisation croisée est nécessaire pour que la plante produise des graines viables (Zandstra et Grant, 1968). MacDonald (1944) a établi que deux fois plus de fleurs du L. corniculatus sont fécondées par le pollen provenant d’autres individus de cette espèce que par celui provenant du même individu. En l’absence de pollinisateurs, aucun ovule n’est fertilisé. Aucune publication ne précise quels sont les pollinisateurs spécifiques du L. pinnatus. Cependant, dans le cas d’une espèce vivace apparentée, le L. corniculatus, on a mentionné comme pollinisateurs efficaces l’abeille domestique (Apis mellifera) et les bourdons (Bombus spp.) (Jones et al., 1986) ainsi qu’une abeille coupeuse de feuilles, le Megachile rotundata (Beuselinck et McGraw, 1988). On ne connaît pas exactement la fréquence et la distance des échanges de pollen chez le L. pinnatus, mais Morse (1958) a constaté qu’il fallait 12 à 15 visites d’insecte par fleur pour obtenir une production maximale de graines chez le L. corniculatus.

Chez les espèces du genre Lotus, les anthères des 5 étamines longues, dont les filets sont dilatés et soudés, sont enveloppées par le bec de la carène et y libèrent leur pollen avant la floraison. Lorsqu’un insecte vient butiner la fleur, la pression exercée sur la carène fait agir les cinq filets dilatés comme un piston qui expulse le pollen, par le sommet de la carène, sur la face ventrale du thorax de l’insecte (Kirkbride, 1999). Chez le L. corniculatus, le pistil, plus long que les étamines, est donc en contact plus étroit avec le pollen déjà présent sur le corps de l’insecte qu’avec le pollen de sa propre fleur, et on croit qu’il s’agit d’une adaptation assurant la pollinisation croisée (Morse, 1958).

Les fleurs du Lotus pinnatus semblent adaptées à la pollinisation par les abeilles (y compris les bourdons), étant donné leur couleur jaune vif et leur large carène qui constitue une bonne plate-forme pour l’atterrissage de ces insectes. Les avantages que présentent les fleurs du L. pinnatus pour les bourdons, et vice-versa, n’ont pas encore été établis de façon précise, mais nous avons observé des bourdons en train de butiner ces fleurs dans les plaines Harewood, en 2003 (M. Donovan, obs. pers.). Les bourdons peuvent transporter le pollen à faible distance, mais il est peu probable qu’il y ait pollinisation croisée entre la plupart des populations canadiennes, étant donné la distance qui les sépare.

La reproduction asexuée n’a pas été étudiée chez le Lotus pinnatus. Cependant, on est parvenu à régénérer des pousses de L. corniculatus à partir de cals ou de cultures cellulaires en suspension issues de feuilles, de cotylédons, d’hypocotyles et de racines. Morris et al. (1999) ont obtenu une fréquence élevée de pousses en cultivant des segments de racine dans un milieu sans hormone.


Survie

On ne dispose d’aucune information sur la durée de vie moyenne des genets (individus génétiques) du Lotus pinnatus, et aucune courbe de survie n’a été calculée pour cette espèce. On sait cependant que le L. pinnatus est une espèce vivace qui peut vivre plusieurs années si les conditions lui sont favorables. La germination a lieu à la fin de l’hiver ou au début du printemps, alors que la température et l’humidité du sol sont le plus favorables, et la survie des semis semble exiger la présence continue d’humidité en surface. Dans la plupart des sites, les populations établies de L. pinnatus comprennent à la fois des semis de l’année et des individus plus âgés (Donovan, obs. pers., 2003).

Les observations faites en 2003 dans tous les sites n’ont permis de relever aucun cas de mortalité importante des adultes qui soit dû à des facteurs naturels, mais un groupe de plantes poussant dans une petite zone humide des plaines Harewood avait été écrasée par des véhicules tout-terrain circulant dans la zone (voir figure 4); à certains endroits, le sol avait été arraché jusqu’à la roche en place. Cette zone humide fait l’objet d’une circulation particulièrement intense de véhicules tout-terrain, et certaines observations semblent indiquer que la population de Lotus pinnatus y aurait décliné, puisque seulement 40 individus ont été observés en 2003, alors qu’environ 500 avaient été observés au cours d’années antérieures (Thurkill, comm. pers., 2003).


Dispersion

Le fruit du Lotus pinnatus est une gousse linéaire longue de 3 à 6 cm, issue d’un ovaire supère à carpelle unique. Le développement de la gousse s’accompagne d’un changement progressif de sa couleur, qui passe d’un vert foncé cireux à un brun foncé (Isely, 1981). Chez le L. corniculatus, la gousse mûrit en trois semaines environ. À maturité, la gousse se fend le long de ses sutures ventrale et dorsale, et les deux valves s’entortillent soudainement en spirale, ce qui éjecte les graines (Grant, 1996).

Les graines du Lotus pinnatus sont brun foncé, glabres, ovoïdes à sphériques, et on en compte environ 332 par gramme (Piggott, comm. pers., 2003). Les dix gousses que nous avons examinées renfermaient chacune 10 graines en moyenne (Donovan, obs. pers., 2003).

Les graines ne présentent aucune adaptation marquée pour la dispersion à grande distance par le vent ou les animaux. La plupart sont dispersées par gravité et tombent généralement à proximité de la plante. Comme l’espèce pousse près de cours d’eau, il se peut que les gousses et les graines soient transportées par l’eau pendant la crue. Cependant, la germination des graines et la survie des semis semblent exiger une humidité superficielle continue, et l’espèce ne semble pas capable de concurrencer efficacement les arbustes indigènes et les plantes exotiques envahissantes. Si les populations canadiennes venaient à disparaître, il serait très improbable qu’une nouvelle population stable puisse s’établir au pays. En effet, la population la plus proche, connue par des spécimens récoltés en 1940, est située à une distance de 240 km, à Bremerton, au Washington, et on ne sait même pas si elle existe encore.


Nutrition et relations interspécifiques

Comme bien d’autres légumineuses, le Lotus pinnatus semble être associé à des bactéries du genre Rhizobium capables de fixer l’azote atmosphérique. Ces bactéries, présentes dans les nodosités des racines, fournissent de l’azote assimilable à la plante et reçoivent de celle-ci du carbone et d’autres éléments nutritifs. Des souches précises de Rhizobium doivent être présentes pour que les nodosités se forment en quantité suffisante chez les espèces fourragères de Lotus, comme le L. corniculatus et le L. tenuis. Pour obtenir un établissement maximal de la plante dans des terrains où ces espèces n’ont jamais été cultivées, il faut inoculer ces souches de Rhizobium aux semences (Blumenthal et McGraw, 1999).

Berch (comm. pers., 2003) a examiné les nodosités racinaires du Lotus pinnatus dans les plaines Harewood et y a relevé la présence de bactéries appartenant très probablement au genre Rhizobium.

Les glycosides cyanogènes sont des composés très répandus chez les légumineuses. Ces substances libèrent du cyanure d’hydrogène (HCN) lorsque les tissus foliaires sont endommagés, et on croit que cela peut avoir un effet répulsif sur les herbivores, bien que de nombreux animaux soient capables de détoxifier le cyanure (Vetter, 2000). Les glycosides cyanogènes se rencontrent communément chez les espèces eurasiatiques de Lotus, mais Grant et Sidhu (1967) ont constaté qu’il en est tout autrement des espèces nord-américaines. Sur quinze individus de L. pinnatus analysés quant à la présence de cyanure d’hydrogène, aucun n’en renfermait.


Comportement et adaptabilité

Dans les plaines Harewood, on a observé de petits individus poussant dans les ornières humides laissées par le passage des pneus, ce qui semble indiquer que l’espèce peut tolérer une certaine perturbation, à condition que le drainage sub-superficiel et les autres facteurs critiques ne soient pas altérés. Cependant, les sols minces où pousse le Lotus pinnatus prennent du temps à se former et sont très sensibles à la perturbation. L’utilisation de véhicules tout-terrain dans ces milieux est à déconseiller, car elle y endommage les sols et la végétation, qui sont fragiles (McPhee et al., 2000). Comme le L. pinnatus ne semble pas doté d’une forte capacité de compétition, la succession végétale faisant suite à une perturbation ainsi que l’envahissement par des espèces exotiques risquent de modifier la structure et la composition des communautés végétales où pousse le L. pinnatus et même d’empêcher le rétablissement de cette espèce.

 

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Taille et tendances des populations

Généralités

Neuf sites du Lotus pinnatus ont été signalés en Colombie-Britannique (tableau 1), tous situés aux environs de Nanaimo, dans l’île de Vancouver, ou dans l’île Gabriola voisine. Parmi ces neuf sites, sept ont pu être vérifiés dans le cadre de la présente étude. Dans les deux autres localités, le terrain a été fortement perturbé, et les populations ont probablement disparu. En 2003, entre 1 500 et 2 000 individus occupant une superficie totale de 650 m2 ont été recensés au Canada.

En l’absence de surveillance à long terme, on connaît mal les caractéristiques démographiques et les tendances des populations de Lotus pinnatus, mais il semble que le nombre d’individus a augmenté dans un des sites, cel de l’île Gabriola.

Pour le moment, il est difficile d’obtenir une estimation fiable des tendances des populations, parce que le Lotus pinnatus pousse en touffes étalées dont les individus sont difficiles à séparer et parce que les divers chercheurs ont employé des méthodes de dénombrement différentes. Jusqu’à ce que ces méthodes soient normalisées, il faudra considérer les effectifs obtenus comme des estimations très approximatives. Chaque genet (individu génétique) produit en moyenne 3 à 5 pousses.

L’inventaire effectué pour les besoins du présent rapport a consisté à dénombrer individuellement toutes les tiges présentes, en parcourant à pied une série de transects établis dans chaque site. Dans le cas des plaines Harewood, il s’est avéré très difficile de compter les tiges individuellement, car elles étaient très nombreuses et dispersées sur une vaste superficie. Par conséquent, dans ce site, une méthode plus simple de dénombrement a été utilisée : des groupes de 10 tiges, ou dans certains cas 50, ont été réunis, ce qui a permis d’obtenir une image visuelle de la superficie occupée par de tels groupes de tiges. Le site a ensuite été parcouru à pied, le long d’une série de transects, et les tiges ont été comptées par groupes.

La disparition des populations de Departure Bay, à Nanaimo, a réduit de 15 p.100 la zone d’occurrence de l’espèce, qui est passée de 118 km2, en 1939 (on présume que toutes les populations actuelles existaient déjà à cette époque), à 100 km2 en 2003. Par ailleurs, les populations canadiennes sont situées à une distance d’environ 240 km de la population la plus proche à avoir été signalée au Washington, et la situation actuelle de cette population est inconnue. Par conséquent, si jamais les populations canadiennes venaient à disparaître, il est très improbable qu’une population saine puisse à nouveau s’établir au Canada.

Tableau 1 : Emplacement et taille des populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique.
PopulationDate d’observationHerborisateur ou observateurNombre d’individus / superficie occupéeSituation apparente

No 1

Plaines Harewood, secteur nord3

2003-06-07M. Donovan1 500 / 500 m2Encore présente

No 2

Plaines Harewood, secteur sud 1

2003-07-12M. Donovan25 / 4 m2Encore présente

No 3

Plaines Harewood, secteur sud 2

2003-07-12M. Donovan10 / 2 m2Encore présente

No 4

Monts Woodley

2003-06-01M. Donovan120-140 / 90 m2Encore présente

No 5

Île Gabriola, près du chemin Peterson, le long du chemin Perry

2003-05-25Donovan/Penny65-70 / 10,5 m2Encore présente

No 6

Nanaimo, à l’ouest de Cinnabar Valley

2003-06-15M. Donovan40 / 25 m2Encore présente

No 7

Nanaimo, au sud d’Extension

2003-06-23M. Donovan30-45 / 17 m2Encore présente, mais en déclin

No 8

Nanaimo, intersection des chemins Waddington et Departure Bay

1939-06-02J.W. Easthams.o.Disparue

No 9

Nanaimo, intersection du chemin Departure Bay et de la route Island

1965-06-20K. Beamishs.o.Disparue


Plaines Harewood, au sud de Nanaimo

La population de Lotus pinnatus des plaines Harewood est répartie entre trois secteurs distincts. Comme ces secteurs sont isolés par des distances appréciables et que les terrains les séparant sont peu propices à la dispersion des graines et du pollen, on peut considérer qu’il s’agit de trois populations distinctes. La plus grande de ces populations, comprenant la majorité des individus et répartie en quelque 22 sous-populations, se trouve à l’extrémité nord de la localité, tandis que les deux autres, petites, se trouvent dans des prés dégagés situés plus au sud. En 2003, environ 1 500 individus ont été dénombrés dans l’ensemble de la localité. Cette estimation comprend trois groupes isolés qui n’avaient pas été signalés auparavant. Si chaque individu ou touffe compte en moyenne 4 tiges, toute différence par rapport au nombre d’individus relevé en 1998 est probablement inférieure à l’erreur liée au fait que des méthodes différentes de dénombrement ont été utilisées.

Dans cette localité, le substrat géologique appartient au membre Millstream de la formation Extension (Bickford et Kenyon, 1988). Il est constitué de couches épaisses de conglomérat caillouteux séparées par des couches intercalaires de grès granuleux à éléments grossiers (Bickford, 1993).

Dans les plaines Harewood, le Lotus pinnatus pousse en groupes denses, à des endroits où l’eau suinte au printemps, souvent en bordure de fourrés humides de Rosa nutkana, Physocarpus capitatus, Holodiscus discolor et Salix spp. Les deux sous-populations situées le plus au nord, en contre-haut de la route, occupent des clairières éparses à l’intérieur d’un peuplement de douglas (Pseudotsuga menziesii) et d’arbousier (Arbutus menziesii). Des individus poussaient également sur les côtés d’ornières laissées par les pneus, où l’humidité persistait longtemps. Les espèces les plus souvent associées étaient le Mimulus guttatus, le Triteleia hyacinthina, le Plectritis congestus, le Plagiobothrys scouleri, le Veronica beccabunga ssp. americana et le Montia parvifolia. La plupart des sous-populations semblaient vigoureuses, mais deux avaient décliné, à des endroits où le sol avait été érodé par les véhicules tout-terrain et où les prés voisins étaient dominés par l’Anthoxanthum odoratum. Par ailleurs, les sous-populations présentent des différences morphologiques évidentes, notamment quant au nombre de fleurs par inflorescence. Il semble donc y avoir variation génétique et pollinisation croisée.

Trois autres espèces végétales signalées dans cette localité sont rares en Colombie-Britannique (Douglas et al., 2002) : l’Epilobium densiflorum et le Carex feta figurent sur la Liste rouge de cette province, maintenue par le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, tandis que l’Allium amplectens figure sur la Liste bleue.

Réserve écologique des monts Woodley

Le Lotus pinnatus a été observé à moins de 20 m de la limite ouest de la réserve écologique des monts Woodley, où il poussait en eau peu profonde le long d’un petit ruisseau faisant communiquer deux terrains humides. En 2003, entre 120 et 140 individus ont été observés à cet endroit. Ils étaient répartis en deux sous-populations occupant respectivement 5 m2 et 30 m2. Le sol était humide et mince, avec de nombreux affleurements de grès. Les espèces indigènes associées au L. pinnatus étaient le Rosa nutkana, le Spiraea douglasii, l’Holodiscus discolor, le Plectritis congesta, le Mimulus guttatus, le Montia parvifolia et le Philonotis fontana. L’Anthoxanthum odoratum et le Cytisus scoparius étaient également présents. Deux plantes figurant sur la Liste rouge, le Sericocarpus rigidus et le Carex feta, ainsi que deux autres figurant sur la Liste bleue, l’Allium amplectens et l’Isoëtes nuttallii, ont également été signalées dans la réserve. De plus, une communauté végétale de type Alnus rubra/Carex obnupta [Populus balsamifera ssp. trichocarpa], qui figure aussi sur la Liste rouge, a été identifiée dans le terrain humide (fen ou marécage) que draine le ruisseau où pousse le L. pinnatus. Comme les individus de L. pinnatus n’ont pas été dénombrés dans la réserve en 1992, il est impossible de comparer l’effectif de 2003 à celui qui existait en 1992. Cependant, la superficie occupée par la population ne semble pas avoir changé durant cette période.

Île Gabriola

À l’île Gabriola, le Lotus pinnatus poussait sur les deux côtés d’un fossé inondé en bordure d’un fourré humide, le long du chemin Perry. Les espèces associées étaient le Crataegus douglasii, l’Holodiscus discolor, le Spiraea douglasii, l’Oenanthe sarmentosa, le Rosa nutkana et le Vicia sativa. L’Anthoxanthum odoratum, le Plantago lanceolata, le Galium aparine et le Ranunculus flammula étaient également présents dans le site. Le sol est un brunisol dystrique orthique mince appartenant à l’association Saturna (ST), recouvrant un substratum de grès (affleurant souvent partout dans l’île). La population de L. pinnatus semble avoir augmenté, puisqu’elle occupait une superficie de 10,5 m2 et comptait 65 à 70 individus en 2003, alors qu’un seul individu avait été observé en 1996. L’espèce a donc réussi à se propager aux milieux propices existant le long du fossé, mais rien n’indique que cette population soit protégée contre l’aménagement futur de ce terrain privé.

Nanaimo, à l’ouest de Cinnabar Valley

Ce site est situé sur un terrain privé, au sud de Nanaimo, à l’ouest du chemin White Rapids. En 2003, la population comptait une quarantaine d’individus en fleurs occupant une superficie de 25 m2, à un endroit où l’eau suinte au printemps, à l’intérieur d’un pré de graminées, en bordure d’un peuplement de Pseudotsuga menziesii. Les espèces associées étaient le Rosa nutkana, l’Holodiscus discolor, le Montia parvifolia, le Plectritis congestus, le Mimulus guttatus et le Camassia quamas. L’Anthoxanthum odoratum et l’Holcus lanatus se sont également établis dans le site. L’effectif de la population de L. pinnatus ne semble avoir connu aucun changement depuis 1998. Comme il s’agit d’un terrain privé servant souvent à des jeux de guerre avec balles de peinture, il se peut que les relevés effectués en 2003 soient incomplets et que des groupes supplémentaires de L. pinnatus existent dans les clairières des forêts voisines.

Nanaimo, au sud d’Extension

Ce site est situé sur un terrain privé, au sud de Nanaimo. En 2003, on y a observé dix individus occupant en tout 5 m2, à un endroit qui est humide au printemps, en bordure d’un fourré de Physocarpus capitatus. Les espèces associées sont le Mimulus guttatus, l’Allium cernuum, le Montia parvifolia et l’Anthoxanthum odoratum. Une deuxième population, comptant 20 à 35 individus, a été trouvée à un endroit où l’eau suinte au printemps, dans un pré dégagé, en bordure d’un fourré de pommier du Pacifique (Malus fusca). Les espèces associées étaient le Mimulus guttatus, l’Allium cernuum et l’Anthoxanthum odoratum. Quatre autres plantes rares ont été signalées dans cette localité : l’Epilobium densiflorum et le Carex feta figurent sur la Liste rouge, tandis que le Cyperus squarrosus et le Botrychium simplex figurent sur la Liste bleue. En 2003, on n’a pu retrouver que la moitié des individus signalés en 1995, malgré une exploration approfondie des milieux les plus propices. Il se peut que ce déclin apparent soit dû à l’usage récréatif de véhicules tout-terrain pendant la saison humide.


Populations disparues

Intersection des chemins Waddington et Departure Bay, à Nanaimo

Le Lotus pinnatus a été récolté à cet endroit en 1939 par J.W. Eastham. Depuis 1951, les chemins du secteur ont été élargis et repavés pour satisfaire aux besoins d’un développement accéléré, et presque toute la végétation naturelle a été éliminée. Comme le milieu a été fortement modifié et que bien des années ont passé depuis que le L. pinnatus a été observé pour la dernière fois, il est très improbable que le L. pinnatus soit encore présent dans cette localité.

Intersection du chemin Departure Bay et de la route Island, à Nanaimo

Le Lotus pinnatus a été récolté à cet endroit en 1965 par K. Beamish. Actuellement, le secteur est principalement occupé par des centres commerciaux et des routes, et il ne reste pratiquement rien de la végétation du fossé longeant le chemin Departure Bay, où les plantes indigènes ont été remplacées par des espèces introduites ou horticoles. Il est donc très improbable que le L. pinnatus soit encore présent dans cette localité.


Population dont la situation est inconnue

Il existe une mention d’herbier, datant de 1918, selon laquelle le Lotus pinnatus a été observé « in the foothills at Mount Benson ». Comme le mont Benson est visible depuis les plaines Harewood, il est possible que cette mention historique corresponde en fait à un des sites signalés dans les plaines Harewood. Selon les observations anecdotiques d’un naturaliste local qui parcourt régulièrement le mont Benson, le Lotus pinnatus n’a jamais été observé à une altitude plus élevée dans cette localité (Thurkill, comm. pers., 2003).




Notes de bas de page

3 La récolte faite par W.R. Carter au mont Benson le 1er juin 1918 est incluse dans cette population, car on peut considérer que les plaines Harewood sont situées au pied du mont Benson.

 

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Facteurs limitatifs et menaces

La perte d’habitat constitue une menace grave et urgente pour le Lotus pinnatus au Canada. Une demande a été déposée pour l’aménagement d’un terrain de caravaning sur les plaines Harewood, qui abritent la seule population importante de L. pinnatus au Canada. Environ 25 à 30 p.100 des individus présents à cet endroit risquent ainsi de disparaître. Le propriétaire a demandé une approbation préliminaire d’implantation (Preliminary Layout Agreement), et la Ville de Nanaimo a exigé un inventaire environnemental de la propriété (Lawrance, comm. pers., 2003). Cependant, si l’inventaire de la végétation est effectué à une période de l’année où les plantes rares ne sont pas visibles, leur présence risque fortement de passer inaperçue.

La population de Lotus pinnatus des plaines Harewood est également menacée de manière directe et immédiate par la dégradation de son habitat liée à l’utilisation intensive de véhicules tout-terrain à des fins récréatives. Le L. pinnatus semble pouvoir tolérer une certaine perturbation, mais les sols minces des plaines Harewood et du site no 7 (à Nanaimo, au sud d’Extension) risquent d’être endommagés par les activités récréatives actuelles. Dans certains secteurs des plaines Harewood, le sol mince et fragile a été lacéré jusqu’au substratum, et des plantes ont été arrachées et laissées sur le roc nu, où elles ne peuvent plus s’enraciner (figure 4). De plus, cette dégradation risque fortement de se poursuivre.


Figure 4 : Destruction de l’habitat par les véhicules tout-terrain, dans les plaines Harewood

Figure 4 : Destruction de l’habitat par les véhicules tout-terrain, dans les plaines Harewood (photo prise par G.W. Douglas le 29 juin 2003).

Photo prise par G.W. Douglas le 29 juin 2003.

Le compactage du sol peut endommager ou même détruire le système racinaire du Lotus pinnatus, et la perturbation de l’écoulement des eaux souterraines peut aussi menacer à long terme la survie de l’espèce. Or, les véhicules tout-terrain continuent de pénétrer régulièrement dans le site, dont on a pourtant essayé de restreindre l’accès en installant plusieurs barrages de béton le long du chemin qui y mène (Thurkill, comm. pers., 2003).

L’usage récréatif de véhicules tout-terrain produit beaucoup de poussière, qui se dépose sur les fleurs et nuit à la pollinisation. Dans le cas des plaines Harewood, cette activité a aussi entraîné une fragmentation de l’habitat de l’espèce. Dans les secteurs où les véhicules passent dans les terrains suintants, les plantes ont été endommagées, et les populations ont été scindées. Or, lorsqu’une population auparavant continue devient ainsi divisée en plusieurs petits groupes isolés, les croisements ne peuvent plus se produire entre ces petites populations, ce qui restreint de manière générale les échanges de gènes et la variabilité génétique. Il en résulte également une réduction de la capacité de l’espèce à coloniser les milieux disponibles (McPhee et al., 2002). On ne sait pas combien d’individus sont nécessaires au maintien d’une population viable de Lotus pinnatus, mais on estime généralement qu’il faut environ 5 000 individus pour assurer la variabilité génétique nécessaire à l’adaptation et à l’évolution (Culotta,1995; Lande, 1995). Lorsque l’effectif d’une population tombe en deçà de 1 000 individus, on observe une accumulation d’allèles délétères qui peut finir par entraîner un déclin de la population, ou même sa disparition. Donc, pour obtenir une variabilité génétique et écologique maximale et prévenir les conséquences d’une population trop petite, il faut maintenir un effectif réel d’au moins 5 000 individus (Culotta, 1995; Lande, 1995).

Plus de 99 p.100 de la population canadienne actuelle de Lotus pinnatus est située sur des terres privées, ce qui expose l’espèce aux pertes d’habitat dues à l’urbanisation et au développement domiciliaire. La population humaine du District régional de Nanaimo est passée de 77 624 habitants, en 1981, à 127 016 habitants, en 2001, et on prévoit qu’elle atteindra 219 321 habitants en 2026, ce qui représente un taux de croissance annuel d’environ 2,9 p.100 et une augmentation totale de 73 p.100 de 1981 à 2026 (BC Statistics, 2003).

Dans le District régional de Nanaimo, le marché immobilier a connu en 2002-2003 une croissance supérieure à la moyenne, en raison des faibles taux hypothécaires et de la confiance des consommateurs dans les perspectives économiques de la province. À Nanaimo, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (CMHC, 2003), les mises en chantier avaient augmenté de 57,7 p.100 au premier trimestre de 2003, par rapport au premier trimestre de 2002. Cette tendance devrait se poursuivre pendant toute l’année 2003, car le volume des ventes est soutenu par la rareté des maisons en Colombie-Britannique et par la forte demande des consommateurs (CMHC, 2003). Bien que le terrain soit rocheux, les plaines Harewood présentent un bon potentiel de développement domiciliaire, en raison des vues panoramiques qu’elles offrent sur le paysage des environs.

Après la destruction de l’habitat, la principale menace actuelle pour le Lotus pinnatus, dans tous ses sites canadiens, est la compétition exercée par les autres espèces végétales, qu’elles soient indigènes ou exotiques. L’empiètement des arbustes indigènes sur les milieux propices au L. pinnatus peut empêcher cette espèce d’occuper de nouveaux endroits. La survie de l’espèce est en outre menacée par plusieurs graminées exotiques très envahissantes, dont l’Anthoxanthum odoratum, le Dactylis glomerata, le Poa pratensis et le Bromus sterilis. L’arbuste exotique qui tend le plus à dominer est le Cytisus scoparius. En monopolisant l’eau et les éléments nutritifs disponibles et en réduisant la lumière atteignant le sol, de nombreuses espèces exotiques peuvent concurrencer avec succès les espèces indigènes et réduire leur capacité de se maintenir dans les prés dégagés. À mesure que les espèces envahissantes deviennent de plus en plus dominantes, elles peuvent modifier les processus écosystémiques en produisant une grande quantité de litière riche en azote, en modifiant le régime d’incendie par leur forte inflammabilité et en accentuant le déficit hydrique du sol (D’Antonio et Vitousek, 1992).

Dans les plaines Harewood, les travaux d’exploitation forestière réalisés à moins de 50 m des populations de Lotus pinnatus risquent de favoriser la propagation des plantes envahissantes indigènes et exotiques. Les environs de plusieurs sous-populations de L. pinnatus des plaines Harewood ont été envahis par des douglas, sans doute favorisés par l’élimination des incendies. Si on laisse ces arbres pousser, ils risquent de modifier la flore du pré de graminées en réduisant la superficie dégagée pouvant servir d’habitat au L. pinnatus et aux autres espèces qui tolèrent peu l’ombre. Les populations de L. pinnatus sont également menacées par les plans d’exploitation forestière et les autres mesures d’aménagement qui exposeraient leur habitat à de longues périodes d’insolation directe et d’évaporation rapide. Les véhicules tout-terrain favorisent également de manière importante la propagation des plantes exotiques et leur établissement dans les zones sensibles, en transportant les graines de ces plantes et en perturbant le sol de ces zones. Au Montana, une étude a montré qu’un véhicule tout-terrain, en un seul déplacement, peut transporter 2 000 graines de centaurée sur une distance de 16 km (Lacey et al., 1997).

Bien qu’on n’en connaisse pas tous les détails, les besoins particuliers du Lotus pinnatus en matière d’habitat montrent clairement que l’établissement, la croissance et la dissémination de cette espèce exigent des conditions assez précises. La faible étendue des milieux propices constitue donc un facteur très limitant pour l’espèce dans toute son aire de répartition connue.

 

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Importance de l'espèce

Au Canada, le Lotus pinnatus ne fait actuellement l’objet d’aucune exploitation connue. Une société semencière des États-Unis en offre les semences sur Internet (Fraser, comm. pers., 2003), sans doute à des fins horticoles ou pour la remise en état des terrains perturbés. La plante mériterait d’être analysée quant à la présence possible de substances médicinales. En effet, dans le sud de la Californie, les Kumeyaays utilisaient autrefois contre la toux une décoction de feuilles de Lotus scoparius. Ces feuilles étaient également utilisées pour nourrir les animaux domestiques et, en mélange avec des aiguilles de pin séchées, pour tapisser les fosses servant à rôtir le yucca. Les Kumeyaays employaient aussi le L. scoparius comme matériau de construction, pour la confection de toits de chaume (Southwest Centre for Environmental Research and Policy, 2003). Guard (1995) signale par ailleurs que les graines et les feuilles du L. pinnatus constituent une nourriture pour divers animaux sauvages et que les graines sont particulièrement importantes pour les colins et pour certains petits mammifères.

Les populations de Lotus pinnatus de Colombie-Britannique sont situées à la limite nord de la répartition mondiale de l’espèce. Or, on sait que les populations périphériques isolées sont souvent génétiquement et morphologiquement distinctes des populations centrales de l’espèce. Il est donc peut-être essentiel que ces populations périphériques soient conservées pour que l’espèce puisse s’adapter aux changements écologiques et donc survivre à long terme (Lesica et Allendorf, 1995).

Comme les populations de Lotus pinnatus des plaines Harewood forment une série de sous-populations entre lesquelles les croisements sont possibles et comme ces populations constituent le noyau de l’aire de répartition de l’espèce dans la province, elles sont particulièrement importantes et dignes de conservation. Avant d’introduire une population d’espèce rare, il faut obtenir des données précises sur les besoins écologiques de cette espèce, afin de s’assurer que la population introduite pourra persister. La protection des plus grandes populations existant déjà dans l’aire de répartition de l’espèce est donc nécessaire au maintien de sa diversité génétique et à sa persistance à long terme. Ces grandes populations constituent en outre des sources de graines permettant la dissémination de l’espèce vers les milieux disponibles.

Les prés de graminées où pousse le Lotus pinnatus forment un écosystème unique, qui s’est établi dans des sols à régime hydrique particulier qui n’existent pas ailleurs au Canada. Cet écosystème abrite un ensemble unique d’espèces végétales, dont plusieurs sont devenues rares. Les complexes de prés de graminées ainsi que les espèces indigènes qui y sont associées ont disparu d’une grande partie de la superficie qu’ils occupaient autrefois, dans tout l’ouest de l’Amérique du Nord (Guard, 1995).

 

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Protection actuelle ou autres désignations

À l’échelle mondiale, NatureServe (2002) a attribué au Lotus pinnatus la cote G4G5, qui signifie qu’elle est apparemment hors de danger mais peut avoir une répartition restreinte ou soulever des préoccupations à long terme.

En Colombie-Britannique, le Lotus pinnatus figure sur la Liste rouge, et le Centre de données sur la conservation du ministère de la Gestion durable des ressources de cette province a attribué à l’espèce la cote S1, qui signifie qu’elle est très fortement menacée en raison de son extrême rareté (5 sites ou moins, ou très petit nombre d’individus restants) ou parce que certains facteurs risquent tout particulièrement de la faire disparaître entièrement ou disparaître de la province. C’est la catégorie de risque la plus critique qui puisse être attribuée à une espèce à l’échelle de la province.

À l’heure actuelle, en Colombie-Britannique, aucune loi ne protège spécifiquement les plantes vasculaires rares ou en voie de disparition. La population de Lotus pinnatus située dans la réserve écologique des monts Woodley est protégée, jusqu’à un certain point, par le fait qu’elle se trouve dans une réserve écologique, mais elle ne représente que 7 p.100 de la population canadienne de l’espèce. De plus, dans ce site, les plantes sont menacées par l’utilisation qui est faite des terres voisines, comme l’usage de véhicules tout-terrain, l’exploitation forestière et le déboisement. Les travaux d’exploitation forestière effectués à proximité de la population principale augmentent le risque de colonisation par des espèces végétales très envahissantes qui pourraient ensuite se propager à la réserve écologique voisine. Les populations de L. pinnatus qui se trouvent sur les terrains privés des plaines Harewood sont également exposées à une destruction de leur habitat par le développement commercial et par l’utilisation intensive de véhicules tout-terrain.

En Californie, on a attribué au Lotus pinnatus la cote S?, qui signifie que sa situation n’a pas été évaluée, sans doute en raison de sa vaste répartition dans cet État (Bittman, comm. pers., 2003). Au Washington, en Oregon et en Idaho, on a attribué à l’espèce la cote SR, qui signifie qu’elle a été signalée dans chacun de ces États mais que rien ne permet de rejeter ou confirmer ces mentions de manière convaincante. Cette cote n’est pas justifiée, car il existe des spécimens vérifiés accompagnés d’indications de localité précises pour chacun de ces États. En Oregon, l’espèce mériterait plutôt la cote S3S5, d’après l’information fournie par Sue Vrilikas, botaniste au Natural Heritage Program de cet État (Vrilikas, comm. pers., 2003). Dans le cas du Washington, les données ne sont pas suffisantes pour qu’on puisse établir la situation réelle de l’espèce. En Idaho, la cote S1 devrait être accordée à l’espèce, puisqu’on connaît un seul spécimen provenant de cet État (Mancuso, comm. pers., 2003).

 

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Résumé technique

Lotus pinnatus

lotier à feuilles pennées

bog birds-foot trefoil

Répartition canadienne : Colombie-Britannique


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’ occurrence (km2)
(superficie du polygone renfermant tous les sites connus)
100 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?Non
Superficie de la zone d’occupation (km2)
(superficie occupée par les plantes)
<<1 km2 (<0,06 ha)
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?Non
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).7 populations
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).Déclin historique
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?Non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).En déclin


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).Plusieurs années (3 à 5 ans?)
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).1 500 à 2 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.En déclin. (La plus grande population subira une réduction appréciable si le projet d’aménagement est réalisé.)
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).Perte possible de 25 % si le projet d’aménagement est réalisé.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?Oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?Non

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

  1. Plaines Harewood (secteur nord) : 1 500
  2. Plaines Harewood (secteur sud no 1) : 25
  3. Plaines Harewood (secteur sud no 2) : 10
  4. Monts Woodley : 120-140
  5. Île Gabriola : 65-70
  6. Nanaimo, à l’ouest de Cinnabar Valley : 40
  7. Nanaimo, au sud d’Extension : 30-45


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

- Perte, dégradation et fragmentation de l’habitat à cause d’un projet d’aménagement et de l’utilisation récréative de véhicules tout-terrain; espèces envahissantes.


Effet d’une immigration de source externe

Statut accordé à des populations d’ailleurs?
États-Unis : Population stable dans certains États, incertaine dans d’autres.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Elle est improbable.
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?On ne sait pas.
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?C’est incertain.
Probabilité d’un rétablissement à partir de populations de l’extérieur.Peu probable.


Analyse quantitative

Non applicable
 


Statut actuel


Statut et justification de la désignation

Statut :
Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique :
B1ab(ii,iii,v)+2ab(ii,iii,v); C1
Justification de la désignation :
Quelques petites populations fragmentées géographiquement limitées et se trouvant dans des prés humides d’occurrence limitée à une grande distance de l’aire de répartition principale de l’espèce dans le nord-ouest des États-Unis. Les populations sont menacées par la perte de leur habitat, qui se poursuit, et par l’empiètement des espèces envahissantes ainsi que par les activités des véhicules tous terrains récréatifs, auxquels s’ajoute la possibilité de pertes importantes provoquées par le développement commercial prévu dans l’habitat où se trouve la seule population restante de bonnes dimensions.


Application des critères

Critère A (Population totale en déclin) :
Non applicable.
Critère B (Répartition peu étendue, et déclin ou fluctuation) :
L’espèce est en voie de disparition à cause de sa répartition peu étendue et de son déclin, aux termes de B1 et B2 (a) +(b, ii, iii, v), étant donné sa zone d’occurrence d’environ 100 km2, sa zone d’occupation inférieure à 1 ha, la grande fragmentation de ses sites ainsi que le déclin continu prévu de sa zone d’occupation, de la superficie et la qualité de son habitat ainsi que du nombre d’individus matures.
Critère C (Petite population totale et déclin) :
L’espèce est en voie de disparition aux termes de C1 en conséquence de sa population totale de seulement 1 500 à 2 000 individus ainsi que du déclin continu d’environ 25 p.100 que l’on prévoit en cas d’aménagement du terrain où se trouve un grand site.
Critère D (Très petite population, ou répartition restreinte) :
L’espèce est menacée aux termes de D2 étant donné sa zone d’occupation inférieure à 20 km2 et l’existence de seulement 7 sites.
Critère E (Analyse quantitative) :
Non applicable.

 

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Remerciements

Merci à Jenifer Penny, qui nous a aidée lors des relevés sur le terrain. George Douglas a pris le temps d’élucider pour nous la taxinomie du genre Lotus et a fourni une aide durant les relevés de terrain. Hans Roemer nous a gracieusement fourni de l’information sur les milieux propices à l’espèce. Shannon Berch a identifié le contenu des nodosités racinaires. Les précieux commentaires de Don Eastman nous ont permis d’améliorer une version antérieure du manuscrit. Charles Thurkill et Don Piggott nous ont généreusement fourni de l’information locale et nous ont guidée dans les plaines Harewood et les monts Woodley. Nous voudrions enfin remercier Matt Fairbarns de son appui indéfectible à toutes les étapes de l’étude.

La rédaction du présent rapport a été financée par le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique.


Experts contactés

Berch, Shannon. Juillet 2003. Écologiste des sols forestiers. Ministry of Forests. P.O. Box 9536 Stn. Prov. Govt. Victoria BC V8W 9C4.

Bittman, Roxanne. Avril 2003. Botaniste principal. California Natural Heritage Program. California Dept of Fish & Game. Wildlife & Habitat Analysis Branch. 1807 13th Street, Suite 202, Sacramento CA 95814, USA.

Ceska, Adolf. Juin 2003. Phytoécologiste. Ceska Geobotanical Consulting, P.O. Box 8546, Victoria BC V8W 3S2.

Douglas, George. Juin 2003. Botaniste. Douglas Ecological Consultants Ltd., 6723 North Rd., Duncan BC V9L 6K9.

Fairbarns, Matt. Juillet 2003. Spécialiste des espèces rares. B.C. Conservation Data Centre, Ministry of Sustainable Resource Management. P.O. Box 9344 Stn. Prov. Govt., Victoria BC V8W 9R7.

Fraser, Dave. Octobre 2003. Spécialiste des espèces. Biodiversity Branch, Ministry of Water, Land and Air Protection. P.O. Box 9338 Stn. Prov. Govt., Victoria BC V8W 9M1.

Lawrance, Rob. Septembre 2003. Planificateur environnemental.City of Nanaimo.

Mancuso, Michael.Avril 2003. Chef du programme de botanique.Idaho Conservation Data Center. Idaho Fish & Game, 600 South Walnut St. Boise ID 83707-0025, USA.

Piggot, Don. Juin 2003. Conseiller en sylviculture. Yellow Point Propagation Ltd. Ladysmith BC V9G 1G5.

Roemer, Hans. Juillet 2003. Mimulus Consulting. 1717 Woodsend Rd., Victoria BC V9E 1H7.

Thurkill, Charles. Juin 2003. Conseiller en pêches. 611 Shaughnessy Place, Nanaimo BC V9T 4V1.

Vaartnou, Manivalde. Juillet 2003. M. Vaartnou & Associates. Richmond BC V7E 4E2.

Vrilikas, Sue. Mai 2003. Botaniste et gestionnaire de données. Oregon Natural Heritage Information Centre – Oregon State University. 1322 SE Morrison St. Portland OR 97214.

 

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Sommaire biographique de la rédactrice

Marta Donovan détient un B.Sc. en biologie de la University of Victoria. Depuis 1997, elle est coordonnatrice de l’information biologique au Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique. En 2000, elle a co-rédigé le rapport de situation du COSEPAC sur le Sanicula arctopoides.


Ouvrages cités

Abrams, L. 1944. Hosackia, Lotus. An illustrated flora of the Pacific States. Vol. 2. Stanford Univ. Press, Stanford (Californie).

Allen, W.H. 1994. Reintroduction of endangered plants. Bioscience 44: 65-86.

Arambarri, A.M. 1999. Illustrated Catalogue of Lotus L. Seeds (Fabaceae). Pages 43-60, in P.R. Beuselinck (éd.), Birdsfoot Trefoil: The Science and Technology of Lotus. American Society of Agronomy.

Bentham, G, 1829. Hosackia bicolor, two-coloured Hosackia. Edward’s Botanical Register 15:7/1257 et texte connexe. Lovell Reeve & Co., Londres.

Beuselink, P.R., et R.L. McGraw. 1988. Indeterminate flowering and reproductive success in birds-foot trefoil.Crop Sci. 28:842-845.

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Collections consultées

Les herbiers suivants ont été consultés :

  • Royal BC Museum Herbarium
  • University of British Columbia Herbarium

 

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