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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) au Canada

Taille et tendances des populations

Macartney (1985) a marqué des crotales occupant 24 hibernaculums dans quatre zones du nord de la vallée de l’Okanagan. Chaque zone comptait 1 à 15 hibernaculums et environ 8 à 133 individus par hibernaculum. Deux des zones renfermaient plus d’un hibernaculum (7 et 15). Dans chacune de ces deux zones, les crotales de tous les hibernaculums se rassemblaient dans le même territoire estival et formaient les mêmes groupes d’accouplement, ce qui indique que chaque population est associée à une zone et non à un seul hibernaculum. Macartney (1985) y a marqué respectivement 659 et 826 individus et a observé dans les territoires estivaux correspondants des densités de 1,6 et 2,5 crotales par hectare. Malgré la grande variation du nombre de serpents entre les différentes zones et entre les hibernaculums d’une même zone, la taille et la composition des hibernaculums étaient comparables. Ces résultats font ressortir le problème engendré par l’extrapolation de renseignements sur l’effectif et la structure des populations à partir des données recueillies dans un seul hibernaculum. Par la méthode de marquage et de recapture, Lacey (in Sarell, 1993) a trouvé un hibernaculum qui contenait 250 individus (adultes et juvéniles confondus). Or, il n’a jamais observé plus d’une cinquantaine de serpents à l’extérieur de l’hibernaculum en même temps. La plupart des hibernaculums abritent un nombre beaucoup moindre de serpents (moins de 25), et le nombre total de serpents adultes est probablement inférieur à 5 000 en Colombie-Britannique (J. Hobbs, comm. pers., 2003).

Les données de la table de survie du Crotalus oreganus sont incomplètes, principalement en raison d’un sous-échantillonnage des classes d’âge les plus jeunes (Macartney, 1985). De plus, les chercheurs constatent une fluctuation temporelle des taux de natalité et de mortalité, de sorte qu’il est difficile de prédire les tendances démographiques à partir de ces seuls outils. Néanmoins, il a été possible d’établir quelques estimations préliminaires à partir des données disponibles. Les femelles s’accouplent pour la première fois à l’âge de 6 à 8 ans, elles donnent naissance à de petites portées (moyenne = 5) après plus d’un an de gestation, et elles ne s’accouplent que tous les trois ou quatre ans. Macartney (1985) a établi une table de survie à la lumière de ces données et des contraintes qui y sont associées, et il est arrivé à un taux de reproduction net qui semble révéler un déclin des populations. Selon ses estimations, il faudrait que 20 p.100 des femelles atteignent l’âge d’environ 20 ans pour qu’un équilibre à long terme soit atteint. Brown (1983) conclut pour sa part que chaque hibernaculum représentant une population de Crotalus horridus doit abriter au moins 45 serpents pour que l’effectif se maintienne.

Selon certains témoignages anecdotiques relevés par Bertram et al. (2001), les crotales étaient autrefois plus souvent aperçus sur le plateau de la Thompson qu’ils ne le sont aujourd’hui. Il en va de même pour les crotales des vallées de l’Okanagan et de la Nicola. Bertram et al. (2001) estiment que les populations du côté sud de la rivière Thompson, depuis Chase au moins jusqu’à l’extrémité ouest du lac Kamloops, sont sans doute disparues. Ce secteur, qui présente un habitat de moindre qualité, fait l’objet de perturbations humaines accrues. Cependant, R. Heinrich (J. Hobbs, comm. pers.) a trouvé un hibernaculum actif environ 10 km à l’est de l’extrémité ouest du lac Kamloops, ce qui semble indiquer qu’un certain nombre de crotales sont encore présents dans ce secteur perturbé. Les populations qui vivaient au sud du lac Kamloops et dans la vallée de la Thompson ont probablement elles aussi disparu (J. Hobbs, comm. pers., 2003).

Le déclin de l’effectif des populations a aussi de lourdes conséquences sur le plan génétique. Ce déclin ainsi que la consanguinité qui en résulte peuvent nuire à la survie à long terme des populations, à cause d’un accroissement de la fréquence des allèles récessifs nocifs et d’une réduction de la valeur adaptative. De plus, la fragmentation de l’habitat peut isoler les populations les unes des autres et réduire le flux génétique; certaines populations risquent donc de disparaître en l’absence d’un apport génétique suffisant d’autres secteurs géographiques. Les stratégies de conservation doivent reposer sur de l’information solide concernant la diversité génétique des crotales et le flux des gènes entre les populations des vallées de la Thompson et de l’Okanagan.

L’effectif total du Crotalus oreganus en Colombie-Britannique est inconnu. Macartney (1985) a trouvé 8 à 133 individus par hibernaculum. En partant de l’hypothèse qu’il existe 236 hibernaculums en Colombie-Britannique (Sarell, 1993), on arrive à un effectif pouvant être inférieur à 2 000 ou supérieur à 25 000. Cependant, Hobbs (2001) ainsi que Hobbs et Sarell (2000 et 2001) n’ont repéré que 100 hibernaculums susceptibles d’être occupés par le Crotalus oreganus. Si leurs chiffres sont exacts, la Colombie-Britannique compterait 800 à 13 000 crotales, qui n’ont certainement pas tous atteint l’âge de la reproduction. À l’issue d’une discussion tenue en 2003 avec J. Hobbs et M. Sarell, on estime qu’une moyenne de 15 adultes par hibernaculum serait une hypothèse raisonnable. Puisqu’il existe 235 hibernaculums « connus » en Colombie-Britannique et que l’estimation la plus élevée est de 500 hibernaculums (M. Sarell, comm. pers., déc. 2003), le nombre total d’adultes se situerait entre 3 540 et 7 500.