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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Crotale de l’Ouest (Crotalus oreganus) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

La survie à long terme des populations viables de Crotalus oreganus est menacée par trois grands facteurs interreliés : premièrement, la perte d’habitat ainsi que le manque d’information sur la superficie et la répartition des domaines vitaux; deuxièmement, la mortalité attribuable aux voitures et aux êtres humains; troisièmement, le degré de viabilité des hibernaculums existants. Comme il a été indiqué, le domaine vital renferme habituellement ou traditionnellement au moins un hibernaculum, une zone de passage et un territoire estival. Macartney (1985) ainsi que Bertram et al. (2001) ont calculé la distance parcourue par certains individus après avoir quitté leur hibernaculum, afin d’estimer la superficie de leur domaine vital. Les serpents suivaient généralement tous la même direction, mais les distances parcourues variaient considérablement d’un individu à l’autre. Les biologistes ignorent quels facteurs influent sur la distance parcourue par les serpents qui sortent de leur hibernaculum, mais il est fort probable que la superficie du territoire estival dépend de l’abondance des proies, de la présence de mâles faciles à repérer et du nombre d’abris et d’aires d’exposition au soleil. Il importe d’étudier plus à fond la direction empruntée et la distance parcourue par les différentes populations de Crotalus oreganus en regard du type d’habitat et du degré de fragmentation.

Les domaines vitaux du Crotalus oreganus sont traversés de routes. Comme il a été mentionné, les crotales traversent ces voies de circulation ou viennent s’y reposer en soirée pour profiter de la chaleur émise par l’asphalte foncé. Ainsi, il arrive que ces serpents soient écrasés – intentionnellement ou non – par les automobilistes. Les chercheurs ignorent combien de serpents meurent sur les routes, parce que certaines carcasses sont mangées par les détritivores et que d’autres sont emportées par les gens. En 2003, 35 crotales de l’Ouest ont été trouvés morts sur la route dans une petite zone du sud de la vallée de l’Okanagan. Ce chiffre tend à diminuer à chaque année, probablement en raison d’une réduction de l’effectif des populations (M. Sarell, données inédites, comm. pers., déc. 2003). Les chercheurs ont réussi à obtenir de l’information sur 106 hibernaculums qui ont souffert des impacts engendrés par les routes. Dans 50 p.100 de ces hibernaculums, les populations connaissaient régulièrement des pertes attribuables au passage de véhicules et à la construction routière (Sarell, 1993). De plus, dans 45 p.100 des hibernaculums, un certain nombre de serpents avaient été victimes de la fenaison et de la persécution des humains (Sarell, 1993). Bien que le rapport entre la disposition des routes et les déplacements des serpents ne soit pas connu, l’installation stratégique d’objets pouvant servir d’abris pourrait dans certains cas contribuer à éloigner les serpents des routes. Nous avons besoin de plus d’information sur les liens existant entre la disposition des routes et les déplacements de l’animal à l’intérieur de son domaine vital.

Les humains tuent les crotales pour toutes sortes de raisons, dont la peur et l’aversion. Bertram et al. (2001) ont évalué différents moyens de sensibiliser la population aux crotales dans la région de Kamloops. Ils ont distribué des dépliants d’information, rédigé des messages à l’intention des médias (radio, télévision et journaux) et mis en place un service de renseignements téléphoniques. Ces chercheurs ont découvert que l’indifférence des citoyens était largement due à une méconnaissance des crotales. La réaction immédiate aux projets de sensibilisation a été positive. Cependant, Gomez (2002) a constaté que l’attitude favorable à l’égard des crotales s’est rapidement estompée après plusieurs mois, du moins chez les élèves de deuxième année. Les humains continuent de tuer les crotales (Bertram et al., 2001), et il importe d’examiner d’autres moyens de réduire la mortalité inutile chez cette espèce.

Hobbs (2001) et Hobbs et Sarell (2002 et 2001) ont recensé moins de 100 hibernaculums dans les districts Thompson, Okanagan, Merritt et Boundary. Ils s’étaient donné comme objectifs de repérer les hibernaculums, de décrire le milieu environnant et de cerner les menaces possibles. Bertram et al. (2001) ont également trouvé plusieurs hibernaculums dans le secteur de la Thompson. Macartney (1985) a été le seul à recueillir de l’information sur le nombre d’individus présents et sur le taux de survie des crotales dans les divers hibernaculums et dans les diverses zones. Il faut à tout prix recueillir des données sur la taille et la structure des populations (qui donnent à tout le moins une indication du nombre de femelles gravides), la durée d’utilisation des hibernaculums et les rapports entre hibernaculums. Le manque d’information est une contrainte qui empêche les gestionnaires de prendre des décisions efficaces au sujet de l’avenir du Crotalus oreganus en Colombie-Britannique.