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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébastolobe à longues épines au Canada

Résumé

Sébastolobe à longues épines
Sebastolobus altivelis

Information sur l’espèce

Le sébastolobe à longues épines (Sebastolobus altivelis Gilbert, 1893) appartient à la famille des Scorpénidés (sébastes). Ce poisson se reconnaît à sa coloration rouge et à ses nageoires partiellement noires, ainsi qu’à ses gros yeux et aux épines robustes et acérées qui lui ornent la tête. Son corps allongé peut atteindre 35 cm de longueur.

Aire de répartition

L’aire de répartition de l’espèce s’étend du cap San Lucas, en Basse-Californie, jusqu’aux îles Aléoutiennes, à des profondeurs de 370 à 1 600 m. En Colombie-Britannique, le sébastolobe à longues épines vit le long du talus continental, dans des eaux variant de 500 à 1 600 m de profondeur. La zone d’occurrence est estimée à 17 775 km², et l’aire d’occupation observée totalise 11 700 km².

Habitat

Le S. altivelis préfère les substrats de sable meuble ou de vase, dans des eaux profondes caractérisées par une faible productivité, une forte pression et des concentrations réduites d’oxygène.

Biologie

Au printemps, les femelles pondent des œufs fécondés dans une enveloppe gélatineuse qui flotte à la surface, et c’est dans ces eaux superficielles que les œufs éclosent. Les larves et les juvéniles parvenus aux premiers stades de croissance demeurent dans la couche d’eau supérieure de 200 m pendant 6 mois. À mesure que les juvéniles grossissent, ils migrent progressivement vers des eaux plus profondes et restent généralement dans la zone mésopélagique (environ 600 m de profondeur) pendant 1 an. Les jeunes poissons finissent par s’établir directement dans l’habitat des adultes, entre 600 et 1 200 m de profondeur. Les juvéniles se nourrissent d’euphausiacés, tandis que les adultes chassent les ophiures et d’autres organismes benthiques. Le sébastolobe à longues épines possède des caractéristiques qui lui permettent de vivre dans des eaux profondes où l’oxygène est rare et où la pression est forte. En supposant que l’âge de la première maturité sexuelle se situe à 20 ans et que le coefficient de mortalité naturelle s’élève à 0,10, on peut conclure que la durée d’une génération est de 30 ans.

Taille et tendances des populations

La biomasse de sébastolobe à longues épines est en grande partie concentrée dans la zone de pêche de la COIV (côte ouest de l’île de Vancouver), mais il existe également 2 autres petites populations, l’une dans la zone Tidemarks et l’autre dans la baie Rennell, plus au nord. Il se peut que ces concentrations forment une seule population continue. Les indices des PUE (prises par unité d’effort) au chalut commercial ont régressé de 8 p. 100, de 9 p. 100 et de 20 p. 100 respectivement sur la COIV (de 1996 à 2004), dans la zone Tidemarks (de 2000 à 2004) et dans la baie Rennell (de 2000 à 2004). L’indice pondéré pour la côte tout entière a connu une baisse de 50 p. 100 sur 8 ans. Même si l’indice des PUE de la pêche commerciale subit probablement l’influence de facteurs autres que des changements d’effectif, les chercheurs le considèrent comme un outil de mesure raisonnablement exact de l’abondance. L’estimation relative à un changement démographique « trigénérationnel » demeure incertaine, parce que les 3 séries chronologiques utilisées sont courtes et que toute prévision dépend d’hypothèses au sujet de la gestion future des pêches.

Facteurs limitatifs et menaces

Espèce des grands fonds qui occupe des eaux de faible productivité, le S. altivelis est menacé principalement par la surpêche. Depuis le début de la pêche commerciale ciblée de cette espèce au large de la COIV, en 1996, la plupart des indices ont affiché une baisse substantielle. Il se peut que cette réduction témoigne de l’amenuisement progressif des stocks d’une espèce jusque-là non exploitée (enlèvement de biomasse accumulée, théoriquement associé à une productivité accrue en raison de la densité réduite). Les récents rapports de l’industrie donnent à penser que la pêche du sébastolobe à longues épines est devenue moins attrayante sur le plan commercial, en raison de la baisse de la valeur marchande, de la hausse du coût du carburant et de l’appréciation de la devise canadienne, mais il est impossible de prédire les conditions futures de cette pêche. 

Importance de l’espèce

Dans les eaux canadiennes du Pacifique, le S. altivelis figure parmi les espèces prédominantes des zones benthiques profondes (à plus de 800 m de la surface). Il y joue probablement un rôle écologique important. Les spécimens capturés au Canada sont exportés au Japon, où ce poisson est très prisé pour la préparation de mets raffinés.

Protection actuelle

À l’heure actuelle, la zone Flamingo (côte ouest de l’île Moresby) est fermée à la pêche au chalut dirigée du sébastolobe à longues épines. Malgré une bathymétrie marquée, ces eaux pourraient renfermer de vastes étendues d’habitat propice. La zone Triangle n’est assujettie à aucune pression de la pêche en raison de son terrain escarpé et accidenté. Le plan de gestion de la pêche ne prévoit aucune stratégie pour adapter le niveau d’exploitation à la baisse des effectifs.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
*** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
**** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.