Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébastolobe à longues épines au Canada

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le genre Sebastolobus compte 3 espèces qui vivent dans le Pacifique Nord, dont le sébastolobe à longues épines (Sebastolobus altivelis Gilbert, 1893). Le nom taxinomique est formé des particules grecques sebastos (magnifique) et lobos (lobe – des nageoires pectorales) ainsi que des particules latines alutus (haut) et velum (voile – nageoire dorsale) (Hart, 1973). Le sébastolobe à longues épines se distingue de son congénère, le sébastolobe à courtes épines (S. alascanus), par les caractéristiques suivantes : une troisième épine dorsale allongée, une chambre branchiale essentiellement noire et, habituellement, la présence de 15 épines dorsales (Love et al., 2002). En anglais, l’espèce porte le nom delongspine thornyhead et est parfois appelée par divers autres noms, dont channel rockfish, hardhead et idiotfish (Love, 1996).

Description morphologique

Hart (1973) présente en détail la morphologie de l’espèce. Le sébastolobe à longues épines est généralement de couleur rougeâtre, et ses nageoires sont partiellement noires (figure 1). Ce poisson a un corps allongé qui peut mesurer jusqu’à 35 cm et une bouche terminale pourvue d’une mâchoire supérieure proéminente. Les yeux sont gros et de forme ovale. La tête est surmontée d’épines robustes et acérées qui pointent vers l’arrière. La nageoire dorsale présente de 15 à 16 épines, dont 8 ou 9 sont séparées par des échancrures larges et profondes. La troisième épine est la plus longue. Les nageoires pectorales comportent 2 lobes distincts. De robustes épines décrivent une ligne saillante le long de l’os sous-orbitaire. La relation longueur-poids produit une courbe cubique exponentielle typique, et il n’existe aucune différence entre les 2 sexes (figure 2).

Figure 1. Sébastolobe à longues épines (Sebastolobus altivelis) – Dessin à l’encre (Hart, 1973) et photo (http://www.afsc.noaa.gov/groundfish/RockfishGuide/Rockfish_Pages/Longspine_thornyhead.htm).

Figure 1.  Sébastolobe à longues épines (Sebastolobus altivelis) – Dessin à l’encre (Hart, 1973)

Figure 2. Rapport poids-longueur du sébastolobe à longues épines, ajusté au moyen du modèle linéaire lognormal suivant : log W = log α + β log L. Source : Haigh et al. (2005)

Figure 2.  Rapport poids-longueur du sébastolobe à longues épines, ajusté au moyen du modèle linéaire lognormal suivant : 1. Source : Haigh et al. (2005)

Description génétique

À l’heure actuelle, il n’existe aucune information génétique sur l’espèce dans les eaux canadiennes du Pacifique. Stepien et al. (2000) ont procédé à une analyse de l’ADN mitochondrial de 55 spécimens prélevés dans 5 sites distincts (de Seward, en Alaska, au sud de la Californie – aucun des sites ne se trouvait en eaux canadiennes). Les résultats laissent entrevoir des échanges génétiques entre sébastolobes à longues épines le long de la côte du Pacifique, et ils révèlent également une certaine structuration génétique, qui pourrait être attribuable à une rétention larvaire causée par les courants et les circulations autour des principaux reliefs bathymétriques.

Unités désignables

Il se peut que l’espèce soit présente tout le long du talus continental dans les eaux de 500 à 1 600 m de profondeur. Cette région englobe 3 zones de pêche distinctes, la COIV (côte ouest de l’île de Vancouver), la zone Tidemarks et la baie Rennell (figure 4). La structure de la population de ces 3 zones n’a jamais été étudiée, à défaut d’un protocole convenable pour la détermination de l’âge. Pour les besoins du présent rapport, les populations de la Colombie-Britannique sont considérées comme une seule unité désignable.