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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Faucon pèlerin des sous-espèces pealei et anatum/tundrius au Canada – Mise à jou

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le Faucon pèlerin se rencontre dans divers types d’habitats, de la toundra arctique aux îles côtières, aux canyons désertiques et aux grands centres urbains (Cade, 1982). Bien que la composition de son régime alimentaire soit variable (White et al., 2002), il se reproduit uniquement dans les habitats où les proies sont suffisamment abondantes. À l’échelle du paysage, les sites de nidification de qualité sont dispersés dans toutes les régions, mais ils peuvent être nombreux localement. Dans de vastes régions du Canada où le Faucon pèlerin est absent, les sites de nidification font défaut ou les sources de nourriture ne sont pas suffisamment abondantes (p. ex. Labrador, J. Brazil, communication personnelle (comm. pers.), 2006).

Caractéristiques des sites de nidification

Le Faucon pèlerin niche généralement sur la saillie d’une falaise ou dans une crevasse, à proximité d’une abondante source de proies. Les falaises de 50 à 200 m de hauteur sont préférées aux autres sites ( Cade, 1960; White et Cade, 1971). Il peut également nicher sur le sommet de pingos dans la toundra, sur des escarpements bordant des routes, dans des nids de Grand Corbeau (Corvus corax) érigés sur des tours de transmission, dans des carrières de pierres, dans des mines à ciel ouvert, sur des immeubles d’aspect divers, des églises et des ponts dans des centres métropolitains, en particulier si des nichoirs artificiels sont présents ( Frank, 1994; Bell et al., 1996; Cade et al., 1996), ainsi que sur des tours de centrales énergétiques en milieu rural (G. Holroyd, comm. pers., 2007).

En Colombie-Britannique, le Faucon pèlerin anatum niche habituellement sur la corniche d’une falaise, en bordure d’un lac, d’un cours d’eau ou à la confluence de grandes vallées offrant un accès facile aux proies (voir par exemple Cannings et al., 1987). En Alberta, les sites de nidification sont nombreux. Dans le sud de la province, le Faucon pèlerin anatum niche habituellement sur des structures artificielles érigées par les humains, mais ailleurs, la plupart des nids se trouvent en bordure d’un cours d’eau ou sur des falaises surplombant un lac dans la région du Bouclier canadien (Alberta Peregrine Falcon Recovery Team, 2004). En Ontario, il niche généralement sur des falaises ou, en milieu urbain, sur des immeubles (Peck et James, 1993). Au Labrador, il niche exclusivement sur des falaises (J. Brazil, comm. pers., 2006).

Le Faucon pèlerin tundrius niche sur des falaises côtières verticales orientées au sud ou au sud-est dans la baie Rankin (Court et al., 1988a), et sur des escarpements rocheux dans la toundra continentale ( Court et al., 1988b).

Le Faucon pèlerin pealei niche généralement sur de petits escarpements protégés par des racines d’épinette Sitka (Picea sitchensis) sur un versant de colline, mais parfois sur des falaises pouvant atteindre 366 m de hauteur. Il utilise parfois des nids abandonnés de Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) érigés dans des arbres (à des hauteurs aussi faibles que 12 m) ou de cormorans (Phalacrocorax spp.) ou des cavités naturelles dans des arbres (Campbell et al. 1977, 1990).

Tendances en matière d’habitat

L’habitat naturel propice à la nidification ne semble pas avoir changé depuis l’effondrement des populations et demeure disponible (Rowell, 2002). Dans le sud du Canada, de nombreux couples nichent sur des structures artificielles érigées par les humains. L’urbanisation et d’autres utilisations des terres ont eu un impact considérable sur certaines aires d’alimentation, mais d’autres aires sont disponibles, et les Faucons pèlerins peuvent habituellement modifier leur régime alimentaire en fonction des espèces de proies présentes dans une région donnée.

Protection et propriété

Les habitats de nidification et d’alimentation se trouvent sur des terres privées et publiques (Rowell, 2002). En Ontario, par exemple, un nombre important de falaises utilisées comme sites de nidification se trouvent sur des terres privées (p. ex. rive ouest du lac Supérieur; A. Dextrase, comm. pers., 2006). Dans les régions côtières de la Colombie-Britannique, de nombreux sites de nidification de Faucons pèlerins anatum se trouvent sur des terres privées (D. Doyle, comm. pers., 2004). Au Québec, des Faucons pèlerins anatum nichent sur des terres fédérales, à la Réserve nationale de faune du cap Tourmente et à Gros-Cacouna. La plupart des individus de la population de la vallée du Mackenzie et d’autres populations septentrionales nichent dans des régions qui sont ou seront gérées par des gouvernements autochtones.

Au Nunavut, les sites de nidification du Faucon pèlerin tundrius sont largement répartis entre des terres de la Couronne, des parcs nationaux et des terres autochtones (tableau 2, M. Setterington, comm. pers., 2006). Dans les Territoires du Nord-Ouest, les sites de nidification du Faucon pèlerin se trouvent également sur des terres de la Couronne, des terres autochtones et dans des parcs nationaux (tableau 3, S. Carrière, comm. pers., 2007). Au Labrador, 10 p. 100 des sites de nidification se trouvent sur des terres fédérales, et 31 p. 100, sur des terres inuit (J. Brazil, comm. pers., 2007).

En Colombie-Britannique, la plupart des Faucons pèlerins pealei nichent dans des parcs provinciaux et des réserves écologiques, ou dans des réserves de parcs nationaux du Canada (Fraser et al., 1999). Les proies du Faucon pèlerin pealei sont généralement protégées, car la plupart des colonies d’oiseaux marins de la province sont protégées d’une façon ou d‘une autre (Hipfner et al., 2002). Toutefois, les oiseaux marins eux-mêmes font face à de nombreuses menaces (voir la section « Facteurs limitatifs »).

Tableau 2. Propriété des terres sur lesquelles se trouvent les 447 sites de nidification connus de Faucons pèlerins tundrius au Nunavut, d’après la base de données sur les nids d’accipitridés des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut (données inédites du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest/ministère de l’Environnement du Nunavut, consultées le 21 août 2006; tableau reproduit avec l’autorisation de M. Setterington).
PropriétéNids% total
Terres municipales
2
0,4
Terres inuit
200
44,7
Terres protégéesNote de tableau a
66
14,8
Terres inuit comprises dans des terres protégéesNote de tableau b
23
5,1
Terres fédérales
156
34,9
Nombre total de sites de nidification
447
100.0

 

Tableau 3. Propriété des terres sur lesquels se trouvent les 243 sites de nidification connus de Faucons pèlerins (anatum et tundrius) dans les Territoires du Nord-Ouest, d’après la base de données sur les nids d’accipitridés des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut (données inédites du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest/ministère de l’Environnement du Nunavut, consultées le 19 décembre 2006; tableau reproduit avec l’autorisation de S. Carrière).
PropriétéNids% total
Terres municipales et terres du Commissaire (GTNO)
14
5,8
Terres Inuvialuit (privées)
36
14,8
Terres Gwich'in (privées)
33
13,6
Terres privées comprises dans la région désignée du Sahtu (privées)
26
10,7
Aires protégées (p. ex. parcs nationaux, refuges d’oiseaux migrateurs (GC)
34
14
Terres de la Couronne comprises dans des régions désignées (GC)
96
39,5
Terres de la Couronne non comprises dans des régions désignées (GC)
4
1,6
Nombre total de sites de nidification
243
100,0

Notes : Une terre du Commissaire (GTNO ou GNU) est habituellement comprise dans un parc communautaire ou territorial à vocation récréative, et son utilisation est assujettie à un certain nombre de restrictions. Les bénéficiaires d’une entente sur la revendication territoriale possèdent un droit d’exploitation sur la surface et, dans certaines régions, sur le sous-sol des terres privées. L’accès à ces terres (par des particuliers ou des sociétés) est conditionnel à l’obtention d’une autorisation, et l’utilisation des terres, à l’obtention d’un permis; certaines restrictions s’appliquent. L’accès aux aires protégées est aussi assujetti à certaines restrictions, tout comme l’utilisation des terres, pour laquelle un permis est requis. L’utilisation des terres de la Couronne (toutes fédérales) est régie par des mécanismes de cogestion et assujettie à des restrictions. Il convient de noter qu’il incombe à des Commissions d’administrer toutes les utilisations des terres dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, conformément à certains principes de cogestion (consultation). Tous les nids d’accipitridés sont protégés en vertu des lois sur les espèces fauniques du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest (de ressort territorial). Il convient également de noter qu’une terre de la Couronne dans les territoires est considérée comme « fédérale » en vertu des dispositions de la Loi sur les espèces en péril relatives à l’habitat essentiel, mais pas en vertu des dispositions d’interdiction automatique. Seuls les sites dont l’emplacement est déterminé par des coordonnées précises de latitude et de longitude sont inclus.