Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement du carex faux-lupulina (Carex lupuliformis) au Canada [Proposition]

7. Habitat essentiel

7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce

Le carex faux-lupulina colonise les rives naturelles de divers types de milieux humides. Au Canada, l’habitat convenable de l’espèce présente les caractéristiques biophysiques suivantes :

Dans le cas de toutes les populations :

  • lumière suffisante pour la germination des graines ainsi que la vigueur et la survie des individus;
  • compétition réduite d’autres plantes herbacées et d’arbustes pouvant faire obstacle à la croissance des individus;
  • nappe phréatique située à un niveau ne favorisant pas la compétition d’autres espèces et ne faisant pas obstacle à la croissance du carex faux-lupulina.

Dans le cas des populations de l’Ontario :

  • marécages boisés, y compris le bord de ces marécages ainsi que les mares printanières et les marais isolés se trouvant à l’intérieur;
  • présence d’espèces associées telles que le bœhméria cylindrique, la léersie faux-riz, le carex houblon, le piléa nain, les bidents, la renouée persicaire et la lampourde glouteron ainsi que le frêne rouge, l’érable rouge ou l’érable argenté;
  • sol de type loam argileux.

Dans le cas des populations du Québec :

  • marécages à érable argenté et marécages arbustifs situés dans de petites baies isolées, protégées des courants mais près d’un rivage naturel soumis à de brèves crues périodiques;
  • présence d’espèces associées telles que l’alpiste roseau, le bœhméria cylindrique, la léersie faux-riz, la berle douce, la spartine pectinée et le carex houblon;
  • sol de type gleysol sur alluvions récentes, à texture variant du loam sableux au loam argileux.

L’habitat essentiel du carex faux-lupulina au Canada est partiellement désigné dans le présent programme de rétablissement. Il correspond à l’habitat convenable dans 13 des 20 localités où des populations de l’espèce se trouvent et sont décrites, y compris toutes les populations ayant bénéficié de mesures de réintroduction ou de transplantation ou au sein desquelles la présence d’habitat convenable a récemment été confirmée. Parmi les sept autres localités, quatre exigent des recherches plus approfondies visant à déterminer s’il y a encore présence de l’espèce ou de l’habitat convenable ou pour établir leurs limites (cotes de qualité E et H), et un calendrier d’études est proposé à cet égard dans la section 7.2. Les trois autres localités ne renferment plus d’habitat convenable (code X) et ne feront l’objet d’aucune désignation d’habitat essentiel, sauf si des mesures de restauration sont entreprises. Au Québec, l’habitat essentiel est désigné dans sept localités (six abritent des populations existantes, trois de celles-ci ont bénéficié de mesures de transplantation, et deux ont bénéficié de mesures de réintroduction; dans la septième localité, la population est disparue, mais il reste de l’habitat convenable). Six de ces populations sont considérées comme des cibles prioritaires dans le Plan de conservation du carex faux-lupulina du gouvernement du Québec; la septième population, celle de Sainte-Anne-de-Sabrevois, est également ciblée dans le présent programme de rétablissement fédéral, parce que des mesures de réintroduction y ont été réalisées avec succès après la publication du plan de conservation provincial, en 2006. En Ontario, l’habitat essentiel est désigné à six des sept localités abritant actuellement des populations de carex faux-lupulina. Des précisions sur les limites de la localité de Lambeth sont nécessaires pour la désignation de l’habitat essentiel à cet endroit.

Les limites des localités où se trouve de l’habitat essentiel correspondent à celles des boisés et des milieux humides connexes renfermant de l’habitat convenant à l’espèce. Cependant, tout élément se trouvant à l’intérieur de ces limites mais ne possédant pas les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable (p. ex. champ cultivé, route) n’est pas considéré comme habitat essentiel. On trouvera à l’annexe D une liste des 13 parcelles d’habitat essentiel désignées au Québec et en Ontario, avec leur situation (présence de population existante, réalisation ou non de mesures de réintroduction ou de transplantation) ainsi que leurs coordonnées géographiques (résolution de 1 x 1 km). Aucune carte ou coordonnées permettant de situer l’habitat essentiel de manière plus précise sont fournies, car ces données sont jugées sensibles en Ontario.

7.2 Calendrier des études visant à désigner l’habitat essentiel

Tableau 3. Calendrier des études

Description de l’activitéRésultat ou justificationÉchéancier
Déterminer si des individus et/ou de l’habitat convenable sont toujours présents dans les localités de Galt et d’Amherstburg, en Ontario; établir les limites de la localité de Lambeth, en Ontario et caractériser la population d’Oka, au Québec.Désignation d’habitat essentiel additionnel2013-2018

7.3 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'une partie de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. (Gouvernement du Canada, 2009).

Deux grands facteurs liés aux activités humaines risquent de détruire l’habitat essentiel du carex faux-lupulina.

Changements dans le régime hydrologique

  • Les changements du niveau de l’eau causés par le drainage, la construction de barrages, la régularisation des cours d’eau ou des activités similaires peuvent provoquer une érosion des berges, une saturation trop élevée du substrat ou un assèchement du substrat, ou avoir un impact indirect sur la fermeture du couvert végétal. Cela peut rendre le site impropre à la germination des graines ou à la croissance des individus, qui exigent un sol présentant un certain degré de saturation en eau. De plus, les individus peuvent subir une réduction de leur vigueur, à cause de la compétition accrue d’autres espèces végétales. Les sites devenant plus secs sont plus facilement colonisés par les plantes concurrentes, particulièrement par les espèces envahissantes, ce qui peut entraîner une fermeture du couvert végétal et accroître l’ombrage.

Destruction ou dégradation de l’habitat

  • L’aménagement d’infrastructures (p. ex. routes, sentiers, maisons, quais, ouvrages de stabilisation des rives) ainsi que les changements dans l’utilisation des terres (p. ex. récolte de bois, fauchage, récolte de foin) peuvent provoquer la destruction directe et/ou la fragmentation de l’habitat et ainsi réduire à la fois la quantité d’habitat convenable disponible et la connectivité entre les populations.
  • La récolte d’arbres et les activités récréatives peuvent altérer la structure du sol en raison du compactage causé par le passage de machines ou le piétinement, ce qui peut nuire à la croissance des individus ou à la germination des graines.
  • Le dépôt d’ordures ou de débris peut faire obstacle à la production de graines ou nuire à la vigueur des individus.

Ces exemples ne constituent pas une liste exhaustive des activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel du carex faux-lupulina.

Haut de la page

8. Mesure des progrès

L’indicateur de rendement présenté ci-dessous doit permettre de définir et de mesurer les progrès réalisés vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Le succès de la mise en œuvre du présent programme de rétablissement sera évalué tous les cinq ans, selon l’indicateur de rendement suivant :

  • L’effectif et la zone d’occupation du carex faux-lupulina au Canada ont été maintenus ou, dans la mesure du possible, augmentés.

Haut de la page

9. Énoncé sur les plans d’action

Un ou plusieurs plans d’action pour le carex faux-lupulina seront affichés dans le Registre public des espèces en péril à l’intérieur d’un délai de cinq ans suivant la publication de la version finale du programme de rétablissement.

Haut de la page