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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la loutre de mer au Canada – Mise à jour

Mise à jour

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC

sur la

Loutre de mer

Enhydra lutris

au Canada

Loutre de mer

ESPÈCE MENACÉE 2000

 
COSEPAC logo

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l'information contenue dans le rapport doit mentionner le rapport (et citer ses auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit mentionner l'évaluation (et citer le COSEPAC). Une note de la rédaction présentera le cas échéant tout renseignement additionnel jugé nécessaire concernant l'évolution du rapport de situation.

COSEPAC 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la loutre de mer (Enhydra lutris) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. v + 18 p.

(http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm).

WATSON, J.C., G.M. ELLIS, T.G. SMITH et J.K.B. FORD. 1996. Rapport du COSEPAC sur la situation de la loutre de mer (Enhydra lutris) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-18.

Rapport précédent :

MUNRO, W.T. 1978. COSEWIC status report on the Sea Otter Enhydra lutris in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa . 12 p.

MACASKIE, I. 1986. Update COSEWIC status report on the Sea Otter Enhydra lutris in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 16 p.

Note de production :

Veuillez remarquer que le statut proposé à la section « Évaluation et statut proposé » du rapport peut différer de la dernière désignation assignée à l’espèce par le COSEPAC.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Sea Otter Enhydra lutris au Canada.

Illustration de la couverture :

Loutre de mer – Judie Shore, Richmond Hill (Ontario)

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003

No de catalogueCW69-14/80-2003F-IN

ISBN0-662-88418-3

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l'évaluation – Mai 2000

Nom commun : loutre de mer

Nom scientifique : Enhydra lutris

Statut : Espèce menacée

Justification de la désignation : Auparavant en voie de disparition, cette population augmente et occupe maintenant deux sites au large de la côte de la Colombie-Britannique. Elle n’est pas en danger imminent de disparition du Canada. Cependant, elle reste en péril en raison de la possibilité de contamination de l’environnement, de conflits dans le domaine des pêches.

Répartition : Colombie-Britannique, Océan Pacifique

Historique du statut : Espèce désignée en « voie de disparition » en avril 1978. Réexamen et confirmation du statut en avril 1986. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « menacée » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000, dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.


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COSEPAC Résumé du Rapport de situation 1996

Loutre de mer

Enhydra lutris

La loutre de mer (Enhydra lutris) fréquentait autrefois tout le nord du Pacifique, depuis la côte centrale de la Basse-Californie jusqu'au nord du Japon. La chasse intensive pour la fourrure pratiquée aux XVIIIe et XIXe siècles a décimé l'espèce dans la majeure partie de son aire de répartition. Protégée depuis 1911, l'espèce occupe aujourd'hui à peu près la moitié de son aire de répartition historique. À l'heure actuelle, la population mondiale de loutres de mer s'élève à quelque 150 000 individus. La population de Colombie-Britannique, issue des 89 animaux réintroduits dans l'île de Vancouver entre 1969 et 1972, s'est accrue à un rythme stable de 19,6 p.100 par année, rythme semblable à celui des populations réintroduites dans le Washington et le sud de l'Alaska. En 1993, on dénombrait au moins 1 078 loutres de mer dans la province, dont la plupart se trouvaient près de l'île de Vancouver. On en a aussi observé au moins 135 près de l'île Goose, à 125 km au nord de l'île de Vancouver; l'origine de ce dernier groupe est incertaine. La loutre de mer est actuellement considérée comme une espèce en voie de disparition en Colombie-Britannique et est protégée en vertu des réglementations provinciales et fédérales.


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MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Introduction

La loutre de mer, Enhydra lutris (Linné, 1758), est l'un des plus gros membres de la famille des Mustélidés, mais c'est le plus petit des mammifères marins (Estes, 1980). Le mâle adulte (figure 1) peut peser jusqu'à 45 kg et atteindre 1,4 m de longueur; la femelle est plus petite (Kenyon, 1969; Estes, 1980). Contrairement aux autres mammifères marins, chez qui la graisse sert d'isolant contre le froid, la loutre n'est protégée contre les eaux glacées de l'océan que par son épaisse fourrure (Kenyon, 1969). Son pelage, de brun pâle à brun foncé, grisonne souvent avec l'âge, notamment autour de la tête (Kenyon, 1969; Garshelis, 1984). La loutre de mer a un rythme métabolique élevé et consomme chaque jour jusqu'au quart de son poids corporel en aliments (Riedman et Estes, 1990). Elle se nourrit d'invertébrés benthiques et limite ainsi souvent l'abondance de ses proies, ce qui a de lourdes conséquences écologiques sur la structure des communautés (Estes et al., 1989). Deux rapports du COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) sur la situation des populations de loutres de mer au pays ont déjà été publiés, l'un rédigé par Monroe (1978) et l'autre par MacAskie (1986).

Figure 1. Loutre de mer, Enhydra lutris. Photographie aimablement communiquée par l'Aquarium de Vancouver.

Figure 1. Loutre de mer, Enhydra lutris. Photographie aimablement communiquée par l'Aquarium de Vancouver.

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Répartition

La loutre de mer fréquentait autrefois tout le littoral du Pacifique, depuis le nord du Japon jusqu'au centre de la Basse-Californie (figure 2) (Kenyon, 1969; Riedman et Estes, 1990). La chasse intensive pour la fourrure, qui a débuté dans les années 1740, a failli exterminer l'espèce (Kenyon, 1969). Les loutres de mer ont été protégées en 1911, alors qu'il n'en restait plus que 2 000 réparties en 13 groupes reliques (figure 2) (Kenyon, 1969).

Plusieurs de ces groupes restants ont vu leurs effectifs décliner jusqu'à l'extinction, probablement à cause de leur petite taille. L'un d'eux, qui fréquentait les eaux des îles de la Reine-Charlotte, est disparu; la dernière loutre de mer à habiter les eaux (canadiennes) de la Colombie-Britannique a été abattue en 1929 au large de l'île de Vancouver (Cowan et Guiguet, 1960; Kenyon, 1969; Monroe, 1985).

La loutre de mer occupe aujourd'hui à peu près la moitié de son aire de répartition historique (figure 2) : le nord du golfe d'Alaska, les Aléoutiennes, la péninsule du Kamtchatka et l'archipel des Kouriles (Estes, 1990a). De vastes superficies sises au sud du golfe d'Alaska demeurent inhabitées, sauf pour ce qui est des populations récemment réintroduites dans le sud-est de l'Alaska, en Colombie-Britannique et au Washington, et d’une population relique en Californie.

Figure 2.  Répartition historique et actuelle de la loutre de mer, avec indications pour les colonies restantes et les populations déplacées (translocation)

Figure 2.  Répartition historique et actuelle de la loutre de mer, avec indications pour les colonies restantes et les populations déplacées (translocation).

Durant les années 1960 et 1970, on a réintroduit des loutres de mer capturées à l'île Amchitka et dans le détroit Prince-William dans des habitats inoccupés en Alaska, en Colombie-Britannique, au Washington et en Oregon (Riedman et Estes, 1990; Estes, 1990b). Quatre-vingt-neuf loutres ont ainsi été réintroduites dans la baie Checleset, au nord-ouest de l'île de Vancouver : 29 en 1969, 14 en 1970 et 46 en 1972. En 1972, on observait des loutres de mer depuis les îles de la Reine-Charlotte jusque dans la baie Barkley, ce qui indique que certains des animaux déplacés se sont dispersés (Bigg et MacAskie, 1978). En 1977, des relevés aériens ont permis de repérer des loutres de mer près du lieu de translocation original de la baie Checleset, de même que près du récif Bajo, à l'île Nootka, à 75 km au sud-est (figure 3) (Bigg et MacAskie, 1978). Jusqu'en 1991, la population de loutres de mer de l'île de Vancouver était composée de deux groupes : un dans la baie Checleset et l'autre à proximité de l'île Nootka (MacAskie, 1987), mais à partir de 1992, elle occupait toute la région située entre la pointe Estevan et la baie Quatsino au nord-ouest (figure 3) (Watson, 1993). Entre 1977 et 1991, l'aire de répartition de cette population s'est agrandie au rythme de 15,3 p.100 par année (Watson, 1993).

En 1989, on a signalé un groupe de loutres de mer dans les îles Goose, à 125 km au nord-ouest de l'île de Vancouver (figure 3). Des loutres isolées ont été signalées dans les îles Goose en 1976 (Bigg et MacAskie, 1978) et plus tard, mais ce n'est qu'en 1989 qu'on y a observé pour la première fois des mères accompagnées de petits (D. Powers, gardien, Hakai Pass Recreational Area, c/o British Columbia Parks, Caribou District, 540 Borland Street, Williams Lake, B.C. V2G 1R8, communication personnelle). On ignore d'où viennent ces loutres de mer.

Figure 3. Répartition de la population de loutres de mer de Colombie-Britannique

Figure 3. Répartition de la population de loutres de mer de Colombie-Britannique.

 

Entre 1965 et 1969, on a réintroduit des loutres de mer en divers endroits dans le sud-est de l'Alaska (Jameson et al., 1982; Riedman et Estes, 1990), ce qui pourrait expliquer les mentions confirmées au large de l'extrémité nord des îles de la Reine-Charlotte. En 1969 et 1970, on a transporté des loutres de mer dans l'État de Washington (Jameson et al., 1986). Ce sont sans doute des animaux de cette population que l’on a observés entre autres au large du sud de l'île de Vancouver et dans le détroit de Georgia. La population de loutres de mer de Californie, un groupe relique, s'étend des environs de la pointe Ano Nuevo jusqu'à Point Sal (Riedman et Estes, 1990; J. Estes, National Biological Survey, University of California, Santa Cruz, Californie 95064, communication personnelle).

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Protection

La loutre de mer est protégée depuis 1911 en vertu du Traité international sur le phoque à fourrure, signé par les États-Unis, la Russie, le Japon et la Grande-Bretagne (pour le Canada). Au Canada, elle est protégée en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral ainsi que de la Loi sur la faune et de son règlement d'application en Colombie-Britannique. En 1980, l'espèce a été désignée « en danger de disparition » par le CSEMDC (Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, ancien nom du COSEPAC) ainsi qu’en vertu de la Loi sur la faune de la Colombie-Britannique, désignation également retenue par MacAskie (1987). Aux États-Unis, la loutre de mer est protégée en vertu du Marine Mammal Protection Act de 1972, qui interdit de la capturer ou de la harceler, sauf aux fins de l’exposition publique ou de la recherche scientifique. Les peuples autochtones de l'Alaska sont autorisés à capturer des loutres de mer à des fins traditionnelles. En Californie, où elle est considérée comme une sous-espèce distincte (Wilson et al., 1991), la loutre de mer est désignée « menacée » (« threatened ») en vertu du Endangered Species Act de 1972 (Estes, 1990b).

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Taille et tendances des populations

Avant son exploitation commerciale, la population mondiale de loutres de mer comptait entre 150 000 et 300 000 individus. Cette estimation est toutefois hautement spéculative, et certains auteurs croient que la population était beaucoup plus abondante (Kenyon, 1969; Johnson, 1982). Depuis qu'elle est protégée, l'espèce s'est rétablie dans de nombreux endroits. Depuis le nord du golfe d'Alaska jusqu'à l'archipel des Kouriles, en passant par l'archipel des Aléoutiennes, les loutres de mer ont probablement atteint ou sont sur le point d'atteindre leur densité d'équilibre dans la majeure partie de leur aire de répartition (Estes, 1990b). La taille des populations récemment réintroduites ou restantes dans le sud-est de l'Alaska, en Colombie-Britannique, au Washington et en Californie est en hausse.

La population de loutres de mer de Colombie-Britannique, aujourd'hui bien établie, est issue des 89 animaux réintroduits entre 1969 et 1972. D'après les dénombrements effectués à partir d'avions, d'hélicoptères et de petits bateaux, cette population a augmenté à un rythme stable de 19,6 p.100 par année, passant de 70 animaux en 1970 à 1 078 en 1993 (tableau 1, figure 4, Watson, 1993). Ce taux d’accroissement, qui pourrait s’approcher du taux maximal (Caughley, 1977), est semblable à celui des populations réintroduites dans le sud-est de l'Alaska et le Washington, et est presque identique au taux instantané de 17,7 p.100 par année calculé par Estes (1990a) à partir des données de 1977, 1984 et 1987. D'après Estes (1990a), si l'on fait une extrapolation rétrospective de cette courbe de croissance, la population déplacée aurait décliné à 28 individus en 1973. Aujourd'hui, certaines portions de la population de loutres de mer de la Colombie-Britannique pourraient avoir atteint la densité d'équilibre (Watson, 1993).

 

Figure 4.  Croissance de la population de loutres de mer de Colombie-Britannique entre 1977 et 1993. La population s'est accrue au rythme de 19,6 p.100 par année (r2 = 0,961) depuis 1977.

Figure 4.  Croissance de la population de loutres de mer de Colombie-Britannique entre 1977 et 1993. La population s'est accrue au rythme de 19,6 p.100 par année (r2 = 0,961) depuis 1977.

 

Tableau 1. Dénombrements maximums de la population de loutres de mer de Colombie-Britannique effectués entre 1977 et 1983 à partir d'aéronefs ou de navires. La population est répartie entre plusieurs groupes : baie Checleset, baie Kyuquot, îles Nuchatlitz, île Nootka, nord-ouest de la baie Checleset (péninsule Brooks et baie Quatsino) et îles Goose.
Année

Nombre

total

Baie

Checleset

Baie

Kyuquot

Îles

Nuchatlitz

Île

Nootka

Péninsule

Brooks

Baie

Quatsino

Îles

Goose

Source
    1977          70            55           15   Bigg et MacAskie, 19771
    1978          67            51           16   Morris et al., 1979, 19811
    1982        116            97           19   Rigg, données inédites1
    1984        345          196         149   MacKaskie, 19841,3
    1987        373          234         139   Bigg et Olesiuk, données inédites1
    1988        357          204         153   Watson, 19931
    1989        582          329          25        216          12 Watson, 1993, MacKaskie, données inédites2,3
    1990        668          288        173              5       138            856Watson, 1993, Powers, 1989, données inédites2,3
    1991           230          66              7            -            80 112Watson, 19933
    1992            -          257          48          227            -          116           -168Watson, données inédites –B.C. Parks2,3
    1993      1123          271        103          198       166          245           5135Watson et al., 1993, données inédites3
    1994            -          413        397          149       125            96           4-Watson et al., 1994, données inédites3
    1995      1522          530        252          149       257            85       15099*Watson (le présent rapport)

oI.B. MacAskie, West Coast Whale Research Foundation, 7468 Lantzville, B.C. V0R 2H0 .

Les conditions n'ont pas permis de faire de dénombrements dans les régions marquées "-". Les indices indiquent la méthode de dénombrement : 1avion, 2hélicoptère, 3petit bateau, * dénombrement incomplet.

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Habitat

La loutre de mer habite les eaux côtières peu profondes et s’aventure rarement au-delà de 1 ou 2 km des côtes. Elle se nourrit habituellement à des profondeurs de 30 mou moins et cherche sa nourriture dans des zones au substrat rocheux ou meuble (Riedman et Estes, 1990). Les loutres de mer, particulièrement les mères accompagnées de nouveau-nés, semblent préférer les herbiers d’algues brunes. Ces algues ne sont cependant pas un élément essentiel de leur habitat, car on trouve d'importantes populations dans des régions dépourvues de grands peuplements d’algues brunes (Riedman et Estes, 1990). L’utilisation de l’habitat varie selon le climat et l’état de l’océan. Autour de l’île de Vancouver, par exemple, les loutres se déplacent vers le large pendant des périodes prolongées d’eaux calmes et se rassemblent dans les zones protégées des côtes au cours des tempêtes. (Morris et al., 1981; Watson, 1993).

En Colombie-Britannique, la réserve écologique de la baie Checleset a été créée en 1981 pour protéger l'habitat de la loutre de mer. Quant aux loutres qui fréquentent les eaux des îles Goose, elles se trouvent dans les limites de l’aire récréative du passage Hakai (Hakai Pass Recreational Area). Ces zones relèvent cependant du gouvernement provincial et ne sont que partiellement protégées contre la récolte commerciale des coquillages, qui relève du fédéral.

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Biologie générale

Capacité de reproduction

La plupart des femelles atteignent la maturité sexuelle à trois ans ou plus (Bodkin et al., 1993), et les mâles à cinq ou six ans (Riedman et Estes, 1990). Les femelles donnent naissance à un seul nouveau-né, à peu près une fois par année (Bodkin et al., 1993). La mise bas se fait normalement dans l’eau; les jumeaux sont rares (Kenyon, 1969).

Si l’on se fie au nombre de juvéniles d'assez grande taille, mais toujours dépendants de leur mère, observés près de l’île de Vancouver en juillet, il semble que beaucoup d’entre eux naissent entre avril et juillet, comme c'est également le cas en Alaska (Payne et Jameson, 1984; Garshelis et al., 1984; Riedman et Estes, 1990; Watson, 1993; Bodkin et al., 1993). Les naissances peuvent toutefois avoir lieu pendant toute l’année. La période de dépendance des nouveau-nés varie, mais dépasse rarement un an (Riedman et Estes, 1990; Bodkin et al., 1993).

En Colombie-Britannique, les estimations annuelles du taux de natalité de la population (petits/adulte) varient entre 0,12 et 0,33 (Watson, 1993). Les taux sont semblables en Alaska (0,30 petit/adulte) et en Californie (0,20 petit/adulte), bien que la période de naissance soit plus longue en Californie, ce qui rend difficile la comparaison des taux de natalité (Estes, communication personnelle). Il faut souligner qu'il est facile de surestimer ou de sous-estimer l'abondance des petits si les aires de forte et de faible mise bas ne sont pas dénombrées de façon égale (Simon-Jackson, 1986; Jameson et al., 1986; Estes, 1990a).

Déplacements (individuels) de l'espèce

Les loutres de mer ne sont pas migratrices. Les tendances dans les déplacements et l'organisation sociale en Colombie-Britannique ressemblent à celles observées en Alaska et en Californie. La ségrégation est basée sur le sexe et l'âge, mais cela varie quelque peu selon la saison. En général, les mâles et les femelles se reposent dans des endroits différents. Les territoires occupés par les mâles adultes chevauchent ceux des femelles, notamment pendant la saison de reproduction à l'automne. En Californie et en Alaska, on observe de vastes groupes de mâles en périphérie de l'aire de répartition. Ces groupes sont composés d’adultes et de jeunes adultes, les reproducteurs se joignant à eux en dehors de la saison de reproduction. Ce sont en général les mâles qui explorent de nouveaux territoires; les femelles occupent plutôt les secteurs fréquentés depuis longtemps par l'espèce, qu’elles n'élargissent que lorsque les groupes de mâles abandonnent leurs territoires (Loughlin, 1980; Ribic, 1982a, 1982b; Garshelis et al., 1984; Wendell et al., 1986; Pitcher, 1989, recension dans Riedman et Estes, 1990).

Les mâles et les femelles établissent tout deux des domaines vitaux (Jameson, 1989) dont la taille dépend dans une large mesure de la saison. Les domaines vitaux des mâles sont sensiblement plus vastes que ceux des femelles, ce qui reflète les déplacements saisonniers des reproducteurs. En comparaison, les femelles sont sédentaires. Les déplacements quotidiens varient selon le statut territorial du mâle et la présence d'un petit avec la femelle (Jameson, 1989, recension dans Riedman et Estes, 1990).

Comportement et adaptabilité

En Colombie-Britannique, les loutres de mer se méfient des humains et sont facilement perturbées par le passage des bateaux, notamment les femelles accompagnées de petits. Mais comme leur aire de répartition est de plus en plus fréquentée par les touristes, cette méfiance pourrait s’atténuer. Les loutres qui se tiennent près des zones habitées se font à la présence des humains (voir par exemple Woolfenden, 1985).

Le régime alimentaire de la loutre de mer varie considérablement d'un individu à l'autre. Très adaptable, l’espèce exploite souvent les ressources alimentaires qui abondent de façon saisonnière, comme les calmars en période de fraye (Riedman et Estes, 1990) ou les crabes rouges pélagiques lors des perturbations causées par El Niño (Riedman et Estes, 1990). Un cas notoire est celui de cette loutre mâle qui a appris à mordre dans de vieilles boîtes de conserve en aluminium pour y dénicher les pieuvres qui s'y cachaient (McCleneghan et Ames, 1976). En Californie, les préférences alimentaires des loutres semblent transmises par la mère (Lyons, 1989).

Les loutres de mer consomment surtout des coquillages. Toutefois, dans certaines parties de l'Alaska, où elles sont établies depuis longtemps, le poisson constitue un élément important de leur régime (Estes 1977), phénomène que l'on pourrait associer à l'augmentation de l'abondance du poisson et au déclin de l'abondance des coquillages (Estes et al., 1978). Selon Estes (1990a), l'inclusion du poisson dans leur régime alimentaire pourrait accroître la densité d'équilibre des populations de loutres. La prédation des poissons pourrait être une stratégie d'alimentation dont ont été privées de nombreuses populations lorsqu’il ne restait plus que quelques colonies reliques à la fin de l'ère de la chasse pour la fourrure (Estes et al., 1989). On n'a jamais vu de loutre de mer manger du poisson en Colombie-Britannique.


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Facteurs limitatifs

La chasse pour la fourrure pratiquée aux XVIIIe et au XIXe siècles a décimé les loutres de mer dans la majeure partie de leur aire de répartition. Aujourd'hui, la population mondiale de loutres de mer ne cesse de croître, et cette tendance devrait se maintenir tant qu'il y aura des milieux convenables inoccupés (Estes, l990b).

Le manque de nourriture est probablement la première cause de mortalité dans les populations de loutres de mer qui ont atteint, ou presque, la densité d'équilibre (Riedman et Estes, 1990). À part les humains, les principaux prédateurs de l'espèce sont le Pygargue à tête blanche, Haliaeetus leucocephalus, (Sherrod et al., 1975), l'épaulard, Orcinus orca, (Riedman et Estes, 1990) et les requins (Ames et Morejohn, 1980). En Colombie-Britannique, les causes de mortalité chez la loutre n'ont fait l'objet d’aucune étude. Toutefois, comme les Pygargues à tête blanche y sont communs, ils pourraient être une importante cause de mortalité chez les petits. Les épaulards constituent probablement une cause négligeable de mortalité, bien qu’on en ait déjà observé en train de poursuivre et de manger des loutres de mer dans la baie Kyuquot (Watson, 1993), en Colombie-Britannique, et dans l'île Amchitka, en Alaska (Estes, communication personnelle). Une carcasse de loutre trouvée près de Kyuquot, en Colombie-Britannique, portait des blessures qui pourraient avoir été causées par une hélice de bateau (G. Ellis, données inédites).

Les dangers attribuables aux humains sont localisés. Il s’agit notamment de la contamination de l'environnement, des conflits avec les pêches commerciales, des prises accidentelles et de la possibilité d'une reprise de la chasse par les Autochtones.

Contamination de l'environnement

La plus grande menace à peser sur la loutre de mer vient probablement des déversements d’hydrocarbures (Geraci et St. Aubin, 1980; Geraci et Williams, 1990; Ralls et Siniff, 1990). Le pétrole présente en effet plusieurs dangers pour l'espèce. Il détruit les propriétés imperméabilisantes de sa fourrure et permet ainsi à l'eau froide d'entrer en contact avec la peau de l'animal, ce qui peut entraîner l'hypothermie. L'inhalation des vapeurs volatiles de pétrole provoque des lésions aux poumons et aux autres organes. Enfin, l'animal qui ingère des hydrocarbures en faisant sa toilette ou en mangeant risque de léser ses organes internes (Geraci et Williams, 1990). Par ailleurs, comme les peuplements d’algues brunes où les loutres se rassemblent et passent beaucoup de temps retiennent les hydrocarbures, les animaux risquent d’y être exposés en grand nombre (Ralls et Siniff 1990).

Des méthodes ont été mises au point pour dépolluer les loutres mazoutées (Costa et Kooyman, 1984; Davis et al., 1988; Geraci et Williams, 1990; Degange et al., 1994), mais certains doutent de leur efficacité à l’échelle de la population (Estes, 1991). Le 24 mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s'est échoué dans le détroit Prince-William, y déversant 10 millions de gallons (37,8 millions de litres) de pétrole brut et tuant au moins 1 013 loutres de mer (Bayha et Kormendy, 1990; Estes, 1991; Ballachey et al., 1994); d'autres animaux ont sans doute coulé et n'ont jamais été récupérés. Le 22 décembre 1988, 231 000 gallons (875 000 litres) de pétrole se sont échappés de la barge Nestucca, se répandant vers le nord depuis Grays Harbour, dans le Washington. Ce déversement relativement petit a tué au moins une loutre de mer dans la baie Checleset, en Colombie-Britannique (Waldichuck, 1989; Watson, 1990). Le transport des hydrocarbures qui continue le long de la côte de la Colombie-Britannique constitue une importante menace pour la population de loutres de mer de la province.

On connaît mal les effets des toxiques environnementaux sur la loutre de mer, bien qu'on ait relevé des concentrations variables d'hydrocarbures chlorés et de métaux lourds dans les tissus de certains animaux (Riedman et Estes, 1990). Si l’on se fie au taux élevé de croissance démographique observé dans la majeure partie de son aire de répartition, les toxiques environnementaux ne semblent pas constituer pour l'instant une menace appréciable pour la loutre (Riedman et Estes, 1990); certaines données récentes indiquent toutefois que des concentrations localement élevées pourraient avoir une incidence sur la mortalité des loutres avant le sevrage (Estes, communication personnelle).

Conflits avec les pêches

Les loutres de mer peuvent limiter l'abondance de nombreuses espèces commerciales de coquillages (Johnson, 1982; Estes et VanBlaricom, 1985; Pitcher, 1989), ce qui a suscité un grave conflit avec les pêcheurs commerciaux (Estes et VanBlaricom, 1985). La loutre a ainsi eu une incidence sensible sur la pêche de la palourde pismo dans le centre de la Californie (Wendell et al., 1986), sur la densité des bivalves en Alaska (Kvitek et al., 1992; Kvitek et Oliver, 1992) et sur l'abondance des oursins dans certaines parties de la Colombie-Britannique (Morris et al., 1979, 1981; Breen et al., 1982; Watson, 1993). S’il n’y a pas encore de problèmes à propos des loutres de mer et des stocks de coquillages en Colombie-Britannique, la situation pourrait changer à mesure que l'espèce élargira son aire de répartition.

Prises accidentelles de loutres de mer

La pêche au filet en Californie a probablement limité ou même réduit la population méridionale de loutres de mer (Wendell et al., 1985). On a par ailleurs signalé des prises accidentelles dans le sud-est de l'Alaska et dans le détroit Prince-William, mais on ignore quelles répercussions elles peuvent avoir sur la population de loutres de mer (Matkin et Hay, 1980; Simon-Jackson, 1986). En Colombie-Britannique, on pêche le saumon et le hareng au filet, mais aucune prise accidentelle n'a été signalée. L'expansion de l’aire de la loutre de mer dans des régions où l'on pratique la pêche au filet, notamment la pêche du saumon, pourrait avoir localement des répercussions sur l'abondance de l'espèce.

 

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Importance de l'espèce

Après avoir failli disparaître, la loutre de mer a remarquablement bien récupéré, notamment grâce aux lois qui la protègent, à l'abondance des milieux convenables inoccupés et au succès des activités de réintroduction (Mason et Macdonald, 1990). La population mondiale de loutres de mer est estimée à quelque 150 000 individus, dont la plupart se trouvent entre le golfe d'Alaska et l'archipel des Aléoutiennes (Estes, 1980; Riedman et Estes, 1990).

À cause de son apparence de « petit ourson », de l’extinction qu’elle a évitée de justesse, de son rôle important dans la structure des communautés littorales et de sa vulnérabilité face aux déversements d'hydrocarbures, la loutre de mer jouit d’un bon capital de sympathie auprès du public. Elle s'adapte bien à la captivité et est populaire dans les jardins zoologiques et les océanariums. De surcroît, elle se sert de pierres et d'autres objets durs pour briser l'exosquelette de ses proies, ce qui en fait, avec les primates, le seul mammifère connu à avoir recours à des outils.

La loutre de mer, Enhydra lutris, est le seul membre du genre Enhydra. On en connaît trois sous-espèces : l'Enhydra lutris lutris, que l'on trouve depuis les îles Kouriles jusque dans les îles du Commandeur; l'Enhydra lutris kenyoni (Wilson et al., 1991), que l'on trouvait autrefois depuis les îles Aléoutiennes jusqu'en Oregon; et l'Enhydra lutris nereis, que l'on trouve aujourd’hui seulement en Californie. L'aire de répartition historique de cette dernière soulève toutefois la controverse (Riedman et Estes, 1990).

Aux États-Unis, le Marine Mammal Protection Act permet aux peuples autochtones de l'Alaska de récolter des loutres de mer à des fins traditionnelles (Samuel et Foin, 1983; Simon-Jackson, 1986). Le nombre de loutres capturées a considérablement augmenté ces dernières années, passant de 55 animaux en 1988 à au moins 1 030 en 1993 (J. Bodkin, National Biological Survey, 1011 East Tudor Road, Anchorage, Alaska 99503, communication personnelle). On ignore quel impact a cette récolte sur les populations locales de loutres de mer (Estes, 1990b).

La loutre de mer a une lourde incidence sur la structure des communautés du littoral rocheux (Estes et Palmisano, 1974; Estes et al., 1978, 1989). Comme elle se nourrit d'invertébrés herbivores, notamment les oursins, elle réduit la pression exercée par le broutage et accélère la croissance des algues charnues, notamment les algues brunes comme les laminaires (Estes et al., 1978; Breen et al., 1982; Watson, 1993). C'est ainsi que les communautés du littoral rocheux des régions qu’elle fréquente sont souvent caractérisées par une abondance d'algues charnues, tandis que celles des régions où elle est absente sont dominées par les oursins et ne comptent que de rares algues charnues (Estes et Duggins, sous presse).


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Évaluation

Bien que la chasse pratiquée par les Autochtones puisse avoir fait disparaître localement la loutre de mer avant l'arrivée des Européens (Simenstad et al., 1978), c’est quand même la chasse intensive pour la fourrure, amorcée dans les années 1740, qui a mené les populations de loutres au bord de l’extinction. La loutre de mer a été protégée en 1911 et est revenue à son abondance historique dans la majeure partie de son aire de répartition. En Colombie-Britannique, la population de loutres de mer réintroduites augmente pratiquement au rythme maximum (Estes, 1990a; Watson, 1993).

En dépit de l'augmentation de ses effectifs et de l'étendue de son aire géographique, la population de loutres de mer de Colombie-Britannique est encore relativement petite et peu étendue, ce qui la rend vulnérable face aux catastrophes environnementales, comme les déversements d'hydrocarbures. Si l'espèce n'est plus en danger imminent de disparition dans les eaux canadiennes, elle est toujours exposée à un éventail de menaces réelles et potentielles et devrait demeurer dans une catégorie de risque qui assurera la permanence de sa protection et de sa gestion. En la classant dans la catégorie d'« espèce menacée » du COSEPAC, on la maintiendrait dans la liste des espèces susceptibles de disparaître en l'absence d'activités de surveillance de leur répartition et de leurs effectifs.

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Remerciements

Le Service canadien de la faune a fourni une aide financière pour la rédaction de ce rapport. La recherche sur le terrain a été soutenue par le ministère des Pêches et des Océans du Canada, le ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique, le Fish and Wildlife Service des États-Unis, l'Aquarium de Vancouver, la University of Californie à Santa Cruz, la Western Canadian Universities Marine Biological Station, l'Archipelago Marine Research, la West Coast Whale Research Foundation, et l'organisme Friends of the Ecological Reserves. Le ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique et le ministère des Pêches et des Océans ont gracieusement mis des données inédites à la disposition des chercheurs. Enfin, le manuscrit a bénéficié des observations de James Estes, d'Ian MacAskie, de Ric Simmons et d'Andrew Trites.

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Ouvrages cités

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