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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le spatulaire (Polyodon spathula) au Canada – Mise à jour

Résumé

Chouette tachetée du Nord

Strix occidentalis caurina

Répartition

La Chouette tachetée du Nord se reproduit dans les montagnes du littoral ainsi que sur les versants est et ouest de la chaîne des Cascades, à partir du nord de la Californie, en traversant les États de l'Oregon et de Washington, jusque dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (C.-B.). Au Canada, son territoire se limite à la C.-B. où on la retrouve jusqu'au lac Anderson au nord, Mowhawkum Creek à l’est et la rivière Capilano à l'ouest. L'habitat de la Chouette tachetée du Nord s'étend du niveau de la mer jusqu'à une altitude d'environ 1 370 mètres dans le nord de son aire de répartition.

Protection

En Colombie-Britannique, l'article 34 de la Wildlife Act protège la Chouette tachetée du Nord en interdisant la collecte des œufs ou la destruction des oisillons, des adultes nicheurs ou des nids actifs. L'espèce figure aussi sur la liste rouge de la Direction provinciale de la faune. En 1995, le gouvernement de la C.-B. a annoncé un programme de gestion de la Chouette tachetée du Nord fondé sur trois approches : une stratégie de zones protégées (la Protected Areas Strategy), un code de pratiques forestières (le Forest Practices Code) et une série d'autres initiatives relatives à l'utilisation des terres et à la gestion des ressources.

Population

En C.-B., on estime actuellement qu'il y a moins de 100 couples résidents de Chouettes tachetées du Nord. Entre 1985 et 1996, au moins 98 chouettes adultes ont été répertoriées à 60 sites; 38 d'entre elles formaient des couples résidents. Au cours des dernières années, on a confirmé la reproduction de chouettes dans ces sites et on a répertorié des couples à 25 des 39 sites actifs. En 1985, le sud-ouest de la C.-B. comptait six sites de Chouettes tachetées du Nord; trois autres ont été découverts en 1986, et on a observé trois nouveaux couples et deux chouettes seules en 1987.

Les tendances de la population de l'espèce sont difficiles à déterminer pour les raisons suivantes : 1) l'intensité des efforts de recensement a augmenté au cours des dernières années; 2) l'espèce a une vaste aire de répartition et une faible densité, ce qui la rend difficile à surveiller; 3) à cause de la longévité des chouettes et de la présence d’adultes et de jeunes adultes seuls (non appariés), il est difficile de déterminer si les populations déclinent ou non. Même lorsqu'une population connaît un déclin généralisé, les chouettes territoriales qui meurent sont remplacées par des chouettes non appariées.

Comme la superficie de vieilles forêts a diminué dans le sud-ouest de la C.-B. depuis le début des années 1900, il est fort probable que les populations historiques de la Chouette tachetée du Nord étaient autrefois plus importantes et que l'aire de répartition de l'espèce était plus vaste. Par contre, bien que le développement urbain et agricole de la vallée du bas Fraser ait éliminé une grande partie de son ancien habitat, on remarque que l'aire de répartition de l'espèce s'est étendue vers l'intérieur dans la forêt de douglas bleus.

Habitat

La Chouette tachetée du Nord est associée à une forêt intérieure sèche composée de vieux peuplements ou de peuplements dont le stade d'évolution est avancé. On a longtemps présumé que l'espèce avait les mêmes besoins en matière d'habitat en C.-B. et dans l'État de Washington; une recherche approfondie s'impose toutefois pour évaluer les associations d'habitat de l'espèce dans la province.

Bien qu'elle utilise les peuplements mixtes de conifères et de feuillus, généralement dans des types de forêts humides, la Chouette tachetée du Nord préfère les peuplements où dominent les conifères. Les peuplements purs de feuillus sont parfois utilisés pour l'alimentation et le repos en été, mais jamais en hiver. Dans les types de forêts plus sèches, les Chouettes tachetées habitent les forêts composées exclusivement de sapins ou de mélanges de pins et de sapins ou d'autres conifères (mais comptant plus de 20 % de douglas et de sapins grandissimes). La composition et la structure de la forêt ont une incidence importante sur les espèces-proies de la Chouette tachetée. Par exemple, dans les forêts de douglas, les champignons ectomycorhiziens sont une importante source d'alimentation pour le grand polatouche, principale proie de la Chouette tachetée.

Dans certaines régions, les Chouettes tachetées utilisent des types de forêts plus jeunes, probablement surtout pour s'alimenter, mais leur densité y est très faible. Les jeunes forêts fréquentées par la Chouette tachetée du Nord présentent généralement des caractéristiques structurelles semblables à celles des vieux peuplements (grands arbres, chicots et arbres abattus), créées par des perturbations comme les incendies, les tempêtes de vent et la coupe d'écrémage. De tels habitats se rencontrent dans la zone du douglas bleu et dans la zone côtière de la pruche de l'Ouest submaritime, plus sèche.

Biologie

L'espèce est très territoriale, résidente et monogame. Bien que certains individus se reproduisent au cours de leur première année, la plupart des couples ne se reproduisent pas chaque année, et l'intervalle peut atteindre cinq ou six ans. Une couvée compte d'un à quatre oeufs. On ne possède aucun renseignement sur les paramètres démographiques de la Chouette tachetée en C.-B. D'après des études américaines, il y aurait une variabilité géographique, interannuelle et individuelle dans la reproduction. Dans certaines régions, 62 % des couples peuvent tenter de se reproduire, et le taux de réussite de la nidification varie de 0 à 100 %.

Facteurs limitatifs

Les principaux facteurs limitatifs de la Chouette tachetée du Nord sont la disponibilité de l'habitat (vieilles forêts ou forêts à un stade de succession avancé) et de la nourriture. L'exploitation forestière, en plus d'influer sur la configuration des paysages, empiète sur l'habitat général de la Chouette tachetée du Nord. La fragmentation de l'habitat, l'isolement et le manque de connectivité ont des répercussions sur le pouvoir de dispersion et le taux de mortalité des chouettes. L'exploitation forestière a aussi comme effet indirect d'améliorer l'habitat de certains des prédateurs et des concurrents de la Chouette tachetée du Nord (p. ex. le Grand-duc d'Amérique, l'Autour des palombes et la Chouette rayée).

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés et populations (importantes à l’échelle nationale) sauvages jugées en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, mollusques, lépidoptères, plantes vasculaires, lichens et mousses.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de représentants des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique) et de trois organismes non gouvernementaux, ainsi que des coprésidents des groupes de spécialistes des espèces. Le comité se réunit pour examiner les rapports sur la situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
*** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
**** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.