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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le spatulaire (Polyodon spathula) au Canada – Mise à jour

Habitat

La Chouette tachetée du Nord est associée aux forêts anciennes ou de stade de succession avancé de la côte nord-ouest du Pacifique, aux États-Unis, et en Colombie-Britannique. Peu de travaux ont été réalisés pour déterminer les exigences de la Chouette tachetée en matière d'habitat en Colombie-Britannique (Dunbar et Blackburn, 1994), et la plupart des extrapolations ont été faites à partir des données recueillies dans l'État de Washington, l'endroit le plus proche de la C.-B. où l'on trouve l'espèce (voir le résumé dans Hanson et al., 1993). Il est urgent d'entreprendre une recherche détaillée sur les besoins de l'espèce en matière d'habitat dans la province (SOMIT, 1997). Des études de radiotélémétrie montrent que la chouette préfère les peuplements forestiers matures ou vieux aux jeunes peuplements (p. ex. Forsman et al., 1984; Carey et al., 1990, 1992).

Dans les types de forêts humides, la Chouette tachetée exploite habituellement les peuplements où dominent les conifères, bien qu'elle utilise aussi les peuplements mixtes conifères-feuillus. Il peut arriver qu'elle fréquente des peuplements purs de feuillus pour s'alimenter et se reposer en été, mais jamais en hiver. Dans les types de forêts sèches, la chouette fréquente les peuplements purs de conifères ou les peuplement mixtes pins-conifères ou d'autres forêts mixtes de conifères (mais constituées de plus de 20 % de douglas, Pseudotsuga meziesii, et de sapin grandissime, Abies grandis). La composition et la structure des forêts a une énorme incidence sur les espèces-proies de la Chouette tachetée. Par exemple, les champignons ectomycorhiziens qui parasitent le douglas sont une importante source de nourriture pour le grand polatouche, Glaucomys sabrinus, qui est l'une des principale proies de la Chouette tachetée.

Les meilleurs habitats (pour la nidification, le repos, l'alimentation et la dispersion) sont généralement les peuplements de plus de 140 ans dont la classe de hauteur est supérieure à 2 (c.-à-d. les peuplements de type A décrits ci-dessous). Dans les zones maritimes plus humides, ces peuplements sont d'âges variés et de tailles multiples, constitués de multiples essences et dominés par les gros arbres (diamètre de 76 cm à hauteur de poitrine [dhp] avec une fermeture de couvert de 60 à 80 %) à une densité de 37 à 185 tiges/ha. On y trouve aussi beaucoup de gros arbres présentant des difformités (cavités, branches déformées, cimes brisées) et de chicots (76 cm dhp à 5 tiges/ha), de même que de débris ligneux au sol et d'arbres couchés (qui sont importants pour les mammifères-proies comme le grand polatouche, le campagnol, la musaraigne et la souris). Le couvert forestier doit être suffisamment ouvert pour que la chouette puisse voler à l'intérieur et en-dessous (voir Thomas et al., 1990; USDI, 1992; Hanson et al., 1993).

Les peuplements forestiers de 100 à 140 ans de classe de hauteur inférieure à 2 et de couvert de 60 à 80 % constituent un habitat de qualité moyenne (type B). Cet habitat présente peu d'étages de couvert et abrite de multiples essences, et les gros arbres (plus de 51 cm dhp) y dominent (247-457 tiges/ha, mais parfois seulement 86 tiges/ha si les arbres ont un gros dhp). Il abrite aussi quelques gros arbres avec des difformités, de même que de gros chicots (plus de 51 cm dhp), des débris ligneux au sol et des arbres couchés.

L'habitat de type C est d'une qualité marginale. Il s'agit de peuplements jeunes faisant suite à un déracinement par le vent ou à un incendie, mais comptant quelques composantes structurelles ou éléments anciens ou à maturité. Ce genre d'habitat peut également consister en un peuplement partiellement récolté (à raison de seulement 40 % de bois enlevé en volume), et qui abrite toujours certains des éléments structurels que privilégie la Chouette tachetée.

Dans certaines régions, la chouette fréquente des types de forêts plus jeunes, sans doute principalement pour se nourrir. Sa densité y est toutefois très faible. Les jeunes forêts qu'utilise la Chouette tachetée présentent généralement des caractéristiques structurelles semblables à celles des vieilles forêts (p. ex. gros arbres, chicots et arbres abattus) par suite de perturbations comme un incendie, une tempête de vent ou une coupe d'écrémage. On trouve ce genre d'habitat dans la zone du douglas bleu et dans la partie submaritime et plus sèche de la zone côtière de la pruche de l'Ouest, ce qui donne à penser que l'on pourrait, au moyen de mesures de gestion, y rendre certaines jeunes forêts adéquates pour la Chouette tachetée. Dans la partie plus humide de la zone côtière de la pruche de l'Ouest en Colombie-Britannique, on n'a jamais observé de Chouettes tachetées dans des forêts de moins de 120 ans (Blackburn, 1991).

Les types de forêts maritimes humides (zone côtière de la pruche de l’Ouest et zone de la pruche subalpine) de la C.-B. ressemblent à ceux du versant occidental de la chaîne des Cascades dans l'État de Washington; les types de forêts sèches (zone du douglas bleu, zone côtière submaritime de la pruche de l’Ouest et zone de la pruche subalpine sous le vent) ressemblent à ceux de son versant oriental, toujours dans le même État.

Dans les écosystèmes submaritimes secs, le meilleur habitat (type A) consiste en vieilles forêts de sapins gracieux, Abies amabilis, de douglas et de pins ponderosa, Pinus ponderosa. Encore une fois, le couvert y est composé de multiples essences et comporte de nombreux étages, et les gros arbres (plus de 51 cm dhp) y dominent (173-247 tiges/ha ou seulement 86 tiges/ha là où les arbres sont gros), dont certains présentent des difformités (voir plus haut). On y trouve aussi des gros chicots (51 cm dhp, plus de 7 tiges/ha), ainsi que des débris ligneux au sol et des arbres abattus (plus de 51 m dhp).

L'habitat de type B est lui aussi pluri-étagé et multi-essences, et abrite des arbres dominants d'environ 30 cm dhp. Pour être considérés comme des habitats de type B, les peuplements doivent être composés d'au moins 20 % de douglas ou de pruches dominants, et leur couvert doit être fermé à 50 %. L'habitat de type B abrite en plus des arbres vivants dominants présentant des difformités (profondes cavités, cimes brisées et infections par le faux-gui); au moins une partie des chicots et des arbres abattus doivent avoir la même taille (dhp) que celle des arbres vivants dominants.

Comme les écosystèmes humides, les habitats de type C consistent généralement en peuplements jeunes de hauteur faible ou moyenne, où restent encore certains éléments ou composantes structurelles âgés. Cet habitat peut être composé d'une mosaïque de petits peuplements âgés situés au milieu d'une zone de jeunes peuplements. Il s'agit parfois de sites qui avaient historiquement été classés de qualité supérieure (moins de 40 % de bois enlevé en volume), mais qui ont conservé des composantes structurelles ou de vieux peuplements. Les peuplements qui présentent des caractéristiques d'habitats de types A et B, mais qui poussent sur des sols rocheux ou pauvres, sont également classés de type C, comme ceux où dominent le pin ponderosa et où le douglas ne constitue que 10 % ou moins du couvert (SOMIT, 1997a).

Bien qu'il n'ait fait à ce jour l'objet d'aucune étude de radiotélémétrie en Colombie-Britannique, le domaine vital de la Chouette avait une taille médiane annuelle de 3 321 ha sur le versant occidental de la chaîne des Cascades, et de 2 675 ha sur son versant oriental (Hanson et al., 1993). Par conséquent, pendant la préparation du plan de gestion et des lignes directrices opérationnelles pour la C.-B., on s'est servi de la taille médiane annuelle du domaine vital de chaque partie de l'État de Washington pour correspondre avec les types d'écosystèmes humides et secs, tout comme on s'est servi de la superficie médiane d'habitat convenable au sein de chaque territoire. Il importe de garder à l'esprit que ces tailles ont été dérivées de petits échantillons provenant d'une population déclinante de Chouettes tachetées dans l'État de Washington; il faut donc les appliquer avec prudence aux forêts de la Colombie-Britannique. De surcroît, dans l'ouest des États-Unis, la taille du domaine vital augmente en remontant vers le nord, ce qui donne à penser que le domaine vital de la Chouette tacheté en Colombie-Britannique pourrait être encore plus vaste que ce que l'on suppose couramment (SOMIT, 1997a).