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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bouleau flexible au Canada

Évaluation et Rapport de situation
du COSEPAC
sur le
Bouleau flexible
Betula lenta
au Canada

Bouleau flexible (Betula lenta)

Espèce en voie de disparition
2004


COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
COSEWIC logo

COSEWIC
Committee on the status
of endangered wildlife
in Canada

 

Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bouleau flexible (Betula lenta) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 20 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier John D. Ambrose qui a rédigé le rapport de situation sur le bouleau flexible (Betula lenta), en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa  (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Cherry Birch Betula lenta in Canada.

Illustration de la couverture :
Bouleau flexible -- image de Britton et Brown, 1913.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006
PDF : CW69-14/467-2006F-PDF
ISBN 0-662-71740-6

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logo du COSEPAC
COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation - Avril 2006

Nom commun :
Bouleau flexible

Nom scientifique :
Betula lenta

Statut :
Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation :
Il s’agit d’un arbre caduque largement répandu de l’est de l’Amérique du Nord où une seule petite population en Ontario est connue. Cette population a connu un déclin considérable au cours des quatre dernières décennies avec moins de 15 arbres à l’état sauvage. Son habitat est entouré de lotissements résidentiels, et la population fait face à un risque permanent en raison des tempêtes, de l’érosion ainsi que de la perte et de la dégradation de l’habitat.

Répartition :
Ontario

Historique du statut :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Bouleau flexible
Betula lenta

Information sur l’espèce

Le bouleau flexible (Betula lenta) est un arbre de la famille des Bétulacées. Les feuilles sont simples et alternes, et leurs bords sont dentés. L’écorce est foncée et se divise en grandes plaques dont les bords ne s’enroulent pas, ce qui distingue l’espèce des autres bouleaux. Les rameaux et les chatons sont glabres. Les fleurs sont petites, réunies en chatons mâles et femelles distincts, mais présents sur un même arbre.


Répartition

Le bouleau flexible est une espèce du nord-est des États-Unis qui compte une seule population au Canada, dans la région d’Ontario adjacente.


Habitat

Le bouleau flexible occupe généralement des sols humides bien drainés, mais est également présent dans des sols minces rocheux ou à texture grossière. Il pousse en mélange avec la pruche du Canada et divers feuillus caractéristiques des terrains élevés.


Biologie

Le bouleau flexible vit relativement longtemps et peut atteindre l’âge de 200 ans ou même davantage. Chaque arbre produit à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles, et les individus isolés sont capables de produire des fruits. Le pollen et les graines sont dispersés par le vent.


Taille et tendances des populations

L’Ontario compte une seule population qui est en déclin depuis la première mention de son effectif, en 1967.


Facteurs limitatifs et menaces

Le déboisement et la construction résidentielle ont eu des impacts directs sur l’habitat de cette population. Le déboisement a également eu pour effet indirect de rendre l’habitat restant plus sensible aux dommages dus aux vents de tempête soufflant du lac Ontario.


Importance de l’espèce

Les Autochtones et les premiers colons utilisaient largement le bouleau flexible à diverses fins thérapeutiques et culturelles. Le Canada compte une seule population naturelle de l’espèce.


Protection actuelle

Même si on a attribué au bouleau flexible les cotes N1 à l’échelle du Canada et S1 à l’échelle de l’Ontario, qui signifient que l'espèce est gravement en péril dans ces territoires, l’espèce n’est protégée par aucune loi fédérale ou provinciale. Dans les États voisins, elle est considérée comme « non classée ou à l’étude » (Ohio et New York) ou « non en péril » (Pennsylvanie).

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.


Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.


Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.


Définitions
(2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l'espèce

Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Bouleau flexible
Betula lenta
au Canada
2006

Nom et classification

Nom scientifique :
Betula lenta L.
Synonyme :
carpinifolia Ehrh. (ce nom n’est plus en usage; voir Newmaster et al., 1998)
Noms français :
Bouleau flexible, bouleau acajou, merisier rouge
Noms anglais :
Cherry birch, black birch, sweet birch
Famille :
Bétulacées
Grand groupe végétal :
Eudicotylédones

Description morphologique

Le bouleau flexible est un arbre de taille moyenne qui peut atteindre 25 m de hauteur et 95 cm de diamètre. Ses feuilles sont simples et alternes, et leurs bords sont dentés. L’écorce est lisse et foncée, avec des lenticelles apparentes; avec l’âge, elle se divise en grandes plaques dont les bords ne s’enroulent pas comme chez la plupart des autres bouleaux. Les rameaux et les chatons sont glabres, contrairement à ceux du bouleau jaune. Chez ce dernier, l’écorce est parfois foncée comme chez le bouleau flexible, mais les bords des plaques sont enroulés. L’écorce du bouleau flexible ressemble énormément à celle du cerisier sauvage (Prunus avium (L.) L.), arbre échappé de culture qui est devenu une composante commune des forêts de la région du Niagara et qui est souvent confondu avec le bouleau flexible. Hosie (1980) et Waldron (2003) présentent des descriptions techniques détaillées et de bonnes illustrations du Betula lenta; Farrar (1995) en présente une brève description. Un dessin au trait représentant une branche feuillue dotée de chatons femelles et une grappe de chatons mâles est reproduit à la figure 1 (Britton et Brown, 1913).

Description génétique

Il n’existe aucune barrière apparente au flux de gènes au sein des populations. À l’instar des autres membres de sa famille, le bouleau flexible est monoïque, c’est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles sont réunies en chatons distincts. Les individus isolés peuvent produire des fruits, et aucun signe d’auto-incompatibilité n’a jamais été relevé.

Le bouleau flexible peut s’hybrider avec le Betula pumila, ce qui donne le Betula x jackii (Fowells, 1965). Il peut aussi être croisé artificiellement avec le bouleau jaune, mais aucun hybride spontané de ce type n’a jamais été observé(Sharik et Barnes, 1971).


Figure 1. llustration des chatons et des structures de reproduction du Betula lenta

llustration des chatons et des structures de reproduction du Betula lenta (voir description longue ci-dessous).

Image de Britton et Brown, 1913 (non protégée par le droit d’auteur). Les chatons sont approximativement à l’échelle.

Description pour la figure 1

Branche feuillue dotée de chatons femelles, bractée de chatons à trois lobes et samare (coin inférieur gauche); grappe de trois chatons mâles dotée d’une seule fleur mâle et d’une bractée comportant des anthères (à droite).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le bouleau flexible se retrouve principalement dans l’est des États-Unis et compte une seule population dans la région d’Ontario adjacente. Il est présent dans le sud du Maine, au New Hampshire, au Vermont, dans l’État de New York, en Pennsylvanie et dans l’est de l’Ohio ainsi que le long des Appalaches jusqu’au nord de l’Alabama et de la Géorgie (figure 2).


Figure 2. Aire de répartition mondiale du Betula lenta

Aire de répartition mondiale du Betula lenta.

D’après Keddy, 1987.

Aire de répartition canadienne

Une seule population sauvage confirmée du bouleau flexible est établie au Canada, dans la région du Niagara, à une distance de 50 à 70 km des populations les plus proches situées dans l’ouest de l’État de New York (figure 3). Elle se trouve à l’ouest de St. Catharines, près du lac Ontario, à l’embouchure des ruisseaux 15 Mile et 16 Mile. Elle a été signalée pour la première fois en 1898 (récolte de W.C. McCalla déposée à l’herbier DAO, « Ruisseau Sixteen Mile; haut de la berge à l’embouchure du ruisseau Sixteen Mile »), non loin de l’endroit où se trouve la population actuelle. Hosie (1980) a visité le site en 1967. Les autres mentions pour la région du Niagara se sont avérées être erronées ou correspondre à des sites disparus, mais il est possible que d’autres individus n’aient pas encore été trouvés. Les mentions pour le Québec sont considérées comme douteuses et feraient plutôt référence au B. alleghaniensis (Marie-Victorin, 1935); toutefois, l’espèce mérite encore d’être recherchée dans la vallée de la rivière des Outaouais ainsi que dans la région de Montréal. On trouve des spécimens cultivés à des endroits tels que le Guelph Arboretum, mais ces arbres ex situ ne sont pas compris dans l’inventaire de cette espèce au Canada.


Figure 3. Aire de répartition canadienne du Betula lenta, dans la région du Niagara, en Ontario, et populations visitées dans la partie de l’État de New York voisine.

Aire de répartition canadienne du Betula lenta, dans la région du Niagara, en Ontario, et populations visitées dans la partie de l’État de New York voisine.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le bouleau flexible préfère les sols humides bien drainés, mais pousse également dans des sols minces rocheux ou à texture grossière. En Ontario, il est établi au ruisseau 15 Mile dans le loam argileux d’un versant exposé à l’ouest, et il a aussi été observé sur les versants boisés de la vallée du ruisseau 16 Mile, situé à proximité. Dans les sites les plus proches situés dans l’ouest de l’État de New York, l’espèce pousse respectivement dans un loam argileux pierreux, dans un loam argileux riche en matière organique et dans le sable.

Le bouleau flexible est considéré comme une espèce de lumière (Ministère des Richesses naturelles [MRNO], 2000; US Forest Service [USFS], 2004); toutefois, dans l’ouest de l’État de New York, des semis ont été observés dans des graviers fins exposés, dans une forêt claire. Le qualificatif « intermédiaire » décrirait donc mieux les conditions d’éclairement des milieux les plus propices à l’établissement des semis.

En Ontario, le bouleau flexible s’associe au chêne rouge (Quercus rubra), au chêne blanc (Quercus alba), à l’érable à sucre (Acer saccharum) et à la pruche du Canada (Tsuga canadensis); dans l’ouest del’État de New York, il pousse fréquemment en association avec l’érable à sucre, l’érable rouge (Acer rubrum), le hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia), la pruche du Canada, le cerisier tardif (Prunus serotina), et on le rencontre à l’occasion avec le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), le bouleau jaune (Betula alleghaniensis), le bouleau à papier (Betula papyrifera) et le chêne châtaignier (Quercus prinus).

Tendances en matière d’habitat

Dans la région du Niagara, peu de milieux propices auBetula lenta semblent exister à l’extérieur des localités où l’espèce a déjà été signalée. D’après Fox et Soper (1954), il semble très possible qu’il y ait d’autres peuplements de l’espècedans la région située entre Port Dalhousie et la rivière Niagara, puisqu’elle est présente dans l’ouest de l’État deNew York. Cependant, les divers inventaires effectués depuis dans la région n’ont pas permis d’en découvrir. Les milieux en apparence favorables, comme la vallée Niagara (Niagara Glen) encore boisée (où l’espèce avait été signalée par Hamilton (1943), sans spécimen à l’appui) et l’île Navy voisine, ont fait l’objet de vérifications sur le terrain, mais en vain.Dans la région de l’ouest de l’État deNew York voisine, l’habitat de l’espèce semble stable.

Protection et propriété

Les propriétaires des deux sites actuels, situés tout près l’un de l’autre, ainsi que d’un site récemment disparu connaissent la présence de l’espèce et semblent désireux de la protéger. La population s’étend également à un petit ravin profond, à l’arrière de terrains résidentiels.

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Biologie

Les renseignements suivants sont fondés sur les observations de terrain effectuées par l’auteur en Ontario et dans trois sites de l’ouest de l’État deNew York, ainsi que sur divers ouvrages cités.

Cycle vital et reproduction

Le bouleau flexible est une espèce ligneuse qui peut vivre jusqu’à 200 ans ou même davantage. Les sujets de la banque de gènes vivants de l’arboretum de la University of Guelph ont commencé à produire des fruits avant l’âge de 16 ans.

L’espèce est monoïque (les fleurs mâles et femelles sont réunies en chatons distincts produits par un même individu). Les chatons se forment l’année précédant la floraison, qui a lieu au printemps, avant l’apparition des feuilles. Le pollen est dispersé par le vent. Il est possible de croiser le bouleau flexible avec le bouleau jaune, mais aucun hybride de ce type n’a été trouvé dans la nature (Sharik et Burton, 1971).

Les graines se développent durant l’été et sont disséminées vers la fin de l’automne ou en hiver. Elles germent sans stratification, mais ont besoin de lumière (Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario [MRNO], 2000; Kock, 1998). Dans l’ouest de l’État de New York, on a observé l’établissement de semis dans les graviers fins d’ouvertures du couvert forestier, mais non dans les secteurs recouverts de litière. Certains arbres avaient des racines en échasses, ce qui indique que les semis s’étaient établis sur une souche ou une bille en décomposition. Des gaules ont également été observées dans cette localité. L’espèce ne se reproduit que par voie sexuée; après une coupe, la souche peut produire des rejets, mais c’est le seul type de multiplication clonale qu’on connaisse à l’espèce.

Herbivores/prédateurs

Les bouleaux peuvent être broutés par de grands herbivores ou endommagés par des insectes défoliateurs, mais ces animaux ne constituaient pas des menaces pour les populations observées.

Physiologie

Dans le sud de l’Ontario, les sols sont généralement alcalins en raison du substratum calcaire. Dans l’État de New York, les sols avaient vraisemblablement un pH plus neutre ou acide, si on se fie aux espèces auxquelles les populations étaient associées (Vaccinium spp., Quercus prinus, etc.). L’espèce se cultive bien dans les sols riches en calcaire; il ne semble pas que le pH du sol soit un facteur limitatif.

Déplacements et dispersion

Les graines ont de petites ailes et sont disséminées par le vent. La distance de dispersion peut être accrue s’il vente sur la neige ou la glace lors de la dissémination hivernale. La mention historique d’un autre arbre dans la même vallée, celle des ruisseaux 15 Mile et 16 Mile, résulte probablement de la dissémination d’une graine à partir du seul peuplement actuel.

Relations interspécifiques

Chez le bouleau flexible, la pollinisation et la dissémination des graines ne requièrent aucun animal. Aucune relation interspécifique antagoniste n’a été observée.

Adaptabilité

Le bouleau flexible peut s’établir dans de petites trouées de la forêt. Deux gaules et un petit arbre ont été observés dans le ravin en contrebas de la population principale du ruisseau 15 Mile.

L’espèce est facile à cultiver à partir de graines. L’arboretum de la University of Guelph abrite des descendants de chaque individu mûr de la sous-population du ruisseau 15 Mile qui est située le plus au nord. De plus, le Tree Advisory Committee de la région du Niagara a acheté des arbres de la Little Otter Tree Farm et les a plantés un peu partout dans St. Catharines; les graines provenaient de la sous-population qui existait autrefois au bord du lac. Les arbres achetés par les propriétaires fonciers du site du ruisseau 15 Mile situé le plus au nord et du site situé au bord du lac provenaient du Niagara College, mais ils avaient également été produits par la Little Otter Tree Farm. Quatre d’entre eux ont été plantés il y a quelques années dans le site du ruisseau 15 Mile, où des arbres mûrs ont été détruits par des tempêtes récemment (en mai 2004 et auparavant); deux arbres ont été plantés dans le site situé au bord du lac, mais un seul a survécu.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Des relevés effectués dans les deux sites du ruisseau 15 Mile, voisins l’un de l’autre, ont permis d’établir la position de chaque arbre et de le mesurer; les résultats ont ensuite été comparés avec les observations effectuées par l’auteur en 1984 dans les sites qui sont situés le plus au nord. En 2005, le site situé au bord du lac a été ratissé, mais aucun survivant n’a été trouvé, à part le semis que les propriétaires avaient planté et qui était issu d’un arbre qu’ils venaient de perdre; on sait que les arbres ont disparu un à un durant les années 1990, le dernier étant tombé dans le lac en 1998 (Fallding, 1998; dossiers de l’arboretum de l’Université de Guelph sur les arbres indigènes). Un arbre isolé récemment observé par Thompson (1992) sur le versant boisé bordant le ruisseau 16 Mile, situé à proximité, n’a pu être retrouvé malgré quelque six heures-personnes de recherche; un des membres de l’équipe, George Meyers, l’y avait déjà observé durant les années 1980. L’espèce avait aussi été signalée (Soyka et al., 1977) dans un parc bordant le lac à l’ouest du ruisseau 4 Mile, mais environ huit heures-personnes de recherche n’ont pas permis de la retrouver; le Prunus avium, qui lui ressemble, était abondant. Des recherches ont enfin été effectuées dans d’autres localités propices, la vallée Niagara (où l’espèce avait été signalée en 1943) et l’île Navy. Un site recensé par le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN), avec spécimen à l’appui, ne comportait plus de bouleau flexible; une autre mention recensée par le CIPN s’est avérée être fondée sur confusion avec le Prunus avium.

Au total, environ 27 heures-personnes ont été consacrées au ratissage et au recensement des sites déjà répertoriés, et environ 20 heures-personnes ont été consacrées au ratissage de milieux propices de la région. De plus, quatre personnes ont fait une excursion de deux jours en 2004 dans l’ouest de l’État deNew York pour observer l’espèce dans trois sites différents, afin de se faire une meilleure idée des caractéristiques de l’habitat et de l’écologie du bouleau flexible.

Abondance

Quatorze arbres sauvages, mesurant 13 à 62,5 cm de diamètre à hauteur de poitrine (dhp), sont actuellement présents dans les deux sites (sous-populations) du ruisseau 15 Mile (tableau 1). Six d’entre eux produisaient des fruits. De plus, les propriétaires du site situé le plus au nord ont fait planter quatre autres arbres provenant de semences locales, là où ils en avaient perdu. Il est possible que quelques autres arbres poussent encore sur les versants boisés de la vallée.

Fluctuations et tendances

En 1984, l’auteur a recensé neuf arbres (de 14 à 95 cm de dhp) dans le site du versant du ruisseau 15 Mile situé le plus au nord (1a du tableau 1). Thompson (1992) a relevé 14 arbres (de 10 à 93 cm de dhp) dans ce site et dans un site adjacent, situé au bord du lac, au nord-est (1c); cependant, aucun de ces arbres ne se trouvait dans le site 1b, situé au sud-ouest (Thompson, comm. pers.). Le St. Catharines Standard a publié un article faisant état du site situé au bord du lac Ontario, au nord-est du site 1a, à une distance équivalant à trois terrains (Fallding, 1998). Selon l’article, quelques arbres s’y étaient trouvé peu de temps auparavant, mais il en restait maintenant un seul. Ce dernier est tombé dans le lac plus tard cette année-là. Le premier spécimen d’herbier provenant de l’ensemble de la région où sont situés ces trois sites voisins remonte à 1898 (McCalla, Ontario Agricultural College [OAC]). Les premières données quantitatives remontent à 1967; Hosie (1980) précise à cet égard :

« [Ce peuplement compte] une cinquantaine de sujets d’âge et de taille variés. Plusieurs des arbres de taille moyenne sont morts; quelques autres semblent dépérir, mais bon nombre sont parfaitement sains. Les deux ou trois plus vieux arbres se sont établis sur le haut du versant depuis au moins 75 ans. »

On peut présumer que ce peuplement s’étendait depuis les versants de la vallée jusqu’au rivage du lac Ontario et comprenait les trois sous-populations susmentionnées. Malgré la perte des trois plus gros arbres et de tous les arbres du rivage, aucun déclin net de l’effectif n’a été enregistré entre 1992 et 2004, puisque d’autres arbres ont été découverts plus au sud-ouest, le long de la vallée. En fait, la présence de nouvelles gaules sauvages est un signe positif, mais il reste que l’exposition du site aux tempêtes du lac constitue une menace continuelle.

La période de 38 ans (de 1967 à 2005) correspond à peu près à une génération (en supposant un âge moyen de 40 ans pour les arbres mûrs). Il est probable que le déclin le plus important s’est produit au cours des 40 dernières années, et on ne peut qu’émettre des hypothèses sur le déclin survenu au cours des trois dernières générations – une période d’environ 120 ans. La région a été colonisée par les Européens à partir des années 1780 (Marsh, 1985), et les plus gros arbres observés au cours des 20 dernières années remontent probablement à cette époque (pour le calcul de l’âge, voir sous la rubrique « Importance de l’espèce »). Le déboisement modéré effectué à cette époque a pu créer des milieux propices au recrutement des semis, mais avec le déboisement intensif de ce qui est maintenant une importante région fruiticole et, plus récemment, la construction de résidences au bord du lac, le rythme du déclin a certainement augmenté rapidement. Par conséquent, on peut avancer que la population a été stable jusqu’au tournant du XXe siècle et qu’elle a amorcé son déclin entre le début et le milieu du XXe siècle (Hosie a relevé plusieurs arbres morts ou dépérissants en 1967), lequel déclin s’est poursuivi quasiment jusqu’à aujourd’hui.

En résumé, la population était manifestement en déclin lors du relevé de Hosie, en 1967, et elle a continué de décliner jusqu’à ce que Thompson (1992) ne recense que 14 de la cinquantaine d’arbres précédemment dénombrés. Cependant, étant donné la découverte de huit autres arbres en 2005, le chiffre de 1992 ne semble plus représenter la totalité des arbres présents cette année-là. On sait que sept ou huit arbres (quatre dans le 1a, « quelques-uns » dans le 1c et, pour le 1d, le nombre est incertain) ont été perdus au cours des treize dernières années. Ainsi, l’absence apparente de déclin actuel est trompeuse. Le déclin possiblement connu des années 1967 à 2005 (environ une génération), qui tient compte des arbres non enregistrés dans le passé, semble s’élever à environ 72 p. 100 (à l’heure actuelle, il reste 14 arbres sur un total possible de 50 arbres présents en 1967). 

Tableau 1 (Site confirmé en 1992-2004). Mentions du Betula lenta dans la région du Niagara (Ontario)
NoPosition géographiqueNombre d’arbres et dimensions des arbres
Date des premières mentions et effectif s'il est préciséAmbrose (1984)Thompson (1992)Ambrose (2004-2005)
1a.Canton de Louth, versant est, embouchure du ruisseau 15 Mile; EO 1937Note de bas de page a

1898 : récolte de McCalla (DAO)

1967 : environ 50 (Hosie, 1980)

9 (dhp 14-95 cm)14 (dhp 10-93 cm)6 (dhp 27,5-62,5 cm) + 4 arbres plantés obtenus à partir de graines locales
1b.Au SO de 1a, versant de la vallée, derrière une résidenceNouvelle mention de 2005--(inconnu)8 arbres (dhp 13-38 cm)
1c.Rive du lac Ontario, près de 1a; EO 1937Début des années 1990 : quelques arbres encore sur pied (Fallding, 1998).--Inclus dans 1a0 (dernier arbre disparu en 1998); 1 gaule plantée.
1d.En amont du ruisseau 15 Mile, à l’intérieur des terres, EO 1937Durant les années 1980, G. Meyers a observé un ou plusieurs arbres plus au sud, le long du versant.--1 (dhp 27 cm)0 – site ratissé avec G. Meyers et trois autres personnes; aucun individu n’a été trouvé.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

EO = numéro d’occurrence (element occurrence identifier, EO_ID) utilisé par le Centre d'information sur le patrimoine naturel de l’Ontario.

Retour à la référence de la note de bas de page a

 

Tableau 1 [À ce qu'il parait, Disparue du pays (ou bien erroné?] suite. Mentions du Betula lenta dans la région du Niagara (Ontario)
NoPosition géographiqueNombre d’arbres et dimensions des arbres
Date des premières mentions et effectif s'il est préciséAmbrose (1984)Thompson (1992)Ambrose (2004-2005)
2.Étang Martindale / rive O du ruisseau 12 Mile; EO 5230Spécimens de 1967 et 1969----0 – site ratissé; seul le Prunus avium était présent.
3.Vallée Niagara (Niagara Glen)Hamilton (1943): « plusieurs arbres prospèrent dans la vallée Niagara »----0 – aucun arbre observé en 2004, ni mentionné par la NPC (R. Ritchie, comm. pers.)

 

Tableau 1 (Mention erronée) suite. Mentions du Betula lenta dans la région du Niagara (Ontario)
NoPosition géographiqueNombre d’arbres et dimensions des arbres
Date des premières mentions et effectif s'il est préciséAmbrose (1984)Thompson (1992)Ambrose (2004-2005)
4.West Pelham, petit boisé au N de Fonthill; EO 1938Mention de 1989----0 – site ratissé, seuls le Prunus avium et le P. serotina étaient présents.
5.Grimsby, Irish Grove; EO 223491980----0 – site vérifié antérieurement par G. Meyers; seul le Prunus avium était présent.
6.Parc situé au bord du lac, à l’ouest du ruisseau 4 MileMention de Soyka et al. (1977), non étayée par un spécimen.----0 – site ratissé en 2005; seul le Prunus avium était présent.
7.Au sud de l’autoroute QEW, à Andrews Court ----0 – gros Betula allegheniensisâgé

Effet d'une immigration de source externe

Les trois populations visitées dans la région de l’ouest del’État de New York adjacente semblaient en santé, et une certaine régénération s’y observait. Les conditions climatiques y sont semblables à celles de l’Ontario, et les arbres issus de graines de ces populations devraient bien pousser en Ontario, dans le cas où il faudrait faire appel à du matériel de l’extérieur. Cependant, il est peu probable que des propagules de ces sites puissent atteindre l’Ontario par des moyens naturels, sauf si on se place à une échelle de temps géologique.

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Facteurs limitatifs et menaces

Le déboisement et le lotissement à grande échelle de la péninsule du Niagara ont réduit l’habitat potentiel du bouleau flexible et d’autres espèces caroliniennes. L’habitat où l’espèce est actuellement présente est encerclé de toutes parts par les résidences qui y ont été construites, et seuls les versants escarpés du ruisseau 15 Mile et des ravins connexes sont encore couverts d’une forêt naturelle. De même, les autres individus observés occupent de minces bandes d’habitat, l’une située sur un terrain résidentiel sur le bord du lac, et l’autre plus au sud, sur les versants boisés du bassin versant du ruisseau 15 Mile adjacent, en contrebas d’une petite exploitation fruitière établie sur le plateau. Avec la diminution du couvert forestier, les tempêtes soufflant du lac Ontario ont un plus grand impact sur la végétation subsistante, comme le montre la destruction de bouleaux flexibles par une violente tempête en mai 2004. D’autres arbres ont disparu à la fin des années 1990, y compris le gros arbre qui figurait sur la Liste des arbres d’honneur de l’Ontario (Association forestière de l’Ontario, 2005) et le grand arbre qui se trouvait au bord de la berge érodée du lac.

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Importance de l'espèce

La seule population canadienne du bouleau flexible est probablement un prolongement de la zone où l’espèce est plus abondante, plus à l’est, dans l’État de New York. L’espèce pourrait bien avoir été plus répandue dans la péninsule du Niagara avant que les terres n’y soient déboisées pour l’agriculture et les établissements humains. Toutefois, comme elle est absente d’autres milieux propices protégés, comme la vallée Niagara, il se pourrait que cette population ait toujours été isolée.

Il est possible que les premiers colons soient arrivés avec des spécimens de l’espèce et les aient plantés, ou encore que des membres des Premières nations en aient ramené de l’autre côté de la rivière Niagara. Il n’en reste pas moins que la population se trouve sur un versant naturel, non loin des populations naturelles de l’État de New York; de plus, un arbre de 95 cm de dhp (maintenant disparu) a déjà été observé, ce qui laisse supposer qu’il avait probablement atteint un âge considérable, sans doute supérieur à 200 ans (selon le taux de croissance des arbres encore sur pied). De 1976 (diamètre de 92 cm selon le tableau des arbres d’honneur, Association forestière de l’Ontario, 2005) à 1984 (95 cm), sa croissance radiale a été de 0,1875 cm par année, ce qui, par extrapolation, lui conférerait l’âge de 253 ans. Or, les taux de croissance radiale de trois arbres de l’État de New York, chez lesquels des carottes avaient été extraites, variaient de 0,12 à 0,16 cm par année, soit un taux légèrement inférieur à celui utilisé dans les calculs ci‑dessus, de sorte que cette estimation semble raisonnable et probablement même prudente.

Les premiers colons extrayaient des rameaux du bouleau flexible de l’essence de wintergreen, qu’ils s’appliquaient sur la peau pour soulager les douleurs musculaires; l’écorce a des propriétés astringentes et servait à traiter les blessures (de nombreux sites Web fournissent de l’information sur ces vertus médicinales (voir entre autres Holisticonline, 2005). Les Autochtones avaient de nombreux usages pour cette espèce et utilisaient les feuilles, les rameaux et l’écorce à diverses fins thérapeutiques. Les fibres de l’écorce étaient employées pour la construction d’habitations et de canots; l’écorce servait aussi à confectionner des récipients; lors des enterrements, on en plaçait sur le cercueil à des fins rituelles (Moerman, consulté en octobre 2004).

 


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Protection actuelle ou autres désignations de statut

On a attribué au bouleau flexible les cotes G5 à l’échelle mondiale, N1 au Canada et S1 en Ontario, mais l’espèce ne jouit actuellement d’aucun statut officiel (NatureServe, 2004). Dans deux États adjacents, l’Ohio et New York, l’espèce est « non classée ou à l’étude », tandis qu’en Pennsylvanie elle est considérée comme « non en péril » (NatureServe, 2004). Les propriétaires des terrains où se trouve la plus importante population ontarienne connaissent l’importance de l’espèce et prennent des mesures pour la protéger.

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Résumé technique

Betula lenta
Bouleau flexible

Cherry birch

Répartition au Canada : rive nord de la péninsule du Niagara (Ontario)


Renseignements sur les zones d’occurrence et d’occupation

Superficie de la zone d’occurrence (km2) au Canada.
Le rivage autour de la population connue où la dispersion locale est possible.
2 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Aucun changement
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Non
Superficie de la zone d’occupation (km2).
La population connue, plus deux observations historiques adjacentes effectuées récemment.
0,75 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Déclin récent
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Non
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.
1
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Perte de 1 ou 2 sites historiques
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
Déclin graduel dans la zone au cours de la dernière ou de l’avant-dernière génération en raison de la perte ou de la détérioration de l’habitat.


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
(Période de floraison, entre 16 et 200 ans et plus.) Durée de génération d’environ 40 ans et plus.
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).
14
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
En déclin
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Déclin de 72 % au cours des 40 dernières années environ (1 génération).
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Non
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Oui, en raison de la répartition principale aux États-Unis.
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.
Actuellement, il y a une population, et il y en a possiblement deux de moindre importance qui sont perdues.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Non
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
1) 15 Mile Creek : 14 arbres matures; plus des individus non confirmés ou perdus dans les soussites à proximité.


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Le site ouvert est prédisposé aux tempêtes violentes périodiques au large du lac Ontario.


Effet d’une immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?
États-Unis : trois populations dans un rayon de 70 km dans l’ouest de l’État de New York; une espèce forestière occasionnelle dans le centre de sa répartition.
Statut ou situation des populations de l’extérieur?
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Peu probable
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Habitat supplémentaire limité à la région du Niagara
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-elle?
Possible, mais semble peu probable


Statut existant

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : En voie de disparition (2006)


Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique : A2ac, B1ab (ii, iii, v) +2ab (ii, iii, v), C1 + 2a (i, ii), D1


Justifications de la désignation : Il s’agit d’un arbre caduque largement répandu de l’est de l’Amérique du Nord où une seule petite population en Ontario est connue. Cette population a connu un déclin considérable au cours des quatre dernières décennies avec moins de 15 arbres à l’état sauvage. Son habitat est entouré de lotissements résidentiels, et la population fait face à un risque permanent en raison des tempêtes, de l’érosion ainsi que de la perte et de la dégradation de l’habitat.


Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », A2ac, d’après une perte d’environ 72 % des arbres au cours d’une seule génération, tel qu’il a été noté par observation directe. Aussi associé à une diminution de la zone d’occupation et de la qualité de son habitat.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond aux critères B1ab (ii,iii,v) +2ab (ii,iii,v), en raison des très petites zones d’occurrence et d’occupation, de la présence d’une seule population et de la diminution continue de la zone d’occupation, de la qualité de l’habitat et du nombre d’arbres matures.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Correspond aux critères C1 + 2a (i,ii), d’après la population qui est de très petite taille, du déclin continu probable qui s’élévera d’au moins 20 % en deux générations; de la seule population qui regroupe moins de 250 arbres matures.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », D1, avec seulement 14 arbres et 2 gaules restants.

Critère E (Analyse quantitative) : Non disponible.

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Remerciements et experts contactés

Bruce Kershner, James Battaglia et Thomas Diggins ont collaboré à diriger l’auteur et les collaborateurs vers les populations situées dans l’ouest de l’État deNew York. George Meyers, Gerry Waldron, Paul O’Hara et Albert Garofalo ont collaboré au travail sur le terrain dans l’ouest de l’État deNew York et dans la péninsule du Niagara. Carl Rothfels et Tracy Welch ont particié aux travaux sur le terrain en Ontario. Robert Ritchie (Commission des parcs du Niagara) et Ron Dale (Parcs Canada) ont pris les arrangements nécessaires pour avoir la permission de visiter l’île Navy, et ils ont participé à la visite d’une journée; Anne Yagi (ministère des Richesses naturelles) s’est occupée du bateau pour se rendre à l’île Navy. Mike Oldham et Donald Kirk ont fourni de l’information sur les bases de données du Centre d'information sur le patrimoine naturel et du ministère des Richesses naturelles, respectivement. Rob Guthrie a tracé la carte de base de l’Ontario et de l’État de New York à partir des coordonnées fournies.

La rédaction du présent rapport a été financée par le Service canadien de la faune, Environnement Canada.

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Sources d'information, Sommaire biographique du rédacteur du rapport et Collections examinées

Sources d'information

Association forestière de l’Ontario. 2005. Ontario Forestry Association’s Honour Roll of Ontario Trees: (http://www.oforest.on.ca/hroot/index.html).

Britton, N.L., et A. Brown. 1913. An Illustrated Flora of the Northern United States, Canada and the British Possessions, Charles Scribner's Sons, New York (État de New York).

Fallding, H. 1998. Rescue’s remote for very rare tree: cherry birch hanging from lake bank may be last native in Canada, The Standard, St. Catharines, le 12 février 1998, p. A1, 3.

Farrar, J.L., 1995. Trees in Canada, Fitzhenry and Whiteside Limited, Markham (Ontario).

Fowells, H.A. (compilateur). 1965. Silvics of forest trees of the United States, Agriculture Handbook 271, Département de l'agriculture des États-Unis, Washington (District de Columbia).

Fox, W.S., et H. Soper. 1954. The distribution of some trees and shrubs of the Carolinian Zone of Southern Ontario, Transactions of the Royal Canadian Institute, no 63, Vol. XXX, Part. II, p. 99-130.

Hamilton, G.H. 1943. Plants of the Niagara Parks System of Ontario, Toronto.

Holistic online (en anglais seulement). 2005. A website with alternate and herbal remedies; for cherry birch.

Hosie, R.C. 1980. Arbres indigènes du Canada, 8e édition, Fitzhenry et Whiteside, Don Mills (Ontario).

Keddy, C.J. 1987. Betula lenta treatment, in G.W. Argus, K.M. Pryer, D.J White et C.J. Keddy (éd.), 1982-1987, Atlas des plantes vasculaires rares de l'Ontario, Partie 4, Musée national des sciences naturelles, Ottawa.

Kock, H. 1998. Growing Native Plants from Seed Manual, 10e éd., University of Guelph Arboretum, Guelph (Ontario).

Marie-Victorin, Fr. 1935. Flore laurentienne, 3e éd., 1995, Les Presses de l'Université de Montréal, Montréal (http://sci.agr.ca/sthyacinthe/biblio/i/mia1m.htm#A00064).

Marsh, J.H. (éd.). 1985. L’Encyclopédie canadienne, vol. 2, Hurtig Publishers, Edmonton.

Moerman, D. Native American Ethnobotany: a database of plants used as drugs, foods, dyes, fibers, and more, by native peoples of North America, University of Michigan-Dearborn. (http://herb.umd.umich.edu/) (consulté le 5 octobre 2004).

Ministère de Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO). 2000. A Silvicultural Guide to Managing Southern Ontario Forests, version 1.1, ministère de Richesses naturelles de l’Ontario, Toronto.

NatureServe. 2004. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 4.0, NatureServe, Arlington  (Virginie) (consulté le 5 octobre 2004).

Newmaster, S.G., A. Lehela, P.W.C. Uhlig et M.J. Oldham. 1998. Ontario Plant List, Ontario Forest Research Institute, Sault Ste. Marie  (Ontario), FRI paper No. 123.

Sharik, Terry L., et Burton V. Barnes. 1971. Hybridization in Betula alleghaniensis Britt. and B. lenta L.: a comparative analysis of controlled crosses, Forest Science 17(4):415-424.

Soyka, V., A. Melaragni, D. Beaulieu et J. Simmons. 1977. National Defence Grounds, Niagara-On-The-Lake, Vegetation Survey, Niagara Peninsula Conservation Authority, Fish and Wildlife Crew 1977, 20 p.

Thompson, R.J., 1992. Status Report: Betula lenta, rapport interne du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Simcoe.

USFS 2004. US Forest Service Silvics website, vol. 2, hardwoods, Betula lenta: (http://forestry.about.com/gi/dynamic/offsite.htm?site=http://www.na.fs.fed.us/spfo/pubs/silvics%5Fmanual/table%5Fof%5Fcontents.htm).

Waldron, G. 2003. Trees of the Carolinian Forest, Boston Mills Press, Erin (Ontario).

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

John Ambrose est arrivé à l’arboretum de la University of Guelph en 1974, après avoir reçu son doctorat en botanique de la Cornell University. À l’arboretum, en plus d’être le conservateur, il a mis sur pied un programme basé sur les espèces rares de plantes ligneuses de la zone carolinienne du sud de l’Ontario, y compris des relevés effectués sur le terrain, des rapports de situation et des études détaillées portant sur leur population et leur biologie de reproduction. Après avoir travaillé pendant 17 ans à l’arboretum, il a poursuivi son parcours professionnel au zoo de Toronto à titre de conservateur de botanique et de gestionnaire en horticulture. À cet endroit, il a mis sur pied de nouvelles expositions sur l’habitat naturel et un programme de naturalisation pour les terres périphériques du site, en plus de ses responsabilités d’exposition. Ces dernières sont le reflet de son intérêt grandissant pour la remise en état lié à l’écologie. En 1999, il a quitté le zoo pour aller enseigner un nouveau cours à la University of Guelph sur la remise en état écologique. À l’heure actuelle, M. Ambrose est travailleur autonome et continue de travailler sur la planification du rétablissement des espèces en voie de disparition. Il travaille également au sein de quatre équipes de rétablissement pour les espèces forestières et les régions boisées de la forêt carolinienne.

Collections examinées

Des dossiers sur les herbiers et les observations compilées précédemment par l’auteur à l’arboretum de la University of Guelph ont été consultés. Des rapports d’occurrence d’éléments du Centre d'information sur le patrimoine naturel et les occurrences cartographiées dans la base de données duministère des Richesses naturelles ont été consultés. Le spécimen de Martindale recueilli par F. Montgomery et B. Miller a été examiné à l’herbier de la University of Guelph (Ontario Agricultural College [OAC]).

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