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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le potamot de Ogden (Potamogeton ogdenii) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Potamot de Ogden
Potamogeton ogdenii
au Canada

potamot de Ogden

En voie de disparition 2007

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le potamot de Ogden (Potamogeton ogdenii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vi + 22 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier David J. White qui a régigé le rapport de situation sur le potamot de Ogden (potamogeton ogdenii) au Canada, en vertu d'un contrat avec Environnement Canada. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires, à supervisé le présent rapport et en a fait la révison.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Ogden’s pondweed Potamogeton ogdenii in Canada.

Illustration de la couverture :

Potamot de Ogden -- photo of collection at the Department of Agriculture, Ottawa (DAO).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2007

de catalogue CW69-14/534-2007F-PDF

ISBN 978-0-662-09363-3

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2007

Nom commun : Potamot de Ogden

Nom scientifique : Potamogeton ogdenii

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce est une plante aquatique qui est en péril à l’échelle mondiale et qui compte de faibles effectifs; seuls 11 sites existants sont connus à l’échelle mondiale. Au Canada, on la trouve dans seulement trois sites dans le sud-est de l’Ontario où l’espèce a été cueillie pour la dernière fois en 1987. De récents travaux sur le terrain ont permis de documenter la perte d’habitat et la disparition probable du pays d’une population, mais n’a pas permis de retrouver les autres populations. L’un des emplacements est un site historique situé dans une région relativement non perturbée qui ne possède aucune information précise d’emplacement. La présence de plantes aquatiques envahissantes dans des endroits à proximité des populations dont on présume l’existence laisse entrevoir un déclin continu dans l’ensemble de l’aire et de la qualité de l’habitat de l’espèce indigène. Cependant, l'espèce, que l'on confond facilement sur le terrain avec d'autres potamots à feuilles étroites similaires, est probablement encore présente au Canada dans les habitats convenables à proximité des sites auparavant connus.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2007. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Potamot de Ogden
Potamogeton ogdenii

Information sur l’espèce

Le potamot de Ogden (Potamogeton ogdenii) est une plante aquatique annuelle submergée à tige rigide comprimée, filiforme et abondamment ramifiée. Les feuilles, longues et étroites, sont brun verdâtre. Il est semblable à d’autres espèces à feuilles étroites du genre Potamogeton, comme le P. confervoides,le P. zosteriformis,leP. hillii,le P. foliosus,leP. friesii,le P. strictifolius,leP. obtusifolius et le P. pusillus. Le potamot de Ogden a été décrit en tant que nouvelle espèce en 1983.

Répartition

Le potamot de Ogden est présent dans le sud de l’Ontario, l’ouest du Connecticut, le centre de l’État de New York, le centre du Vermont, et l’ouest du Massachusetts. Au Canada, la superficie de son aire d’occurrence est moins de 1 000 km², si on place son site historique dans la partie centrale du comté de Hastings.

Habitat

L’espèce pousse dans des cours d’eau lents, des étangs à castors et des lacs dont l’eau est claire et alcaline. Les deux sites ontariens récemment trouvés sont associés à une assise rocheuse de marbre.

Biologie

Le potamot de Ogden se reproduit principalement par voie végétative en produisant des bourgeons hivernaux appelés hibernacles. Il produit rarement des graines. Comme d’autres potamots à feuilles étroites, le potamot de Ogden constitue probablement un élément de l’habitat d’invertébrés aquatiques, un aliment pour des mammifères et des oiseaux aquatiques, et un abri pour des amphibiens et des poissons.


Taille et tendances des populations

Les seules occurrences canadiennes du potamot de Ogden se trouvent dans l’est de l’Ontario, soit dans le comté de Hastings (1873), dans le parc provincial de la Pointe Murphys (1974), et à Davis Lock sur le canal Rideau (1987). Aucun de ces sites n’a été retrouvé en 2005 et 2006, mais on trouve des milieux propices à l’espèce dans le voisinage des deux sites les plus récemment répertoriés. L’espèce est probablement encore présente au Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces pouvant peser sur le potamot de Ogden sont la destruction de son habitat, la compétition que peuvent lui faire les plantes envahissantes, et le fait que les effectifs de l’espèce sont faibles.

Importance de l’espèce

Comme les autres potamots, le potamot de Ogden peut être consommé par des oiseaux aquatiques et des mammifères, et il offre un abri à des invertébrés aquatiques et des poissons. On ne signale aucune utilisation traditionnelle ou autochtone du potamot de Ogden.

Protection actuelle

Le potamot de Ogden est considéré comme gravement en péril à l’échelle planétaire, et il est désigné en voie de disparition (endangered) au Massachusetts et dans l’État de New York. L’espèce n’a pas de statut officiel au Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de laLoi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4, Note de bas de page5
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l’espèce

Nom et classification 

Nom scientifique :

Potamogeton ogdenii Hellquist et R.L. Hilton

Nom français :

potamot de Ogden

Nom anglais :

Ogden’s pondweed

Famille :

Potamogétonacées

Grand groupe végétal :

Monocotylédones

Le potamot de Ogden a été décrit pour la première fois en 1983, à partir de spécimens recueillis en 1970 par Robert Haynes et Stanley Smith dans le comté de Columbia, dans l’État de New York (Hellquist et Hilton, 1983). En 1970, on a pensé que ces plantes étaient des Potamogetonxlongiligulatus, hybride que l’on croyait alors issu du P. strictifolius et du P. zosteriformis (Hellquist et Hilton, 1983). Par suite de travaux ultérieurs, le P. xlongiligulatus a été considéré comme un synonyme du P. strictifolius (FNA, 2000). L’hybride du P. strictifolius et du P. zosterformis devrait porter le nom de P. xhaynesii (Hellquist et Crow, 1986). L’étude encore plus poussée des spécimens du comté de Columbia a donné lieu à la description de ces plantes en tant que nouvelle espèce, le Potamogeton ogdenii, probablement issu d’une hybridation entre le P. hillii et le P. zosteriformis (Hellquist et Hilton, 1983). Cette plante est reconnue comme une espèce distincte dans des documents récents, comme dans Gleason et Cronquist (1991) et dans FNA (2000).

Description

Le potamot de Ogden est une plante aquatique annuelle submergée. La tige, rigide et abondamment ramifiée, est filiforme-comprimée. Les feuilles, vertes à brun verdâtre, comptent de 3 à 9 nervures et mesurent de 5 à 7 cm de long (Hellquist et Hilton, 1983) et de 1,2 à 2,9 mm de large. Elles ont une pointe cuspidée à aristée, et elles présentent 1 ou 2 rangs de lacunes aérifères de chaque côté de la nervure médiane. Les stipules, semblables à des feuilles, sont brunes et légèrement fibreuses, et leur pointe est partiellement déchiquetée. Les fruits, produits seulement à l’occasion, sont réunis en épis cylindriques de 5 à 11 m de long comptant de 2 à 4 verticilles. Ils sont orbiculaires, vert foncé et mesurent de 2,2 à 3 mm de diamètre. La production de bourgeons hivernaux (hibernacles) est rare (Hellquist et Hilton, 1983) mais semble être le mode de reproduction le plus commun (Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003). Les hibernacles, qui peuvent être produits en position terminale ou latérale, atteignent de 37 à 92 mm de long et de 26 à 60 mm de large, et ont les feuilles extérieures ascendantes. Souvent, les hibernacles consistent en des groupes serrés de feuilles non différenciées (Hellquist et Hilton, 1983). La plante ne produit pas de rhizomes; cependant, elle peut se régénérer à partir de fragments survivant à l’hiver (Hellquist et Hilton, 1983). Des dessins de la plante sont présentés dans Crow et Hellquist (2000), Hellquist et Hilton (1983) ainsi que Holmgren (1998).

Le potamot de Ogden appartient à la sous-section Pusilli du genre Potamogeton. Cette sous-section est constituée des potamots à feuilles linéaires : P. confervoides, P. zosteriformis, P. hillii, P. foliosus, P. friesii, P. strictifolius, P. ogdenii, P. obtusifolius et P. pusillus. En raison de la grande similarité de leurs parties végétatives et de leur variabilité morphologique, les espèces de ce groupe sont difficiles à identifier sans fleurs ou fruits (Haynes, 1974). Le P. confervoides se distingue par ses touffes ramifiées de feuilles alternant le long de la tige. Le P. zosteriformis a une tige aplatie de 2 mm ou plus de largeur. Chez le P. hillii, les pédoncules portant les fleurs et les fruits sont principalement axillaires. Le P. foliosus produit des rhizomes allongés, et ses épis ne comptent que 1 ou 2 verticilles de fleurs ou de fruits. Chez le P. freisii, le sommet des feuilles est arrondi, et les feuilles extérieures des hibernacles sont à angle droit par rapport aux feuilles intérieures. Chez le P. strictifolius, les gaines stipulaires sont blanches, et les feuilles comptent habituellement de 3 à 5 nervures. Le P. obtusifolius présente des gaines stipulaires non fibreuses, et ses feuilles peuvent atteindre 3,5 mm de largeur. Le P. pusillus présente des gaines stipulaires non fibreuses, et le diamètre de ses fruits est de 1,5 à 2,2 mm. Bien que le genre Potamogeton ait été divisé en plusieurs sections et sous-sections dans le passé, Haynes et Hellquist, auteurs de la description du genre dansFlora of North America (FNA, 2000), sont d’avis que la reconnaissance de catégories infragénériques n’est pas justifiée. Le potamot de Ogden est aussi très semblable à l’hétéranthère litigieuse (Zosterella dubia) quand les deux espèces sont à l’état végétatif. L’hétéranthère litigieuse ne présente toutefois pas la nervure médiane bien marquée qu’on trouve sur les feuilles des espèces du genre Potamogeton.

Les spécimens de potamot de Ogden portant des fruits ou des fleurs peuvent être identifiés le plus facilement au moyen des clés ou des illustrations présentées dans Gleason et Cronquist (1991), Hellquist et Hilton (1983), Hellquist et Crow (1986), Crow et Hellquist (2000), Hellquist et Mertinooke-Jongkind (2003), Holmgren (1998), ou FNA (2000).

Description génétique

Aucun renseignement spécifique sur la génétique n’a été trouvé pour cette espèce rare à l’échelle mondiale.

Unités désignables 

Cette espèce est traitée comme une seule unité désignable.

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Répartition

Aire de répartition mondiale 

Espèce rare à l’échelle mondiale, le potamot de Ogden pousse dans les lacs, les étangs et les cours d’eau lents du sud de l’Ontario (deux sites existants et un site historique), de l’ouest du Connecticut (deux sites existants et trois historiques), du centre de l’État de New York (trois sites existants et deux historiques), du centre du Vermont (deux sites existants et deux historiques) et de l’ouest du Massachusetts (deux sites existants) (figure 1). Au total, on compte donc 11 populations considérées comme existantes et huit populations historiques dans le monde.

Figure 1. Aire de répartition nord-américaine du Potamogeton ogdenii (d’après FNA, 2000).

Figure 1. Aire de répartition nord-américaine du Potamogeton ogdenii

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le potamot de Ogden n’est présent que dans le sud-est de l’Ontario (figure 2). La première récolte a été faite en 1873 par John Macoun, avec « Hastings County » comme indication du lieu; vu le caractère vague de cette indication, ce site a été placé sur la carte de la figure 2 au centre de ce comté (site 3). Seuls deux autres sites sont connus au Canada : des spécimens ont été prélevés au parc provincial de la Pointe Murphys (site 1) en 1974, et à Davis Lock, sur le canal Rideau (site 2) en 1987 (annexe 1). Si on inclut le site du comté de Hastings en supposant qu’elle se trouve dans la zone centrale du comté, la superficie totale de la zone d’occurrence serait probablement moins de 1 000 km². Selon C.B. Hellquist (comm. pers., mars 2006, à B. Bennett, Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC), il n’y a pas d’autres mentions pour le Canada.

Figure 2. Aire de répartition canadienne du Potamogeton ogdenii. Les points noirs indiquent les populations possiblement encore existantes répertoriées après 1970. Le cercle correspond à la mention de 1873 pour le comté de Hastings, placée sur la carte au centre du comté, faute de plus de précision.

Figure 2.  Aire de répartition canadienne du Potamogeton ogdenii

Dans l’article de FNA (2000) sur le potamot de Ogden, on ne fait mention pour l’Ontario que de la récolte de 1987. Celle de 1974, réalisée à la pointe Murphys, n’est pas mentionnée dans FNA (2000), mais le spécimen a été identifié par C.B. Hellquist en 1985, et mentionné dans Hellquist (1985). L’omission de la récolte de la pointe Murphys dans FNA (2000) n’est probablement qu’une simple erreur. La mention de 1873 pour le comté de Hastings ne figure pas dans FNA (2000), soit à cause de son ancienneté, soit à cause de l’imprécision de la localité; toutefois, le spécimen a été identifié par C.B. Hellquist et la mention figure dans Hellquist et Mertinooke-Jongkind (2003).

Vu la ressemblance entre le potamot de Ogden et les huit autres espèces à feuilles linéaires présentes dans la province, il est probable que le Potamogeton ogdenii n’ait pas été remarqué à certains endroits; il pourrait donc être moins rare qu’on le pense dans son aire de répartition actuellement connue, ou être plus répandu en Ontario. Toutefois, les potamots ont été largement herborisés dans le sud de l’Ontario. Des herbiers importants, comme le DAO (code officiel pour l’herbier de la Ferme expérimentale centrale d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Ottawa), renferment des milliers de spécimens de Potamogeton recueillis dans la province. Au DAO, l’identification ou la vérification de l’identification de la grande majorité des spécimens récoltés ont été réalisées par des experts des potamots, comme C.B. Hellquist et R.R. Haynes. Parmi tous les spécimens de potamots du DAO, il n’y a qu’un seul Potamogeton ogdenii  –  il s’agit du spécimen de 1987 récolté à Davis Lock (spécimen montré à la figure 3). Comme le potamot de Ogden est probablement issu d’une hybridation entre le P. hillii et le P. zosteriformis, on pourrait penser qu’il ne peut être présent que là où chevauchent les aires de répartition de ces deux espèces. Le P. zosteriformis est assez largement répandu en Ontario, mais l’aire de répartition du P. hillii se limite principalement à l’île Manitoulin et à la péninsule Bruce, lieux très éloignés des sites connus du potamot de Ogden. De plus, aux États-Unis, la plupart des sites du potamot de Ogden se trouvent dans des régions qui n’abritent qu’une seule des espèces dont il est issu, le P. zosteriformis (Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003).

Figure 3. Spécimen de Potamogeton ogdenii recueilli à Davis Lock (photo d’une récolte déposée à l’herbier du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire [DAO], à Ottawa).

Figure 3.  Spécimen de Potamogeton ogdenii recueilli à Davis Lock

Bien que les espèces du genre Potamogeton aient fait l’objet d’une herborisation considérable dans l’aire de répartition apparente du potamot de Ogden dans la province, aucun relevé exhaustif n’a encore été entrepris. Tant qu’un échantillonnage intensif n’aura pas été effectué, on doit considérer comme provisoire l’aire de répartition du potamot de Ogden (et d’autres espèces de Potamogeton à feuilles étroites) telle qu’établie actuellement.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le potamot de Ogden pousse dans des cours d’eau lents et clairs, des étangs à castors et des lacs. L’eau est probablement dure (alcaline) étant donné que les deux sites ontariens sont associés à une assise rocheuse de marbre. Crow et Hellquist (2000) de même que Hellquist et Hilton (1983) signalent que l’espèce pousse en eaux alcalines. Selon Hellquist et Mertinooke-Jongkind (2003), l’habitat de l’espèce consiste en des étangs et des lacs fortement alcalins. Le rédacteur n’a pas vu l’espèce au site de Davis Lock en 2005, mais l’endroit est bien décrit dans les notes de récolte de 1987. Les baies tranquilles y abritent une communauté diversifiée de potamots, incluant le P. strictifolius,le P. robbinsii et le P. zosteriformis. Il est spécifié que le spécimen de Davis Lock a été récolté dans de sept à dix pieds d’eau.

La récolte de 1974 effectuée au parc provincial de la Pointe Murphys l’a été dans l’un de plusieurs étangs à castors qui se trouvaient le long d’un ruisseau à faible débit. En août 2005, il n’y avait plus de castors sur la plus grande partie de la longueur du ruisseau, et il ne restait plus qu’un petit chenal central. Le seul habitat propice aux potamots consistait en des bassins épars peu profonds disséminés dans le lit du ruisseau. On a trouvé dans le ruisseau cinq petites populations de cinq autres espèces de potamot, soit le P  foliosus,leP. illinoensis,le P. natans,leP. gramineus et le P. epihydrus. La description de l’habitat pour la récolte de potamot de Ogden à la pointe Murphys est la suivante : eaux peu profondes du ruisseau Black, à 1 m en amont d’un barrage de castors.

Tendancesen matière d’habitat

Étant donné le très faible nombre de sites dans la province, dont, de plus, aucun n’a été retrouvé en 2005, on en sait trop peu sur les tendances générales relatives à l’habitat de cette espèce. Toutefois, la disparition ces dernières années d’habitats d’étangs à castors au site de la pointe Murphys est évidente et représente une réduction de l’habitat disponible.

Propriété et protection

Le site de Davis Lock se trouve dans les eaux navigables du lac Sand et du canal Rideau, lequel est l’un des lieux historiques nationaux du Canada administrés par Parcs Canada. Le site de la pointe Murphys se trouve dans un parc provincial, administré par Parcs Ontario. On ne sait rien de la propriété du terrain où a été réalisée la récolte de 1873, l’indication du lieu (comté de Hastings) étant trop imprécise.

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Biologie

Reproduction

Le potamot de Ogden se reproduit rarement; il peut le faire au moyen de graines ou de bourgeons hivernaux appelés hibernacles (Hellquist et Hilton, 1983). Les fruits sont produits à la mi-été, et les hibernacles, vers la fin de la saison de croissance (Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003). L’espèce peut aussi se disperser et se régénérer à partir de fragments survivant à l’hiver (Hellquist et Hilton, 1983). Aux États-Unis, le potamot de Ogden se reproduit surtout en produisant des hibernacles (Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003).

Survie

Les potamots sont consommés par des oiseaux aquatiques et des mammifères, mais on ne connaît aucune étude à ce sujet pour ce qui est du potamot de Ogden spécifiquement. Les potamots pourraient aussi être consommés par des insectes et des mollusques aquatiques, mais là encore, on n’a trouvé aucune information spécifique à ce sujet. On n’a non plus trouvé aucune information sur les taux de survie des individus, la structure par âges des populations ou les taux de recrutement, et aucune information sur ces paramètres n’a été rapportée pour le P. hillii, l’une des espèces dont est issu le potamot de Ogden (Makkay, 2005).

Physiologie

Le potamot de Ogden pousse en eau alcaline (Crow et Hellquist, 2000; Hellquist et Hilton, 1983; Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003). Aux États-Unis, on a signalé des alcalinités de 71,5 à 107,0 mg de CaCO3/l  (Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003). On n’a trouvé aucune information concernant les limites de tolérance climatiques ou autres.

Dispersion

Les fleurs de la plupart des espèces de potamot sont pollinisées par le vent, et les graines sont dispersées par l’eau ou des oiseaux aquatiques (Sculthorpe, 1967). Les bourgeons hivernaux seraient aussi dispersés par l’eau et des oiseaux aquatiques (Haynes, 1974).

Alimentation et relations interspécifiques

Tout comme d’autres plantes aquatiques, les potamots à feuilles étroites constituent un élément de l’habitat d’invertébrés aquatiques, un aliment pour des mammifères et des oiseaux aquatiques, et un abri pour des amphibiens et des poissons (Makkay, 2005). Aucune information n’a été trouvée en ce qui a trait au rôle écologique du potamot de Ogden en particulier; cependant, on peut penser qu’il joue probablement un rôle semblable à celui des autres potamots à feuilles étroites.

Adaptabilité

Aucune information n’a été trouvée en ce qui concerne les effets des facteurs de stress, des perturbations et d’autres pressions environnementales sur le potamot de Ogden.

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Taille et tendances des populations

Selon le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, le potamot de Ogden compte trois sites dans la province (annexe 1). La plus vieille récolte a été effectuée dans le comté de Hastings, mais comme elle remonte à très longtemps (1873) et que l’indication de sa localisation est très imprécise, le site est considéré comme historique. Les deux autres sites (repérés en 1974 et 1987) sont suffisamment récents pour être considérés comme au moins possiblement encore existants.

Activités de recherche

Les sites trouvés en 1974 et 1987 ont été recherchés en 2005. De plus, des recherches additionnelles ont été effectuées ailleurs dans l’aire de répartition ontarienne présumée de l’espèce, entre les deux sites récents et le centre du comté de Hastings. Sur la base des dates des deux récoltes récentes réalisées en Ontario, et du moment de la production des fruits – soit à la mi-été – rapporté par Hellquist et Mertinooke-Jongkind (2003), les recherches sur le terrain de 2005 ont été effectuées à la mi-août. Des secteurs additionnels ont été fouillés dans le parc provincial de la Pointe Murphys à la mi-juillet 2006.

La récolte ontarienne de potamot de Ogden la plus récente a été réalisée par K.W. Spicer le 27 juin 1987 à Davis Lock, à l’extrémité ouest du lac Sand, qui se trouve sur le canal Rideau. Le spécimen a d’abord été identifié comme étant un P. strictifolius , identification qui a été changée pour P. ogdenii en 1995 par R.R. Haynes. Le site a été recherché par le rédacteur le 11 août 2005. La plus grande partie de la journée a été passée en canot dans le secteur mentionné sur l’étiquette d’herbier. Le secteur est constitué de grandes baies tranquilles peu profondes pourvues d’une végétation aquatique diversifiée comprenant de nombreuses espèces de Potamogeton. Plusieurs spécimens qui, à première vue, semblaient pouvoir être des P. ogdenii ont été recueillis, mais l’examen réalisé ultérieurement a révélé qu’il s’agissait principalement de P. strictifolius.

Le secteur a probablement subi peu de changements depuis 1987, aucun développement récent n’y ayant eu cours et la végétation aquatique des baies abritées adjacentes au canal montrant peu de signes de perturbation. Les vagues des bateaux passant dans le canal peuvent certes perturber les communautés aquatiques, mais la végétation se trouvant à bonne distance du chenal apparaissait peu perturbée. Le myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum) était abondant dans le chenal principal, mais il y avait peu de cette plante envahissante dans les baies tranquilles. Bien que le potamot de Ogden n’ait pas été trouvé à Davis Lock en 2005, il devrait être présumé qu’il y est encore présent, mais en un nombre probablement faible qui ferait que l’espèce pourrait facilement passer inaperçue parmi les plusieurs espèces similaires communes dans le secteur.

En 1974, durant un relevé biologique de la réserve de parc de la Pointe Murphy (qui sera plus tard désigné parc provincial de la Pointe Murphy; Lindsay, 1974), Kathy Lindsay a recueilli des potamots de Ogden dans les eaux peu profondes du ruisseau Black, près d’un barrage de castors. Ce secteur a été fouillé par le rédacteur le 17 août 2005. La plus grande partie de la journée a été passée à parcourir à pied la presque totalité du tronçon du ruisseau (plus de deux kilomètres) se trouvant dans le parc. Dans le passé, ce tronçon consistait en une série d’étangs à castors interreliés constituant un important habitat aquatique; cependant, à l’été 2005, la plupart des étangs étaient asséchés. Au cours des dernières années, la présence d’étangs à castors a été plutôt erratique dans ce tronçon du ruisseau (T. Kiesewalter, comm. pers., 2006). Depuis le milieu des années 1990, les populations de castors sont faibles dans ce secteur, et les barrages n’ont pas été entretenus (M. Ogilvie, surintendant de parc, comm. pers., 2007). En 2005, le milieu se limitait à un cours d’eau rocheux étroit à très faible débit traversant une série d’herbaçaies humides. Le seul habitat propice aux potamots était les petits bassins peu profonds répartis de façon éparse dans le lit du ruisseau. Plusieurs Potamogeton ont été recueillis dans ces bassins, mais après examen, la récolte ne comptait aucun potamot de Ogden. Vu l’habitat limité et les recherches intensives effectuées par le rédacteur, il semble bien que le potamot de Ogden ne soit plus présent dans le ruisseau Black, dans le parc provincial de la Pointe Murphys.

Il y a toutefois des peuplements aquatiques diversifiés dans les baies protégées du lac Big Rideau, tant à l’intérieur qu’au voisinage immédiat du parc, particulièrement dans la baie Hoggs, dans laquelle se jette le ruisseau Black. Certains de ces peuplements (notamment ceux de divers secteurs de la baie Hoggs) ont été examinés brièvement le 17 août 2005, mais aucune plante ressemblant au potamot de Ogden n’a été trouvée. Le 14 juillet 2006, le secteur de la baie Hoggs a été fouillé de façon plus exhaustive. Le rédacteur a passé la plus grande partie de la journée à parcourir en canot cette grande baie peu profonde et plusieurs petites baies voisines, dans le lac Big Rideau. La baie Hoggs compte une bonne superficie de zones peu profondes où dominent divers potamots. Durant le relevé, onze espèces de Potamogeton ont été observées dans la baie Hoggs, dont beaucoup de P. zosteriformis. Malheureusement, aucun potamot de Ogden n’a été trouvé. Le myriophylle en épi était abondant dans les baies. Au relevé additionnel de 2006 réalisé dans la baie Hoggs, il faudrait ajouter de nombreux autres inventaires exhaustifs pour déterminer si l’espèce est encore présente dans le parc et les environs. Quoique le potamot de Ogden semble avoir disparu du ruisseau Black, on devrait présumer qu’il est encore présent dans le parc ou dans les milieux humides environnants, mais peut-être en un faible nombre qui ferait que l’espèce pourrait facilement passer inaperçue parmi les plusieurs espèces similaires communes dans le secteur.

Le 18 août 2005, le rédacteur a passé la journée à examiner dans le comté de Hastings et le comté de Lennox et Addington une série de sept milieux humides présentant des caractéristiques environnementales semblables à celles des sites de la pointe Murphys et de Davis Lock. Les endroits visités dans le comté de Lennox et Addington ont été les suivants : les milieux humides bordant un cours d’eau anonyme juste au sud-est du lac Mitten, tout près de la route de comté 41; l’extrémité nord-est du lac Little Mellon; l’extrémité est du lac Haley. Dans le comté de Hastings, les endroits visités ont été les suivants : le ruisseau Beaver juste à l’est du lac Crowe, tout près de la route de comté 33; le ruissseau Beaver tout près du chemin du lac Beaver; le ruisseau Beaver tout près du chemin Shanick; la rivière Moira tout près de la route 7. À chacun de ces endroits, les recherches ont duré une heure ou moins. Des potamots ont été recueillis à la plupart de ces endroits et ont été par la suite comparés à des spécimens du DAO dont l’identification a été vérifiée par R.R. Haynes ou C.B. Hellquist; malheureusement, la récolte du rédacteur ne renfermait aucun potamot de Ogden.

Les résultats des relevés de terrain et l’examen des Potamogeton du DAO portent à croire que le potamot de Ogden est très rare dans la province. Le fait que les deux sites les plus récemment observés (pointe Murphys et Davis Lock) n’ont pu être retrouvés en 2005 ne signifie pas que l’espèce a disparu de ces endroits. La difficulté d’identifier l’espèce sur le terrain, et le fait que plusieurs espèces similaires sont assez communes dans son aire de répartition apparente, laissent penser que le potamot de Ogden pourrait passer très facilement inaperçu là où il serait en petit nombre et mêlé à des espèces plus communes. Tout comme chez d’autres espèces de Potamogeton qui produisent des hibernacles, il a été observé que les populations locales de potamot de Ogden varient grandement d’une année à l’autre (Hellquist et Mertinooke-Jongkind, 2003). Cette variabilité interannuelle pourrait avoir eu une incidence sur les résultats des relevés de 2005.

Abondance

On ne peut rien dire sur l’abondance de l’espèce, aucun potamot de Ogden n’ayant été trouvé en 2005. Par ailleurs, aucune des étiquettes des spécimens recueillis en Ontario ne donne d’information sur l’abondance.  

Fluctuations et tendances

Aucune information n’existe en ce qui concerne les fluctuations ou les tendances de l’espèce, aucun potamot de Ogden n’ayant été trouvé en 2005, et aucune des étiquettes des spécimens recueillis en Ontario ne donnant d’information sur l’abondance.

Effet d’une immigration de source externe

Vu le statut d’espèce en voie de disparition ou d’espèce menacée du potamot de Ogden dans les États adjacents – et sa rareté générale aux États-Unis –, il est peu probable que des propagules issues des États-Unis puissent contribuer au rétablissement des populations de l’Ontario.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces pouvant peser sur le potamot de Ogden sont la destruction de son habitat, par exemple la disparition d’étangs à castors, et la compétition que peut lui faire des plantes envahissantes, comme le myriophylle en épi. L’étendue de tels effets pourrait être minine à l’heure actuelle. À Davis Lock, le peu d’incidence des plantes envahissantes sur les communautés aquatiques diversifiées dans le secteur des baies tranquilles où le potamot de Ogden aurait été trouvé était évident. Le ruisseau Black, à la pointe Murphys, ne montrait pas non plus de signes notables de dommages causés par des plantes envahissantes. Toutefois, le myriophylle en épi est commun dans les baies du lac Big Rideau à l’intérieur du parc provincial de la Pointe Murphys et dans les environs immédiats : une grande superficie de zones renfermant une bonne diversité de plantes aquatiques et une quantité limitée de cette plante envahissante sont également présentes. Le potamot crépu (Potamogeton crispus), plante aquatique envahissante, n’a pas été observé à Davis Lock, et il n’est présent dans la région de la pointe Murphys qu’en petit nombre. L’hydrocharide grenouillette (Hydrocharis morsus-ranae) est une autre plante aquatique envahissante qui est commune dans l’est de l’Ontario; cette espèce n’a pas été vue dans le secteur de Davis Lock, et elle était rare au ruisseau Black et dans la baie Hoggs.

Comme les étangs à castors sont éphémères par nature, une espèce rare peu proliférante poussant dans ces milieux risque de disparaître localement quand les étangs se trouvent asséchés. En outre, le potamot de Ogden se trouve aussi en péril dans l’ensemble de son aire de répartition du fait de ses faibles effectifs. Selon Hellquist et Mertinooke-Jongkind (2003), la population mondiale ne compterait que dix sites encore existants (ces auteurs ne répertorient qu’un seule des deux sites ontariens récents).

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Importance de l'espèce

Comme les autres potamots, le potamot de Ogden peut être consommé par des oiseaux aquatiques et des mammifères, et il offre un abri à des invertébrés aquatiques et des poissons. On ne signale aucune utilisation traditionnelle ou autochtone du potamot de Ogden.

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Protection actuelle ou autres désignations

La présence du potamot de Ogden en Ontario n’est reconnue que depuis peu. L’espèce n’est pas répertoriée dans la liste des plantes de l’Ontario (Newmaster et al., 1998) ni dans la dernière liste des plantes rares publiée par le Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (Oldham, 1999). La liste la plus récente sur le site Web du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (NHIC, 2005) comprend le potamot de Ogden, avec le classement infranational (provincial) SH (historique et possiblement disparu).

Sur le site Web NatureServe Explorer (NatureServe, 2005), on attribue au potamot de Ogden la cote mondiale G1 (gravement en péril). Aux États-Unis, à l’échelle nationale, l’espèce est classée N1 (gravement en péril). Dans les quatre États américains abritant le potamot de Ogden (Connecticut, Massachusetts, New York et Vermont), l’espèce est classée S1, et elle est désignée en voie de disparition (endangered) au Massachusetts et dans l’État de New York (USDA, NRCS, 2005).


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Résumé technique

Potamogeton ogdenii

Potamot de Ogden – Ogden’s pondweed

Répartition au Canada :

Ontario

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada

Selon un polygone comprenant les trois spécimens connus. Aux fins du présent calcul, le comté de Hastings a été utilisé arbitrairement comme étant le site de la collecte de 1873. Bien qu’ancien, son vague emplacement l’empêche d’être considéré comme étant disparue du pays. Moins de 1 000 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable

Superficie de la zone d’occupation (km²).

Fondé sur le fait que les sites de Davis Lock et de la pointe Murphys sont existants. Zone actuelle de < 1 km² (< 2 ha), mais fondée sur une technique du quadrillage de 2 km², certainement de < 20 km².

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

(Perte de la population des étangs à castors du ruisseau Black) : En déclin en raison de la perte d’un emplacement récent.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu

Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés

(La population historique du comté de Hastings est inconnue, mais demeure probablement existante; elle est possiblement présente dans le Parc provincial de la Pointe Murphys, près de l’ancienne population du ruisseau Black, et demeure probablement existante à Davis Lock.): De 0 à 3

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

(Perte de la population du ruisseau Black). En déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

(Perte de l’aire du ruisseau Black et probablement perte de la qualité en raison de la dispersion des plantes aquatiques envahissantes.). En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

(La plupart des plantes se reproduisent végétativement et survivent à l’hiver puisqu’elles possèdent des bourgeons hivernaux spécialisés.). Inconnue, mais possibilité de plusieurs années pour atteindre la maturité.

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

En déclin (perte de la population du ruisseau Black)

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Inconnu

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

(Deux emplacements récents se situent dans le même bassin hydrographique et la dispersion est causée par les eaux et probablement par la sauvagine.). Non

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune. Aucune vérification, mais possibilité de plus de 3 ayant des plantes existantes.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

En déclin

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • La perte de la plupart des habitats aquatiques a été observée sur un site;
  • les menaces sur les autres sites sont possiblement principalement liées à la dispersion des plantes aquatiques envahissantes.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : Les classements dans les États adjacents sont New York (SI)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Non

Analyse quantitative

Aucune analyse disponible

Statut actuel

COSEPAC : en voie de disparition (2007)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab (ii, iii, iv) + B2ab (ii, iii, iv)

Justification de la désignation : Cette espèce est une plante aquatique qui est en péril à l’échelle mondiale et qui compte de faibles effectifs; seuls 11 sites existants sont connus à l’échelle mondiale. Au Canada, on la trouve dans seulement trois sites dans le sud-est de l’Ontario où l’espèce a été cueillie pour la dernière fois en 1987. De récents travaux sur le terrain ont permis de documenter la perte d’habitat et la disparition probable du pays d’une population, mais n’a pas permis de retrouver les autres populations. L’un des emplacements est un site historique situé dans une région relativement non perturbée qui ne possède aucune information précise d’emplacement. La présence de plantes aquatiques envahissantes dans des endroits à proximité des populations dont on présume l’existence laisse entrevoir un déclin continu dans l’ensemble de l’aire et de la qualité de l’habitat de l’espèce indigène. Cependant, l'espèce, que l'on confond facilement sur le terrain avec d'autres potamots à feuilles étroites similaires, est probablement encore présente au Canada dans les habitats convenables à proximité des sites auparavant connus.

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Ne satisfait pas à ce critère. Les renseignements sont insuffisants.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Satisfait au critère « en voie de disparition » B1ab (ii, iii, iv) + B2ab (ii, iii, iv) en raison de ses petites zones d’occurrence et d’occupation, du nombre de sites inférieur à 5 et du déclin continu  dans la zone d’occupation en raison de la disparition de la population du ruisseau Black, du déclin présumé de l’habitat potentiel au lac Big Rideau et autour en raison de  la prolifération des plantes aquatiques envahissantes. Même si la présence des deux autres populations n’a pu être confirmée, une population ou plus pourrait encore exister puisqu’un habitat convenable semble être présent.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Ne satisfait pas à ce critère. Les renseignements sont insuffisants car la taille de la population est inconnue.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Satisfait probablement au critère D2 pour la catégorie « espèce menacée », en se fondant sur le nombre de site inférieur à 5 à l’intérieur de la zone d’occupation de moins de 20 km² et à la présence d’une plante aquatique agressivement envahissante dans les eaux adjacentes au site de Davis Lock.

Critère E (Analyse quantitative) : Ne rencontre pas ce critère. Aucune analyse n’est disponible.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements 

Nous tenons à remercier Mike Oldham, du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, qui nous a fourni beaucoup d’information générale sur l’espèce. Stephen Darbyshire nous a facilité l’accès à l’herbier du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (DAO). Enfin, plusieurs réviseurs anonymes nous ont fourni des commentaires utiles sur l’ébauche du rapport.

Autorités contactées 

  • Cooper, Lara. Direction des sciences de la biodiversité, ministères des Pêches et des Océans, 200 rue Kent, Station 8N180, 8e étage, Ottawa (Ontario)  K1A 0E6.
  • Dextrase, Alan. Biologiste principal, espèces en péril, Division des espèces en péril, Parcs Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, B. P. 7 000, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.
  • Goulet, Gloria. Coordonnatrice, Connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario)  K1A 0H3.
  • Hellquist, C. Barre. Biologiste, Massachusetts College of Liberal Arts, North Adams, MA 01247 (communication personnelle, mars 2006).
  • Kiesewalter, Tobi. Natural Heritage Leader, parc provincial de la Pointe Murphys, Parcs Ontario, 2243 Elm Grove Road, R.R. # 5, Perth (Ontario)  K7H 3C7.
  • Oldham, M. Botaniste/herpétologiste, Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles, 300 rue Water, 2e étage, tour nord, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5.
  • Tuininga, Ken. Service canadien de la faune, Environnement Canada, 4905 rue Dufferin, Downsview (Ontario)  M3H 5T4.

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Sources d’information

Crow, G.E., et C.B. Hellquist. 2000. Aquatic and wetland plants of Northeastern North America. University of Wisconsin Press, Madison (Wisconsin).

FNA. 2000. Flora of North America, north of Mexico. Vol 22: Magnoliophyta: Alismatidae, Arecidae, Commelinidae (in part), and Zingiberidae, édité par Flora of North America Editorial Committee. Oxford University Press, New York.

Gleason, H.A., et A. Cronquist. 1991. Manual of vascular plants of northeastern United States and Canada. 2e édition. The New York Botanical Garden Press, Bronx, État de New York. 993 p.

Haynes, R.R. 1974. A revision of North American Potamogeton subsection Pusilli (Potamogetonaceae). Rhodora 76: 564-649.

Hellquist, C.B. 1985. Species data sheet for Potamogeton ogdenii. Version provisoire non publiée préparée pour le projet de l’Atlas of the Rare Vascular Plants of Ontario.10 p. [L’espèce n’a pas été incluse dans l’atlas (Pryer & Argus, 1987) en raison de son origine hybride].

Hellquist, C.B., et G.E. Crow. 1986. Potamogeton x haynesii (Potamogetonaceae), a new species from Northeastern North America. Brittonia 38: 415-419.

Hellquist, C.B., et R.L. Hilton. 1983. A new species of Potamogeton (Potamogetonaceae) from Northeastern United States. Systematic Botany 8: 86-92.

Hellquist, C.B., et T. Mertinooke-Jongkind. 2003. Potamogeton ogdenii Hellquist & Hilton (Ogden’s pondweed) conservation and research plan for New England [en anglais seulement]. Rapport préparé pour la New England Wild Flower Society, Framingham, MA. 15 p.

Holmgren, N.H.1998. Illustrated companion to Gleason and Cronquist's manual. Illustrations of the vascular plants of northeastern United States and adjacent Canada. The New York Botanical Garden Press, Bronx (État de New York), 919 p.

Lindsay, K.M. 1974. A brief biological inventory of Murphys Point Provincial Park Reserve, comté de Lanark, Ontario. Rapport non publié. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Park Planning Branch, Toronto.

Makkay, K. 2005. Rapport de situation du COSEPAC sur le potamot de Hill (Potamogeton hillii) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. 21 p.

NatureServe. 2005. NatureServe Explorer: Une encyclopédie sur la vie en ligne [en anglais seulement].

Newmaster, S.G., A. Lehela, P.W.C. Uhlig, S. McMurray, M.J. Oldham. 1998. Ontario Plant List. Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Institut de recherche forestière de l’Ontario, Sault Ste. Marie, Ontario. Document d’information sur la recherche forestière 123. 550 p.

NHIC. 2005. Site Web du Centre d’information sur le patrimoine naturel.

Oldham, M.J. 1999. Natural heritage resources of Ontario: rare vascular plants, troisième édition, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough. 56 p.

Pryer, K.M., et G.W. Argus, éd. 1987. Atlas of the rare vascular plants of Ontario. Partie 4. National Museum of Natural Sciences.

Sculthorpe, C.D. 1967. The biology of aquatic vascular plants. Edward Arnold Publishers Ltd., London.

USDA, NRCS. 2005. The PLANTS database. United States Department of Agriculture, National Plant Data Center, Baton Rouge, LA.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

David J. White détient un B.Sc. en biologie et travaille depuis plus de 30 ans à répertorier les zones naturelles et à évaluer la situation et l'importance des plantes rares. Il a effectué ses premiers relevés en 1972, dans le cadre du Programme biologique international. De 1973 à 1983, M. White a occupé le poste de technicien de recherche au Musée canadien de la nature. Durant cette période, il a corédigé plusieurs publications sur les plantes rares, dont l'Atlas des plantes vasculaires rares de l'Ontario. Depuis 1984, il travaille à son compte comme consultant en sciences biologiques; il a notamment réalisé des inventaires et des évaluations de zones naturelles et rédigé des rapports sur les espèces envahissantes. M. White a déjà rédigé pour le COSEPAC des rapports de situation sur trois espèces ainsi que rédigé ou corédigé des rapports de mise à jour sur 20 autres espèces.

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Collections examinées

Herbier d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (DAO), Ferme expérimentale centrale, Ottawa.

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Annexe 1

Localités du potamogeton ogdenii en Ontario
Numéro d’occurrence de l’élémentLieuDate de la dernière observationNotes du relevé de 2005
1Parc provincial de la Pointe Murphys1974Espèce non trouvée. Étangs à castors asséchés, ce qui laisse très peu d’habitat aquatique. Présence possible de l’espèce non loin de là, dans le lac Big Rideau.
2Davis Lock1987Espèce non trouvée. Habitat aquatique abondant avec de nombreux Potamogeton spp. L’espèce pourrait encore être présente.
3Comté de Hastings1873Site non recherché spécifiquement en raison du manque de précision de la localisation.

Des recherches ont été effectuées sans succès à d’autres endroits, dans le comté de Hastings et le comté de Lennox et Addington (voir la section « Taille et tendances des populations » pour les endroits additionnels, où l’espèce n’a pas été trouvée).

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