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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc nain au Canada - Mise à jour

Taille et tendances de la population

Le Petit-duc nain a été aperçu pour la première fois au Canada en octobre 1901 : on a découvert une femelle morte sur la plage Okanagan de Penticton, en Colombie-Britannique (Brooks, 1909). Avant 1980, on n’a noté que six fois la présence de l’espèce en Colombie-Britannique. Le faible nombre d’oiseaux ou de nids enregistrés jusque‑là est attribuable au tempérament nocturne et réservé de cette espèce. Depuis le début des années 1980, quelques observateurs expérimentés sont devenus très compétents pour repérer les nids.

On estime la population de la Colombie-Britannique à 1 200 couples (tel que rapporté par Kirk et Hyslop, 1998), mais cette donnée variera probablement sur un cycle de 40 à 50 ans en fonction de l’abondance des tordeuses, du stade de succession végétale et de la nature des mesures d’aménagement (D. Low, comm. pers.; van Woudenberg, 1992; van Woudenberg et al., 1998). La difficulté d’estimer les effectifs est due en partie à l’absence d’informations sur la nidification ou sur ses résultats, exception faite de quelques sites particuliers dans la province. De plus, l’information sur l’état ou le caractère adéquat des forêts sèches de sapins douglas dans l’aire de nidification de l’espèce à un degré de détail supérieur à celui des données d’inventaire du couvert forestier ne permet pas de déterminer avec exactitude la disponibilité de l’habitat, à partir de laquelle on pourrait estimer, avec circonspection cependant, la taille de la population. À part les résultats des recherches de nids uniformisées du mont Wheeler, effectuées pendant trois périodes de reproduction consécutives (Christie, 1994, 1996), il n’y a pas de données en ce qui a trait à la taille ou aux tendances de la population dans cette province.

Plusieurs mentions d’observation de l’espèce dans le sillon des Rocheuses (tableau 1) ont été signalées au cours de la dernière décennie (B.C. Conservation Data Centre, 1998), depuis l’ouest de Lillooet jusqu’au ruisseau Cayoose (van Woudenberg, 1998) et au nord de Williams Lake (M.J. Waterhouse, comm. pers., 1997). Même si des relevés ont eu lieu plus d’une fois dans un grand nombre de ces régions, il est impossible d’extrapoler les densités de population à partir des résultats obtenus (van Woudenberg et Christie, 1997) parce que le but de ces relevés était de déterminer la distribution et l’aire de nidification de l’espèce en Colombie-Britannique et non pas son abondance absolue.

 

Tableau 1. Mentions d’observation du Petit-duc nain par région biogéoclimatique de la Colombie-Britannique
RégionSous‑zone/ varianteNbre de mentionsProportion des observationsNbre de sites/km parcourusNbre de sites/km linéaireSource
OkanaganPPxh1>6<12 %  St. John, 1991
 IDFxh121, >3454 %, <69 %  Cannings et Booth, 1997; St. John, 1991
 PP/IDFxh1918 %  St. John, 1991
 PP/IDFxh21231 %  Cannings et Booth, 1997
 IDFdk2615 %   
Kamloops et MerrittPPxh21<1 %123/62,5 km0,02van Woudenberg et al., 1995
 IDFxh24255 %298/150 km0,28 
 IDFxw1013 %45/23,5 km0,43 
 IDFdk11418 %148/75 km0,19 
 IDFdk26<1 %80/41 km0,15 
 IDFdk33<1 %29/15,5 km0,19 
Cariboo-ChilcotinBGxw236 %  CFR, 1996 (données inéd.)
 IDFxm613 %   
 IDFdk3 et dk43881 %   
Kootenay (sillon des Rocheuses)IDFdm21S.o.  B.C. Conservation Data Centre, 1998

Le tableau 2 présente le nombre estimé de couples nicheurs dans les quelques régions de la province où l’on a constaté leur présence. Bien que cette espèce puisse être abondante par endroits dans son aire (y compris en Colombie‑Britannique), les tendances démographiques à long terme ailleurs en Amérique du Nord sont incertaines (McCallum, 1994b). Même s’il n’est probablement pas nécessaire pour une espèce aussi nomade de disposer de grandes surfaces d’habitat contiguës, les populations locales doivent conserver une taille minimale indispensable pour demeurer viables (Soule, 1993).

 

Tableau 2. Nombre estimé de couples nicheurs de Petit-duc nain en Colombie-Britannique
RégionNbre estimé de couples nicheursObservateurs
Okanagan100R.J. Cannings, comm. pers.
District forestier de MerrittRésultats de modèle à venirChristie et van Woudenberg, 1998
District forestier de Lillooet50-100Williams et Woodward, 1989, et obs. pers.
District forestier de KamloopsRésultats de modèle à venirChristie et Woudenberg, 1998
Région de Cariboo-Chilcotin100-200M. Waterhouse, comm. pers.

Afin d’améliorer les estimations des effectifs, il faut poursuivre l’échantillonnage pour confirmer la nidification. Le fait que des individus chantent spontanément en mai et au début de juin et deviennent silencieux par la suite est une indication de la nidification (van Woudenberg et Christie, 1997). Au Colorado cependant, des informations sur la reproduction recueillies pendant 17 ans ont montré que les mâles non appariés continuent de chanter plus tard dans la période de reproduction (B.D. Linkhart, comm. pers.). Ainsi, les informations sur la nidification ne peuvent être extrapolées à partir des mentions de chants de Petits-ducs nains (McCallum, 1994b). Ceux qui continuent de chanter plus tard dans la saison (de la mi‑juin à juillet), de leur gré ou parce qu’ils répondent à des enregistrements, sont probablement des mâles non appariés (van Woudenberg et Christie, 1997; McCallum, 1994b; B. Linkhart, comm. pers.). La présence d’un couple nicheur est la seule preuve sans équivoque de l’existence d’une activité de nidification et d’un habitat propice.

Le statut de la population nord-américaine dépend aussi de l’accessibilité à un habitat hivernal. L’état et le degré de conservation des habitats au Mexique, et en Amérique centrale en particulier, sont en grande partie inconnus (McCallum, 1994b). Les effets de la gestion des habitats en Amérique du Nord peuvent être difficiles à cerner si l’on ne tient pas compte de la qualité de l’habitat et des taux de mortalité dans l’aire d’hivernage du Petit-duc nain.

Les informations aidant à estimer les paramètres démographiques avec une certitude raisonnable sont très limitées. Même si les résultats de relevés auditifs peuvent laisser supposer que le Petit-duc nain est une espèce courante dans les forêts des montagnes de l’Ouest (McCallum, 1994a), le nombre d’individus qui chantent, à lui seul, peut être énormément trompeur quant à l’abondance de l’espèce (van Woudenberg et Christie, 1997). Les résultats de relevés de nidification effectués pendant des années consécutives, superposés sur une carte présentant les résultats de relevés auditifs également répétés, ont montré que des regroupements d’individus qui chantaient indiquaient généralement la présence d’un seul nid (van Woudenberg et Christie, 1997). Dans l’ensemble de l’aire de nidification du Petit-duc nain, les oiseaux aperçus sont généralement signalés comme des groupes (McCallum, 1994a). Des données recueillies au mont Wheeler et à quelques sites d’étude environnants ont montré qu’il s’agit peut‑être soit d’un mâle seul en train de parcourir son territoire, soit de quelques congénères se disputant un habitat propice, ce qui se traduira par l’occupation d’un seul nid (D.A. Christie et D.J. Low. comm. pers., 1994-96; Christie, comm. pers.).

À l’échelle mondiale, l’espèce est classée dans la catégorie G4 : apparemment protégée (B.C. Conservation Data Centre). En Colombie-Britannique, on la classe dans la catégorie S3/S4 : S3 désigne les espèces rares ou peu communes dans la province (entre 21 et 100 occurrences) et S4, les espèces apparemment protégées (un grand nombre d’occurrences) (B. C. Conservation Data Centre).