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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc nain au Canada - Mise à jour

Mise à jour

Évaluation et Rapport

de situation du COSEPAC

sur le

Petit-duc nain

Otus flammeolus

au Canada

 

Petit -duc nain (Otus flammeolus)

 

 ESPÈCE PRÉOCCUPANTE 2001

 

Logo du COSEPAC

 

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc nain (Otus flammeolus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 27 p. (http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm).

VAN WOUDENBERG, A.M., et D.A. KIRK. 1999. Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit-duc nain (Otus flammeolus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-27.

Rapport précédent :

HOWIE, R.R. 1988. COSEWIC status report on the Flammulated Owl Otus flammeolus in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 66 p.

Note de production :

Veuillez remarquer que le statut proposé à la section « Évaluation et statut proposé » du rapport peut différer de la dernière désignation assignée à l’espèce par le COSEPAC.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Flammulated Owl Otus flammeolus in Canada.

Illustration de la couverture :
Petit-duc nain - J. Crosby, Les oiseaux du Canada, W. Earl Godfrey, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/426-2005F-PDF
ISBN 0-662-79617-9
HTML : CW69-14/426-2005F-HTML
ISBN 0-662-79618-7

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Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2001

Nom commun: Petit-duc nain

Nom scientifique: Otus flammeolus

Statut: Espèce préoccupante

Justification de la désignation: La population est relativement petite et distribuée de façon isolée, l'habitat de reproduction préféré est composé d'une forêt de Douglas taxifoliés et de pins ponderosa ayant des caractéristiques d'un peuplement vieux, les sites de nidification dans des cavités et l'habitat d'alimentation sont vulnérables à la modification de l'habitat découlant de l'exploitation des forêts.

Répartition: Colombie‑Britannique

Historique du statut: Espèce désignée « préoccupante » en avril 1988. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en novembre 2001. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

 

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Résumé (du Rapport de situation de 1999)

Petit-duc nain

Otus flammeolus

 

Répartition

Le Petit‑duc nain se reproduit dans les forêts alpestres de l’ouest de l’Amérique du Nord et son aire de répartition s’étend du centre du Mexique jusqu’au centre‑sud de la Colombie‑Britannique. Au Canada, l’espèce n’est présente que dans cette province, depuis la frontière des États‑Unis jusqu’au lac McLeese, du côté ouest du fleuve Fraser au nord de Williams Lake, jusqu’au ruisseau Alexis, du côté sud de la rivière Chilcotin. Il existe des mentions de nidification au nord jusqu’au mont Skull, près de Barriere, au nord de Kamloops. Toutefois, l’observation à Williams Lake, deux années différentes (en 1995 et en 1998), de deux jeunes ayant pris leur premier envol semble indiquer que l’espèce niche encore plus au nord.

 

Protection

Le Petit‑duc nain est protégé en vertu de la Wildlife Act de la Colombie‑Britannique, qui interdit de détruire ou d’endommager les œufs, les adultes nicheurs et les nids occupés. Le Code d’exploitation forestière de cette province, adopté en 1995, prévoit des mesures de gestion particulières de l’habitat de l’espèce, qui fera d’ailleurs partie du groupe d’espèces visé par le volume 2 de la stratégie de gestion des espèces sauvages incluse dans ce code, lorsqu’il sera publié. Le Petit‑duc nain est inscrit sur la liste bleue en Colombie‑Britannique.

 

Population

La population de l’espèce en Colombie‑Britannique est estimée à 1 200 couples. Il est difficile de faire des estimations parce qu’on ne dispose de données sur la réussite de la nidification que pour quelques endroits. À part les résultats des recherches de nids effectuées au mont Wheeler pendant trois saisons de reproduction consécutives, il n’existe pas d’information sur la taille ou les tendances de la population dans cette province. Qui plus est, on manque de données sur la qualité de l’habitat des forêts de sapins sapins douglas dans l’aire de l’espèce, données qui pourraient servir à estimer les effectifs par une extrapolation prudente. Comme le nombre de Petits‑ducs nains dépend de l’abondance des tordeuses des bourgeons de l’épinette et du stade de succession végétale dans les forêts, celui‑ci fluctue probablement sur un cycle de 40 à 50 ans en fonction du degré d’activité des tordeuses, du stade de succession végétale et de la nature des mesures d’aménagement des forêts.

 

Habitat

L’aire du Petit‑duc nain est essentiellement synchrone avec celle du pin ponderosa. Toutefois, à sa limite nord, l’espèce occupe également la ceinture de forêts sèches de sapins sapins douglas. En Colombie‑Britannique, on retrouve le Petit‑duc nain principalement dans la zone biogéoclimatique intérieure à sapins douglas, et ensuite dans la zone à pin ponderosa. La plupart des individus sont observés dans les sous‑zones xériques très chaude, chaude et douce de la zone biogéoclimatique intérieure à sapins sapins douglas.

 

Biologie

Le taux de reproduction de l’espèce est faible et sa longévité peut atteindre 11 ans, si bien qu’il peut être impossible de mesurer le faible taux de recrutement pendant plusieurs années. On ne connaît pas l’âge à la première reproduction, mais le manque de femelles peut forcer certains mâles à se reproduire seulement après leur première année d’existence. Les couples ne sont pas formés pour la vie et les pontes varient de deux à quatre œufs. On peut observer des colonies éparses, mais cela pourrait être davantage attribuable à la présence groupée d’habitats de reproduction propices qu’à un comportement grégaire comme tel. Le Petit‑duc nain est en concurrence avec d’autres espèces, dont le grand polatouche, pour l’occupation de cavités dans les arbres. Enfin, il s’agit d’une espèce très migratrice, qui établit ses quartiers d’hiver au Mexique et en Amérique centrale.

 

Facteurs limitatifs

Étant donné que le Petit‑duc nain dépend des vieilles forêts de pins ponderosa et de sapins douglas à valeur commerciale, il est sensible aux modifications de l’habitat dues aux opérations de coupe. Celles‑ci, de même que l’extinction des feux et le pâturage, ont considérablement transformé les forêts alpestres de l’Ouest. Leur principal effet a été la baisse de la régénération des peuplements de pin ponderosa (et donc la réduction de l’habitat de reproduction du Petit‑duc nain), mais en même temps l’accroissement de la présence de taillis de sapins douglas (qui fournissent un refuge contre les prédateurs). L’extinction des feux de forêt a favorisé l’émergence de peuplements trop denses d’arbres à la cime peu développée et l’augmentation du nombre d’essences d’ombre.

De plus, la coupe sélective pratiquée pour la production de bois de chauffage peut modifier la structure de l’habitat et nuire aux nicheurs, en particulier de mai à août, période pendant laquelle on risque d’abattre des arbres où il se trouve des nids. Les systèmes sylvicoles impliquant la coupe de quelques vieux arbres seulement, la conservation d’un certain nombre d’arbres matures et la création d’éclaircies favorisant la régénération de peuplements de pins ponderosa assureront le maintien de l’habitat nécessaire au Petit‑duc nain. Si on laisse sur place des taillis de sapins douglas en îlots, la mise en œuvre de pratiques d’aménagement visant à produire des peuplements inéquiens devrait permettre de conserver un habitat propice à l’espèce à l’échelle du paysage.

Toutefois, les peuplements composés seulement de sapins douglas offrent des possibilités limitées au Petit‑duc nain en ce qui concerne les réserves alimentaires et ils pourraient se révéler accueillants pour la Chouette rayée, un des prédateurs de l’espèce, qui comprennent aussi l’Épervier brun, le grand polatouche et l’ours noir.

Le Petit‑duc nain étant insectivore, il peut être vulnérable aux effets des pulvérisations aériennes de bactéries (Bt), moyen utilisé pour la lutte contre les lépidoptères nuisibles.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*           Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**         Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***      Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****     Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement                  Environment
Canada                             Canada

Service canadien               Canadian Wildlife
de la faune                        Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Introduction

Le Petit-duc nain (Otus flammeolus) est un oiseau insectivore de petite taille (poids de 55 à 60 g) qui occupe des cavités vacantes dans de vieilles forêts sèches de sapins douglas bleu (Pseudotsuga menziesii) et de pins ponderosa (Pinus ponderosa) (Campbell et al., 1990). L’espèce est migratrice, et la limite septentrionale de son aire de reproduction se trouve dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, la seule province du Canada où on la retrouve. Ses yeux sombres la distinguent de toutes les autres espèces de petits hiboux peuplant le pays, dont les yeux sont jaunes (Godfrey, 1986).

En 1988, le CSEMDC (Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, maintenant le COSEPAC) considérait le Petit-duc nain comme « rare », statut qui a changé pour « vulnérable » en 1990. À cette époque, on en savait encore peu sur la répartition de l’espèce, ses besoins en matière d’habitat et l’écologie de sa reproduction (van Woudenberg, 1992; Howie et Ritcey, 1987). Le nombre d’individus présents dans le sud de la Colombie-Britannique était alors évalué à au moins 30 couples, et la tendance démographique n’était pas connue. On savait que le Petit-duc nain préfère se nourrir et nicher dans les forêts arrivées à maturité (Reynolds et Linkhart, 1987), aussi ce nombre devait‑il être supérieur avant l’exploitation étendue des forêts. Parmi les facteurs limitant la population de l’espèce, citons la perte d’habitat propice à l’alimentation et à la nidification, la contamination de l’environnement, les activités humaines, la compétition interspécifique et la prédation.

Au cours de la dernière décennie, la répartition de l’espèce et ses préférences en matière d’habitat en Colombie-Britannique ont fait l’objet de plusieurs études (Williams et Woodward, 1989; St. John, 1991; van Woudenberg, 1992; van Woudenberg et al., 1995; Christie, 1996; Cannings et Booth, 1997; D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996; M.J. Waterhouse, comm. pers., 1997).

Des inventaires des habitats et des dénombrements ont eu lieu dans les régions de l’Okanagan, de Kamloops-Merritt et de Cariboo‑Chilcotin. On a également procédé à trois études de la répartition dans la vallée de l’Okanagan (St. John, 1991; Cannings et Booth, 1997; Gyug, 1998). Des études d’envergure semblables, dont des inventaires des habitats, ont été effectuées dans les districts forestiers de Kamloops et de Merritt (Williams et Woodward, 1989; van Woudenberg et al., 1995; Christie et van Woudenberg, en prép.). Une partie du district forestier de Boundary (Cannings et Booth, 1997; Gyug, 1998) et la vallée de la rivière Similkameen (Cannings et Booth, 1997) ont aussi fait l’objet de relevés.

Entre 1989 et 1991, la radiotélémesure a permis de définir les besoins essentiels du Petit-duc nain en matière de nourriture et d’habitat de nidification au mont Wheeler, au nord de Kamloops en Colombie-Britannique (van Woudenberg, 1992). De 1994 à 1996, au cours des saisons de reproduction (Christie, 1994; D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1995‑1996), des inventaires de l’habitat de reproduction et des études sur l’alimentation se sont poursuivis au même endroit, pour s’étendre ensuite au plateau Red et au mont Skull, dans la vallée de la rivière Thompson-Nord. Durant la saison 1995-1996, on a également étudié l’habitat des jeunes après le premier envol (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996).

Entre 1995 et 1997, les données sur les aires de nidification (Christie et van Woudenberg, 1997) ont permis de créer un modèle prédictif de l’habitat. Une version poussée du modèle pour les districts forestiers de Kamloops et de Merritt est en cours d’élaboration (Christie et van Woudenberg, 1998).

De 1995 à 1997 (M.J. Waterhouse, comm. pers., 1997; Roberts et Roberts, 1995), des recherches sur le Petit-duc nain ont été menées dans le district de Cariboo‑Chilcotin, dans le cadre d’une étude sur trois ans (Waterhouse, 1996). Des études à grande échelle ont permis de cartographier la répartition de l’espèce, tandis que des relevés en profondeur (visites répétées) ont servi à évaluer les effectifs dans des polygones forestiers classés en fonction de la disponibilité d’habitats propices.

 

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Répartition

L’aire de reproduction du Petit-duc nain, qui s’étend du centre du Mexique au centre-sud de la Colombie-Britannique, englobe les forêts alpestres de l’ouest de l’Amérique du Nord (McCallum, 1994a). On a observé l’espèce de la frontière du pays jusqu’au nord, aussi loin qu’au lac McLeese, sur la rive occidentale du fleuve Fraser au nord de Williams Lake (M.J. Waterhouse, comm. pers., 1996), ainsi qu’à l’ouest jusqu’au ruisseau Alexis, sur la rive sud de la rivière Chilcotin. Dans le nord de la province, on a découvert des nids au mont Skull, près de Barriere, au nord de Kamloops (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996). Toutefois, en 1995 et en 1998, la découverte à Williams Lake de deux jeunes ayant pris leur envol laisse croire que l’espèce a niché encore plus au nord (S.L. Howard, comm. pers.).

 

Colombie-Britannique

Le Petit-duc nain est présent dans la zone montagneuse couverte de forêts de sapins douglas bleu sèches qui longe les principaux bassins de drainage du tiers sud de la province. On l’a observé dans la région du fleuve Fraser (M.J. Waterhouse, comm. pers., 1996), la vallée de la rivière Thompson-Nord (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996; Christie, 1996), les vallées de la rivière Thompson-Sud et de l’Okanagan (Christie et van Woudenberg en prép.; Cannings et Booth, 1997), et le sud du sillon des Rocheuses et Radium Hot Springs (B.C. Conservation Data Centre, 1998).

En Colombie-Britannique, le Petit-duc nain se reproduit principalement dans la variante chaude et très sèche de la zone intérieure à sapins douglas (IDFxh2 - Lloyd et al., 1990), sur le mont Wheeler, le plateau Red et le mont Skull. Il est également fort probable que cette zone s’étend jusqu’à la vallée de la rivière Tranquille, près de Kamloops, si l’on se fie à la découverte d’un nid abandonné (van Woudenberg et al., 1998; Christie et van Woudenberg, 1997; Christie et Low, comm. pers., 1994‑1996). À Penticton, on a signalé des activités de nidification dans la sous‑zone chaude et très sèche (PPxh) de la zone à pin ponderosa (B.C. Conservation Data Centre; Cannings et al., 1978; Cannings et Cannings, 1982).

Figure 1. Répartition du Petit-duc nain en Colombie-Britannique.

Figure 1. Répartition du Petit‑duc nain en Colombie‑Britannique.

En 1995, c’est au mont Wheeler qu’on a enregistré la plus forte densité de Petits-ducs nains nicheurs : 14 nids étaient répartis sur 730 hectares, soit une densité de 0,11 nid/40 hectares (Christie, 1996). Bien qu’aucun nid n’ait été signalé dans la région de Cariboo‑Chilcotin, la découverte à Williams Lake d’un jeune individu mort, en 1994, et celle d’un autre, vivant, en 1998 indiquent qu’il y a nidification à la périphérie septentrionale de l’aire (S.L. Howard, comm. pers.).

 

Répartition du Petit-duc nain dans quatre écoprovinces de la Colombie-Britannique, par écosection (Demarchi, 1988) :
ÉcoprovinceÉcosectionNombre de mentions de Petits-ducs nains
Sud de l’intérieur
PARChaînons Pavilion81
SCRSud des chaînons Chilcotin1
SOBSud du bassin de l’Okanagan18
SOHHautes terres du sud de l’Okanagan2
NOBNord du bassin de l’Okanagan32
NOHHautes terres du nord de l’Okanagan5
NTUHautes terres de la Thompson-Nord17
OKRChaînons Okanagan12
STUHautes terres de la Thompson-Sud189
THBBassin de la Thompson92
Montagnes du sud de l’intérieur
EKTEst du sillon du Kootenay3
Centre de l’intérieur
CABBassin de la Caribou47
CHPPlateau Chilcotin7
FRBBassin du fleuve Fraser131
CCRCentre des chaînons Chilcotin2
Est des Kootenay
EPMEst des monts Purcell1
SPKSud des chaînons Park2

 

États-Unis

Dans l’ouest des États-Unis, l’espèce occupe le versant est des Cascades, les chaînes de montagnes intérieures de l’État de Washington et de l’Oregon (et peut-être les Blue Mountains), le nord-est de la Californie et l’ouest du Nevada (McCallum, 1994a). Le Petit-duc nain est présent partout au Colorado (Reynolds et Linkhart, 1987), au Nouveau-Mexique et en Arizona. Il se reproduit dans les montagnes du Texas (McCallum, 1994a) et, selon les derniers rapports, dans l’Utah et le Montana (McCallum, 1994a).

 

Aire d’hivernage

Les Petits-ducs nains de Colombie-Britannique migrent vers les néotropiques, mais on ne connaît pas exactement leur aire d’hivernage. On suppose que les oiseauxmigrateurs passent l’hiver entre le sud du Mexique, où l’espèce reste toute l’année (McCallum, 1994a; Hubbard et Crossin, 1974), et l’Amérique centrale. On sait que des représentants de l’espèce passent au moins l’hiver au Guatemala, au Honduras et au Salvador (McCallum, 1994a).

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Taille et tendances de la population

Le Petit-duc nain a été aperçu pour la première fois au Canada en octobre 1901 : on a découvert une femelle morte sur la plage Okanagan de Penticton, en Colombie-Britannique (Brooks, 1909). Avant 1980, on n’a noté que six fois la présence de l’espèce en Colombie-Britannique. Le faible nombre d’oiseaux ou de nids enregistrés jusque‑là est attribuable au tempérament nocturne et réservé de cette espèce. Depuis le début des années 1980, quelques observateurs expérimentés sont devenus très compétents pour repérer les nids.

On estime la population de la Colombie-Britannique à 1 200 couples (tel que rapporté par Kirk et Hyslop, 1998), mais cette donnée variera probablement sur un cycle de 40 à 50 ans en fonction de l’abondance des tordeuses, du stade de succession végétale et de la nature des mesures d’aménagement (D. Low, comm. pers.; van Woudenberg, 1992; van Woudenberg et al., 1998). La difficulté d’estimer les effectifs est due en partie à l’absence d’informations sur la nidification ou sur ses résultats, exception faite de quelques sites particuliers dans la province. De plus, l’information sur l’état ou le caractère adéquat des forêts sèches de sapins douglas dans l’aire de nidification de l’espèce à un degré de détail supérieur à celui des données d’inventaire du couvert forestier ne permet pas de déterminer avec exactitude la disponibilité de l’habitat, à partir de laquelle on pourrait estimer, avec circonspection cependant, la taille de la population. À part les résultats des recherches de nids uniformisées du mont Wheeler, effectuées pendant trois périodes de reproduction consécutives (Christie, 1994, 1996), il n’y a pas de données en ce qui a trait à la taille ou aux tendances de la population dans cette province.

Plusieurs mentions d’observation de l’espèce dans le sillon des Rocheuses (tableau 1) ont été signalées au cours de la dernière décennie (B.C. Conservation Data Centre, 1998), depuis l’ouest de Lillooet jusqu’au ruisseau Cayoose (van Woudenberg, 1998) et au nord de Williams Lake (M.J. Waterhouse, comm. pers., 1997). Même si des relevés ont eu lieu plus d’une fois dans un grand nombre de ces régions, il est impossible d’extrapoler les densités de population à partir des résultats obtenus (van Woudenberg et Christie, 1997) parce que le but de ces relevés était de déterminer la distribution et l’aire de nidification de l’espèce en Colombie-Britannique et non pas son abondance absolue.

 

Tableau 1. Mentions d’observation du Petit-duc nain par région biogéoclimatique de la Colombie-Britannique
RégionSous‑zone/ varianteNbre de mentionsProportion des observationsNbre de sites/km parcourusNbre de sites/km linéaireSource
OkanaganPPxh1>6<12 %  St. John, 1991
 IDFxh121, >3454 %, <69 %  Cannings et Booth, 1997; St. John, 1991
 PP/IDFxh1918 %  St. John, 1991
 PP/IDFxh21231 %  Cannings et Booth, 1997
 IDFdk2615 %   
Kamloops et MerrittPPxh21<1 %123/62,5 km0,02van Woudenberg et al., 1995
 IDFxh24255 %298/150 km0,28 
 IDFxw1013 %45/23,5 km0,43 
 IDFdk11418 %148/75 km0,19 
 IDFdk26<1 %80/41 km0,15 
 IDFdk33<1 %29/15,5 km0,19 
Cariboo-ChilcotinBGxw236 %  CFR, 1996 (données inéd.)
 IDFxm613 %   
 IDFdk3 et dk43881 %   
Kootenay (sillon des Rocheuses)IDFdm21S.o.  B.C. Conservation Data Centre, 1998

Le tableau 2 présente le nombre estimé de couples nicheurs dans les quelques régions de la province où l’on a constaté leur présence. Bien que cette espèce puisse être abondante par endroits dans son aire (y compris en Colombie‑Britannique), les tendances démographiques à long terme ailleurs en Amérique du Nord sont incertaines (McCallum, 1994b). Même s’il n’est probablement pas nécessaire pour une espèce aussi nomade de disposer de grandes surfaces d’habitat contiguës, les populations locales doivent conserver une taille minimale indispensable pour demeurer viables (Soule, 1993).

 

Tableau 2. Nombre estimé de couples nicheurs de Petit-duc nain en Colombie-Britannique
RégionNbre estimé de couples nicheursObservateurs
Okanagan100R.J. Cannings, comm. pers.
District forestier de MerrittRésultats de modèle à venirChristie et van Woudenberg, 1998
District forestier de Lillooet50-100Williams et Woodward, 1989, et obs. pers.
District forestier de KamloopsRésultats de modèle à venirChristie et Woudenberg, 1998
Région de Cariboo-Chilcotin100-200M. Waterhouse, comm. pers.

Afin d’améliorer les estimations des effectifs, il faut poursuivre l’échantillonnage pour confirmer la nidification. Le fait que des individus chantent spontanément en mai et au début de juin et deviennent silencieux par la suite est une indication de la nidification (van Woudenberg et Christie, 1997). Au Colorado cependant, des informations sur la reproduction recueillies pendant 17 ans ont montré que les mâles non appariés continuent de chanter plus tard dans la période de reproduction (B.D. Linkhart, comm. pers.). Ainsi, les informations sur la nidification ne peuvent être extrapolées à partir des mentions de chants de Petits-ducs nains (McCallum, 1994b). Ceux qui continuent de chanter plus tard dans la saison (de la mi‑juin à juillet), de leur gré ou parce qu’ils répondent à des enregistrements, sont probablement des mâles non appariés (van Woudenberg et Christie, 1997; McCallum, 1994b; B. Linkhart, comm. pers.). La présence d’un couple nicheur est la seule preuve sans équivoque de l’existence d’une activité de nidification et d’un habitat propice.

Le statut de la population nord-américaine dépend aussi de l’accessibilité à un habitat hivernal. L’état et le degré de conservation des habitats au Mexique, et en Amérique centrale en particulier, sont en grande partie inconnus (McCallum, 1994b). Les effets de la gestion des habitats en Amérique du Nord peuvent être difficiles à cerner si l’on ne tient pas compte de la qualité de l’habitat et des taux de mortalité dans l’aire d’hivernage du Petit-duc nain.

Les informations aidant à estimer les paramètres démographiques avec une certitude raisonnable sont très limitées. Même si les résultats de relevés auditifs peuvent laisser supposer que le Petit-duc nain est une espèce courante dans les forêts des montagnes de l’Ouest (McCallum, 1994a), le nombre d’individus qui chantent, à lui seul, peut être énormément trompeur quant à l’abondance de l’espèce (van Woudenberg et Christie, 1997). Les résultats de relevés de nidification effectués pendant des années consécutives, superposés sur une carte présentant les résultats de relevés auditifs également répétés, ont montré que des regroupements d’individus qui chantaient indiquaient généralement la présence d’un seul nid (van Woudenberg et Christie, 1997). Dans l’ensemble de l’aire de nidification du Petit-duc nain, les oiseaux aperçus sont généralement signalés comme des groupes (McCallum, 1994a). Des données recueillies au mont Wheeler et à quelques sites d’étude environnants ont montré qu’il s’agit peut‑être soit d’un mâle seul en train de parcourir son territoire, soit de quelques congénères se disputant un habitat propice, ce qui se traduira par l’occupation d’un seul nid (D.A. Christie et D.J. Low. comm. pers., 1994-96; Christie, comm. pers.).

À l’échelle mondiale, l’espèce est classée dans la catégorie G4 : apparemment protégée (B.C. Conservation Data Centre). En Colombie-Britannique, on la classe dans la catégorie S3/S4 : S3 désigne les espèces rares ou peu communes dans la province (entre 21 et 100 occurrences) et S4, les espèces apparemment protégées (un grand nombre d’occurrences) (B. C. Conservation Data Centre).  

 

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Habitat

L’aire de répartition du Petit-duc nain correspond presque entièrement à celle du pin ponderosa. Cependant, à la limite nord de son aire, l’espèce occupe aussi la zone sèche à sapins douglas. Le plumage du Petit-duc nain tire sur le gris ou le roux. Les différentes teintes de plumage semblent être le résultat d’une adaptation à la couleur de l’essence d’arbre dominante (Phillips, 1942). En général, le roux est plus fréquent dans le Sud (où le pin ponderosa est le plus abondant) et le gris plus commun dans le Nord (où le sapins douglas domine). 

En Colombie-Britannique, on a repéré le Petit-duc nain dans deux zones biogéoclimatiques principales : surtout dans la zone intérieure à sapins sapins douglas (IDF), mais aussi dans les peuplements de pin ponderosa (PP) (Lloyd et al., 1990) (tableau 1). Dans la région de Cariboo-Chilcotin seulement, la présence de l’espèce a été relevée à l’occasion dans la zone à graminées cespiteuses (BG) sur des pentes couvertes de forêt et orientées au nord (M. J. Waterhouse, comm. pers., 1997). Cette présence dans la zone BG a été observée lorsque des zones boisées de la prairie étaient contiguës et en transition avec la zone IDFxm (M. J. Waterhouse, comm. pers., 1997). Le plus souvent, le Petit-duc nain a été repéré dans les sous-zones xériques très chaude (xh), chaude (xw) et douce (xm) de la zone biogéoclimatique IDF (tableau 1).

 

Habitat de reproduction 

Pour que le Petit-duc nain puisse se reproduire, son habitat doit présenter des caractéristiques précises qui sont essentielles à son alimentation, à sa sécurité et à sa nidification. L’habitat de reproduction est caractérisé par une structure forestière hétérogène comportant plusieurs étages et des arbres matures, dont des chicots comprenant des cavités (Reynolds et Linkhart, 1992; van Woudenberg, 1992; Bull et al., 1990; Reynolds et Linkhart, 1987). Le sous-étage est habituellement composé d’herbes et de petits arbustes. Le Petit-duc nain préfère les peuplements matures (>200 ans au Colorado et >141 ans en Colombie‑Britannique) aux forêts plus jeunes (Christie et van Woudenberg, 1997). En Oregon, des individus ont choisi de nicher dans des peuplements où les troncs avaient un diamètre à hauteur de poitrine (dhp) supérieur à 50 centimètres (Bull et al., 1990).

La densité des peuplements est généralement beaucoup plus grande dans l’habitat de reproduction du Petit‑duc nain en Colombie-Britannique que dans les parties plus méridionales de son aire de répartition. Par exemple, au Nouveau-Mexique, la densité moyenne des troncs était de 504/ha (McCallum et Gehlbach, 1988) et en Oregon, entre 589/ha (Goggans, 1986) et 330/ha (Bull et al., 1990). Par comparaison, en Colombie-Britannique, la densité moyenne des troncs était de 2 472/ha dans l’habitat de reproduction et de 2 837/ha dans l’habitat d’alimentation (van Woudenberg, 1992). La plus grande densité des peuplements de Colombie-Britannique est causée par la régénération des taillis de sapins sapins douglas qui fournissent un couvert sécuritaire au Petit-duc nain autour des sites d’alimentation et de nidification. La distribution de ces taillis dans l’espace est inégale. Pendant la période la plus froide et la plus humide d’observation sur le terrain, on a noté que les oiseaux choisissaient des sites plus chauds, plus secs et plus ouverts à une faible élévation. La densité moyenne des troncs dans les lieux d’alimentation était alors de 667/ha (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996).

En Colombie-Britannique, deux types d’habitat de reproduction ont été observés près de Kamloops, sur le mont Wheeler (van Woudenberg, 1992), dans la variante biogéoclimatique IDFxh2 :

1)    Le premier type est composé presque exclusivement de sapins sapins douglas avec un sous-étage de calamagrostide rouge (Calamagrostis rubescens). Les taillis de sapins sapins douglas en régénération y abondent. Le pin ponderosa y est rare, à l’exception de chicots ou de vieux arbres, souvent adoptés pour l’établissement des nids. Ce type d’habitat est mésique et plus frais que le deuxième type (Lloyd et al., 1990). Le sous-étage y est moins diversifié, mais la structure du peuplement reste hétérogène. L’orientation est habituellement nord-ouest ou nord-est. Aucun nid n’a été repéré plein nord (Christie, 1996). L’inclinaison des pentes est modérée (de 10 à 20 p. 100). Pendant la pullulation de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, la densité des nids sur le territoire pourrait être plus grande dans l’habitat de type mésique que dans l’habitat de type plus sec.

2)    Le deuxième type d’habitat est beaucoup plus sec. Le sapins sapins douglas y domine, avec le pin ponderosa là où le couvert est multiétagé (van Woudenberg et al., en prép.). Le sous-étage est plus diversifié que celui de l’habitat mésique. On y retrouve des calamagrostides rouges, des graminées cespiteuses (Elymus spicatum) et des fétuques scabres (Festuca scabrella). Comparativement à ceux du premier type d’habitat, les peuplements comportent une strate d’arbustes plus développée, caractérisée par la présence de raisin d’ours (Arctostaphylos uva‑ursi), d’amélanchier à feuilles d’aulne (Amelanchier alnifolia), de Rosa nutkana, de symphorine blanche (Symphoricarpos albus) et de shéferdie du Canada (Shepherdia canadensis). Les pentes sont habituellement plus abruptes dans ce type d’habitat (20 à 50 p. 100) et sont orientées au sud, au sud‑est, au sud-ouest ou à l’est (Christie, 1996). Les nids sont souvent situés sur des crêtes montagneuses.

Dans la région de Cariboo‑Chilcotin, on a détecté des Petits-ducs nains au cours de relevés auditifs effectués au sommet de versants escarpés associés à la rupture entre la vallée fluviale et le plateau (M.J. Waterhouse, comm. pers., 1997). Les orientations variaient entre le nord et le sud dans la vallée de la rivière Chilcotin, et entre l’est et l’ouest le long de la vallée du Fraser. On a aussi détecté des individus en train de chanter dans des sites mésiques à secs, souvent dans la sous-zone douce et très sèche de la zone intérieure à sapins sapins douglas (IDFxm) et occasionnellement dans les variantes sèche et fraîche (IDFdk3‑4).

Les Petits-ducs nains semblaient préférer les orientations ouest et sud-ouest pour établir leur nid sur le mont Wheeler (Christie et van Woudenberg, 1997). L’abondance et l’activité des insectes peuvent être optimales dans ces orientations puisqu’elles sont associées à un important développement du sous‑étage. De plus, ces orientations permettent de retenir la chaleur grâce à leur exposition au soleil en fin de journée (ouest). La forêt ancienne à ces endroits peut fournir, dans toute l’aire de répartition de l’espèce, quelques-uns des habitats les plus productifs accessibles pour la nidification.

Les membres de l’espèce ont également besoin d’un couvert protecteur à proximité des nids (McCallum, 1994b; van Woudenberg, 1992). Les arbres ou les chicots utilisés pour la nidification dans les habitats mésiques étaient généralement entourés de taillis de sapins sapins douglas (Christie, 1994; van Woudenberg, 1992). Dans les zones sèches, moins denses, les nids se trouvaient dans les couverts à étages multiples et autour des ouvertures dans le couvert. L’accès aux cavités est un critère de sélection important dans les habitats secs tandis que la protection demeure le principal critère dans les habitats mésiques.

Les Petits-ducs nains nichent dans des cavités de Grand Pic (Dryocopus pileatus) et de Pic flamboyant (Colaptes auratus), qu’on retrouve dans des chicots de sapins sapins douglas et de pins ponderosa ou dans des arbres dépérissants ou très vieux (McCallum, 1994b). En Oregon, ils choisissaient les chicots de pin ponderosa avec des cavités de Grand Pic (Bull et al., 1990). En Colombie-Britannique (Christie, 1996; van Woudenberg, 1992) et en Oregon (Bull et al., 1990), ils préféraient le pin ponderosa au sapins sapins douglas pour la nidification. De plus, 91 p. 100 des nids trouvés en Oregon étaient dans des arbres morts et le reste dans des arbres verts (Bull et al., 1990). En Colombie‑Britannique, entre 1989 et 1991, 75 p. 100 des nids trouvés sur le mont Wheeler étaient dans des arbres morts et 25 p. 100 dans des arbres verts ayant des cimes mortes (van Woudenberg, 1992). En 1996, 67 p. 100 des nids étaient dans des pins ponderosa et 28 p. 100 dans des chicots de sapins sapins douglas; un nid était dans un nichoir (D.A. Christie et D.J. Low., comm. pers., 1996).

 

Caractéristiques de l’habitat d’alimentation

L’habitat d’alimentation indispensable aux nicheurs consiste en de petites ouvertures dans le couvert forestier près de taillis de sapins sapins douglas en régénération (van Woudenberg et al., en prép.; D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996; van Woudenberg, 1992). De façon générale, les oiseaux s’alimentent dans ces ouvertures (van Woudenberg, 1992, obs. pers., données inéd., Kamloops, 1995-1996), mais ils glanent des larves de tordeuse dans le couvert des taillis de sapins sapins douglas pendant les pullulations (van Woudenberg, 1992). Le Petit‑duc nain capture les insectes au vol à partir du sous‑étage lorsqu’il traverse rapidement une ouverture du couvert en direction d’un arbre ou d’un taillis voisin. Il en capture également dans de gros arbres vieux ou matures très branchus.

Les données obtenues près de Kamloops ont révélé que la composition de l’espèce et la structure des forêts dans les habitats secs à exposition sud étaient davantage comparables aux habitats du Colorado que ceux de type mésique à exposition nord (van Woudenberg, 1992). Toutefois, les habitats d’alimentation documentés dans la partie sud de l’aire de l’espèce (McCallum 1994b) étaient plus ouverts que ceux de la Colombie‑Britannique (Christie, 1996). Notamment, l’habitat d’alimentation du Colorado se distinguait par un couvert forestier plus développé et une structure de peuplement plus ouvert que l’habitat de type mésique de Kamloops, en Colombie-Britannique (van Woudenberg, 1992, obs. pers.).

Les caractéristiques du sous-étage des forêts de pin ponderosa et de sapins sapins douglas sont importantes surtout en ce qui concerne la quantité d’insectes dont se nourrit le Petit-duc nain (Reynolds et Linkhart, 1987). Si l’abondance des insectes augmente avec la complexité des peuplements d’arbustes et que les terrains en pente accroissent le nombre d’arbustes sur une distance horizontale donnée, les individus à la recherche de nourriture pourraient choisir ce type de terrain (inclinaison de 6 à 30 p. 100, Christie et van Woudenberg, 1998). De plus, les terrains à pente abrupte peuvent également aider à s’échapper des prédateurs et faciliter l’accès aux arbustes et aux insectes au sol en réduisant la distance horizontale entre les structures d’habitat.

En effet, la topographie peut être une caractéristique de plus en plus importante de l’habitat à la limite nord de l’aire du Petit-duc nain. Puisque la température de l’air influence l’activité nocturne des insectes, l’habitat d’alimentation peut être restreint aux zones propices à la formation de courants d’air chaud. Par exemple, dans la région de Cariboo-Chilcotin, les pentes des vallées caractérisées par la sous‑zone biogéoclimatique IDFxm sont réchauffées par des courants d’air qui montent des prairies du fond des vallées (Roberts et Roberts, 1995). De même, l’air plus chaud emprisonné dans les canyons du Fraser et de la Chilcotin monte le long des pentes le soir et est susceptible de transporter des insectes. Les caractères microtopographiques, comme les chaînons et les ravins qui coupent les pentes les plus importantes des canyons, peuvent faciliter la formation de microclimats favorables aux insectes.

Les vieilles forêts de pins peu denses peuvent sécher plus rapidement que d’autres types de forêt après des précipitations (Reynolds et Linkhart, 1987). Puisque ce type de peuplement attire les insectes, le Petit-duc nain peut commencer à y chercher de la nourriture plus vite que dans d’autres types de forêt après un orage (Reynolds et Linkhart, 1987). Furniss et Carolin (1980) ont constaté une plus grande diversité d’espèces de lépidoptères dans les forêts composées de pins ponderosa et de sapins douglas que dans tout autre type de forêts conifériennes. Les lépidoptères ont tendance à être associés à des espèces ou à des formations arbustives précises (Reynolds et Linkhart, 1987). Le rôle de garde-manger que peuvent jouer les forêts de pins ponderosa et de sapins douglas pour le Petit-duc nain peut donc expliquer que l’espèce y est étroitement liée.

Des photos des sites de nidification proches de Kamloops ont montré que, dans les habitats secs, les proies rapportées incluaient toute une gamme de lépidoptères et d’orthoptères. En revanche, dans les habitats de type mésique, où les pins ponderosa sont rares ou inexistants, les orthoptères constituaient au moins 50 p. 100 des proies le plus communément rapportées aux nids (van Woudenberg, Kamloops, données inéd., 1995‑1996). En Oregon, on a également constaté que les orthoptères étaient la proie le plus souvent rapportée aux nids (Goggans, 1986). La présence de gros lépidoptères dont la biomasse est conséquente peut dépendre de la densité de la forêt ainsi que du stade de développement de son sous-étage qui est lié à la présence de pins ponderosa. Les orthoptères peuvent devenir une proie à l’importance grandissante pour le Petit-duc nain dès lors que la présence de pins ponderosa dans les zones de reproduction diminue vers le nord et tout particulièrement dans les zones d’habitat de type mésique.

 

Caractéristiques d’un habitat sûr

Les taillis de sapins douglas en régénération (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996; van Woudenberg, 1992) ainsi que les vieux et grands arbres très branchus (McCallum, 1994b) permettent au Petit-duc nain de se mettre à l’abri en cas de danger. Directement après avoir capturé un insecte en plein vol dans une clairière, l’oiseau vole vers un taillis ou un vieil arbre proche afin de s’y cacher (van Woudenberg, 1992).

Les taillis utilisés comme refuge sont plus denses dans les habitats mésiques que dans les habitats secs. La Chouette rayée (Strix varia), un important prédateur du Petit-duc nain (voir Prédation), semble exacerber la prudence de celui-ci dans ce premier type d’habitat, où elle est plus communément présente que dans les habitats du second type (van Woudenberg, 1992). Le Petit-duc nain était bien moins susceptible d’être repéré dans les habitats orientés vers le nord, car il restait caché dans des taillis denses.

 

Arbres utilisés comme lieux de repos et postes de chant

Apparemment, le Petit-duc nain préfère le sapins douglas au pin ponderosa pour se reposer, car il y est moins à découvert (Linkhart et al., sous presse). Cependant, la présence de faux-gui peut augmenter sa sécurité dans les pins ponderosa (Reynolds, comm. pers. à McCallum, 1994b). En Colombie-Britannique, les dispositifs de radiotélémesure ont montré qu’il préférait se percher dans les sapins douglas (D.A. Christie, comm. pers.; van Woudenberg, obs. pers.), à proximité des sites de nidification, tout particulièrement quand les petits allaient bientôt prendre leur premier envol (distance moyenne du nid = 27 m; n = 5; ET = 26,3; D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996). Au Colorado, les adultes se perchaient aussi plus près de l’arbre de nidification (entre < 100 et < 20 m de distance) juste avant que les petits ne prennent leur premier envol (Linkhart, in McCallum, 1994b).

Le camouflage est aussi une caractéristique des arbres où les Petits‑ducs nains se perchent pour chanter (Reynolds et Linkhart, 1992). Au Colorado, les études par radiotélémesure ont révélé que de vieux pins ponderosa et de vieux sapins douglas (de plus de 289 ans en moyenne) sont des arbres de prédilection pour le chant. Dans la région de Cariboo‑Chilcotin, d’après des relevés auditifs, les grands et vieux sapins douglas au tronc large (moyenne = 67 cm, dhh; intervalle = 30-153,2; ET = 22,5) étaient associés aux individus en train de chanter (M.J. Waterhouse pers. comm. 1997). Les arbres depuis lesquels ceux‑ci chantent ont généralement été distingués après observation des oiseaux (M.J. Waterhouse, comm. pers.).

 

Habitats fréquentés après le premier envol

On ne sait que peu de choses sur l’habitat utilisé après l’envol en dehors des études réalisées au Colorado au moyen d’appareils de radiotélémesure (Reynolds et Linkhart, 1992). Les petits ont tendance à se disperser de façon concentrique à l’extérieur de leur site de nidification jusqu’à ce qu’ils aient quitté le territoire de leurs parents (Reynolds et Linkhart, 1992). En 1996, à Kamloops, grâce à de tels appareils, trois petits que l’on a pu observer pendant au moins 10 nuits avaient quitté leur nid, mais étaient toujours restés dans des taillis de sapins douglas, à proximité de grandes clairières (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1996).

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Facteurs limitatifs

Exploitation forestière

Au cours du siècle passé, la composition et la structure des essences des forêts alpestres en Amérique du Nord occidentale se sont modifiées suite à la récolte de bois et à cause de l’extinction d’incendies et du pâturage (Covington et Moore, 1992; Harrington et Sackett, 1992; Madany et West, 1983; van Wagtendonk, 1985; Skovlin et al., 1976).

L’habitat de reproduction du Petit-duc nain est disséminé dans les vieilles forêts de pin ponderosa et de sapins douglas d’intérêt commercial. Tour à tour, des objectifs de gestion, des changements d’ordre administratif et la demande économique ont affecté les forêts sèches de sapins douglas de Colombie‑Britannique. Dans les années 1950 et 1960, des règlements fixant le diamètre limite des arbres à abattre dans la région forestière de Kamloops ont permis de préserver et d’améliorer cet habitat (van Woudenberg, 1992). En effet, les grands arbres ont été épargnés, surtout dans les années 1950 (B. Olsen et D. Piggin, comm. pers.). Jusqu’en 1969, dans la zone intérieure du centre-sud de la Colombie-Britannique, les grumes étaient coupées sur place à l’aide de scies circulaires superposées (Vyse et al., 1990) qui ne pouvaient traiter des troncs d’un diamètre supérieur à une certaine limite (B. Olsen, comm. pers.). Étaient épargnés non seulement les arbres de grand diamètre mais également des arbres de moindre qualité. Certains d’entre eux finissaient comme chicots ou perdaient leur cime; ce sont aujourd’hui des abris pour les oiseaux nicheurs.

Dans les années 1970 s’est pratiqué à Kamloops un « abattage sélectif » (Vyse et al., 1990). On y coupait des arbres de taille et d’âge différents, favorisant ainsi une répartition inégale des classes d’âges et une structure de couvert multiétagé. Tous les sites de nidification de la région de Kamloops ont conservé des traces d’exploitation forestière sélective (Christie, comm. pers.; van Woudenberg, 1992). L’habitat du Petit-duc nain avait été effacé. Vers le milieu des années 1980, le système sylvicole a changé, et on a pratiqué la sélection d’arbres individuels dans toute la ceinture sèche où croît le sapins douglas. Malgré la préservation d’un certain nombre d’arbres de grande taille, des coupes répétées en ont réduit le nombre. Cependant, l’aire du Petit-duc nain empiète sur une partie de l’aire d’hivernage cartographiée du cerf mulet dans la ceinture sèche à sapins douglas de la région de Cariboo. Dans ces peuplements, on a modifié l’exploitation forestière sélective pour préserver l’habitat hivernal du cerf mulet (Armleder et al., 1986), modifications dont les Petits-ducs nains vont profiter.

Les pratiques sylvicoles actuelles axées sur la sélection d’arbres individuels préservent entre 30 et 75 p. 100 du volume total de bois et maintiennent la répartition des classes de diamètre existantes. L’élimination de 15 à 20 p. 100 du volume qui a lieu tous les 50 ans épargne toutefois des bouquets de vieux arbres, en particulier des arbres utilisés par des espèces sauvages. Si l’on ménage ainsi des taillis de sapins douglas, une gestion inéquienne devrait préserver un habitat propice aux Petits-ducs nains à l’échelle du paysage. Quant à la régénération de l’habitat, elle sera stimulée par les pratiques sylvicoles comportant l’abattage d’un petit nombre seulement de vieux arbres et la conservation d’un certain nombre d’arbres matures, permettant ainsi d’ouvrir des percées propices à la régénération des pins ponderosa.

La coupe d’arbres pour la production de bois de chauffage peut modifier la structure de l’habitat de reproduction du Petit-duc nain et avoir des effets néfastes sur les nicheurs. À ce propos, la coupe de vieux arbres ou de chicots dépérissants est fréquente dans les régions forestières de Kamloops et de Cariboo (van Woudenberg, obs. pers.; M.J. Waterhouse, comm. pers.). Cette pratique risque d’éliminer non seulement des arbres abritant ou pouvant abriter des nids, mais également des nids de Petit‑duc nain si la coupe s’effectue entre mai et le début d’août.

À la suite de coupes à blanc, des populations entières de Petits-ducs nains ont déserté certaines régions de la Californie fréquentées plusieurs décennies auparavant (Marshall, 1988). Toutefois, l’espèce semble retourner sur les lieux une fois le calme revenu, après l’exploitation forestière sélective (van Woudenberg, 1992) et le pâturage de printemps ou d’été (Christie, comm. pers.; D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1994‑1996) par exemple. Tous les sites de nidification relevés au mont Wheeler comportaient des souches de grand diamètre, signe que les Petits-ducs nains choisissent des peuplements ayant fait l’objet d’une exploitation sélective, au détriment de peuplements équiens très espacés, au couvert monoétagé et dénués de taillis.

 

Extinction des feux de forêt

L’extinction des feux de forêt pendant plus d’un siècle aux États-Unis a modifié la structure des peuplements et la composition des essences dans les forêts de conifères, autrefois dominées ou codominées par le pin ponderosa (van Wagtendonk, 1983). Ce phénomène a également stimulé la régénération d’essences d’ombre (par ex., le Pseudotsuga, l’Abies et le Picea glauca), ce qui a donné lieu à des peuplements trop denses aux cimes appauvries et au sous-étage peu développé (Harrington et Sackett, 1992). Les mauvaises conditions de croissance résultant de la surabondance de tiges qui se disputent les éléments nutritifs (Covington et Moore, 1992), combinées à l’homogénéité des espèces (monoculture), attirent les insectes ravageurs et favorisent les maladies (Smith, 1986).

L’absence de feux naturels cycliques dans les forêts sèches de sapins douglas et de pin ponderosa depuis le début du XXe siècle a eu un effet semblable sur les peuplements de Colombie-Britannique (Vyse et al., 1990). Dans ces peuplements, le risque élevé de perdre de jeunes arbres met en péril la régénération d’arbres susceptibles d’abriter des nids. Plus particulièrement, l’absence de chicots de pin ponderosa risque d’aggraver la situation à long terme, compte tenu de la préférence qu’ont les Petits-ducs nains nicheurs pour ces arbres (McCallum, 1994b).

Les peuplements composés exclusivement de sapins douglas représentent un habitat limité pour l’espèce. En raison du développement insuffisant de leur sous-étage, ces peuplements sont pauvres en habitats nourriciers propices, et leur microclimat humide et frais éloigne les insectes. De plus, dans les monocultures de sapins douglas, les Petits-ducs nains courent indirectement un risque plus élevé de devenir la proie de Chouettes rayées (van Woudenberg, 1992). Le nombre accru de ravageurs et la fréquence élevée de maladies dans les peuplements de sapins douglas trop denses entraînent une accumulation notable de déchets ligneux grossiers. Ceux-ci risquent d’épaissir la couverture végétale qui abrite des rongeurs, principales proies des Chouettes rayées, lesquelles ont souvent été associées à cette forme de peuplement au mont Wheeler (van Woudenberg, obs. pers; D.A. Christie, comm. pers).

 

Pâturage 

Le pâturage est commun dans les forêts alpestres de l’ouest de l’Amérique du Nord (Skovlin et al., 1976), qui englobent les forêts sèches de sapins douglas et de pin ponderosa de la Colombie‑Britannique (Vyse et al., 1990). Depuis l’arrivée des immigrants européens, l’élevage de bétail a ainsi contribué à modifier la structure et la composition des essences des forêts de pin ponderosa (Madany et West, 1983). En effet, le pâturage a détérioré le sous-étage en réduisant la strate herbacée et en stimulant le développement d’une végétation ligneuse. La perte de combustibles normalement présents dans la strate herbacée a entraîné la diminution du nombre de feux naturels cycliques, ce qui a favorisé la domination du sapins douglas. En Colombie-Britannique, on attribue au pâturage et à l’absence des feux de forêts la réduction de la régénération des pins ponderosa – et de l’habitat de reproduction des Petits-ducs nains – mais aussi l’épanouissement des taillis de sapins douglas, qui servent de couvert protecteur (van Woudenberg, 1992).

À court terme, le pâturage peut avoir un effet sur la disponibilité des habitats nourriciers. Au mont Wheeler, il y avait des nids dans les pâturages seulement les années où ceux‑ci n’étaient pas utilisés au printemps (D.A. Christie, comm. pers; van Woudenberg, obs. pers.). Le pâturage printanier a réduit la couverture végétale et les habitats de gros insectes, dont les orthoptères, mais un broutage léger n’a pas eu d’effet sur la végétation ni sur les Petits-ducs nains. Dans la région forestière de Cariboo, on a signalé des Petits-ducs nains dans des forêts pâturées, où de nombreux endroits, trop abrupts, sont inaccessibles au bétail.

 

Disponibilité de la nourriture

Le régime insectivore du Petit-duc nain le rend potentiellement vulnérable à la pulvérisation aérienne de bactéries (Bacillus thuringiensis, ou Bt), moyen utilisé pour la lutte contre les lépidoptères nuisibles. En Colombie-Britannique, les espèces défoliatrices cycliques les plus importantes des forêts sèches de sapins douglas sont la chenille à houppes du sapins douglas (Orgyia pseudotsugata (McD.)) et la tordeuse occidentale de l’épinette. Cette dernière a tendance à fréquenter le secteur correspondant à l’élévation où l’on retrouve le Petit-duc nain. La pulvérisation aérienne vise les larves des lépidoptères (Furniss et Carolin, 1980), mais son impact sur la disponibilité de la nourriture des Petits-ducs nains est encore inconnu.

L’augmentation du nombre d’espèces d’insectes nuisibles, comme le dendroctone du pin (Dendroctonus ponderosae (Hopkins)) dans les forêts de pins ponderosa des États-Unis (Barrett, 1979), laisse croire à la possibilité d’importantes modifications dans la communauté des insectes. Pour la Colombie-Britannique, les conséquences pour l’écologie des insectes des changements de structures et d’espèces dans les forêts sèches de sapins douglas sont toujours inconnues. On ne connaît pas non plus l’impact éventuel de ces changements sur la composition du régime alimentaire du Petit-duc nain, et il serait justifié de se pencher sur la question.

 

Prédation

On croit que les Petits-ducs nains de Kamloops pourraient être victimes d’attaques de Chouettes rayées (van Woudenberg, 1992). Des études par radiotélémesure et l’observation de sites de nidification portent à penser que les Chouettes rayées pourraient s’attaquer aux jeunes aptes au vol (D.A. Christie et D.J. Low, comm. pers., 1994‑1996; van Woudenberg obs. pers.). Les Petits-ducs nains adultes agissaient de façon plus prudente dans les habitats fréquentés par des Chouettes rayées, en restant cachés dans des taillis de sapins douglas. On a observé que des mâles adultes quittaient ce qui semblait être des territoires de nidification potentiels après que des Chouettes rayées soient arrivées dans le secteur (van Woudenberg, obs. pers.). Cependant, les deux espèces vivent dans des habitats distincts presque partout dans leur aire en Colombie‑Britannique; il est donc improbable que la prédation par les Chouettes rayées réduise la population de Petits-ducs nains.

Au Colorado, c’est pendant la journée que le risque de prédation envers les Petits‑ducs nains était le plus élevé (Linkhart et Reynolds, 1987). Parmi les prédateurs importants, on retrouve l’Épervier brun (Accipiter striatus) (B. Linkhart, comm. pers. à van Woudenberg). On sait que les ours noirs (Ursus americanus) attaquent également des Petits-ducs nains, leurs oisillons plus particulièrement (R. Reynolds, comm. pers.), et on a vu des ours endommager des creux d’arbres contenant des nids (Reynolds et Linkhart, 1987). Richmond et al., (1980) ont également rapporté l’attaque de nids par des lynx roux (Lynx rufus) ou des ours noirs.

Des grands polatouches (Glaucomys sabrinus columbiensis) en Colombie‑Britannique (Cannings et al., 1987; van Woudenberg, 1992) et des écureuils d’Abert (Sciurus abertii) au Nouveau‑Mexique (McCallum et Gehlbach, 1988) s’attaquent aux œufs, aux oisillons et aux femelles couveuses. Ces deux espèces peuvent aussi rivaliser avec le Petit-duc nain pour l’occupation de cavités d’arbres. On a vu des grands polatouches dans des creux d’arbre utilisés auparavant par des Petits-ducs nains nicheurs (van Woudenberg, 1992) et dans des nichoirs au mont Wheeler (D.A. Christie, comm. pers.). À Penticton, un polatouche aurait même tué un Petit-duc nain femelle dans un nichoir (Cannings et Cannings, 1982).

D’autres causes de mortalité ont été rapportées; par exemple, un Petit-duc nain a été trouvé en Californie avec une grosse sauterelle (famille des Tettigoniidés) coincée dans sa gorge (Kenyon, 1947).

Le fait que des Petits-ducs nains adultes aient été trouvés morts dans l’habitat de reproduction du Nord en dehors de la période de reproduction (McCallum, 1996; Cannings, 1994) laisse croire qu’un nombre significatif de décès pourrait survenir pendant la migration. Les individus immobilisés en cours de route par le mauvais temps pourraient être sujets à des blessures ou à la famine.

 

Perturbations causées par les humains 

Les perturbations que causent les chercheurs au cours de leurs observations aux sites de nidification tôt dans la période de reproduction empêchent apparemment les mâles d’aller porter les proies qu’ils ont attrapées aux femelles couveuses (van Woudenberg, obs. pers.). Par exemple, un mâle ayant tenté à de nombreuses reprises d’apporter une proie sans réussir à entrer dans la cavité a fini par s’habituer à la présence de l’observateur puis y est entré précipitamment pour nourrir la femelle (van Woudenberg, obs. pers.). À d’autres occasions, les mâles restaient cachés et appelaient la femelle; plus tard, celle‑ci, qui quémandait, sortait de la cavité et rejoignait son partenaire dans un taillis de sapins douglas. La femelle risque d’être attaquée en quittant le nid. De plus, les œufs et les oisillons, s’il y en a déjà dans le nid, se refroidissent.

Ces observations font ressortir l’importance de réduire au maximum les risques de perturbation des nids et des nicheurs. Pour les mêmes raisons, on devrait réduire le plus possible les opérations forestières ou d’autres activités d’exploitation dans les secteurs où l’on a repéré des nids. Si les dérangements sont importants ou continus, ceux‑ci seront peut-être abandonnés.

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Importance de l'espèce

L’adaptation du Petit-duc nain aux forêts sèches de sapins douglas et de pin ponderosa dans l’ouest de l’Amérique du Nord le rend vulnérable aux changements dans la forêt (McCallum, 1994b) et peut en faire une espèce indicatrice des vieilles forêts matures des montagnes. La présence de nicheurs dans une forêt semble indiquer que celle‑ci comporte différentes classes d’âge, dont de vieux arbres. Il y a une préoccupation et un intérêt croissants dans l’opinion publique pour la sauvegarde des espèces inféodées aux vieilles forêts, telles que l’espèces qui nous occupe (Vyse et al., 1990). Les groupes de naturalistes et les circuits d’observation de la faune ciblent souvent le Petit-duc nain comme une de ces espèces (D. Fraser, comm. pers.). Cette espèce intéresse aussi le public, entre autres les enfants d’âge scolaire, les étudiants d’université, les touristes et des groupes de grandes communautés urbaines.

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Protection actuelle

Le Petit‑duc nain est protégé en vertu de l’article 34 de la Wildlife Act (1982) de la Colombie‑Britannique, qui interdit de détruire ou d’endommager les œufs, les adultes nicheurs et les nids occupés. Le Code d’exploitation forestière) de cette province, adopté en 1995, prévoit des mesures de gestion particulières de l’habitat de l’espèce, qui fera d’ailleurs partie du groupe d’espèces visé par le volume 2 de la stratégie de gestion des espèces sauvages, lorsqu’il sera publié. Le Petit‑duc nain est inscrit sur la liste bleue en Colombie‑Britannique.

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Évaluation et statut proposé

Malgré les progrès considérables réalisés dans l’étude du Petit‑duc nain ces dix dernières années, il manque encore de l’information sur la taille de la population, la répartition et les besoins en matière d’habitat. Si l’on veut que les activités de gestion permettent d’assurer le maintien à long terme de l’espèce, il faudra mieux connaître son aire de reproduction et sa répartition en Colombie‑Britannique, la disponibilité d’habitats de qualité, le taux de fécondité, les zones de grande et de faible productivité (habitats‑sources et habitats‑puits) et les facteurs nuisant à la satisfaction des besoins en matière d’habitat.

Le Petit‑duc nain présente une vulnérabilité inhérente attribuable à la stratégie liée à son cycle biologique (espèce appliquant une relative stratégie K : grande longévité et faible fécondité) et à sa dépendance envers les forêts alpestres à valeur commerciale de l’Ouest (McCallum, 1994b). Comme il vit longtemps (jusqu’à 11 ans, B.D. Linkhart, comm. pers.), il peut être impossible de mesurer le faible taux de recrutement pendant plusieurs années.

Étant donné que la population du Petit‑duc nain est faible et morcelée et que celui‑ci est inféodé à des forêts de sapins douglas et de pins ponderosa soumises à des coupes commerciales et à une altération causée par d’autres activités, comme le pâturage, il est recommandé de maintenir son statut d’espèce vulnérable.

 

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Résumé technique

 

Otus flammeolus
Petit‑duc nain     Flammulated Owl
Nom de la population (s’il y a lieu)
[Aire de répartition au Canada (par province, territoire et océan)] Colombie‑Britannique

Information sur la répartition

·        Zone d’occurrence (km2)     Environ 60 000 km2
·        Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).     Stable
·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?      Non
·        Zone d’occupation (km2)     Environ 5 000 km2
·       Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).       Stable
·       Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?      Non
·        Nombre d’emplacements existants
·        Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).      Stable
·        Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?       Non
·        Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).        Lent déclin

Information sur la population

·       Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).     De 2 à 4 ans
·       Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).     De 2 000 à 3 000
·       Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).     Inconnue
·        S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).     Sans objet
·        Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?     Non
·        La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de  < 1 individu/année)?     Non
·        Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.     Sans objet
·        Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).     Sans objet
·        Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?     Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

La coupe de bois supprime des sites de nidification et peut dégrader l’habitat d’alimentation.
Les pesticides réduisent les effectifs des proies.
Le pâturage intensif réduit le taux d’occupation du territoire, peut‑être par ses effets sur les populations de proies.



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Remerciements

Nous remercions le Service canadien de la faune d’Environnement Canada (Colleen Hyslop), qui a financé la préparation du présent rapport. Les personnes et l’organisme suivants, qui nous ont fourni de l’information ou des données, méritent également notre reconnaissance : Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique, Richard J. Cannings, Michaela J. Waterhouse, Julie Steciw, David J. Low, D.A. Christie, Brian D. Linkhart et Steve L. Howard.


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Ouvrages cités

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Sommaire biographique des contractuels

Astrid van Woudenberg travaille comme biologiste en Colombie‑Britannique; elle s’intéresse au Petit‑duc nain depuis 1989. Elle a obtenu une maîtrise en écologie de la faune forestière à la Faculté de foresterie de la University of British Columbia, sous la supervision de M. Fred Bunnell. Son mémoire portait sur les besoins en matière d’habitat du Petit‑duc nain et les moyens de prendre ces besoins en compte dans l’exploitation forestière. Depuis, elle s’est occupée de cette espèce pour le ministère de l’Environnement de la Colombie‑Britannique (Dave Christie).

David A. Kirk a obtenu sa maîtrise en conservation en 1983 au University College de Londres, en Angleterre, et son doctorat en zoologie à la Glasgow University, en Écosse, en 1989. Il a 16 ans d’expérience comme écologiste-chercheur chargé de concevoir et de réaliser des travaux sur le terrain, et comme rédacteur scientifique. Il s’intéresse spécialement à la recherche en écologie appliquée et travaille comme écologiste-chercheur consultant depuis maintenant neuf ans. Il a formulé des recommandations sur la gestion des terres forestières ou agricoles en vue d’améliorer et de conserver les espèces sauvages, notamment les oiseaux. Plus particulièrement, il s’intéresse depuis longtemps à la conservation et à la gestion des rapaces et a, pendant neuf ans, ramené à l’état sauvage des rapaces orphelins ou frappés d’incapacité (de 1969 à 1978).

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