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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la limace-sauteuse dromadaire au Canada

COSEPAC Résumé

 

Limace-sauteuse dromadaire

Hemphillia dromedarius

 

Information sur l’espèce

Les limaces-sauteuses (genre Hemphillia) sont un petit groupe de limaces de la famille des Arionidés endémiques à l’Ouest de l’Amérique du Nord (Gastéropodes : Stylommatophores : Arionidés). Des sept espèces reconnues, trois sont présentes au Canada : la limace-sauteuse dromadaire (H. dromedarius), la limace-sauteuse glanduleuse (H. glandulosa) et la limace-sauteuse pâle (H. camelus). La limace-sauteuse dromadaire est une limace relativement grosse (environ 60 mm de longueur) et d’apparence particulière : la masse viscérale forme une saillie prononcée et une partie de la coquille, en forme de plaque et recouverte par le manteau, est visible par une fente présente dans ce dernier. La queue, comprimée latéralement et carénée, se termine par une protubérance en forme de corne (corne caudale). Sa couleur prédominante est le gris, avec des taches sombres; la sole du pied est souvent de couleur jaune vif ou orange.

Répartition

L’aire de répartition géographique de la limace-sauteuse dromadaire s’étend de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, jusqu’à la chaîne des Cascades et à la presqu’île Olympic dans l’Ouest de l’État de Washington. L’espèce pourrait être présente dans le Nord‑Ouest de l’Oregon, mais aucune observation n’y a été confirmée. En Colombie-Britannique, on a signalé l’espèce dans six localités différentes du Sud et de l’Ouest de l’île de Vancouver. Sa présence au Canada n’a été confirmée que récemment; toutes les observations datent de 1999 à 2001. L’observation antérieure d’une grande limace-sauteuse dans l’île de Vancouver, bien que non confirmée, portait sans doute sur cette espèce.

Habitat

Au Canada, on observe l’espèce près du niveau de la mer et jusqu’à une altitude de 1 060 m. Elle semble associée aux forêts de conifères anciennes; cinq des six localités connues de l’île de Vancouver se trouvent dans des parcelles vestigiales de peuplements anciens et la sixième comporte des caractéristiques des vieilles forêts. On croit que la présence de débris ligneux grossiers a une importance comme source de refuges et de sites de ponte.

Biologie

On connaît très mal l’écologie et le cycle biologique de la limace-sauteuse dromadaire. On sait que l’espèce est hermaphrodite et ovipare. La ponte comprend entre 50 et 60 œufs, déposés dans du bois humide en décomposition. Les individus vivent plus d’un an. Le comportement défensif de la limace-sauteuse est particulier : si elle est menacée, elle se contorsionne et fait des bonds. On croit que la limace-sauteuse dromadaire possède une capacité de dispersion médiocre, d’où la répartition très morcelée de l’espèce.

Taille et tendances des populations

On ne sait pratiquement rien de la taille et des tendances des populations de l’espèce au Canada. Dans les quelques endroits où on la retrouve, l’espèce ne semble exister qu’en densité très faible.

Facteurs limitatifs et menaces

Le nombre réduit de populations et leur dispersion au sein de l’aire de répartition canadienne rend l’espèce vulnérable aux altérations de l’habitat et aux phénomènes stochastiques, comme les sécheresses ou les incendies de forêts. En raison du lien apparent de l’espèce avec les forêts anciennes, on s’inquiète particulièrement de la destruction et de la fragmentation des habitats causées par l’exploitation forestière. On craint que la dégradation des microhabitats et la concentration des prédateurs invertébrés dans de petites zones d’habitat au sein de paysages fragmentés ne nuisent à la survie des populations de cette espèce.

Importance particulière de l’espèce

Il existe peu d’espèces indigènes de limaces dans les forêts de la côte ouest. La limace-sauteuse dromadaire apporte donc une contribution importante à la biodiversité de ces forêts. En outre, on ne connaît pas encore le degré de différenciation génétique des populations canadiennes par rapport à celles des États‑Unis. En raison de son apparence distinctive et de son comportement de fuite remarquable, la limace-sauteuse dromadaire pourrait servir d’animal vedette pour sensibiliser le public aux invertébrés des parterres forestiers et favoriser leur conservation et celle de leurs habitats.

Protection existante ou autres désignations

L’évaluation des gastéropodes terrestres aux fins d’inscription sur les listes provinciales bleue ou rouge des espèces menacées n’a pas encore été effectuée et la Wildlife Act de la Colombie-Britannique n’apporte aucune protection légale aux invertébrés. Aux États‑Unis, la limace-sauteuse dromadaire ne jouit d’aucun statut spécial. Une des localités connues au Canada se trouve dans un parc provincial; les autres se trouvent sur des terres privées ou fédérales.

Sommaire du rapport de situation

La répartition limitée et éparse, le nombre réduit de localités ainsi que la dépendance apparente de l’espèce vis‑à‑vis des forêts anciennes constituent autant de facteurs qui accroissent la vulnérabilité de la limace-sauteuse dromadaire au Canada. Au fur et à mesure de la disparition et de la fragmentation de l’habitat, les populations risquent de devenir de plus en plus isolées, ce qui limitera le flux génique et la colonisation des habitats non occupés. On manque d’information en ce qui concerne la répartition, la zone d’occupation, les réactions à l’exploitation forestière et la taille minimale des zones d’habitat pouvant abriter des populations viables.

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MANDAT DU COSEPAC


Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.