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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la limace-sauteuse dromadaire au Canada

Répartition

 

Répartition mondiale

On connaît mal la répartition géographique du H. dromedarius. Seules quelques observations sont documentées. L’espèce est présente dans l’Ouest de l’État de Washington (<25 observations documentées) et dans le Sud de la Colombie-Britannique (figure 3; Branson, 1972, 1977, 1980; Ovaska et al., 2002). Dans l’État de Washington, l’espèce a été signalée dans la chaîne des Cascades et la presqu’île Olympic; elle semble assez répandue dans ces deux zones. Des individus y ont été capturés dans plusieurs parcs nationaux (parcs nationaux Olympic, Northern Cascades, Snoqualmie, Wenatchee, Mt. Baker et Mt. Rainier). À l’est, on a observé des individus jusque sur le versant est de la chaîne des Cascades (Ovaska et al., 2002). Une seule observation non confirmée provient du Nord de l’Oregon (J. Ziegltrum, comm. pers.). Certaines des observations les plus anciennes du H. malonei dans l’Ouest de l’État de Washington, rapportées par Pilsbry (1948), mais non confirmées par dissection, faute de spécimens, pourraient appartenir à cette espèce. Les aires de répartition des deux espèces se chevauchent largement dans l’Ouest de l’État de Washington. Cependant, on peut distinguer les espèces assez facilement d’après leur apparence externe et l’anatomie de leurs organes reproducteurs.

Vue d’ensemble du la Répartition nord‑américaine du Hemphillia dromedarius

A. Vue d’ensemble


Détail de la répartition dans l’île de Vancouver et dans l’État de Washington du Hemphillia dromedarius

B. Détail de la répartition dans l’île de Vancouver et dans l’État de Washington

Figure 3.  Répartition nord‑américaine du Hemphillia dromedarius, selon Branson (1972, 1977, 1980) et les données canadiennes.

 

Répartition canadienne

Ce n’est que récemment qu’on a confirmé la présence du H. dromedarius en Colombie-Britannique (Ovaska et al., 2002). L’espèce a été trouvée dans six localités du Sud et de l’Ouest de l’île de Vancouver; toutes les observations datent de 1999 à 2001 (figure 4). Il existe une observation plus ancienne non confirmée (Hanham, 1926) d’une grosse limace-sauteuse dans l’île de Vancouver. Le 2 juillet 1916, Hanham (1926 : 143) a trouvé deux grosses limaces-sauteuses sous du bois mort au bord d’un lac assez grand du mont Brenton, dans l’île de Vancouver. Les deux spécimens se sont désagrégés avant qu’on ait pu les préserver, mais Walter J. Eyerdam (Seattle, Washington) les a identifiés plusieurs années plus tard comme étant des H. malonei, en se fondant sur les souvenirs de Hanham quant à leur couleur. Plus tard, d’autres auteurs (Pilsbry, 1948; Kozloff et Vance, 1958) ont remis en cause cette mention. L’identité de ces animaux est restée énigmatique jusqu’à ce que des H. dromedarius soient trouvés sur le mont Brenton à l’automne 2001 (Ovaska et al., 2001).

Répartition canadienne du Hemphillia dromedarius

Figure 4.  Répartition canadienne du Hemphillia dromedarius. La ligne discontinue représente la frontière entre le Canada et les États‑Unis.

On connaît mal la répartition du H. dromedarius en Colombie-Britannique. Une grande partie de l’habitat potentiel n’a pas été systématiquement fouillée. Il reste notamment à fouiller bon nombre des montagnes aux contours déchiquetés du centre de l’île de Vancouver ainsi que la côte nord‑ouest de l’île, largement inaccessible. Une des localités de l’État de Washington (le Silver Fir Camp de la Mount Baker National Forest, dans la chaîne des Cascades; Branson, 1980) se situe très près de la frontière canadienne, ce qui justifie la poursuite de l’inventaire dans le Sud‑Ouest de la partie continentale de la Colombie-Britannique. De plus, il faudrait fouiller la côte, du Nord de Vancouver à la frontière de l’Alaska, y compris les îles de la Reine‑Charlotte.


Parmi les précédents inventaires de gastéropodes terrestres réalisés dans des habitats potentiels de l’espèce qui nous intéresse, mentionnons ceux de Cameron (1986), qui a exploré 38 localités boisées de l’île de Vancouver et de la vallée du bas Fraser. Il a trouvé le H. glandulosa à trois endroits, mais aucun H. dromedarius. Depuis 1990, un des auteurs du présent rapport (R. Forsyth) a cherché des gastéropodes terrestres dans une bonne partie de la Colombie-Britannique, y compris la côte sud‑ouest, sans trouver aucun individu de cette espèce (environ 450 localités de la vallée du bas Fraser et du Sud de l’île de Vancouver ont été fouillées). Ces sites comportent divers types d’habitat, y compris des zones urbaines et des sites forestiers perturbés. La plupart des sites ont fait l’objet d’une seule visite et l’effort de recherche (non consigné) était variable. Récemment, d’autres recherches de gastéropodes terrestres ont été réalisées dans la province, notamment par Ovaska et al. (2001) et par Ovaska et Sopuck (2000, 2001, 2002a,b, 2003). Lors de deux campagnes sur le terrain, Ovaska et al. (2001) ont parcouru 142 localités boisées (104 sites dans l’île de Vancouver et 38 dans la vallée du bas Fraser), à la recherche de gastéropodes terrestres considérés comme en péril; le travail de recherche a nécessité 196,6 heures‑personnes et la plupart des sites n’ont été visités qu’une seule fois. On a signalé le Hemphillia dromedarius à cinq sites et le H. glandulosa à huit sites de l’île de Vancouver. Ovaska et Sopuck (2000, 2001, 2002a, 2003) ont exploré 23 autres sites (22 dans l’île de Vancouver et un à proximité de Powell River, sur la côte continentale) en quête de gastéropodes terrestres dans le cadre d’une étude sur les effets de l’exploitation forestière sur la faune des parterres forestiers. Plusieurs de ces sites ont fait l’objet d’un examen intensif pendant plusieurs années. Les chercheurs ont trouvé le H. dromedarius à un site et le H. glandulosa à deux sites. Ovaska et Sopuck (2002b) ont réalisé des inventaires de gastéropodes terrestres, particulièrement d’espèces en péril, sur trois propriétés du ministère de la Défense nationale à proximité de Victoria, dans l’île de Vancouver. Ils ont fouillé 56 transects (de 100 m de longueur et 1 m de largeur), travail qui a nécessité au total 71,6 heures‑personnes, sans trouver aucune limace-sauteuse. L’ensemble des résultats ci‑dessus laisse croire que le H. dromedarius occupe une aire très limitée au Canada et que sa répartition y est très morcelée. Toutefois, d’autres populations non signalées pourraient exister, en particulier dans les parties non fouillées de l’île de Vancouver.

En se fondant sur six localités connues de l’espèce, on peut estimer sa zone d’occurrence au Canada à environ 3 985 km2. À l’intérieur de cette aire, la zone d’occupation est difficile à déterminer, car l’espèce présente une répartition extrêmement éparse et n’occupe pas tous les habitats qui lui conviennent. En outre, dans toutes les localités connues, sa zone d’occurrence reste à déterminer. La plupart des observations ont été faites dans des petites parcelles vestigiales de peuplements vieux. Au ruisseau Loss, par exemple, le peuplement vieux se limite à une bande d’environ 50 m de largeur le long du cours d’eau. On ignore dans quelle mesure la forêt environnante, plus jeune, convient à l’espèce. Aux Kennedy Flats, l’espèce a été observée sur une ferme forestière privée qui contient au moins 225 ha de peuplement vieux continu.