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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la limace-sauteuse dromadaire au Canada

Habitat

 

Besoins en matière d’habitat

On connaît mal les besoins du H. dromedarius en matière d’habitat. Dans l’État de Washington, l’espèce a été signalée à des altitudes comprises entre 238 m (780 pieds) et 1 436 m (4 710 pieds; Branson, 1972); la plupart des limaces ont été vues à des altitudes supérieures à 700 m (Branson, 1972, 1977, 1980; Ovaska et al., 2002). Les localités de l’État de Washington se trouvent dans des peuplements forestiers mûrs ou vieux, mais à plusieurs sites de haute altitude sur le versant est de la chaîne des Cascades, les limaces vivent sur des talus d’éboulis dans des habitats subalpins boisés de façon clairsemée (Ovaska et al., 2002). On ne sait pas si l’espèce utilise la végétation associée aux premiers stades de la succession végétale dans les zones d’exploitation forestière, et on n’a pas étudié ses relations avec son habitat.

Dans l’île de Vancouver, les six localités connues se répartissent depuis près du niveau de la mer jusqu’à une altitude de 1 060 m. Les trois localités d’altitude peu élevée se trouvent sur la côte ouest humide de l’île; les trois autres localités se situent à des altitudes supérieures à 700 m dans le Sud de la partie intérieure de l’île. Cinq des localités se trouvent dans des parcelles vestigiales de forêts anciennes de conifères dominées par la pruche occidentale (Tsuga heterophylla) et le thuya géant (Thuja plicata; figure 5). Le sixième site (aux abords du village de Bamfield sur la côte ouest de l’île) se trouve dans une zone de coupe sélective. Ce site comporte des caractéristiques des vieilles forêts, notamment des grands arbres et une abondance de débris ligneux grossiers. À tous les sites, la litière forestière est une couche d’aiguilles mince et compacte, et la plupart des sites contiennent de nombreux débris ligneux grossiers, y compris des morceaux de grand diamètre.

Paysage de forêt exploitée typique de l’île de Vancouver

Figure 5. Paysage de forêt exploitée typique de l’île de Vancouver. Le Hemphillia dromedarius a été signalé sur des parcelles vestigiales de forêt situées au sommet des montagnes, comme on en voit en arrière‑plan.

Les débris ligneux grossiers sont sans doute importants pour l’espèce, à laquelle ils fournissent des refuges et des sites de ponte. La plupart des individus observés dans l’île de Vancouver se trouvaient en dessous ou à l’intérieur de souches ou de morceaux de bois en décomposition (Ovaska et al., 2001).

Tendances

Depuis la colonisation par les Européens, les habitats forestiers de l’île de Vancouver ont subi des pertes et une fragmentation considérables. Auparavant, près de 70 p. 100 des terres de l’île étaient recouvertes de forêts anciennes. Selon les cartes dressées par le Sierra Club (2002), 21 p. 100 des forêts étaient exploitées en 1954, 45 p. 100 en 1972, et 71 p. 100 en 1999. L’exploitation forestière, d’abord limitée aux parties sud et est de l’île, s’est ensuite étendue vers le nord et l’ouest. En raison des pressions économiques, il est probable que l’exploitation des forêts intactes, notamment des forêts anciennes encore présentes en altitude, se poursuive dans l’avenir.

Protection et propriété

La gestion des terres fédérales dans la province est régie par le Code d’exploitation forestière de la Colombie-Britannique. Ce code et le Biodiversity Guidebook qui l’accompagne visent notamment à favoriser la connectivité des habitats, la préservation des forêts anciennes et une bonne répartition des stades de succession végétale au sein des zones d’exploitation forestière. Toutefois, les mesures préconisées dans le Biodiversity Guidebook ne sont que des recommandations; rien ne garantit leur mise en œuvre. En effet, les sociétés d’exploitation forestière sont propriétaires d’une grande partie des forêts du Sud de l’île de Vancouver et le Code d’exploitation forestière ne s’applique pas aux propriétés privées.

Environ 6 p. 100 des forêts anciennes de l’île de Vancouver se trouvent dans des parcs nationaux ou provinciaux et, de ce fait, sont protégées. Dans l’aire de répartition du H. dromedarius ou dans les zones avoisinantes, les parcs les plus importants sont la réserve de parc national Pacific Rim (49 962 ha), le parc provincial Carmanah-Walbran (16 450 ha) et le parc provincial Juan de Fuca (1 277 ha – Parks Canada, 2002; B.C Parks, 2002). L’espèce est présente le long du ruisseau Loss (dans l’ancien parc provincial Loss Creek), intégré au grand parc provincial Juan de Fuca. Ce dernier ne contient aucune étendue importante de forêt ancienne. On ne sait dans quelle mesure l’habitat convient au H. dromedarius, mais l’espèce y a été signalée dans une zone vestigiale de vieux peuplements. Comme l’espèce est présente à proximité de la réserve de parc national Pacific Rim, elle pourrait également être présente dans la réserve, mais aucun relevé n’y a été mené. Le parc provincial Carmanah-Walbran contient les seules grandes étendues continues de forêt ancienne du Sud de l’île de Vancouver, mais à ce jour, l’espèce n’y a pas été signalée. Enfin, le H. dromedarius n’a pas été cherché dans le parc provincial Strathcona (250 000 ha), situé au centre de l’île de Vancouver, juste au nord de l’aire de répartition connue de l’espèce.