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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la limace-sauteuse dromadaire au Canada

Biologie

 

Généralités

On connaît très mal l’écologie et le cycle biologique du H. dromedarius, tout comme ceux des autres espèces de Hemphillia. On sait que l’espèce est hermaphrodite et ovipare. La capture d’individus adultes au printemps a permis de conclure que les individus de l’île de Vancouver vivent plus d’un an. On croit que l’espèce possède une capacité de dispersion médiocre, comme en témoigne sa répartition éparse, qui pourrait résulter de l’isolation de dèmes du fait de la fragmentation de l’habitat. Il est probable que la fragmentation des habitats par les activités humaines, en particulier l’exploitation forestière, crée des barrières qui empêchent les déplacements. On ignore l’ampleur des échanges génétiques entre les dèmes, mais ils sont sans doute très réduits.

Reproduction

Le Hemphillia dromedarius est un hermaphrodite simultané qui pond des œufs. Branson (1972) a fait état de pontes de 50 à 60 œufs dans les populations de l’État de Washington. Les œufs ovales et semi‑opaques mesurent environ 3,3 mm de longueur et 2,5 mm de largeur. La ponte se fait dans du bois mouillé ou humide en décomposition. On ne sait rien de la biologie de la reproduction chez cette espèce en Colombie-Britannique.

Nutrition et interactionsinterspécifiques

On ne connaît pas le régime alimentaire du H. dromedarius. En captivité, l’espèce se nourrit de matière végétale fraîche, mais seulement en petites quantités, au contraire du H. malonei et du H. glandulosa qui en consomment abondamment (K. Ovaska, obs. pers.). Dans son habitat naturel, l’espèce est peut‑être mycophage et détritivore. Il est improbable que la disponibilité de la nourriture constitue un facteur limitatif, à moins que l’espèce n’ait besoin de types de nourriture particuliers (des espèces particulières de champignons ou de lichens, par exemple) qui ne se trouvent que dans des forêts d’un certain type ou d’un certain âge.

Le H. dromedarius peut être la proie de toute une variété de vertébrés (oiseaux, musaraignes, souris) et d’invertébrés (coléoptères carabidés, escargots carnivores). Dans l’île de Vancouver, on compte plusieurs espèces indigènes d’escargots forestiers carnivores, abondantes et répandues (Haplotrema vancouverense, Ancotrema sportella et A. hybridum). En outre, de nombreuses espèces exotiques prédatrices ou concurrentes peuvent nuire aux gastéropodes indigènes (Cameron, 1986; Forsyth, 1999, 2001), mais aucune n’a été observée dans les localités de l’île de Vancouver où le H. dromedarius a été signalé. En général, on observe peu d’autres espèces de gastéropodes dans les localités de l’île de Vancouver où le H. dromedarius a été signalé et lorsqu’on en trouve, leur densité semble plutôt faible (Ovaska et al., 2001).

Comportement et adaptabilité

Les limaces-sauteuses tirent leur nom commun de leur comportement défensif remarquable : lorsqu’elles se sentent menacées, les limaces se mettent habituellement à sauter et à se tordre violemment (Pilsbry, 1948 : 738). Ce comportement, bien développé chez le H. dromedarius, peut être déclenché lorsqu’on le manipule. Il a sans doute comme effet de dissuader les prédateurs potentiels, comme les escargots carnivores, et de permettre à la limace de s’échapper indemne. Il est possible que les habitudes discrètes de l’espèce et la faible densité de sa population constituent des réponses évolutionnaires à la pression exercée par les prédateurs.

En Colombie-Britannique, le H. dromedarius habite les forêts de conifères anciennes et semble avoir besoin des caractéristiques de ces forêts. On ignore dans quelle mesure il tolère les perturbations de son habitat. Il est peu probable que les zones d’habitat isolées d’où l’espèce disparaît soient recolonisées.